• DIEU DESCEND EN L’HOMME

     

    http://ekladata.com/vz_fTdrTzKnjXam3CDw2hE1Y1Cw.jpgNous venons de vivre le temps de l’Avent et nous préparons à entrer dans celui du Carême. Pour saint François d’Assise, le mystère de l’Incarnation est le centre de sa spiritualité. Toutefois, l’Incarnation contemplée par François est toujours située dans le mystère totalisant de la Rédemption. Aucune référence à la Crèche ou à la naissance du Fils de Dieu, sans un rappel de la Croix ou de sa mort.  Pour François, Dieu descend.

    Si, avec Jésus le Christ, le message de Dieu à notre humanité a pris le nom d’Evangile, ce n’est pas sans raison. L’Evangile, n’est pas un livre. Ce n’est ni « pensée », ni une « doctrine », ni même une « philosophie ». Ce n’est pas une « pratique », ni une « ascèse », pas même une « croyance », encore moins une « religion ». C’est un évènement qui désigne l’annonce de la Bonne Nouvelle. L’Evangile proclame un évènement non seulement heureux mais décisif : Dieu descend !

    Dieu descend pour signifier qu’il est vain de vouloir se hisser jusqu’à lui par soi-même. Vain de croire de l’on peut monter. Quels que soient nos efforts, notre force ou notre intelligence, notre « bon cœur » ou nos « bonnes actions ».

    Dieu descend en l’homme quelle que soit sa naissance, sa vie, sa misère ou ses crimes.

    Comment ne pas voir ce que les Evangiles ne cessent de proclamer, ce que la liturgie célèbre mais que nous sommes si nombreux à ne pas recevoir. Empêchés de le reconnaître et d’en accepter toutes les conséquences. Certains êtres, entraînés dans les profondeurs abyssales et, quels que soient leurs doutes, en ont fait l’expérience.

    Dieu descend ? C’est insupportable pour qui veut le garder « en haut », afin de conserver le pouvoir ici-bas. Le pouvoir de décider qui vivra ou non, qui recevra son pardon ou non, qui lui sera agréable ou non. De plus, pour certains Dieu est au ciel, parce qu’Il est la pureté même et, qu’en aucun cas le Très-Haut ne peut se souiller avec le monde et la bassesse des hommes. Nous sommes peut-être nombreux à penser ainsi ? Nous croyons en Dieu. Nous « confessons le Christ, le Fils du Dieu Vivant ». Nous nous savons « sauvés par la foi ». Nous ne doutons pas de servir l’Evangile par nos bonnes actions. Nous avons choisi le « chemin » capable d’élever l’humain au-dessus de la laideur du monde. Jusqu’à Dieu, au-delà même peut-être, vers un Paradis dont nous avons finalement notre propre vision. Nous tenons à garder pure la Source de notre foi, nous préservons Dieu du mal, de tout le mal que nous voyons autour de nous.

    Consentons à l’évènement de la descente de Dieu en nous par le Christ, y compris au plus profond du mal. N’est-ce pas ce que François d’Assise a voulu nous faire comprendre par la crèche de Greccio ? Ce soir là, le ciel et les anges descendent dans cette grotte où se tiennent Marie, Joseph et Jésus. Ils descendent dans les profondeurs de la montagne qui n’est autre que celle de nos injustices.  Les villageois, les bergers des environs, tenant en mains des torches, descendent pour adorer. Voilà où Dieu est venu se faire Homme. Vertigineuse descente jusqu’au cœur de notre propre chair.

    Marie, l’humble, la minuscule ne dit rien mais on peut entendre ce qu’elle a à nous dire. Le Dieu qu’elle appelle Sauveur est venu rejoindre l’humanité déchue, celle qui se trouve tout en bas. Voilà où sont descendus l’Esprit de Dieu et la Lumière Eternelle : dans la nuit de cette grotte où les miséreux côtoient les misérables.

    Saint François d’Assise, nous montre d’un coup l’évènement proclamé par la Bonne Nouvelle. Il nous amène au-delà de l’émerveillement devant l’Enfant Jésus dans la crèche. Il nous montre la raison même de la venue de Dieu en l’homme. Au moment de naître en l’homme, le Christ descend au plus profond de la nuit humaine qu’il inonde de lumière. Un abaissement inconcevable, dont seul est capable un Dieu aimant les hommes jusqu’au bout. Envers et contre tout.

    Mais les Ecritures nous rappellent que le Créateur « connaît le cœur humain ». Il sait qu’il lui faut descendre encore plus bas. C’est pourquoi il vient comme un homme, se présenter entre les mains d’un autre homme. Pour être abaissé encore, plongé, des pieds à la tête, dans les eaux du Jourdain. Ce qui ne manque pas de choquer l’ermite du désert chargé de l’immerger : C’est moi qui ai besoin d’être purifié, et c’est toi qui viens à moi ! proteste Jean le baptiseur, sachant qu’il est seulement prophète et qu’il ne plonge les disciples que dans l’eau. Sachant qu’il reste sur la rive de nos faiblesses, de nos maladies et du mal qui nous tient. Il ne lui est pas possible d’aller où va le Dieu venu épouser la condition humaine, ce Dieu qui descend maintenant en toutes sortes de lieux peu recommandables : au contact des lépreux, des éclopés, des prostituées, des collabos, des impurs de toute nature, de toutes nationalités et de toutes religions. Jusqu’en prison. Auprès des voleurs, des brigands, des meurtriers ; dans le cœur des violents, des violeurs ; avec les escrocs, les faussaires de métier. Les innocents et les fous. Tous ceux qui ne savent pas, qui ne savent plus, au juste, pourquoi ils sont là. Avec leurs geôliers aussi, et leurs tortionnaires. Dieu va jusque-là.

    La vase du Jourdain, à sa manière, l’annonce déjà. C’est peut-être pourquoi, Jean le Baptiste veut s’y opposer. Mais le Christ lui dit : « Laisse faire maintenant ! Il le faut » Et il disparaît sous l’eau, comme bientôt, il sera plongé dans l’esprit de meurtre que respirent ceux, nombreux, qui veulent se débarrasser de lui.

    C’est pourquoi, François d’Assise, comprend que, à l’heure où nous chantons encore « Il est né le Divin Enfant », le Dieu venu sauver l’humanité en l’homme sait déjà qu’il lui faudra descendre dans l’horreur d’une mise à mort violente et ignoble. Alors, il continue de descendre. Jusque dans la tombe, c’est-à-dire jusqu’à Pâques.

    Ainsi, Dieu descend non seulement sur la terre, mais dans la brèche lugubre du vendredi et du samedi saint. Sous nos pieds. Dans tout ce qui est inhumain.

    Voilà jusqu’où va l’Evangile de Jésus-Christ, « Fils de Dieu » et « Fils de l’Homme ». Voilà la Bonne-Nouvelle dont tout l’aspect religieux ne fait que dire, rappeler, célébrer l’évènement.

    Dieu, dans le Christ, descend plus bas que nos propres fautes. Plus bas que toutes les fautes. Plus bas que la bassesse. Plus bas que la mort elle-même. Dieu descend jusqu’en enfer. Jusqu’à toi, mon frère, qui es en prison. Qui a fait « ça ».

    « Celui qui est sans péché s’est fait péché », rappelle la liturgie, avec Saint Paul. Pour se faire proche de nous précisément quand nous sommes loin de lui. C’est d’ailleurs la toute première proclamation de Jésus, celle qui ouvre la Bonne-Nouvelle : Le temps est venu, pour qui veut revenir à la vie : Dieu s’est fait proche ! Revenez !

    Ce dont aucun de nous n’est capable par lui-même, devient possible parce que Dieu est descendu non pas jusqu’à nous, mais « plus bas que nous ».

    1 Samuel 2, 6-8 :

    « L’Eternel fait mourir et il fait vivre,

    Il fait descendre au séjour des morts et il en fait remonter.

    L’Eternel appauvrit et il enrichit,

    Il abaisse et il élève,

    De la poussière il retire le pauvre,

    Du fumier il relève l’indigent,

    Pour les faire assoir avec les grands

    Et il leur donne en partage un trône de gloire

    Car à l’Eternel sont les colonnes de la terre …

    Suzanne Giuseppi-Testut  -  ofs


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  • Matthieu 9, 32-38

    Jésus parcours les villes et les villages et voit la misère des foules.

     Jesus et le centurion

    La Perle du Jour – Mt 9, 36 : « A la vue des foules, Jésus en eut pitié, car ces gens étaient las et prostrés comme des brebis qui n’ont pas de berger. 


    Or, tout bon berger aime ses brebis. Et nous savons que demeure de toute éternité, au plus profond de l’homme, le désir d’aimer et d’être aimé. Ce désir est un désir infini, que le fini ne peut combler. Et ce désir infini, n’est rien d’autre qu’un désir de vie.

    C’est pourquoi, nous avons besoin :

    -          D’hommes et de femmes dont l’objectif est de nous faire découvrir les chemins dans lesquels nous pouvons rencontrer le Christ.


    -          D’hommes et de femmes dont la joie est de nous prendre par la main afin de progresser avec eux sur le chemin de la vie. Guidés par Celui qui, seul, peut tout porter et tout écouter, tout partager et tout guérir.


    -          Nous avons besoin d’hommes et de femmes prêts à s’engager dans un dialogue d’amour.


    -          D’hommes et de femmes qui osent ouvrir des chemins d’évangélisation pour, comme le dit Ezéchiel, « fortifier les brebis chétives, soigner celles qui sont malades, panser celles qui sont blessées, ramener celles qui s’égarent, chercher celles qui sont perdues. »

    Ce désir infini, n’est rien d’autre que le désir de l’homme pour Dieu qui rejoint le désir de Dieu de rencontrer l’homme dans une relation d’amour.


    La vigne du Seigneur est grande, il y a de la place pour de nombreux ouvriers. Et comme le Christ le dit à ses disciple : « La moisson est abondante mais les ouvriers peu nombreux ; priez donc le Maître de la moisson d’envoyer des ouvriers à sa moisson. »

    L’appel du Christ à la prière est toujours aussi pressant.

     

    Suzanne

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  • Flash texte la ''Perle du jour''

    Jésus guérit une femme hémorroïsse et ressuscite la fille d’un chef.

     –Matthieu 9, 18-26 : 

     

    Jésus ress la fille de JAIRUS

    Une femme atteinte de perte de sang depuis douze ans, s’approche discrètement de Jésus et touche la frange de son manteau, car elle se disait en elle-même :

    Et voici notre Perle du Jour – Mt. 9, 21-22 : « Si seulement je touche son manteau, je serai sauvée. » Jésus se retournant la vit et lui dit : « Aie confiance, ma fille, ta foi t’a sauvée. »


    La femme atteinte d’une perte de sang, était considérée comme impure aux yeux de la Loi. Il fallait s’en détourner.

    Or, cela n’a pas arrêté Jésus. Il a guéri cette femme. L’amour du Christ a brûlé la distance qui devait la séparer de Dieu.


    Jésus voit en la maladie un mal dont les hommes souffrent. Sans s’attarder à distinguer ce qui est maladie naturelle de ce qui est possession démoniaque, « il chasse les esprits et guérit ceux qui sont malades. » Il éprouve de la pitié et cette pitié commande son action. 

    Jésus ne manifeste qu’une exigence : Que ceux qui lui disent leur confiance, croient en Lui, car tout est possible dans la foi. Aussi, lorsque nous recourons à Dieu, examinons notre cœur :

    -          Avons-nous pris conscience de nos limites et ainsi, éprouvé l’insuffisance des moyens humains ?

    -          Ou bien, après avoir tout essayé, Dieu s’impose-t-il à nous comme dernier recours ?

    -          Ou encore, Dieu est-il Celui en qui nous pouvons nous abandonner en toute confiance ?

    Il est important de connaître la raison qui motive notre recours à Dieu car elle est à la mesure de notre foi.[1]


    Ce passage de l’Evangile nous montre à quel point, un geste tout simple, accompli dans la plus grande discrétion et dans la foi, suffit pour recourir à Dieu.

    Aussi, rien ne doit nous empêcher de faire appel à Lui car, même si nous nous pensons indignes, voire impurs et même si notre conscience nous condamne, sachons que Dieu est plus grand que notre conscience.

     


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  • Flash texte la ''Perle du jour''
    Jésus envoie en mission soixante douze disciples
    Luc 10, 1-12 ; 17-20


    envoie en mission 1,0

    Avant d’envoyer ses disciples en mission, Jésus leur fait quelques recommandations. Il leur dit tout d’abord : « Allez ! Voici que je vous envoie comme des agneaux au milieu des loups »


    Puis, et ce sera notre Perle du Jour, Il leur dit  – Lc 10, 5 : En quelque maison que vous entriez, dites d’abord : ‘Paix à cette maison’ »

    La première mission du disciple est donc d’annoncer la paix. Sa vocation est avant tout d’être un pacificateur.


    La recommandation de Jésus s’adresse aussi à chacun de nous, ses disciples. Comment s’y employer et la mettre en pratique ? Comment faire passer cette grâce dans notre vie ? Mais comment annoncer la paix si je ne suis pas en paix ?

    Nous pouvons nous réfugier dans un lieu sans bruit pour « avoir » la paix et cependant ne pas « être en paix ». Nous expérimenterons peut-être alors que la quête de la paix véritable consiste en un effort pacifique et permanent. La paix s’impose comme un bien de plus en plus spirituel.


    Alors, que faire pour être en paix et annoncer la paix ?

    -          Se réconcilier avec Dieu et « faire la paix »

    -          Méditer l’Evangile et « voir » par le cœur

    -          S’attacher au Christ et, sous sa conduite, nous exercer à l’amour

    -          S’ouvrir à la patience, à la compréhension et à la sollicitude.

    -       Aspirer à réaliser la béatitude « Bienheureux ceux qui font œuvre de paix » et ainsi, tendre de toutes nos forces à établir ici-bas, la concorde et la tranquillité.

    Cette attitude nous aidera à devenir plus humains, à ne pas couper les liens et à nous avancer vers l’autre. A maintenir l’esprit de fraternité en dépit de toutes les ruptures.

    Ainsi, notre vocation de pacificateur passe par notre désir de conversion du cœur. Dès lors,  nous pourrons nous laisser saisir par cet élan communiqué par Dieu.[1]


    [1] LM p 600-601 ; Cel.1 p 235-6 ; Lég.3Comp. p 820 ; déposition p 244-5

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  • DEPOSONS TOUT, DEPOSONS TOUS

     

    (Merci à Suzanne GUISEPPI- TESTUT, auteure de « La déposition »)

     

    -      Deposition.jpg Toi, Jésus, qui déposa ton corps sur le bois, tu le donnas en criant « Abba », craignant qu’Il ne t’abandonnât.  En nous offrant ta mort, tu nous donnes la Vie, Sois béni !

    -      Toi, Vierge Marie, qui déposa ton Oui, tu hébergeas le fruit de l’Esprit, Sois bénie !

    -      Toi, mon ami, mon frère, qui connaît le poids de la peine, dépose tout. Laisse là ton fardeau, Dieu s’occupe de tout. Pourquoi te faire du souci puisqu’Il te l’a promis ?

    -      Toi, qui ne m’aime pas, dépose là ta haine, elle t’empêche d’avancer, tu seras plus léger. Laisse l’Esprit la balayer et en tout temps prie et remercie. Pourquoi te laisser piéger par cette violence puisque Dieu te guérit ?

    -      Toi, l’inconnue, dépose ta confiance, comme Celle qui a crû, qui a dit oui à l’Esprit, qui nous a tout appris. Pourquoi n’essayons nous pas comme la Vierge Marie d’aimer l’autre à l’infini ?

    -      Toi, ma mère d’en bas, du ciel dépose nous ta joie. Depuis si longtemps nous marchons sans toi, nous laissant gagner par la tristesse ou le désespoir. C’était sans connaître Jésus Christ, qui est Seigneur et qui donne la Vie, qui nous redonne Vie.

    -      Toi, mon père, si fort blessé pendant la guerre, dépose là toutes ces années, qui t’ont épuisées. Pourquoi t’inquiéter, Dieu t’a toujours guidé et aidé, même dans les pires difficultés. Sois enfin libéré et va en paix dans le cœur de Celui que tu as toujours aimé et prié.

    -      Toi, ma sœur, à qui la vie n’a pas souri, dépose là tes malheurs. Laisse ton amertume, ta révolte, tes rancoeurs et viens trouver le vrai bonheur. Pourquoi ne pas le chercher ? Dieu se laisse trouver, à la porte il faut frapper ; le grand Berger ne permet à aucune brebis de s’égarer.

    -      Toi, l’homme de ma vie, dépose toi, repose toi. Pourquoi lutter contre le Bien-Aimé ? Laisse là cette peur d’être abandonné, cette peur de n’être pas aimé. Je sais, ton père t’a manqué, tu aurais voulu partager avec lui plus de chemin, mais c’est ainsi. Pourquoi ne pas renoncer à ton malheur et profiter d’un Autre Cœur ? Dieu t’attend, Il est là, ne te condamne pas. Il t’ouvre les bras. Viens avec moi.

    -      Vous, mes fils bien aimés, déposez vos vies en Dieu. Comment seriez vous nés sans l’Amour qui vient de Lui ? Pourquoi vouloir vivre sans Lui ? Des parents qui vous aiment c’est bien, mais être aimé par Dieu c’est encore mieux ! Essayez, vous verrez et croyez moi si je vous dis qu’en Un vous en trouverez Trois.

    -      Vous, soldats, déposez les armes. Dieu est venu pour vous aimer, pourquoi vouloir tuer ? Réconciliez vous et faites la paix ! Le seul territoire à conquérir, c’est votre cœur, défrichez le et semez, vous récolterez le bon grain et jetterez l’ivraie.

    -      Toi, l’humanité, dépose ta croix. Ne te laisse pas berner par les idoles, les faux progrès. Ton salut est dans la Vérité. Pourquoi continuer sur ces chemins de mort ? Jésus est venu pour nous sauver, Il est déjà ressuscité, proclame le au monde entier !

    -      Toi, mon cœur si maladroit, dépose là. Dieu te montre la voie. Pour être comblé, il n’y a qu’un secret, tout donner !

    -      Toi, mon âme, béni l’Esprit qui te réveille la nuit et dépose ici, sur le papier, ce dont Il te gratifie.

     

    Agnès Fraïssé –

    Fraternité Saint Damien – Couvent Saint Bonaventure- Narbonne

     

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  • LES TENDRES REGARDS DE DIEU

     

     

    francois-et-Jesus.jpg Le temps de l’Avent est un temps de témoignage. Témoignage de l’Amour incommensurable de Dieu qui revêt notre humanité. Témoignage de ses créatures qui « rendent témoignage à la Vérité » de manière spirituelle c’est-à-dire que, non contentes de recevoir les dons divins et de bien agir par la grâce de Dieu, elles communiquent ces dons à d’autres par la parole, les encouragements et les exhortations. 

    Le rôle de témoin  est d’une grandeur incomparable, car nul ne peut rendre témoignage à une réalité, comme par exemple l’existence de Dieu, que dans la mesure où il y participe. Jésus disait : « Nous parlons de ce que nous savons et nous attestons ce que nous avons vu » (Jn 3, 11)

    Saint François d’Assise est un de ces témoins venus pour répandre les dons de Dieu et annoncer ses louanges. Il croit en l’Incarnation, il la vit et nous engage à y participer dans la contemplation. Tout, dans ses louanges témoigne de sa foi en l’Incarnation et de sa participation à la Présence divine. François la voit ! Rendre témoignage à la vérité divine, cela suppose que l’on connaît cette vérité. Le Christ, lui aussi, a eu ce rôle de témoin. « Je suis venu en ce monde et je suis né pour rendre témoignage à la vérité ». (Jn 18, 37)

    Dans les « Louanges de Dieu » rédigées par saint François en septembre 1224, sur le Mont Alverne, après avoir été marqué  par les stigmates de la Passion du Christ, il attribue 27 fois des noms divers à Dieu, sans hésiter à s’adresser chaque fois à Lui, par « Tu es ». Il n’y a plus aucun doute dans le cœur débordant d’amour de François. Dans une vision mystérieuse il a entrevu la Passion du Christ, Crucifié et Glorieux.

    Tout au long de son parcours, François a expérimenté dans son humanité les doux regards de Dieu. Maintenant, émerveillé par la splendeur du regard qui se pose sur lui, il les Lui redonne dans ses louanges et nous les offre, comme en son temps à frère Léon, comme un chemin de plénitude d’être et de vie :

    Tu es saint, Seigneur, seul Dieu, qui fais des merveilles. Tu es fort, tu es grand, tu es très haut, tu es tout-puissant, toi, Père saint, roi du ciel et de la terre. Tu es trine et un, Seigneur Dieu des dieux. Tu es le bien, tout bien, le souverain bien, Seigneur Dieu vivant et vrai.

    Toute l’expérience de François ainsi que sa longue rumination du Mystère jaillissent dans ces mots. François y reconnait toutes les interventions miséricordieuses de Dieu dans sa vie.

    Tu es amour, charité

    Dieu est passionné d’amour pour sa créature, il nous cherche inlassablement pour nous rencontrer au cœur d’une vraie relation qui fera de nous ses partenaires.

    Tu es sagesse

    C’est dans la rencontre de Dieu que nous goûtons à cette « saveur ».

    Tu es humilité

    Dieu s’efface, il se fait faible. Il s’offre discrètement à notre regard.

    Tu es patience

    Nous pouvons tout déposer sous son regard, parce qu’il sait attendre, nous attendre au-delà de tout.

    Tu es beauté, tu es familiarité

    Dieu se laisse approcher par l’homme, il se laisse regarder. Cet échange de regard nous introduit dans une intimité et sa beauté  peu à peu nous transfigure.

    Tu es sécurité et repos

    Que peut-il nous arriver de grave si nous sommes en Christ ?

    Tu es joie, tu es notre espérance et allégresse

    Dans ces mots, nous retrouvons le Christ qui « danse la Résurrection », tel qu’on peut le voir en contemplant l’icône du Christ de saint Damien. Il la danse pour chacun de nous mais aussi pour nous tous.

    Tu es justice, tu es mesure (ou tempérance)

    Dieu connait sa créature mais sa volonté d’amour et de salut est telle qu’elle précède toujours sa rigueur … à la mesure de ce qui convient à chacun, mais son amour qui ne connait pas de mesure, l’emporte toujours.

    Tu es toute richesse à suffisance

    François d’Assise n’est pas né pauvre. Il n’a pas subi cette pauvreté que dénonce Jésus comme un scandale. Il a choisi la vertu de pauvreté. Il s’est laissé enseigner par le pauvre. Ainsi, il a trouvé la vraie richesse, c’est-à-dire la relation à Dieu.

    Tu es beauté, tu es familiarité

    Répétition volontaire ou pas, nous savons que François d’Assise aime la beauté et qu’il sait voir en chacun de ses frères et en chaque être, l’Image qu’il contient. Il se fait familier de tous.

    Tu es protecteur, tu es notre gardien et défenseur, tu es force

    Dieu le Père, sait caresser ses enfants d’un geste maternel. Le féminin de l’être est au cœur de François comme au cœur de chacun de nous. Mais Dieu est aussi celui qui garde et qui veille et dont la vigueur ne faillit jamais. 

    Tu es rafraichissement

    François a aimé la fête. Dieu procure cette joie festive, ce rafraichissement intérieur  à tous ceux qui répondent à son invitation.

    Tu es notre espérance, tu es notre foi, tu es notre charité

    François passe du « je » au « nous ». Depuis longtemps, son « je » s’est effacé devant le « nous ». En rappelant les vertus théologales, le saint s’adresse certes à ses frères, à cette jeune communauté, mais il s’adresse aussi à nous tous. Saint François place l’espérance en premier. Tout homme attend et espère Dieu. Dieu est le bonheur attendu par tout homme. Dieu est notre foi, il nous conduit quand nous traversons les ténèbres, sa lumière nous permet de voir plus loin, au-delà des apparences et des évènements. La foi élargit notre regard. Dieu est notre charité. Pour François, « Il faut que l’amour l’emporte »,  en chacun de nous. Il sait qu’il n’y a pas plus grand que l’Amour. 

    Tu es toute notre douceur, tu es notre vie éternelle

    Par ta douceur Seigneur, tu peux tout en moi. « Viens Seigneur Jésus », tu es notre vie éternelle.

    Grand et admirable Seigneur, Dieu tout puissant, miséricordieux Sauveur.

    Découvrir Dieu, c’est s’émerveiller devant sa grandeur. L’aimer, c’est l’admirer. Entrer dans son intimité, c’est se laisser sauver en goûtant à sa miséricorde.

    En ce temps béni de l’Avent, en fille de François, j’ose ma louange à mon Dieu d’Amour, le soir de Noël :

    Tu es Enfant

    Je te bénis de te déposer dans mes bras, de te laisser bercer et caresser. A mon tour de « t’enfanter » en témoignant de ta présence, en osant proclamer que tu es le Dieu Vivant.

     

    Suzanne Giuseppi Testut  -  ofs 

     

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  • Entrevue de Véronique Alzieu de RCF avec Suzanne Giuseppi Testut

     d'une durée de 15 à 20 min. approximativement
     Photos archive RCF
    Veronique-Alzieu.jpg http://ekladata.com/ffa4c65dE-J5pQVuPvg3lpM4Ep4.jpg  

     

     

     

    avec Suzanne G Testut ofs

    en collaboration de

    RCF

    La Radio dans l'âme

    Invités de l’émission

    • Suzanne GIUSEPPI-TESTUT

    Détails de l'émission

    "Ma vie a pris sens, elle est devenue cohérente." Marquée à vie par une rencontre intime avec saint François d'Assise, Suzanne Giuseppi-Testut a toujours perçu la présence de Dieu. Elle témoigne sur son parcours de foi à Véronique Alzieu.

     

    Il y a eu un avant et un après Assise mais l'un et l'autre restent liés, inséparables, "ce qui fait la richesse de mon cheminement". J'étais une femme mondaine, active, choyée par son mari, qui aimait être regardée, courtisée. La grâce, ce n'est pas un mot, c'est un vécu, une expérience profonde.

    Issue d'une vieille famille cévenole Suzanne Giuseppi-Testut grandit entourée de ses soeurs, de sa mère et de ses tantes. Dans cette famille aimante, elle est très proche de son père, qui lui enseigne l'amour du Christ par sa façon d'agir avec justesse et bonté auprès de ses employés. "Il avait l'autorité de l'amour."

    Petite fille secrète et solitaire, à qui l'on aime se confier, elle acquiert très tôt le goût de la contemplation. "J'étais émerveillée. Dans ces instant bénis, j'étais totalement enveloppée ; il y avait une telle paix en moi, une douceur intense, une présence extraordinaire qui a marqué mon enfance." Dieu a toujours été très présent dans sa vie, même lorsqu'elle n'allait plus à la messe le dimanche, il lui était impossible de passer devant une église sans y entrer et y prier.

    "La famille franciscaine est très joyeuse !" Elle a enseigné à Suzanne Giuseppi-Testut la pauvreté intérieure : une réelle sensibilité pour l'autre, un regard pour le pauvre - "on est tous pauvres."

    Bibliographie

    • La déposition
      Suzanne Giuseppi-Testut
      Nouvelle Cité, 2009, 978-2-85313-573-3

    • Les mouvements intérieurs de l'âme
      Suzanne Giuseppi-Testut
      Nouvelle Cité, 2011, 978-2-853136495

     

    Source http://www.rcf.fr/radio/RCFNational

     

     

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  • Entrevue de Véronique Alzieu de RCF avec Suzanne Giuseppi Testut

     d'une durée de 15 à 20 min. approximativement
     Photos archive RCF - suite et fin demain
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    avec Suzanne G Testut ofs

    en collaboration de

    RCF

    La Radio dans l'âme

     

    Invités de l’émission

    • Suzanne GIUSEPPI-TESTUT

    Détails de l'émission

    "Ma vie a pris sens, elle est devenue cohérente." Marquée à vie par une rencontre intime avec saint François d'Assise, Suzanne Giuseppi-Testut a toujours perçu la présence de Dieu. Elle témoigne sur son parcours de foi à Véronique Alzieu.

     

    Il y a eu un avant et un après Assise mais l'un et l'autre restent liés, inséparables, "ce qui fait la richesse de mon cheminement". J'étais une femme mondaine, active, choyée par son mari, qui aimait être regardée, courtisée. La grâce, ce n'est pas un mot, c'est un vécu, une expérience profonde.

    Issue d'une vieille famille cévenole Suzanne Giuseppi-Testut grandit entourée de ses soeurs, de sa mère et de ses tantes. Dans cette famille aimante, elle est très proche de son père, qui lui enseigne l'amour du Christ par sa façon d'agir avec justesse et bonté auprès de ses employés. "Il avait l'autorité de l'amour."

    Petite fille secrète et solitaire, à qui l'on aime se confier, elle acquiert très tôt le goût de la contemplation. "J'étais émerveillée. Dans ces instant bénis, j'étais totalement enveloppée ; il y avait une telle paix en moi, une douceur intense, une présence extraordinaire qui a marqué mon enfance." Dieu a toujours été très présent dans sa vie, même lorsqu'elle n'allait plus à la messe le dimanche, il lui était impossible de passer devant une église sans y entrer et y prier.

    "La famille franciscaine est très joyeuse !" Elle a enseigné à Suzanne Giuseppi-Testut la pauvreté intérieure : une réelle sensibilité pour l'autre, un regard pour le pauvre - "on est tous pauvres."

    Bibliographie

    • La déposition
      Suzanne Giuseppi-Testut
      Nouvelle Cité, 2009, 978-2-85313-573-3

    • Les mouvements intérieurs de l'âme
      Suzanne Giuseppi-Testut
      Nouvelle Cité, 2011, 978-2-853136495

     

    Source http://www.rcf.fr/radio/RCFNational

     

     

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  • Entrevue de Véronique Alzieu de RCF avec Suzanne Giuseppi Testut

     d'une durée de 15 à 20 min. approximativement
     Photos archive RCF - la suite demain
    Veronique-Alzieu.jpg  

     

     

     

    avec Suzanne G Testut ofs

    en collaboration de

    RCF

    La Radio dans l'âme

     

    Invités de l’émission

    • Suzanne GIUSEPPI-TESTUT

    Détails de l'émission

    "Ma vie a pris sens, elle est devenue cohérente." Marquée à vie par une rencontre intime avec saint François d'Assise, Suzanne Giuseppi-Testut a toujours perçu la présence de Dieu. Elle témoigne sur son parcours de foi à Véronique Alzieu.

     

    Il y a eu un avant et un après Assise mais l'un et l'autre restent liés, inséparables, "ce qui fait la richesse de mon cheminement". J'étais une femme mondaine, active, choyée par son mari, qui aimait être regardée, courtisée. La grâce, ce n'est pas un mot, c'est un vécu, une expérience profonde.

    Issue d'une vieille famille cévenole Suzanne Giuseppi-Testut grandit entourée de ses soeurs, de sa mère et de ses tantes. Dans cette famille aimante, elle est très proche de son père, qui lui enseigne l'amour du Christ par sa façon d'agir avec justesse et bonté auprès de ses employés. "Il avait l'autorité de l'amour."

    Petite fille secrète et solitaire, à qui l'on aime se confier, elle acquiert très tôt le goût de la contemplation. "J'étais émerveillée. Dans ces instant bénis, j'étais totalement enveloppée ; il y avait une telle paix en moi, une douceur intense, une présence extraordinaire qui a marqué mon enfance." Dieu a toujours été très présent dans sa vie, même lorsqu'elle n'allait plus à la messe le dimanche, il lui était impossible de passer devant une église sans y entrer et y prier.

    "La famille franciscaine est très joyeuse !" Elle a enseigné à Suzanne Giuseppi-Testut la pauvreté intérieure : une réelle sensibilité pour l'autre, un regard pour le pauvre - "on est tous pauvres."

    Bibliographie

    • La déposition
      Suzanne Giuseppi-Testut
      Nouvelle Cité, 2009, 978-2-85313-573-3

    • Les mouvements intérieurs de l'âme
      Suzanne Giuseppi-Testut
      Nouvelle Cité, 2011, 978-2-853136495

     

    Source http://www.rcf.fr/radio/RCFNational

     

     

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