• À la recherche d’équipiers pour tenter de retrouver l’arche de Noé cet été

    "Car il n'est rien de caché qui ne doive être découvert" (Mc 4, 22). Francis Apra, surnommé l'Indiana Jones français, s'est lancé dans un défi peu commun.

    Un texte biblique si précis qu’il aurait permis de localiser l’arche

    Fais-toi une arche en bois de cyprès. Tu la diviseras en cellules et tu l’enduiras de bitume à l’intérieur et à l’extérieur. Tu la feras ainsi : trois cents coudées de long, cinquante de large et trente de haut.
    (Genèse 6, 14-15)

    LIRE LA SUITE ICI

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  • Célébrer la Parole
    La gratuité renversante de Dieu!
    par Francine Robert, bibliste

    Simon le pharisien invite Jésus à souper chez lui. Il est donc ouvert et intéressé. Tout se passe bien, jusqu’à l’arrivée d’une femme considérée comme pécheresse. Prostituée? ou épouse d’un publicain? ou servante chez un officier romain? Chose certaine, elle ne manque pas d’audace en s’imposant ainsi, frémissante d’émotion, avec ses cheveux dénoués et ses gestes déplacés.

    Le verset de la semaine
    par  Sébastien Doane, doctorant

    « et il vint habiter une ville appelée Nazareth, pour que s’accomplisse ce qui avait été dit par les prophètes : Il sera appelé Nazôréen » (Mt 2,23).

    Ce verset qui conclut le récit des origines de Jésus en Matthieu pose problème. En effet, il n’y a aucune parole dans l’Ancien Testament qui mentionne Nazareth. Comment comprendre un accomplissement d’une citation inexistante?. Pour lire la suite....

    source www.interbible.org
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  • Sion

    Porte de Sion

    La porte de Sion à Jérusalem

    Hébreu : Tsiyyon

    Grec : Sion

    L’étymologie du mot « sion » n’est pas clairement établie. Ce mot désignant une colline de Jérusalem pourrait provenir de tsiwah qui signifie « ériger » ou detsayay qui signifie « sécher ».

         Avant d’abriter la ville de David, la montagne de Sion était occupée par un groupe de Cananéens appelés Jébuséens. Puisque c’est le lieu choisi par David pour sa capitale, le mont Sion garde une connotation royale. C’est sur cette colline que sera érigé le Temple de Jérusalem.

         Par extension, Sion devient une façon de désigner toute la ville de Jérusalem. Sion devient un synonyme de Jérusalem. Le mot Sion revient 152 fois dans l’Ancien Testament surtout dans la littérature prophétique et dans les psaumes. Dans l’usage poétique, le nom Sion dépasse la désignation unique de Jérusalem et peut englober ce qui est marqué par la présence et la bénédiction de Dieu.

         Au temps de l’exil à Babylone, Sion est au cœur de l’espoir d’un retour à Jérusalem et à la gloire de la nation détruite. L’expression Sion a aussi pris sur lui une espérance eschatologique. Ainsi, le livre de l’Apocalypse parle de Sion (14,1) dans ses visions au sujet de la fin des temps. D’ailleurs le dernier livre de la Bible ce termine avec une vision concernant la Jérusalem céleste.

         Un curieux détail est que depuis le 4e siècle apr. J.-C., Sion ne désigne plus le mont du Temple, mais l’autre colline de la ville où l’on retrouve l’église de la Dormition.

    Sébastien Doane

    source www.interbible.org

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  • Arméniens, Orthodoxes et Franciscains unis pour restaurer le tombeau du Christ !

    La reconstruction de l’édicule du Saint-Sépulcre est en cours à Jérusalem.

    Roman Catholic clergymen hold candles as they circle the Aedicula during the Holy Thursday (Maundy Thursday) mass at the Church of the Holy Sepulchre in Jerusalem's Old City on March 24, 2016. / AFP PHOTO / GALI TIBBON

    © GALI TIBBON / AFP

    Discrètement, les Églises de Terre Sainte, gardiennes de la Basilique de la Résurrection, ont envisagé les travaux qui s’imposaient pour sauvegarder l’édicule du Saint-Sépulcre : le dôme qui recouvre le tombeau du Christ, et qui montrait des signes de fragilité.

    L’unité des chrétiens lézardée… enfin consolidée

    Le début de ces travaux inédits a donné lieu à une cérémonie étonnante. Grec-orthodoxes, Franciscains et Arméniens ont bénis les échafaudages avec une belle unité. Le mortier de l’édicule, en mauvais état, n’assure plus la cohésion des blocs de marbres de l’édifice. La grande fréquentation des lieux aggrave les dégradations. Le souffle des visiteurs augmente l’humidité ambiante et les cierges donnent des « coups de chaud » au mortier, provoquant des dépôts noirs et huileux.

    Conception bancale... la suite ICI
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  • Pour vous, qui suis-je?

    Jesus Christ de Hagia Sophia

     

    Profession de foi de Pierre : Luc 9, 18-24

    Autres lectures : Zacharie 12, 10-11; 13, 1; Psaume 62(63); Galates 3, 26-29 

    Dans un sondage CROP de 2010 1, les trois quarts des 950 répondants affirmaient bien connaître Jésus. Mais au juste, que connaissent-ils de lui? Si l’historicité de Jésus ne fait plus de doute, on ne peut que constater qu’il y a des interprétations contradictoires au sujet de son identité. Par exemple, parmi les répondants catholiques pratiquants, seulement 57 % perçoivent avant tout Jésus comme le « Fils de Dieu », une affirmation pourtant fondamentale pour l’Église. Si Jésus était ici pour demander « pour vous, qui suis-je? », la question au centre de l’évangile de ce dimanche, peut-être qu’il serait étonné des réponses.

         La meilleure façon de savoir qui est Jésus est de lire les textes bibliques qui en parlent. Cette année, la liturgie catholique privilégie l’Évangile selon Luc. Lorsqu’on prend le temps de lire cet évangile du début à la fin, un portrait spécifique de Jésus se dégage. En voici les traits importants de Jésus selon Luc.

    Qui est cet enfant?

         Les deux premiers chapitres de Luc lui donnent les titres de « fils du Très-Haut », « Sauveur », « Christ » et de « Seigneur » avant même qu’il soit né. En plus de ces titres, le récit laisse entendre qu’il a eu une conception miraculeuse. Luc mentionne que Dieu donnera le trône de David à Jésus et que son règne n’aura pas de fin. Le texte présente donc Jésus comme un roi. Or, Marie, dans son Magnificat, interprète la naissance de Jésus comme la façon de Dieu de venir en aide aux pauvres et aux affamés en rejetant les puissants de leurs trônes, on doit conclure que la royauté de Jésus sera très différente que celle de César Auguste.

    Jésus et les marginalisés

         La première prédication de Jésus à Nazareth précise sa mission : annoncer la Bonne Nouvelle aux pauvres, proclamer la libération des captifs, donner la vue aux aveugles, proclamer une année jubilaire. Ainsi, en tournant les pages, on découvre que Marie avait vu juste dans sa prophétie. Luc est l’évangile qui insiste le plus sur l’attention de Jésus aux exclus, aux pauvres et aux malades. Il les écoute, les nourrit, les guérit pour manifester la présence et la compassion de Dieu. Par exemple, alors que les béatitudes en Matthieu commencent par Heureux les pauvres en esprit on peut lire en Luc : Heureux, vous, les pauvres. La pauvreté n’est pas que symbolique ou spirituelle. C’est une réalité connue des premiers lecteurs de l’Évangile selon Luc.

    Jésus et les femmes

         C’est dans l’Évangile selon Luc que Jésus a le plus de lien avec des femmes. En plus de Marie, d’Elizabeth et de la prophétesse Anne des premiers chapitres, on rencontre la belle-mère de Pierre, la veuve de Naïm, la pécheresse dans la maison de Simon, des femmes qui soutiennent financièrement les disciples, la femme perdant son sang, Marthe et Marie, ainsi que les femmes au tombeau témoin de la mort et de la résurrection. Normalement, un homme juif ne se laissait pas adresser la parole et encore moins toucher par une femme en public. Or, le Jésus de Luc est rempli de compassion pour les femmes, en particulier celles qui étaient dans des situations précaires. Il se laisse toucher physiquement et émotionnellement par le sort des femmes en situations précaires et marginales.

    Jésus et la prière

         On tient pour acquis que Jésus était un homme de prière. Cependant, dans les autres évangiles, Jésus ne prie que très rarement. Ce n’est pas le cas pour le récit de Luc. Jésus prie avant les éléments importants comme son baptême, le choix des douze apôtres, la transfiguration et la passion. Les prières de Jésus insistent sur la confiance en la bonté du Père. Notons aussi que l’Esprit saint est partout présent chez Luc. Il manifeste la puissance agissante de Dieu. L’Esprit est avec lui dès sa conception en Marie. Cet Esprit continue son action même au-delà de la mort de Jésus.

    Jésus, le Messie?

         Lorsque Jésus demande à ses disciples Pour vous, qui suis-je? (Lc 9,18-24), Pierre répond qu’il est le Christ/Messie 2. À première vue, cette réponse nous semble correcte puisque le narrateur a déjà appliqué ce titre à Jésus au premier chapitre. Or, Jésus ne félicite pas Pierre pour sa réponse. Il ne confirme pas qu’il est le Messie. Au contraire, Jésus parle avec sévérité à Pierre en lui disant de se taire. Puis, il annonce la souffrance et le rejet qu’il vivra dans la suite du récit.

         Dans ce dialogue, on assiste au renversement de la figure du Christ/Messie. Comme chrétien nous oublions qu’au temps de Jésus le Messie attendu était un leader politico-militaire comme le roi David. Dans sa conversation avec Pierre, Jésus recadre la réponse de son interlocuteur. Une façon d’interpréter cette réaction de Jésus est qu’il refuse d’être associé à l’attente traditionnelle du Messie. En poursuivant la lecture de l’Évangile de Luc, les lecteurs voient que les paroles de Jésus s’accomplissent puisque Jésus se fait crucifier avant d’être ressuscité. Jésus est bien le Messie, mais il est un messie qui est paradoxalement rejeté des siens.  

    Jésus, le ressuscité

         La fin de l’Évangile selon Luc révèle que Jésus est ressuscité. Les textes qui décrivent ce retournement de la situation sont différents pour chacun des quatre évangiles du Nouveau Testament. En Luc, on retrouve le récit d’Emmaüs qui raconte que c’est dans le partage du pain et du vin ainsi que dans l’interprétation des Écritures que les disciples peuvent reconnaître Jésus ressuscité. L’auteur de l’Évangile selon Luc prolonge son récit dans lesActes des Apôtres. On voit dans ce deuxième tome du même auteur que Jésus ressuscité, par son Esprit, reste encore présent dans la communauté qui se rassemble en son nom. La lecture de ses deux livres donne à penser que la rencontre de Jésus est encore possible aujourd’hui.

    Pour vous, qui suis-je?

         Et vous, qui dites-vous qu’il est? Pour plusieurs, Jésus est simplement un personnage historique qui provient d’une époque très lointaine. Pour d’autres, il est un modèle à suivre, un prédicateur qui a semé un message plein de sens. Même sans croire à sa divinité, ils respectent les valeurs qui lui sont attribuées. Enfin, pour les croyants, Jésus n’est pas un humain comme les autres. Il est humain et divin. Pour les chrétiens, Jésus ressuscité est encore présent d’une façon mystérieuse. Il est là parmi nous lorsque deux ou trois se rassemblent en son nom.

         Que pensez-vous de la présentation que Luc fait de Jésus? Personnellement, je suis renversé à chaque fois que je lis cet évangile qui montre à quel point Jésus est proche de ceux qui souffrent et sont marginalisés. Sa compassion n’est pas que théorique et se traduit par des actions concrètes. Le Jésus de Luc est la meilleure image du pardon et de l’attention de Dieu le père.

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    1 http://www.lapresse.ca/actualites/national/201004/02/01-4267058-jesus-au-quebec-nouveau-chemin-de-croix.php

    2 Christ en grec et Messie en hébreu sont deux mots qui traduisent la même réalité.

     

    Sébastien Doane, bibliste

     Source : Le Feuillet biblique, no 2495. Toute reproduction de ce commentaire, à des fins autres que personnelles, est interdite sans l'autorisation du Centre biblique de Montréal.

    source www.interbible.org
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  • Qui était Jésus? Portait du Christ par une historienne

    Présentée par Bénédicte Draillard 

    © Corinne SIMON/CIRIC -
    Transmission de la foi catholique en famille
     
    L'existence de Jésus est désormais avérée. Les historiens pensent que ce prédicateur, mort en l'an 30, était proche des exclus de la société. Bénédicte Draillard reçoit Françoise Ladouès. 

    Pour les historiens l'existence de Jésus est désormais avérée. Cela n'a pas toujours été le cas, ainsi au XIXè siècle se posait-on encore la question. Aujourd'hui, on n'ignore pas le nom de Jésus. Le programme de l'Education nationale prévoit que le thème des origines du christianisme soit abordé avec les élèves de niveau CM2, puis en classe de Sixième. Au lycée, avec la lecture obligatoire de la Bible, mais aussi des textes de Pascal, le nom de Jésus doit nécessairement revenir en cours. Selon Françoise Ladouès qui a enseigné le fait religieux à des enseignants mais aussi à des lycéens ou collégiens, la plupart du temps on manifeste de la curiosité sur cet homme. "Beaucoup se rendent compte qu'ils n'ont pas beaucoup de connaissances sur la question."

    Jésus n'est pas né en zéro! Ce serait le fait d'un moine qui se serait trompé de six ans dans ses calculs (avant, le temps était compté à partir de la naissance de l'Empire romain). Par contre, il est bien né d'un père charpentier juif, en Judée, probablement à Nazareth. Il parlait d'araméen. A l'époque, l'hébreu était la langue cultuelle des juifs.

    Avant de devenir lui-même un prédicateur, Jésus a commencé par suivre d'autres prédicateurs, comme par exemple Jean-Baptiste. On pense qu'il a mené une vie d'itinérance durant deux ou trois ans. Les historiens ont pu constater que cet homme était sensible aux idées apocalyptiques. Et surtout il se sentait proche des gens pauvres ou malheureux. De ceux qui n'étaient pas très bien vus dans la société. Il serait mort en 30.

     

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  • Miracle, un homme fait son lit!

    piercing

    Le livre des Actes des Apôtres raconte plusieurs prodiges des disciples de Jésus. Au chapitre 9, Pierre en réalise un miracle qui, dans sa façon d’être raconté, me fait sourire.

    Or il arriva que Pierre, qui se déplaçait continuellement, descendit aussi chez les saints qui habitaient Lydda. Il trouva là un homme du nom d’Enée, allongé sur un grabat depuis huit ans ; il était paralysé. Pierre lui dit : « Enée, Jésus Christ te guérit. Lève-toi et fais toi-même ton lit ! » Et il se leva aussitôt. L’ayant vu, toute la population de Lydda et de la plaine de Saron se tourna vers le Seigneur. (Actes 9,32-35)

         Le miracle de Pierre est bien entendu de guérir un homme paralysé depuis huit ans. Ce qui est insolite dans ce récit, c’est que Pierre commande à Énée de se lever et aussi de faire son lit. Le récit ne précise pas si c’est le fait qu’un homme fasse son lit qui a eu un profond impact sur toute la population de la ville et des alentour, mais ce détail n’est certes pas inutile. Il souligne que l’homme est capable de se lever et de faire des tâches normales, sans aide.

         Un élément plus important au plan théologique est le rôle de Jésus. C’est Jésus, mort et ressuscité, qui guérit. La parole de Pierre permet à Jésus de poursuivre sa mission au-delà de la mort. D’ailleurs, le verbe signifiant « se lever » en grec est celui qui est utilisé pour parler de résurrection. Ce récit de guérison est donc symboliquement aussi un récit de résurrection.

         Bon, je l’avoue… je ne fais pas mon lit. J’ai le bonheur de vivre avec une femme qui m’aime malgré ce défaut. Peut-être que lorsqu’elle lit ce récit, elle se demande si les miracles ne pourraient pas se reproduire aujourd’hui.

    Sébastien Doane

    source www.interbible.org

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  • Deux plus Un

    Icône représentant les septante disciples.

    Icône représentant les septante disciples. 

    Mission des soixante-douze disciples : Luc 10, 1-12.17-20
    Autres lectures : Isaïe 66, 10-14; Psaume 65(66); Galates 6, 14-18

    À la fin du chapitre 9 (9, 51) Jésus et ses disciples montent vers Jérusalem. Mais à partir du chapitre 10, Luc s’éloigne du plan de l’Évangile de Marc. Au chapitre 10 donc, il est dit que Parmi ses disciples, le Seigneur en désigna encore soixante-douze. Il est bon de souligner que cette précision est exclusive à Luc. Et l’auteur ajoute que Jésus les envoie deux par deux en avant de lui (Luc 10, 1). Cette décision du Maître mérite qu’on s’y arrête car elle a de l’importance. En ce qui a trait aux grands thèmes de la prédication de Jésus, Luc en parlera  souvent d’une manière très claire, tantôt voilée laissant la place au mystère. Là aussi il fera preuve d’originalité.

    Au moins deux

         Il les envoya deux par deux (v. 1). À première vue, cette précision  peut paraître anodine mais si nous nous y arrêtons nous faisons une découverte intéressante : nous ne devons jamais être seuls pour accomplir une œuvre d’évangélisation. Nous avons de beaux exemples dans les Actes des apôtres de ces couples missionnaires : Paul et Barnabé, Barnabé et Marc, Paul et Silas. Si cette habitude d’accomplir la tâche missionnaire par paire n’est pas nouvelle, elle mérite cependant d’être relue dans le contexte d’aujourd’hui. Cette façon de faire veut signifier que c’est tout le peuple chrétien, c’est-à-dire toute la collectivité qui est envoyée en mission et que ce sont tous les pays, les villes et les villages qui deviennent pays de mission.

    Une raison juridique

         Il est écrit au livre du Deutéronome : Tout témoignage doit être donné par deux témoins(Deutéronome 19, 15). Mais si nous allons au-delà de cette obligation légale, force nous est de remarquer que ces paires missionnaires reflètent une belle solidarité fraternelle qui, à elle seule, est témoignage. En langage contemporain, nous dirions qu’il s’agit d’une valeur ajoutée. Le témoignage n’est pas sans risque. C’est une obligation chrétienne difficile qui demande du courage, une vigilance critique, un discernement délicat. C’est pourquoi il est important de n’être pas seul à endosser cette mission. Ce qui peut manquer à l’un des deux peut se compléter par l’autre.

    Jérusalem lieu de paix

         La première lecture fait l’éloge de Jérusalem (Isaïe 66, 10-14). Comme chacun le sait, les exilés ont beaucoup souffert lors de leur exil à Babylone. Mais avec l’avènement de Cyrus, roi des Perses, le petit reste des exilés,  sous la plume du  poète, se met à rêver. Ce dernier teinte de rose le retour à Jérusalem. Il en brosse même un tableau idyllique. Il va jusqu’à promettre, à ces derniers la paix, le repos, la vie calme et tranquille qu’ils retrouveront dans la ville sainte : Je dirigerai vers elle la paix comme un fleuve (…) vos membres, comme l’herbe nouvelle seront rajeunis (Is 66, 12.14). La paix, pour les Hébreux, signifie la possession de ce qu’ils avaient perdu.

    Repos et création nouvelle

         Paul, pour sa part, n’ajoute rien de nouveau dans cet épilogue écrit de sa main (Ga 6, 11) Rien de nouveau mais qui laisse percevoir une passion dévorante dans les dernières lignes :Que personne ne vienne me tourmenter. Car moi, je porte dans mon corps la marque des souffrances de Jésus (v. 17). Il s’agit là d’un témoignage rare. Paul se permet aussi de relativiser les multiples préceptes. Ce qui compte vraiment, dira-t-il, ce n’est pas la circoncision mais la création nouvelle (v. 15). Jésus est donc venu rajeunir le monde. Et si la paix est une réalité à venir, elle est aussi, depuis son avènement, une réalité présente.

    En ce temps de repos et de vacances

         La période des vacances est souvent une occasion unique de croiser des personnes venant d’un peu partout. Comment accueillons-nous cette diversité? N’est-ce pas l’occasion d’inviter ces nouvelles figures, ces gens d’une autre couleur à fraterniser, à devenir une bonne paire d’amis peut-être? Chose certaine, c’est que Jésus nous montre son visage dans ces personnes qui ne demandent souvent qu’un sourire, qu’une poignée de main. Prenons conscience de poser ces gestes en son nom et à sa suite.

    Une surprise fraternelle

         Il est aussi permis de surprendre ces gens de passage en les invitant à partager le repas, à vivre avec nous un temps de paix. Ne laissons pas passer cette chance d’étaler au grand jour notre identité chrétienne qui prône l’amour universel. N’oublions pas d’ajouter à la paireévangélique un troisième personnage : l’Esprit Saint. Car sans l’Esprit qui anime, aucun témoignage n’a de valeur.

     Ghislaine Salvail, SJSH

     Source : Le Feuillet biblique, no 2488. Toute reproduction de ce commentaire, à des fins autres que personnelles, est interdite sans l'autorisation du Centre biblique de Montréal.

    source http://www.interbible.org/
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  • « Moi, j’ai planté, Apollos a arrosé; mais... - Interbible« Moi, j’ai planté, Apollos a arrosé; mais c’est Dieu qui donnait la croissance. Donc celui qui plante n’est pas important, ni celui qui arrose; seul importe celui qui donne la croissance : Dieu.» (1 Corinthiens 3, 6-7, première lecture du mercredi 31 août)

    Saint Paul a recours ici à une image familière des gens de son époque inspirée du monde agricole : la plante qu’on arrose pour favoriser son développement. Jésus aussi utilise des images issues de ce même univers; dans son cas, c’est généralement pour parler du royaume de Dieu et de sa croissance. Pensons à la parabole de la graine de moutarde qui devient un arbre immense. Paul, de son côté, cherche à atténuer des tensions au sein de la communauté à laquelle il s’adresse. Une véritable guerre de clocher semble en effet sévir au sein du groupe, avec des rivalités entre les partisans d’Apollos et ceux de Paul. Celui-ci les exhorte à s’élever au-dessus de la mêlée pour éviter de perdre de vue l’essentiel : Dieu. C’est sur lui, en effet, que tout repose. C’est de lui que viennent les plus belles prédications de Paul et d’Apollos, et de tous les authentiques témoins de l’Évangile d’ailleurs. Il n’y a donc pas lieu de se réclamer de l’un ou de l’autre, car tous deux ne sont que des intermédiaires au service d’une parole qui n’est pas la leur.

     Jean Grou

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  • De l'évolution des personnages,
    à la conversion des lecteurs

    De l'évolution des personnages,  à la conversion des lecteurs - InterBible

    Retour du fils prodigue, par Pompeo Batoni.

    La brebis égarée : Luc 15, 1-32

    Autres lectures : Exode 32, 7-11.13-14; Psaume 50(51); 1 Tm 1, 12-17 L’évolution des personnages est un élément capital pour qu’une histoire soit intéressante. Comme plusieurs Québécois, j’aime beaucoup la série télévisuelleUnité 9 dans laquelle les personnages se transforment complètement de saison en saison. Dans une prison pour femmes, les détenues qui étaient sympathiques, comme Marie Lamontagne, évoluent et passent par des temps de violence et de crises intenses. À l’inverse, d’autres personnages, comme Jeanne, sont d’abord agressifs pour progressivement vivre une forme de rédemption. La parabole du fils prodigue permet aux lecteurs de s’attacher à un personnage qui vit une transformation radicale. Je vous suggère d’analyser ce récit en soulignant l’évolution des personnages.

    Trois paraboles pour le prix d’une

         L’extrait de l’Évangile de Luc proposé par la liturgie de ce dimanche commence en situant le discours de Jésus. Trois paraboles sont adressées aux collecteurs d’impôts et aux pécheurs. Ces personnes étaient considérées comme impures et honnies de la société de l’époque. Le texte note aussi la réaction des bien-pensants, pharisiens et scribes, qui s’étonnent des actions de Jésus. Jésus agit contre toutes les conventions sociales. Il accueille et mange avec les laissés pour compte. Cet auditoire narratif n’est pas anodin. Nous verrons plus loin que ces catégories de personnes peuvent s’identifier aux divers personnages de la troisième parabole souvent appelée le retour du fils prodigue.

    De la perte à la joie

         Les trois paraboles racontées par Jésus ont un élément commun assez évident. Ils traitent de la joie éprouvée par quelqu’un qui retrouve quelque chose qu’il avait perdu : une brebis, une pièce de monnaie et un fils. Dans les deux premières paraboles, Jésus conclut en soulignant que ces histoires sont des images de la joie éprouvée par Dieu lorsqu’un pécheur se convertit. C’est aussi une interprétation possible de la troisième parabole.

    Conversion/metanoia    

         La conversion dans le Nouveau Testament n’a pas du tout le sens contemporain d’un changement de religion. Le verbe grec « metanoeô » traduit par « se convertir » signifie littéralement de se retourner et donc figurativement de changer de vie. L’accent n’est pas placé sur la culpabilité ou la repentance, mais plutôt sur la transformation radicale. Chez Luc, la conversion est une question de vie et de mort. C’est un passage obligé pour les personnes qui veulent être sauvées. Quelques chapitres auparavent, Jésus indique que ceux qui ne se convertissent pas vont périr (13,3.5). De même, dès le début de l’Évangile, la prédication et le baptême de Jean visaient aussi la conversion.

         La troisième parabole illustre à merveille ce concept de renversement (metanoia). Je vous suggère d’analyser comment chaque personnage se transforme au cours du récit.

    Le père  

         La situation initiale du père est d’avoir deux fils. Il donne une partie de ses biens au cadet. Ce geste ne va pas de soi. Le livre de Siracide (33,20-24) indique que dans la culture biblique, c’est à la fin de la vie qu’une personne donne ses biens à ses enfants. Le père perd son argent et perd aussi son fils qui part pour un pays lointain. Au retour de ce fils, le père l’aperçoit au loin et il est profondément bouleversé. Littéralement, ses entrailles sont remuées. Il court et se jette au cou de son fils pour l’embrasser. Il exprime sa joie en commandant un festin et en disant que son fils qui était perdu ou mort est retrouvé et revenu à la vie. Le père vit donc une transformation : d’une situation de perte et de mort, à celle de l’accueil et de la joie. Ainsi, le personnage du père reprend la même thématique que les deux petites paraboles précédentes. Il devient l’image de la joie de Dieu lorsque quelqu’un se retourne vers lui.

    Le plus jeune fils

         Au départ, le fils le plus jeune prend son héritage et quitte la maison familiale. Il dilapide son argent dans une vie de débauche et finit par vivre une vie d’indigence. La narration indique même qu’il y a une famine dans ce pays pour souligner la précarité de sa situation. En plus, il accepte de travailler au service des porcs. Ces animaux étaient pour les Juifs le symbole même de l’impureté. Lui qui était parti de chez son père pour aller vers un pays lointain décide de revenir sur ses pas. Il reconnaît son erreur et prépare sa demande de pardon. Celle-ci indique qu’il n’est pas digne d’être appelé fils par son père. Pourtant, la scène du retour bouleverse ce qu’il avait prévu. Il n’a même pas la possibilité d’exprimer sa contrition jusqu’au bout, que son père annonce la fête et parle de lui comme d’un fils. Lui qui était le familier des porcs se voit drapé de beaux habits et de bijoux.  

    Le fils aîné

         Le fils aîné n’apparaît que vers la fin du récit. Il semble travaillant et fidèle, mais la réaction du père le met dans une profonde colère. Il s’exclut lui-même de la maison en fête. Le père sort pour l’écouter et pour expliquer les raisons de cette fête. Or, le récit ne redonne pas la parole au fils aîné. Le récit arrête sans que l’on sache s’il sera lui aussi capable d’un retournement pour passer de la colère à la joie, de l’extérieur à l’intérieur de la maison du père.

    L’auditoire narratif

         Il est intéressant de remarquer que les diverses catégories de personnes composant l’auditoire narratif — d’une part des collecteurs d’impôt et pécheurs et d’autre part des pharisiens et des scribes — peuvent être reliées aux personnages de la parabole. Les collecteurs d’impôt et les pécheurs se retrouvent dans la même situation que le plus jeune fils. Ils sont considérés comme impurs, indignes d’entrer en relation avec le reste de la communauté ainsi qu’avec Dieu. Et pourtant, c’est avec eux que Jésus partage un repas. Cette parabole souligne la joie de leur passage de l’exclusion sociale à l’inclusion dans le Royaume.

         Pour leur part, les pharisiens et les scribes peuvent être rapprochés du fils aîné. Le deuxième verset souligne qu’ils murmurent entre eux parce que, pour eux, l’accueil des exclus par Jésus était scandaleux. On peut se demander quelles ont pu être leurs réactions à la parabole? Comme pour le personnage du fils aîné, on n’a aucune idée du choix qu’ils font. Est-ce qu’ils vont rester en dehors de la maison à cause de leur incapacité d’accepter la bonté scandaleuse du Père dans le récit et de Jésus dans sa mission? Est-ce qu’ils vont se convertir, changer leur perspective pour entrer dans la joie? L’histoire ne le dit pas.

    L’identification aux personnages

         Naturellement, lorsque nous lisons un récit ou lorsque nous regardons une série télévisuelle, nous nous identifions à un personnage. Nous voulons absolument qu’il réussisse ses défis. Inconsciemment, ses succès, ses échecs deviennent les nôtres. Il en va de même lorsque nous lisons un extrait de l’évangile. Est-ce que vous vous identifiez aux fils cadet/pécheurs, aux fils aîné/pharisiens ou au père/Jésus? Ces groupes de personnages peuvent inspirer notre façon d’être. Lire cette parabole peut nous aider à évoluer pour, comme le fils cadet, accepter d’être pardonnés; comme le fils aîné, suspendre nos jugements négatifs, ou, comme le père, accueillir dans la joie les personnes marginalisées.

         Heureusement, tout comme les personnages d’Unité 9 ou des évangiles, nous pouvons aussi changer, évoluer, nous transformer et même vivre une conversion, un renversement. D’ailleurs, l’objectif même des évangiles est de transformer la vie de ceux et celles qui les lisent. La lecture de ces textes anciens a un effet sur nos vies et peut mener à un changement de perspective. D’ailleurs, nous pouvons relire cette parabole à divers moments de nos vies en nous plaçant dans la peau de ses divers personnages. L’identification aux divers personnages de cette parabole est développée par Henri Nouwen dans son livre Le retour de l’enfant prodigue : revenir à la maison. Je vous invite fortement à lire ce livre de spiritualité.

         Au dernier chapitre de l’Évangile selon Luc, le Christ ressuscité annonce que sa prédication se poursuivra : On prêchera en son nom la conversion et le pardon des péchés à toutes les nations (24,47). Après avoir été interpellés à changer notre vie pour l’enligner sur l’évangile, comme les disciples, nous sommes appelés à poursuivre la mission de Jésus, de prêcher en son nom pour que d’autres puissent vivre cette expérience. La tâche n’est pas simple. Comment annoncer le retournement radical de Jésus dans les mots d’aujourd’hui? En ce jubilé de la miséricorde, nous sommes invités à porter cette question et à répondre par nos vies.

     

    Sébastien Doane, bibliste

     

    Source : Le Feuillet biblique, no 2498. Toute reproduction de ce commentaire, à des fins autres que personnelles, est interdite sans l'autorisation du Centre biblique de Montréal.

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