• Appui à la souveraineté alimentaire
    Un appel à l’action de Développement et Paix
    (au Canada D-P représente la Caritas Internationalis)
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    Image © Courtoisie de Développement et Paix

    Comme le Canada se prépare à accueillir la rencontre du G8 en juin 2010, c’est l’occasion pour les Canadiens et les Canadiennes de demander à leur gouvernement d’appuyer la souveraineté alimentaire et les petits agriculteurs dans les pays du Sud.

         Dans les années 60, le surplus du commerce des produits agricoles des pays du Sud se chiffrait à sept milliards de dollars américains par an. Aujourd’hui, 75% de ces pays sont des importateurs nets de produits alimentaires. Ce changement peut être attribué en grande partie aux politiques de prêts et de commerce des pays du G8.
                
         Le G8 regroupe actuellement les dirigeants des pays les plus riches, les plus développés et les plus puissants du monde (États-Unis, Royaume-Uni, France, Allemagne, Canada, Japon, Italie et Russie. Ces pays doivent reconnaître le tort que leurs cibles et leurs subventions pour les agrocarburants causent aux populations des pays du Sud. Selon l’Organisation pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), la production d’agrocarburants menace le droit à l’alimentation d’au moins trois façons :

    • en faisant augmenter le prix des aliments,
    • en augmentant la concentration de la terre et donc en privant les petits agriculteurs et les paysans sans terre des moyens d’existence dont ils ont besoin.
    • en causant des problèmes environnementaux.

         Les populations locales sont chassées de leurs terres pour faire place aux cultures pour les agrocarburants qui occupent de plus en plus d’espace dans le monde entier, qui menacent de détruire leurs cultures en les obligeant à vivre dans des grandes villes. En Indonésie, selon l’ONU, cinq millions de personnes risquent d’être déplacées à cause de l’expansion des cultures pour les agrocarburants.

         Une façon simple pour le Canada et les pays du G8 d’appuyer les petits agriculteurs dans les pays du Sud consiste à réduire, voire à éliminer, tout appui et toute subvention des gouvernements pour les agrocarburants.

    Développement et Paix

    Agissez contre la faim dans le monde 
    woeijfwoeijfEnvoyez une carte au premier ministre Harper qui recevra le G8 en juin.

    Texte biblique : Lévitique 25 ou l'année de la libération

    Vous laisserez s'écouler sept périodes de sept ans, soit quarante-neuf ans. Ensuite, le dixième jour du septième mois, le grand jour du pardon des péchés, vous ferez retentir dans tout le pays une sonnerie de trompette accompagnée d'une ovation. De cette manière vous manifesterez que la cinquantième année est consacrée à Dieu, et vous proclamerez la libération pour tous les habitants du pays. Cette année portera le nom de Jubilé. À cette occasion, chacun d'entre vous pourra rentrer en possession de ses terres et regagner sa famille. C'est ainsi que vous célébrerez tous les cinquante ans l'année du Jubilé…

    Lors de l'année du « Jubilé », chacun de vous pourra rentrer en possession de ses terres. Si vous achetez ou vendez du terrain à un compatriote, ne lui causez pas du tort…

    Manifestez votre respect envers moi, le Seigneur votre Dieu, en ne causant aucun tort à votre compatriote. Mettez en pratique mes lois et prenez bien soin d'observer les règles qui viennent de moi ; alors vous habiterez en sécurité dans ce pays. La terre donnera des récoltes assez abondantes pour vous nourrir, et vous pourrez y vivre sans soucis.

    Une terre ne pourra jamais être vendue de manière définitive, car la terre m'appartient, à moi, le Seigneur, et vous serez comme des étrangers ou des hôtes résidant dans mon pays. C'est pourquoi, dans tout le pays que je vous donnerai, vous fixerez les règles permettant à quelqu'un de racheter une de ses terres.

    (Lire le chapitre)

    La terre est un don pour la vie des peuples, non pas une marchandise

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    Image © Courtoisie de Développement et Paix

         La terre est le thème central de la foi biblique; elle est promesse pour les sans-terres comme Abraham et ses gens, promesse pour les esclaves en Égypte qui mangent un pain d’amertume fournissant des efforts considérables pour faire vivre leurs maîtres. La terre est un don de Dieu et nous n’en sommes que des hôtes résidants. Le lien qui relie un paysan à sa terre ne devrait jamais être rompu définitivement; il doit pouvoir récupérer son lopin pour y vivre en paix avec sa famille.

         Moïse a donné à son peuple une législation d’une grande sagesse pour s’assurer que les paysans de son peuple ne soient pas dépouillés de la terre définitivement et qu’ils puissent voir leurs dettes pardonnées et leur terre récupérée.

         Développement et Paix nous rappelle en ce carême que la crise alimentaire actuelle touche un habitant de la planète sur six. Les politiques agricoles internationales ont favorisé durant des années le développement, dans les pays du Sud, d’une agriculture d’exportation aux dépens d’une agriculture vivrière pouvant assurer la souveraineté alimentaire des populations. Le résultat est que les pays qui vivaient d’agriculture doivent maintenant importer la majeure partie de leur nourriture achetée à grand frais sur les marchés mondiaux. Par exemple, la palme africaine occupe déjà plus de dix millions d’hectares en Indonésie, superficie développée en rasant les forêts dont la biodiversité est perdue à jamais, et cela pour produire du diésel pour les moteurs.

         La terre doit être cultivée pour la vie des peuples, non pas pour produire du carburant. La souveraineté alimentaire, qui privilégie l’agriculture communautaire à petite échelle et les produits cultivés pour les marchés locaux, est une approche élaborée par les petits exploitants agricoles des pays du Sud. Elle vise notamment à combler les besoins locaux d’une manière écologiquement viable et appuie les petits exploitants.

         Dans un monde qui produit assez de nourriture pour que chaque homme, chaque femme et chaque enfant puisse obtenir tous les jours une alimentation saine, 860 millions de personnes n’ont pas assez à manger pour mener une vie productive. Cent millions d’autres pourraient bientôt s’ajouter à ce nombre. C’est scandaleux!

         Il faut prioriser partout la production locale et la mise en avant d’une agriculture paysanne et familiale et donner à ceux et celles qui produisent les aliments l’usage et la gestion des terres, territoires, eaux, semences, bétail et biodiversité. Sur tous les continents surgissent des mouvements paysans qui revendiquent ces droits.

         Nous sommes ici au cœur même de la foi biblique. Dans le texte programmatique de Jésus en Matthieu, il se réfère à tous ceux et celles qui sont bafoués dans leur droit à la terre. L’auteur juif André Chouraqui traduit ainsi les béatitudes :

    « En marche, les humiliés du souffle! Oui, le royaume des ciels est à eux!
    En marche les endeuillés! Oui, ils seront réconfortés!
    En marche les humbles! Oui, ils HÉRITERONT LA TERRE!
    En marche les affamés et assoiffés de justice! Oui, ils seront rassasiés! » Mt 5,1-6

         C’est ainsi que Jésus proclame l’année de libération, le Jubilé, l’année de grâce. Les gens qui sont invités à se mettre en marche, ce sont les paysans pauvres, à bout de souffle, dépossédés de leurs terres en Galilée, que l’on retrouve dans les paraboles attendant qu’un maître avare les engage pour un travail de journalier en plein soleil, sans même valoriser leurs efforts. Et malheur à celui qui ose élever la voix pour dénoncer l’injustice!

         Quand, dans la synagogue de Nazareth, Jésus proclame l’année du jubilé en commentant le texte d’Isaïe « pour renvoyer libres les opprimés et proclamer une année de grâce par Yahvé » en ajoutant « aujourd’hui, cet écrit s’est accompli » (Lc 4,21), sa parole a le même effet que lorsqu’il entre en catastrophe dans le sanctuaire en culbutant les banquiers et les changeurs. Il annonce ses couleurs : « Il fait descendre les puissants des trônes, mais relève les humbles; il remplit de biens les affamés, et les riches, il les renvoie, vides. » (Lc 1,52) Il sera exécuté.

         Tout dans le message de Jésus est centré sur la libération de la paysannerie, sur le droit à la terre et à la nourriture. C’est la volonté de Dieu de donner la terre à ses pauvres qui en sont spoliés. D’ailleurs la prière que Jésus nous enseigne consiste à demander pour tous le pain de chaque jour, la remise des dettes prescrite par le Lévitique tous les sept ans et de nous délivrer du criminel. Nous avons préféré une traduction moins dérangeante et plus abstraite parlant de péchés et de mal. Écoutons Amos, un prophète paysan comme Jésus nous parler des criminels : « Écoutez donc ceci, vous qui piétinez le pauvre, vous faites chômer les humiliés de la terre. Vous diminuez la mesure, vous falsifiez les poids, vous faussez la balance. Vous vendez à vos clients jusqu'aux déchets de votre blé. Vous récupérez comme esclaves des malheureux pour un peu d'argent qu'ils n'ont pu rembourser, des pauvres pour une paire de sandales ».

         Disciples de Jésus, nous sommes aujourd’hui interpellés par ces paroles prophétiques très concrètes. Les problèmes dénoncés par Jésus, les rêves qu’il a rêvé avec les siens sont d’une actualité criante. À l’œuvre et vite, ça presse!

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  • Une Bible, quelques canons et plusieurs traductions

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    Q  J’ai remarqué dans une réunion de partage biblique que nos bibles n’étaient pas tout à fait les mêmes. Pourquoi est-ce que toutes les bibles ne sont pas pareilles? (Serge, Laval)

    R  Plusieurs éléments font que les bibles ne sont pas toutes pareilles. D'abord, vous avez peut-être déjà fait l'expérience de lire ou d'entendre différentes traductions d'un même passage biblique. Comme les manuscrits que nous avons sont écrits en hébreu ou en grec, nous devons les traduire.

     

       Bien entendu, il y a plusieurs façons de traduire un texte. Certaines traductions de la Bible tentent de rester littérales, comme la traduction d'André Chouraqui. D'autres ont une approche visant la simplicité et la clarté du langage comme la traduction de la Bible en français courant. La Bible Nouvelle Traduction se démarque par sa visée de rendre le texte d'une façon plus littéraire. Finalement, il y a des traductions qui visent l'étude de la Bible, avec beaucoup de notes de bas de page comme la Traduction œcuménique de la Bible (TOB) et la Bible de Jérusalem. Il y a donc différentes traductions puisqu'il y a différents objectifs de traduction et qu'il y a diverses manières d'exprimer une même idée dans une langue.

     

         En plus des différences de traduction, il y a des distinctions dans la sélection des livres contenus dans la Bible. La liste de ces livres retenus est appelée « canon » du mot grec kanôn signifiant règle. La grande majorité des livres bibliques se retrouve dans toutes les bibles. Par contre, certains livres écrits en grec provenant du judaïsme tardif se retrouvent dans les bibles catholiques, alors qu'ils sont absents des bibles protestantes et hébraïques [1].

     

         Les catholiques reconnaissent ces livres comme deutérocanoniques, c'est-à-dire admis secondairement dans le canon, alors que les protestants les désignent comme apocryphes et ne les admettent pas dans leur canon. Il faut aussi dire qu'il y a d’autres divergences dans les canons des Églises orientales.

     

         L'histoire de la fixation du canon est très complexe d'autant plus qu'elle concerne les religions juive et chrétienne ainsi que les différents regroupements de ces religions.
    Les catholiques et les orthodoxes gardent plutôt la liste de la Septante, cette première traduction en grec de ce qu'on appelle aujourd'hui l'Ancien Testament. Cette traduction était employée par les communautés juives et chrétiennes du Ier siècle.

     

         Au IIe siècle, les autorités juives retravaillent le canon juif pour différentes raisons, dont l'interprétation chrétienne des Écritures. Par exemple, le Talmud nous transmet des discussions qui ont eu lieu pour savoir si on devait garder ou exclure le Cantique des cantiques du canon juif. Le canon juif qui est sorti de ces discussions est dit « massorétique », du nom de ses derniers éditeurs les « massorètes » (groupe d'érudits et de scribes du IIe siècle au IXe siècle).

     

         Les bibles protestantes ont choisi de prendre la même liste que ce canon juif. Les livres de l'Ancien Testament, dont on dit qu’ils n'auraient pas été écrits originellement en hébreu, les apocryphes ou deutérocanoniques sont donc exclus de cette liste.

     

         En résumé, il y a une diversité de bibles, mais malgré les différences, ces bibles restent fort similaires.

    [1] Le livre de Judith, le livre de Tobie, le premier et deuxième livre des Maccabées, le livre de la Sagesse, l'Ecclésiastique ou le Siracide et la lettre de Jérémie. Des passages du livre de Baruch, du livre d'Esther et du livre de Daniel.

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    Sébastien doane


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  • Accompagner Jésus : Psaume 117(118)

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    (image sur Internet)

    L’impératrice sainte Hélène qui avait un amour de la Terrela Vierge Marie était présente à la vie de son Fils d’une manière ou d’une autre. Nazareth était leur village à tous deux. sainte semblable au nôtre, a fait édifier à Nazareth la chapelle Notre-Dame de l’effroi. Elle est située près de la colline du précipice. Souvenons-nous que Jésus, dans la synagogue, après avoir reçu des gens de chez lui des paroles d’admiration, a encouru le déplaisir de ses compatriotes; ils ont voulu le jeter en bas d’une falaise. La chapelle Notre-Dame de l’effroi rappelle qu’en toute circonstance, celle-là par exemple,

         Le carême est une démarche semblable : accompagner Jésus à tout moment et surtout en route vers le Calvaire. Sans pesanteur doloriste, mais sereinement, calmement. Faisons-le en récitant le psaume 117-118 qui par plusieurs strophes touche au mystère du Christ souffrant.


    Dans mon angoisse, j'ai crié vers le Seigneur,
    Et lui m'a exaucé, mis au large.
    Le Seigneur est pour moi, je ne crains pas;
    Que pourrait un homme contre moi?
    Le Seigneur est avec moi pour me défendre,
    Et moi, je braverai mes ennemis.
    Mieux vaut s'appuyer sur le Seigneur
    Que de compter sur les hommes;
    Mieux vaut s'appuyer sur le Seigneur
    Que de compter sur les puissants!

     

        La Vierge Marie est connue dans les Écritures par le mot « symballousa » (grec). Littéralement cela voudrait dire symboliser, mais ici cette explication savante ne nous satisfait pas. En fait, ce mot signifie lancer (ballein) ensemblerepassait ces choses dans son cœur (Luc  2, 51). Elle joignait dans son esprit la promesse de salut dite par un inspiré, le vieillard Siméon, qui, parlant de Jésus, avait dit de lui : Lumière pour éclairer les nations, et parlant de sa mère avait ajouté : Un glaive te transpercera l’âme. Le Fils de Marie allait mettre en lumière une vérité profonde : Dieu n’abandonne pas ceux qui sont accablés. Le psaume 117-118 dit : (sym), joindre deux réalités de haut niveau dans la méditation. Marie, dit l’évangile à propos d’événements étranges,


    Clameurs de joie et de victoire
    Sous les tentes des justes :
    Le bras du Seigneur est fort,
    Le bras du Seigneur se lève,
    Le bras du Seigneur est fort!
    Non je ne mourrai pas, je vivrai
    Pour annoncer les actions du Seigneur.


         Jésus, dans sa souffrance deviendra une consolation, un recours pour ceux qui sont portés au désespoir. Le psaume 117-118 dit :


    La pierre qu'ont rejetée les bâtisseurs
    est devenue pierre d'angle :
    c'est là l'oeuvre du Seigneur,
    la merveille devant nos yeux.

     

        Accompagnons Jésus d’un regard de foi durant le temps du carême, et cela un peu à la manière de Marie. Nous le vivrons aussi comme un combat. La prière est désignée par saint Paul dans la lettre aux Romains, du nom de moyen de combat « suvagonisastai » (Romains 15, 30), car la lutte est souvent rude et difficile. La prière des psaumes est là pour nous aider à vaincre.

    http://www.interbible.org/interBible/images/collaborateurs/Pierre_Bougie.jpg

    Pierre Bougie, PSS

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  • Toute une pêche!

    Jésus appelle ses premiers disciples : Luc 5, 1-11
    Autres lectures : Isaïe 6, 1-2.3-8; Psaume 137(138); 1 Corinthiens 15, 1-11

     

    Comp-de-SF.jpgIl y a une belle évidence au sein de la première communauté chrétienne observée par Luc. L’Esprit de Dieu y travaille activement. D’ailleurs le livre des Actes le confirme sans équivoque : Chaque jour, le Seigneur adjoignait à la communauté ceux qui seraient sauvés (Ac 2, 47). Cette activité apostolique et les succès remportés par la prédication de la Parole n’ont d’autres origines que celle du Seigneur Jésus lui-même. Ce Seigneur, maintenant ressuscité d’entre les morts, a voulu dès le début de son ministère public s’adjoindre des hommes du peuple pour proclamer l’urgence de la conversion et le pardon des péchés en son nom. Ce ministère, il l’a inauguré d’abord en Galilée (Luc 4, 14-42) puis ensuite par toute la Judée.

    L’Église de Pierre

         Jésus s’était rendu dans un lieu solitaire, loin de la foule (Lc 4, 42). Puis il revient au bord du lac de Génésareth pour s’adresser à cette foule qu’il a voulu fuir. Comme s’il voulait mieux l’embrasser du regard, il emprunte la barque de Simon. Cette belle familiarité nous permet de faire des rapprochements symboliques avec la barque de l’Église dont Simon Pierre sera l’assise et le chef. Donc après avoir donné son enseignement, Jésus demande à Simon de retourner au large même si la nuit a été infructueuse (Lc 5, 4). Avouons que c’était beaucoup demander à des pêcheurs d’expérience, à des hommes qui connaissaient toutes les ficelles du métier que de retourner en mer. C’est que Luc, qui a le sens du théâtre, s’apprête à monter une magnifique mise en scène pour la suite des choses.  En effet, le miracle du filet qui se rompt sous les fruits de la pêche donnera à Pierre l’occasion de formuler une admirable prière d’adoration et un aveu touchant de sa condition pécheresse (v. 8). Aveu qui ressemble à celui d’Isaïe (Is 6, 5).

    L’invitation à la confiance

         Devant l’effroi de Pierre, Jésus prononce cette magnifique parole empreinte de tendresse : Sois sans crainte.  Puis il trace à ce dernier, son destin apostolique : Désormais ce sont des hommes que tu prendras (v. 10). Même si cet avenir ecclésial semble être celui de Pierre, il concerne aussi la mission des douze. La suite du récit le précise et le « désormais » en marque le début. Comme si la parole accomplissait déjà ce qu’elle annonce. Elle confirme un engagement qui sera celui de toute une vie : Laissant tout, ils le suivirent (v. 11).

         Cette invitation à avoir confiance, à ne pas craindre, nous ramène aux paroles que Luc mettra sur les lèvres de Jésus ressuscité après le départ des compagnons d’Emmaüs : Pourquoi avez-vous l’esprit bouleversé? (Lc 24, 38). Décidément, Luc a de la suite dans les idées!

    Le souci du pécheur

         Simon Pierre ne le sait pas encore mais il apprendra sous peu, de la bouche même de Jésus, que son Maître aura le souci du pécheur : Je ne suis pas venu pour les justes, mais pour les pécheurs (Lc 5, 32). Paul l’atteste en affirmant que le Christ est mort pour nos péchés (1 Co 15, 3). L’aveu de l’apôtre l’avantage, si on peut s’exprimer ainsi. De pêcheur de poissons, il deviendra, à la suite de Jésus, pêcheur de ses frères et de ses sœurs pour les guider sur le chemin qui mène au Royaume du Père. Si Pierre avait fait valoir ses compétences, ses habiletés, sa longue expérience pour refuser de retourner en mer, il n’aurait pas reçu sa mission d’apôtre. Cependant, le chef de l’Église du Christ, restera ce qu’il est : simple, spontané, instable, prompt à s’enflammer autant qu’à se décourager. Ardent et lâche jusqu’à la trahison. C’est cet homme imparfait, ce pécheur semblable à nous et à beaucoup d’autres qui suivra Jésus pas à pas durant trois ans. C’est aussi ce même homme qui se verra confirmé dans son rôle de Chef.

    Le pardon sans mesure

         Jésus n’oubliera jamais l’aveu de Pierre de se reconnaître pécheur. L’aveu de se trouver indigne en sa présence. Plus tard, Jésus croisera le regard de son apôtre quelques instant à peine après la suprême trahison et il découvrira dans ses yeux un regret innommable pour sa faute. Faute que son Maître s’empressera d’effacer par un élan de miséricorde vaste comme la mer! Ce pardon sans mesure révélera à Pierre à quel point il est aimé. Et cela malgré et jusque dans sa chute! S’il n’avait été cet homme avec ses contradictions, il n’aurait jamais pu croire à un tel amour. Il n’aurait jamais pu témoigner de la résurrection de son Seigneur. Pierre ressemble en cela à tous ces gens qui doivent descendre dans les contrées les plus honteuses de leur être pour comprendre l’amour de Dieu. Il leur faut tomber très bas pour gravir ensuite les sommets.

    La leçon du miracle

         En lisant ce merveilleux récit, nous pouvons n’en retenir justement que le merveilleux. Ou encore rejoindre les sceptiques qui, sourire en coin, ajoutent que « c’est trop beau pour être vrai »? Aux uns et aux autres je pose la question : Comment survient dans nos vies l’extraordinaire, pour ne pas dire le miracle? Quand je suis découragé, à bout de ressources, déçu par des insuccès, est-ce qu’une parole d’encouragement à lancer à nouveau le filet n’est pas venue me redonner confiance? Quand j’ai pris des risques et que ces risques m’ont conduit à des résultats surprenants, n’est-ce pas un peu l’audace d’avancer au large malgré tout qui est responsable de mon succès?

         L’extraordinaire de ma vie ne sera jamais raconté mais il se manifeste, sinon à chaque jour, du moins à des périodes cruciales semblables à celles des pêcheurs du lac. Ils connaissaient la vie et la mer. Ils ont dû quitter les rives de la sécurité pour le large de l’imprévu. C’est simplement l’anecdote ou la situation qui changent…

    L’importance d’un lien

         Au moment où j’écris ces lignes, j’apprends que deux skieurs égarés auraient pu avoir une triste fin s’ils n’avaient été reliés à la base d’où ils étaient partis. Quelques semaines auparavant, la mort d’un autre dépendait de ce manque : personne n’était au courant de son départ. Si cela est vrai pour les sportifs, qu’ils soient skieurs, alpinistes ou marins, la liaison est essentielle. Leur survie en dépend. Quand on peut compter sur d’autres lorsque survient le malheur ou une situation malencontreuse, l’aventure n’est plus un piège mais un défi qui permet le dépassement. Si la solidarité est un phénomène humain indispensable, la solidarité spirituelle l’est tout autant. On ne va pas à Dieu tout seul. On n’atteint pas le ciel en solitaire. Dieu nous a donné des relais, des lieux de halte. Il nous a donné surtout un Pain de réconfort, une Parole de vie, des pasteurs éclairés, même si ces derniers ne sont pas parfaits, pas plus que ne l’étaient Isaïe, Paul et Pierre, mais ils ont été consacrés pour accompagner, conseiller et soutenir leurs frères et sœurs. Et Dieu sait combien s’en rendent dignes!

     

     ghislaine salvail

    Source: Le Feuillet biblique, no 2216. Toute reproduction de ce commentaire, à des fins autres que personnelles, est interdite sans l'autorisation du Centre biblique de Montréal.

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  • La tendresse bouleversante de Dieu-Père

    http://www.centre-bethanie.org/images/pardon_prodigue_g.jpgLa brebis égarée : Luc 15, 1-3.11-32
    Autres lectures : Josué 5, 10-12; Psaume 33(34); 2 Corinthiens 5, 17-21

     

    La parabole d’un homme et de ses deux fils insiste sur l’incompréhensible miséricorde du père. Si on ne se laisse pas saisir par la grâce de Dieu, la conduite du fils aîné pourrait être la nôtre. Le Père offre gratuitement la vie et, les fils et filles que nous sommes, doivent recevoir avec une grande joie la prodigalité de son amour et de son pardon. Sans cesse nous sommes appelés à nous mettre en route, et à changer de mentalité.

    Un père avait deux fils

         Les premiers versets du chapitre de Luc expose le conflit qui se développe entre Jésus, les  pharisiens et les scribes qui se scandalisent de l’attitude du Maître, lequel se rend proche des pécheurs et de tous ceux que la bonne société méprise. Jésus, au lieu d’affronter par une logique abstraite ou polémiste les propos de ses adversaires, utilise le langage de la parabole. Celle-ci a l’avantage, peut-on dire, de situer les auditeurs sur un terrain neutre et de favoriser le dialogue. Ce récit d’un homme et de ses deux fils, souvent mis à l’avant-scène des célébrations du pardon, pourrait nous laisser penser que nous le connaissons parfaitement bien, mais n’y aurait-il pas plutôt toujours une facette ou l’autre à découvrir et à approfondir? En effet, aurons-nous fini un jour de sonder l’abîme infini qu’est la bonté miséricordieuse de Dieu?

    Le fils cadet

         Épris d‘indépendance, rongé par la cupidité, il demande sa part d’héritage du vivant de son père, soit le tiers des biens puisque le droit juif prévoit les deux tiers pour l’aîné (Deutéronome 21, 17). Ce faisant, il se comporte comme s’il souhaitait implicitement la mort de son père; en sorte, il dénie son identité paternelle. Il quitte donc sans connaître vraiment l’amour de son père. Une fois rendu en un pays lointain, soit en terre païenne, puisqu’on évoque l’élevage des porcs, animaux impurs pour les Juifs (Lévitique 11, 7), il dilapide sa fortune en menant une vie de désordre (v. 13), en dépensant son bien avec les filles (v. 30), dit l’aîné.

         Passant d’adulte fortuné à gardien de porcs, de la satiété à la faim, le cadet prend conscience de sa déchéance, et de façon intéressée, par motivation alimentaire, il pense au retour; sur l’heure il se met en route vers la maison, en reconnaissant sa culpabilité, conscient qu‘il ne peut revendiquer le statut de fils, mais plutôt celui d‘ouvrier (v. 19).

    Le fils aîné

         Il est celui qui reste avec le père, qui accomplit fidèlement son travail; de son point de vue, il est juste et irréprochable. D’ailleurs il est au champ lors du retour de son frère. Hélas! la jalousie, la colère, l’orgueil le dévorent: il envie l’accueil réservé à son frère qui n’en méritait pas tant. Il s’offusque des beaux vêtements et de la fête, ne comprenant rien à la miséricorde du père. Il refusait d’entrer. On ignore s’il va répondre à l’invitation d’être présent pour se réjouir avec son père.

         L’attitude de ce fils, comme elle ressemble à celle des pharisiens et des scribes qui récriminent contre Jésus : Cet homme fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux (v. 2)! En fait, les deux frères se ressemblent. Car ils sont dans l’ignorance de la grâce offerte, c’est-à-dire d’être en lien profond avec leur père. Les deux sont appelés à la conversion en consentant à accueillir la miséricorde du père et à entrer dans sa joie.  À entrer dans le grand mouvement d’appel à la vie.

    L’accueil aimant du père

         Quel contraste entre l’attitude du père et celle des fils! Quel écart entre le donnant-donnant et l’ouverture, la gratuité, l’amour incommensurable et inaltérable !

         Au départ, le père ne refuse pas la demande du cadet bien que le contraire soit recommandé dans le livre de l‘Ecclésiaste : ...Fils ou femme, frère ou ami, à aucun ne donne pouvoir sur toi pendant ta vie. Et ne donne pas tes biens à un autre... Quand seront consommés les jours de ta vie, au moment de la fin, distribue ton héritage (vv. 20-24). Pendant l’absence du fils, il se met en état de veille constante. Puis, le récit  devient haletant, bouleversant, touchant. C’est lui le père qui, le premier, aperçoit le fils encore au loin. C’est lui qui accourt, qui devance, saisi aux entrailles, remué dans tout son être, (v. 20). Il ne se préoccupe pas des dispositions du cadet, ne l’assaille pas de reproches. Il l’accueille. Son allégresse explose dans l’accolade, la préparation d’un festin de noces, la bague au doigt, la musique, attitude et gestes qui manifestent sa bonté, son pardon, son bonheur. De plus, il sort pour rencontrer l’aîné et l’inviter à la fête. Ce père plein de bonté n’a pas de préférence: il aime intensément les deux et, ce qu’il donne avant tout, c’est la vie et l’amour.

         Cette parabole évoque Dieu, qui, en Jésus, se soucie souverainement des malheureux de Galilée et de Judée. Jésus  sait rendre la dignité aux personnes vivant à l’écart, sans titre social, sans réputation,  délaissées par les autorités religieuses à qui il arrive de faire peser un joug trop lourd sur leurs épaules.

    L’admirable échange: Nous sommes réconciliés
    avec Dieu dans le Christ - Interbible

         De la parabole, passons à Paul.  Réconcilier, réconciliation (2 Corinthiens 5, 17-21). En grec, le mot peut évoquer une amnistie, telle cette réconciliation offerte aux individus au passé compromis, comme ce fut le cas en 44 av. J.C., lors de la reconstruction de la ville de Corinthe. Ici, chez Paul, ce sont les apôtres eux-mêmes, les auditeurs croyants, les personnes de toutes les époques qui sont convoqués à la réconciliation dont ils peuvent être  gratifiés en Jésus Christ : Au nom du Christ, laissez-vous réconcilier avec Dieu (v. 20).  Et devenez les ambassadeurs-témoins de la miséricorde de Dieu. Pour la joie des uns et des autres.

         Une expression de la lettre de Paul peut faire sourciller et commande d’être bien comprise : Dieu l’a fait péché pour nous (v. 21), rendue dans la traduction liturgique par Dieu l’a pour nous identifié au péché des hommes. Jésus est le Juste par excellence, il n’a pas commis le péché. Mais, il a assumé pleinement, en toute solidarité, la nature humaine, acceptant les oppositions, les refus, les conséquences du mal et du péché: la trahison, le reniement et la condamnation à mort.

    • Ne redoute pas que le Père refuse de t’accueillir...Il viendra en courant au-devant de toi... car le Seigneur redresse tous ceux qui sont courbés, il te donnera le baiser qui est gage de tendresse et d’amour, il te fera donner robe, anneau, chaussures.
    • Tu crains un affront, il te rend ta dignité.
      Tu as peur d’un châtiment, il te donne un baiser.
      Tu as peur des reproches, il te prépare un festin.

      (Saint Ambroise, Traité sur l’évangile de Luc).

     

    Juilenne Côté, CND

     julienne côté, cnd

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    Le fils lui dit : 'Père, j'ai péché contre le ciel et contre toi. Je ne mérite plus d'être appelé ton fils...' Mais le père dit à ses domestiques : 'Vite, apportez le plus beau vêtement pour l'habiller...' (Lc 15, 21-22).



    Quelqu'un racontait l'expérience suivante :

     

        «Cette journée-là avait été très mauvaise. Tout allait de travers. C'était l'une de ces journées chaudes et humides de l'été où on a l'impression que le ciel nous pèse sur les épaules et nous enlève toute notre énergie et notre entrain.

     

        Au bureau, j'avais raté un travail et je n'avais pas le goût de le reprendre. J'avais eu à ce propos une violente prise de bec avec mon patron et je lui parlais comme un gamin, sachant bien au fond de moi-même que j'avais tort. Un peu plus tard, j'insultai une collègue, sans le vouloir. Et, dans un excès d'impatience et de colère, en cherchant un dossier introuvable, je lançai au bout de mes bras ma tasse de café qui se brisa en mille morceaux et qui égratigna le mur. Dehors, c'était l'orage; tout comme à l'intérieur de moi.

     

         En sortant du bureau, tard à la fin de la journée, je décidai de faire un petit détour vers la mer, pour me calmer un peu les nerfs et reprendre mes esprits. Je n'étais vraiment pas fier de moi. Quelle ne fut pas ma surprise d'apercevoir un superbe coucher de soleil qui m'attendait. Des teintes flamboyantes d'orangé, de pêche et de saumon, bornées de petits nuages mauves et violets, s'étalaient devant moi dans une splendeur hallucinante. Dans cet azur coloré, des hirondelles tourbillonnaient joyeusement dans une ronde incessante, et des goélands retournaient gracieusement vers la mer, sous la brunante.

     

         Aussitôt, en voyant ce spectacle, une grande paix s'installa en moi. Je ne méritais pas ça, je n'avais rien fait pour mériter un aussi beau coucher de soleil. Malgré toutes mes bêtises de la journée, un cadeau si extraordinaire et si beau m'était donné tout à fait gratuitement. Et c'est comme si j'avais entendu une voix me dire : 'Je ne te condamne pas. Va, et désormais, ne pèche plus!'»


    LIEN: En racontant la parabole de l'enfant prodigue, Jésus veut nous mettre en présence de l'infinie gratuité de Dieu qui donne son amour, non selon les mérites de chacun, mais selon la générosité de son cœur de père. Une gratuité qui est paix et qui libère.

     

    Source www.interbible.org

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  • http://media.paperblog.fr/i/207/2071341/homelie-13-tob-2009-foi-priere-peuvent-change-L-1.jpeg« Qu’il demande avec foi, sans la moindre hésitation, car celui qui hésite est semblable au va-et-vient des flots de la mer agités par le vent. » Jacques 1,6


    Selon Jacques, demander avec foi, c’est demander sans la moindre hésitation. Cela semblerait impliquer que la foi équivaut à la certitude, à la connaissance de ce qu’il va arriver. On dirait que Jacques prend pour acquis que la demande sera octroyée. Pourtant, la foi n’est-elle pas d’emblée un acte de confiance et d’abandon, dans l’incertitude? Et combien de personnes demandent quelque chose à Dieu avec foi, sans être exaucées! En tant que mortels, nous sommes limités par notre ignorance. Nous ne connaissons pas l’avenir. La foi n’est pas un pari que l’on gagne une fois sur deux! Faire «comme si» nous savions que nous allions être exaucés n’est pas agir avec foi. Naviguer dans la vie avec foi, c’est avancer sans hésiter, alors que nous ne connaissons pas exactement ce qu’il y aura plus loin. Hésiter déstabilise notre embarcation, nous désoriente et nous laisse balloter au gré des vents et marées. En s’appuyant sur la fidélité de Dieu, nous sommes capables de traverser bourrasques et tempêtes avec la solidité d’un navire qui fait cap sur le bon port, sans trop savoir comment nous y parviendrons.

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    Rodolfo Felices Luna
    Bibliste, Université de Sherbrooke

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  • « Rentre chez toi, auprès des tiens, annonce-leur tout ce que le Seigneur a fait pour toi dans sa miséricorde. » Marc 5,19


    Par ces mots, Jésus renvoie un possédé guéri qui aurait voulu le suivre. La mission chrétienne n’est pas toujours au loin. Elle ne se déroule pas toujours auprès d’étrangers, dans des conditions extraordinaires. Souvent, elle commence chez-soi. Petit à petit, on change sa vie et on rayonne autour de soi. L’étonnement peut alors venir des gens qui nous côtoient. Voyez comment il a changé! Voyez comment elle est heureuse! Il n’est pas plus doux bonheur que de voir le Règne de Dieu s’installer, mine de rien, dans notre quotidien.


    Rodolfo Felices Luna
    Bibliste, Université de Sherbrooke




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  • Magdala

    Magdala n’est connue, dans la Bible, que par une certaine Marie, la Magdaléenne (devenue Madeleine), qui était du nombre de ces nobles galiléennes, ferventes disciples de Jésus (Mt 27,56.61 ; Mc 15,40.47 ; Lc 8,2 ; etc.). Pourtant, d’après des témoins anciens, cette petite ville du coin nord-ouest du lac de Tibériade jouissait d’une importance majeure au temps de Jésus.

    ruines à Magdala

    Ruines à Magdala
    (photo © BibleWalks.com)

         Son nom araméen, Magdala, signifie « la tour, la forteresse ». En effet, elle gardait l’entrée sud de la plaine du nord du lac. Les Grecs, depuis le IIe siècle avant notre ère, la désignaient plutôt du nom de Tarichae (poissons salés), évoquant ainsi, sans doute, sa principale industrie ; les géographes latins maintiendront la même tradition. On connaît bien la grande richesse de poissons en cette partie nord du lac ; c’est là que la plupart des villages de pêcheurs s’étaient installés.

         Le rôle historique le plus important de Magdala, car c’est toujours sous ce nom que les auteurs juifs l’ont mentionnée, fut joué lors de la guerre des Juifs contre les Romains, en 66-70 après JC. Flavius Josèphe, commandant des forces juives de Galilée, y avait établi ses quartiers généraux, en prenant bien soin de la défendre par un rempart. Devenu plus tard historien, Josèphe nous dit que l’armée ne comptait pas moins de 40 000 hommes, et son port pouvait abriter 250 bateaux de pêche ! On peut facilement s’imaginer que déjà, au temps de Jésus, ce port devait jouir de quelqu’importance. Vespasien, général romain, fut obligé de faire bâtir des radeaux pour pouvoir donner le coup de mort à l’armée de Josèphe, réfugiée sur le lac dans les barques de pêche. Le carnage fut si grand que le lac devint rouge de sang (Flavius Josèphe, Guerre juive 3,10,1-10). Cependant, ce combat naval permit d’épargner la ville.

         Magdala fut fondée par Alexandre Jannée (103-76 avant JC), d’après les monnaies découvertes ; mais c’est vers la fin du premier siècle avant notre ère qu’elle prit sa figure définitive. Elle était bien distribuée autour de quatre grandes rues principales, dallées de basalte et large de 10 mètres. Les maisons sont spacieuses, et révèlent une certaine aisance. Une de ces maisons était agrémentée d’une piscine ; elle présente l’aspect d’une petite ville romaine.

    Magdala vers 1900

    Magdala vers 1900
    (photo : Wikimedia)

         Une découverte étonnante fut un complexe architectural singulier qui se révéla être un « château d’eau » : un carré de belle maçonnerie de 5 mètres de côté, muni d’un bassin à son sommet, conservant encore son enduit imperméable ; ainsi on pouvait diriger de l’eau « courante » dans les maisons avoisinantes. Toutes ces constructions existaient dans la ville de Magdala au temps de Jésus.



    Guy Couturier, CSC

    Source : Parabole v/1 (1982).

     

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  • http://www.trinity.la/cross.jpgPour resserrer les liens...


    Pour nous, le Christ s'est fait obéissant jusqu'à la mort, et la mort sur une croix (Ph 2, 8).


    Dans un de ses romans, l'auteur juif Elie Wiesel, qui a survécu aux camps de concentration, amène un de ses personnages, Yehouda, à faire les reproches suivants à son ami Gregor : « Ce n'est pas humain de t'enfermer dans ta douleur et tes souvenirs comme dans une prison. La souffrance doit nous ouvrir aux autres. Elle ne doit pas nous amener à les rejeter. Le Talmud nous dit que Dieu souffre avec l'homme. Pourquoi ? Pour resserrer les liens entre la création et le créateur; Dieu choisit de souffrir pour mieux comprendre l'homme et être mieux compris de lui. Mais toi, tu tiens à souffrir tout seul. Une telle souffrance te rétrécit, te diminue. Mon ami, cela est presque cruel.» (Elie Wiesel,
    The Gates of the Forest, 1966).


    LIEN : Il n'y a aucune garantie que la souffrance puisse nous rendre plus humains, plus proches de Dieu. Elle fait parfois le contraire. Voilà pourquoi il faudrait peut-être abandonner un vocabulaire bien intentionné mais tellement maladroit qui présente Dieu comme nous envoyant des souffrances pour nous sanctifier et nous rapprocher de lui. Il serait plus proche de la Parole de Dieu de dire qu'en Jésus, Dieu souffre avec nous. « Il n'a pas jugé bon de revendiquer son droit d'être traité à l'égal de Dieu, mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur » (Ph 2, 6-7). Il souffre avec nous; de la sorte il nous comprend, et nous, nous pouvons mieux le comprendre. Aujourd'hui, dans notre prière, nous unissons toutes les souffrances humaines à la Passion de Jésus en espérant et en demandant qu'elles portent du fruit.

    *****

    « Les deux images les plus courantes de Jésus nous pressentent un Dieu vulnérable : un enfant nouveau-né dans une crèche et un homme sur une croix.» (John Shea)

    « La parole du Christ fut trop innocemment libre pour que son entourage la supportât. Il fut condamné, châtié et crucifié. Mais Dieu qui ne se mesure pas à nos raisonnements l'a ressuscité.» (Christian Duquoc)

     

    Source www.interbible.org

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