• DES IMAMS À LA MESSE DE LA TOUSSAINT -

    DES IMAMS À LA MESSE DE LA TOUSSAINT -

    DES IMAMS À LA MESSE DE LA TOUSSAINT

    Jérôme Gué sj vit dans une communauté à Bagatelle, un quartier populaire de Toulouse, il témoigne de son vécu lors de la messe de la Toussaint, le 1er novembre dernier pour nous aider à tenir bon dans la prière et l’action

    “Pour que le Seigneur nous donne la grâce de vivre en pleine fraternité avec nos frères et sœurs d’autres religions, en priant les uns pour les autres, ouverts à tous.”

    Vivre quelque chose d’une opposition à la violence et à la division dans notre société

    « Jeudi 29 octobre 2020, nous apprenons que 3 personnes ont été tuées dans une église à Nice par un terroriste criant Allahou akbar (Dieu est le plus grand), et cela, 2 semaines après la décapitation d’un enseignant d’histoire géographie à Conflans St Honorine.

    Il fallait faire quelque chose. Il fallait qu’on arrive à vivre une rencontre qui démente, qui détruise ce qu’ont voulu distiller ces terroristes. Parce que je crois très profondément que nous pouvons vivre ensemble dans la paix et la fraternité entre différentes religions, et particulièrement entre chrétiens et musulmans dans notre quartier populaire de Bagatelle à Toulouse.

    Le deuxième confinement devait commencer le soir même, mais, coup de chance, la messe de la Toussaint, le Dimanche 1er novembre, était encore autorisée. Alors voilà, la paroisse a invité nos amis musulmans des 2 mosquées du quartier pour venir dire un petit mot à la fin de la messe. Ils ont été heureux de l’invitation. Deux imams et les responsables des deux mosquées sont venus, avec une vingtaine de fidèles, hommes, femmes et enfants. Ils ont pris la parole en fin de messe devant la centaine de paroissiens, avec des styles différents selon chacun, des déclarations fortes, des condoléances, des mots chaleureux, un rappel des liens fraternels qui existent déjà, la condamnation de la violence, etc. Dans ce type d’événement, chacun vient avec ses stratégies, ses objectifs, son référentiel. Il y a toujours un risque parce que l’autre est autre, et on n’est pas toujours d’accord avec tout, c’est normal.

    Mais j’étais vraiment heureux, accueillant tout ce qui s’est vécu de bon, tout le désir exprimé de solidarité, et ensuite tous les riches échanges entre les uns et les autres à la sortie de la messe. C’était très intense par les liens réels concrets et par la teneur symbolique de la rencontre. Je retrouvais ce sentiment profond de vivre quelque chose de très fort, d’une opposition à la violence et à la division dans notre société, sentiment éprouvé à chaque fois que nous avons vécu des rencontres fraternelles (WE sur le dialogue, sur l’écologie, topo à la mosquée sur la fraternité selon l’Évangile et le Coran, chocolat chaud de Noël partagé ensemble, repas festifs, etc.).

    Oui, Dieu est le plus grand, Magnificat, parce qu’il nous a donné de dépasser la peine, la sidération, la terreur, voire la rancœur, pour nous faire vivre un moment réel de fraternité. Dieu est le plus grand parce qu’il a vaincu la violence ! »

    Jérôme Gué sj, pour l’équipe France

    source https://www.prieraucoeurdumonde.net/

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  • Commentaires

    1
    Marie-Josée
    Jeudi 21 Janvier à 12:11

    Quel homme inspiré!

    Esprit-Saint, tu demeures notre guide à jamais.

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