• Compostelle avec un âne

    Compostelle avec un âne
    © Caroline de Danne
    À 24 ans, diplômée d’HEC et de Sciences Po, Caroline de Danne s’octroie une année sabbatique pour effectuer le chemin de Saint-Jacques en solitaire, avec un âne. Dans un récit qui vient de paraître, elle livre avec sincérité son cheminement intérieur. Entretien.
     

    Ayant obtenu vos diplômes d’HEC et de Sciences Po, vous avez voulu vous accorder une année sabbatique. Pourquoi ?

    Mes années d’études ont été très enrichissantes mais si chargées que j’avais besoin d’une pause avant d’entrer dans la vie professionnelle. Par ailleurs, je cherchais du sens à ma vie. C’est pourquoi j’ai décidé de prendre le temps d’écouter ce que je portais en moi plutôt que de me lancer sans réfléchir dans la « voie royale » qui me tendait les bras. L’idée d’une année sabbatique s’est imposée progressivement.

    Vous parlez dans votre livre d’un « appel de la route ». Comment s’est-il manifesté ?

    Cela a été une surprise ! A quelques jours de la remise des diplômes, il me manquait toujours le projet qui structurerait mon année sabbatique. Soudain, alors que je flânais sur Internet, j’ai compris que je devais aller à Compostelle – ville que, soit dit en passant, je ne savais pas placer sur une carte. Et une telle joie et une telle paix m’ont saisie – qui ne m’ont plus lâchée – que jamais je n’ai remis cet appel en cause !

    Comment avez-vous choisi votre lieu de départ et votre itinéraire ?

    Il était très clair que je devais partir de chez moi pour que ce périple ne soit pas une parenthèse exotique dans ma vie, mais qu’il prenne ses racines dans mon quotidien. J’aurais pu me lancer depuis Paris où j’ai grandi, mais j’ai préféré la maison familiale en Anjou. Quant à l’itinéraire, j’ai suivi la voie des Plantagenêts, qui vient du Mont-Saint-Michel et rejoint la voie de Tours en Charente-Maritime

    Pourquoi êtes-vous partie avec un âne, ou plutôt une ânesse nommée Pépite ?

    Simplement parce que l’appel à me mettre en route tel que je l’ai reçu, outre le fait d’aller à Saint-Jacques et de partir de chez moi, impliquait que je voyage avec un âne. L’animal aurait le double avantage de me servir de porte-bagages et d’être vecteur de rencontres au fil du chemin. Pépite m’a été prêtée par un couple d’éleveurs angevins, et je l’ai dressée afin qu’elle m’accompagne dans cette grande aventure.

     

    Comment vous êtes-vous préparée à ce pèlerinage, tant du point de vue matériel que spirituel ?

    La recherche puis le dressage de Pépite ont été le point clé de ma préparation matérielle. Pour le reste, je suis partie avec peu d’affaires. Quant à ma préparation spirituelle, elle s’est vécue dans la prière, l’accompagnement spirituel, quelques lectures et des méditations répétées du texte « Partir » du jésuite Yves Raguin (1912-1998).

    Comment êtes-vous devenue pèlerine, au fur et à mesure de votre progression sur la route ?

    Au début du voyage, je voulais tout contrôler et mes pensées se limitaient aux ampoules qui me brûlaient les pieds. Après trois semaines, j’ai pu me détacher de ces considérations et j’ai commencé à lâcher prise, acceptant de m’en remettre à la Providence. Gérant mieux la fatigue des étapes, j’ai aussi crû en disponibilité pour prier et être attentive aux mouvements intérieurs qui m’animaient. Cette évolution s’est approfondie tout au long du Chemin… et depuis le retour !

    Vous dites que vous aviez fait le « pari de la confiance en la Providence ». Pari gagné ?

    Oh oui ! Car même dans les pires moments, se sont toujours produits des événements et rencontres qui me sont apparus comme le signe tangible que le Seigneur veillait sur moi. Et puis, je mesure chaque jour davantage combien, malgré mes résistances plus ou moins conscientes, le Chemin m’a modelée dans ce que je suis, dans ma relation aux autres, dans ma foi. Que de grâces reçues !

    Vous n’aviez jamais voyagé avec un âne et vous expliquez qu’après avoir marché l’une à côté de l’autre, vous avez voyagé l’une avec l’autre. Pouvez-vous nous expliquer cette distinction ?

    Les quinze premiers jours avec Pépite ont été très durs, bien différents de la préparation au voyage, au point que j’ai regretté d’être partie avec elle. Puis nous sommes devenues compagnes de route, amies à notre manière. Pépite n’exécutait plus seulement sa mission d’ânesse porte-bagages : elle m’avait accordé son entière confiance, et je savais qu’elle me suivrait au bout du monde si je le lui demandais.

    Votre meilleur souvenir ? le pire ?

    Je suis incapable de dégager un meilleur souvenir, tant m’ont été offertes de grâces, de rencontres exceptionnelles, de joies… Quant à mon pire souvenir, je dirais les cent derniers kilomètres avant Compostelle. Avec l’affluence de « pèlerins-touristes » passant leur temps à nous prendre en photo, la fin du voyage a été délicate.

    Vous écrivez que « le chemin est un Evangile ». Qu’entendez-vous par là ?

    Il me semble que sur le Chemin, le Christ se laisse découvrir de manière particulière dans les rencontres, la prière, les blessures qui guérissent, les ressources insoupçonnées qui se dévoilent, les coïncidences qui ne doivent rien au hasard, l’apprentissage que les pèlerins font de la pauvreté, l’humilité, la fraternité, l’écoute. Cette découverte s’expérimente dans le quotidien et touche le cœur en s’imprimant dans la chair. « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie », dit Jésus...

    L’« après-Chemin », en quelques mots : continuez-vous à pèleriner dans votre quotidien ? Et envisagez-vous de reprendre la route ?

    Après un retour à la vie ordinaire brutal, le Chemin est devenu présence vivante en mon cœur, et je continue à en goûter des fruits nouveaux chaque jour. Je le ressens dans ma vie personnelle comme dans ma vie professionnelle. Je travaille aujourd’hui comme consultante dans une agence lyonnaise qui accompagne des associations et fondations, et j’en suis très heureuse. J’ignore si je reprendrai la route un jour. S’il y a là un appel pour moi, il viendra en temps utile.

    Et l’« après-Chemin » de Pépite ?

    Pour elle aussi, le retour a été difficile, puisqu’elle a autant souffert que moi de notre séparation. Mais elle a repris du poil de la bête depuis ! Elle accompagne maintenant ses éleveurs qui vendent des produits cosmétiques à base de lait d’ânesse sur les marchés locaux. Cela semble lui plaire. Et je retourne souvent la voir : elle me reconnaît très bien et nos retrouvailles sont toujours une fête !

    Les chemins de Saint-Jacques avec un âne : est-ce une aventure que vous conseillez ?

    Je le conseille, bien sûr, dans la mesure où l’âne est un animal merveilleux, intelligent et drôle, un incroyable vecteur de rencontres et un compagnon extraordinaire. Néanmoins, il faut être conscient des contraintes logistiques que sa présence génère, surtout en Espagne, et se rappeler que son bien-être passe avant celui du pèlerin. En tout cas, si c’était à refaire, je repartirais avec Pépite sans aucune hésitation !


    COUVLIVRE

    A lire : Caroline de Danne, Compostelle au pas de l’âne, Médiaspaul (coll. « Grands témoins »), 200 p., 18 euros

    A consulter : Le site Internet de Jacques Clouteau.

    source http://www.pelerin.com

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  • Je ne suis pas vieille puisque je suis mamie ! »

    source Tout-tv

    source de l'image ICI Tout.tv

    Mais je blague bien sûr !

     

    Je suis vieille et j'accepte, sans nostalgie, cette réalité. Mon corps me le montre, me le fait sentir, même si mon esprit reste ou devient jeune ! Lorsque je pose à plat, mes mains sur la table, je vois une peau toute fripée, toute ridée, je vois mes veines qui font des bosses et je ne pensais pas en voir autant ! « Qui voit ses veines, voit ses peines ! » dit-on ! Et je vois ma peau translucide, je vois les tendons bouger lorsque je referme la main !

    Je suis vieille, « de cette vieillesse à venir qui apporte souffrances et maladies », de cette vieillesse qui n'incite pas à regarder vers l'avenir, qui incite à se tourner vers le passé. Je suis heureuse de tout ce chemin parcouru, de cette vallée de larmes dues à tant de renoncements mais je vois aussi tant de joies dans ma marche avec les autres, de toutes ces conquêtes ensemble, de tout cet amour que les autres m'ont donné et celui que j'ai porté aux autres ! Oui, je suis heureuse de tout ce chemin parcouru qui a fait de moi une femme combattante, libre et en paix.

    Je suis heureuse car l'amour a brisé mes entraves.

    Je suis aussi heureuse de voir la marche des autres, de les voir grandir, devenir elles-mêmes, eux-mêmes...

    Je suis reconnaissante envers toutes les personnes qui m'ont aidée à grandir, à avancer !

    Je suis heureuse car j'ai réussi à vaincre le virus de la mauvaise conscience.

    Lorsque le stress monte en moi, j'ai trouvé un antidote merveilleux pour étouffer cette « malfaisance » ! Me sentir aimée et aimer les autres !

    J'aime et le reste me sera donné par surcroît !

    Je suis vieille et je suis heureuse et je peux dire comme Syméon « Tu peux maintenant laisser partir en paix ta « serviteur.e »

    Et je vois maintenant l'image de moutons vivants au milieu des loups ou encore, cette autre image forte de paix, ce moment du soir lorsque, dans la savane, tous les animaux se retrouvent au bord du marigot pour se désaltérer !

    Paix , Joie  et Espérance!

    Alice

    P.S. J'ai choisi « serviteur.e » car je n'aime pas le mot « servante ».

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  • Alice nous propose ce qui suit…

    Texte trouvé sur le site Servir ensemble

    Une femme peut-elle prêcher et devenir pasteur?

     Une femme peut-elle prêcher et devenir pasteur?

    Dr. Matthias Radloff a écrit une thèse de doctorat sur cette question. Il était convaincu qu’une femme qui prêche et un pasteur de sexe féminin étaient deux erreurs imaginées et propagées par ceux qui méprisent l’enseignement de la Bible.

    Des centaines de lectures et quatre années de réflexion l’ont amené à cheminer avec ce sujet. Il s’est heurté aux questions d’interprétation des textes, mais aussi à ses résistances intérieures et à celles de l’Église. Dans cet article, il retrace son parcours, ses questions et ses conclusions.

    « Une femme qui prêche et un pasteur de sexe féminin sont deux erreurs imaginées et propagées par ceux qui méprisent l’enseignement de la Bible. » Voilà ce que je vous aurais dit, il y a dix ans, si vous m’aviez demandé mon opinion sur le sujet. Mais il me restait des questions sur des points mineurs pour lesquelles je n’avais pas de réponse. Et les réponses que je trouvais auprès d’amis ne me satisfaisaient pas toujours.

    Si dans 1 Corinthiens 14 :34ss, il est dit que la femme doit se taire, comment se fait-il qu’elle peut prophétiser (1 Cor. 11 :5) ? Comment se fait-il que des sœurs ont le droit de prier à voix haute dans nos églises ? De quel droit peuvent-elles donner un témoignage ? Pourquoi leur est-il permis de poser des questions lors des études bibliques, puisque le texte dit qu’elles doivent les poser à leur mari une fois retournées chez elles ? Et pourquoi une missionnaire de retour de son champ de mission  a-t-elle le droit de faire un rapport qui, souvent, n’est pas autre chose qu’une prédication ? Si 1Timothée 2 dit bien que la femme n’a pas le droit d’enseigner, nous situons généralement cet enseignement dans l’église. Mais ce passage ne parle pas d’activités réservées aux seules réunions d’église (cf.v.15)[1]. Si la femme n’a pas le droit d’enseigner, pourquoi peut-elle enseigner des enfants, ceux-ci étant plus crédules que des adultes ? De quel droit peut-elle enseigner des femmes sur autre chose que d’aimer leurs maris ? [2] Comment se fait-il qu’elle peut enseigner par la page écrite, dans les écoles bibliques et sur le champ de mission ? Si la femme  se trouve dans un petit groupe biblique, de quel droit peut-elle partager une leçon tirée d’un texte[3] ?  Si la femme  ne doit pas prendre autorité sur l’homme, comment se fait-il qu’elle dirige des chorales mixtes ? Comment se fait-il qu’elle organise des fêtes d’églises ? LIRE LA SUITE AVEC LE LIEN SUIVANT... 

    Télécharger « Alice nous propose ce qui suit.docx »

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  • « couple « démocratique »

    « couple « démocratique » - Alice

     

    Photo Doris

    Notre fille nous dit : « Vous êtes, à ma connaissance, le 1er couple démocratique ! » Surprise et joie !

    Mon mari et moi venons de deux arrière-plans similaires : monde paysan catholique, pensionnaires dans un établissement privé. Notre idéal était de « donner généreusement ma vie à Dieu ». De ce fait, il pensait à la prêtrise et moi à la vie religieuse mais il a renoncé et moi,j'ai dû y renoncer car « je tombe trop facilement amoureuse ». Cela a été un moment très déboussolant.Comment donner alors, généreusement sa vie à Dieu ?

    Puis j’ai rencontré Pierre. Pour notre mariage, (il y a 38 ans), nous voulions une cérémonie qui ait du sens. Nous avons choisi deux textes qui traduisaient l’importance de notre engagement envers Dieu et envers les autres. Le premier, « Tu protégeras la veuve et l’orphelin » et puis la parabole du Jugement dernier : « Tout ce que vous avez fait aux plus petits, c’est à moi que vous l’avez fait » (Mt 25.40). Durant cette cérémonie, nous proclamions notre vocation missionnaire en nous engageant ensemble dans ce monde du travail, associatif, syndical et politique …Un texte de Roger Garaudy nous a aussi accompagné dans ce jour fondateur : « L’amour commence lorsque l’on préfère l’autre à soi-même … » (texte intégral à la fin de l’article). Nous lisons et relisons ce texte Le souvenir de cette journée, de ce temps fort reste ancré en nous.

    Une vie de couple basée sur le respect. Nous nous étions promis le respect. Ce fut pour moi un apprentissage : ne pas commander l’autre, ne pas vouloir changer l’autre, lui laisser son jardin secret, accepter de ne pas connaître tout son passé. Pierre avait 40 ans et moi 33. Le début de la vie de couple est aussi très important parce qu’il oriente, sans s’en rendre compte, la suite de la relation. Lorsque j’ai commencé à laver la vaisselle, Pierre a pris un torchon. Je n’ai rien dit. Beaucoup plus tard, j’ai réalisé que si j’avais dit : « Laisse, Pierre, je vais le faire », ce geste il ne l’aurai plus jamais fait !

    Un amour tourné vers l’extérieur, vers les autres. L’amour est respect, mais il va même plus loin, « l’amour commence lorsqu’on préfère l’autre à soi-même ». Nous nous sommes engagé.e.s dans le monde. Et nos 2 enfants nous ont aussi appris à être disponibles aux autres. Les enfants sont exigeants, nous sollicitent… Ils sont devenus jeunes adultes et il nous faut apprendre à respecter leurs choix et les assurer de notre accueil, de notre soutien, de notre amour quoiqu’ils/elles fassent, et savoir leur montrer notre fierté. Nous sommes fiers de nos enfants. .
    « J’arrive à lui faire faire tout ce qu’il veut ». Un groupe d’amis projetaient une sortie et ils m’ont demandé : « Alice, allez-vous venir tous les deux ? » J’ai répondu que je ne savais pas, qu’il fallait que je demande à Pierre ce qu’il en pensait. Surprise ! J’ai alors compris que ce groupe pensait que « je portais la culotte ». Alors, je leur ai dit « Oui, j’arrive à lui faire faire tout ce qu’il veut » Ce que Pierre a repris évidemment : « j’arrive à lui faire faire tout ce qu’elle veut » ! Blague que nous aimons et qui indique le respect mutuel que nous voulons vivre et incarner.

    .Accepter les différences. Nos caractères sont différents et nos avis sont différents. Nous ne sommes pas toujours d’accord mais nous discutons et dialoguons, sans chercher à convaincre l’autre. Cela nous permet de formuler les raisons de notre point de vue. Très vite j’ai dit : «Pierre ferme tout et moi j’ouvre constamment ! Cela agace l’un.e et l’autre ! » Nous avons appris à accepter cette situation qui perdure. Nous sommes différents et nous ne nous sentons pas obligés de faire telle activité parce que l’autre la fait. En ce moment, je suis « toujours partie » et Pierre aime bien être à la maison.

    Avancer dans la confiance et la vérité. Je tombe trop facilement amoureuse, m’avait-on dit ! Une fois mariée, cela a encore été vrai. Questionnements, souffrances… J’en parlais alors à Pierre. Il savait que j’étais à nouveau amoureuse, bien avant que j’en prenne conscience ! Mais forte de sa confiance, forte de son amour dépossédé, je pouvais alors, renouveler le choix de vivre et d’aimer mon mari. Je peux en parler en tout bien, tout honneur. Nous avons eu toujours la chance de pouvoir nous dire les choses. .
    Porter la souffrance ensemble. Nous avons vécu des temps difficiles au sein de notre Église quand les baptêmes de nos enfants ont été refusés, dans l’église paroissiale, car Pierre avait été candidat avec l'étiquette PS. Finalement, ils ont été baptisés ''en exil'' et nous avons appris à distinguer foi et religion. Nous continuons toujours à croire au Christ en sa bonne nouvelle de l’Évangile et en notre vocation vécue au cœur de ce monde.

    Comment peut-on parler des « liens du mariage », « lien indissoluble » ? Notre mariage n’est pas un lien. Je ne suis pas enchaînée. Je suis devenue une femme libre, libérée. Je suis si heureuse parce que j’ai le sentiment d’une liberté fortement ancrée en moi. Dans nos engagements de couple, nous avons appris à être solidaires et à nous entraider. Nous avons appris l’importance de l’union pour avancer ensemble.

    Notre amour est émerveillement et remerciement. Cet amour m'a comblée au-delà de toute espérance. Et j'ai pris conscience, il y a peu de temps, qu'en fait j'avais vécu selon mon idéal de jeunesse:donner généralement ma vie à Dieu en vivant, en aimant.

    Histoire sans paroles :

    Pierre est à l’évier. J’attends derrière lui car j’ai quelque chose à mettre à la poubelle. J’attends… Puis, je me retrouve à l’évier et Pierre attend derrière moi. Nous répétons ce petit duo 3 ou 4 fois, toujours silencieusement, calmement.

    Notre fille s’est alors exclamé : « C’est incroyable, vous attendez sans rien dire. Chez moi, il y a longtemps que j’aurai entendu crier ! » Pierre et moi avons alors pris conscience du fonctionnement d’égalité qui nous paraît aujourd’hui si naturel.

    Alice, (avec la collaboration de Marie-Noëlle Yoder , pour son site : roulerensemble.com)

    Roger Garaudy dans « Parole d’homme» : « L’amour commence lorsqu’on préfère l’autre à soi-même, lorsqu’on accepte sa différence et son imprescriptible liberté. Accepter que l’autre soit habité par d’autres présences que la nôtre, n’avoir pas la prétention de répondre à tous ses besoins, à toutes ses attentes, ce n’est pas se résigner à l’infidélité à notre égard, c’est vouloir, comme la plus haute preuve d’amour, que l’autre soit d’abord fidèle à lui-même. Même si cela est souffrance pour nous, c’est une souffrance féconde parce qu’elle nous oblige à nous déprendre de nous-même, à vivre intensément cette dépossession enrichissante. Dans la plus amoureuse étreinte, c’est un être libre que nous étreignons, avec tous ses possibles, même ceux qui nous échappent»

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  • Saints François et Jacinthe Marto seront fêtés le 20 février

    ARTICLE | 15/05/2017 | Par I.MEDIA

     

    Jacinthe et François

    Au deuxième jour de son voyage apostolique à Fatima (Portugal), le pape François a canonisé le 13 mai 2017, jour de la fête de Notre-Dame de Fatima, deux des trois bergers ayant vu la Vierge Marie il y a cent ans, François et Jacinthe Marto, devant des centaines de milliers de pèlerins.

    Au début de la messe célébrée sur l’esplanade du sanctuaire de Fatima, assis sur sa chaire et revêtu de sa mitre, le pape François a prononcé, en portugais, la formule de canonisation des deux jeunes pastoureaux, les élevant au culte de l’Eglise universelle. Avant la messe, le pontife s’était recueilli quelques instants sur la tombe des deux bergers.

    François et Jacinthe Marto sont les plus jeunes enfants non-martyrs proclamés saints dans l’histoire de l’Eglise. Le frère et la sœur avaient respectivement 9 et 7 ans lors de ces apparitions, du 13 mai au 13 octobre 1917.

    Consoler le Christ

    En les béatifiant le 13 mai 2000 à Fatima, Jean Paul II avait affirmé que Jacinthe s’était offerte « héroïquement » comme victime pour la conversion des pécheurs. Le jeune François avait pour sa part un grand désir de « consoler le Christ » par sa prière. Tous deux sont morts de la grippe espagnole en 1919, et 1920.

    En 1999, un miracle attribué à l’intercession des deux enfants a ouvert la porte à leur béatification en 2000. Puis un second miracle, reconnu le 23 mars dernier, a permis leur canonisation. Ce dernier miracle concerne un enfant brésilien de 6 ans, tombé en 2013 dans le coma après une chute, et remis sur pied trois jours plus tard, après la prière de son père à Notre-Dame de Fatima et aux deux pastoureaux. L’enfant est présent au sanctuaire de Fatima pour la canonisation.

    Lors de la messe de canonisation, les reliques de François et Jacinthe ont été placés aux pieds de la Vierge de Fatima. Les deux nouveaux saints seront fêtés le 20 février dans le calendrier liturgique.

    source http://www.famillechretienne.fr/

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  • Un style ignatien: l’amitié de Jésus, le discernement et le « davantage »

    Audience au séminaire pontifical de Posillipo

    Séminaire pontifical de Campanie, Posillipo © L'Osservatore Romano

    Séminaire Pontifical De Campanie, Posillipo © L'Osservatore Romano

    « Éduquer selon le style ignatien veut dire avant tout favoriser dans la personne l’intégration harmonieuse à partir de centralité de la relation d’amitié personnelle avec le Seigneur Jésus », explique le pape François.

    Le pape a en effet reçu au Vatican, samedi 6 mai 2017, la communauté du séminaire interdiocésain de Posilippo, confié aux jésuites, en Campanie – la région de Naples -.

    Le pape a aussi appelé à la « vérité » sur soi et à fuir le « cléricalisme » et le « formalisme »: « Chers séminaristes, n’ayez pas peur d’appeler les choses par leur nom, de regarder en face la vérité de notre vie et de vous ouvrir en transparence et en vérité aux autres, surtout à vos formateurs, fuyant la tentation du formalisme et du cléricalisme, qui sont toujours à la racine de la double vie. »

    Le pape a ensuite insisté, comme il y a quelques semaines à Milan, sur « l’éducation au discernement » : « Pour être experts dans l’art du discernement il faut surtout avoir une bonne familiarité avec l’écoute de la Parole de Dieu, mais aussi une grande connaissance de soi, de son monde intérieur, des affects et des peurs. »

    Le pape a aussi invité à chercher ce « davantage » caractéristique de saint Ignace de Loyola, à chercher « le Royaume de Dieu » : « Chercher le Royaume veut dire chercher la justice de Dieu et se dépenser pour que nos relations, les communautés, nos villes, soient transformées par l’amour miséricordieux et juste de Dieu, qui écoute le cri des pauvres. » Et pour cela le pape a invité à la « liberté spirituelle ».

    Voici notre traduction intégrale, de l’italien, du discours du pape François.

    AB

    Allocution du pape François

    Chers frères Évêques et prêtres, chers séminaristes,

    Je vous rencontre avec joie – j’aime rencontrer des séminaristes – et je vous salue vous tous qui formez la communauté du Séminaire pontifical interrégional de la Campanie, accompagnés de quelques évêques de la région. Je remercie le recteur pour ses aimables paroles et je vous salue de façon spéciale, chers séminaristes, vous qui, grâce à Dieu, êtes nombreux.

    Votre séminaire représente un cas particulier dans le panorama ecclésial italien actuel. Fondé en 1912 par la volonté de saint Pie X, comme cela est arrivé pour différentes institutions de l’époque, il fut tout de suite confié à la direction des pères jésuites, qui l’ont guidé à travers les transformations considérables qui sont advenues en plus de cent ans, restant actuellement l’unique séminaire en Italie dirigé par la Compagnie de Jésus. Ces dernières décennies la collaboration et les interactions ont grandi avec les Églises diocésaines, qui, en plus d’envoyer les jeunes candidats au sacerdoce, se préoccupent de trouver parmi leurs prêtres les figures les plus adaptées pour la formation. J’encourage cette voie significative et féconde de communion ecclésiale, sur laquelle les diocèses et leurs pasteurs, sont en train d’investir des ressources importantes. Une communauté de formation interdiocésaine représente sans aucun doute une opportunité d’enrichissement, en vertu des différentes sensibilités et expériences dont chacun est porteur et elle est en mesure d’éduquer les futurs prêtres à se sentir qu’ils font partie de l’unique Église du Christ, en élargissant toujours le souffle du vrai rêve vocationnel, avec un authentique esprit missionnaire (cf. Ratio fundamentalis institutionis sacerdotalis, 91), qui n’affaiblit pas mais au contraire consolide et motive le sentiment d’appartenance à l’Église particulière.

    A notre époque, où l’on se sent tout petits, peut-être impuissants face au défi éducatif, avancer ensemble, dans un authentique esprit « synodal », révèle un choix gagnant, qui nous aide à nous sentir soutenus, encouragés et enrichis mutuellement. Cet exercice de communion est ensuite enrichi par la rencontre avec la riche tradition spirituelle et pédagogique ignatienne, qui a dans les Exercices Spirituels un point de référence sûr dont vous vous êtes inspirés pour votre projet de formation, conciliant avec une « fidélité créatrice » les indications provenant du Magistère de l’Église.

    Chers éducateurs, votre mission est de former à la vraie spiritualité du prêtre diocésain selon la pédagogie des Exercices de saint Ignace : un défi ardu, mais en même temps exaltant, qui a la responsabilité d’indiquer la direction du futur ministère sacerdotal. Je voudrais souligner ici trois aspects qui me semblent importants.

    Éduquer selon le style ignatien veut dire avant tout favoriser dans la personne l’intégration harmonieuse à partir de centralité de la relation d’amitié personnelle avec le Seigneur Jésus. C’est vraiment la primeur donnée à la relation avec Jésus, qui nous appelle « amis » (cf. Je 15,15), qui permet de vivre une spiritualité solide, profonde, mais non désincarnée. C’est pour cela qu’il est important de connaître et de réformer continuellement sa propre humanité. Ne pas se lasser d’avancer, de réformer : toujours en chemin. Dans cette direction, la formation intellectuelle aussi ne tend pas à être un simple apprentissage de notions pour devenir érudits – vous n’êtes pas des dictionnaires ! – mais veut favoriser l’acquisition d’instruments toujours plus élaborés pour une lecture critique de la réalité, à partir de soi-même. « Tu es le Christ » – « Tu es Pierre » (cf. Mt 16,16.18) : tout le chemin vocationnel, comme pour Simon Pierre et les premiers disciples, tourne autour d’un dialogue d’amour, d’amitié, dans lequel, tandis que reconnaissons en Jésus le Messie, le Seigneur de notre vie, Lui nous donne un nom « nouveau », qui contient notre vocation, nous indique notre mission, que le Père connaît et protège depuis toujours.

    La découverte de notre nouveau nom, le nom qui nous définit le mieux, celui qui est le plus authentique, passe à travers notre capacité de donner peu à peu un nom aux différentes expériences qui animent notre humanité. Appeler les choses par leur nom est la première étape vers la connaissance de soi et donc pour connaître la volonté de Dieu sur notre vie. Chers séminaristes, n’ayez pas peur d’appeler les choses par leur nom, de regarder en face la vérité de notre vie et de vous ouvrir en transparence et en vérité aux autres, surtout à vos formateurs, fuyant la tentation du formalisme et du cléricalisme, qui sont toujours à la racine de la double vie.

    Le discernement est le second aspect que je voudrais souligner. L’éducation au discernement n’est pas une exclusivité de la proposition ignatienne, mais c’est certainement un de ses points forts. Le temps du séminaire est le temps du discernement par excellence, pendant lequel, grâce à l’accompagnement de ceux qui, comme Elie avec Samuel (cf. 1 Sm 3), aident les jeunes à reconnaître la voix du Seigneur parmi toutes les voix qui résonnent et parfois retentissent dans les oreilles et dans le cœur. Mais à notre époque l’exercice du discernement doit devenir un art éducatif véritable et spécifique, afin que le prêtre soit un vrai « homme du discernement » (cf. Ratio fundamentalis, 43). Aujourd’hui plus que jamais – la Recteur l’a bien dit – le prêtre est appelé à guider le peuple chrétien dans le discernement des signes des temps, pour savoir reconnaître la voix de Dieu dans la foule des voix souvent confuses qui se mélangent, avec des messages contradictoires, dans notre monde caractérisé par une pluralité des sensibilités culturelles et religieuses.

    Pour être experts dans l’art du discernement il faut surtout avoir une bonne familiarité avec l’écoute de la Parole de Dieu, mais aussi une grande connaissance de soi, de son monde intérieur, des affects et des peurs. Pour devenir un homme du discernement, il faut être courageux, se dire la vérité à soi-même. Le discernement est un choix de courage, à l’inverse des chemins plus commodes et réducteurs du rigorisme et du laxisme, comme je l’ai souvent répété. En effet, éduquer au discernement veut dire fuir la tentation de se réfugier derrière une norme rigide ou derrière l’image d’une liberté idéalisée. Éduquer au discernement veut dire « s’exposer », sortir du monde de ses propres convictions et préjugés pour s’ouvrir afin de comprendre comment Dieu nous parle, aujourd’hui, dans ce monde, dans cette époque, dans ce moment, et comment il me parle à moi, maintenant.

    Enfin, se former au sacerdoce selon un style ignatien veut dire toujours s’ouvrir à la dimension du Royaume de Dieu, en cultivant le désir du « magis », de ce « plus » dans la générosité du don de soi au Seigneur et aux frères, qui est toujours en avant de nous. Pour votre année de formation vous avez choisi comme thème « Cherchez d’abord le règne de Dieu et sa justice » (cf. Mt 6,36) : cela vous aidera à élargir le souffle de votre formation et à ne pas vous contenter de jouer un rôle, d’endosser un vêtement, cela vous aidera à ne pas être pressés de finir votre parcours, mais à rendre toujours plus solide votre structure humaine et spirituelle. Chercher le Royaume de Dieu nous aide à ne pas nous étendre sur ce que nous avons conquis, à ne pas s’asseoir sur nos succès, mais à cultiver cette sainte inquiétude de celui qui désire avant tout servir le Seigneur dans nos frères. L’inquiétude élargit l’âme et la rend davantage capable de recevoir l’amour de Dieu. Chercher le Royaume veut dire avoir horreur de la logique de la médiocrité et du « minimum indispensable », mais s’ouvrir pour découvrir les grands rêves de Dieu pour nous.

    Chercher le Royaume veut dire chercher la justice de Dieu et se dépenser pour que nos relations, les communautés, nos villes, soient transformées par l’amour miséricordieux et juste de Dieu, qui écoute le cri des pauvres (cf. Ps 34,7). La recherche de la vraie justice doit stimuler l’appel à une liberté intérieure croissante vis-à-vis des biens, des reconnaissances de ce monde, vis-à-vis des attaches et de sa vocation même. Liberté intérieure à l’égard des biens : c’est cela que je veux souligner. C’est la première difficulté ! N’oubliez pas : le diable entre par les poches, toujours ; ensuite suit la vanité, puis l’orgueil, la suffisance, et c’est la fin. Les jeunes qui ont choisi de suivre le Seigneur dans la voie du sacerdoce, sont appelés à cultiver l’amitié avec Jésus, qui se manifeste de manière privilégiée dans l’amour des pauvres, afin d’être « témoins de pauvreté, à travers la simplicité et l’austérité de la vie, pour devenir des promoteurs sincères et crédibles d’une vraie justice sociale » (Ratio fundamentalis, 111).

    Par l’intercession de Marie, Reine des Apôtres, de l’évêque saint Alphonse-Marie de Liguori et de saint Ignace de Loyola, maître du discernement, que le Seigneur vous accorde de continuer avec joie et fidélité votre chemin, poursuivant la lumineuse tradition dont vous faite partie. Je vous remercie et vous demande, s’il vous plaît, de ne pas oublier de prier pour moi.

    © Traduction de ZENIT, Hugues de Warren

    source https://fr.zenit.org

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