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    « Je ne te connaissais que par ouï-dire, mais maintenant mes yeux t’ont vu. » Job 42, 5


    JOB--1.jpg La rétractation de Job devant Dieu est tout à fait étonnante. Cet homme juste et bon a cumulé les épreuves au point de mettre en doute la justice et la bienveillance divines. La souffrance insensée nous pousse tous à faire des reproches à Celui qui a créé un monde d’où la justice semble cruellement absente. Job porte la plainte de l’humanité souffrante en haut lieu. Il est déçu de Dieu, de par l’idée qu’il se fait de Lui. La rencontre du Créateur renverse Job au cœur même de sa souffrance. Il avoue son impuissance devant le mystère du Dieu saint, transcendant. Certainement, Job ne comprend pas plus qu’auparavant le non-sens de la souffrance humaine. Cependant, la rencontre du Créateur a bouleversé les idées qu’il se faisait de Lui. Et cette proximité de Dieu aide Job à surmonter sa révolte et à vivre sa peine autrement. Seule la rencontre de Dieu nous libère de nos réponses toutes faites, pour nous ouvrir au mystère de Sa présence au cœur même de nos impasses.

    Rodolfo Felices Luna
    Bibliste, Université de Sherbrooke

    source www.interbible.org

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  • Découvrir le pays de la Bible

    Capsule vidéo de 3 min. avec Robert David, professeur
    Faculté de théologie et de sciences des religions, Université de Montréal

    Toute personne passionnée par les civilisations anciennes, l’archéologie du Proche-Orient ancien ou les textes bibliques, rêve d’aller un jour fouler le sol d’Israël et de la Palestine et s’imprégner de l’atmosphère de ces régions. Ce voyage virtuel vous permettra de vous familiariser avec l’environnement dans lequel ont évolué les Salomon, Amos, Jésus, Gamaliel, Richard Coeur de Lion, Soliman le Magnifique, etc. Laissez-vous guider dans l’univers fascinant de ces pays bibliques en compagnie d’un guide ayant à son actif plus d’une douzaine de stages d’archéologie en Israël et en Palestine avec des étudiants de tous les cycles, et ayant personnellement participé à une campagne de fouilles à Tell Hesi en Israël.

    Cliquez sur l'image pour accéder au site

    ecran-interbible-copie-1.jpg

    Source www.interbible.org

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  • L’Apocalypse n’est pas un recueil de prédictions

     

    L’auteur de l’Apocalypse n’a jamais eu l’intention de s’adresser à des gens qui allaient vivre deux millénaires après lui et encore moins pour leur prédire l’avenir.

     

    Si ce livre biblique peut être fort inspirant pour les chrétiens, chercher des correspondances entre des images de l’Apocalypse et des événements contemporains n’a aucun sens.

    apocalypse.jpg

    L'Ange montre Jérusalem à saint Jean
    (gravure : Gustave Doré)

         La distance historique et culturelle ainsi que la complexité de certaines images de l’Apocalypse nous empêchent souvent de bien saisir le sens de plusieurs passages de ce livre biblique. Mais le livre dans son ensemble est fort compréhensible. L’auteur de l’Apocalypse a rédigé son livre pour des gens qui vivaient à son époque, c’est-à-dire vers la fin du premier siècle de notre ère, voilà près de deux mille ans, et dans un monde où le christianisme était persécuté. Il s’adressait aux chrétiens qui lui étaient contemporains pour leur dire de persévérer malgré les persécutions qui, comme les douleurs de l’enfantement, sont un passage douloureux vers la vie.

         Si l’Apocalypse véhicule un message d’espoir, son but n’est cependant pas de décrire l’avenir. S’il parle du futur, il parle surtout du passé et du présent. L’auteur de l’Apocalypse ne connaît pas l’avenir, il ignore complètement ce qui va se passer dans le futur. Par contre, il est persuadé que le Christ est victorieux, que Dieu n’abandonne pas son peuple et que par conséquent les justes ne souffriront plus longtemps. L’auteur de l’Apocalypse regarde donc le passé et le présent dans cette perspective et il y voit un sens qu’il projette dans l’avenir. Il ne voit aucun événement futur précis et il ne peut pas décrire ce qui surviendra, mais puisqu’il est persuadé de la victoire du Christ, il utilise une série d’images, symboles et métaphores susceptibles de décrire de diverses façons cette victoire qu’il tient pour une certitude.

    Chrystian Boyer

     

    Source www.interbible.org

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  • Je n'ai rien vu


    Quel-Dieu.jpgFaites-vous des amis avec l'Argent trompeur, afin que, le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles (Luc 16, 9).

    Vous ne pouvez pas servir à la fois Dieu et l'Argent (Luc 16, 13).

         Il y avait un jour un homme qui ne rêvait que d'or. Il en était obsédé. Matin, midi et soir, il ne faisait qu'y penser. Un jour il se leva de son bureau et courut au marché. Il courut à travers la foule jusqu'à une table où un homme vendait des pièces d'or. Il les enfila toutes dans un sac et s'enfuit.


         Un policier se trouvait tout près de la table et n'eut pas de peine à le rejoindre pour l'arrêter. Il l'amena au poste de police et au moment de l'enfermer dans une cellule, il lui dit : « Je n'arrive pas à comprendre : vous êtes là et près de la table il y a un policier et une centaine de témoins et vous volez quelque chose devant tout ce monde-là! »


         L'homme répondit : « Je n'ai jamais vu personne. Je n'ai vu que l'or ».

    LIEN: L'or, l'argent et les biens matériels sont capables d'aveugler : tout le reste disparaît. Il y a risque de ne plus voir ce qu'il y a d'important, de ne plus voir les besoins des autres, spécialement des pauvres, d'ignorer la misère qui grandit constamment dans le monde alors que la richesse se concentre dans les mains d'une minorité. Car il y a une loi non écrite qui dit qu'une chose seule est importante: faire le plus d'argent possible par n'importe quel moyen. Jésus parle de l'argent trompeur, il sait qu'il peut devenir une idole (Mammon) et emprisonner le cœur des humains. Et il nous dit : « Servez-vous en pour vous faire des amis afin que le jour où il ne sera plus là, ces amis vous accueillent dans les demeures éternelles ».

    * * * * *

    L'argent, toujours l'argent...

         «... à la fin de la guerre froide (à partir des années ‘80), s'est développée une immense passion pour l'argent et un désir fou de détruire le filet de sécurité sociale qui protégeait les plus pauvres. Il y a quelque chose d'horriblement laid dans le capitalisme et ce qui arrive présentement en Amérique : toutes nos valeurs sont asservies au désir de faire de l'argent » (Norman Mailer, écrivain, New York Times, 24 avril 1997).


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    Le désir de Jésus

    Guerison-des-dix-lepreux.jpg

    *Guérison de dix lépreux : Luc 17, 11-19
    Autres lectures : 2 Rois 5, 14-17; Psaume 97(98); 2 Timothée 2,8-13

     

    Les motifs que nourrissaient Jésus en faisant des miracles, n’ont jamais cessé de poser question (surtout aux sceptiques). Voulait-il attirer les foules pour les convertir? Attester sa filiation divine? Démontrer concrètement le sens véritable de sa mission sur terre : mission de compassion et de justice envers les opprimés? Même si tout cela se justifie, la conclusion demeure la même : jamais les gestes de Jésus ne cesseront de nous interroger et surtout de nourrir notre réflexion. Mais disons que l’évangile d’aujourd’hui nous permet, justement, d’ajouter à  cette réflexion des considérations non négligeables.

    La guérison des dix lépreux

         Dix lépreux implorent leur guérison. Jésus exauce leur demande et les guérit tous. Nous ne pouvons invoquer ici le dessein de forcer la foi de ces malades. Bien au contraire! Car si la foi n’a pas suivi la guérison miraculeuse, c’est qu’elle était déjà là. La preuve? Au Samaritain venu le remercier, Jésus lui dira sans équivoque : Ta foi t’a sauvé (Lc 17, 19). Mais cette parole claire, étonnante même, c’est à un étranger qu’elle est adressée. Un étranger qui revient sur ses pas en glorifiant Dieu à pleine voix (v. 15). Il est le seul, semble-t-il, à avoir comblé le désir de son guérisseur. Les autres, les neuf autres, le déçoivent en quelque sorte. L’interrogation de Jésus le souligne d’ailleurs : Est-ce que tous les dix n’ont pas été purifiés? Et les neuf autres, où sont-ils? (Lc 17, 17). En ce sens, Naaman le Syrien, lépreux lui aussi, réagit au même mouvement intérieur que celui qui animait le Samaritain : Il retourna chez l’homme de Dieu (Élisée)et déclara : « (…) il n’y a pas d’autre Dieu sur la terre, que celui d’Israël! » (2 Rois 5, 15).

    Le désir de Jésus

         Jésus, en guérissant les dix lépreux, n’agit pas en solitaire. S’il accomplit le miracle qu’ils demandaient, il était à même d’exiger une réaction de leur part. Le miracle suppose toujours un lien entre le guérisseur et celui qui est touché dans sa chair ou dans son être intérieur. Et si ce lien n’existe pas avant l’événement miraculeux, le miracle devrait le faire advenir. C’est justement ce lien qui importe pour Jésus, bien plus que le signe miraculeux. Jésus donc, dans ce récit et dans beaucoup d’autres, nourrit un désir : soit de voir les miraculés revenir vers lui pour lui rendre grâce et glorifier Dieu, son Père. (Lc 17,15); soit pour les voir devenir disciples (Mt 20, 34). Alors qu’en d’autres cas, son désir sera que le miraculé (un possédé en l’occurrence) poursuive sa vie au milieu des siens pour témoigner de la miséricorde de Dieu (Mc 5, 19). Dans tous les cas Jésus pourra alors laisser jaillir sa joie de voir son désir accompli.

    Le moment-clé du miracle

         La joie de Jésus d’avoir guéri le corps ou apporté le salut  marque le moment-clé du miracle. C’est à cet instant que l’on peut dire que le miracle est pleinement réalisé. Pourquoi? Simplement parce qu’il aura porté les fruits escomptés chez le miraculé : l’action de grâce et l’approfondissement de la foi en Dieu. Le salut peut alors être offert en plénitude autant à l’âme qu’au corps. Cette certitude nous la retrouvons dans les paroles de vérité que Jésus adressera au Samaritain : Relève-toi et va, ta foi t’a sauvé (v. 19). Oserons-nous dire que les neuf autres ne sont que des miraculés en rémission? La suite des choses nous échappent. Ce dont nous sommes informés c’est que leur guérison est demeurée stérile. Les fruits de la reconnaissance n’ont pas fleuri sur l’arbre de leur vie parce que leur cœur est demeuré fermé à l’action de grâce.

    L'émerveillement de Jésus

         Si Jésus s’émerveille au cours de sa vie, ce n’est pas sur la main redevenue ferme, ni sur les jambes redevenues solides. Si Jésus s’émerveille ce n’est pas non plus sur les yeux qui voient à nouveau le soleil, ni sur les oreilles qui entendent enfin les bruits du monde des vivants. Si Jésus s’émerveille, ce n’est même pas sur l’enfant ou l’ami qui reviennent à la vie. Jésus s’émerveille d’abord devant l’action de grâce et l’acte de foi. Ce sont ces deux mouvements spirituels qui rendent possibles le miracle. Ces deux mouvements restaurent ou affermissent le lien entre l’être humain et son Dieu. Ce lien attache et enracine également la fidélité au Christ pour toujours. Souviens-toi de Jésus Christ, écrira Paul à Timothée (2 Tm 2, 8). C’est-à-dire, n’oublie aucun de ses bienfaits.

    Le tissu de la prière

         Toute prière véritable est tissée sur la même trame : la foi en la toute-puissance divine  et la reconnaissance: Lorsque vous demandez quelque chose, croyez que vous l’avez déjà reçu, et cela vous sera accordé (Mt 11, 24). Cet exaucement prendra plusieurs formes : acceptation sereine de la maladie; guérison du corps ou du cœur; changement de vie conduisant à  la conversion. C’est là le mystère divin. Mais quelque part au vu et au su du priant ou ignoré de lui et des autres, il y a un changement qui s’opère. La prière fervente et croyante installe les orants au cœur même du désir de Dieu de voir ses enfants lui accorder leur confiance.

    La communion entre Jésus et son Père

         Réfléchissant sur ce miracle et sur les considérations qu’il suscite, il m’est apparu que la communion entre Jésus et son Père est de même nature que la communion qui doit exister entre le miraculé et Jésus. Ainsi lorsque Jésus prononce ces paroles : Père, je te rends grâce parce que tu m’as exaucé. Je savais bien, moi, que tu m’exauces toujours (Jn 11, 41-42), il est sur le point de ressusciter son ami Lazare. Il le fait en rendant grâce et il agit selon la volonté de Celui qui l’a envoyé.

    La prière de Jésus modèle de la nôtre

         Adresser à Dieu un merci pour les merveilles qu’il opère en notre faveur depuis notre naissance et dans le monde, et lui adresser également un merci pour les bienfaits de demain autant que pour ceux d’hier devrait être au cœur de toute prière chrétienne. À l’instar de celle de Jésus, l’action de grâce doit en être la dominante. Les signes de Jésus ne sont pas épuisés, on le sait. Ils seront même plus grands encore (Jn 14, 12), ces signes  qu’ils préparent pour ceux-là qui croiront en lui et qui ne cesseront de lui rendre grâce.

    Le salut accordé à tous

         Le Samaritain n’était pas tenu aux prescriptions des juifs, ni concernés par les promesses divines faites au peuple choisi. Le Syrien Naaman non plus. Mais ces hommes accèdent pourtant au salut. L’Église a reçu la mission de proclamer les paroles et les actions de Jésus au monde entier.  Elle propose son message de paix et de justice à tout l’univers quelles que soient la culture et la religion des peuples. L’Église catholique ne rejette rien de ce qui est vrai et saint dans ces religions. Toutefois, elle annonce sans cesse le Christ qui est la voie, la vérité et la vie (Jn 14, 6) Déclaration Nostra Aetate # 2. En affirmant ceci, l’Église  reconnaît que l’Esprit agit au cœur de toutes personnes honnêtes et bien pensantes.

     

    Ghislaine Salvail, SJSH

     

    Source: Le Feuillet biblique, no 2242. Toute reproduction de ce commentaire, à des fins autres que personnelles, est interdite sans l'autorisation du Centre biblique de Montréal.

    source www.interbible.org

     

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    *source de l'image James_Tissot   


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  • dessin palestine

    Question« Bible, spiritualité et action sociale », n’est-ce pas un peu forcé comme lien? (J. Lalancette)

    RéponseCette personne réagissait à quelques mots lus sur l’affiche d’une session que j’ai donnée pendant une dizaine d’années pour SOCABI : « Des histoires à se tenir debout. Bible, spiritualité et action sociale ». Elle se demandait comment chacun des éléments du sous-titre pouvait s’arrimer aux deux autres.

    Bible et spiritualité

         Pour beaucoup, la dimension « spirituelle » des Écritures semble difficile à percevoir au premier abord. Cette difficulté a quelque chose à voir avec leur expérience. Certaines personnes lisent abondamment des auteurs spirituels ou mystiques; d’autres se passionnent pour ce qu’on appelle les « révélations privées »; d’autres encore s’intéressent aux textes de grandes traditions orientales, comme l’hindouisme ou le bouddhisme. Elles s’attachent alors à un genre d’« écrits spirituels » qu’elles s’attendent à retrouver dans la Bible.

         La quête de Dieu inspire la Bible tout entière. Presque toutes les pages se réfèrent à lui. Nous avons tendance à négliger la profondeur de vision de récits ou de textes, apparemment banals. La Bible ne serait pas « spirituelle »? Comment expliquer alors l’intérêt que lui portent de grands auteurs de tous les temps et des millions de personnes encore aujourd’hui? Une telle lecture ne va pas sans défis - comme celui de décoder le langage d’une autre époque et d’une autre culture ­ mais une profonde vision spirituelle reste bien présente dans la Bible.

    Bible et action sociale

         De même, dans la Bible, la vision du monde et de la société diffère de la nôtre. Nous séparons volontiers le « sacré » du « profane », comme s’il s’agissait de deux réalités indépendantes.

         Pour le peuple de la Bible, la quête de Dieu ne s’arrête jamais. Ce que nous appelons la « religion » ou la « vie spirituelle » irrigue toutes les dimensions de l’existence : la gestion domestique, l’économie, les relations avec l’étranger, la justice. Autant de domaines qu’un Israélite souhaite vivre « sous le regard de Dieu ».

    Spiritualité et action sociale

         Le seul lien entre spiritualité et action sociale définit toute notre vision de Dieu et de sa présence dans le monde. Ce point de jonction s’avère, dans les faits, révélateur de la qualité de notre vie de foi.

         Que nous le voulions ou non, que nous en soyons conscients ou non, notre vie (manière de penser et d’agir) s’organise autour d’un absolu. Nous avons tous un point de référence plus ou moins avoué, et cette mesure joue le rôle de « Dieu ». La recherche du profit, le confort, l’affirmation de soi au détriment des autres, autant de dieux modernes auxquels beaucoup sacrifient leur temps et leur énergie.

         Au dire des prophètes, nous ne choisissons pas d’avoir ou non un dieu. Nier Dieu ou s’en désintéresser laisse entière la question. Notre vie quotidienne, nos rapports avec les autres, notre manière de consommer ou de voter s’inspirent de l’absolu qui donne sens à notre existence. Le nier relève de l’inconscience. La Bible, patiemment étudiée, méditée, interprétée avec d’autres, devient alors un formidable révélateur de nos incohérences, de l’écart entre le Dieu dont nous nous réclamons en paroles et celui dont nous témoignons par notre comportement. Pour les prophètes et pour Jésus, le véritable Dieu de notre vie est celui qui donne sens à notre agir.

    Guylain Prince


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  • Il faut toujours prier


    enf-chien-priere.jpgParabole du juge qui se fait prier longtemps : Luc 18, 1-8
    Autres lectures : Exode 17, 8-13; Psaume 120(121); 2 Timothée 3, 14 - 4, 2

     

    Lorsque Luc écrit qu’il faut que telle chose arrive, il exprime la conviction que les événements envisagés font partie du plan de Dieu qui ne peut être qu’un plan de salut (voir, par exemple : Luc 2,49; 4,43; 24,7.26.44). Lorsqu’il écrit qu’il faut toujours prier il affirme que la prière est une nécessité inhérente au projet de Dieu. Il ne s’agit pas seulement d’obéir à une loi mais de répondre adéquatement à l’initiative de Dieu en entretenant avec lui une relation vivante. Le verbe prier peut recouvrir un vaste éventail d’attitudes : louer, remercier, demander pardon, demander une faveur etc. Tout au long de sa vie Jésus donne l’exemple de la prière : lors de son baptême (Lc 3, 21), avant le choix des apôtres (Lc 6, 12), lors de sa transfiguration (Lc 9,28). Sa prière est sa nourriture quotidienne (Lc 5,16; 6, 12; 9,18 etc.). Sa manière de prier impressionne ses disciples qui lui demandent de leur apprendre à prier comme lui (Lc 11, 1-2). Et le livre des Actes des Apôtres montre comment la communauté chrétienne mit en pratique la consigne de Jésus (Ac 1,24; 6, 6; 8,15 etc.).

    Prier sans se décourager (v. 1)

         S’il est une récrimination commune à tous les croyants, c’est celle-ci : « Je prie, je demande des bonnes choses, et Dieu ne m’écoute pas ». Cette plainte s’exprime même dans le livre de prière par excellence, les Psaumes : Mon Dieu, le jour j’appelle et tu ne réponds pas (Ps 22(21), 3; voir aussi : Ps 44(43),24-25; 69(68),14; 88(87),14-15). Jésus se montre sensible à cette expérience souvent douloureuse. Sans proposer d’explication, il exhorte à la patience et à la persévérance.

         Ce thème est illustré par la parabole de l’ami importun (Lc 11, 5-8) qui est le pendant masculin de celle de la veuve persévérante. Luc utilise ce procédé en d’autres endroits : le semeur (Lc 13, 18-19) et la femme qui fait du pain (Lc 13, 20-21), le berger (Lc 15, 4-7) et la maîtresse de maison (Lc 15, 8-10). Il est possible que dans la source utilisée par Luc, ces deux paraboles se suivaient. D’ailleurs la conclusion de l’enseignement sur la prière (Lc 11, 1-13) s’applique bien à l’histoire de ce juge : Si donc vous, qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus le Père du ciel donnera-t-il l’Esprit Saint à ceux qui l’en prient? (Lc 11, 13). 

         Voilà la réponse de Jésus à l’apparent silence de Dieu. Dieu ne donne pas d’abord des choses, il se donne lui-même en envoyant son Esprit. Seul l’Esprit peut inspirer une vraie prière, conforme au projet de Dieu : L’Esprit vient au secours de notre faiblesse; car nous ne savons pas quoi demander pour prier comme il faut; mais l’Esprit lui-même intercède pour nous en des gémissements ineffables, et Celui qui sonde les cœurs sait bien quel est le désir de l’Esprit et que son intercession pour les saints correspond aux vues de Dieu (Rm 8, 26-27). La prière qu’il faut faire sans cesse est celle de Jésus au mont des Oliviers : Que ce ne soit pas ma volonté, mais la tienne, qui se fasse (Lc 22, 42). Partant de là, toutes les demandes inspirées par l’Esprit peuvent être adressées à Dieu puisqu’elles se situent toujours à l’intérieur de son projet de salut car Dieu notre Sauveur … veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité (1 Tm 2, 3b-4; voir tout le développement sur la prière chrétienne : 1 Tm 2, 1-8).

    Dieu ne fera-t-il pas justice à ses élus? (v. 7)

         Luc a vraisemblablement détaché cette parabole de l’ensemble sur la prière pour en faire la conclusion du discours sur la venue du Fils de l’homme (Lc 17, 20-37). On trouve, dans le Nouveau Testament, plusieurs échos de l’attente des premiers chrétiens concernant la venue prochaine du Royaume (cf. 1 Th 4, 13-18; 2 Co 5, 1-5 etc.). Mais à mesure que passe le temps l’impatience fait place à l’inquiétude : Dieu aurait-il oublié sa promesse (cf. Jacques 5, 7-11; 2 Pierre 3, 8-10)? Dans son évangile et dans les Actes Luc réagit à cette préoccupation en montrant comment l’œuvre du salut s’inscrit dans l’histoire. La Bonne Nouvelle a besoin de temps pour se répandre jusqu’aux extrémités de la terre (Ac 1, 8). En attendant le Jour, les disciples doivent affronter l’hostilité et la persécution (cf. Lc 21, 12-19) comme leur maître avant eux (cf. Lc 17,25). Dans cette situation dramatique, la prière est l’outil le plus utile pour garder courage et faire face aux difficultés : Veillez et priez en tout temps, afin d’avoir la force d’échapper à tout ce qui doit arriver et de vous tenir debout devant le Fils de l’homme (Lc 21, 36). La veuve persévérante met en pratique cette consigne. À cause de son insistance elle finit par obtenir justice de la part d’un juge inique. Combien plus Dieu, qui est juste et bon, fera-t-il justice à ceux qui le prient?

    Trouvera-t-il la foi sur la terre? (v. 8)

         Le retard apparent dans l’accomplissement de la promesse produit inquiétude, découragement ou assoupissement (cf. 2 Pierre 3, 9). Luc se demande si les chrétiens, en s’installant dans le monde comme s’il devait durer toujours, ne perdent pas quelque chose d’essentiel; la venue du Règne, qui fait l’objet de la prière (cf. Lc 11, 2) est-elle encore au centre de la foi et de l’espérance? L’inquiétude exprimée par la conclusion du passage concerne moins la foi dogmatique que la vigilance active des croyants tendus vers la réalisation des promesses du salut.

    Les mains de Moïse demeurèrent levées (Ex 17,12)

         On connaît Moïse comme libérateur et comme législateur, moins peut-être comme intercesseur. Pourtant, plusieurs textes le présentent dans ce rôle (voir, par exemple : Ex 32, 11-14.30-32; Dt 9, 7-21 : l’affaire du veau d’or; Nb 14, 13-19; Dt 9, 25-29 : l’exploration de la Terre promise). Le texte retenu par la liturgie raconte une bataille livrée par les Israélites contre des nomades, les Amalécites. Le succès des armes est attribué à la prière constante de Moïse. La prière n’a pas d’effet magique; Josué et ses guerriers doivent livrer bataille, mais ils sont soutenus par l’intercession de Moïse, le chef du peuple, qui présente à Dieu la cause des siens. Le geste de lever les mains vers le ciel pour prier existe dans plusieurs cultures. On le retrouve dans le Nouveau Testament (1 Tm 2,8) et Tertulien y associe le vol des oiseaux : Quant aux oiseaux, lorsqu’ils se lèvent, ils se dirigent vers le ciel et ils étendent leurs ailes, comme nous étendons les mains, en forme de croix et ils font entendre ce qui apparaît comme une prière (De oratione 29).

    Tu connais les textes sacrés (2 Tm 3,15)

         La Commission biblique pontificale travaille actuellement sur l’inspiration et l’autorité de la Bible. Le sujet est toujours d’actualité. Paul affirme l’origine divine des Écritures : Tous les passages des Écritures sont inspirés par Dieu, et leur importance pour la vie de l’Église : Celle-ci est utile pour enseigner, dénoncer le mal, redresser, éduquer dans la justice (3,16). La connaissance de la Bible est nécessaire pour alimenter la piété personnelle mais aussi toute l’activité missionnaire et pastorale. Timothée, qui connaît les textes sacrés depuis son jeune âge (cf. 3,15), reçoit la consigne de proclamer la Parole à temps et à contretemps (4,2) car elle est le chemin qui conduit au salut (3,15).

     

    Jérôme Longtin, ptre

    Source www.interbible.org

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    La prière du pauvre


    Qui s'élève sera abaissé; qui s'abaisse sera élevé (Luc 18, 14).


    Andre-Beauchamp.jpg   L'autre jour, dans l'église, ils étaient là tous les deux et je les ai bien reconnus : le Pharisien et le Publicain.

     

    Le Pharisien était grand, fort, sûr de lui. Il a fait un large signe de croix avec l'eau bénite, s'est avancé bien droit dans le milieu de l'allée, a regardé tout autour avec son air supérieur, puis il s'est mis à prier. Ah l'hypocrite!

     

    Le Publicain, c'était une vieille dame toute courbée qui s'est glissée dans l'allée de côté et a fait son chemin de croix en marmonnant ses prières. Je n'entendais que des « s » qui glissaient entre ses dents usées. Je les ai regardés longuement l'un et l'autre, elle, la vieille éplorée, lui, le pédant. Quand ils eurent quitté l'église, j'ai décidé de partir à mon tour.

     

    C'est à ce moment-là qu'une voix a retenti derrière moi : « André, le Pharisien, c'est toi!

     

    » - « Mais non Seigneur, je viens de le voir, le Pharisien avec son complet chic, son air de businessman, son attitude dédaigneuse.»


    Mais la voix a repris : « Vois-tu André, ce monsieur-là, il a tout perdu dans la dernière crise économique. Il est ruiné. Dans sa prière, il a juste demandé la paix du cœur. La vieille, elle, priait pour un petit-fils en prison. Mais toi, tu n'as pas prié un seul instant. Tu jugeais les autres. Tu n'as eu d'amour pour personne, pas même pour la vieille dont tu te servais pour juger l'autre. Tu cherchais un prétexte pour blâmer quelqu'un. »


      Depuis ce jour-là, je me demande souvent si le Pharisien ce ne serait pas moi aussi.


    LIEN: Le monde est facile à juger quand il y a les bons d'un côté, et les mauvais de l'autre. On se pense toujours du côté des bons. Alors qu'en vérité chacun de nous est à la fois Pharisien et Publicain et que notre seule manière de nous en sortir est de renoncer à juger autrui (André Beauchamp).


    Source www.interbible.org

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    M. Beauchamp est théologien et environnementaliste


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  • Les affaires et la vie

    La parabole du gérant habile : Luc 16, 1-13
    Autres lectures : Amos 8, 4-7; Psaume 112(113); 1 Timothée 2, 1-8

     

    Gerant-habile.jpg « Les affaires sont les affaires », dit-on couramment. Dans notre société moderne, tout est bien compartimenté : le public et le privé, l’éducation et la santé, le travail, les loisirs, la politique, la religion ou la spiritualité, la science… et la sacrosainte économie, qui régit tout du haut de son piédestal. Aucune activité humaine ne peut plus se soustraire à son regard scrutateur. Elle juge de la valeur de tout, mais elle n’est elle-même jugée par personne. Tout doit désormais être comptable, rentable et profitable, sous peine de devenir insignifiant, délaissé ou même banni. Cet économisme outrancier assure son emprise sur des domaines jadis non monnayables : les arts, la culture, l’éducation, la science. Les artistes doivent produire de l’art qui se vend; les savants doivent chercher seulement si cela rapporte des dividendes. Même le bénévolat est aujourd’hui compté comme une activité qui contribue à l’économie et dont celle-ci ne saurait se passer!

    La religion « économie »

         L’idéologie économique en vogue est une véritable religion, avec ses dieux de la finance, ses clercs comptables, sa morale du profit et son seul péché : le déficit. Il faut sacrifier nos enfants à ces dieux invisibles qui nous promettent un développement durable, une croissance sans fin… croissance réservée aux seuls performants, paradis millénariste qui tarde à venir et qui impliquerait la destruction de notre monde par pollution et tarissement de nos ressources.

         Holà! Je blasphème. En levant la voix contre l’indicible mystère du dogme économique, je porte atteinte à la seule chose qui soit vraiment sacrée dans notre monde : l’argent. Son usage est strictement règlementé par des codes de lois et tout l’appareil étatique et médiatique la protège des impuretés de nos consciences. « Les affaires sont les affaires », c’est le tabou de sainteté qui nous tient à distance, qui nous empêche de profaner le culte célébré quotidiennement dans l’Empire moderne.

    De la dépendance à la liberté

         L’Évangile dénonce cette logique impériale. En tant que guide, l’argent est trompeur (Luc 16,9.11). Il engendre des liens basés sur la ruse et le mensonge, comme l’illustre la parabole du gérant malhonnête. C’est ça, « les affaires » laissées à elles-mêmes! L’argent est un maître ou un faux dieu, qui nous promet le bonheur si nous le servons, mais qui ne livre pas la marchandise en bout de ligne (Luc 16,13). Cette idole essaie de nous persuader qu’elle est compatible avec notre religion du cœur : tant que nous laissons autonomie et priorité aux « affaires », nous pouvons bien occuper notre temps libre à prier le Dieu que nous voudrons, en privé, à nos frais. Ce faux dieu nous inspire des habiletés de gérance et des stratégies de réussite qui font de nos proches des ennemis, ou au mieux des étrangers, et du reste des humains, des moyens pour s’enrichir.

         L’évangéliste Luc est catégorique. Se soumettre aveuglement à l’impératif économique, c’est apostasier de la foi au seul Dieu qui sauve. L’argent est un moyen pour faire du bien, pas un bien en soi. Le bien véritable ne se compte pas, mais il se perd facilement. Et si nous n’apprenons pas à soumettre l’argent à l’impératif moral, si nous ne développons pas des habiletés à le gérer au lieu de nous laisser gérer par lui, qui nous confiera le bien véritable, le bonheur auquel nous aspirons profondément et pour toujours? Gagner au jeu de l’argent, c’est investir sur des faux amis et des fausses demeures pour l’éternité (Luc 16,9). Les affaires ne sont pas que les affaires. Il y va de nos vies!

    Le pouvoir outrancier de la richesse (Amos 8, 4-7)

    Non, jamais je n’oublierai aucun de leurs méfaits (Amos 8,7)

         De tout temps, Dieu nous envoie des prophètes comme Amos, qui osent exposer au grand jour le véritable culte auquel se livrent parfois des gens bien religieux. Aveuglés par l’appât du gain, les riches et les puissants minimisent les impacts de leur activité économique sur des populations appauvries. Ils contournent les règles et les disqualifient lorsqu’elles ne font pas leur « affaire ». Ils créent des nouvelles règles qui les avantagent, au détriment des droits des petites gens. Comme ils sont en haut de la pyramide sociale, les grands peuvent souvent s’en tirer impunément et se donner même bonne conscience, en s’imaginant que leur succès a des retombées positives sur l’ensemble de la population. Non seulement effacent-ils les traces de leurs méfaits derrière eux, mais encore ils se cachent à eux-mêmes la vérité de leurs agissements, afin de bien dormir et de continuer leur vie sans tracas. Si la religion est l’opium du peuple selon Marx, l’économie s’avère être la religion des riches, et c’est une drogue des plus sophistiquées. Dès lors, la parole du prophète vise la mise en lumière de ce qui est caché, le rappel de ce que l’on ne veut pas entendre. Le prophète affirme que Dieu voit tout et que Dieu se souvient. Parce que Dieu et ses prophètes sont là, les injustices ne passeront pas sous silence.

    Prier et agir pour un ordre social juste (1 Timothée 2, 1-8)    

    … afin que nous puissions mener notre vie dans le calme et la sécurité, en hommes religieux et sérieux (1 Timothée 2,2)

         L ’apôtre insiste pour que Timothée fasse des prières de demande, d’intercession et d’action de grâce pour tout le monde, incluant les dirigeants de la société. La sagesse apostolique veut que si l’on prie pour les chefs, les bonnes décisions seront prises et nous pourrons tous vivre en paix. Or prier ne veut pas dire fermer les yeux, ou taire les injustices dont on est témoin, même de la part des autorités. Nous sommes appelés à être sages comme l’apôtre et prophètes comme Amos. Notre dénonciation des abus du pouvoir ne vise pas l’anarchie, mais bien l’établissement d’un ordre plus juste et plus vrai. Nous devons prier pour que tous parviennent à connaître pleinement la vérité (1 Timothée 2,4), ce qui ne se fera pas en taisant ou en cachant les travers des gens notables. Ce serait un contre-sens de tolérer en silence des atrocités au nom de la stabilité sociale et de la paix publique. Il n’y aura de paix et de justice durables que dans la vérité. Autrement, « le calme et la sécurité » obtenus au prix des injustices et des cachoteries ne tiendra pas longtemps. Nous pouvons souhaiter comme l’apôtre qu’en tout lieu les hommes prient en levant les mains vers le ciel, saintement, sans colère ni mauvaises intentions (1 Timothée 2,8), mais pour que ce rêve devienne projet et réalité, il faut enseigner la foi qui sauve (2 Timothée 2,7), sans complaisance pour le culte de l’argent et du pouvoir.

     

    Rodolfo Felices Luna, bibliste

     

    Source: Le Feuillet biblique, no 2239. Toute reproduction de ce commentaire, à des fins autres que personnelles, est interdite sans l'autorisation du Centre biblique de Montréal.

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  • 31ème dimanche du temps ordinaire

    Abbé Jean Compazieu | 31 octobre 2010

    Nouvelle-image-copie-2.jpgCélébration pénitentielle à Jéricho


    Textes bibliques : LIRE


    L’événement qui nous est rapporté dans l’évangile de ce jour est bien connu de tous, y compris dans les groupes d’enfants du catéchisme. Mais si nous le lisons d’une manière trop superficielle, nous risquons de passer à côté de la bonne nouvelle que Jésus voudrait nous transmettre. Nous devons donc prendre le temps de bien voir ce qu’il nous dit de Jésus et de nous. Cet évangile se présente un peu comme une célébration pénitentielle à Jéricho.

    D’un côté, nous avons Zachée. Il est percepteur des impôts et il travaille pour l’occupant étranger. La dernière guerre mondiale nous a appris comment on pouvait considérer les collaborateurs. Zachée ne pouvait qu’être détesté par tous ces pauvres gens accablés par les impôts qu’il fallait payer à l’occupant militaire. Il avait la réputation d’être intraitable et de profiter sans état d’âme de sa position dominante. De plus en tant que chef des publicains, il est tenu pour responsable du comportement et des violences de ses collaborateurs. Sa profession le rangeait donc dans la catégorie des pécheurs infréquentables.

    En ce jour, nous nous approchons de plus près pour mieux voir Zachée. Nous comprenons qui il est. Mais l’évangile voudrait nous inviter à nous mettre sous le regard de Dieu en nous posant la question : « Et moi, en vérité, qui suis-je ? » nous vivons dans un monde où les pauvres sont de plus en plus pauvre et de plus en plus nombreux. Tout au long de ces dernières semaines, nous avons entendu des cris de révolte. Nous devons les comprendre comme une aspiration à une société plus juste et plus fraternelle. Mais trop souvent, nous sommes un peu comme Zachée ; nous nous réfugions derrière des préjugés et nous nous laissons aveugler par l’indifférence.

    Mais voilà qu’un événement imprévu survient : C’est Jésus qui arrive à Jéricho. Comme tout le monde, Zachée voudrait bien le voir. S’il monte sur un sycomore, c’est pour être mieux placé car il est de petite taille ; c’est aussi sans doute pour passer inaperçu et se mettre à l’abri des insultes et des sifflets de la foule. Aujourd’hui, nous contemplons cette attitude de Zachée quand il a appris que Jésus venait dans sa ville. Mais le plus important c’est de ne pas oublier que le même Christ continue à venir dans notre monde. Il passe par les chemins de notre vie : chacun de nous peut se poser la question : »Sommes-nous prêts à le voir arriver ? »

    Voilà donc Zachée bien installé sur son perchoir et bien placé pour voir sans être vu. Il ne s’attendait certainement pas à tout ce qui allait arriver : en effet, au milieu de toute cette foule, Jésus ne voit que Zachée, celui-là même que personne ne veut voir. Et chose surprenante, c’est chez lui qu’il choisit de s’inviter : « Descend vite, aujourd’hui il faut que j’aille demeurer chez toi. » La foule n’en croit pas ses oreilles ; elle a dû mal comprendre ; Jésus a sûrement dû se tromper. Lui qui se dit « Envoyé de Dieu » ne devrait pas se compromettre avec un hors-la-loi. Ce n’est tout simplement pas possible et nous comprenons la stupéfaction de ces gens. Pour eux c’est inconcevable. Son activité professionnelle fait de lui un exclu.

    Le même Christ frappe aujourd’hui à notre porte : Comme autrefois, il ne cesse de nous dire : « Descend vite, aujourd’hui, il me faut demeurer chez toi. » Le verbe demeurer signifie  » habiter quelque part et y rester. Comme pour Zachée, Jésus ne vient pas pour nous faire des reproches mais pour apporter le salut de Dieu. Cette rencontre avec le Christ a bouleversé toute la vie de cet homme. Lui, qui était si avide d’argent, décide de partager et de réparer les torts qu’il a faits aux autres. C’est ainsi que Jésus a pu dire à son sujet : « Aujourd’hui, le salut est arrivé pour cette maison, car lui aussi est un fils d’Abraham. »
    Cette visite du Christ, qui s’invite chez nous, nous provoque à un examen de conscience, ou plutôt un examen de confiance. Car c’est vrai, en venant chez nous, il nous fait confiance bien au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer. Il vient nous dire tout l’amour de Dieu pour nous. Avec lui, c’est le salut qui entre dans notre maison car « le Fils de l’homme est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. » Rien ni personne ne peut arrêter le Christ dans cette mission. Il va la remplir jusqu’au bout, jusqu’au don de sa vie sur une croix.

    Mais rien ne sera possible si nous ne descendons pas de notre arbre ; cet arbre, c’est celui où nous nous cachons pour rester en dehors des combats des hommes ; c’est celui de nos certitudes, celui de notre bonne ou mauvaise conscience… Nous sommes tous invités à descendre de notre piédestal pour nous laisser habiter par Jésus lui-même. Il nous faut aussi accepter de laisser les autres entrer dans notre vie. Le vrai Dieu, celui qui Jésus est venu nous révéler, c’est précisément celui de tous les exclus, qu’ils soient riches ou pauvres, jeunes ou adultes.

    En ce jour, nous te prions Seigneur pour tous les Zachée de la terre, tous ceux et celles qui sont rejetés et méprisés à cause de leur passé et de leurs actes. Tu veux demeurer chez eux comme chez nous. Par ton Eucharistie, tu nous invites chez toi. Que notre rendez-vous à la messe et à l’adoration nous transforme comme il a transformé le publicain de Jéricho. Amen

    D’après diverses sources

    Source http://dimancheprochain.org

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