• Non, Ponce Pilate ne s’en lavait pas les mains !

    Audrey Le Roy - 01.12.2016 Livre -

    « On ne sait d’où venait Pilate. Aucune information ne nous est parvenue sur sa vie avant sa nomination en Judée. » C’est donc une biographie de Ponce Pilate, qui n’en est pas vraiment une, que nous propose Aldo Schiavone, historien italien parmi les plus renommés spécialistes du droit romain, publiée chez Fayard. Une biographie menée comme une enquête, étroitement liée à une autre, celle de Jésus de Nazareth. Mais d’analyses en déductions la carrière du préfet se profile. 

    Andrésy - Réf. 20067800744XA

    Jesus devant Pilate - Région IDF, CC BY NC 2.0

    Arrivé en Judée en 26, Pilate devait appartenir à l’ordre équestre, comme il était de coutume pour tous les préfets de Judée. Par conséquent, il était haut placé sur l’échelle sociale. Pour faire partie de cet ordre, il fallait nécessairement être passé par l’armée. Si nous ignorons tout de cette carrière, nous pouvons en déduire qu’il devait tout de même avoir « une certaine expérience de la chose militaire. » 


    Resté en poste pendant dix ans, ce qui est plus long que la moyenne, il devait avoir un appui important. S’il ne s’agit pas forcément de l’empereur Tibère en personne, l’auteur suppose qu’il devait être très proche du cercle impérial et très puissant, c’est donc assez naturellement qu’il pense à Séjan, chef de la garde prétorienne et citoyen le plus influent de l’époque après l’empereur.

     Les pouvoirs de Pilate sont supposés très étendus bien que « le contenu concret et les limites des capacités d’intervention et de coercition de tous les hauts fonctionnaires de ce niveau ont toujours été très élastiques, réglés davantage par la pratique que par des cadres normatifs stricts. » L’auteur en fait tout de même une liste assez exhaustive : il avait en charge la juridiction criminelle et civile de la Judée, la gestion de la fiscalité (imposition et prélèvement), il était responsable du maintien de l’ordre ainsi que de la défense militaire de la province. 

     La Judée

     Toutes les provinces romaines ne se gouvernent pas de la même façon, chacune a des spécificités. Ainsi, si la Judée est un tout petit territoire, son administration n’en est pas simple pour autant. Majoritairement peuplée d’agriculteurs, de bergers et de pêcheurs, elle se singularise par « un excès pour ainsi dire prodigieux de mémoire religieuse et de transfiguration symbolique des lieux et des souvenirs – centrée autour de la Bible et du temple de Jérusalem ». 


    Il est très intéressant, ici, d’avoir un bref aperçu de l’histoire de cette province pour mieux appréhender les évènements liés à la « relation » entre Pilate et Jésus. On y apprend, entre autres, que des divergences religieuses existaient au sein même du peuple juif. Trois groupes se distinguent, les Sadducéens qui « s’en tenaient à la seule Torah écrite sans prêter foi aux traditions orales »; les Pharisiens qui, au contraire, estimaient qu’il fallait la compléter « par l’étude et le respect scrupuleux de la tradition orale » et enfin les Esséniens, moins importants, et qui eux se consacraient à l’étude. 

     

    Toutes ces singularités, toutes ces nuances étaient généralement incomprises par les Romains, il en sera de même pour Pilate qui ne comprit ou ne s’intéressa jamais vraiment à ces particularités que « leur culture impériale ne les préparait pas à affronter ». C’est dans ce climat particulier qu’il eut à se faire un jugement sur un homme que les prêtres juifs l’avaient convaincu d’arrêter et dont ils réclamaient maintenant la crucifixion.  

    Qui sont les responsables de la mort de Jésus?

    L’auteur nous livre son analyse du procès de Jésus. Les doutes de Ponce Pilate, la naissance de son respect pour le captif, l’intransigeance des prêtres qui, malgré plusieurs tentatives du préfet pour sauver Jésus, refusèrent toutes négociations. Et pourtant seul le préfet pouvait condamner à mort le prisonnier. Comment et pourquoi, Pilate qui voulait libérer Jésus, finit-il tout de même par le faire crucifier
    ? À cause de la pression des prêtres juifs? C’est ce que les évangiles tentent de nous faire croire. Et si Pilate avait simplement suivi le désir de Jésus?

    Extrait de Ponce Pilate, d'Aldo Schiavone

    Voici un auteur qui réussit la prouesse d’introduire une forme de suspens dans un livre d’histoire, ses hypothèses et analyses éclairent d’un jour nouveau cet évènement qui devait changer le destin de l’Occident, pour ne pas dire du monde. 

    (trad. Marilène Raiola)

    Source Interbible et https://www.actualitte.com

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  • Se prosterner

    Adoration des mages

    Enluminure de l’Évangéliaire d’Egbert, archevêque de Trèves de 977 à 993
    Stadtbibliothek (Trèves, Allemagne). Manuscrit. Ms. 24

    Grec : proskynéō

    « Où est le roi des Judéens/Juifs qui vient de naître? Car nous vu son astre au levant et nous sommes venus pour nous prosterner devant lui. » (Mt 2,2)

    La visite des mages a souvent été interprétée d’un point de vue religieux, alors que le récit et les mots qui le composent sont aussi d’ordre politique. En effet, l’acte de se prosterner n’est pas qu’une adoration religieuse. Dans l’Antiquité, ce geste consistait à se mettre à genou puis de se coucher pour embrasser le sol ou les pieds d’une personne de rang supérieur en signe de soumission. Le mot grec est d’ailleurs formé de pros (devant) et kuneó (embrasser). Il s’agit d’une marque importante de révérence.

    En Mt 2, ce geste a une portée subversive. Les mages ne font pas ce geste de prosternation devant Hérode malgré qu’il soit le roi de la Judée. Pourtant, ils se prosternent et offrent des cadeaux à l’enfant Jésus présentés comme le nouveau roi en opposition avec Hérode. Dans ce récit, la prosternation a sans doute une portée politique. La plupart des usages de ce verbe dans le Nouveau Testament se rapportent à Jésus ou à Dieu.

    La fin de l’Évangile selon Matthieu utilise aussi la même image de prosternation devant Jésus. Lors de l’unique apparition du ressuscité, les disciples se prosternent (Mt 20,17). Ici, le contexte est plus religieux que politique. Notons que ce verset juxtapose deux attitudes opposées. Devant le Christ ressuscité, les disciples se prosternent et « eurent des doutes ». Comment comprendre ce paradoxe? Pour moi, les deux attitudes font partie de la réponse normale des chrétiens. Le doute fait partie de la foi. Malgré nos incertitudes, les mages et les disciples montrent un geste à imiter : s’incliner devant Jésus, le Christ.

    Sébastien Doane

    source  http://www.interbible.org/

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  • Joseph et la visite d'un ange

    Le rêve de Joseph par Gaetano Gandolfi, 1790

    Le rêve de Joseph par Gaetano Gandolfi, 1790 

    Joseph et la visite d'un ange : Matthieu 1, 18-24
    Autres lectures : Isaïe 7, 10-16; Psaume 23(24); Romains 1, 1-7 

    Dans cette narration, qui suit la généalogie de Jésus (1,1-17), Matthieu recourt à divers modèles bibliques afin d'enraciner Jésus dans une ascendance sacrée. Pour ce faire, l'évangéliste conjugue deux genres : les récits d'annonciations qui confèrent une mission à des appelés de Dieu (voir, par exemple, l'annonciation de la naissance de Samson en Jg 13) et une mise en scène inspirée par le souvenir du patriarche Joseph, célébré comme « l'homme aux songes » et comme un modèle du juste, par sa probité et sa chasteté (Gn 37—38).

    La situation 

         Marie, la fiancée de Joseph, est enceinte de par l'Esprit Saint (v. 18). Son époux, un homme juste, projette de la répudier secrètement (v. 19). Dans le judaïsme ancien, les fiançailles constituent un engagement si réel que le fiancé est appelé « mari » et ne peut se dégager de sa promesse que par une répudiation en bonne et due forme. Aucun texte de l'Ancien Testament ne peut justifier le caractère secret de cette répudiation : au contraire, pour être légale, le renvoi de la femme doit être scellé par un certificat officiel (Dt 24,1). La justice de Joseph peut signifier qu'il ne veut pas couvrir de son nom un enfant dont il n'est pas le père, mais aussi, par bonté et gentillesse, qu'il refuse de livrer Marie à la procédure rigoureuse de la Loi, la lapidation (Dt 22,20-21).

         Dans la logique du récit, l'Esprit Saint ne remplace nullement l'élément masculin de génération. Il est, selon la tradition biblique, la puissance par laquelle Dieu agit comme créateur. Et quand Dieu crée, c'est par son Esprit, son « souffle » (voir Gn 1,2; Ps 33,6b; 104,30). Ainsi, pour l'apparition de son Messie, Dieu substitue au processus biologique ordinaire, un acte original de création. Joseph ignorant l'initiative divine, son sens de la « justice » risque de faire avorter le projet de Dieu, à savoir insérer son Messie dans la lignée davidique.

    L'apparition de l'Ange et son message

         L'Ange du Seigneur apparaît à Joseph en songe et lui dit de ne pas craindre de prendre Marie, son épouse, car l'enfant vient de l'Esprit Saint (v. 20). Dans la Bible, l'Ange du Seigneur/l'Ange de Yahvé est soit l'exécuteur des ordres de Dieu et son intermédiaire dans ses relations avec les hommes, soit Dieu lui-même 1. Et pour faire connaître son dessein, il arrive que Dieu le révèle par le biais d'un songe 2  ou d'une vision (Ac 9,10-11; 10,3.10; 16,9; 18,9).

         Lors de son apparition, l'Ange commande à Joseph de donner au fils qui naîtra, le nom de Jésus, car c'est lui qui sauvera son peuple de ses péchés (v. 21). Bien que Marie soit enceinte du fait de l'Esprit Saint, Joseph, en tant que « fils de David », a un rôle capital à jouer, celui de nommer l'enfant. En nommant l'enfant, rôle réservé au père, il l'adoptera, car dans le monde ancien toute paternité est un acte d'adoption et toute adoption confère les pleins droits de fils à celui qui la reçoit. Par conséquent, l'authentique filiation davidique de l'enfant dépend de l'obéissance de Joseph. Néanmoins, le nom de « Jésus » porte en lui plus que cette filiation puisqu'il signifie « Dieu sauve ».

         Dans le contexte de l'espérance juive au temps de Jésus, l’attente messianique est assez vive et répandue dans toutes les strates de la société. Certains courants du judaïsme et une partie du peuple aspirent à la venue d’un messie/sauveur, fils de David, libérateur d’Israël établissant à jamais le Règne de Dieu, tandis que dans les classes populaires, l’attente messianique détient une forte coloration politique et nationaliste. Or, dans les ouvrages littéraires qui offrent différentes images du messie attendu pour l'établissement du Règne de Dieu, il n'est jamais question d'un sauveur qui libérera le peuple « de ses péchés ». Cette  locution ajoutée par l'évangéliste est une formulation messianique christologique pour préciser que Jésus est un sauveur au point de vue religieux.

    Le bricolage matthéen

         La formule du v. 22 : Tout cela arriva pour que s'accomplisse ce que le Seigneur avait dit par le prophète revient fréquemment chez Matthieu (par exemple en 2, 5.17.23). Cette expression ne signifie pas que les événements se produisent exactement tels qu'ils ont été prévus ou annoncés anciennement. Elle permet plutôt de situer les faits à l'intérieur du plan de Dieu. En employant les termes ce que le Seigneur avait dit par le prophète, Matthieu désire préciser ici, comme en 2, 15, qu'il s'agit de la parole du Seigneur. C'est pour l'évangéliste une manière discrète de souligner que Jésus est fils de Dieu. Le titre de fils de David sera donc dépassé (voir 22, 41-46).

         Au v. 23, Voici que la vierge concevra et enfantera un fils auquel on donnera le nom d'Emmanuel, ce qui traduit : Dieu avec nous, Matthieu cite ici le prophète Isaïe (7,14). Ce procédé est significatif : qu'il s'agisse d'Ange, de songe ou de citation biblique, ces représentations convergent en un même acte de foi : Dieu parle réellement dans l'histoire, il s'adresse aux hommes et demande leur collaboration.

         Cette référence appelle toutefois deux remarques. Au début du verset, Matthieu suit la Septante et non la Bible hébraïque dans laquelle il est écrit : Voici que la jeune femme. S'il s'empare de la version grecque, c'est pour y lire la conception virginale de Jésus. À la fin du verset, au lieu de prendre comme référence le texte hébreu « et elle appellera son nom Emmanuel (avec nous Dieu) » ou le texte grec « et tu appelleras son nom Emmanuel », l'évangéliste choisit la formule « on donnera le nom d'Emmanuel, ce qui traduit : Dieu est avec nous ». Cette modification peut être traduite ainsi : « on invoquera son nom comme l'Emmanuel, ce qui traduit : Dieu avec nous ». Le « on » peut renvoyer à la fin de l'évangile « à toutes les nations » (28,19), c'est-à-dire aux païens, et aux disciples qui croiront en celui qui, faisant un rapprochement avec le terme Emmanuel (Dieu avec nous), déclare « Et moi, je suis avec vous jusqu'à la fin des temps » (28,20). Puisque toute la révélation vétérotestamentaire fait connaître un Dieu proche des hommes, un Dieu présent qui secourt et qui soutient, les derniers mots de l'évangile montrent que, dans le Christ ressuscité, cette présence se poursuit toujours.

    La réalisation du message

         À son réveil, Joseph fit ce que l'Ange du Seigneur lui avait prescrit : il prit chez lui son épouse(v. 24). Avec la promptitude du « juste », de l'homme croyant, Joseph exécute sa mission. Par lui, le Messie, conçu en Marie par l'Esprit, est affilié à la lignée de David. La suite du texte « mais il ne la connut pas jusqu'à ce qu'elle eût enfanté un fils, auquel il donna le nom de Jésus » (v. 25) indique que Joseph n'eut rien à voir dans la naissance de Jésus qui fut un pur don de Dieu aux hommes. Dans le langage biblique, le verbe « connaître » désigne les relations sexuelles (Gn 4,1.17). L'intention de Matthieu est de souligner que Marie était vierge quand naquit Jésus. Le texte n'envisage pas la période ultérieure et de soi n'affirme pas la virginité perpétuelle de Marie, mais la tradition de l'Église la suppose.

    La théologie de Matthieu

         Dans ce récit, la préoccupation de Matthieu est de mettre l'accent non sur le caractère virginal, mais sur le caractère divin de la conception de Jésus. Quoique fils d'une vierge, Jésus a été fils de David grâce à l'obéissance de Joseph qui devient l'exécutant du dessein de Dieu. Étant fils de David, Jésus peut se manifester dans la communauté matthéenne, communauté mixte constituée de Juifs et de Gentils. Pour nous aujourd'hui, les croyants, qui lisons le Nouveau Testament, est-il nécessaire pour reconnaître la messianité de Jésus qu'il soit fils de David? 

    1 Gn 16,7.13; 21, 17-19; Ex 3,2; Jg 6,11.14; Lc 1,11; 2,9; Ac 5,19; 8,26.

    2 Gn 28,10-17; 31,11-13; 37,5-11; 1 R 3,5-15; Mt 2,12-13.22; 27,1.                                                                 

    Béatrice Bérubé, bibliste

     Source : Le Feuillet biblique, no 2512. Toute reproduction de ce commentaire, à des fins autres que personnelles, est interdite sans l'autorisation du Centre biblique de Montréal.

    source http://www.interbible.org/


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  • Découvertes et vie monastique dans le désert de Judée

    Entre Jérusalem et la mer Morte, le désert de Judée a gardé pendant des siècles des trésors pour l'archéologie et des témoignages précieux de la vie religieuse dans la région.

    Mise ligne    Terra Santa


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  • En avant vers le passé

    La Nativité du Seigneur de L.Costa, v.1490

    La Nativité du Seigneur de L.Costa, vers 1490

    Le Verbe, lumière et vie des hommes : Jean 1, 1-18

    Autres lectures : Isaïe 52, 7-10; Psaume 97(98); Hébreux 1, 1-6

     Le prologue de Jean est un texte complexe qui peut parfois sembler magistral et un peu technique. Mais une comparaison avec les prologues des autres évangiles et avec le premier récit de l’Ancien Testament permet de découvrir un message fascinant, réconfortant et infiniment réjouissant!

    Un approfondissement progressif

         Il est intéressant de porter attention à la progression temporelle inversée des quatre évangiles en ce qui concerne l’avènement de Jésus. En effet, l’Évangile de Marc, qui est le premier à avoir été composé, ne contient pas de prologue ou de préambule. L’action commence directement avec le baptême de Jésus, déjà adulte, par Jean le Baptiste. L’auteur du deuxième évangile fait ainsi entrer son auditoire de plain-pied dans l’action au moment où Jésus entreprend son ministère public. Tout est centré sur le moment présent, sur l’aujourd’hui de l’événement Jésus et sur l’aspect surprenant et déstabilisant de son ministère.

         Rédigés environ 15 ans plus tard, les évangiles de Matthieu et de Luc introduisent ce que l’on nomme les « évangiles de l’enfance » (Mt 1-2; Lc 1-2) où on raconte ce qui précède le baptême de Jésus et son ministère public en remontant jusqu’à sa naissance et, encore plus loin, à l’annonce de celle-ci. Si la validité historique des faits racontés dans ces quatre chapitres est très faible, voire inexistante, leur valeur théologique en revanche est considérable et très précieuse. En effet, ce que les auteurs des évangiles de Matthieu et de Luc cherchent à nous transmettre n’est pas une description des circonstances précises entourant la naissance de Jésus, mais une synthèse de la portée et de la signification théologiques des événements qui seront rapportés dans les chapitres qui suivent. Pour Matthieu, Jésus est le Messie attendu par Israël et annoncé dans les Écritures. Pour Luc, il est le sauveur de toute l’humanité.

         Malgré ces considérables approfondissements théologiques, l’auteur de l’Évangile de Jean, qui écrit entre 20 et 30 ans après Matthieu et Luc, recule encore plus loin dans le temps. Il va au-delà de la naissance de Jésus, au-delà de l’annonce de celle-ci. Il se rend en fait jusqu’au tout début des temps qui précèdent la création même du monde. Tout comme la fin des temps est une période éternelle qui n’a pas de fin, les débuts des temps sont aussi une époque éternelle qui n’a pas de début. C’est ce que souhaite exprimer l’auteur de l’Évangile de Jean : de toute éternité, le Verbe était avec Dieu. Il a toujours fait partie du plan de Dieu pour l’humanité, a toujours été avec lui et le sera toujours. C’est un énoncé très réconfortant pour le croyant qui saisit que l’événement Jésus n’est pas un épisode ponctuel et encore moins un accident de parcours. Il s’agit d’un moment fort qui fait partie d’un projet établi de toute éternité avant la création du monde et s’étendant pour toujours dans le futur. Le Verbe, Christ, Jésus, a toujours existé et existera toujours. Et c’est à cette vie éternelle qu’il convie l’humanité. Dieu en effet a tant aimé le monde qu’il a donné son Fils, l’Unique, pour que tout homme qui croit en lui ne périsse pas, mais ait la vie éternelle (Jn 3,16). Cette expression « vie éternelle » est d’ailleurs très chère à l’auteur de l’Évangile de Jean qui l’utilise à 17 occasions (Jn 3,15.16.36; 4,14.36; 5,24.39; 6,27.40.47.54.68; 10,28; 12,25.50; 17,2.3).

         Dans ce parallèle entre la fin des temps et les débuts des temps, il est important aussi de souligner l’accord parfait qui règne. Ainsi, tout comme la fin des temps est une période éternelle de paix et de joie où Dieu et l’humanité cohabitent dans une relation de communion idéale, les débuts des temps sont aussi une époque où prévaut un accord parfait entre Dieu et le Verbe (Jn 1,1-5). C’est dans le cadre de cette harmonie absolue que le monde est créé. C’est, encore une fois, une nouvelle très réconfortante pour le croyant.

    Redire la création

         L’auteur du prologue de l’Évangile de Jean ne souhaite cependant pas simplement aller plus loin que les prologues des évangiles de Matthieu et Luc. Son choix de vocabulaire et l’évocation de l’existence du Verbe de toute éternité établissent un parallèle avec le récit de la création qu’on retrouve en Gn 1,1-2.4a. Ce récit commence par le terme hébreu bereshit qui signifie littéralement « entête » et qu’on traduit habituellement par « commencement ». Or, il s’agit d’un mot qui s’amorce avec la lettre beth, l’équivalent de notre lettre « B ». Les rabbins juifs se sont questionnés à ce sujet en se demandant comment il se fait que le premier mot de la Bible commence par la deuxième lettre de l’alphabet et non pas par un alef, première lettre de l’alphabet hébreu. Ils ont conclu que si la Torah commence par un « beth », c’est qu’il y avait déjà quelque chose avant que la création ne débute. Cette situation initiale, l’auteur de l’Évangile de Jean la décrit avec cette présence unitaire du Verbe avec Dieu : Au commencement était le Verbe. Le Verbe était avec Dieu et le Verbe était Dieu (Jn 1,1). Nous pourrions approfondir cette réflexion en observant que le début de l’Évangile de Jean commence par la formule en archè et la lettre alpha qui est la première de l’alphabet grec. Ainsi, dans cette nouvelle création qui est mise en parallèle avec celle qui ouvre le livre de la Genèse, l’auteur ne se contente pas d’exposer ce qui est arrivé en deuxième au moment de la création du monde, mais s’assure de présenter ce qu’il y avait en tout premier lieu, de toute éternité, avant même cette création : un accord parfait entre le Père et le Fils.

         Un deuxième parallèle peut être tissé entre le prologue de Jean et le premier récit du livre de la Genèse autour du thème de la création. Or, dans le récit du livre de la Genèse, Dieu est, en quelque sorte, extérieur à la création. Le monde est un chaos préexistant (Gn 1,2) dans lequel Dieu va mettre de l’ordre, d’abord en séparant ses diverses composantes (Gn 1,3-10), puis en les peuplant (Gn 1,11-31). L’œuvre de Dieu est magistrale et très bonne (Gn 1,31). Il réalise alors l’inattendu : cette création extraordinaire qu’il vient de compléter, il la confie à l’humanité en lui demandant d’être son partenaire dans la gouvernance de ce monde (Gn 1,28). C’est une vision du monde novatrice qui donne à l’humanité une place de grand choix. Ce privilège donné à l’être humain est d’autant plus remarquable lorsqu’on le compare à la position peu enviable de l’humanité dans les mythes proche-orientaux anciens des voisins d’Israël où l’homme est uniquement créé dans le but de servir les dieux ou afin de leur éviter d’avoir à travailler. Pourtant, l’auteur du prologue de Jean va encore plus loin, puisque, par le biais de l’Incarnation, il situe Dieu à l’intérieur même de la création. C’est un thème sur lequel il revient à plusieurs reprises : La lumière venait dans le monde (Jn 1,9), elle était dans le monde (Jn 1,10), le Verbe il est venu chez lui (Jn 1,11), est devenu chair (Jn 1,14) et a séjourné parmi nous (Jn 1,14). Par le mystère de l’Incarnation, Dieu ne fait plus « que » créer le monde; il se fait nôtre et vient l’habiter avec nous. Pour le croyant, il y a là de quoi célébrer grandement et sans réserve. C’est d’ailleurs ce que nous rappellent les deux lectures tirées du Premier Testament : Éclatez ensemble en cris de joie! nous enjoint le prophète Isaïe (Is 52,9a); Que la terre tressaille de joie, que les îles nombreuses exultent! (Ps 97,1); Justes, réjouissez-vous en Yahvé! (Ps 97,12) nous invite le Psalmiste. En ce temps des Fêtes, célébrons dans la joie cette heureuse nouvelle annoncée en ouverture du quatrième évangile!

     Francis Daoust, bibliste

     Source : Le Feuillet biblique, no 2513. Toute reproduction de ce commentaire, à des fins autres que personnelles, est interdite sans l'autorisation du Centre biblique de Montréal.

    source www.interbible.org

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  • Marie était-elle vraiment vierge ?

    Cinq jeunes théologiens revisitent la mythologie catholique dans des exégèses bibliques décontractées

    Louis Cornellier24 décembre 2016 |Louis Cornellier | Livres | Chroniques

    Des pèlerins se recueillent devant la Vierge, à Lourdes.Photo: Pascal Pavani Agence France-Presse Des pèlerins se recueillent devant la Vierge, à Lourdes.

    Dans l’excellent Jésus qu’il vient de faire paraître, l’écrivain français François Taillandier insiste sur la grande valeur des textes bibliques et de la tradition interprétative qu’ils ont engendrée. « Ceux qui sont tentés de voir dans les religions des superstitions obscurantistes devraient noter combien ces textes, qui ont deux mille ans d’histoire, loin d’endormir les consciences avec des fables fumeuses, ont au contraire stimulé l’intelligence de ceux qui entreprenaient de les lire, ainsi que les efforts de la connaissance. » Pour Taillandier, il ne fait pas de doute que « l’exégèse évangélique a été au cours des siècles une formidable école de rigueur, de réflexion, d’érudition, et même de procédures éditoriales, qui ont bénéficié à d’autres disciplines ».

     Le théologien et bibliste québécois trentenaire Sébastien Doane donne raison à l’écrivain français. Doctorant à l’Université Laval, il s’applique, depuis quelques années, à faire découvrir la Bible à ses lecteurs en explorant particulièrement « les récits insolites » qu’on y trouve. À la fois savantes et ludiques, ses instructives analyses ont déjà été regroupées dans Mais d’où vient la femme de Caïn ? (Novalis/Médiaspaul, 2010) et dans Zombies, licornes, cannibales… (Novalis, 2015), deux réjouissants essais d’exégèse biblique décontractée.
     Questions controversées sur la Bible, dont il est le directeur, s’inscrit dans la même veine, même s’il pèche par l’absence d’une table des matières. Avec des collègues qui appartiennent comme lui à « la relève exégétique du Canada francophone », Doane aborde des thèmes délicats (historicité des récits bibliques, présence de la violence, de l’homophobie et de la misogynie dans ces textes, etc.), avec l’intention de « rendre accessibles au public les réflexions critiques universitaires et [d’]ainsi contrebalancer les réponses aberrantes qui, malgré leur absence de fondement, ont une large tribune ». L’exercice, encore une fois, s’avère un plaisir enrichissant.
     

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  • Des étrangers reconnaissent le roi

    L'étoile de Bethléem, Waldemar Flaig, 1920, Franziskanermuseum Villingen

    L'étoile de Bethléem, Waldemar Flaig, 1920, Franziskanermuseum Villingen.

      La visite des mages : Matthieu 2, 1-12

    Autres lectures : Isaïe 60 1-6; Psaume 71(72); Éphésiens 3, 2-3.5-6

     

    Puisque le récit de l’adoration des Mages est commenté chaque année, au lieu de revenir sur son improbable historicité, le sens de l’étoile et les ajouts plus tardifs, je vous propose d’entrer dans la construction narrative de ce petit drame. Oui, chez Matthieu l’ambiance des récits d’enfance est à la tragédie. Notre mémoire rassemble les récits de Noël à partir de Luc, tout imprégné de la joie du salut. Dans le  « temps des Fêtes », pourquoi se rappeler l’hostilité d’Hérode, un massacre d’enfants à Bethléem et la fuite en Égypte? Mais la catéchèse de Matthieu passe par là, car elle reflète le drame des Juifs chrétiens de son Église : exclus par la plupart de leurs compatriotes, qui ne reconnaissent pas en Jésus le Messie annoncé par les Écritures.

    Entre deux rois et trois espaces...

         Les Mages ne sont pas des « rois ». La tradition qui les a couronnés nous détourne du récit que Matthieu a construit sur l’opposition de deux figures royales: Hérode et Jésus. Venus du  « Levant », les Mages sont les savants de l’époque : astrologues, interprètes de songes, etc., dans un monde où connaissance et religion vont de pair. Ils sont perçus négativement dans les deux Testaments. Mais Matthieu suggère ici que leur science méprisée les a conduits au roi-messie plus sûrement que, pour Jérusalem, ses Saintes Écritures.

         Deux espaces structurent le récit en deux parties: Jérusalem, la capitale royale, et Bethléem, un gros village. Et hors cadre, un espace étrange, sans nom: les Mages en viennent et y retournent.

    Jérusalem : pouvoir et savoir

         Matthieu place dès le début l’opposition des rois : Jésus naît au temps du roi Hérode. Ainsi la question des Mages fait choc : où est le Roi des Juifs? C’est Hérode, le roi des Juifs! Pas étonnant que leur quête trouble et inquiète le roi et ses amis de la capitale.

         Le contexte historique justifie ces réactions : Hérode le Grand était obsédé par des complots de rivaux voulant prendre son trône. Il a fait tuer entre autres trois de ses fils et une épouse. L’historien juif Josèphe décrit le poids de sa dictature : cruauté, libertés restreintes, gens appauvris, etc. Tous le craignent. À sa mort il y eut des soulèvements animés par la fièvre messianique.

         Ainsi Matthieu rappelle que l’arrivée discrète de Jésus, sans tambours ni trompettes, a pourtant une réelle portée socio-politique: les Mages l’appellent Roi des Juifs. La question d’Hérode aux scribes va plus loin et parle du Messie, en grec Christos. Plus qu’un prochain roi, il est l’instrument du salut qu’on attend de Dieu, qui délivre les gens de l’oppression. Celui dont le joug est doux, le fardeau léger (11,30). À l’opposé d’Hérode, quoi! Même si le récit est écrit longtemps après Pâques, l’espérance du Règne de Dieu associé au retour du Christ en gloire garde toute sa portée d’une société meilleure, ce qu’exprime le Psaume de la liturgie : Qu’il gouverne ton peuple avec justice, qu’il fasse droit aux malheureux. Il aura souci du faible et du pauvre.

         La réponse des scribes à Hérode cite le prophète Michée (5,1.3), que Matthieu modifie un peu. Il valorise Bethléem et il reformule la finale pour rapprocher Jésus de David, que Dieu désignait comme berger de mon peuple Israël (2 Samuel 5,2). Ainsi Matthieu accentue l’identité royale de Jésus, ce roi-messie « fils de David » espéré.
     
         Maître des complots, Hérode rencontre les Mages en secret; en échange de l’information sur Bethléem, il en demande deux autres: où est l’enfant, et à quelle date l’étoile a paru. Il ment sur son projet réel, bien sûr, qui est de se débarrasser de ce prétendu roi des Juifs; il fera tuer les garçons de 2 ans et moins. Il n’y a aucune trace historique de ce massacre, mais le « vrai » Hérode en aurait été parfaitement capable.

         L’espace « Jérusalem » est ainsi présenté comme riche et décevant. Riche d’une tradition religieuse solide, validée comme vraie par le récit. Mais espace religieux asservi au pouvoir, fermé ou hostile à la quête pourtant étonnante des Mages. Monde sclérosé, incapable de se mettre en mouvement, de se laisser inspirer à nouveau par ces textes récités comme un catéchisme trop connu.

    Bethléem : les humbles origines

         À Jérusalem, David régnait; à Bethléem il fut jeune berger. Sortis de la ville, les Mages retrouvent l’étoile qui, aperçue dans leur pays, les avait mis en marche. Le récit signale leur émotion. À l’opposé des émotions d’Hérode et de Jérusalem, leur joie évoque celle des non-juifs accueillant la Bonne Nouvelle (cf. Actes 8,39; 13,48, etc.).

         L’étoile les guide vers une maison. Là se trouve l’enfant cherché. La simplicité des lieux ne semble pas troubler les Mages, qui se prosternent comme on le fait devant un roi. Dans la catéchèse de Matthieu, ce geste de respect a une connotation religieuse certaine. Matthieu suggère qu’ils reconnaissent l’autorité divine de Jésus, devenant symboliquement les premiers païens « convertis ». Leurs dons d’or, d’encens et de myrrhe seront plus tard interprétés comme signes de la royauté, de la divinité et de l’humanité mortelle de Jésus.

         Malgré la solennité du geste et les riches offrandes, la scène est très brève, beaucoup plus sobre qu’à Jérusalem. Un songe renvoie les Mages loin d’Hérode. Avec les songes de Joseph pour l’aller-retour en Égypte, Matthieu intègre un aspect important : même si Jésus paraît vulnérable dans un monde hostile, un Puissant veille sur sa destinée. Ce thème présent dans tous les récits de naissance de style mythologie use pourtant ici d’un moyen discret, le songe.

    Les espaces autres... l’espace des autres

         Avec ce récit construit sur des oppositions, Matthieu interpelle son Église. Cette minorité de Juifs devenus chrétiens doit reconnaître  qui sont ses vrais alliés et d’où vient l’adversité. En 80-85, la majorité des chrétiens sont d’origine étrangère, comme ces Mages. Oui, Jésus est le Messie qu’Israël attendait. Mais les chrétiens de Mt ont désormais plus en commun avec les étrangers chrétiens qu’avec leur propre peuple qui refuse ce Messie. Matthieu affirme clairement l'universalité du salut, à une Église tentée de se replier sur elle-même, exclue de son peuple mais séparée des autres peuples par l’habitude de ses traditions.

         Bien sûr la distinction Juif/non-juif ne nous concerne plus comme telle. Mais le récit des Mages reste suggestif sur le « flou » des frontières ecclésiales. On en connaît, de ces chercheurs de Dieu venus d'un ailleurs religieux étrange, par des chemins spirituels non cartographiés dans nos itinéraires standards de croyant. Ils arrivent avec leur ignorance des traditions et leurs certitudes bizarres. Ils croient aux étoiles, ou à Dieu sait quoi... L’accueil tiède qu’ils reçoivent n’arrête pas leur quête. Et ils ne restent pas. Ils retournent dans leur espace culturel à eux, vivre la Rencontre de Dieu ou de Jésus à leur manière. Le récit de Matthieu nous invite à reconnaître avec confiance nos connivences avec des gens au cheminement différent. Et à ne pas nous inquiéter quand ils poursuivent leur chemin ailleurs ou autrement.

     Francine Robert, bibliste

     Source : Le Feuillet biblique, no 2515. Toute reproduction de ce commentaire, à des fins autres que personnelles, est interdite sans l'autorisation du Centre biblique de Montréal.

    source www.interbible.org

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  • Houlda, traversée par la Parole divine

    Houlda

    Houlda
    Gertrude Crête, SASV
    encres acryliques sur papier, 2000
    (photo © SEBQ) 

    1 R 22,11-20 ; 2 Ch 34,14-28

    Le nom d’Houlda apparaît quatre fois dans le Premier Testament ; deux fois dans le second livre des Rois (2 R 22,14.15) et deux fois dans le second livre des Chroniques (2 Ch 34,22.23). Ces deux livres évoquent, chacun à leur manière, l’époque de la monarchie en Israël et Juda. Nous nous limiterons ici au texte du livre des Rois.

    Le lecteur qui s’y attarde n’a qu’un maigre verset à se mettre sous la dent pour découvrir qui pouvait être cette femme. Pas de quoi écrire une biographie bien étoffée! On y apprend le nom et la fonction de son mari, Shallum, gardien des vêtements sacrés du Temple, et son lieu de résidence, « Jérusalem dans la ville neuve ». On y découvre surtout qu’elle était prophétesse et là, ça nous intéresse! Une femme prophétesse! Ce n’est pas la seule femme de la Première Alliance à avoir exercé cette fonction. La Bible mentionne par exemple Myriam, la sœur de Moïse (Ex 15 ; Nb 12,1-16), Débora (Jg 5) ; la femme d’Isaïe (Is 8,3) et une certaine Noadya (Ne 6,14).

    Si donc on ne sait pratiquement rien d’Houlda, on peut en revanche s’intéresser à ce qui compte vraiment : ce qu’elle dit. Après tout, les prophètes sont des porte-parole du Seigneur, quelle que soit la manière dont ils s’y prennent pour transmettre sa Parole, en mots ou en gestes. Pourquoi cette femme prend-elle la parole et que raconte-t-elle?

    Sous le règne du roi Josias (640 à 609 avant Jésus-Christ)

    Le chapitre 22 du deuxième livre des Rois s’ouvre sur l’accession au trône du roi Josias à l’âge de huit ans (1 R 22,1). Son histoire se termine à la fin du chapitre suivant par sa mort tragique à l’âge de 39 ans lors d’une bataille contre les Égyptiens à Megiddo (2 R 23,28-30). Le texte biblique le présente sous un jour très favorable en insistant sur sa grande réforme religieuse, laquelle est provoquée par la découverte du livre de la Loi et par l’avertissement prophétique de Houlda.

    Le livre de la Loi

    Lors de travaux de réfection au Temple, on découvre le livre de la Loi. Les circonstances sont un peu nébuleuses et les spécialistes discutent de la teneur historique de l’événement et de l’identité du livre, peut-être une version ancienne du livre du Deutéronome. Nous ne spéculerons pas là-dessus, mais nous nous attarderons plutôt à la manière dont le livre raconte les choses. La trouvaille, peut-être pas si fortuite que cela, sème l’émoi chez tous ceux qui en apprennent la nouvelle, à commencer par le grand prêtre Hilqiyahu et le scribe Shaphân qui s’empresse d’aller le lire au roi. Celui-ci réagit fortement, s’inquiète des conséquences de ne pas avoir obéi aux « paroles de YHWH » contenues dans le livre et ordonne que l’on consulte ce dernier, ce qui revient à demander de convoquer le prophète de la cour, en l’occurrence la prophétesse Houlda.

    La Parole du Seigneur transmise par Houlda (2 R 22,16-20a)

    L’oracle prononcé par Houlda donne froid dans le dos. D’entrée de jeu, le Seigneur annonce clairement ses intentions : « Je vais amener le malheur sur ce lieu et sur ses habitants » (v. 7).  Le Seigneur est en colère (v. 17) et cela s’explique assez facilement par tous les manquements de son peuple. Cependant, il se radoucit quelque peu devant l’attitude humble du roi Josias : les malheurs ne surviendront pas de son vivant, ils sont reportés à un peu plus tard (v. 20).

    Nous, lecteurs contemporains qui lisons aussi l’Évangile, pouvons ressentir un malaise devant cette figure d’un Dieu colérique et violent. Bien des explications pourraient être données sur la violence dans la Bible.

    Je vous proposerais ici de revenir tout simplement au texte et de regarder, au-delà de ses énoncés, la manière dont il « parle » et les chemins qu’y emprunte la parole. Et là un constat s’impose : les indices d’une parole dite, lue, inscrite dans un livre, transmise ou à transmettre abondent! Le texte insiste sur la délégation de la Parole : du Seigneur à Houlda, de Houlda aux délégués du roi, de ces derniers au roi. À cette parole dite ou à entendre, correspond l’autre versant, celui de la parole entendue. Josias est celui qui a entendu les paroles du livre, qui les a reçues comme une Parole du Seigneur. Il a laissé la Parole accomplir en lui sa trajectoire complète : des oreilles au cœur — lieu dans la Bible de la décision consciente, des orientations de vie — du cœur aux gestes et actions qui expriment une conversion véritable (v. 18-19). En retour, le Seigneur entend lui aussi (v. 19) : la parole créatrice de relation circule librement entre eux et ses fruits de paix peuvent accompagner Josias jusqu’à son dernier souffle (v. 20).

    Lu ainsi, l’oracle prononcé par Houlda devient une « école » de l’entendre. Le texte pointe de manière contrastée, et sans doute très pédagogique, vers deux voies possibles. Celle de l’écoute et de la paix, celle de la surdité (abandon du Seigneur, v. 7) et du malheur. Houlda apparaît ici comme la prophétesse par excellence que la Parole traverse sans obstacle.

    Anne-Marie Chapleau

    source www.interbible.org

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  • Un baptême…
    sans récit de baptême!

    Icône orthodoxe de saint Jean Baptiste.

    Icône orthodoxe de saint Jean Baptiste

    Le témoignage de Jean : Jean 1, 29-34
    Autres lectures : Isaïe 49, 3.5-6; Psaume 39(40); 1 Corinthiens 1, 1-3

     Vous savez sans doute que l’Évangile selon Jean est très différent des trois autres. Rares sont les récits qui se retrouvent dans les quatre évangiles. Or, nous avons ici une exception très intéressante. Profitons donc de la scène de la rencontre entre Jésus et Jean pour identifier les similitudes et discordances entre l’Évangile selon saint Jean et les trois autres. Ceci permettra de montrer les spécificités du quatrième évangile ainsi que les éléments communs qui ont un fort degré d’historicité.

    Ressemblances entre évangiles

         La façon dont un texte commence est très importante. Dans le cas des quatre évangiles, la mission publique de Jésus commence toujours avec la rencontre entre Jésus et le baptiste.

         Dans les quatre versions de cette rencontre, Jean est présenté comme un prophète dont l’activité principale est de baptiser. Dans chaque récit, on sent une tension entre Jean et les autorités politiques et religieuses de Jérusalem. C’est probablement une des raisons qui le pousse à exercer sa mission au cœur du désert.

         Chaque évangile insiste fortement sur l’importance relative entre le baptiste et Jésus (Mc 1, 7-8; Mt 3, 13; Lc 3, 16; Jn 1, 26-27). Par exemple, Jean affirme qu’il n’est pas digne de délier les sandales de Jésus ou que Jésus est plus fort que lui.

         Le baptême de Jésus est toujours le moment d’une manifestation de Dieu. Une colombe représente l’esprit qui descend sur Jésus et une parole divine confirme la relation particulière entre Dieu et Jésus.

    Particularités de l’Évangile selon Jean

         Contrairement aux autres évangiles, le baptême de Jésus n’est même pas raconté! Aussi, Jean n’explicite pas la fonction de son baptême qui selon les autres évangiles vise la conversion de ceux qui sont baptisés. Pourquoi ces deux éléments significatifs sont-ils omis dans l’Évangile selon Jean?

         La réponse se trouve dans un conflit entre les disciples de Jésus et ceux du baptiste. Même si l’Évangile selon Jean raconte le récit de quelques disciples de Jean qui suivent Jésus, plusieurs personnes continuent à suivre le baptiste sans devenir chrétiennes. Ainsi à l’époque de la composition de l’Évangile selon Jean, un groupe de disciples du baptiste coexiste à côté des chrétiens 1. Pour eux, leur maître Jean était plus important que Jésus.

         Les évangiles transmettent le point de vue chrétien sur ce conflit. Ils insistent donc fortement sur l’importance de Jésus par rapport au baptiste. L’Évangile selon Jean montre un malaise particulier par rapport au baptême de Jésus. Puisque ce baptême est la preuve que Jean était le maître de Jésus, le quatrième évangile ne raconte pas le baptême de Jésus. Il omet aussi d’indiquer que ce baptême était en vue d’une conversion puisque cela pourrait laisser entendre que Jésus avait besoin de revenir de ses égarements. Ce conflit explique aussi les nombreuses paroles du Nouveau Testament indiquant que Jésus est plus important que Jean.

    Le témoignage de Jean

         Un autre argument présenté dans ce conflit entre les deux groupes de disciples est que Jean lui-même est le témoin de la révélation divine à propos de Jésus. Alors qu’en Marc, Jésus est le seul à voir l’Esprit et à entendre la voix (Mc 1,10-11), en Jean, c’est le baptiste qui est le seul à voir l’Esprit descendre du ciel sur Jésus. De même, en Jean, c’est le baptiste et non une voix céleste qui affirme que Jésus est « fils de Dieu ».
    Le discours du baptiste en Jean est une proclamation anticipée de ce qui sera manifesté par la résurrection de Jésus. En racontant le témoignage de Jean, les chrétiens redisent le sens global de Jésus Christ. Le court extrait de ce dimanche porte quatre façons différentes de dire qui est ce Jésus.

    1. L’Agneau de Dieu

    L’expression « agneau de Dieu » est passée dans la liturgie. C’est un élément caractéristique de l’Évangile selon Jean qui ne se retrouve pas ailleurs. L’agneau est le petit de la brebis. Dans notre culture actuelle, sa fragilité et sa douceur représentent la non-violence et l’innocence. Dans le monde de l’Ancien Testament, l’agneau est un des animaux sacrifiés pour le Seigneur. La fête de la Pâque juive est célébrée par le sacrifice d’un agneau. Cette expression fusionne deux images de l’Ancien Testament. D’une part, elle fait référence au serviteur souffrant (Is 52,13 - 53,12) qui prend sur lui les péchés du peuple. D’autre part, l’expression « agneau de Dieu » renvoie à l’agneau pascal. L’Évangile selon Jean spécifie même que Jésus est mort au moment où les agneaux sont sacrifiés pour la Pâque. Pour les chrétiens de la communauté de Jean, Jésus est donc « l’agneau de Dieu », ce serviteur souffrant, cet agneau sacrifié pour le bien de la communauté. 
     

    2. Avant moi il était

    En Jn 1,30, le Baptiste cite ce qui a déjà été mis dans sa bouche en 1,15 : avant moi, il était. Une formulation similaire va revenir dans les paroles de Jésus plus loin dans l’évangile : avant qu’Abraham fût, je suis (8,58). Le prologue donne la clé pour comprendre ces expressions. Jésus est le Verbe qui était auprès de Dieu dès le commencement. Il a pris chair en devenant l’envoyé du Père qui donne la vie aux personnes qui croient en lui. Ainsi, Jésus est beaucoup plus que Jean Baptiste puisqu’il est l’incarnation même du Verbe divin.

    3. L’Esprit saint descend et demeure avec lui

    L’Esprit (littéralement le souffle) saint joue un rôle important dans l’Évangile selon Jean. Jésus le reçoit du Père et le transmettra aux disciples. En effet, le « discours d’adieu » (Jn 13,33-16,33) exprime comment cet esprit assistera les disciples après la mort de Jésus. En mourant sur la croix, Jésus remet l’Esprit (Jn 19,30). Puis, le récit des apparitions du Christ ressuscité montre la réception de l’Esprit dans la communauté (Jn 20,19-23).

    4. Fils de Dieu

    La scène se termine avec le titre le plus important. Jean témoigne que Jésus est « fils de Dieu ». Dans le cadre du baptême, cette désignation souligne la relation personnelle et intime entre Jésus et son Père. Dans un milieu juif, l’expression « fils de Dieu » faisait un lien entre Jésus et les rois de la lignée de David qui étaient appelés de cette façon. C’est avec la résurrection de Jésus que les premiers chrétiens vont comprendre que Jésus a quelque chose de divin en lui. Jésus leur apparaît alors comme le propre fils de Dieu le Père. Avec le temps, le côté divin de Jésus prend de plus en plus de place. L’Évangile selon Jean montre bien comment la conception que l’on avait de Jésus était devenue presqu’équivalent à celle que l’on avait de Dieu. Dans cet évangile, Jésus existait auprès de Dieu comme Verbe dès avant la création du monde. Il prit chair comme l’envoyé du Père en mission chez les humains pour leur donner la vie éternelle. Le Fils de Dieu dans cet évangile partage une grande intimité avec le Père. À plusieurs reprises, l’Évangile selon Jean parle de Jésus simplement comme: le Fils.

         En somme, l’extrait de l’évangile lu ce dimanche (Jn 1,29-34) situe Jean par rapport à Jésus. L’Évangile selon Jean utilise plusieurs arguments pour aider les disciples de Jésus dans leur conflit avec les disciples de Jean. Il évite de raconter la scène du baptême et insiste sur la supériorité de Jésus sur Jean. Mais, c’est surtout le témoignage de Jean au sujet de l’identité de Jésus qui compte. Le baptiste affirme que Jésus est l’agneau de Dieu, qu’il était auprès de Dieu dès la création, que l’Esprit est avec lui et qu’il est le Fils de Dieu. En un paragraphe, on retrouve donc une synthèse de la compréhension de l’identité de Jésus propre à l’Évangile selon Jean.

    1 Actes 18,23-25 présente Apollos comme un disciple de Jean Baptiste qui ne connaît pas Jésus Christ.

     Sébastien Doane, bibliste

     Source : Le Feuillet biblique, no 2516. Toute reproduction de ce commentaire, à des fins autres que personnelles, est interdite sans l'autorisation du Centre biblique de Montréal.

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  • Répondre à la violence par le pardon 1/2

    Sermon sur la montagne

    Sermon sur la montagne
    Károly Ferenczy, 1896
    Huile sur toile, 135 x 203 cm
    Galerie nationale hongroise (photo : Wikipedia)

    Jésus donne à ses disciples un enseignement nouveau qui en bouleversera plus d’un. Dans le Sermon sur la montagne (Mt 5-7), il rassemble les bases d’un enseignement qui montre jusqu’où va l’amour que lui-même ne cesse de vivre dans ses rapports avec ceux et celles qui viennent à lui. Nous nous arrêtons à deux aspects de l’enseignement de Jésus, ceux qui éclairent de manière significative la manière dont Jésus donne une réponse claire au problème de la violence qui régit trop souvent les rapports humains : le pardon et l’amour de l’ennemi.

    La violence des rapports sociaux

    Vous savez comme moi que la relation à l’autre n’a rien d’évident. Il suffit de peu de chose pour créer un incident, une bagarre, une vengeance et parfois un meurtre. Un « mauvais regard », une moquerie, un geste déplacé ou une infidélité déclenchent rapidement en certains cas un conflit ou une vendetta qui ne s’arrête jamais. La violence habite l’ensemble des rapports sociaux. Elle instaure des relations où le plus fort impose sa loi au plus faible. Cette règle apparaît inévitable, voire naturelle. Le plus riche ou le plus influent dicte ses lois aux plus pauvres et si ces derniers cherchent à faire valoir leurs droits, ils déclenchent une contre violence, par la grève ou l’insurrection qui peut aller jusqu’à la guerre civile. L’histoire humaine est le témoin de ces violences qui ont laissé et laissent encore derrière elles d’immenses mares de sang dans l’histoire des peuples. Le 20e siècle passé a été l’électrochoc pour toutes les personnes qui réfléchissent. Lorsqu’elle ne connaît pas de limites, la violence est capable des pires horreurs que l’humanité ait connues. Les milliers de morts offerts en sacrifice aux divinités antiques ne sont que peu de chose face aux dizaines de millions de morts sacrifiés aux divinités idéologiques du nazisme ou du communisme. Face à la menace destructrice que représente la violence quelle réponse pouvons-nous donner ?

    Une recette miracle s.v.p.

    Il ne suffit pas de dire « Y a qu’à… », j’en suis bien conscient. Je n’ai aucune recette miracle à fournir à mes contemporains qui se trouvent parfois devant des situations inextricables ou face à des groupes qui ont choisi la violence comme mode d’expression. Face à des situations de guerre, celui qui préconise une autre voie que celle de la vengeance ou d’une violence plus forte que celle dont il a été la victime est vite considéré comme un traître, une mauviette ou un idéaliste. Je n’ai rien à dire a priori à celui ou celle qui s’oppose comme il le peut à la violence qui lui est faite. Mais je sais aussi qu’il est très difficile de sortir de la violence. La victoire sur l’ennemi est souvent suivie par un assouvissement de haine et d’humiliation du vaincu, lequel fera grandir en lui le désir de revanche… On entre alors dans la logique de la vendetta entre familles ou nations. Que de massacres n’a-t-on commis pour venger son honneur? Le nationalisme poussé à l’extrême réduit l’autre à un être malfaisant dont il faut se protéger et se débarrasser par tous les moyens même en le tuant. La situation des minorités en divers points du globe en est l’illustration vivante aujourd’hui. Dans ces situations, la violence régit seule les rapports humains au mépris du droit et de la justice. Elle le fait en imposant la peur, dans le cœur des petits et sans défense. Il ne suffit pas de gagner une guerre, pour en sortir de manière durable, il faut bâtir ou rebâtir la paix. Cette reconstruction ne se fait pas par l’humiliation du vaincu, mais par la force de la parole échangée et la création de relations entre les personnes et les peuples. Au lendemain de la dernière guerre mondiale, en Europe, des hommes comme Robert Schuman, de Gaulle, Adenauer l’ont parfaitement compris en créant ensemble les bases d’une Europe réconciliée.

    La charte du Sermon sur la montagne

    Le « Sermon sur la montagne » (Mt 5-7) a pu influencer certaines prises de décisions politiques. Ces paroles établissent une sorte de charte de vie pour le disciple qui veut suivre Jésus, mais dépassent largement le cadre purement religieux en mettant en valeur ce que l’on peut nommer « des évidences premières » dont la portée est universelle.

    Citons quelques-unes des paroles les plus marquantes de Jésus :

    • Les Béatitudes rappellent que l’établissement de rapports humains apaisés suppose des choix très concrets : « Heureux les doux... Heureux ceux qui ont faim et soif de la justice… Heureux les miséricordieux… Heureux les artisans de paix… » (Mt 5,5-9) Le combat pour la justice et pour la paix fait partie intégrante des exigences fondamentales de l’Évangile. Qui pourrait dire qu’il n’a aucune incidence politique et sociale ?

    • Dans le même chapitre, Jésus donne sa propre compréhension de différents commandements de la Loi mosaïque. Par exemple, concernant l’interdit de tuer Jésus montre que l’interdit porte également sur toutes les attitudes qui peuvent conduire au meurtre : la colère, l’injure, l’irrespect de l’autre… Et pour mieux souligner que le respect d’autrui est fondamental dans les relations humaines et la relation de l’homme avec Dieu, il ajoute : « Lorsque tu vas présenter ton offrande à l’autel, si, là, tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisses ton offrande, là, devant l’autel, vas d’abord te réconcilier avec ton frère, et ensuite viens présenter ton offrande. » (Mt 5,23-34)Les responsables d’Églises se sentent-ils interpellés par l’exigence des paroles de Jésus? Il a fallu des siècles pour que l’on commence à se parler et se respecter.

    Pierre le disciple, a pris le temps d’écouter attentivement Jésus et il a compris que l’amour et le respect d’autrui est une exigence première. Mais il connaît la vie et les difficultés auxquelles chacun est confronté. Les mésententes sont fréquentes, les querelles familiales, les divisions nées de difficiles partages. Il a entendu l’appel de Jésus au pardon à donner à celui qui a offensé. Mais une question demeure en lui : jusqu’où aller? Il pose la question à Jésus : « Seigneur, lorsque mon frère commettra des fautes contre moi, combien de fois dois-je lui pardonner? Jusqu’à sept fois? » Jésus lui répondit : « Je ne te dis pas jusqu’à sept fois, mais jusqu’à soixante-dix fois sept fois. » (Mt 18,21-22)

    Rompre la logique de la vengeance

    Quel constat peut-on faire à l’écoute de ces paroles? Pour sortir de la violence, il faut à un moment ou un autre rompre la logique infernale de la vengeance et de la contre-vengeance. Cette rupture passe par un travail de réconciliation. Paul dira plus tard que Jésus est venu briser le mur de la haine qui sépare les peuples, les familles, les groupes sociaux, les hommes et les femmes entre eux. Ce chemin de réconciliation humaine passe par la main tendue, la reconnaissance de l’autre, le refus de la guerre, la discussion et le pardon. En indiquant cette direction, Jésus rompt avec toute une tradition. Ce n’est pas un chemin de facilité, mais une condition de survie. En sommes-nous bien conscients?

    Face à la haine et la violence, Jésus ne reste pas dans une belle passivité, il propose d’y répondre en utilisant, comme seule arme, la force de l’amour. C’est ce que nous développerons dans le prochain article.

    Roland Bugnon

    source www.interbible.org

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