• Jésus le pain vivant descendu du ciel -Jn-6-44-51

    2ieme dim ord

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    REPONDRE

    jesus apaise tempête« Comme il marchait le long de la mer de Galilée, il vit deux frères, Simon, appelé Pierre, et André, son frère, qui jetaient un filet dans la mer ; car ils étaient pêcheurs. Il leur dit : suivez-moi, et je vous ferai pêcheurs d’hommes. Aussitôt, ils laissèrent les filets, et le suivirent » (Mt 4, 18-20)

     

    L’acte de déposition passe par l’accueil de l’appel du Christ.

    C’est ainsi que Dieu ouvre le dialogue et nous rends capables de lui répondre. Quand le Christ a appelé ses apôtres, il a appelé des hommes simples, des pêcheurs. Il a appelé des hommes qui étaient en attente, en recherche, prêts à se laisser attendrir, à se laisser caresser pas sa Parole au plus profond de leur cœur. Comme eux, laissons-nous bouleverser par son appel et devenons attentifs à notre véritable destinée. L’appel du Christ c’est d’abord une Parole accessible à chaque homme parce qu’elle s’adresse à son cœur. Cet appel est le signe d’une proximité et d’une ouverture vers l’intime, c’est un appel à Le suivre dans une voie nouvelle, appel à mettre nos pas dans ses pas afin de nous laisser conduire à la Vie. Il suscite alors une réponse. Soit nous restons sourds et nous résistons à cet appel, soit nous l’accueillons librement comme une voie de réconciliation avec Dieu, comme une puissance de vie et comme un don.

    « Jésus l’ayant regardé l’aima, et lui dit : Il te manque une chose ; va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens, et suis-moi. Mais, affligé de cette parole, cet homme s’en alla tout triste ; car il avait de grands biens » (Le jeune homme riche Lc10, 21-22)

    Nous demeurons libres de refuser l’appel du Christ ou de l’entendre mais nous n’avons pas de permission à lui donner. Le Seigneur nous appelle et nous interpelle en permanence. Il parle toujours au cœur de sa créature et même au cœur de l’homme qui le refuse. L’appel du Christ peut nous conduire à un changement d’existence total si nous nous rendons disponibles à ce don, si nous nous re-posons en lui et repartons avec lui.

     

    La réponse à l’appel du Christ passe par le désir de l’homme et par le discernement.

    Notre « oui » manifeste déjà notre désir de poser un pas sur le chemin du retour à la suite de Jésus. Mais soyons attentifs, nous posons cet acte mais c’est lui qui nous entraîne, nous répondons pour repartir et nous re-poser autrement en marchant dans les pas de Jésus. Nous entrons alors dans une autre dimension, un autre acte est à poser : nous laisser entraîner à sa suite lorsque nous sommes confrontés et poser un regard de vérité sur notre vie. Ne pas résister ni se laisser aveugler par ce qui se passe à l’extérieur car cela nous fait courir le risque de nous perdre.

    Celui qui entre par la porte est le berger des brebis. Le portier lui ouvre, et les brebis entendent sa voix ; il appelle par leur nom les brebis qui lui appartiennent, et il les conduit dehors. Lorsqu’il a fait sortir toutes ses propres brebis, il marche devant elles ; et les brebis le suivent, parce qu’elles connaissent sa voix » (Jn 10, 2-4)

    Essayons de discerner dans notre vie les appels de Dieu. A travers les évènements prenons le temps de mesurer et de goûter ce qui nous est signifié ; Dans la prière demandons-lui d’adoucir notre cœur par sa Parole et de la laisser vivre en nous ; par les actes que nous posons exerçons-nous à renoncer à nos prétentions personnelles, à vouloir tout comprendre, tout posséder, tout contrôler. Il s’agit de nous arracher à nos conditionnements pour les transfigurer ;  par les réponses que nous donnons manifestons notre désir de rencontre, de communion, désir qui alors va balayer les obstacles sur notre passage.

     

    Répondre à l’appel du Christ, c’est se préparer à ouvrir la porte.

    C’est oser la rencontre, oser l’intimité avec Jésus, mais comment accéder à cette intimité si je ne le laisse pas entrer dans ma demeure, si je ne le laisse pas m’approcher, me regarder, me toucher, si tout simplement je ne lui offre pas mon hospitalité.

    « Voici, je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui, je souperai avec lui et lui avec moi » (Ap 3, 20)

     

    Deux pistes concrètes pour répondre.

     

    1/ Prendre conscience que chacun de nous est appelé

    -          Savoir que cet appel est direct et personnel.

    -          Essayer, au regard de notre histoire, de discerner dans notre vie les appels de Dieu. Avons-nous su ou pu y répondre ? Y avons-nous été sourd où n’avons-nous pas su les reconnaître ? Sommes-nous en mesure, avec le recul, de discerner la pédagogie divine au cœur de ces appels ?

    -          Essayer de reconnaître, à partir de ce jour, les appels du Seigneur et ne pas les repousser.

     

    2/ Oser la rencontre

    -          Ne pas résister au Christ en érigeant des barrières de peur, de fausses idées, d’interprétations ou même de connaissance rationnelle. Essayer de les dépasser en faisant usage de notre liberté.

    -          Accepter nos limites, s’arracher à nos conditionnements pour les transfigurer

    -          S’appliquer à dire « oui » au Christ tous les jours, soir et matin.

    -          S’exercer à répondre dans les choses les plus banales du quotidien, par exemple en s’ouvrant à l’autre, en le servant dans la joie. Transformer notre vie en une offrande d’amour.

    -          Ne pas perdre courage, faire confiance, espérer et nous confier à celui qui est plus intime à nous-mêmes que nous-mêmes.

    -          Accueillir la grâce.

    SoSource Bayard-Presse

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  • Jésus le pain de vie - Jn-6-22-29

    puisez a la souce

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  • DEPOSER

    « Venez à moi, vous tous qui êtes fatigués et chargés, et je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous et recevez mes instructions, car je suis doux et humble de coeur ; et vous trouverez le repos pour vos âmes. Car mon joug est doux et mon fardeau léger » (Mt 11, 285-30)

    jésus libere

     

    Se voir et s’accepter tels que nous sommes sous le regard du Seigneur.

    Sommes-nous sûrs d’avoir bien entendu cet appel du Christ et savons-nous réellement y répondre ? Avons-nous pris conscience que cet appel est non seulement une invitation personnelle mais aussi la promesse d’être accueillis et aimés, secourus et protégés, soignés et guéris ? Se placer sous le regard bienveillant du Christ nous invite à déposer nos joies, nos désirs, nos attentes mais aussi nos blessures, nos chutes, nos indécisions, nos préoccupations essentielles et nos questions, parfois douloureuses. Cela nous aide à oser « nous dire », « nous nommer » et « nous montrer » tels que nous sommes devant l’Ami qui seul peut tout entendre, tout porter, tout partager. Cela nous pousse à prendre conscience de nos limites, à lâcher nos exigences envers nous-mêmes et envers les autres, à Le prendre pour unique appui et enfin, à nous centrer sur le Tout-Autre pour vivre une libération. Déposer, c’est aussi louer Dieu et lui rendre grâce. C’est chercher sa volonté de tout notre cœur et assumer pleinement notre liberté. Et si nous sommes confrontés à des épreuves, c’est alors, au cœur de cette liberté, que nous ferons l’expérience spirituelle de son amour, la déposition nous dévoilera ces preuves de l’amour authentique que sont le partage, la responsabilité, la confiance, l’espérance et la fidélité. Nous expérimenterons l’ancrage de la joie paisible en Christ.

     

    Où puiser la force et le courage d’accomplir cet acte de responsabilité et d’humilité qu’est la déposition ?

    Il suffit de franchir le premier pas, et Dieu – Père, Fils et Esprit - nous prend par la main. Par la déposition, nous découvrons au cœur de la rencontre, la douceur de l’oubli de soi, de l’abandon et de la confiance mais aussi la proximité du Père, sa miséricorde et sa tendresse car il n’est jamais loin. Ressentir en un instant, l’allègement de notre fardeau et cette complicité d’amour, de joie et même de souffrance – Le Christ porte avec nous - nous fait goûter la force de la relation. Nous sentons la légèreté du Souffle qui nous anime et nous redresse et nous reconnaissons la présence de l’Esprit-Saint. Ainsi, à travers la déposition nous apprenons à ne plus avoir peur de notre humanité, et à sortir de nos culpabilités. Nous réalisons le projet du Christ :

    « Père juste, le monde ne t’a point connu ; mais moi je t’ai connu, et ceux-ci ont connu que tu m’as envoyé. Je leur ai fait connaître ton nom, et je le leur ferai connaître, afin que l’amour dont tu m’as aimé soit en eux, et que je sois en eux » (Jn 17, 25-26)

    Le Seigneur nous aidera alors, s’il le faut, à accomplir un acte de repentir qui, précisons-le, ne doit pas être confondu avec le remords ou assimilé à une énumération de péchés. Le repentir est un « passage », un chemin de guérison, un acte d’espérance par lequel nous faisons usage de notre liberté pour que le découragement, le désespoir, l’abattement, le doute ne l’emportent pas. Un « retournement » pour nous relever, changer d’attitude et de comportement. En un mot, pour répondre au Christ : « Je viens »


    Comment dire au Christ « Je viens » ?

    Le Christ nous dit : « viens ». Par cet appel, il se pose comme « Je » face à un « Tu » et laisse ainsi chacun de nous libre de sa réponse. Le simple fait de déposer notre fardeau marque un nouveau départ, une étape importante sur le chemin spirituel qui nous ouvre à la dimension vivante du partage. Lui confier notre fardeau n’est donc pas la finalité de la déposition, c’est une manière d’accepter de porter notre vie comme le Christ porte la Sienne. Dire au Christ « je viens », c’est se laisser guider, relever et aimer. C’est se mettre à l’école du Christ, à l’école de la douceur, de l’humilité, de la charité et de la joie de la liberté intérieure. Dire au Christ « je viens » c’est, comme Pierre, oser croiser son regard alors même que nous l’avons renié et se savoir pardonnés. Voilà le fondement de l’acte de déposition : s’exercer à vivre l’Evangile à la suite du Christ.

     

    Deux pistes concrètes pour déposer.

     

    1/ S’exercer à pratiquer l’acte de déposition 

    -          Désirer et oser le « face à face » avec le Christ.

    -         Se laisser rencontrer au plus profond de nous-mêmes. 

    -         Se remettre en question sous son regard, avec humilité, vérité et confiance et ouvrir notre cœur en toute liberté.  

    -         Accueillir le regard de Dieu dans notre cœur et se laisser ré-ajuster. 

    -         S’exercer à re-poser un acte en coopération avec la grâce.  

    -         Ne pas négliger de déposer les petits chagrins, vexations ou blessures, ce sont eux qui enténèbrent le plus notre âme. 

    -         Déposer les belles choses, les petits miracles du quotidiens et rendre grâce, pour qu’ils deviennent puissance de vie. 

     

    2/ Déposer pour se réconcilier

    -          Exprimer au Seigneur nos difficultés relationnelles avec ceux qui nous entourent.

    -          Cultiver la paix avec soi-même pour ne pas craindre le jugement ou le regard de l’autre.

    -          Se libérer de soi-même pour pouvoir écouter l’autre sans se projeter.

    -          Se voir imparfait, divisé et accepter que les autres ne soient pas parfaits.

    -          Se préparer avec le Seigneur à la rencontre, à la réconciliation mais aussi au pardon.

     Source  Bayard-presse

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  • Jésus apparait aux apôtres Lc-24-34

      Jésus Nazareth

     

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  • Suite (fin) Un reportage de Suzanne Giuseppi Testut de sa récente mission en Algérie.. c'est à lire et relire ! Merci BEAUCOUP SUZANNE

     

    L’EGLISE D’ALGERIE

    UNE EGLISE DE BÂTISSEURS DE PAIX (5 et fin)

     

     

    Une Eglise dans l’esprit de saint François d’Assise

    Au XIIIè siècle, un petit homme aux vues prophétiques, François d’Assise, depuis « l’île de la chrétienté », a voulu « passer sur l’autre rive » pour y rencontrer, les mains nues et le cœur ouvert, des hommes qui, malgré tout, étaient des frères.

    Depuis, la présence franciscaine, n’a jamais cessé au cœur de l’Islam (Maroc, Algérie, Proche-Orient, Balkans). Dans francois_et_le_sultan.jpg l’esprit franciscain, cet évènement constitue une « inspiration », une « vision » à l’heure où les intégrismes religieux et culturels risquent au cœur de notre millénaire, de s’affronter toujours davantage si l’on ne fait rien.

    L’approche franciscaine consiste donc à rejoindre l’autre au-delà de la haine et de la guerre. »

    On ne peut pas vivre sur le passé.

    « Nul chrétien ne peut se recevoir comme fils et refuser d’être frère. Si quelqu’un dit : « J’aime Dieu et qu’il haïsse son frère, c’est un menteur. En effet, celui qui n’aime pas son frère, qu’il voit, ne peut aimer Dieu, qu’il ne voit pas » » (1 Jn 4,20) Celui qui pense à Dieu mais pas à son frère, qui espère en Dieu mais désespère en son frère, qui se renonce pour Dieu mais ne renonce à rien pour son frère n’est pas vraiment libre de la liberté des fils. Cette fraternité sans frontière, qui provient de cette nouvelle naissance inaugurée par la résurrection du Christ, est le signe et le moyen de l’amour infini du Père. Rassemblant dans le Christ la diversité des conditions, des cultures, des goûts et des opinions, elle préfigure le Royaume promis par le Père.[1]

    François d’Assise fut un de ces êtres qui rappellent aux croyants, quel que soit leur credo, combien Dieu appréciera, au jour du jugement, les saints de toutes les religions plus que les seigneurs de la guerre. Car Dieu a créé l’homme pour aimer et jamais pour haïr.

    La rencontre au-delà du Nil, en pleine croisade, entre François d’Assise, frère des croisés et le Sultan Al-Malik al-Kâmil, (Kâmil/parfait) chef des Sarrasins, peut donc être vue comme une source d’espérance, de joie et d’enthousiasme.

    A nous tous de continuer l’œuvre initié par saint François.

     

    Vais-je retourner en Algérie ?

    Si Dieu le veut, oui.

     

    Des propositions à la suite de cette mission ?

    Oui. Une mission au Maroc et en Tunisie.

     

    Une adresse utile

    Bibliothèque et centre de conférences « Les Glycines » à Alger

    Père Guillaume MICHEL (Père de la Mission de France) glycines_biblr@yahoo.fr

     

    Une revue « Hayat » 

    Revue socio-éducative, publiée en Arabe et en Français. Est distribuée sur tout le territoire national. Elle s’adresse d’abord aux femmes et aux jeunes filles qui ont peu de moyens de formation ou d’information et aborde des thèmes très variés. Hayat est un moyen d’échange avec des femmes de toute l’Algérie.  (Voir un texte à la suite de l’article)

     

    Fioretti algériennes

    Dans l’avion qui atterrit à Alger, sans que je demande de l’aide, un algérien descend mon sac du coffre à bagages. Comme il s’aperçoit qu’il est lourd il insiste pour le porter jusqu’au contrôle des passeports. A la réception des bagages, un vieil algérien saisit ma valise. Quand je lui fais remarquer, qu’à peine arrivée en Algérie, je reçois beaucoup d’aide, il me dit : « c’est normal. Soyez la bienvenue en Algérie. »

     

    Dans le car qui me condui 2-francis-serviteur.jpg t d’Aïn Sefra à Sidi Bel Abbès, je m’assois près d’un homme jeune, son visage est sympathique. Nous en avons pour plusieurs heures de route. Vers midi, je sors le gros morceau de Pannetone que m’a donné soeur Rosanna et le partage avec ce jeune homme. Un peu plus tard, il me demande si je vais jusqu’à Bel Abbès, si je connais déjà, à quelle adresse je me rends et comment je m’y rends. Je lui réponds en vérité mais un peu gênée par ses questions. Il me dit alors : « Tu sais, nous allons arriver à l’heure de la prière, il n’y aura peut-être pas de taxis et la gare routière est très isolée alors, je vais t’accompagner. » Que faire ? Je décide de lui faire confiance. En arrivant à Bel Abbès, nous descendons ensemble, il prend ma valise, je le suis sur une grande place et là il appelle un taxi. Il me dit, je viens avec toi. Nous voilà partis. Une fois que le taxiteur arrive près de l’adresse indiquée je lui donne une pièce de 50 Dinars Le jeune homme me rend ma pièce, règle le taxi, m’accompagne devant la porte d’entrée de la communauté, attend que les sœurs m’ouvrent avant de me quitter, sans oublier de me laisser son numéro de portable en cas de besoin … il me montre sa carte, il est commissaire de police. Avec un beau sourire, nous nous sommes dit « au revoir ». Voilà comment en Algérie on peut devenir des amis.

     

    Dans le car qui me conduit à Tebessa, je suis malade à mourir. Pour ne pas gêner, je quitte mon siège et je m’accroupis dans l’allée centrale. Le jeune homme, coéquipier du chauffeur, s’en aperçoit, il vient immédiatement, me prend par les épaules et me dit : « ne reste pas comme ça, tu es malade, viens ». Il arrête le car, me fait descendre pour prendre l’air, me donne de l’eau à boire, me parfume et me fait assoir sur son siège près du chauffeur. Il n’a pas hésité à arrêter le car trois fois sur le trajet.

     

    Dans le car qui me conduit de Tebessa à Chechar, un homme un peu hirsute monte dans le car. Il exige assez « vigoureusement » que j’enlève mon sac pour s’assoir à côté de moi (En tant qu’étrangère, tous les chauffeurs laissaient la place libre à côté de moi). J’enlève mon sac et lui fais signe de s’assoir. Quatre hommes se sont immédiatement levés en me disant de ne pas avoir peur. Gentiment mais avec fermeté, ils ont obligé cet homme à aller s’assoir ailleurs.

     

    Je prends un taxi en arrivant à Alger pour me rendre à ND d’Afrique. Je discute le prix et le lieu exact où le taxiteur doit me déposer. Nous sommes d’accord. A peine partis, l’homme commence à remettre en question le prix de la course. Je lui rappelle notre accord mais il insiste. Je lui demande alors de me déposer immédiatement. Un échange s’ensuit : « Mais on ne laisse pas une femme seule sur le trottoir en Algérie ! » Très bien, alors tu m’amènes à ND d’Afrique au prix convenu. Très bien Madame, pas de problème ! Nous avons ensuite bien partagé ensemble dans la voiture.

    Et bien d’autres aventures qui confirment qu’il faut élargir notre regard. Ce qui m’a le plus frappée en Algérie, c’est l’exceptionnelle qualité relationnelle de personne à personne et la gentillesse de tous ceux que j’ai rencontrés.

     

    VENEZ ET VOYEZ !

     

    Suzanne Giuseppi Testut - ofs

     

     FIN

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    l'article complet sans les photos ICI



     

    Journal HAYAT Mars 2012.

     

    Edito  de : H. Ait Yala et Meriem H.

     

    La vrai grandeur c’est …

     

    Chères lectrices,

     

    Cette année, j’ai envie de rêver, de rêver d’une grande dame qui soit digne de ce nom… Je vois cette dame qui marche la tête haute qui salue avec un visage accueillant, qu’on repère dans une foule qui va et qui vient … Cette grande dame avance sans complexes, elle sait ce qui est important dans la vie et fait ses choix en fonction de ses objectifs, elle est satisfaite de ses acquis…

     

    Mais qui est-elle, cette dame ? Et si cette grande dame était vous ou bien moi-même ? Chaque fois que nous croyons en nous-mêmes et dans les autres, nous sommes grands ! Qu’est-ce qui fait la grandeur d’une personne ? Sa richesse, sont opulence ou plutôt sa personnalité, sa générosité, son ouverture à l’autre … ? Ma vraie grandeur c’est de savoir reconnaitre qui je suis, de regarder mon prochain comme quelqu’un qui m’enrichit. En tant qu’êtres humains, nous sommes faits pour construire des relations pour communiquer, pour nous entre-aider…

     

    Il n’est pas toujours facile d’accepter ses limites et également de croire que malgré tout nous sommes importantes, importantes pour ce que nous sommes : des créatures de Dieu… Souvent c’est grâce à nos limites que nous pouvons grandir en humanité ; c’est grâce à elles que nous apprenons à donner aux autres et à compter sur eux dans les moments difficiles. Ainsi nous acquérons de la compréhension envers ceux qui sont autour de nous. Si nous ne sommes pas parfaites, pourquoi les autres devraient-elles    l’être ?

     

    En ce mois de mars 2012, ayons le courage de nous reconnaître dans tout ce qui fait notre grandeur. Non pas grandes en excluant les autres, mais grandes parce que Dieu nous a accordé de l’importance. Chacun de nous a son rôle à jouer dans cette humanité, chacun est unique, irremplaçable ; il mérite donc d’être respecté.

     



    [1] Denis Villepelet Calendrier Saint-Paul 2012 - 8 mai

     


     

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  • Suite (4) Un reportage de Suzanne Giuseppi Testut de sa récente mission en Algérie.. c'est à lire et relire ! Merci BEAUCOUP SUZANNE

     

    L’EGLISE D’ALGERIE

    UNE EGLISE DE BÂTISSEURS DE PAIX (4)

     

    Départ pour Tibhirine.

    Je retrouve à Alger frère Hubert qui part en Inde pour quelques jours. J’ai préparé pour notre dernière rTibhirine la chapelleencontre avec les sœurs, une ratatouille niçoise … façon Suzanne, accompagnée de très belles côtelettes de mouton. Un flanc maison préparé par les sœurs et des petits gâteaux offerts ont comblé notre gourmandise.

    Il n’est pratiquement pas possible de prévoir à l’avance une visite à Tibhirine compte tenu des conditions de sécurité mises en place par les autorités. Hubert tente d’appeler le Père Jean-Marie LASSEAUSSE, « Le Jardinier de Tibhirine »,[1] pour savoir s’il s’y rend le lendemain - seul jour où je suis libre avant mon retour en France - et s’il accepte de me prendre avec lui. La réponse est positive. J’ai rendez-vous avec le Père Jean-Marie, le lendemain matin à 5h à la Maison Diocésaine. Je rentrerai le soir avec un jeune couple de coopérants, Cécile, Thibault et leur petit garçon de 10 mois, Basile.

    Les mots sont inutiles. J’ai simplement prié devant la tombe des frères. Grâce à Anne et à Hubert - diacre – installés pour une durée d’un an à Tibhirine, j’ai pu visiter le monastère et les lieux de vie intimes des moines. Nous avons aussi dit la « Prière des Heures » dans la chapelle. Tibhirine les tombes des moinesLe film relatant cette tragédie m’avait émue mais, se retrouver protégés par des hommes armés dans ce lieu encore très chargé de la présence des frères, n’est pas anodin. Le frère Jean-Marie et quelques hommes de Tibhirine cultivent toujours les jardins et entretiennent le parc. Mission difficile et ingrate, d’une certaine manière car, comme le précise frère Jean-Marie, après toutes ces années, rien ne bouge. Avec Cécile et Thibault nous avons été autorisés à monter jusqu’à la vierge, toujours accompagnés de trois gardes armés. Le paysage est somptueux, nous sommes à 1000 mètre d’altitude.

    Tibhirine les gares arm+®sAnne et Hubert sont venus en tant que coopérants, comme Cécile et Thibault, par l’intermédiaire de la DCC – « Délégation Catholique pour la coopération », service sous l’autorité des Evêques de France. La mission est non rémunérée mais une indemnité de vie est versée. Les personnes qui partent en mission ont une couverture sociale complète – sécurité sociale et rapatriement. Au retour, l’état Français finance une indemnité de réinsertion avec possibilité de stages, le tout accompagné d’une aide à la recherche d’emploi si nécessaire. Sur le plan spirituel, une relecture de la mission est faite.

    Bien qu’Hubert soit diacre, sa présence ici est totalement discrète. Le couple accueille les visiteurs avec une gentillesse extraordinaire et beaucoup de générosité. (visites organisées parfois par les ambassades mais aussi visites de nombreux algériens qui représentent plus de 70%). Ils maintiennent les liens avec la population locale. Leur simplicité leur a permis d’être reçus dans quelques familles. Ils partagent aussi le travail sur place. Anne fait partie de l’équipe de rédaction dans le journal diocésain « Rencontres » et Hubert de l’équipe de rédaction du journal « Diaconat ». Pour tous ceux qui sont intéressés par leur aventure, consulter le blog :

    -          http://cecileetthibault.hautetfort.com/

    -          http://anneethubertploquin-dcc.over-blog.com/

     

    Les mots d’Anne et d’Hubert : « De 1938 à 1996, personne ne s’est occupé des moines. Il a fallu cet évènement dramatique pour qu’on parle de Tibhirine[2]. A Tibhirine on mène une vie simple, dépouillée, sobre, une vie d’accueil où l’on donne du temps sur un lieu, pour une Eglise et une population. L’Algérie est un carrefour extraordinaire. On y apprend à « être un service » On y découvre une Eglise autre que celle que nous connaissons et on s’enrichit de tout cela. »

    On apprend à y être un bâtisseur de paix.

    momastere-Tibhirine.jpg

     L’Eglise d’Algérie, une Eglise « autre »

    Pour décrire un peu cette Eglise, je vais m’appuyer sur les différents partages que j’ai eu avec des prêtres et sur les paroles de Monseigneur Claude RAULT, Evêque du diocèse de Laghouat-Ghardaïa. Le territoire de son diocèse s’étend sur quelques deux millions de kilomètres carrés, ce qui représente un peu plus que le Sahara algérien. On y compte treize points de présence, petites communautés dont le nombre varie entre trois et vingt membres baptisés. Le nombre de prêtres, religieux et religieuses est élevé au regard de celui des laïcs. C’est pourquoi il est courant en tant que laïcs d’être appelés « mon père » ou « ma sœur ».

    Qu’est-ce qui guide l’Eglise d’Algérie et tous ceux qui la servent ? L’espérance. « Rendre compte de notre espérance est l’une des plus belles étoiles qui guident notre marche »

    Une Eglise de témoignage

    La priorité est donnée au « témoignage de vie » sur la « proclamation » du message évangélique. Le premier signe donné est celui que recommandait Jésus à ses disciples avant de les quitter : « A ceci tous vous reconnaîtrons pour mes disciples, à cet amour que vous aurez les uns pour les autres » (Jn 13,35). Alors qu’allons-nous faire en Algérie si cette Eglise n’évangélise pas ? Les disciples sont appelés à témoigner de l’Amour qui les habite. Le seul fait que ces religieux, ces missionnaires, sont ce qu’ils sont, ils évangélisent. C’est probablement ce qui dérange le plus, l’amour est suspect, que nous soyons chrétiens ou non, parce qu’il est gratuit.

    L’espérance ne suffit pas, l’Eglise est fortement remuée grâce aux communautés religieuses. On constate une évolution extraordinaire dans l’estime réciproque des musulmans et des chrétiens. Ce n’est pas forcément par les conversions que les choses changent mais par la qualité des relations, par le respect et par une meilleure connaissance mutuelle.

    Susciter dans cette Eglise une conversion du regard, une conversion missionnaire

    Il nous faut être en phase avec cette ouverture. Or, au niveau des communautés religieuses, l’absence presque totale de la génération des 40-60 ans est flagrante. Les départs ne sont pas remplacés. L’Eglise d’Algérie est en train de grandir mais manque douloureusement d’aides. Il faut préparer des rencontres pour inciter les chrétiens à la mission en Algérie[3] et se mettre au service de chacun pour l’aider à entrer dans sa propre dimension. Mais pour qu’il y ait rencontres, il faut qu’il y ait communication.

    Une Eglise en dialogue avec nos frères et sœurs de l’Islam

    Dieu est le premier « dialoguant » sortant sans cesse de lui-même pour aller vers l’autre. « Où es-tu ? » demande-t-il Fr Dominique et des amis +á Tiaretdans le jardin de la Genèse (Gn 3,9) ? Le dialogue est notre participation à l’œuvre de Dieu parti à la recherche des siens. Il est participation à la mission universelle de l’Eglise, mission de réconciliation, de justice et de paix. Le dialogue du quotidien et de la convivialité est le socle solide de tout autre dialogue, qu’il soit culturel ou théologique.

    Une Eglise « passerelle de paix », celle de la rencontre et de l’accueil

    « Nous sommes des passerelles entre les cultures, les pays, les générations ». Cette vocation de passerelle fait de nous des hommes et des femmes en mouvement perpétuel pour rejoindre l’autre et aller à sa rencontre, dans le respect de nos différences respectives. Cette vocation se vit aussi dans l’accueil du voisin, du proche mais aussi du pauvre, du migrant, de toute personne en transhumance, aussi bien géographique qu’intérieure. Nous sommes des chercheurs de Dieu en lien avec d’autres chercheurs de Dieu.

    Sur une passerelle, on passe et on repasse, il y a un mouvement permanent. Vivre l’Evangile à la suite du Christ, tel saint François d’Assise, est le meilleur garant d’une vie active. A ceux qui veulent rejoindre la mission, l’Eglise d’Algérie peut garantir une « existence dérangée » ! Ici, chacun fait la cuisine, le ménage, lave ses chaussettes, fait les courses, assure l’accueil, donne des cours, jardine, donne à manger aux lapins et aux poules, se déplace pour les démarches administratives etc. Chacun doit inventer comment apporter sa part à la construction d’une société plus humaine et plus conforme au désir de Dieu.

    Quel sens donner à ma vie ? Tout dans notre existence prend du sens dans la mesure où nous le puisons en Dieu et où nous lui remettons tout, comme le disait l’Apôtre Paul : « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, quoi que vous fassiez, faites tout pour la Gloire de Dieu » (1 Co 10,31)


    La suite et fin

    [1] Lire le livre

    [2] Lire : Tibhirine,la fraternité jusqu’au bout » éd. Signe

    [3] [3] Voir PJ : « Une proposition d’été pour les jeunes »

     


     

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    L’EGLISE D’ALGERIE

    UNE EGLISE DE BÂTISSEURS DE PAIX (3)

     

      Retour à Alger 

    C’est en taxi de groupe que je rejoins Alger. Je retrouve mes sœurs FMM avant de me rendre au centre de Ben SmenBen Smen chez les pères Jésuites. Le vendredi une messe est célébrée au centre diocésain en présence de Monseigneur Ghaleb BADER. Sept baptêmes et huit premières communions y sont célébrés dans la plus grande discrétion mais en présence d’une bonne partie de la communauté Française d’Algérie.

    Je vais ensuite animer la rencontre sur « François et le Sultan » à Ben Smen. Le lieu est sympathique, l’accueil extrêmement chaleureux et de nombreux jeunes s’y rencontrent. Avant le début de ma session, de jeunes comédiens algériens très doués ont donné avec beaucoup de vérité et d’humour, un petit spectacle relatant différentes scènes de la vie quotidienne en Algérie. Un partage vrai et vivant a suivi.

    Tebessa – accueil par les FMM. Tava-sri-lankaise, Thérésa-coréenne, Pilar-espagnole, Juliette-française.

    Départ à 20h30 et voyage toute la nuit. Au bout d’une heure trente de route, le car tombe en panne sur l’autoroute. Il tombe des trombes d’eau. Cela ne me rassure pas. Je suis la seule femme dans un car bondé d’hommes.  Nous attendons une bonne heure puis les gens commencent à sortir du car pour essayer de prendre celui qui a quitté Alger après le nôtre. Le chauffeur me fait signe de descendre. L’autre car étant complet, je décide d’attendre sans bouger à l’intérieur du car qui est en panne. Au bout d’une heure, une réparation de fortune est faite. Nous repartons. Vers quatre heures du matin, nous retombons en panne. Nous changeons de car. Après une nuit très éprouvante, des routes sinueuses qui me rendent malade et cette insécurité lourde à gérer, j’arrive enfin à Tebessa à 8h du matin. Les FMM n’ont aucune difficulté à me trouver sur le grand parking de la gare routière situé à l’extérieur de la ville, j’ai été repérée … comme la « petite nouvelle » et tout le monde leur indique où je me trouve. 

    Il fait très froid à Tebessa mais heureusement les sœurs ont mis un petit chauffage dans ma chambre. La maison à étage est très simple, c’est l’ancien presbytère. De ma chambre j’ai vue sur l’église, transformée en musée, et sur les remparts. Elle est située au cœur de quartiers très pauvres. Les sœurs « ramassent » tous les enfants et leur donne des cours de français, de musique, de tout ! Il suffit de marcher dans les rues pour entendre « Bonjour ma sœur ! » « Bonjour ma sœur ! » …

    Tebessa est très proche de la frontière tunisienne. Il y a beaucoup de trafic dans cette ville et des files interminables de voitures tunisiennes qui viennent faire le plein d’essence. Les sœurs sont très connues et appréciées pour l’aide importante qu’elles apportent aux plus pauvres. Elles ont su tisser des liens fidèles et durables. Je visite plusieurs familles et découvre au cœur de cette misère, beaucoup de dignité. Une jeune femme, malade, probablement atteinte de tuberculose, n’ose pas accepter l’aide des sœurs qui lui proposent une visite médicale car dit-elle, elle a déjà trop reçu d’elles. Sa reconnaissance est immense. Sa joie est de nous offrir un café, de me confier sa petite fille de deux mois dans mes bras, de prendre une photo avec moi, de m’offrir un collier et de me parfumer avant de la quitter. J’espère que les sœurs la convaincront de se laisser conduire chez un médecin.  

    J’ai rencontré une femme artiste peintre que les sœurs ont aidée. Son frère, l’a empêchée de poursuivre des études d’art mais les sœurs ont réussi à ce qu’elle ait son atelier et maintenant elle expose. Femme très belle, très digne et il me semble de grand talent.

    A Tebessa aussi, les visites sont nombreuses et les sœurs sont souvent sollicitées. Vivant, et accueillies au cœur de ce peuple pour lequel l’hôte  est un hôte de Dieu, leur vocation s’inscrit, elle aussi, dans la rencontre et l’hospitalité.

     Chechar – accueillie par les FMM. Thérésita-indienne, Mouinia-maltaise, Elisabeth-française née à Alger.

    Calins à Aïn et n SefraJe suis accompagnée en voiture par Thérésa jusqu’à Chechar. Deux femmes seules sur des routes de montagnes, ce n’est pas courant ni très recommandé ! Nous sommes arrêtées par un barrage de police. Nous traversons des grands plateaux désertiques mais grandioses où seuls les bergers avec leurs moutons peuvent survivre. La neige recouvre quelques sommets.

    Pays des nomades, quand les sœurs se sont installées à Chechar, il n’y avait que quelques habitations. C’est maintenant une ville avec hôpital, dispensaire pour les enfants abandonnés, écoles, immeubles etc. Les sœurs ont enseigné la broderie aux jeunes filles nomades et ont réussi à ce qu’elles soient maintenant autonomes. Elles ont su tisser des liens de communion et de fraternité profonds. Leur présence est discrète mais laisse des traces autour d’elles. Le dialogue avec la population et la convivialité les conduisent en permanence au dialogue des cœurs où Dieu est présent.

    Que ce soit à Tiaret, à Aïn Sefra, à Sidi Bel Abbès, à Tebessa, à Chechar ou à Alger, j’ai été reçue dans la Famille. Je me suis comportée comme étant de la Famille avec toutes les implications et la responsabilité que cela suppose. J’ai vécu avec frère Hubert des moments d’une grande complicité   fraternelle où chacun sait qu’il peut se dire dans un cœur à coeur. Chaque fois que nous disposions d’un peu de temps, le matin tôt, l’après-midi ou le soir après dîner, nous organisions avec les sœurs des partages sur des sujets spirituels. « La Déposition » et « Les Mouvements Intérieurs de l’Ame » se prêtent aux exigences de la vie missionnaire. Vie souvent de grand dénuement, parfois austère et très exigeante  spirituellement car les sœurs n’ont pas toujours un prêtre auprès d’elles pour célébrer ni pour les soutenir ou les accompagner. Souvent isolées, rarement visitées, elles doivent assumer pratiquement seules leur fatigue et leurs fragilités.  Vie où toute notre faillibilité humaine est exacerbée. Nos partages ont été d’une rare beauté, pris souvent sur le vif des évènements quotidiens. Je me sentais totalement avec mes soeurs. Vie d’une beauté inexprimable. J’engage mes frères et sœurs de la Famille Franciscaine à oser cette expérience et à rechercher avec saint François une relation vraie avec les musulmans  … dans la mesure où ils « acceptent l’imprévu de Dieu » et sont prêts à « se donner avec amour ». Tout le reste est pris en charge par le Seigneur.

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    L’EGLISE D’ALGERIE

    UNE EGLISE DE BÂTISSEURS DE PAIX (2)


     

    Tiaret - accueil par les frères capucins. Hubert et Dominique. René est absent pour cause de maladie.

    Le vendredi matin – week-end en Algérie - après la messe des Rameaux qui a clôturé les JAJ, Hubert et moi sommes partis rejoindre la communauté des frères Capucins à Tiaret, située à 1000 mètres d’altitude. Le voyage s’est fait en car avec les jeunes étudiants subsahariens de la faculté de Tiaret venus assister aux JAJ. Nous avons rencontré plusieurs barrages de police mais quelle ambiance dans le car !  Tous étaient dans la joie de ce que nous venions de vivre. « Vous ne voulez pas un peu dormir ! » leur a lancé Hubert. Cela a été l’occasion d’un grand chahut bien sympathique.

    Accompagnés par frère Hubert, trois d’entre eux se préparent au baptême et deux autres à leur première communion – Pâques 2012. Toute l’expérience de frère Hubert,  acquise durant des années auprès des jeunes, prend ici une dimension exceptionnelle. La Tebessa Suzanne une amie et sa fillevie des jeunes étudiants - certains sont en transit vers l’Europe - n’est pas facile en Algérie, ils doivent être soutenus et accompagnés de façon efficace. Hubert les aide à maintenir leur foi vivante et à la vivre. Très belle mission de prêtre et de frère.

    Sur place les frères ont des amis musulmans qui les aident dans leurs démarches chaque fois que cela est nécessaire. Ces aides sont précieuses et appréciées. Elles sont aussi l’occasion d’échanges, de repas partagés comme par exemple ce délicieux couscous offert par nos amis le soir de mon arrivée à Tiaret.

    Aïn Sefra – accueil par les FMM.  Rosanna-italienne, Assunta-japonaise, Agnès-française.

    Tôt le matin, Hubert prend le car avec moi pour rejoindre la communauté des FMM à Aïn Sefra où nous devons arriver en fin d’après-midi. Le site est très beau. Porte du désert, proche de la frontière marocaine, Aïn Sefra est entourée de montagnes et bordée par d’immenses dunes de sable roux. Il y a des « riches » mais aussi des pauvres et des miséreux, comme partout. La plupart ici sont des nomades plus ou moins sédentarisés. Les hommes gardent les troupeaux dans les montagnes, les femmes, les enfants et les vieux vivent dans de misérables cabanes sans toit la plupart du temps. Or, il fait froid l’hiver. Le 1er avril, en partant faire de la couture chez les nomades, j’ai trouvé les dunes enneigées. Quand le vent souffle, il faut être prudent, il transporte des scorpions !

    La petite maison des sœurs est très simple, dans le jardin il y a des lapins et des poules. J’ai donc donné à manger aux lapins et ramassé les œufs. Le quotidien se vit communautairement. Chaque objet a ici beaucoup de valeur car tout autour c’est la pauvreté et le dénuement. Hubert est embauché pour réparer une chaise.

    La mission, selon les sœurs d’Aïn Sefra, c’est l’humilité de l’instant : Saisir le besoin et poser le geste, même le plus simple mais poser dans la gratuité totale. Il y a de nombreux enfants handicapés physiques et mentaux car les mariages se font rarement en dehors du clan familial, d’où risques de consanguinité. Le plus petit geste est utile. Ne rien attendre, ne rien espérer mais ne jamais désespérer, poser en confiance et déposer en Christ et tout attendre de lui. Apprendre la couture et la broderie aux jeunes femmes nomades, faire du soutien scolaire, donner des cours de Français, par exemple aux jeunes femmes qui ont été mariées à un garçon vivant en France, visiter et « soigner » les malades, écouter les femmes et les soutenir, les hommes aussi parfois. Sourire aux enfants, embrasser, se laisser embrasser. C’est à Aïn Sefra qu’a vécu le Père Cominardi, Père Blanc, où il a laissé un souvenir inoubliable.

    Les habitants sont souvent généreux et l’hospitalité émouvante. La femme nomade fera cadeau d’un morceau de galette qu’elle vient de cuire, ou d’un œuf ; le pauvre servira le thé avec une assiette remplie d’huile d’olive accompagnée de morceaux de pain ; le plus riche accompagnera le thé de quelques biscuits. Certains commerçants organisent des dons gratuits de produits de première nécessité, il y a aussi un restaurant pour les pauvres et les mendiants. Les sœurs fournissent souvent le lait pour les bébés et bien d’autres choses. Tous ces actes sont posés dans la plus grande discrétion. Ils tissent des liens profonds.

    Les sœurs sont connues, respectées et appréciées des habitants. Elles savent rester discrètes mais elles osent demander de l’aide. J’ai été très vite repérée et comme il n’y a pas de touristes, on me disait : « bonjour ma sœur ».

    Le cadeau de départ : La veille de mon départ, nous entendons sonner à la porte. Une sœur ouvre et je vois deux petites filles, deux sœurs de 8 et 6 ans se jeter dans mes bras. Ce sont les petites filles d’une maman, pauvre, que nous avions visitée deux jours après mon arrivée. Elles voulaient m’embrasser et étaient venues toutes seules jusque chez les sœurs.

    Sidi Bel Abbès – accueillie par les FMM. Amaya-espagnole, Malgorzata-polonaise, Héléna-coréenne.

    Frère Hubert a quitté Aïn Sefra deux jours avant moi. A partir de maintenant je poursuis mon voyage seule. Je pars en car très tôt le matin pour Sidi Bel Abbès où mon arrivée est prévue vers  15h. Je dois prendre un taxi pour me rendre à la communauté. La ville conserve les traces de la colonisation française. Quant aux sœurs, elles ont vécu « les années noires » des années 1990 et s’en souviennent. C’est ici qu’ont commencé les premiers attentats. Les terroristes venaient chez elles, c’était très dur. Mais ce qui leur a permis de tenir et de ne pas craquer, ce sont tous les voisins et amis musulmans qui venaient les soutenir, au risque de représailles et même leur présenter leurs condoléances chaque fois qu’il y avait des meurtres de ressortissants Français. C’est la beauté de ces témoignages qui leur a donné le courage de rester.

    J’arrive le Vendredi Saint. Les nouvelles circulent vite, tout le monde veut voir « la petite nouvelle ». Le soir nous participons à la procession organisée par les jeunes chrétiens subsahariens de la faculté de Sidi Bel Abbès. Comme cela ne peut se faire au grand jour, même pas dans le jardin des sœurs, nous avons Le feu pascal Sidi Bel Abb+¿stourné plusieurs fois dans la petite chapelle en marquant chaque station, guidés par ces jeunes. Cet acte de foi posé dans ces conditions prend une dimension d’une profondeur insoupçonnable. Avec les prêtres spiritains venus célébrer, nous partageons la galette spécialement préparée par une amie musulmane. Elle la prépare depuis des années et la préparera jusqu’à sa mort, dit-elle. « Je suis musulmane mais je suis proche de vous ». Des ingénieurs italiens travaillant aux chemins de fer sont venus assister à la messe. Ils en profitent pour inviter dans leur camp, à partager le repas du dimanche pascal, les sœurs, les prêtres et moi-même.

    La veillée pascale sera aussi très belle, préparée par les étudiants et un jeune prêtre spiritain, congolais. Un couple d’algériens, amis des sœurs et convertis, y assistent également.

    Nous avons allumé un tout petit feu dans la cour, le temps d’illuminer les cierges puis, très discrètement nous sommes rentrés dans la chapelle. Nous nous sommes ensuite réunis avec les prêtres et quelques amis autour d’un bon gâteau offert par nos amis italiens. Le dimanche, nous avons célébré Pâques dans la joie.

    Tout cela peut paraître banal mais en pays musulman ça ne l’est pas. Le vivre m’a  ramenée à l’expérience de François d’Assise et à sa rencontre avec le Sultan. A son retour, il semble plus attentif à des aspects typiquement chrétiens. Il est poussé à prêcher beaucoup plus sur le Mystère de l’Incarnation refusé par l’Islam. Il va en faire mémoire à Greccio.  François ne se contente plus de la parole, il écrit pour mieux répandre ses convictions. Il fera un développement sur l’Eucharistie. (Adm 1)

    Les sœurs ne manquent pas d’activités. Leur mission est austère mais belle et utile. Sur place, elles animent deux ateliers de travail manuel réputés. Elles reçoivent aussi les femmes en difficulté et s’efforcent de réunir les aides nécessaires. Beaucoup d’hommes aussi viennent frapper à leur porte pour chercher « refuge ». « Ma sœur, j’ai besoin de me ‘confesser’ » dit un homme en ma présence. Il fallait qu’il parle. La sœur l’a écouté. Quand il est reparti, c’était un autre homme.

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    L’EGLISE D’ALGERIE

    UNE EGLISE DE BÂTISSEURS DE PAIX (1)

     

     

     

    « Si tu acceptes l’imprévu, tu peux venir ».Fr Hubert répare une chaise

     

    C’est ainsi qu’il y a bientôt deux ans, le Père Hubert LE BOUQUIN, capucin, m’a proposé de le rejoindre et de participer à sa mission qui s’exerce particulièrement auprès des jeunes étudiants subsahariens de la faculté de Tiaret.

    Bien que n’étant jamais allée en Algérie et n’ayant aucun membre de ma famille lié à ce pays, il ne m’était pas totalement inconnu. En effet, chaque été, depuis plusieurs années, nous nous retrouvons en montagne avec le père Bernard MALLET sj. Celui-ci qui vit en Algérie depuis longtemps nous parle souvent et avec enthousiasme de ce pays qu’il aime profondément Or, durant l’été 2011, Bernard me propose également d’intervenir au Ben SmenCentre de Ben Smen à Alger, lieu spirituel très actif où résident plusieurs pères jésuites. Bien plus, les frères capucins de Tiaret qui sont en relation avec les Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie, me proposent en outre, de visiter toutes leurs communautés dispersées aux quatre coins de l’Algérie. C’était pour moi l’occasion de poursuivre auprès d’elles ce que j’avais déjà fait auprès des communautés FMM de Saint Brieuc, de Paris et de Bartrès. D’autre part, mes livres, « La Déposition » et « Les Mouvements Intérieurs de l’Âme » leur étaient déjà connus.

    Impossible de résister à cet appel. C’est justement cet imprévu de Dieu qui l’a emporté. J’ai donc pris ma décision et, c’est peu dire, elle n’a pas toujours trouvé un écho favorable auprès de mon entourage. L’insécurité a d’abord été invoquée, puis il m’a été demandé « ce que j’allais faire là-bas », dans un pays musulman, il y a tant à faire ici ! Parfois même, avec ironie, certaines personnes m’ont demandé si j’allais animer pour les musulmans, des « conférences spirituelles » sur « La déposition » et « Les Mouvements Intérieurs de l’Âme ».

    Me voilà donc partie, seule, en Algérie, ne sachant pas ce que j’allais devoir « faire » mais avec un programme de visites plutôt impressionnant : j’allais en permanence me déplacer, seule, dans un pays que je ne connaissais pas, du nord au sud, du sud à l’est, de l’est à l’ouest, de l’ouest au sud etc. Il m’était en quelque sorte demandé de faire comme Abraham, de regarder dans toutes les directions et vers le ciel, d’avancer et de faire confiance au Seigneur. Cela m’a demandé un grand dépassement personnel dans ce pays à la réputation inquiétante.

    L’Eglise d’Algérie, une Eglise de bâtisseurs de paix.

    Je suis accueillie à mon arrivée à l’aéroport d’Alger par le père Bernard Mallet. J’ai traversé « la mer blanche du juste milieu », c’est ainsi que s’appelle en arabe la Méditerranée. Ma joie est grande de le retrouver sur « l’autre rive », il m’en parle depuis tant d’années. L’Algérie est « sa vie ».  Il la décrit comme étant un peu la « Galilée des nations ».

    « La rencontre des autres traditions culturelles ou religieuses est devenue pour plusieurs d’entre nous le chemin où se vérifie notre rencontre avec Dieu »

    « A la question ‘Qui est mon prochain ?’Je crois pouvoir répondre aujourd’hui, ce sont ces algériens et ces algériennes que Dieu met quotidiennement sur ma route. J’ai trouvé ma « terre de mission » et, parmi les jésuites, je crois être l’un des plus vernis, puisqu’au travers de mes diverses activités, je rencontre pas moins de 140 enfants et de 27 jeunes adultes chaque semaine. Ces jeunes algériens sont l’avenir du pays : ils ont entre 3 et 31 ans ; ils viennent de toutes les régions du pays. Qui peut rêver d’une telle diversité ; elle m’apporte des trésors enfouis, à récolter quotidiennement. (Bernard Mallet)

    Bernard enseigne aussi au C.I.A.R.A, une association pour l’insertion professionnelle des jeunes. Fondé il y a une vingtaine d’année par un père jésuite, en collaboration avec des amis algériens, le CIARA a pour objectif premier d’aider à l’insertion professionnelle des jeunes à la recherche de leur premier emploi. Ses moyens d’action : des intervenants issus du milieu de l’entreprise, des formations courtes et très pratiques technologiques et aussi à la maîtrise des outils modernes de recherche d’emploi. Invitée par Bernard à participer avec lui à un cours de Français, j’ai pu rencontrer des jeunes, discuter avec eux et me rendre compte de leurs motivations mais aussi des liens qu’ils établissent avec leurs formateurs. Il y a un effectif d’environ soixante jeunes chaque trimestre dont la majorité trouve un emploi dans l’année.Notre Dame d'Afrique +á Alger

    En plus de toutes ces activités, Bernard, excellent musicien, chante, s’accompagne à la guitare et même, donne des concerts avec des jeunes. Pour lui, la rencontre, l’accueil et l’hospitalité sont des « passerelles de paix » pour rejoindre l’autre dans le respect de nos différences.

    Nous faisons un rapide passage à Ben Smen pour saluer les pères Jésuites et rejoignons ensuite la Basilique Notre Dame d’Afrique – « Notre Dame » comme l’appelle les algériens – attenante au lieu de résidence des sœurs. Située sur une hauteur d’Alger, près des jardins de la Nonciature, la vue sur la ville et la Méditerranée y est très belle. De nombreux algériens et algériennes viennent s’y recueillir ou rencontrer les religieuses qui y assurent une permanence. Lieu privilégié de dialogue avec nos frères et sœurs de l’Islam.

    Je vais résider chez les Sœurs Franciscaines Missionnaires de Marie qui m’accueillent très fraternellement et où je rencontre Gosia-polonaise, Anne-Marie-italienne, Denise-française née en Algérie, Marian-espagnole, May-française et enfin Montserrat-espagnole-provinciale/Algérie-Tunisie-Lybie.

    Frère Hubert doit venir me rejoindre le 29 mars car nous allons participer aux JAJ - Journées Algériennes de la Jeunesse - organisées pour la première fois en Algérie. Les JAJ sont le prolongement des JMJ – « Journées Mondiales de la Jeunesse » de Madrid en 2011 où l’Algérie est le seul pays du Maghreb à y avoir été représenté. Très grand défi, courageux et audacieux exprimé en grande humilité par le père Bernard LEFEVRE, Père Blanc, recteur de ND d’Afrique : « C’est pour l’Eglise. Pour plus de détail, voir mon compte-rendu en annexe écrit à la demande du Vicaire Général d’Alger,JAJ Mgr Ghaleb Bader le Père Christian MAUVAIS.

    Hubert m’a fait un grand honneur et une très grande joie en me demandant de présenter au cours de cette manifestation, la spiritualité de saint François d’Assise. Très beau moment où j’ai vécu la présence de François d’une façon exceptionnelle. Un petit frère capucin et une petite séculière franciscaine se sont dirigés, en se tenant par la main, vers le cœur de la Basilique. Frère Hubert, avec beaucoup de finesse a introduit mon intervention en rappelant l’épisode de François et du Sultan. Il était 2h30 du matin quand nous sommes intervenus. Son Excellence, Monseigneur Ghaleb BADER, Archevêque d’Alger, m’a fait remarquer avec beaucoup de gentillesse, lorsque je suis revenue à ma place, que malgré l’heure tardive, cela valait la peine d’attendre et d’écouter. Toute fatigue s’était envolée.

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