• Badauds dans le jardin du Palais Royal à Paris le 8 octobre 2018.   (AFP or licensors)

    La décroissance, seule réponse contre la hausse mondiale des températures ?

    Le dernier rapport du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat) publié lundi 8 octobre est ferme. Dans 400 pages, établies sur la base de plus de 6000 études scientifiques, les terribles effets d’une hausse des températures supérieure à 1,5°c sont décrits. L’objectif est d’alerter les décideurs politiques, pour qu’un sursaut d’ampleur mondiale se produise enfin.
     

    Entretien réalisé par Adélaïde Patrignani – Cité du Vatican

    Le GIEC, Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat, a publié un nouveau rapport le 8 octobre, au terme d’une semaine de discussions tendues entre les représentants de 195 États à Incheon en Corée du Sud. Un «résumé à l’intention des décideurs», d’une vingtaine de pages, est destiné à éclairer les gouvernements.

    Le rapport compare les effets d’une hausse de 1,5°c des températures, et ceux d’une hausse de 2°c. Si l’on dépasse le seuil de 1,5°c, les conséquences seront bien plus graves pour les écosystèmes et la santé humaine. Et au rythme actuel du réchauffement, ce seuil sera franchi entre 2030 et 2052… 

    Agir par des politiques sectorielles

    Mais le rapport des experts de l’ONU entretient un espoir. Il est possible de limiter le réchauffement planétaire à 1,5°c par rapport à la période pré-industrielle, à condition d’une action immédiate et sans précédent. La réduction d’émission de gaz à effets de serre devra concerner tous les domaines: industrie, agriculture, transports…  Les États et les institutions doivent agir ensemble. La COP 24 de décembre 2018 devrait inciter les pays à revoir à la hausse leurs engagements, et à coopérer malgré des trajectoires de développement différentes.

    Une action spirituelle

    Pour tout habitant de la «maison commune», des décisions concrètes doivent aussi s’imposer: s’interroger sur son mode de vie, choisir la sobriété, accepter un nouveau paradigme, celui de la décroissance. Le Pape François offre pour cela un précieux point de repère, grâce à son Encyclique Laudato Si'. Un texte qui inspire beaucoup le CCFD-Terre Solidaire. Le délégué général du Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement, Benoît Faucheux, réagit au dernier rapport du GIEC, et donne des pistes concrètes d’actions contre le réchauffement climatique. 

    source https://www.vaticannews.va

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  • VOIR PLUS LOIN QUE LES DIRIGEANTS NATIONAUX DANS LA LUTTE CONTRE LES CHANGEMENTS CLIMATIQUES
    Publié le 14 sept. 2018

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    Alors que s’achève un été parmi les plus chauds que nous ayons connus et que l’on perçoit un pessimisme notable à l’égard des questions climatiques, des citoyens du monde entier se sont réunis cette semaine à l’occasion du Sommet mondial d’action pour le climat pour déclarer que non, nous ne pouvons et n’allons pas abandonner la lutte contre les changements climatiques.

    Sous la menace imminente de dommages catastrophiques associés aux changements climatiques, l’absence de leadership en matière de climat aux États-Unis a impulsé un nombre considérable d’actions d’autres milieux — des citoyens et des organisations qui font bouger les choses, que ce soit dans le cadre d’une volonté politique ou à l’extérieur de celle-ci. Ce sommet sur le climat se distingue par la participation de responsables de tous les ordres de gouvernement aux côtés d’entreprises, d’organismes sans but lucratif (dont Équiterre), de même que de membres de la société civile et d’étudiants, démontrant ainsi le dynamisme et la vitalité de l’action ascendante dans la lutte contre les changements climatiques.

    Le Sommet mondial d’action pour le climat s’est tenu de façon stratégique à mi-chemin entre la Conférence de Paris de 2015 et 2020; il visait à mobiliser les acteurs environnementaux et à les inspirer à faire pression sur les gouvernements nationaux pour qu’ils adoptent des plans d’action climatique plus ambitieux. Dans une déclaration qu’il a faite plus tôt cette semaine, António Guterres, secrétaire général de l’ONU, a prévenu que « si nous ne changeons pas d’orientation d’ici 2020, nous risquons (...) des conséquences désastreuses pour les humains et les systèmes naturels qui nous soutiennent ».

     

    ESPOIR

    Les citoyens font entendre leur voix, et gagnent des batailles aux échelons local et régional dans la lutte contre les changements climatiques; on peut citer à titre d’exemple la récente victoire judiciaire de plusieurs groupes des Premières Nations qui retardera considérablement le projet d’expansion de l’oléoduc Trans Mountain. Les fonds publics canadiens, qui ont tout de même été réservés pour l’acquisition et l’expansion de l’oléoduc, ainsi que les subventions fédérales et provinciales au secteur pétrolier et gazier, nous placent en ligne droite sur la voie de l’accélération de l’apparition de conséquences néfastes associées aux changements climatiques, entravant ainsi les efforts de nos gouvernements relativement à l’action climatique.

    Équiterre et d’autres organisations environnementales s’efforcent depuis plusieurs années de tenir le gouvernement fédéral responsable de sa promesse d’éliminer graduellement les subventions aux combustibles fossiles. Notre voix collective, renforcée par celle de nos appuis, retentit puissamment, et nous avons accompli des progrès. Il reste toutefois beaucoup à faire pour que notre pays s’affranchisse progressivement de la dépendance aux combustibles fossiles. Les économistes et les scientifiques conviennent que l’essor économique doit se fonder sur l’énergie propre.

    Ce n’est pas le moment d’adopter une attitude défaitiste face aux changements climatiques. C’est maintenant que nous devons faire front commun pour nous faire entendre; qu’il nous faut nous inspirer des initiatives et des progrès des acteurs environnementaux et des gouvernements près de chez nous et du monde entier; que nous devons entreprendre tout ce qu’il est possible d’accomplir pour produire des effets concrets dans nos collectivités et nos pays, au sein de nos familles et de nos milieux de travail. Le moindre geste compte.

     

    QUE POUVEZ-VOUS FAIRE?

    Les ministres de l’Environnement et de l’Énergie des pays du G7 se réuniront à Halifax la semaine prochaine et, à titre de président du G7 pour 2018, le Canada a le devoir de faire preuve de leadership dans la lutte contre les changements climatiques. D’ici la réunion de la semaine prochaine, vous pouvez aider Équiterre à exercer des pressions sur le gouvernement du Canada en vous rendant sur le nouveau site #findessubventionsfossiles qui vous offre la possibilité d’envoyer une lettre à la ministre de l’Environnement Catherine McKenna et à ses collègues pour réclamer la fin des subventions fédérales aux combustibles fossiles.

    Si les dirigeants nationaux tardent encore à prendre des mesures concrètes substantielles pour lutter contre les changements climatiques, les collectivités, les organismes sans but lucratif, les entreprises et les étudiants doivent se faire entendre haut et fort — par l’intermédiaire de votre voix et de nos voix collectives — pour les inciter à agir plus rapidement. Nous ne pouvons baisser les bras. Fort de votre appui, Équiterre continuera à œuvrer pour que nos enfants héritent d’un monde durable.

    source https://equiterre.org/

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  • Rendons GRÂCE Avaaz a gagné sur Monsanto

     

    Chères et chers membres d'Avaaz, 

    Notre audience vient de s'achever et le juge a ANÉANTI l'injonction de Monsanto contre Avaaz!!!! 

    Il a déclaré qu'elle aurait pu avoir un “effet d'intimidation terrible”, en ajoutant "qu'aucun membre ne souhaiterait voir sa vie privée ou ses activités exposées au grand jour" et a littéralement donné à Monsanto une leçon de démocratie et de liberté d'expression!! 

    Dans la salle d'audience, les sourires ont illuminé les visages des membres d'Avaaz qui se sont spontanément mis à applaudir à ces mots. Voici une petite vidéo de notre directeur des campagnes Iain Keith filmée juste après le jugement sur les marches du tribunal (activez les sous-titres!): 


    Cette injonction était vraiment terrifiante et aurait obligé Avaaz à passer des mois et à dépenser des centaines de milliers de dollars pour identifier et remettre à Monsanto tout ce que chaque membre de l'équipe aurait pu dire ou écrire à leur sujet pendant des ANNÉES... y compris les adresses emails et l'identité des membres ayant interpellé leurs responsables politiques sur Monsanto! 

    Le pire, c'est que des avocats nous avaient prévenus que les tribunaux de New York avaient tendance à ACCEPTER AUTOMATIQUEMENT de telles requêtes! Parce que d'habitude, plus d'informations implique plus de justice. 

    C'est alors que notre mouvement est entré dans la danse. Nous avons été plus de 200 000 à faire des dons et avons engagé le meilleur avocat de la place -- Andrew Celli, qui avait déjà défendu et remporté des affaires similaires. Avec son équipe, il a collaboré avec l'équipe d'Avaaz pour rédiger un contre-argumentaire de toute beauté. C'est un texte assez long et plein de jargon juridique, mais si vous êtes versé dans ces arcanes, c'est une pure merveille -- vous pouvez le consulter ici (désolé, c'est en anglais). 

    Monsanto a dépêché un avocat de haut niveau, un homme ayant tout défendu de l'amiante au plomb en passant par l'arsenic. Mais entre nos documents de défense et les plaidoiries saisissantes développées pendant l'audience, le juge a été convaincu et a pris cette décision VRAIMENT peu commune de rejeter TOUTE l'injonction!!! Habituellement, son périmètre aurait été réduit par la justice pour quelque chose de plus raisonnable, mais le juge n'a cette fois rien trouvé de raisonnable dans les prétentions de Monsanto à l'égard d'Avaaz! 


    Des membres d'Avaaz, de notre équipe et nos avocats fêtent la victoire sur les marches du tribunal!
    Prenons le temps de célébrer, mais ce n'est peut-être pas fini. 

    Monsanto peut encore faire appel, ou choisir un autre angle d'attaque. Mais nous avons obtenu une victoire historique, établi un précédent, nous avons une épatante équipe juridique et comme d'habitude, un mouvement extraordinaire toujours prêt à l'action et à porter haut la vérité face à tous les pouvoirs qui le menacent. 

    Ces offensives juridiques de grande ampleur sont faites pour nous effrayer. Lorsque je pense qu'avec Ie mouvement Avaaz à nos côtés, je n'ai rien à craindre de telles manoeuvres, j'en ai les larmes aux yeux. Parce que même les acteurs les plus puissants de ce monde ne sont pas plus forts que la vérité, que le pouvoir des personnes bien intentionnées qui se rassemblent pour défendre tout ce que nous aimons, et que notre pouvoir à nous tous au sein de cet incroyable mouvement. 

    Avec une immense gratitude,
    Ricken et toute l'équipe d'Avaaz 

    PS - Autre exemple de notre incroyable mouvement: un membre d'Avaaz a répondu à notre campagne de collecte de dons, en nous suggérant de contacter Bayer, qui est en train d'acheter Monsanto, pour discuter de cette injonction. Il a alors pris l'initiative de nous écrire personnellement, à moi et au PDG de Bayer. Ce dernier l'a appelé quelques heures plus tard, en lui disant qu'il serait ravi de me parler! Nous allons nous appeler lundi. Je n'ai aucune idée de ce qui sortira de cette discussion, mais voilà un autre exemple de cet extraordinaire mouvement dont nous faisons partie. Merci à toutes et à tous pour être vous! 

    source AVAAZ

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  • APPEL -De l’eau pour tous, pour louer la Création

    Alors que les temps sont difficiles pour le pape François, ce dernier a pourtant profité de l’audience générale de ce mercredi pour évoquer la prochaine journée mondiale de prière pour le soin de la création, le 1er septembre.

    Il a rappelé qu’elle est célébrée « en union avec les frères et les sœurs orthodoxes et avec l’adhésion des autres Églises et communautés chrétiennes».Un message va être publié à l’occasion sur «la question de l’eau, bien primaire à protéger et à mettre à la disposition de tous».

    Le Pape a  aussi salué «les différentes initiatives que les Églises particulières, les Instituts de Vie consacrée et les agrégations ecclésiales ont préparé. J’invite tous à s’unir en prière samedi pour le soin de notre maison commune.»

     

    Source : Vatican

    source https://eglisesetecologies.com

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  • En Grande Bretagne aussi, la prise de conscience écologique dans les Eglises grandit. Désormais, on compte plus de 5500 églises qui sont passées à l’utilisation d’énergies renouvelables.

    Parmi elles, on compte déjà 15 cathédrales anglicanes, dont celles de Salisbury, Bristol, Sheffield and York Minster qui ont fait le choix de s’alimenter à une électricité « verte » à 100 %. Mais du côté catholique, baptiste, méthodiste, quaker et Armée du salut, les démarches sont aussi nombreuses. Selon le groupe 2buy2, les Eglises britanniques ont transféré plus de 5 millions de livres vers des pourvoyeurs d’énergies plus vertes, au détriment des énergies fossiles traditionnelles.

    Le « Big Church switch » est une campagne lancée par Christian Aid, Tearfund et le Programme environnemental de l’Eglise d’Angleterre. Elle a aidé beaucoup d’acteurs ecclésiaux à se mettre au travail sur ce sujet crucial. Elle permet notamment de négocier les tarifs d’accès aux énergies renouvelables et qui sont souvent moins élevés que ceux des énergies fossiles.

    « L’Eglise d’Angleterre a fait récemment un choix positif en acceptant de vendre ses parts dans des industries liées aux énergies fossiles qui ne sont pas en phase avec l’accord de Paris. Les Eglises font partie d’un réseau mondial et sont ainsi souvent en première ligne pour comprendre le fardeau de nos frères et de nos soeurs qui souffrent de sécheresses, d’inondations et de calamités extrêmes à travers le monde. » – Dr Rowan Williams, ancien archevêque de Canterbury.

     

    « Basculer vers des pratiques plus vertes ne demande pas forcément des efforts surhumains. D’autant plus que les énergies renouvelables sont de plus en plus accessibles. C’est donc la bonne chose à faire aussi bien d’un point de vue rationnel que sensible. Mais cette bascule vers les renouvelables permet aussi aux églises de témoigner de leurs valeurs, de leurs responsabilités à prendre soin de notre Création et assurer à chacun un avenir prospère. » – Caroline Spelman, ancienne secrétaire d’Etat à l’environnement et actuellement chargée de la gestion financière de l’Eglise d’Angleterre.

    DL

     source https://eglisesetecologies.com/

    A noter

    En Angleterre, à Withington plus précisément, le projet de référence pour la rénovation durable de l’existant historique demeure l’église « St. Michael and All Angels » datant de presque 900 ans qui est la première « église Zéro Carbone » d’Angleterre. Une installation photovoltaïque, composée de modules solaires Kyocera installés sur le toit de l’église, fournit de l’électricité renouvelable et une chaudière écologique à bois biomasse garantit une chaleur écologique. L’alimentation électrique de ce bâtiment datant du XIIe siècle est entièrement assurée par des énergies renouvelables. Les 24 modules solaires installés sur le toit de l’église génèrent un rendement total de 3,12 kWc.

    Source ICN

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  • LAUDATO SI – Un beau fruit de la théologie de la libération - E&E

    A l’occasion du troisième anniversaire de la publication de l’encyclique Laudato si  (le 18 juin, pour un texte signé le 24 mai), il peut être intéressant de lire l’analyse qu’en avait fait alors et très rapidement (dès le 19 juin) un des acteurs importants de la théologie de la libération avec toutes les implications sur l’écologie, qu’est le brésilien Leonardo Boff.

    Voici les principaux extraits de sa réflexion à retrouver en entier ici.

    La Grande Charte de l’écologie intégrale : clameur de la Terre, clameur des pauvres

    Leonardo Boff / jeudi 15 octobre 2015, mis en ligne par Dial

    Avant de proposer des commentaires, il est bon de souligner quelques particularités de l’encyclique Laudato si’ du Pape François.

    C’est la première fois qu’un Pape aborde le thème d’une écologie intégrale (qui va par conséquent au-delà d’une écologie environnementale) d’une façon aussi complète. Grande surprise : il inscrit le thème dans le cadre du nouveau paradigme écologique, chose qu’aucun document officiel de l’ONU n’a faite à ce jour. Il fonde son discours sur les données les plus sûres des sciences de la vie et de la terre. Il a de ces données une lecture affective (d’une intelligence sensible ou bienveillante), car il entrevoit que ces données dissimulent des drames humains et une grande souffrance, de la part de la Terre mère aussi. La situation actuelle est grave, mais le Pape François trouve toujours des raisons d’espérer et de faire confiance à la capacité de l’être humain à trouver des solutions viables. Il établit un lien avec les Papes qui l’ont précédé, Jean-Paul II et Benoît XVI qu’il cite fréquemment. Et chose absolument nouvelle : son texte s’inscrit dans le cadre d’une collégialité, car il accrédite les contributions de dizaines de conférences épiscopales du monde entier, de celle des États-Unis à celle de l’Allemagne , de celle du Brésil, de la Patagonie-Comahue, du Paraguay. Il prend en compte les contributions d’autres penseurs, comme les catholiques Pierre Teilhard de Chardin, Romano Guardini, Dante Alighieri, son maître argentin Juan Carlos Scannone, le protestant Paul Ricœur et le musulman soufi Ali Al-Khawwas. Nous, tous les êtres humains, sommes ses destinataires car nous sommes tous habitants de la même maison commune (mot très utilisé par le Pape) et nous subissons les mêmes menaces.Le Pape François n’écrit pas en tant que Maître et Docteur de la foi mais en tant que Pasteur zélé qui prend soin de la maison commune et de tous les êtres, et pas seulement les humains, qui y habitent. 

    Un élément mérite d’être mis en valeur car il est révélateur de la forma mentis (la manière d’organiser sa pensée) du Pape François. Il est redevable de l’expérience pastorale et théologique des églises latino-américaines qui à la lumière des documents de l’épiscopat latino-américain (CELAM) de Medellín (1968), Puebla (1979) et Aparecida (2007) ont choisi l’option pour les pauvres contre la pauvreté et pour l’émancipation. Le texte et le ton de l’encyclique sont typiques du Pape François et de la culture écologique qu’il a accumulée, mais je me rends compte également que de nombreuses expressions et façons de s’exprimer renvoient à ce qui se pense et s’écrit en Amérique Latine plus particulièrement. Les thèmes de « la maison commune », de la « Terre mère », de la « clameur de la Terre et clameur des pauvres », de l’« attention », de l’ « interdépendance entre les êtres », des « pauvres et fragilisés », du « changement de paradigme », de « l’être humain en tant que Terre » qui ressent, pense, aime et vénère, de « l’écologie intégrale », entre autres, sont récurrents parmi nous.

    La structure de l’encyclique obéit au rituel méthodologique utilisé par nos églises et par la réflexion théologique en lien avec la pratique de la libération, maintenant assumée et consacrée par le Pape : regarder, analyser, agir et célébrer. Il commence en révélant sa principale source d’inspiration : Saint François d’Assise, qu’il nomme « exemple par excellence de la protection de ce qui est faible et d’une écologie intégrale », et qui « a manifesté une attention particulière […] envers les pauvres et les abandonnés » (n°10 et 66).

    Il commence alors par le regard : « Ce qu’il arrive à notre maison » (17-61). Le Pape affirme : « Il suffit de porter un regard lucide sur la réalité pour voir que notre maison commune est grandement détériorée » (61). Il intègre à cette partie les données les plus solides relatives aux changements climatiques (20-22), à la question de l’eau (27-31), à l’érosion de la biodiversité (32-42), à la détérioration de la qualité de la vie humaine et à la dégradation de la vie sociale (43-47), il dénonce le taux élevé d’injustice planétaire, qui touche tous les espaces de vie (48-52), les pauvres en étant les principales victimes. (…)

    Après avoir pratiqué la dimension du regard c’est maintenant la dimension de l’analyse qui s’impose. L’analyse se présente selon deux versants, l’un scientifique et l’autre théologique. (…) Le texte s’ouvre à une vision évolutionniste de l’univers sans utiliser ce mot, il construit une périphrase lorsqu’il fait référence à l’univers « composé de systèmes ouverts qui entrent en communion les uns avec les autres » (79). Il utilise les principaux textes qui unissent le Christ incarné et ressuscité au monde et à tout l’univers, rendant la matière sacrée et avec elle toute la Terre (83). Et dans ce contexte il cite Pierre Teilhard de Chardin (1881-1955 ; 83, note 53) en tant que précurseur de cette vision cosmique. Le fait que Dieu-Trinité soit une relation de personnes divines a pour conséquence que toutes les choses en relation soient des échos de la Trinité divine (240).

    Le troisième niveau méthodologique est l’action.Dans cette partie, l’encyclique se réfère aux grands thèmes de la politique internationale, nationale et locale (164-181). Il souligne l’interdépendance du domaine social et de l’éducation avec le domaine écologique et déplore les difficultés qu’entraîne la prééminence de la technocratie, ce qui rend difficiles les changements susceptibles de réfréner l’avidité de thésaurisation et de consommation, et qui pourraient fonder un monde nouveau (141). (…) Dans la perspective de l’action il lance à l’éducation le défi de créer une « citoyenneté écologique » (211) et un nouveau style de vie qui s’appuie sur l’attention, la compassion, la sobriété partagée, l’alliance entre l’humanité et l’environnement – car tous deux sont reliés par un cordon ombilical –, la coresponsabilité à l’égard de tout ce qui existe et vit et au nom de notre destin commun (203-208). Enfin, le moment de la célébration. La célébration a lieu dans un contexte de « conversion écologique » (216) qui implique une « spiritualité écologique »(216). (…)

    L’esprit tendre et fraternel de Saint François d’Assise traverse tout le texte de l’encyclique Laudato si’. La situation actuelle n’est pas le signe d’une tragédie annoncée mais un défi destiné à nous faire prendre soin de la maison commune ainsi que les uns des autres. Il y a dans ce texte légèreté, poésie et joie dans l’Esprit et un espoir indestructible en ce que si la menace est grande, plus grande encore est l’opportunité de trouver une solution à nos problèmes écologiques. Il conclut poétiquement « Au-delà du soleil », par ces mots : « Marchons en chantant ! Que nos luttes et notre préoccupation pour cette planète ne nous enlèvent pas la joie de l’espérance. »(244)

    Source https://eglisesetecologies.com

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  • Plage d'Ouzai dans le sud de Beyrouth (Liban)Plage d'Ouzai dans le sud de Beyrouth (Liban)  (AFP or licensors)

    Le Manta, un voilier géant pour nettoyer les océans

    Chaque année, neuf millions de tonnes de plastique finissent dans la mer, mettant en péril 1400 espèces marines. C’est à partir de ce constat effrayant que le projet de nettoyage des océans «Sea Cleaners» a vu le jour. Mais c’est surtout son expérience de navigateur qui a donné envie au skipper Yvan Bourgnon de relever le défi de récolter les déchets en mer.
     

    Entretien réalisé par Blandine Hugonnet - Cité du Vatican

    Yvan Bourgnon est un marin dans l’âme. Dès l’âge de 8 ans, il suit ses parents pour un tour du monde de près de quatre années. Vainqueur de la Transat Jacques-Vabre, il se lance dans un nouveau tour du monde pendant deux ans.

    Le désastre de la pollution maritime

    Mais malgré la beauté de l’étendue et le bonheur de la solitude au milieu des eaux, au cours de ses multiples périples en mer, le Franco-Suisse est à plusieurs reprises confronté à la pollution des océans et aux objets rejetés dans les océans. Une pollution qui tue 100 000 mammifères marins chaque année.

    En septembre 2016, celui qui se présente comme «aventurier-marin-écologiste» a ainsi décidé de lancer le projet Manta : une idée folle de construire un voilier géant fonctionnant à l’énergie propre pour collecter les déchets flottants, les trier et les compacter directement sur le navire. Une sorte d’usine à déchets des mers, de camion-poubelle des océans de la taille d’un terrain de football et pesant 30 millions d’euros.

    Sensibiliser et éduquer 

    La maquette du quadrimaran baptisé «Sea Cleaners» a été révélée en avril 2018, pour une mise à l’eau prévue vers 2022. Il aura une capacité de 250 tonnes de déchets ramassés.

    Même si ce n’est qu’un début face à l’ampleur de la catastrophe écologique, assure Yvan Bourgnon, avec cette initiative, le navigateur compte surtout sensibiliser à la pollution maritime.

    Pour le «gladiateur des mers» de 47 ans, c’est le rôle du skipper d’éduquer les populations aux dangers des déchets plastique en mer, mais aussi à leur possible recyclage, par exemple en carburant.

    Entretien avec Yvan Bourgnon

    7min

    source https://www.vaticannews.va

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  • Ce 26 août s’est ouverte la troisième conférence international du «Catholic Theological Ethics in the World Church» à Sarajevo (en Bosnie Herzégovine). A cette occasion, le pape François leur a adressé un message, revenant notamment sur leur soucis de protéger la planète.

     Ce réseau de théologiens moralistes, né il y a seize ans, se retrouve pour débattre d’éthique théologique appliquée à différents domaines politique, médical, sexuel ou environnemental. Un monde complexe où le pape François insiste pour bâtir  «des ponts et non des murs». « Sans renoncer à la prudence, il s’agit de profiter de tout signal et mobiliser toute les énergies (disponibles) pour éliminer dans le monde les murs des divisions et construire des ponts de fraternité». Le pape souligne que le défi écologique est en ce sens tout à fait singulier mettant en péril à la fois le rapport entre l’humain et la nature mais même les liens entre générations et entre peuples.

    «Ce n’est pas un défi parmi d’autres, mais l’horizon de compréhension de l’éthique écologique et dans même temps de l’éthique sociale ». (…) «Nous avons besoin de personnes et d’institutions qui assument un leadership renouvelé. Nous n’avons pas besoin de déclarations bruyantes qui souvent restent vaines, ni d’antagonismes entre ceux qui veulent se montrer les plus forts, nous avons besoin d’un leadership qui aide à découvrir et à vivre d’une manière plus juste d’être dans le monde comme membre d’un destin commun».

    On pourra retrouver le programme très riche de cette rencontre ici

    Je souligne notamment la conférence d’un confrère assomptionniste, le P. Vincent Leclerc, sur le thème  » Survivre au changement climatique: souci des pauvres ou problème de riches? Les enjeux éthiques et théologique d’un changement de paradigme en écologie. »

    Dans La Croix, le P. James Keenan, jésuite organisateur du colloque, a répondu aux questions de Constance Vilanova. Extraits.


    James Keenan : (…) Le plus gros défi auquel nous nous heurtons aujourd’hui c’est le fait que nous ne fonctionnons pas en communauté globale. Nos dirigeants politiques ne sont pas intéressés par la coopération supranationale. Le retrait de Donald Trump du Traité de Paris est un exemple, le Brexit, un autre, alors que nous avons intérêt à travailler ensemble pour résoudre deux problèmes contemporains majeurs. Le premier, l’écologie et l’environnement, le deuxième, l’impact de la crise climatique sur les migrations. Nous sommes face à des phénomènes de migrations massifs auxquels nous n’avons jamais fait face auparavant. (…)

    Depuis quand les théologiens se sont-ils emparés de la question de l’écologie et du changement climatique et pourquoi ?

    J. K. : La question de l’écologie en théologie existe depuis que nous interrogeons la Création, donc depuis toujours. Cela fait vingt-cinq ans que nous l’abordons différemment car nous savons que le changement climatique a été créé par l’être humain. Ceux qui enseignent l’éthique, à l’université ou dans les séminaires, doivent impérativement faire réfléchir leurs élèves à l’écologie, pas seulement d’un point de vue national, mais dans un contexte global. Tous les participants à la conférence de Sarajevo sont des professeurs qui souhaitent revenir à la rentrée scolaire plus armés intellectuellement pour transmettre l’urgence écologique à leurs étudiants. Par ailleurs, ce lien entre théologie et écologie est perceptible sur un autre plan. Si vous lisez ce qu’a dit le pape François dans son encyclique en 2015, Laudato si, vous verrez que les voix les plus fortes et portantes concernant l’environnement viennent des leaders religieux.

    Comment avez-vous fait de l’écologie un sujet central pendant vos cours à Boston ?

    J. K. : Mes étudiants ont vu Trump se retirer de l’accord de Paris et se demandent tous quand est ce que nous allons faire quelque chose de concret pour l’environnement. Finalement, plus le président des États-Unis s’oppose à l’immigration et refuse de reconnaître le réchauffement climatique, plus nous abordons ces sujets en classe. (…)

    DL

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