•  ACTUALITÉS

    Hébron bientôt inscrite au patrimoine mondial en péril ?


    par Christophe Lafontaine |  

    Quand Hébron, symbole du conflit israélo-palestinien, rêve de devenir patrimoine mondial de l'Unesco © Gershon Elinson /Flash90

     Les Palestiniens veulent placer Hébron sur la liste du patrimoine mondial en danger. La vieille ville qui abrite le Tombeau des Patriarches est l'un des 35 sites concernés par un vote de l'Unesco prévu début juillet.

     Après Jérusalem, les Palestiniens présentent à l’Unesco une résolution sur Hébron. La vieille ville, et le Tombeau des Patriarches qu’elle abrite, pourrait devenir le troisième site culturel de « l’Etat de Palestine » à figurer sur la « Liste du patrimoine mondial en péril » de l’Unesco. En avril dernier, une demande de l’Autorité palestinienne visait à inscrire cette ville en tant que site palestinien protégé. En qualifiant le lieu comme menacé, l’Autorité palestinienne a fait accélérer en urgence l’ajout du site à la liste des 35 lieux sur lesquels le Comité du patrimoine mondial de l’Unesco devrait se prononcer entre le 2 et 12 juillet. Pendant sa 41e session à Cracovie, en Pologne.

    Déjà deux autres sites palestiniens sont venus grossir la liste dans le passé. Il s’agit du lieu de naissance de Jésus à Bethléem et du « paysage culturel du sud de Jérusalem », autour de Battir. De fait, les terrasses cultivées et le réseau d'irrigation sont classés au patrimoine mondial depuis 2014.

    Nul besoin d’être grand clerc pour comprendre que la polémique est vive. Hébron sous tension permanente est une ville-symbole du conflit israélo-palestinien. Elle se situe en Cisjordanie, à trente kilomètres au Sud de Jérusalem. Elle est placée sous contrôle de l’autorité palestinienne. Cependant, une partie du centre de la ville ainsi que le caveau des Patriarches est sous contrôle militaire israélien. Considéré comme le centre spirituel de la ville de Hébron, le Tombeau des Patriarches est sacré pour les musulmans et représente le deuxième lieu saint des juifs. Le monument abrite des cénotaphes construits au-dessus de tombes attribuées aux patriarches bibliques Abraham, Isaac, Jacob et à leurs épouses Sarah, Rébecca et Léa. Un édifice accolé au mur sud-ouest abrite un cénotaphe attribué à Joseph. L'ensemble est considéré comme le centre spirituel de la ville de Hébron. Le lieu est divisé en une mosquée et une synagogue.

    Etant donné la majorité automatique des Etats arabes dans les forums internationaux, la proposition palestinienne sera probablement acceptée, fait savoir le Times of Israel. Et comme le rapporte le Jerusalem Post, l’Autorité palestinienne réclame l’inscription des lieux sur la liste du Patrimoine mondial en péril de « l'Etat de Palestine » en raison de « détails alarmants concernant les violations israéliennes à Al-Khalil (Hébron), dont des actes de vandalisme, des dégradations et d’autres attaques ». De son côté Israël dément toute dégradation et y voit un geste politique sous couvert d’intérêts culturels. L’Etat hébreu a d’ailleurs pris une décision « de principe et de stratégie », a affirmé l’ambassadeur israélien à l’Unesco, Carmel Sharma HaCohen. « L’Etat d’Israël ne prendra pas part et ne légitimera aucun geste politique palestinien sous prétexte de culture et de patrimoine », a-t-il ajouté. Plusieurs associations juives ont déjà protesté contre le vote. « Ce n’est que la dernière action cynique des Palestiniens pour effacer l’histoire juive en transformant les lieux les plus saints du judaïsme, dont le Mur Occidental, le Tombeau de Rachel et le Tombeau des Patriarches en lieux musulmans », a déclaré le Centre Simon Wiesenthal dans un communiqué. Dans une lettre adressée à la directrice générale de l’Unesco, Irina Bokova, la Conférence des présidents des organisations juives américaines a déclaré que les revendications palestiniennes sur Hébron « regorgent de fausses informations et d’accusations infondées », et l’a appelée à empêcher l’organisation du vote.

    Position de VIP

    Dans la perspective de ce vote de l’Unesco sur Hébron, Israël a fermé l’accès à la ville vendredi dernier à une mission d’enquête du Conseil international des monuments et des sites qui voulait accéder au lieu saint. Le Premier ministre Benjamin Netanyahu a de fait refusé de leur accorder les autorisations demandées. L’Etat hébreu affirme que la commission d’experts est une perte de temps. Les dés seraient selon lui déjà jetés. « Parce que, contrairement aux demandes des autres pays, où les opinions des experts ont un impact important, les Palestiniens se sont créés une position de VIP pour inscrire un site parmi les plus importants du judaïsme, par une campagne fondée sur des mensonges contre les Juifs et contre leur Etat », a expliqué l’ambassadeur d’Israël à l’Unesco.

    Ce vote intervient alors que les relations entre l’Etat hébreu et l’Unesco sont pour le moins déjà froides. Pour mémoire, l'Unesco a adopté en mai dernier une résolution sur le statut de la ville de Jérusalem. Le texte stipule que « toutes les mesures (…) prises par Israël, une puissance occupante, qui ont altéré ou visent à altérer le statut de la ville sainte de Jérusalem » seront « nulles et non avenues et doivent être annulées ». Cette résolution dénonçait la loi d’annexion de Jérusalem-Est conquise en 1967 par Israël.

    source http://www.terrasanta.net/

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  • Avec un peu de retard voici...

    L’amitié dans la Bible

     Kévin Boucaud-Victoire | 30 juillet 2017

    Public Domain
    En cette journée internationale de l'amitié, nous vous proposons de réfléchir à cette relation à travers dix versets de la Bible.

    Le 27 avril 2011, l’Assemblée générale des Nations unies décide que le 30 juillet sera la journée internationale de l’amitié. L’occasion de réfléchir à cette relation, en tant que chrétien. Si nous avons tendance à insister sur les relations familiales, nous oublions souvent que la Bible accorde une vraie importance à l’amitié, qui peut être plus forte que n’importe quel lien de sang. Quelques exemples d’amitiés sont d’ailleurs mis en avant. Le plus célèbre est évidemment celui de David et du prince Jonathan. À la mort du fils de Saül, le futur roi d’Israël s’écrit : « J’ai le cœur serré à cause de toi, mon frère Jonathan. Tu étais plein d’affection pour moi, et ton amitié pour moi était merveille plus grande que l’amour des femmes ! » (II Samuel 1, 26). La lecture des Évangiles révèle aussi que l’amitié tient une place importante dans la vie de Jésus. Citons par exemple Marthe et Marie de Béthanie et leur frère Lazare. Quand celui-ci décède, le Christ pris de peine décide d’aller le ressusciter et explique à ses disciples : « Lazare, notre ami, s’est endormi ; mais je vais aller le tirer de ce sommeil » (Jean 11, 11). Et il y a bien entendu les douze apôtres, dont Jean, celui « que Jésus aimait » (Jean 21, 6) et qui le suit jusqu’à la Croix. Voilà pourquoi nous vous présentons dix versets pour réfléchir au sens de l’amitié.

    « Or dès que David eut fini de parler à Saül, Jonathan s’attacha de toute son âme à David et il l’aima comme lui-même. »

    I Samuel 18, 1

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  • ACTUALITÉS

    Des archéologues pensent avoir trouvé le lieu de naissance de l’apôtre Pierre

    Menahem Kahana | AFP

    Des archéologues estiment avoir découvert les ruines de Bathsaïde, village où sont nés, selon les Évangiles, les apôtres Pierre, André et Philippe.

    Selon l’AFP, une équipe d’archéologues israéliens et américains pense avoir découvert le lieu de naissance de trois apôtres, dont Pierre. Mordehaï Aviam, du Kinneret College, l’institut universitaire du lac de Tibériade, estime en effet avoir repéré l’ancienne localité romaine de Julias, construite sur les ruines de Bathsaïde, village de pêcheurs sur les bords du lac de Tibériade où, selon les Évangiles, Pierre, son frère André et leur ami Philippe sont nés et ont vécu.

    Si la mort de l’apôtre Pierre, en martyr à Rome sous Néron, annoncée dans l’Évangile de Jean (21, 19) est largement connue, on oublie plus volontiers où il a vu le jour. Ce même évangile nous enseigne que les deux « fils de Jonas », Simon – qui deviendra Pierre au contact du Christ – André et Philippe vivent à Bathsaïde (Jean 1, 44), située à côté du lac de Tibériade, quand ils rencontrent Jésus. Mais selon l’historien romain Flavius Josèphe, vers l’an 30, le roi Hérode Philippe II décide de construire à la place du village de pêcheurs une ville plus importante et fortifiée, qu’il nomme Julias en l’honneur de Livie, femme de l’empereur Auguste décédée l’année précédente. Il lui accorde le statut assez enviable de polis, qui lui permet de s’organiser elle-même et s’y installe. Elle est détruite une première fois durant la Grande révolte juive, qui se déroule entre 66 et 73 après J.-C. Elle est cependant reconstruite avant de définitivement disparaître durant l’Antiquité, à cause d’un tremblement de terre et d’une inondation.

    La nécessité de nouvelles fouilles  

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  • ARTS & VOYAGES

    Le Temple des lions ailés, vestige du passé mystérieux de la Jordanie

     
    À l'époque des Nabatéens a été édifié un temple des plus impressionnants de Jordanie, à Petra.

    Au cours de l’année 2016, la Jordanie a accueilli plus de six millions de visiteurs. C’est 33,5 % de plus que l’année précédente. Le royaume hachémite s’attache désormais à promouvoir ses destinations touristiques religieuses, issues notamment de son patrimoine chrétien, les plaçant au centre de la stratégie du gouvernement pour augmenter encore le flot de touristes étrangers. Mais le pays abrite également des monuments appartenant à un passé mystérieux, à la lointaine époque où les Nabatéens contrôlaient le commerce de l’encens dans un empire s’étendant de Damas à la chaîne des monts Sarawat, à l’ouest de l’Arabie saoudite actuelle. Le grandiose Temple des lions ailés est assurément l’un des monuments les plus impressionnants datant de cette période.

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  • ACTUALITÉS

    Une mosaïque byzantine retrouvée porte de Damas à Jérusalem


    par Marie-Armelle Christien |  24 août 2017

    David Gellman des Antiquités israéliennes devant l'inscription byzantine qu'il a découverte
    ©Nadim Asfour/CTS

    A l’occasion de travaux porte de Damas, une inscription grecque a été retrouvée quasi intacte à Jérusalem. Son état de conservation en dépit des travaux répétés de ces dernières années est exceptionnel. 


     (Jérusalem) - Une mosaïque byzantine de 1500 ans a été dévoilée à la presse hier 23 août. Elle a été découverte à la mi-juin à proximité de la Porte de Damas. Les ouvriers d’une compagnie téléphonique effectuaient des travaux de câblage. Comme il est d’usage en Israël dès lors que l’on creuse un trou de plus de 70 centimètres de profondeur, un archéologue du département des Antiquités israéliennes avait fait le déplacement. "Après exploration, je m’apprêtais à autoriser la poursuite des travaux quand, au milieu des tuyaux et des câbles, l’inclinaison de tesselles de mosaïque m’intriguèrent", a déclaré David Gellman. Nettoyant autour, il s’aperçut qu’il ne découvrait pas seulement une mosaïque mais une inscription.

    Suspension des travaux pour la compagnie de téléphone et ouverture d’un chantier de fouilles pour les Antiquités. La mosaïque une fois dégagée a été emportée au musée Rockfeller où se trouve le département des mosaïques. Hier, mercredi, la presse - dont le site Terrasanta.net - était invitée à venir la photographier.

    Devant les photographes et les journalistes, les archéologues humidifiaient les tesselles pour mieux révéler leurs couleurs. Sur fond blanc, l’inscription en noir a été déchiffrée par Leah Di Segni, de l'université Hébraïque de Jérusalem. "A l'ère de notre empereur le très pieux Flavius Justinien, cet ouvrage est également celui de Constantin, prêtre et père abbé qui aime le plus notre Dieu , établi et élevé à la 14e indiction." Il s'agirait d'une plaque commémorative de l'inauguration d’un bâtiment, en 550/551 après J.-C. L'indiction est une ancienne méthode pour compter les années.

    D'après David Gellman, directeur des fouilles pour les antiquités israéliennes, la porte de Damas a servi pendant une centaine d'années comme principale  accès au nord de la vieille ville. La mosaïque commémore certainement la construction d’un hospice pour pèlerins édifié alors que le christianisme était florissant. L'empereur Flavius Justinien est également à l'origine de la construction de la Néa, appelée aussi Sainte-Marie-Mère-de-Dieu ou Sainte Marie-la-Neuve, à l’époque la plus grande église de Jérusalem. Quant à Constantin il en était le père abbé.

    Comme l’a rappelé la professeure Di Segni :  "On trouve dans la Néa une inscription similaire à celle retrouvée ce matin".  Et de poursuivre : "Cette nouvelle inscription nous aide à comprendre les projets de construction de Justinien à Jérusalem, spécialement ceux de la Néa. La rare combinaison des trouvailles archéologiques et des sources historiques, tissées ensemble, est un témoignage incroyable. Ces informations jettent sur le passé de Jérusalem une lumière nouvelle."

     source http://www.terrasanta.net

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  • Présentation du livre de Judith 1/3

    Judith et Holopherne

    Judith et Holopherne
    Pedro Américo (1843–1905) 
    Huile sur toike, 229 × 141,7 cm 
    Museu Nacional de Belas Artes

    Le récit | Historicité et genre littératire | Personnages principaux

    Le livre de Judith fait partie des livres dits « deutérocanoniques », qui nous sont parvenus par l’intermédiaire du canon de la Bible grecque, la Septante. Il n’est donc pas reconnu comme canonique dans la tradition juive ainsi que dans les Églises issues de la Réforme. Il s’agit d’un écrit tardif, rédigé à la période hellénistique, plus précisément à l’époque hasmonéenne [1] (142-63 av. J.-C.). Le texte, en grec, est peut-être la traduction d’un original araméen ou hébreu, aujourd’hui perdu. En effet, en plus du témoignage de Jérôme de Stridon qui affirme avoir travaillé sur un original araméen, on relève de nombreux hébraïsmes qui pourraient être les indices d’une traduction très littérale.

    Si peu de personnes ont lu le livre de Judith, l’image de l’héroïne coupant ou brandissant la tête ensanglantée du général ennemi Holopherne est présente dans bien des esprits tant elle a été représentée à travers les siècles [2]. Cependant, le récit biblique est en général bien peu connu. Manifestement, le meurtre du général assyrien par la séduisante veuve de Béthulie est porteur d’une symbolique si puissante qu’elle a conduit à occulter peu à peu le récit [3].

    Le livre se compose de deux parties [4]. Dans la première (1–7), c’est Nabuchodonosor, roi d’Assyrie qui est à l’initiative des événements et décide de partir en campagne contre les peuples de l’ouest qui n’ont pas répondu à son appel lors d’une expédition contre un de ses ennemis, Arphaxad (1,1-12). Le narrateur décrit alors la progression inexorable de la redoutable armée assyrienne, le général Holopherne à sa tête, tuant, brûlant et forçant les populations à adorer Nabuchodonosor comme un dieu. Elle arrive en Judée et met le siège devant Béthulie, présentée comme la ville qui défend l’accès à Jérusalem et à son Temple. Privés d’eau, les habitants de Béthulie et ses dirigeants parlent de se rendre si aucun secours ne leur est parvenu dans un délai de cinq jours.

    C’est alors que Judith, protagoniste de la seconde partie (8–16), entre en scène et annonce aux anciens que « le Seigneur visitera Israël par son entreprise » (8,33). Après avoir prié, Judith revêt ses plus beaux atours et, se faisant passer pour une transfuge, s’introduit dans le camp assyrien, accompagnée de sa servante. Elle séduit le général Holopherne et, profitant de son ivresse, lui coupe la tête. Les deux femmes regagnent ensuite Béthulie avec la tête d’Holopherne dans leur panier à provision. Elles sont accueillies par une explosion de joie et de louanges ; tous y voient l’œuvre de Dieu. Privée de son chef dont la tête se balance aux remparts de Béthulie, l’armée assyrienne se débande. Le récit se termine par le pillage du camp assyrien, suivi par une action de grâce généralisée et par un sommaire relatant la fin de la vie de Judith.

    Au centre de l’intrigue se trouve l’action de Judith qui fait basculer le récit, amenant les habitants de Béthulie, et par conséquent de Jérusalem, de la perspective d’une défaite probable à la victoire totale sur les Assyriens.

    [1] Pour une présentation détaillée, voir par ex. A.-M. Dubarle, Judith. Formes et sens des diverses traditions (AnB 24/1 et 2), Rome, 1966 ; C. A. Moore, Judith. A new translation with introduction and commentary (AB), New York, 1985 ; J. Auneau, « Le Livre de Judith »dans J. Auneau (dir.), Les psaumes et les autres écrits (PBSB AT 5), Paris 1990, 367-379,p. 371-372 ; C. Nihan, « Judith », dans T. Römer, J.-D. Macchi, C. Nihan (éd.), Introduction à l’Ancien Testament, Genève, Labor et Fides, 2004, p. 623-624 ; C. Vialle, « Le Livre de Judith ou la victoire improbable », dans J.-M. Vercruysse (éd.) Le livre de Judith (Graphè,23), Arras, Artois Presses Université, 2014, p. 13-30.

    [2] Pour Judith dans l’art, voir M. Stocker, Judith : Sexual Warrior : Women and Power in Western Culture, New Haven, 1998.

    [3] Sur ce glissement progressif et ses évolutions dans la littérature française, voir J. Poirier, Judith. Échos d’un mythe biblique dans la littérature française (Presses universitaires de Rennes), Rennes, 2004.

    [4] Sur cette structure, que l’on retrouve chez la plupart des commentateurs, voir notamment T. Craven, Artistry and Faith in the Book of Judith (SBL.DS 70), Chico (Ca), 1983, p. 53 ; 60-63.

    Catherine Vialle

    source http://www.interbible.org

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  • Quand U2 commente les psaumes

    Psaume 62,2-6.8-9
    22e Dimanche du temps ordinaire (Année A)

    source

    (photo©Wikipédia)

    Saviez-vous que Bono, le chanteur du groupe rock U2, a écrit une introduction au livre des psaumes? Dans celle-ci, il affirme être devenu, dès l’âge de 12 ans, fan de David, celui à qui on attribue la composition de plusieurs psaumes. Pour Bono, David est un personnage plus grand que nature qui a une vie pleine de contradictions. Il était la rock star de l’Ancien Testament. Ses psaumes expriment ses émotions, un peu comme un chanteur qui fait du blues. Bono admire l’honnêteté, l’authenticité et l’audace du psalmiste qui reste en relation avec Dieu, même lorsqu’il est en colère contre lui.

    Quand U2 commente les psaumes - OCQLe psaume (62) proposé par la liturgie de ce dimanche nous aide à mettre des mots sur la recherche de Dieu. « Dieu, tu es mon Dieu, je te cherche dès l’aube : mon âme a soif de toi... » Au-delà de la beauté de ce verset, il nous rappelle quelque chose de fondamental pour la vie spirituelle : le mouvement. Le psalmiste ne dit pas qu’il a trouvé Dieu. Au contraire, il est en recherche, il a soif. Dès l’aube, il part en quête de lui. Rares sont les liturgies qui s’attardent aux psaumes. Pourtant, comme pour Bono, ces chefs-d’œuvre poétiques et musicaux peuvent nous inspirer aujourd’hui dans notre vie spirituelle. 

    Sébastien Doane
    Bibliste, OCQ

    source http://officedecatechese.qc.ca

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  • Historicité et genre littéraire du livre de Judith 2/3

    Livre de Judith

    Le récit | Historicité et genre littératire | Personnages principaux

    Le livre de Judith se présente à la manière d’un livre historique : on y donne des dates précises (1,1.13 ; 3,10, etc.), des lieux tels que Ninive et Ecbatane (1,1), Damas (1,7), Jérusalem (4,2) et il est fait mention de personnages historiques tel Nabuchodonosor. Cependant, pour plusieurs raisons il n’est pas possible de tenir le livre de Judith pour un livre historique. Ainsi Nabuchodonosor est présenté comme le roi de Ninive alors que sa capitale est Babylone. C’est lui qui assiège et vainc Jérusalem en 587 av. J.-C. Il n’a pas pu régner sur Ninive puisque la ville est détruite en 612 av. J-C, soit sept ou huit ans avant qu’il ne devienne roi. À l’époque de Nabuchodonosor, un roi règne sur le Royaume de Juda, un certain Sédécias. Or, l’histoire de Judith semble se dérouler durant la période post-exilique, à une époque où il n’y a plus de roi (4,3.6 ; 5,18-19). Les historiens n’ont retrouvé aucune trace d’un roi des Mèdes nommé Arphaxad et la ville d’Ecbatane a été conquise par Cyrus le Grand en 554 av. J-C et non par Nabuchodonosor. La ville de Béthulie n’est mentionnée nulle part ailleurs dans la Bible et l’on n’en a retrouvé aucune trace, ni dans les écrits anciens, ni parmi les vestiges archéologiques. Notons qu’un des premiers à remettre en question l’historicité de Judith fut Martin Luther qui le considéra comme un poème et une fiction allégorique.

    La plupart des commentateurs voient dans le livre de Judith un écrit à tendance didactique, un roman ou une nouvelle théologique. Autrement dit, son but serait d’enseigner le lecteur ou l’auditoire.

    De nombreuses traditions bibliques y sont reprises et commentées ou librement adaptées : ainsi en est-il du meurtre de Siséra par Yaël en Jg 4,17-24, du combat de David contre Goliath (1 S 17), du viol de Dina par Sichem (Gn 34) ou du récit de l’Exode (Ex 1–15). Le parallèle est particulièrement frappant entre le récit de Judith et le texte de 1 M 7,39-50, où Judas Maccabée, agissant comme Judith au nom du Temple de Jérusalem, met en déroute l’armée ennemie après avoir tué Nikanor dont il tranche la tête qu’il suspend à la vue de tous à l’extérieur de l’enceinte de Jérusalem.

    Par ailleurs, le récit qui met aux prises d’une part, Nabuchodonosor, caractérisé comme l’ennemi archétypique d’Israël et de son Dieu, et d’autre part, Judith, la juive, représentante d’Israël et agissant au nom de Dieu, comporte des traits apocalyptiques. L’ironie y joue également un grand rôle.

    Catherine Vialle

    source http://www.interbible.org/

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  • Noémi : une leçon de résilience

    Noémi

    Noémi
    Gertrude Crête, SASV
    encres acryliques sur papier, 2000
    (photo © SEBQ) 

    Lire le livre de Ruth

    Partie avec son mari et leurs deux fils pour les Champs de Moab parce que, ironiquement, une famine sévissait dans la « Maison du Pain » (sens du nom Bethléem), Noémi rentre avec sa belle-fille Ruth. Morts, les hommes de la famille! La vie a basculé dans l’amertume pour Noémi au point que son identité en est ébranlée. « Est-ce bien là Noémi? » s’exclament les femmes de Bethléem en la voyant. Elle leur répond de ne plus l’appeler Noémi, « ma douceur »,  mais Mara, l’« amère » (Rt 1,19-21). Et sa plainte en dit long sur sa manière de voir les choses : elle tient Dieu pour responsable de ses malheurs. Elle s’inscrit ainsi dans cette vieille mentalité biblique selon laquelle tout vient de Dieu, le bonheur comme le malheur. Si tout est ainsi fixé par Dieu, aussi bien se laisser aller à une passivité résignée, non?

    La femme dans les coulisses

    Eh bien non! Car la vie continue malgré tout. Et la solidarité des deux femmes permettra de surmonter le malheur. Ruth, fidèle à la mission que porte son nom, « l’amie », se propose d’assurer leur subsistance à toutes deux en partant glaner dans les champs.

    Certes, on s’attend à ce que Ruth prenne une part active au récit dont elle est l’héroïne. Mais on peut se demander si, tout compte fait, Noémi ne serait pas la vraie protagoniste de l’histoire. Tout d’abord, notons comment Ruth elle-même se soumet à son autorité en obéissant à tous ses conseils. Ensuite, même si elle reste cantonnée à la maison, elle infléchit au moment opportun le cours des événements. Car elle sait tirer parti des informations qu’elle détient et suggérer la bonne action au bon moment.

    Le hasard faisant bien les choses − ce qui n’a rien de surprenant dans un conte, ce qu’est le livre de Ruth d’un point de vue littéraire − Ruth va justement glaner dans les champs de Booz [1]. C’est ce que Noémi découvre en questionnant sa bru à son retour des champs. Elle s’empresse aussitôt de l’informer que cet homme est un parent du côté de son défunt mari et qu’il a un droit de rachat sur elles (2,20). Le texte juxtapose en fait ici deux traditions, la loi du rachat (devoir de racheter des parents réduits à l’esclavage par la pauvreté, ou encore leurs biens) et la loi du lévirat (devoir d’épouser la veuve de son frère ou d’un parent proche pour lui assurer une descendance). Noémi encourage donc Ruth à continuer de fréquenter les champs de Booz.

    Et passe la saison de la moisson de l’orge, puis de celle du blé. Il y a urgence à agir, car bientôt les deux femmes seront sans recours.

    Un stratagème audacieux

    Noémi se sent une vraie responsabilité pour sa belle-fille et la veut heureuse (3,1). Elle lui suggère donc un habile stratagème. Booz, comme c’est la coutume, dormira sur l’aire la nuit où l’orge est vannée. Lavée et parfumée, Ruth devra discrètement découvrir ses pieds et se coucher près de lui (3,4). L’idée peut nous sembler bizarre ; il s’agit en fait d’un geste très audacieux et fort compromettant. En effet, dans la Bible, les pieds sont parfois un euphémisme pour les organes génitaux masculins [2]. Le plan de Noémi équivaut en fait à risquer le tout pour le tout. Booz ne se formalise pas de l’initiative de Ruth et ne profite pas non plus de la situation. Il entre plutôt en dialogue avec elle et accepte d’étendre sur elle un pan de son manteau, autrement dit de l’épouser.

    Après quelques rebondissements, Booz prend Ruth pour femme et bientôt elle conçoit et enfante un fils. Les femmes de Bethléem s’adressent une nouvelle fois à Noémi, comme si elle était la première concernée par cet événement. Et en fait, oui, peut-être l’est-elle. En épousant Booz, Ruth a consenti à donner une descendance à ses premiers beaux-parents. Et nommant elles-mêmes l’enfant, les femmes intègrent pleinement cette étrangère dans le peuple d’Israël et en font une ancêtre du grand roi David (4,17.22). Et elles ont bien raison de dire que oui, « il est né un fils à Noémi » (4,17). La résilience et l’intelligence de Noémi ont chassé toute amertume et fait triompher la vie.

    [1] Son nom, qui signifie « en [lui] la force », est également celui de la colonne située à gauche de l’entrée du Temple de Salomon. (1 R 7,21). Le nom peut également s’écrire Boaz.

    [2] Certaines traductions édulcorent un peu le geste en parlant de « dégager une place à ses pieds ».

    Anne-Marie Chapleau

    source www.interbible.org

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  • Présentation du livre de Judith : les personnages 3/3

    SargonNabuchodonosor et Holopherne, les antagonistes

    Nabuchodonosor, roi d’Assyrie, est présenté comme l’ennemi archétypique d’Israël. En effet, ce personnage fictif combine à la fois le Nabuchodonosor historique, roi de Babylone qui vainquit le Royaume de Juda en 587 av. J.-C, et le roi des Assyriens [1] qui écrasa le Royaume du Nord, Israël, en 722 av. J.-C. Son général en chef porte un nom perse, Holopherne. Assyriens, Babyloniens et Perses sont ainsi convoqués pour caractériser Nabuchodonosor et son envoyé comme l’Ennemi par excellence, « à la puissance trois », des fils d’Israël.

    Nabuchodonosor est le type même du conquérant, mû uniquement par le désir de gloire et de puissance. Après avoir essuyé un affront, il décide de se venger de « toute la terre » (2,1), lui-même se considérant comme « le Seigneur de toute la terre » (2,5), autrement dit, à l’égal de Dieu. Pour le lecteur du récit, supposé bien connaître les traditions bibliques, Nabuchodosor se présente donc, dès le début du récit, comme un opposant au seul Dieu véritable, maître du ciel et de la terre.

    Holopherne est présenté comme le fidèle exécutant du roi. La répression terrible qu’il fait peser sur les pays conquis ou soumis s’exerce aussi sur le plan religieux (3,8). Malgré la puissance qui est la sienne, il n’est pas un homme sage : il refuse d’écouter un homme de guerre expérimenté qui connaît bien les Judéens et leur dieu, à savoir Achior, tandis qu’il se laisse berner par Judith qui lui raconte des mensonges. Il manque également de prudence en se laissant aller à boire plus que de raison en présence d’une transfuge qu’il ne connaît guère. Puissant, vautré dans un luxe insolent, violent, tyrannique, sûr de lui, porté sur la boisson et dépourvu de sagesse, Holopherne est le type même du potentat perse tel qu’on le trouve dans les romans hellénistiques et dans les écrits bibliques tardifs tels le livre de Daniel ou Esther.

    Achior, le converti

    Ammonite, Achior est membre d’un peuple considéré comme un ennemi notoire d’Israël [2]. Pourtant, très vite, il cesse d’apparaître comme opposant. Son nom crée déjà une brèche : en hébreu, « Achior » peut signifier « mon frère est lumière » ou « mon frère de lumière ».

    À la demande d’Holopherne qui cherche des renseignements sur ce peuple qui ose lui résister, Achior prend la parole et raconte à Holopherne l’histoire d’Israël telle qu’il la conçoit et qui peut se résumer en ces termes : tant qu’Israël ne pèche pas contre son Dieu, celui-ci le soutient. Mais s’il en vient à pécher, Dieu lui retire son soutien et permet qu’il tombe entre les mains de ses ennemis (5,17-18). Ce discours est inacceptable pour Holopherne qui condamne Achior à partager le sort des assiégés : « Qui donc est Dieu hormis Nabuchodonosor ? » (6,2). De fait, c’est avec Achior que se pose explicitement une des questions centrales du récit : Quel est le véritable souverain de la terre ? Remarquons que même au moment de la sentence d’Holopherne, Achior ne revient pas sur ses propos. Contrairement aux habitants de Béthulie qui envisagent de se rendre, même si cela signifie devoir adorer Nabuchodonosor (3,8), Achior le païen est prêt à risquer la mort pour avoir évoqué les hauts faits de Dieu.

    Après la décapitation d’Holopherne et le retour de Judith à Béthulie, Achior demande la circoncision (14,10). Et le récit ajoute qu’il « fut admis dans la maison d’Israël jusqu’à ce jour » (14,10). Cette conversion est loin d’être anodine car la Bible ne raconte guère de conversion de païen.

    Achior se caractérise du début à la fin du récit par son intégrité et sa fermeté qui contrastent avec la foi défaillante des autorités et des habitants de Béthulie. Finalement, non sans ironie, le récit le présente comme le seul véritable modèle du croyant [3] – Judith étant le modèle de la croyante – dont la foi ne fléchit pas dans l’adversité. Cela constitue incontestablement une provocation adressée au lecteur : est-il capable d’accueillir la conversion de l’étranger qui peut être plus méritant que lui ? Sa foi est-elle à la hauteur de celle de cet Ammonite ?

    Judith, l’héroïne

    Judith, l’héroïne qui donne son nom au livre, est de loin le personnage le plus étonnant du récit. Il est vrai que dès son entrée en scène, elle casse tous les clichés : bien que veuve, elle est belle et riche, gouvernant sa maison de manière indépendante. Elle n’a pas eu d’enfant mais ne s’est pas remariée et vit retirée du monde. Cependant, elle est au courant de ce qui se passe dans la ville. Malgré son jeune âge, les anciens de la ville se rendent à son invitation et l’écoutent, y compris quand elle leur reproche leur manque de foi, avant d’annoncer que par son entremise, « le Seigneur visitera Israël » (8,33).

    Avant de se rendre dans le camp ennemi, Judith adresse à Dieu une longue prière. A-t-elle été entendue ? Le récit ne le dit pas car la seule mention de Dieu dans les propos du narrateur se limite au chapitre 4, au moment où l’armée assyrienne se dirige sur Jérusalem et que la population prie ardemment : « Le Seigneur entendit leur voix et regarda leur détresse. » (4,13) Mais cette unique mention n’est pas suivie d’une description de l’agir divin et les habitants de Béthulie n’ont pas la possibilité de savoir si Dieu les a entendus. De son côté, le lecteur sait que Dieu a vu et entendu, mais il ignore ce qu’il va faire…
    Au moment de trancher la tête d’Holopherne endormi, Judith se tourne de nouveau vers Dieu : « ‘‘Fortifie-moi en ce jour, Seigneur Dieu d’Israël.’’ Elle frappa deux fois sur son cou de toute sa vigueur et lui ôta la tête. » (13,7-8) Peut-on prier Dieu pour lui demander assistance dans un plan impliquant la tromperie, qui plus est la tromperie d’un hôte ? Peut-on demander à Dieu l’assistance pour tuer un ennemi endormi ? De nouveau, le récit ne dit pas que Dieu entend. Le lecteur est donc laissé à son propre jugement en ce qui concerne la suite du récit.

    Force est de constater que Judith réussit son entreprise, ce qui relève quasiment du miracle : après avoir coupé seule la tête d’Holopherne en deux coups – un véritable tour de force pour une « faible » femme – c’est sans encombre qu’elle et sa servante parviennent à regagner Béthulie, la tête d’Holopherne dans leur panier à provision.

    Une fois parmi ses concitoyens, Judith leur raconte son équipée, attribuant à Dieu la réussite de son plan (13,11.16). Et le peuple considère, de même, que c’est Dieu qui est à l’œuvre par la main de Judith (13,17). Ozias, une des autorités de Béthulie, bénit Judith en ces termes : « Bénie sois-tu, ma fille, par le Dieu Très-Haut, plus que toutes les femmes qui sont sur la terre, et béni soit le Seigneur Dieu, lui qui a créé les cieux et la terre, lui qui t’a conduite pour blesser à la tête le chef de nos ennemis » (13,18). De même, après la victoire sur les Assyriens, c’est vers Dieu que monte la louange de Judith, relayée par les hommes et les femmes d’Israël (15,12 – 16,20).

    La fin de Judith n’est comparable à aucune autre et achève de confirmer la lecture que l’héroïne fait des événements : malgré les particularités qui la caractérisent (bien que célèbre, Judith choisit de se retirer dans sa propriété ; malgré de nombreux prétendants, elle ne se remarie pas et reste donc sans descendance) cette fin de vie est présentée, sans ambiguïté, comme celle d’une personne juste (16,23-25).

    Cependant, le récit ne dit pas explicitement si c’est vraiment Dieu qui a guidé la main de Judith. Si l’héroïne elle-même l’affirme, si tout Israël la croit et si le cours du récit tend à montrer que Judith a raison d’agir tel qu’elle le fait, il revient, en dernier recours, au lecteur d’adhérer ou de ne pas adhérer à la lecture croyante des personnages, dans un récit finalement ouvert [4] et destiné à interpeler qui le lit ou l’entend : reconnaîtra-t-il, comme Achior l’étranger, Dieu à l’œuvre dans la succession des faits, le courage, la ruse de Judith et la confession de foi des fils d’Israël ?

    [1] Historiquement, il s’agit de Sargon II (722-705).

    [2] Voir Dt 23,4-7; Jg 3, 12-14 ; 1 S 11, 11 ; 2 S 10, 1-12, 31 ; 1 R 11, 7 ; Jr 49, 1-6 ; Am 1, 13 etc.

    [3] En ce sens, il peut être rapproché du livre de Ruth qui évoque la conversion d’une Moabite et du livre de Jonas qui décrit la conversion de toute la ville de Ninive.

    [4] Sur la caractérisation de Judith comme un « récit ouvert » voir M. BAL, Head Hunting : ‘Judith’ on the Cutting Edge of Knowledge, dans JSOT 63 (1994) 3-34, p. 13-14.

    Catherine Vialle

    source www.interbible.org

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