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    2e série - L'Évangile selon saint Matthieu (5/7)

    Article 4 de 7
         
                 Les rôles de Jésus

    Plusieurs visages de Jésus sont mis en valeur par l’Évangile proclamé lors de l’Année A du Lectionnaire. Quiconque est familier avec le plus ancien évangile, l’Évangile selon Marc, ne sera pas surpris de retrouver Jésus le guérisseur, Jésus le faiseur de merveilles (le « wonder-worker » qui dispense des miracles) et Jésus le Fils de Dieu.

         Mais le visage qui émerge davantage dans l’Évangile selon Matthieu, c’est celui de « Jésus l’enseignant ». « La structure de cet évangile, des récits alternant avec des discours, nous fait abondamment partager l’enseignement de Jésus. Et le schéma récit/discours n’est pas un absolu. Les sections narratives fourmillent de paraboles, de déclarations et de micro-discours de Jésus. » (Sourcebook 2010, page x)

         Il s’agit d’une catégorie plus large que celle proposée par Benjamin Bacon qui, en 1930, qualifiait Jésus de nouveau Moïse.  En fait, l’image est modifiée : Moïse revient de la montagne avec la Loi donnée par Dieu, mais Jésus monte sur la montagne pour la proclamer lui-même.

     

    Ce que Jésus enseigne

    •     Jésus accomplit la Loi d’Israël et en donne une nouvelle.  Il dit à la foule : Ne pensez pas que je sois venu abolir la Loi ou les prophètes.  Je ne suis pas venu abolir mais accomplir.  (Matthieu 5, 17)
    •     En font foi les 2e, 3e et 4e paroles mises dans la bouche de Jésus au début de l’Évangile. Lors de la tentation au désert (4, 4.7.10), Jésus répond au tentateur par trois citations du Deutéronome qu’il oppose aux affirmations du tentateur. Celui-ci utilise deux citations du Deutéronome et une citation de psaume. Nous ne sommes pas témoins d’un combat de coqs, mais bien d’une discussion de théologiens-exégètes…
    •     Une grande portion du Sermon sur la montagne est une révision des commandements du Décalogue véhiculé par Moïse.  Jésus recycle des préoccupations centrales du Judaïsme : ne pas tuer, ne pas commettre l’adultère, ne pas porter de faux témoignages… Jésus porte à un niveau encore plus élevé des commandements qui étaient très sérieux pour les Juifs, car dans chacun c’est la vie de la victime qui était en jeu! (Matthieu 5, 21-42)
    •     En même temps qu’il affirme la validité des commandements du Premier Testament, Jésus présente quelque chose de nouveau.  Vous avez entendu qu’il est dit… Moi je vous dis… (Matthieu 5, 21-22, 27-28, 31-32, 33-34, 38-39, 43-44).
    •     Jésus se présente comme la base solide pour édifier une maison qui résiste à la pluie, aux torrents et aux vents.  La fin du premier discours est claire : il parle avec autorité (comme une « source »), pas comme les scribes (qui se contentent de répéter). Ce n’est pas seulement le contenu véhiculé par Jésus qui provoque l’admiration. Sa manière de dire est également très impressionnante (Matthieu 7, 28-29).
    •     Plus loin dans le texte, Jésus confronte Pharisiens, Sadducéens et scribes avec ses interprétations de la Loi et des prophètes (Matthieu 22, 1-46).
    •     Lors de la Passion, le silence de Jésus sera éloquent, car la plupart de ses mots sont des passages des Écritures saintes : le psaume 110, le livre de Daniel (voir Matthieu 26, 64) et le début du psaume 22 (sur la croix). Au moment de mourir, il lance un cri sans mots articulés (Matthieu 27, 50). Jésus continue à enseigner, non en paroles mais par ses gestes.
    •     Finalement, Jésus aura le dernier mot. Matthieu est le seul évangile à se terminer avec des mots mis dans la bouche de Jésus.  Et il s’agit d’une invitation à enseigner!  (Matthieu 28, 19-20)


         Le spécialiste Élian Cuvillier explique l’intérêt de Matthieu pour l’enseignement du Jésus terrestre. D’un point de vue de croyant, raconter le ministère et l’enseignement de Jésus, c’est raconter l’histoire de l’intervention décisive de Dieu dans le monde. Ce qui est arrivé à Jésus permet de relire l’histoire du croyant et l’histoire de sa communauté. Raconter les faits et gestes de Jésus ne fait pas retourner au passé, mais plonge dans l’actualité. Tout simplement parce que le Jésus terrestre est désormais le Ressuscité présent au côté des siens. Pour en savoir davantage sur ces aspects fascinants, consulter le livre dirigé par Daniel Marguerat, Introduction au Nouveau Testament, Labor et Fides 2001, page 75.

     

     Source www.interbible.org

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