• En Haïti, les jeunes veulent reprendre en main leur destin - VA

    Une décennie après le séisme du 12 janvier 2010 dans lequel sont mortes plus de 200 000 personnes, Haïti est un pays exsangue, rongé par une crise économique, sociale et politique. Pourtant, l’espoir existe, il se trouve dans la jeunesse haïtienne, qui a soif de renouveau et veut tourner la page d’un pays «maudit».
     

    Marine Henriot - Cité du Vatican

    Il y a dix ans, le visage d'Haïti était transformé pour l’éternité. Un séisme d’une magnitude de 7,0 à 7,3 frappait l'île et emportait avec lui la vie de plus de 200 000 personnes, tuées, écrasées par les dalles de béton des bâtiments construits sans respect de normes. Haïti entrait alors dans l'âge de l’humanitaire. Aujourd’hui, Haïti est le pays le plus pauvre des Amériques, 60% de la population survit avec moins de 2 dollars par jour. 

    «10 ans après, on peut surtout faire le constat d’un échec de la reconstruction et de la refondation», détaille Jules Girardet, chargé de mission CCFD Terre Solidaire pour la zone Caraïbe, «la reconstruction n’a été presque que cosmétique». Le pays entré en récession en 2019 manque de tout, alerte l’ONG Médecins sans frontières (MSF), de médicaments, oxygène, sang, carburant, personnel, le système de santé est «au bord du gouffre». La population fait face à une pénurie de combustible, de biens alimentaires, de médicaments, d’eau, d’énergie aggravée dans ce contexte actuel de blocage du pays.

    Crise multidimensionnelle 

    Depuis juillet 2018, une grande majorité de la population haïtienne se mobilise pour demander la démission du président, Jovenel Moïse, impliqué dans un scandale de corruption de grande ampleur. Selon les Nations unies, 42 personnes sont mortes dans le cadre de ces manifestations, dont 19 morts sont imputables aux forces de l’ordre.

    Par ailleurs, la violence se propage dans le pays, Jules Girardet parle «d’une gangsterisation» de la société, qui motive la colère des Haïtiens, les territoires sont accaparés «par des gangs criminels qui bien souvent sont de mèche avec les partis au pouvoir».

    Mémoire collective et espoir de la jeunesse

    Dans un pays où les jeunes de moins de 25 ans composent deux tiers de la population, quelle place prend le séisme dans la mémoire collective ? «On a le sentiment que le séisme est déjà très loin, et en même temps si proche lorsqu’on voit l’état dans lequel est le pays», éclaire le chargé de mission du CCFD Terre Solidaire, qui estime qu’il y a finalement peu d’apprentissage de ce traumatisme, par exemple, la reconstruction ne s’est pas faite sur les normes parasismique, et un tremblement de terre aujourd’hui pourrait avoir des conséquences plus dramatiques qu’il y a dix ans.

    Une note d’espoir cependant, «les jeunes aujourd’hui veulent redevenir maîtres de leur destin et sortir de cette image de pays maudit».

    source https://www.vaticannews.va/

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