• Découverte d’une voie romaine près de Beth Shemesh

    vue arienne

    Vue aérienne du site à proximité de la route 375

    Comme c’est souvent le cas en Israël lors de travaux d’excavation, un chantier a été interrompu il y a plusieurs semaines pour permettre des fouilles de sauvetage. Une compagnie locale s’apprêtait à installer un aqueduc près d’une autoroute pour amener de l’eau à Jérusalem quand ils ont dégagé ce qui semblait être les vestiges d’une ancienne route. Les ouvriers ont alors cédé la place aux archéologues de l’Autorité israélienne des antiquités qui ont dégagé un tronçon d’environ 150 mètres d’une voie romaine qui reliait Bethletepha (Beit Natif) à la route principale qui permettait la circulation entre Jérusalem et Eleutheropolis (Beit Guvrin).

    Le tronçon se trouve à proximité de la route 375 et suivait un itinéraire semblable. D’une largeur atteignant parfois les 6 mètres, on évalue que le tronçon couvrait une distance d’environ 1,5 kilomètre. On pense qu’il devait relier la colonie romaine installée près de Beit Natif pour rejoindre la « route de l’empereur », une route construite avant la visite de l’empereur Hadrien dans le pays, vers 130 de notre ère ou peu après, pendant une période trouble de l’histoire d’Israël connue sous le nom de révolte de Bar Kochba (132-135 de notre ère). L’association entre Hadrien et cette route est confirmée par des fouilles antérieures, plus loin sur la route, qui ont révélé des bornes gravées du nom de cet empereur.

    monnaies

    Monnaies d'époque romaine trouvées pendant les fouilles (photo : Clara Amit/AIA)

    Mais des indices laissent penser que le tronçon découvert au Sud de Beth Shemesh a été construit avant cette artère principale car on ont trouvé, entre les pierres de la route, des pièces de monnaie datant de la deuxième année de la révolte contre Rome (67), une monnaie frappée par le préfet romain Ponce Pilate de l’an 29 et une autre pièce frappée par le dernier roi juif Agrippas I en 41.

    À l’époque romaine, la plupart des routes dans le pays étaient des pistes improvisées. Mais les Romains ont rapidement compris l’importance stratégique d’un bon réseau routier pour faciliter le déplacement et le ravitaillement des troupes. Ces routes ont également favorisé le commerce intérieur et l’exportation de certains produits.

    Les 150 mètres de la voie romaine dégagée pendant ces fouilles seront préservés comme attrait touristique pour les randonneurs du Sentier national d’Israël qui passe à proximité.

    Sylvain Campeau

    source www.interbible.org

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  • Vous êtes en moi et moi en vous... et vous vivrez

    Descente du Paraclet sous la forme du Saint-Esprit cinquante jours après avoir été promis par Jésus (Apocalypse de Bamberg, ~1010).

    Descente du Paraclet sous la forme du Saint-Esprit
    cinquante jours après avoir été promis par Jésus
     (Apocalypse de Bamberg, (1010). 

    Le Paraclet, Jésus et le Père viendront vers ceux qui aiment Jésus : Jean 14, 15-21
    Autres lectures : Actes 8, 5-8.14-17; Psaume 65(66); 1 Pierre 3, 15-18

     La péricope évangélique de ce dimanche se situe à l'intérieur du discours d'adieu de Jésus, lequel est plein de promesses (13, 31-14,31). Toute personne qui accompagne la fin de vie d'un père, d'une mère, d'un frère ou d'une sœur, sait recueillir les dernières paroles prononcées; les derniers moments sont précieux et les  regards échangés  imprègnent  sur une longue durée l'esprit et le cœur. Au fil des jours qui passent, l'absence est transcendée. La connaissance de l'être cher disparu s'approfondit; une proximité intérieure s'accroît. Ce vécu  nous permet de saisir un peu plus ce que fut, pour les disciples,  la mort de leur Maître. Terrassés, effrayés, ils vont, petit à petit, découvrir, expérimenter et s'imprégner au fond d'eux-mêmes des paroles de Jésus. L'ultime discours de Jésus nous fait voir ce cheminement effectué dans la vie des premières communautés chrétiennes, ce passage de la présence physique de Jésus puis de son absence, à sa présence invisible mais bien réelle.

        L'évangéliste, au chapitre 14, versets 4-11, présente le chemin de Jésus vers son Père, un sujet de préoccupation pour les disciples, bientôt orphelins. Les versets 12-14 évoquent la promesse d'œuvres  plus grandes (v. 12), et également cette autre promesse d'une prière qui sera exaucée : Si vous me demandez quelque chose en mon nom, je le ferai (vv. 13-14).

    L'observance des commandements

        Jésus invite ses disciples à rester fidèle à ses commandements, à sa Parole (v. 15). Il leur fait comprendre que l'amour qu'on lui porte est premier et que sa mise en pratique en est une conséquence. C'est l'amour du Christ pour ses disciples qui constitue la base de la fidélité à garder la Parole (14, 23s; 1 Jean 2, 4-5). Reconnaître que  nous sommes aimés, de jour en jour, dans la foi, la confiance et l'action de grâce et répondre par amour. Et cet amour réciproque fait vivre, engendre des actions généreuses et désintéressées, des gestes significatifs. Cet engagement total, on le comprend, va au-delà de la pratique des commandements donnés à Moïse, il comporte les instructions de Jésus et la totalité de son agir.

    L'envoi du Paraclet, l'Esprit de vérité

        Dans le discours après la cène, contrairement au reste de l'Évangile, l'Esprit est désigné par le terme Paraclet, employé cinq fois. Le mot grec -paraklètos, «celui qui est appelé auprès de»-renvoie généralement au défenseur, à l'avocat du pauvre ployant sous le poids de difficultés, d'où sa connotation juridique. Au chapitre 14, le terme  désigne différents rôles de l'Esprit, qui s'éclairent par le contexte.  Ce titre de Paraclet qui désigne une fonction, occupe le premier plan et est explicité par l'expression Esprit de vérité (14, 17; 15, 26; 16, 13) : Moi, je prierai le Père: il vous donnera un autre Défenseur qui sera pour toujours avec vous : c'est l'Esprit de vérité...mais vous, vous le connaissez, parce qu'il demeure auprès de vous (14,16-17).

    Je vous ai dit cela tandis que je demeurais auprès de vous. Mais le Paraclet, l'Esprit Saint, que le Père enverra en mon nom, celui-là vous enseignera tout et vous rappellera tout ce que je vous ai dit (14, 25-26; aussi 15, 26-27; 16, 7-11.13-15).

    C'est votre intérêt que je parte, car si je ne pars pas, le Paraclet ne viendra pas vers vous, mais si je pars je vous l'enverrai (16, 7).

    Mais quand il viendra, celui-là, l'Esprit de vérité, il vous guidera dans la vérité toute entière; car il ne parlera pas de lui-même, mais tout ce qu'il entendra, il le dira et il vous expliquera les choses à venir (16, 13).

        Comme l'explique l'exégète Xavier Léon-Dufour, la tâche du Paraclet  se résume à trois fonctions : être avec et dans les disciples, enseigner et faire comprendre le destin historique du Christ et  les enseignements qu'Il a donnés pour les rendre mémorables, et témoigner de Jésus, c'est-à-dire s'engager au service de la vérité. On le constate,  la dimension de la Parole  est soulignée avec force.

        Mais par qui l'Esprit vient-il aux chrétiens? Il est dit que l'envoi  repose sur l'initiative de Jésus lui-même, qui prie le Père d'envoyer l'Esprit (14, 16-17). Ailleurs, Jésus affirme, qu'après son départ, il enverra l'Esprit (16, 7). À la lecture, on aura noté la mention d'un autre Paraclet, c'est-à-dire un second, désignant celui qui vient dans la période post-pascale. C'est dire qu'il y en a eu un premier qui est Jésus lui-même, habité par l'Esprit de Dieu.  Dans la Première épître de Jean, il est affirmé clairement : Mais si quelqu'un vient à pécher, nous avons un Défenseur devant le Père, Jésus Christ qui est juste (2, 1). Le sens à donner au mot dans ce contexte est celui «d'intercesseur en raison de son sacrifice.» Cette promesse ne peut que réconforter et raffermir  les chrétiens qui rencontrent oppositions, hostilités et persécutions au sein du monde qui se ferme à  la bonne nouvelle de Jésus, Lumière du monde (14,17).

        À qui est offert l'Esprit? L'Esprit est offert aux croyants, aux communautés chrétiennes. Cinquante ans et plus après le départ de Jésus et de la plupart des premiers témoins, l'Église reconnaît et vit de la présence de l'Esprit: Mais quand il viendra, celui-là, l'Esprit de vérité, il vous guidera dans la vérité tout entière; car il ne parlera pas de lui-même, mais tout ce qu'il entendra,  il le dira et vous expliquera les choses à venir (16, 13). Une présence qui sait faire surgir le sens ultime des paroles de Jésus et les actualiser. En définitive, « Il donne naissance à une nouvelle parole de ce même Christ » (J. Zumstein).  Comme on le constate,l'Esprit de vérité rend hommage à la personne du Christ présenté comme le chemin, la vérité et la vie (14, 6; 18, 37); il enseigne la fidélité (14, 21) à Celui qui a vécu parmi les siens dans une période de temps limité,  Celui qui, dans sa vie parmi les siens, sa mort, sa résurrection, a fait voir et connaître le Père, Dieu-Amour (1 Jean 4, 8,16). Il y a une unité d'amour entre le Père et le Fils, une unité d'amour entre Jésus et les croyants grâce à l'Esprit qui ouvre les cœurs. L'Esprit ne peut être pensé indépendamment de la personne du Christ comme l'exprime si bien Jean Grosjean : « Le Fils nous donne sa respiration de Fils, après ses jours de Messie viennent les jours de son Souffle ».  

        L'Esprit se préoccupe de la vérité de chaque être humain, laquelle se manifeste de multiples façons, au gré des jours et des rencontres, dans la manière d'être à l'égard des autres, particulièrement envers les plus démunis. Chaque jour, le Souffle de Dieu sait soutenir, réconforter, insuffler un nouvel élan lorsque la lassitude ou le doute tentent des'installer. Chaque jour, il est à demeure en nous pour faire surgir une créature nouvelle.

    L'Esprit donne audace et persévérance

        Après la Pentecôte, où les Apôtres ont été les premiers destinataires de l'Esprit, les témoins de la résurrection vont poursuivre la mission de Jésus dans la capitale juive, Jérusalem. Avec le martyre d'Étienne, les membres de l'Église naissante vont se disperser. Ainsi, Philippe, un des sept diacres (Actes 6, 3) se rend en Samarie, en toute connaissance de l'hostilité existant entre les Samaritains et les Juifs. Inspiré, il proclame le Christ, et accomplit des gestes qui font vivre. Les cœurs s'ouvrent et les Apôtres Pierre et Jean vont imposer leurs mains sur ces baptisés qui à leur tour recevront l'Esprit (1ère lecture : le Livre des Actes 8, 5-8.14-17).

        Ce courage de témoigner est évoqué également dans la deuxième lecture (Première lettre de Pierre 3, 15-18). Elle s'adresse à des chrétiens d'Asie Mineure, convertis du paganisme, des chrétiens  que l'Esprit anime et vivifie, et qui sont appelés à manifester à travers leur vie la douceur et le respect, la droiture et un amour authentique, durable et actif, jusque dans l'épreuve. Ainsi ils rendent visible l'espérance qui est en eux.

      Source : Le Feuillet biblique, no 2534. Toute reproduction de ce commentaire, à des fins autres que personnelles, est interdite sans l'autorisation du Centre biblique de Montréal.

    source www.interbible.org

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  • Saint-Sépulcre : quand les découvertes archéologiques concordent avec les récits évangéliques


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  • Entendre le cri de Job et y répondre

    Capture de l’Inca Atahualpa par Pizarro à Cajamarca

    Capture de l’Inca Atahualpa par Pizarro à Cajamarca
    (peinture fantaisiste de Juan Lepiani)

    Le 16 novembre 1532, le conquistador Francisco Pizarro rencontrait l’Inca Atahualpa, à Cajamarca dans les montagnes du Pérou actuel. On raconte que le dominicain Vicente de Valverde aurait tendu la Bible au souverain inca, en l’enjoignant d’obéir à la Parole de Dieu. Ayant rapproché de ses oreilles le livre, mais n’entendant rien, il aurait jeté à terre cet objet qui ne signifiait rien pour lui. Ce jour-là, les conquistadors ont fait prisonnier Atahualpa, en criant au blasphème, et massacré 7000 Incas.

    Cet épisode révèle une terrible trahison à laquelle ont souvent succombé les chrétiens. La Bible est devenue une arme au service des pouvoirs, instrument de carnage et de domination. Une parole de vie mise au service de la mort. La Bible comme la croix accompagnant l’épée, les fusils, les bombes.

    Mais au-delà de cette instrumentalisation de la Bible, comme de la religion en général, à des fins de pouvoir et de richesse, toujours actuelle, cet épisode de la Conquête des Amériques met en scène une attitude commune à trop de chrétiens encore. C’est celle du prêtre espagnol pour qui la Bible n’a pas besoin d’être lue, elle doit être seulement obéie aveuglément. C’est ce qu’on appelle aujourd’hui le fondamentalisme. Le fétichisme de la lettre, du texte. Comme s’il s’agissait de chiffres à additionner pour en avoir la somme. Lecture comptable, déconnectée de la vie, tournant le dos à l’esprit de la lettre (2 Corinthiens 3,6), étrangère à l’herméneutique, pour mieux répéter, asséner comme une arme conquérante, une vérité éternelle.

    La Bible devient véritablement parole de Dieu quand le récit s’entrelace à notre existence et prend chair, quand elle épouse les formes de la vie et du monde. Saint Augustin disait qu’il y a deux livres qui nous permettent de connaître la Parole de Dieu : notre vie et la Bible. L’Action catholique et les communautés ecclésiales de base en Amérique latine se sont mise à cette école : voir-juger-agir – le moment « juger » correspondant à la lecture biblique qui éclaire notre analyse de la réalité et nous aide à agir.

    La Bible se révèle véritablement parole de Dieu quand elle est lue comme s’il s’agissait d’un combat vital, où se joue le sens même de notre existence. Pas une existence coupée du monde, comme nous a y habitués une modernité rationnelle avec son « individu » isolé, sans attaches, autosuffisant. Mais une existence enracinée dans la vie, dans l’histoire, dans le monde dont elle est partie intégrante, et sans laquelle la Bible serait inaudible aujourd’hui.

    Job selon Jacob Jordaens

    Job selon Jacob Jordaens, circa 1620
    Huile sur bois, 52 x 67 cm
    Detroit Institute of Arts

    Le cri de JobLa vie est toujours première, jamais la Bible. C’est elle qui déploie le sens des récits bibliques et qui en fait un livre ouvert jamais achevé. L’histoire de Job en témoigne : un livre dans la Bible qui rappelle que Dieu est toujours au-delà du Dieu de la Bible. Que la parole de Dieu excède ce qu’on peut en dire. Un livre qui empêche la Bible de se refermée sur elle-même.

    Le cri de Job, comme l’épreuve du mal et de l’injustice, le sang innocent, les souffrances, replonge la parole de Dieu dans le silence d’où elle émerge. Il réveille les gestes et les paroles humaines, l’amour et la solidarité, le combat et la résistance – et  la vie dans sa beauté et sa fragilité – comme ce qui doit témoigner que Dieu n’est pas une idole mais Dieu de la vie.

    Le livre de Job met en scène un procès où l’accusé semble être Job accusant Dieu de ses souffrances injustes – et accablé par ses amis, l’accusant de blasphémer contre Dieu. Mais en fait le véritable accusé, c’est le grand absent, Dieu lui-même, avec ses avocats : les hommes du Livre, de la Loi, de la Parole de Dieu devant laquelle on ne peut que se soumettre. Plaidoiries inégales : la fragilité de l’homme face à la toute-puissance de Dieu. D’un côté celle d’une victime innocente, de l’autre celles des représentants de Dieu, de l’ordre divin. Au moment même où l’acquittement semble inévitable, il se produit un coup de théâtre : Dieu, le grand absent, entre en scène, il prend parti contre toute espérance pour Job, pour l’abandonné de Dieu. Pour l’esprit qui vivifie contre la lettre qui tue. Pour la vie contre la fatalité. C’est que la toute-puissance de Dieu a plus à voir avec la fragilité de la vie et avec la liberté qu’avec le pouvoir des rois, qui contrôlent et soumettent leurs sujets à la dure loi de la domination. Elle est puissance infinie de libération, de compassion et de solidarité.

    Ce cri de Job, qui rappelle au cœur de la Bible le silence de Dieu, nous empêche de nous réfugier dans le seul culte, le seul rituel, la seule lecture de la Bible. Il nous anime dans le combat contre l’injustice. Rappelons-nous le cri de Dieu dans Isaïe : « Cri à plein gosier… Le jeûne que j’aime : détacher les chaînes injustes, dénouer les liens du joug, renvoyer libres ceux qui sont maltraités, rompre tous les jougs… » (Isaïe 58, 1-14). Car il revient aux hommes et aux femmes – et non à un livre, fût-il sacré – de rendre présent le Dieu du silence et de la parole, à travers leur vie, leur agir, comme Jésus l’évoque d’une manière si troublante dans la parabole du Jugement dernier (Matthieu 25).

    Qu’est-ce en effet la Bible sinon des histoires qui relatent cette réponse, cette quête, ce combat, en de multiples variantes, en de multiples contextes. Elles n’ont pas pour but de clore le chemin mais de le maintenir ouvert et d’aider à poursuivre ces réponses, ces quêtes, ces combats, personnels et collectifs, aujourd’hui comme demain, en continuant d’écrire au présent la Bible.

    Une parole qui fait vivre

    « J’ai vu la misère de mon peuple… J’ai entendu son cri… » (Exode 3). Alors Dieu se révèle lui-même : « YHWH : Je suis celui qui serai… Va, maintenant, je t’envoie  ». La Bible rend compte, de diverses façons, du déploiement de ce nom divin, qui nous appelle à assumer notre responsabilité humaine, à répondre en son nom aux cris des hommes et des femmes de notre temps. À devenir ce que Caïn à refuser d’être, le gardien de son frère, de sa sœur, de la Terre.

    C’est pourquoi une lecture biblique essentielle, qu’aucune lecture individuelle ne saurait remplacer, consiste à lire en communauté, à pétrir le pain de la parole avec les histoires de nos vies. Alors de ce partage, de ce tissage de récits et d’expériences, du lointain et du proche, surgit le sens comme un souffle qui nous aide à vivre et à agir.

    La meilleure façon, par ailleurs, de rendre inaudible la Bible, c’est de refuser de la traduire pour notre temps, de peur de la trahir. Rester prisonnier de formules anciennes. Attitude paresseuse, conformiste, légaliste. Lire la Bible est exigent au contraire, cela oblige de se rapporter à la vie, de se laisser ébranler par elle. De se mettre aux côtés des laissés-pour-compte. De préférer toujours la liberté à la soumission. Le courage d’être à la peur de vivre. Et d’aimer la parole vivante qui vivifie les mots.

    Dans les années 1937-1938, la grande poète russe Anna Akhmatova a dû, durant dix-sept mois, faire la queue devant les prisons de Leningrad (Saint-Pétersbourg) où était détenu son fils, comme tant d’autres accusés de comploter contre Staline. Elle raconte cet épisode dans la dédicace à son recueil Requiem :  

    Un jour, quelqu’un a cru m’y reconnaître. Alors une femme aux lèvres bleuâtres qui était derrière moi et à qui mon nom ne disait rien, sortit de cette torpeur qui nous était coutumière et me demanda à l’oreille (là-bas, on ne parlait qu’en chuchotant) :
    – Et cela, pourriez-vous le décrire?
    Et je répondis :
    – Oui, je le peux.
    Alors, une espèce de sourire glissa sur ce qui avait été jadis son visage. 

    C’est un miracle que les récits bibliques accomplissent. Ils ont cette puissance de la résurrection : celle de redonner le sourire, le courage, la joie ; celle de sortir de la torpeur, de l’aveuglement, de l’endormissement ; celle de guérir d’une souffrance sans espoir, enfermant vivant dans la mort, et d’engager de nouveau le vivant, le lecteur, l’écoutant – celui ou celle qui était prostré et qui soudain se lève, porté par un souffle – sur les chemins de la vie. Ils ne remplacent pas la vie, mais aident à vivre, à lutter, à mourir. À espérer, contre toute espérance parfois, et à faire notre part. À persévérer dans la beauté et dans la bonté.

    Jean-Claude Ravet

    source www.interbible.org

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  • Célébrer la Parole
    À quel moment ont-ils reçu l'Esprit Saint?
    par Sébastien Doane, bibliste

    Vous savez sans doute que le récit des Actes des Apôtres raconte que la venue de l’Esprit saint a lieu lors de la Pentecôte, soit cinquante jours après Pâques. Mais, avez-vous déjà pris conscience que l’Évangile de Jean propose une chronologie différente? Lire ces deux textes lors d’une même célébration soulève cette question : À quel moment ont-ils reçu l’Esprit Saint? Je vous propose de « remettre les pendules à l’heure » pour voir comment comprendre cette différence.

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    Verset de la semaine
    par Jonathan Bersot, pasteur
    professeur à l'Institut biblique du Québec

    « Le Seigneur est ma lumière et mon salut; de qui aurais-je crainte? Le Seigneur est le rempart de ma vie; devant qui tremblerais-je? J’ai demandé une chose au Seigneur, la seule que je cherche : habiter la maison du Seigneur tous les jours de ma vie, pour admirer le Seigneur dans sa beauté et m’attacher à son temple. Écoute, Seigneur, je t’appelle! Pitié! Réponds-moi! Mon cœur m’a redit ta parole : « Cherchez ma face. »  Psaume (Ps  26 (27), 1, 4, 7-8)

     Les psaumes ont toujours joui d’un statut particulier dans la Bible par le simple fait qu’ils connectent facilement avec le lecteur. En effet, il est assez facile de s’identifier avec la frustration, la crainte, la peur, la tristesse ou la joie du psalmiste qui ouvre son cœur de façon transparente. Ce qui est plus difficile est le décalage entre l’émotion ressentie et la situation vécue. Quand on passe par le deuil, il est logique d’être triste, ou quand on aime, la joie illumine naturellement le cœur. Dans les lectures du lectionnaire du 28 mai 2017, le psaume ci-dessus est suivi d’une deuxième lecture issue de la première lettre de saint Pierre : Si l’on vous insulte pour le nom du Christ, heureux êtes-vous (1 Pi 4.14). La difficulté ici est de se considérer comme heureux quand on est insulté. L’oxymore de la situation a de quoi laisser perplexe. Comment en effet se réjouir de ce qui devrait naturellement nous attrister? Comment se considérer comme heureux quand on nous insulte ouvertement? Le psalmiste est alors d’une aide précieuse, devant par sa proximité avec le lecteur, un exemple de réalisation. En effet, celui que nous considérons comme semblable à nous dans sa gamme d’émotion est aussi celui qui proclame que le Seigneur est lumière et salut, quelles que soient les circonstances : Qu’une armée vienne camper contre moi, mon cœur est sans crainte; qu’une guerre éclate contre moi, j’ai là ma confiance (FBJ Psaumes 27,.3). Sans aucun doute, David à qui l’on attribue la composition du psaume est dans cette grande confiance paradoxale face à la situation. Malgré la menace d’une armée à son encontre, malgré même une guerre contre lui, son cœur reste en paix et serein parce que le Seigneur est sa lumière et son salut. Par extension, aujourd’hui encore, ce psaume nous invite à ne pas forcément vivre l’émotion naturelle de la situation présente, mais à être dans un surnaturel divin qui décale l’émotion par sa simple présence, comme la lumière éclaire, réchauffe et change l’ambiance. Notons enfin que la suite du psaume donne la recette en insistant sur la nécessité de la communion avec le Seigneur au point de désirer d’habiter la maison du Seigneur tous les jours de sa vie. Ce point est encore souligné dans l’expression hébraïque « cherchez ma face » où la face (פָּנֶה, paneh) est le terme idiomatique pour parler de la présence de Dieu. Chercher la face du Seigneur peut être ainsi synonyme de chercher sa présence (face à face). Pour conclure, quand on est dans la présence du Seigneur, la joie peut se substituer à la tristesse et le bonheur peut remplacer la frustration de l’insulte. Bref, sa présence change tout!          

     Jonathan Bersot, pasteur

    source www.interbible.org

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  • Qui a tué Goliath : David ou Elhanân ?

    David terrassant Goliath

    David terrassant Goliath
    Peter Paul Rubens, circa 1616
    Huile sur toile, 123 × 99 cm

    L’histoire du combat de David contre Goliath est légendaire. Ce récit montre que, contre toute attente, les petits peuvent parfois l’emporter sur les plus grands. Voici un bref rappel de cette scène que l’on trouve en 1 Samuel 17,23-50. Goliath y est décrit comme un géant d’une taille « de six coudées et un empan », soit environ 2,90 m; il est équipé d’une cotte de mailles en cuivre d’un poids de « 5000 sicles », soit 57 kg, et la lame en fer de sa lance pèse « 600 sicles », soit plus de 6 kg. Goliath sort du camp philistin et met l’armée d’Israël au défi de trouver un homme suffisamment fort pour gagner un duel déterminant l’issue du combat entre les deux nations. Cette provocation est réitérée pendant quarante jours, matin et soir, dans la vallée d’Elath, la vallée des térébinthes. Finalement, c’est David, jeune berger agréé par Dieu, qui relève le défi lancé par Goliath. Après avoir déclaré qu’il vient lutter contre le géant avec l’appui de Dieu, David lui jette une pierre avec sa fronde. Celle-ci s’enfonce dans le front de Goliath, qui tombe à terre. David lui prend son épée et l’achève, en lui coupant la tête.

    Elhanân et Goliath

    Cette histoire est fondamentale pour la compréhension de la popularité de David, qui est passé de berger à roi d’Israël. Or, la Bible transmet une deuxième tradition à ce sujet.

    15 Il y eut encore un combat entre les Philistins et Israël. David et ses serviteurs avec lui descendirent combattre les Philistins. David se sentit fatigué. 16 Yishbi-be-Nov, qui appartenait aux descendants de Harafa, qui avait un épieu pesant trois cents sicles, poids du bronze, et qui était équipé de neuf, parlait de frapper David. 17 Mais Avishaï, fils de Cerouya, lui vint en aide et frappa le Philistin à mort. C’est alors que les hommes de David l’adjurèrent en disant : « Tu ne sortiras plus avec nous au combat, pour que tu n’éteignes pas la lampe d’Israël. » […]

    19 Il y eut encore un combat contre les Philistins à Gov. Elhanân, fils de Yaaré-Oreguim, de Bethléem, abattit Goliath de Gath, dont la lance avait un bois pareil à une ensouple de tisserand. […]

    22 Ces quatre étaient descendants de Harafa, à Gath, et ils tombèrent sous les coups de David et de ses serviteurs. (2 Samuel 21,15-22)

    Il s’agit du même Goliath, un Philistin qui provient de la ville de Gath. Mais son adversaire se nomme Elhanân et non David. Le premier verset de cette histoire indique que David était fatigué et que ce sont ses serviteurs qui affrontaient les champions des Philistins. On ne connaît pratiquement rien d’Elhanân. Il est un serviteur de David et, comme ce dernier, il est originaire de Bethléem. L’arme utilisée est aussi différente : au lieu du fameux lance-pierre, ici, c’est une lance qui tue Goliath.

    Comment réconcilier ces deux traditions?

    Qui a tué Goliath, David ou Elhanân? Le rédacteur du Premier livre des Chroniques se trouve dans le même dilemme que nous. Pour lever l’ambiguïté, il raconte qu’Elhanân a tué le frère de Goliath (1 Chroniques 20,5). Il est possible que le récit du combat entre David et Goliath ait été, au départ, l’œuvre de l’un des serviteurs de David. On l’aurait ensuite raconté en amplifiant l’exploit accompli et en l’attribuant à celui qui deviendra un grand roi. Car le récit comporte des éléments légendaires qui laissent planer un doute sur son historicité. Au fond, la popularité de ce récit, qui est l’un des plus connus de l’Ancien Testament, est due plus à un message fondamental qu’à la vérité d’un événement historique : la force brute et la grandeur physique ne sont pas toujours garantes de la victoire.

    Extrait de : Sébastien Doane, Zombies, licornes, cannibales… Les récits insolites de la Bible, Montréal, Novalis, 2015.

    Sébastien Doane

    source www.interbible

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  • Fils

    Anastasis

    Jacob bénissant les fils de Joseph
    Rembrandt, 1656
    Huile sur toile, 173 x 209 cm
    Palais Wilhelmshoehe à Kassel, Allemagne
    (photo : Wikimedia Commons)


    Hébreu : ben
    Grec : uios

    La fête des pères permet de réfléchir une fois par année sur le rapport entre un homme et sa descendance. On voit dans les récits bibliques que le fait d’avoir un fils est un enjeu crucial. La filiation biblique ne se résume pas à sa conception biologique. Voici un bref aperçu des autres significations de « fils » dans la Bible.

    Ancien Testament

    Le mot fils est très utilisé dans l’Ancien Testament pour marquer diverses relations. Par exemple, il peut signifier l’appartenance à une espèce animale (fils du gros bétail) ou même à l’espèce humaine « fils d’Adam » (Ps 8,5).

    L’expression « fils de prophètes » revient assez souvent. Il ne faut pas la comprendre comme une personne dont le père était prophète. Dire qu’une personne est « fils de prophète », c’est indiquer qu’il fait partie du groupe de l’ensemble des prophètes.
    Le peuple entier est décrit comme s’il était le fils de Dieu : « Quand Israël était enfant, je l’aimais, et de l’Égypte j’appelai mon fils. » (Os 11,1) Le rapport de filiation à Dieu qui sera important pour Jésus dans le Nouveau Testament est donc déjà présent dans l’Ancien. Le roi est appelé « fils de Dieu » pour marquer sa subordination au Seigneur, mais aussi pour montrer qu’il est son représentant pour le peuple (2 S 7,14). De même, les sujets d’un roi sont appelés « fils du roi ».

    Nouveau Testament

    La filiation peut être une façon de qualifier une personne bonne ou mauvaise. Ainsi on peut être « fils de lumière » (1 Th 5,5) ou « fils de perdition » (2 Th 2,3 ; Jn 17,12). Dans un passage très fort, Matthieu 23,15 utilise même l’expression « fils de la géhenne » pour indiquer que les scribes et pharisiens mènent ceux qui les suivent à leur propre perte. À l’inverse, Luc 20,36 utilise l’expression « fils de Dieu » et « fils de résurrection » pour donner une image positive de l’au-delà.

    Pour aller plus loin, allez voir ce que veut dire « fils de Dieu » et « fils de l’homme » pour mieux comprendre comment est présenté Jésus.

    À la fête des Pères, honorez celui qui vous a donné la vie. Cependant, n’oubliez pas que vous avez aussi d’autres rapports de filiation. Dans la perspective biblique, nous sommes tous et toutes fils et filles de Dieu.

    Sébastien Doane

    source http://www.interbible.org/

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  • Bienvenue à Jérusalem

     source https://www.youtube.com/watch?v=2OmdGIH9sXo

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  • Telle une Torah nouvelle...

    Christ en majesté, parchemin éthiopien de la fin du XVIIe siècle, British Library. Entourant Jésus, les quatre évangélistes apparaissent sous la forme de leurs symboles respectifs.

    Christ en majesté, parchemin éthiopien de la fin du XVIIe siècle,
    British Library. Entourant Jésus, les quatre évangélistes
    apparaissent sous la forme de leurs symboles respectifs.

     New craignez rien : Matthieu 10, 26-33

    Autres lectures : Jérémie 20, 10-13; Psaume 68(69); Romains 5, 12-15

     Afin de présenter Jésus avec l’autorité d’un nouveau Moïse, l’évangéliste Matthieu organise les divers enseignements de celui-ci en cinq grands discours qui structurent son évangile, calquant ainsi la tradition juive qui attribuait à Moïse la rédaction des cinq livres de la Torah 1.

    Le discours apostolique

        Premier de cette série, le « Sermon sur la montagne » est sans doute le plus familier de ces cinq grands discours de Jésus qui parcourent le premier évangile. Mais c’est de son deuxième discours, appelé le « discours apostolique » ou « missionnaire », qu’est tiré l’évangile de ce dimanche. Ce discours consiste en une série d’instructions que Jésus donne aux Douze à l’occasion de leur envoi en mission, eux qu’il a d’abord investis de pouvoirs semblables aux siens : ceux d’expulser les esprits impurs et de guérir toute maladie et infirmité (Mt 10,1).

        Dans la logique interne de l’évangile de Matthieu, cette délégation de pouvoirs et cet envoi des Douze naissent du regard compassionnel de Jésus sur ces foules accablées en attente de berger et suivent son appel aux ouvriers plus nombreux pour la moisson abondante du Père (Mt 9,36-38).

        De ce discours 2, la liturgie dominicale ne retiendra malheureusement que très peu de versets omettant, par exemple, ce qui précède immédiatement l’extrait d’aujourd’hui et qui constitue pourtant le cœur même de tout le discours apostolique, sa clé d’interprétation en quelque sorte. Il vaut la peine de lire ces versets avant de s’attaquer à l’évangile d’aujourd’hui.

    Le disciple n’est pas au-dessus de son maître, ni le serviteur au-dessus de son Seigneur. Il suffit que le disciple soit comme son maître, et le serviteur, comme son Seigneur. Si les gens ont traité de Béelzéboul le maître de maison, ce sera bien pire pour ceux de sa maison (Matthieu 10,24-25).

        Tel maître, tels disciples! Les Douze sont prévenus. S’ils sont investis de pouvoirs semblables à ceux de leur maître, si leur mission est aussi d’annoncer l’imminence du Royaume des cieux aux brebis perdues de la maison d’Israël (Mt 10,6-8), ils doivent s’attendre à connaître une parenté de sort avec Jésus, c’est-à-dire à subir de possibles oppositions, persécutions et même la mort, à cause de lui.

    Le comportement attendu

        Une fois servi l’avertissement général de la nécessaire identité des disciples au Maître à travers la persécution, le message de Jésus se transpose sur le plan plus concret du témoignage à lui rendre. Le motif de la « crainte » scande le triple message de l’évangile d’aujourd’hui. 

    Ne craignez pas les hommes… (Matthieu 10,26-27)

        « Tout finit par se savoir ». Se servant probablement d’une maxime populaire de son temps – et de tous les temps – Jésus l’applique à la vérité de l’Évangile. Ce que les disciples ont entendu au creux de l’oreille, ce qu’ils ont saisi au cœur de leur vie de la puissance du Christ, il leur faut en rendre témoignage, le proclamer sur les toits. C’est un appel à ne pas être frileux dans l’annonce de l’Évangile malgré les répercussions possiblement négatives que celle-ci occasionne.

    Ne craignez pas ceux qui tuent le corps… craignez plutôt Dieu… (Matthieu 10, 28-31)

        Le courage du témoignage, livré même au prix de leur propre vie, les disciples le trouveront d’abord dans leur confiance inébranlable dans l’amour du Père qui veille sur eux. Un argument a fortiori, outil fréquemment utilisé dans la rhétorique biblique, appuie la conviction : si Dieu prend soin des moineaux, combien plus prendra-t-il soin des disciples qui donnent leur vie pour Lui ? Il y a ici une allusion certaine aux persécutions – pouvant aller jusqu’au martyre - que connaissent déjà les chrétiens au temps de l’évangéliste ! Ceci n’empêche pas Jésus d’avoir pu prononcer de telles paroles aux Douze ; les contemporains de Matthieu, dans leur souffrance, trouveront d’autant plus de réconfort dans le rappel de ces paroles de leur Maître.

    Dans la perspective du jugement final (Matthieu 10,32-33)

        Enfin, c’est dans la perspective du jugement final que les disciples trouveront le courage de rendre témoignage au Christ envers et contre tout. Jésus les assure de leur servir d’avocat au ciel lorsque chacun paraîtra devant Dieu, motivation supplémentaire pour galvaniser l’ardeur des disciples en période de persécutions où, inévitablement, certains seront tentés de taire leur appartenance au Christ pour en fuir la souffrance associée.

    Destinataires du message ?

        Est-ce simplement aux Douze que le discours apostolique de Jésus, avec ses avertissements de persécutions, est destiné? Les Douze tiennent certainement une place de modèles missionnaires dans l’imaginaire des communautés chrétiennes de chaque époque, mais ce n’est pas du temps où ils marchaient avec Jésus en Palestine qu’ils connaîtront ces situations visées par le discours, mais bien lorsque commencera la prédication chrétienne après la Résurrection du Christ. Est-ce donc plutôt aux missionnaires contemporains de Matthieu déjà aux prises avec les persécutions juives et romaines à la fin du premier siècle que ce discours s’adresse? Est-ce encore à nous aujourd’hui ? Très certainement à ces trois types d’auditeurs du message de Jésus, à toute époque de l’ère chrétienne, de l’Apôtre éminent au plus humble disciple qui témoigne de son appartenance au Christ.

        Le discours apostolique - et surtout l’extrait d’aujourd’hui - nous remet en présence du paradoxe mystérieux de la mission chrétienne, à savoir que l’annonce de la Bonne Nouvelle suscite l’hostilité, que l’amour de Dieu offert engendre parfois une réponse haineuse contre ceux qui en sont les porteurs. Le sang des martyrs de chaque siècle d’Église témoigne de ce paradoxe.

    1 La Torah écrite, soit les cinq premiers livres de la Bible, formant un ensemble qu’on appelle aussi le Pentateuque.

    2 Le discours apostolique s’étend de Mt 10,5 à 10,42, le verset suivant (Mt 11,1) contenant la formule conclusive par laquelle Matthieu marque la fin de chacun de cinq discours de Jésus : « Or, quand Jésus eut achevé ces instructions… » (comme en Mt 7,28 ; 13,53 ; 19,1 et 26,1).

    Patrice Bergeron, bibliste

     Source : Le Feuillet biblique, no 2539. Toute reproduction de ce commentaire, à des fins autres que personnelles, est interdite sans l'autorisation du Centre biblique de Montréal.

     source http://www.interbible.org

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  • La basilique du concile de Nicée retrouvée sous les eaux ?

                                                                                                     © TRTHABER.COM
                                                          Les vestiges de la basilique visibles sous l'eau.
     
    En Turquie, les vestiges d'une impressionnante construction religieuse ont été retrouvés immergés dans les eaux du lac d'Iznik. Selon les dernières hypothèses, il pourrait s'agir d'une basilique étroitement liée au concile historique de Nicée.

    La découverte remonte à 2014, mais elle continue de nourrir les hypothèses et les débats les plus passionnés. Les vestiges retrouvés dans le lac d’Iznik — autrefois Nicée — dans la province de Bursa en Turquie, serait-il liés à l’événement considérable que fut le premier concile de Nicée qui se tint en 325 à l’initiative de l’empereur Constantin ? C’est en effet l’une des pistes sérieuses sur laquelle travaille historiens et archéologues depuis qu’une photographie aérienne a permis de découvrir ce qui ressemble bien aux fondations d’une basilique, reposant à 20 mètres des rives du lac d’Iznik par une profondeur inférieure à 2 mètres. Le bâtiment se serait effondré en l’an 740, lorsqu’un violent tremblement de terre avait ravagé cette région de Bythinie.  LIRE LA SUITE ICI

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