• "Cultiver la création": la révolution verte de Benoît XVI

     

    pape Ench

    Rome, le 18 décembre 2009  - (E.S.M.) - L'écologie de l'homme vient avant l'écologie de la nature, dit le pape. Les experts du Vatican critiquent la conférence de Copenhague sur le climat: c'est un "faux départ". Pire, elle ne reconnaît pas de valeur à la vie humaine

    Le pape Benoît XVI

    "Cultiver la création": la révolution verte de Benoît XVI

    Le 18 décembre 2009 - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - "Foreign Policy", la prestigieuse revue américaine de géopolitique, a classé Benoît XVI à la 17e place des "100 plus grands penseurs mondiaux" de l'année : ceux qui, par leurs "grandes idées, ont modelé notre monde en 2009".

    "Foreign Policy" reconnaît que le pape, entre autres mérites, "a mis l’Eglise, de façon imprévue, au premier rang de la défense de l'environnement et de la dénonciation des dangers du changement climatique".

    Mais quelle "révolution verte" propose Benoît XVI ?

    La réponse est donnée dans le Message qui accompagnera la prochaine Journée Mondiale de la Paix, que l’Eglise de Rome célèbre chaque année le 1er janvier.

    Ce message pour le 1er janvier 2010 a été signé par le pape le 8 décembre. Il a été rendu public il y a trois jours, tandis qu’à Copenhague les représentants de tous les pays étaient réunis pour une litigieuse et infructueuse conférence mondiale sur le climat.

    On peut en lire, ci-dessous, trois passages importants, tirés des paragraphes 6, 12 et 13 du document.

    Au centre du message il y a une image biblique : celle du jardin de la création, confié par Dieu à l’homme et à la femme pour qu’ils le gardent et le cultivent.

    La nature n’a donc aucune primauté sur l'homme et celui-ci n’est pas un élément de la nature. En revanche l’homme ne peut pas s’arroger le droit de piller la nature au lieu d’en prendre soin.

    Le juste rapport entre l'être humain et la terre a été admirablement représenté dans le chef d’œuvre peint en 1472 par Piero della Francesca dont on peut voir un détail ci-dessus. Le paysage qui forme le décor est cultivé, ordonné et lumineux, comme est noblement "éclairée" par des perles la femme qui est au premier plan, l’épouse de Frédéric de Montefeltro, seigneur de ces terres.

    Un concept essentiel du message du pape est qu’il y a une identité de destin entre l'écologie de la nature et celle de l'homme. Le soin de la création ne doit faire qu’un avec le soin de l’"inviolabilité de la vie humaine à toutes ses phases et dans tous ses états".

    Tout se tient : soin de la nature, respect de la dignité de l’homme, paix entre les peuples. Là où éclatent la haine et la violence, la nature gémit aussi. Un paysage dévasté, une ville inhabitable, c’est ce que donne une humanité qui a fait le désert dans son âme.

    Voici donc les trois paragraphes clés du message pour la Journée de la Paix 2010 : "Si tu veux construire la paix, protège la création".

    LE COMMANDEMENT DE CULTIVER ET GARDER LA TERRE

    [6] À l’origine de ce que nous appelons la «nature» dans son sens cosmique, il y a «un dessein d’amour et de vérité». Le monde «n’est pas le fruit d’une nécessité quelconque, d’un destin aveugle ou du hasard. Le monde tire son origine de la libre volonté de Dieu, qui a voulu faire participer les créatures à son être, à sa sagesse et à sa bonté»
    (Catéchisme de l'Eglise catholique, 295).

    Dans ses premières pages, le livre de la Genèse nous reconduit au sage projet du cosmos, fruit de la pensée de Dieu, au sommet duquel sont placés l’homme et la femme, créés à l’image et à la ressemblance du Créateur pour «remplir la terre» et pour «la soumettre» comme des «intendants» de Dieu lui-même
    (cf. Gn 1, 28). L’harmonie entre le Créateur, l’humanité et la création, que l’Écriture Sainte décrit, a été rompue par le péché d’Adam et d’Ève, de l’homme et de la femme, qui ont désiré prendre la place de Dieu, refusant de se reconnaître comme ses créatures. En conséquence, la tâche de «soumettre» la terre, de la «cultiver et de la garder» a été altérée, et entre eux et le reste de la création est né un conflit (cf. Gn 3, 17-19). L’être humain s’est laissé dominer par l’égoïsme, en perdant le sens du mandat divin, et dans sa relation avec la création, il s’est comporté comme un exploiteur, voulant exercer sur elle une domination absolue.

    Toutefois, la véritable signification du commandement premier de Dieu, bien mis en évidence dans le Livre de la Genèse, ne consistait pas en une simple attribution d’autorité, mais plutôt en un appel à la responsabilité. Du reste, la sagesse des anciens reconnaissait que la nature est à notre disposition, non pas comme «un tas de choses répandues au hasard»
    (Héraclite, 535-475 av. J.C.), alors que la Révélation biblique nous a fait comprendre que la nature est un don du Créateur, qui en a indiqué les lois intrinsèques, afin que l’homme puisse en tirer les orientations nécessaires pour «la garder et la cultiver » (cf. Gn 2, 15).

    Tout ce qui existe appartient à Dieu, qui l’a confié aux hommes, mais non pour qu’ils en disposent arbitrairement. Quand, au lieu d’accomplir son rôle de collaborateur de Dieu, l’homme se substitue à Lui, il finit par provoquer la rébellion de la nature «plus tyrannisée que gouvernée par lui»
    (Centesimus Annus, 48). L’homme a donc le devoir d’exercer un gouvernement responsable de la création, en la protégeant et en la cultivant (Caritas in veritate, 50).

    ÉCOLOGIE DE LA NATURE, MAIS D’ABORD ÉCOLOGIE DE L'HOMME

    [12] L’Église a une responsabilité vis-à-vis de la création et elle pense qu’elle doit l’exercer également dans le domaine public, pour défendre la terre, l’eau et l’air, dons du Dieu Créateur à tous, et, avant tout, pour protéger l’homme du danger de sa propre destruction.

    La dégradation de la nature est, en effet, étroitement liée à la culture qui façonne la communauté humaine, c’est pourquoi «quand l’“écologie humaine” est respectée dans la société, l’écologie proprement dite en tire aussi avantage»
    (Caritas in Veritate, 51).

    On ne peut exiger des jeunes qu’ils respectent l’environnement si on ne les aide pas, en famille et dans la société, à se respecter eux-mêmes : le livre de la nature est unique, aussi bien à propos de l’environnement que de l’éthique personnelle, familiale et sociale
    (Caritas in veritate, 15.51). Les devoirs vis-à-vis de l’environnement découlent des devoirs vis-à-vis de la personne considérée en elle-même, et en relation avec les autres.

    J’encourage donc volontiers l’éducation à une responsabilité écologique, qui, comme je l’ai indiqué dans l’encyclique "Caritas in veritate", préserve une authentique «écologie humaine», et affirme ensuite avec une conviction renouvelée l’inviolabilité de la vie humaine à toutes ses étapes et quelle que soit sa condition, la dignité de la personne et la mission irremplaçable de la famille, au sein de laquelle on est éduqué à l’amour envers le prochain et au respect de la nature
    (Caritas in veritate, 28.51.61).

    Il faut sauvegarder le patrimoine humain de la société. Ce patrimoine de valeurs a son origine et est inscrit dans la loi morale naturelle, qui est à la base du respect de la personne humaine et de la création

    CE QUI DIFFÉRENCIE L'HOMME DES AUTRES ÊTRES VIVANTS

    [13] Enfin, un fait hautement significatif à ne pas oublier est que beaucoup trouvent la tranquillité et la paix, se sentent renouvelés et fortifiés lorsqu’ils sont en contact étroit avec la beauté et l’harmonie de la nature. Il existe donc une sorte de réciprocité : si nous prenons soin de la création, nous constatons que Dieu, par l’intermédiaire de la création, prend soin de nous.

    Par ailleurs, une conception correcte de la relation de l’homme avec l’environnement ne conduit pas à absolutiser la nature ni à la considérer comme plus importante que la personne elle-même. Si le Magistère de l’Église exprime sa perplexité face à une conception de l’environnement qui s’inspire de l’éco-centrisme et du bio-centrisme, il le fait parce que cette conception élimine la différence ontologique et axiologique qui existe entre la personne humaine et les autres êtres vivants.

    De cette manière, on en arrive à éliminer l’identité et la vocation supérieure de l’homme, en favorisant une vision égalitariste de la «dignité» de tous les êtres vivants. On se prête ainsi à un nouveau panthéisme aux accents néo-païens qui font découler le salut de l’homme de la seule nature, en son sens purement naturaliste.

    L’Église invite au contraire à aborder la question de façon équilibrée, dans le respect de la «grammaire» que le Créateur a inscrite dans son œuvre, en confiant à l’homme le rôle de gardien et d’administrateur responsable de la création, rôle dont il ne doit certes pas abuser, mais auquel il ne peut se dérober. En effet, la position contraire, qui absolutise la technique et le pouvoir humain, finit par être aussi une grave atteinte non seulement à la nature, mais encore à la dignité humaine elle-même (Caritas in veritate, 70).

    PREMIÈRE REMARQUE. DE MOSCOU AVEC AMOUR

    Le message "Si tu veux construire la paix, protège la création" cite plusieurs fois l'encyclique "Caritas in veritate", document le plus récent du magistère de l’Eglise de Rome en matière de doctrine sociale.

    Il est intéressant de mettre en parallèle le document à contenu analogue que le patriarcat de Moscou a publié en 2000, sous le titre "Les bases de la doctrine sociale de l’Eglise orthodoxe russe", dont www.chiesa a présenté des développements dans un article récent.

    L’harmonie entre ce document et le message de Benoît XVI pour la Journée Mondiale de la Paix 2010 est très forte. Par exemple dans le passage suivant :

    "Les problèmes écologiques ont un caractère essentiellement anthropologique, car ils sont générés par l'homme et non par la nature. La base anthropogénique des problèmes écologiques démontre que nous tendons à modifier le monde qui nous entoure pour le conformer à notre monde intérieur. C’est bien pour cela que la transformation de la nature doit partir d’une transformation de l'âme. Selon la pensée de Maxime le Confesseur, l'homme ne pourra transformer la terre entière en paradis que lorsqu’il aura mis le paradis en lui-même".

    DEUXIÈME REMARQUE. LE "FAUX DÉPART" DE COPENHAGUE

    Dans son paragraphe 4, le message "Si tu veux construire la paix, protège la création" cite parmi les signes de danger "les changements climatiques, la désertification, la dégradation et la perte de productivité de vastes surfaces agricoles, la pollution des fleuves et des nappes phréatiques, l’appauvrissement de la biodiversité, l’augmentation des phénomènes naturels extrêmes, le déboisement des zones équatoriales et tropicales".

    Mais le document ne rentre pas dans les détails. Il ne formule pas de diagnostics scientifiques et ne propose pas de solutions.

    Cela a été fait, en revanche, dans un commentaire publié en première page de "L'Osservatore Romano" du 7-8 décembre 2009, signé par le professeur Franco Prodi, membre de l'Institut des sciences de l'atmosphère et du climat du Conseil national des recherches, frère de Romano Prodi, ancien chef du gouvernement italien et président de la Commission européenne.

    Le professeur Prodi montre qu’il ne partage pas du tout le mantra écologiste selon lequel l’émission croissante de CO2 et autres gaz dans l'atmosphère par l’homme est la cause du réchauffement de la planète et de l'élévation du niveau des mers.

    D’après Prodi, ce n’est pas une certitude, seulement une probabilité. Et en tout cas elle concernerait une augmentation de la température moyenne de l'air sur toute la planète "qui depuis le début du XIXe siècle est de 7 dixièmes de degré par siècle".

    D’autres phénomènes influent bien plus sur le climat, selon Prodi, mais ils sont encore largement à étudier. On peut citer le flux de chaleur à l’intérieur de la terre, l'apport des volcans en CO2 et surtout le rôle des aérosols, c’est-à-dire des particules en suspension dans l’air mises en circulation par l’homme, qui aujourd’hui représentent déjà "20 % de celles que produit la nature" et modifient les nuages et les pluies.

    Mais Prodi avertit qu’il faudra au moins "30 à 40 ans" d’études avant d’avoir des "modèles complets de climat qui donnent l’explication du système et la prévision sûre de son évolution".

    Et entre temps ? Entre temps, on a présenté à Copenhague un "faux départ", entièrement fondé sur le "calcul des émissions dans le cadre d’une économie strictement de marché". Selon le professeur Prodi, il vaudrait beaucoup mieux que les Etats s’occupent plus simplement de la dégradation de la nature qui est sous les yeux de tous : air pollué, rivières et eaux souterraines maltraitées, espèces animales et végétales menacées.

    Le texte complet de l'article de Franco Prodi, dans "L'Osservatore Romano" du 7-8 décembre 2009 : > La Conferenza dell'ONU sull'ambiente. Aggiustamento mercantile o accordo mondiale-

    TROISIÈME REMARQUE. LES ATTAQUES DU BANQUIER DU PAPE

    Le 17 décembre, "L'Osservatore Romano" est revenu sur la Conférence de Copenhague avec un second commentaire en première page, confié cette fois à Ettore Gotti Tedeschi, économiste et banquier, qui est aussi, depuis quelques mois, président de l'Institut pour les Œuvres de Religion
    (IOR), la banque du Vatican.

    Gotti Tedeschi est encore plus radicalement critique que le professeur Prodi envers les orientations de la Conférence. Et de plus il s’appuie sur le message de Benoît XVI "Si tu veux construire la paix, protège la création", rendu public deux jours plus tôt.

    Voici ce qu’il écrit :

    "La pensée nihiliste, avec son refus de toute valeur et de toute vérité objectives, cause de très graves dégâts si elle est appliquée à l’économie. [...] Mais en matière d’environnement la pensée nihiliste produit des dégâts peut-être encore plus graves. [...] Elle prétend résoudre les problèmes climatiques – où règne une grande confusion – à travers la dénatalité et la désindustrialisation, plutôt qu’à travers la promotion de valeurs qui rendent sa dignité originelle à l'individu. La conférence de Copenhague sur le climat confirme ce parcours, provoquant plus d’oppositions que de solutions. [...]

    "En réalité, ce qui manque, c’est une vision stratégique du problème, justement à cause du nihilisme répandu qui arrive à théoriser l'absence de valeur de la vie humaine par rapport à une présumée centralité de la nature – l'éco-centrisme dénoncé par Benoît XVI – que l’homme ne fait que détériorer. [...]

    "En matière d'environnement, on cherche donc des accords vagues sur les émissions nocives, en renonçant à des prémisses éthiques et à des considérations scientifiques partagées. La pensée nihiliste risque ainsi de transformer le processus de mondialisation – en réalité, il est positif pour les pays pauvres – en un désordre dû à l'homme économique, qui est aussi la cause des maux environnementaux et qui est donc un candidat à l'auto-élimination. [...] Les environnementalistes ont raison de demander plus d’attention envers la nature. Mais ils feraient mieux de lire aussi 'Caritas in veritate'. Ils comprendraient pourquoi – mais surtout pour qui – il faut respecter l'environnement".

    Le texte intégral de l'article d’Ettore Gotti Tedeschi dans "L'Osservatore Romano" du 17 décembre 2009 : > Incertezze del vertice di Copenaghen. Per chi salvare l'ambiente

    Source (E.S.M.)


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  • pape-encyclique.jpg MESSAGE DE SA SAINTETÉ
    BENOÎT XVI
    POUR LA CÉLÉBRATION DE LA
    JOURNÉE MONDIALE DE LA PAIX

    1er JANVIER 2010

    SI TU VEUX CONSTRUIRE LA PAIX, 
    PROTEGE
    LA CREATION

    1.Au début de cette nouvelle année, je désire adresser mes vœux de paix les plus fervents à toutes les communautés chrétiennes, aux responsables des Nations, aux hommes et aux femmes de bonne volonté du monde entier. J’ai choisi comme thème pour cette XLIIIème Journée Mondiale de la Paix: Si tu veux construire la paix, protège la création. Le respect de la création revêt une grande importance, car «la création est le début et le fondement de toutes les œuvres de Dieu»[1]et, aujourd’hui, sa sauvegarde devient essentielle pour la coexistence pacifique de l’humanité. Si, en effet, à cause de la cruauté de l’homme envers l’homme, nombreuses sont les menaces qui mettent en péril la paix et le développement intégral authentique de l’homme – guerres, conflits internationaux et régionaux, actes terroristes et violations des droits de l’homme – les menaces engendrées par le manque d’attention – voire même par les abus – vis-à-vis de la terre et des biens naturels, qui sont un don de Dieu, ne sont pas moins préoccupantes. C’est pour cette raison qu’il est indispensable que l’humanité renouvelle et renforce «l’alliance entre l’être humain et l’environnement, qui doit être le miroir de l’amour créateur de Dieu, de qui nous venons et vers qui nous allons».[2]

    2. Dans l’Encyclique Caritas in veritate, j’ai souligné que le développement humain intégral est étroitement lié aux devoirs qui découlent du rapport de l’homme avec l’environnement naturel,considéré comme un don de Dieu fait à tous, dont l’exploitation comporte une commune responsabilité à l’égard de l’humanité tout entière, en particulier envers les pauvres et les générations à venir. J’ai noté, en outre, que lorsque la nature et, en premier lieu, l’être humain sont considérés simplement comme le fruit du hasard ou du déterminisme de l’évolution, la conscience de cette responsabilité risque de s’atténuer dans les esprits.[3] Au contraire, considérer la création comme un don de Dieu à l’humanité nous aide à comprendre la vocation et la valeur de l’homme. Avec le psalmiste, pleins d’émerveillement, nous pouvons proclamer en effet: «À voir ton ciel, ouvrage de tes doigts, la lune et les étoiles que tu fixas, qu’est-ce que l’homme pour que tu penses à lui, le fils d’un homme, que tu en prennes souci?» (Ps 8, 4-5). Contempler la beauté de la création nous aide à reconnaître l’amour du Créateur, Amour qui, comme l’écrit Dante Alighieri, «meut le soleil et les autres étoiles».[4]

    3. Il y a vingt ans, en consacrant le Message de la Journée Mondiale de la Paix au thème La paix avec Dieu créateur, la paix avec toute la création, le Pape Jean-Paul II attirait l’attention sur la relation que nous avons, en tant que créatures de Dieu, avec l’univers qui nous entoure. «À l’heure actuelle, on constate – écrivait-il – une plus vive conscience des menaces qui pèsent sur la paix mondiale […] à cause des atteintes au respect dû à la nature». Et il ajoutait que la conscience écologique ne doit pas être freinée, mais plutôt favorisée, «en sorte qu’elle se développe et mûrisse en trouvant dans des programmes et des initiatives concrets l’expression qui convient».[5]Auparavant, d’autres parmi mes Prédécesseurs avaient déjà fait allusion à la relation existant entre l’homme et l’environnement. Par exemple, en 1971, à l’occasion du quatre-vingtième anniversaire de l’Encyclique Rerum Novarum de Léon XIII, Paul VI avait souligné que «par une exploitation inconsidérée de la nature, (l’homme) risque de la détruire et d’être, à son tour, la victime de cette dégradation». Et il ajoutait qu’ainsi «non seulement l’environnement matériel devient une menace permanente: pollutions et déchets, nouvelles maladies, pouvoir destructeur absolu, mais c’est le cadre humain que l’homme ne maîtrise plus, créant ainsi pour demain un environnement qui pourra lui être intolérable: problème social d’envergure qui regarde la famille humaine tout entière».[6]

    4. Bien qu’évitant d’entrer dans des solutions techniques spécifiques, l’Église, «experte en humanité», s’empresse de rappeler avec force l’attention sur la relation entre le Créateur, l’être humain et la création. En 1990, Jean-Paul II parlait de «crise écologique» et, en soulignant que celle-ci avait un caractère principalement éthique, il indiquait «la nécessité morale urgente d’une solidarité nouvelle».[7] Cet appel est encore plus pressant aujourd’hui, face aux manifestations croissantes d’une crise qu’il serait irresponsable de ne pas prendre sérieusement en considération. Comment demeurer indifférents face aux problématiques qui découlent de phénomènes tels que les changements climatiques, la désertification, la dégradation et la perte de productivité de vastes surfaces agricoles, la pollution des fleuves et des nappes phréatiques, l’appauvrissement de la biodiversité, l’augmentation des phénomènes naturels extrêmes, le déboisement des zones équatoriales et tropicales? Comment négliger le phénomène grandissant de ce qu’on appelle les «réfugiés de l’environnement»: ces personnes qui, à cause de la dégradation de l’environnement où elles vivent, doivent l’abandonner – souvent en même temps que leurs biens – pour affronter les dangers et les inconnues d’un déplacement forcé? Comment ne pas réagir face aux conflits réels et potentiels liés à l’accès aux ressources naturelles? Toutes ces questions ont un profond impact sur l’exercice des droits humains, comme par exemple le droit à la vie, à l’alimentation, à la santé, au développement.

    5. Toutefois, il faut considérer que la crise écologique ne peut être appréhendée séparément des questions qui s’y rattachent, étant profondément liée au concept même de développement et à la vision de l’homme et de ses relations avec ses semblables et avec la création. Il est donc sage d’opérer une révision profonde et perspicace du modèle de développement, et de réfléchir également sur le sens de l’économie et de ses objectifs, pour en corriger les dysfonctionnements et les déséquilibres. L’état de santé écologique de la planète l’exige; la crise culturelle et morale de l’homme le requiert aussi et plus encore, crise dont les symptômes sont évidents depuis un certain temps partout dans le monde.[8] L’humanité a besoin d’un profond renouvellement culturel; elle a besoin de redécouvrir les valeurs qui constituent le fondement solide sur lequel bâtir un avenir meilleur pour tous. Les situations de crise qu’elle traverse actuellement – de nature économique, alimentaire, environnementale ou sociale – sont, au fond, aussi des crises morales liées les unes aux autres. Elles obligent à repenser le cheminement commun des hommes. Elles contraignent, en particulier, à adopter une manière de vivre basée sur la sobriété et la solidarité, avec de nouvelles règles et des formes d’engagement s’appuyant avec confiance et avec courage sur les expériences positives faites et rejetant avec décision celles qui sont négatives. Ainsi seulement, la crise actuelle devient-elle une occasion de discernement et de nouvelle planification.

    6. N’est-il pas vrai qu’à l’origine de celle que nous appelons la «nature» dans son sens cosmique, il y a «un dessein d’amour et de vérité»? Le monde «n’est pas le fruit d’une nécessité quelconque, d’un destin aveugle ou du hasard […]. Le monde tire son origine de la libre volonté de Dieu, qui a voulu faire participer les créatures à son être, à sa sagesse et à sa bonté».[9] Dans ses premières pages, le Livre de la Genèse nous reconduit au sage projet du cosmos, fruit de la pensée de Dieu, au sommet duquel sont placés l’homme et la femme, créés à l’image et à la ressemblance du Créateur pour «remplir la terre» et pour «la soumettre» comme des «intendants» de Dieu lui-même (cf. Gn 1, 28). L’harmonie entre le Créateur, l’humanité et la création, que l’Écriture Sainte décrit, a été rompue par le péché d’Adam et d’Ève, de l’homme et de la femme, qui ont désiré prendre la place de Dieu, refusant de se reconnaître comme ses créatures. En conséquence, la tâche de «soumettre» la terre, de la «cultiver et de la garder» a été altérée, et entre eux et le reste de la création est né un conflit (cf. Gn 3, 17-19). L’être humain s’est laissé dominer par l’égoïsme, en perdant le sens du mandat divin, et dans sa relation avec la création, il s’est comporté comme un exploiteur, voulant exercer sur elle une domination absolue. Toutefois, la véritable signification du commandement premier de Dieu, bien mis en évidence dans le Livre de la Genèse, ne consistait pas en une simple attribution d’autorité, mais plutôt en un appel à la responsabilité. Du reste, la sagesse des anciens reconnaissait que la nature est à notre disposition, non pas comme «un tas de choses répandues au hasard»,[10] alors que la Révélation biblique nous a fait comprendre que la nature est un don du Créateur, qui en a indiqué les lois intrinsèques, afin que l’homme puisse en tirer les orientations nécessaires pour «la garder et la cultiver » (cf. Gn 2, 15).[11] Tout ce qui existe appartient à Dieu, qui l’a confié aux hommes, mais non pour qu’ils en disposent arbitrairement. Quand, au lieu d’accomplir son rôle de collaborateur de Dieu, l’homme se substitue à Lui, il finit par provoquer la rébellion de la nature «plus tyrannisée que gouvernée par lui».[12] L’homme a donc le devoir d’exercer un gouvernement responsable de la création, en la protégeant et en lacultivant.[13]

    7. Malheureusement, on doit constater qu’une multitude de personnes, dans divers pays et régions de la planète, connaissent des difficultés toujours plus grandes à cause de la négligence ou du refus de beaucoup de veiller de façon responsable sur l’environnement. Le Concile œcuménique Vatican II a rappelé que «Dieu a destiné la terre et tout ce qu’elle contient à l’usage de tous les hommes et de tous les peuples».[14] L’héritage de la création appartient donc à l’humanité tout entière. Par contre, le rythme actuel d’exploitation met sérieusement en danger la disponibilité de certaines ressources naturelles non seulement pour la génération présente, mais surtout pour les générations futures.[15] Il n’est pas difficile dès lors de constater que la dégradation de l’environnement est souvent le résultat du manque de projets politiques à long terme ou de la poursuite d’intérêts économiques aveugles, qui se transforment, malheureusement, en une sérieuse menace envers la création. Pour contrer ce phénomène, en s’appuyant sur le fait que «toute décision économique a une conséquence de caractère moral»,[16] il est aussi nécessaire que l’activité économique respecte davantage l’environnement. Quand on utilise des ressources naturelles, il faut se préoccuper de leur sauvegarde, en en prévoyant aussi les coûts  en termes environnementaux et sociaux , qui sont à évaluer comme un aspect essentiel des coûts mêmes de l’activité économique. Il revient à la communauté internationale et aux gouvernements de chaque pays de donner de justes indications pour s’opposer de manière efficace aux modes d’exploitation de l’environnement qui luisont nuisibles. Pour protéger l’environnement, pour sauvegarder les ressources et le climat, il convient, d’une part, d’agir dans le respect de normes bien définies, également du point de vue juridique et économique, et, d’autre part, de tenir compte de la solidarité due à ceux qui habitent les régions plus pauvres de la terre et aux générations futures.

    8. La mise en place d’une solidarité intergénérationnelle loyale semble en effet urgente. Les coûts découlant de l’usage des ressources environnementales communes ne peuvent être à la charge des générations futures: «Héritiers des générations passées et bénéficiaires du travail de nos contemporains, nous avons des obligations envers tous, et nous ne pouvons nous désintéresser de ceux qui viendront agrandir après nous le cercle de la famille humaine. La solidarité universelle qui est un fait, et un bénéfice pour nous, est aussi un devoir. Il s’agit d’une responsabilité que les générations présentes ont envers les générations à venir, une responsabilité qui appartient aussi aux Etats individuellement et à la Communauté internationale ».[17] L’usage des ressources naturelles devrait être tel que les avantages immédiats ne comportent pas de conséquences négatives pour les êtres vivants, humains et autres, présents et futurs; que la sauvegarde de la propriété privée ne fasse pas obstacle à la destination universelle des biens;[18] que l’intervention de l’homme ne compromette pas la fécondité de la terre, pour le bien d’aujourd’hui et celui de demain. Au-delà d’une loyale solidarité intergénérationnelle, l’urgente nécessité morale d’unesolidarité intra-générationnelle renouvelée doit être réaffirmée, spécialement dans les relations entre les pays en voie de développement et les pays hautement industrialisés: «la communauté internationale a le devoir impératif de trouver les voies institutionnelles pour réglementer l’exploitation des ressources non renouvelables, en accord avec les pays pauvres, afin de planifier ensemble l’avenir».[19] La crise écologique montre l’urgence d’une solidarité qui se déploie dans l’espace et le temps. Il est en effet important de reconnaître, parmi les causes de la crise écologique actuelle, la responsabilité historique des pays industrialisés. Les pays moins développés, et en particulier les pays émergents, ne sont pas toutefois exonérés de leur propre responsabilité par rapport à la création, parce que tous ont le devoir d’adopter graduellement des mesures et des politiques environnementales efficaces. Ceci pourrait se réaliser plus facilement s’il y avait des calculs moins intéressés dans l’assistance, dans la transmission des connaissances et l’utilisation de technologies plus respectueuses de l’environnement.

    9. Il est hors de doute que l’un des points principaux que la communauté internationale doit affronter, est celui des ressources énergétiques en trouvant des stratégies communes et durables pour satisfaire les besoins en énergie de cette génération et des générations futures. A cette fin, il est nécessaire que les sociétés technologiquement avancées soient disposées à favoriser des comportements plus sobres, réduisant leurs propres besoins d’énergie et améliorant les conditions de son utilisation. Simultanément, il convient de promouvoir la recherche et l’application d’énergies dont l’impact environnemental est moindre et la «redistribution planétaire des ressources énergétiques … afin que les pays qui n’en ont pas puissent y accéder».[20] La crise écologique offre donc une opportunité historique pour élaborer une réponse collective destinée à convertir le modèle de développement global selon une orientation plus respectueuse de la création et en faveur du développement humain intégral, s’inspirant des valeurs propres de la charité dans la vérité. Je souhaite donc l’adoption d’un modèle de développement basé sur le caractère central de l’être humain, sur la promotion et le partage du bien commun, sur la responsabilité, sur la conscience d’un changement nécessaire des styles de vie et sur la prudence, vertu qui indique les actes à accomplir aujourd’hui en prévision de ce qui peut arriver demain.[21]

    10. Afin de conduire l’humanité vers une gestion d’ensemble plus durable de l’environnement et des ressources de la planète, l’homme est appelé à engager son intelligence dans le domaine de la recherche scientifique et technologique et dans l’application des découvertes qui en découlent. La «nouvelle solidarité» que Jean-Paul II propose dans le Message pour la Journée Mondiale de la Paix de 1990,[22] et la «solidarité mondiale» à laquelle j’ai moi-même fait appel dans le Message pour la Journée Mondiale de la Paix de 2009,[23] sont des attitudes essentielles pour orienter les efforts en vue de la sauvegarde de la création, par un système de gestion des ressources de la terre mieux coordonné au niveau international, surtout au moment où apparaît, de façon toujours plus évidente, la forte relation qui existe entre la lutte contre la dégradation environnementale et la promotion du développement humain intégral. Il s’agit d’une dynamique incontournable, car «le développement intégral de l’homme ne peut aller sans le développement solidaire de l’humanité».[24] Nombreux sont aujourd’hui les possibilités scientifiques et les chemins d’innovation potentiels, grâce auxquels il serait possible de fournir des solutions satisfaisantes et harmonieuses à la relation de l’homme avec l’environnement. Par exemple, il faut encourager les recherches orientées vers la découverte de procédés plus efficaces pour utiliser les grandes potentialités de l’énergie solaire. Une attention soutenue doit également être portée au problème désormais planétaire de l’eau et à l’ensemble du système hydrogéologique, dont le cycle revêt une importance primordiale pour la vie sur la terre et dont la stabilité risque d’être fortement menacée par les changements climatiques. De même, des stratégies ajustées de développement rural, centrées sur les petits cultivateurs et sur leurs familles, doivent être explorées, de même il faut aussi préparer des politiques appropriées pour la gestion des forêts, pour l’élimination des déchets, pour la valorisation des synergies existantes entre l’opposition aux changements climatiques et la lutte contre la pauvreté. Il faut des politiques nationales ambitieuses, accompagnées par un engagement international qui apportera d’importants avantages surtout à moyen et long terme. Il est nécessaire,enfin, de sortir de la logique de la seule consommation pour promouvoir des formes de production agricole et industrielle respectueuses de l’ordre de la création et satisfaisantes pour les besoins essentiels de tous. La question écologique ne doit pas être affrontée seulement en raison des perspectives effrayantes que la dégradation environnementale dessine à l’horizon; c’est la recherche d’une authentique solidarité à l’échelle mondiale, inspirée par les valeurs de la charité, de la justice et du bien commun, qui doit surtout la motiver. D’ailleurs, comme j’ai déjà eu l’occasion de le rappeler, «la technique n’est jamais purement technique. Elle montre l’homme et ses aspirations au développement, elle exprime la tendance de l’esprit humain au dépassement progressif de certains conditionnements matériels. La technique s’inscrit donc dans la mission de «cultiver et de garder la terre» (cf. Gn 2, 15), que Dieu a confiée à l’homme, et elle doit tendre à renforcer l’alliance entre l’être humain et l’environnement appelé à être le reflet de l’amour créateur de Dieu».[25]

    11. Il apparaît toujours plus clairement que le thème de la dégradation environnementale met en cause les comportements de chacun de nous, les styles de vie et les modèles de consommation et de production actuellement dominants, souvent indéfendables du point de vue social, environnemental et même économique. Un changement effectif de mentalité qui pousse chacun à adopter de nouveaux styles de vie, selon lesquels «les éléments qui déterminent les choix de consommation, d’épargne et d’investissement soient la recherche du vrai, du beau et du bon, ainsi que la communion avec les autres hommes pour une croissance commune»,[26] devient désormais indispensable. On doit toujours plus éduquer à construire la paix à partir de choix de grande envergure au niveau personnel, familial, communautaire et politique. Nous sommes tous responsables de la protection et du soin de la création. Cette responsabilité ne connaît pas de frontières. Selon le principe de subsidiarité, il est important que chacun s’engage à son propre niveau, travaillant afin que soit dépassée la suprématie des intérêts particuliers. Un rôle de sensibilisation et de formation incombe en particulier aux divers sujets de la société civile et aux Organisations non-gouvernementales, qui se dépensent avec détermination et générosité à l’expansion d’une responsabilité écologique, qui devrait être toujours plus attachée au respect de «l’écologie humaine». Il faut, en outre, rappeler la responsabilité des médias dans ce domaine en proposant des modèles positifs dont on puisse s’inspirer. S’occuper de l’environnement demande donc une vision large et globale du monde; un effort commun et responsable pour passer d’une logique centrée sur l’intérêt nationaliste égoïste à une vision qui embrasse toujours les besoins de tous les peuples. On ne peut rester indifférents à ce qui arrive autour de nous, parce que la détérioration de n’importe quelle partie de la planète retomberait sur tous. Les relations entre les personnes, les groupes sociaux et les États, comme entre l’homme et l’environnement, sont appelées à prendre le style du respect et de la «charité dans la vérité». Dans ce vaste contexte, il est plus que jamais souhaitable que les efforts de la communauté internationale visant à obtenir un désarmement progressif et un monde privé d’armes nucléaires – dont la seule présence menace la vie de la planète et le processus de développement intégral de l’humanité actuelle et future – se concrétisent et trouvent un consensus.

    12. L’Église a une responsabilité vis-à-vis de la création et elle pense qu’elle doit l’exercer également dans le domaine public, pour défendre la terre, l’eau et l’air, dons du Dieu Créateur à tous, et, avant tout, pour protéger l’homme du danger de sa propre destruction. La dégradation de la nature est, en effet, étroitement liée à la culture qui façonne la communauté humaine, c’est pourquoi «quand l’“écologie humaine” est respectée dans la société, l’écologie proprement dite en tire aussi avantage».[27] On ne peut exiger des jeunes qu’ils respectent l’environnement, si on ne les aide pas, en famille et dans la société, à se respecter eux-mêmes: le livre de la nature est unique, aussi bien à propos de l’environnement que de l’éthique personnelle, familiale et sociale.[28]Les devoirs vis-à-vis de l’environnement découlent des devoirs vis-à-vis de la personne considérée en elle-même, et en relation avec les autres. J’encourage donc volontiers l’éducation à une responsabilité écologique, qui, comme je l’ai indiqué dans l’encyclique Caritas in veritate, préserve une authentique «écologie humaine», et affirme ensuite avec une conviction renouvelée l’inviolabilité de la vie humaine à toutes ses étapes et quelle que soit sa condition, la dignité de la personne et la mission irremplaçable de la famille, au sein de laquelle on est éduqué à l’amour envers le prochain et au respect de la nature.[29] Il faut sauvegarder le patrimoine humain de la société. Ce patrimoine de valeurs a son origine et est inscrit dans la loi morale naturelle, qui est à la base du respect de la personne humaine et de la création.

    13. Enfin, un fait hautement significatif à ne pas oublier est que beaucoup trouvent la tranquillité et la paix, se sentent renouvelés et fortifiés, lorsqu’ils sont en contact étroit avec la beauté et l’harmonie de la nature. Il existe donc une sorte de réciprocité: si nous prenons soin de la création, nous constatons que Dieu, par l’intermédiaire de la création, prend soin de nous. Par ailleurs, une conception correcte de la relation de l’homme avec l’environnement ne conduit pas à absolutiser la nature ni à la considérer comme plus importante que la personne elle-même. Si le Magistère de l’Église exprime sa perplexité face à une conception de l’environnement qui s’inspire de l’éco-centrisme et du bio-centrisme, il le fait parce que cette conception élimine la différence ontologique et axiologique qui existe entre la personne humaine et les autres êtres vivants. De cette manière, on en arrive à éliminer l’identité et la vocation supérieure de l’homme, en favorisant une vision égalitariste de la «dignité» de tous les êtres vivants. On se prête ainsi à un nouveau panthéisme aux accents néo-païens qui font découler le salut de l’homme de la seule nature, en son sens purement naturaliste. L’Église invite au contraire à aborder la question de façon équilibrée, dans le respect de la «grammaire» que le Créateur a inscrite dans son œuvre, en confiant à l’homme le rôle de gardien et d’administrateur responsable de la création, rôle dont il ne doit certes pas abuser, mais auquel il ne peut se dérober. En effet, la position contraire qui absolutise la technique et le pouvoir humain, finit par être aussi une grave atteinte non seulement à la nature, mais encore à la dignité humaine elle-même.[30]

    14. Si tu veux construire la paix, protège la création. La recherche de la paix de la part de tous les hommes de bonne volonté sera sans nul doute facilitée par la reconnaissance commune du rapport indissoluble qui existe entre Dieu, les êtres humains et la création tout entière. Les chrétiens, illuminés par la Révélation divine et suivant la Tradition de l’Église, offrent leur contribution propre. Ils considèrent le cosmos et ses merveilles à la lumière de l’œuvre créatrice du Père et rédemptrice du Christ qui, par sa mort et sa résurrection, a «tout réconcilié […] sur la terre et dans les cieux» (Col 1, 20) avec Dieu. Le Christ, crucifié et ressuscité, a fait don à l’humanité de son Esprit sanctificateur, qui conduit le cours de l’histoire, dans l’attente du jour où le retour glorieux du Seigneur inaugurera «un ciel nouveau et une terre nouvelle» (2 P 3, 13) où résideront pour toujours la justice et la paix. Toute personne a donc le devoir de protéger l’environnement naturel pour construire un monde pacifique. C’est là un défi urgent à relever par un engagement commun renouvelé. C’est aussi une opportunité providentielle pour offrir aux nouvelles générations la perspective d’un avenir meilleur pour tous. Que les responsables des nations et tous ceux qui, à tous les niveaux, prennent à cœur les destinées de l’humanité en soient conscients: la sauvegarde de la création et la réalisation de la paix sont des réalités étroitement liées entre elles! C’est pourquoi, j’invite tous les croyants à élever leur fervente prière vers Dieu, Créateur tout-puissant et Père miséricordieux, afin qu’au cœur de tout homme et de toute femme résonne, soit accueilli et vécu cet appel pressant: Si tu veux construire la paix, protège la création.
     

    Du Vatican, le 8 décembre 2009.

    BENEDICTUS PP. XVI


    [1]Catéchisme de l’Église Catholique, n. 198.

    [2]Benoit XVI, Message pour la Journée Mondiale de la Paix, 2008, n.7.

    [3]Cf. n. 48.

    [4]La Divine Comédie, Paradis, XXXIII, 145.

    [5]Message pour la Journée Mondiale de la Paix, 1er janvier 1990, n. 1.

    [6]Lett. apost. Octogesima adveniens, n.21.

    [7]Message pour la Journée Mondiale de la Paix, n.10.

    [8]Cf. Benoît XVI, Lett. enc. Caritas in veritate, n. 32.

    [9]Catéchisme de l’Église Catholique, n. 295.

    [10]Héraclite d’Éphèse (535 av. JC env. – 475 av. JC env. ) Fragment 22B124, in H. Diels-W. Kranz, Die Fragmente der Vorsokratiker,Weidmann, Berlin 19526.

    [11]Cf. Benoît XVI, Lett. enc. Caritas in veritate, n. 48.

    [12]Jean-Paul II, Lett. enc. Centesimus annus, n. 37.

    [13]Cf. Benoît XVI, Lett. enc. Caritas in veritate, n. 50.

    [14]Const. Past. Gaudium et Spes, n.69.

    [15]Cf. Jean-Paul II, Lett. enc. Sollecitudo rei socialis, n. 34.

    [16]Benoît XVI, Lett. enc. Caritas in veritate, n. 37.

    [17]Conseil pontifical Justice et Paix, Compendium de la Doctrine sociale de l’Eglise, n. 467. Cf. Paul VI, Lett. enc. Populorum progressio, n. 17.

    [18]Cf. Jean-Paul II, Lett. enc. Centesimus annus, nn. 30-31, 43.

    [19]Benoît XVI, Lett. enc. Caritas in veritate, n. 49

    [20]Ibid.

    [21]Cf. Saint Thomas d’Aquin, S. Th., II.II, q. 49, 5.

    [22]Cf. n. 9.

    [23]Cf. n. 8.

    [24]Paul VI, Lett. enc. Populorum progressio, n. 43.

    [25]Lett. enc. Caritas in veritate, n. 69.

    [26]Jean-Paul II, Lett. enc. Centesimus annus, n. 36.

    [27]Benoît XVI, Lett. enc. Caritas in veritate, n. 51.

    [28]Cf. Ibid. , nn. 15, 51.

    [29]Cf. Ibid., nn. 28, 51, 61;Jean -Paul II, Lett. Enc. Centesimus annus, nn. 38, 39.

    [30]Cf. Benoît XVI, Lett. enc. Caritas in veritate, n. 70.

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    Source: http://www.vatican.va


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  • Entente timide pour sauver la mise

    Louis-Gilles Francoeur   19 décembre 2009 

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    Photo : Agence France-Presse Stephen Kugler

     

    Le président Obama, que tous attendaient comme le sauveur de la conférence de Copenhague sur les changements climatiques, a plutôt réussi à diviser profondément la communauté internationale avec une entente qu'il a lui-même qualifiée «d'insuffisante» avec les cinq grands pays émergents que sont la Chine, l'Inde, le Brésil et l'Afrique du Sud.

    Cette entente, a-t-il lui-même précisé, n'a «aucune valeur légale», ne fixe aucun objectif de réduction à la hauteur du défi avoué de son entente, soit de freiner à 2 °C la hausse du climat. Il a présenté comme un énorme gain l'inscription sur une liste officielle les cibles volontaires, pour la plupart déjà annoncées depuis des mois par les pays émergents. Pour faire avaler la pilule aux pays en développement, qui se sentaient hier soir trahis par les pays émergents jusqu'ici de leur côté, l'«entente Obama» ou l'«accord de Copenhague» prévoit un financement pour les pays les plus pauvres et les plus vulnérables de 30 milliards d'ici 2012, un montant qui sera porté à 100 milliards par année en 2020.

    Mais sur l'objectif de court terme, le président Obama n'a pas impressionné grand monde. Alors que l'Union européenne consacrera 10,6 milliards en trois ans à l'aide d'urgence pour l'adaptation au réchauffement du climat et que le Japon ajoutera à lui seul 11 milliards, la «première économie de la planète», comme l'a qualifiée le président Obama, n'a mis sur la table que 3,6 milliards.

    De son côté, l'Europe a accepté à contrecoeur cette entente, que les États-Unis ont négociée pratiquement sur une base bilatérale. Elle espère pouvoir profiter de l'année 2010 pour arriver à transformer l'accord de Copenhague en protocole de Mexico, où se déroulera l'an prochain la 16e rencontre des parties.

    Du côté des pays en développement, une trentaine d'entre eux attendait de se retrouver en plénière pour s'y opposer, ce qui pourrait paralyser la mise en application des faibles gains qu'elle contient en raison de la règle du consensus qui régit les organismes onusiens.

    Au moment de mettre sous presse hier soir, Tuvalu avait formellement refusé de s'y rallier. La Bolivie n'accepte ni l'accord, ni le fait de n'avoir pas eu accès à la négociation et d'avoir une heure pour l'entériner «quand des milliers de vies en dépendent». Cuba y a vu une caricature de l'impérialisme des États-Unis: autre rejet. Visiblement, le président Lokke Rasmussen allait avoir de la difficulté à constater l'existence du consensus sans lequel la plénière ne peut entériner l'entente. La plénière, qui a débuté à 3h du matin, menaçait de durer plusieurs heures.

    Pour le premier ministre suédois, Frederick Reinfeld, l'Europe s'est battue pour que cet accord ne crée pas de recul sur quelque front que ce soit, mais il a admis, tout comme le président de la Commission européenne, Jose Manuel Baroso, que cet accord était «très en deçà de nos attentes» et qu'il «ne réglera pas la menace des changements climatiques».

    Les Européens ont néanmoins décidé d'avaler la pilule parce que, a expliqué M. Baroso, «d'abord c'est une entente» et qu'il ne fallait ni briser le processus de négociation, ni briser la solidarité avec les pays en développement, qui seront privés de l'argent promis s'il n'y a pas d'entente. L'Europe estime néanmoins que sa stratégie, en marche depuis un an, notamment ses objectifs élevés de réduction, a eu pour effet de forcer les États-Unis et les pays émergents à se donner des objectifs avoués qu'ils devront respecter.

    Du côté des écologistes, on était beaucoup moins indulgents: «Nous avons assisté au triomphe du spin médiatique sur la substance», affirmait Jeremy Hobbs d'Oxfam. Chez Greenpeace International, on parlait de l'entente de «Brokenhagen».


    Une «route» plutôt qu'une entente

    Les objectifs de long terme que prévoyaient les versions mises au point par les négociateurs de l'équipe Obama dans l'après-midi avaient tous disparu hier soir dans le texte final: initialement, le plan Obama prévoyait une réduction globale des émissions humaines de 50 % en 2050 et de 80 % pour les seuls pays industrialisés. Mais les chefs d'État consultés par la suite ont biffé ces objectifs, y compris des pays comme le Canada dont c'est en principe l'objectif officiel.

    L'obligation de transparence et de vérification qu'exigeaient les États-Unis a été modifiée pour gagner l'accord de la Chine: les pays feront rapport de leurs émissions aux deux ans dans une «communication nationale», ce qui respecte la souveraineté chinoise, mais le bilan devra s'inspirer de normes comptables internationales pour satisfaire les États-Unis.

    L'accord prévoit que la communauté internationale tentera de faire plafonner les émissions anthropiques «le plus tôt possible» en tenant compte des impératifs de la lutte contre la pauvreté dans les pays en développement. L'accord prévoit aussi la «mobilisation» d'importantes mesures financières pour aider les pays en développement qui voudront préserver leurs forêts afin de conserver intacts ces puissants puits de gaz à effet de serre au bénéfice de tout le monde.

    Enfin, l'accord de Copenhague stipule que la gestion des deux montants de 30 milliards et de 100 milliards sera assurée par un nouveau fonds dans lequel les pays en développement auront un mot déterminant à dire. Ces derniers voulaient absolument éviter la mainmise de la Banque mondiale sur ce nouveau fonds, qui pourrait être lié toutefois sur le plan administratif avec le Global Environment Fund (GEF) de l'ONU.

    Un registre des mesures volontaires que voudront prendre les États-Unis et les pays émergents sera ainsi ouvert pour que la communauté internationale puisse en suivre la rigueur et la vigueur. L'entente d'hier devra être réévaluée en 2015. Et on prévoit que cette réévaluation permettrait d'adopter des objectifs de réduction encore plus ambitieux.


    Réactions opposées

    La réaction du premier ministre canadien, Stephen Harper, était aussi favorable au projet que ce dernier a été dénoncé par les grands groupes humanitaires et écologistes en des termes des plus virulents. Mais le premier ministre n'a pas soufflé mot de la contribution financière du Canada aux efforts d'adaptation des pays en développement.

    Pour Stephen Harper, une entente volontaire, sans portée légale est «une bonne entente» parce qu'elle regroupe pour la première fois tous les grands émetteurs, un jugement que font aussi les Européens, mais qui la considèrent pour leur part «nettement en deçà de nos attentes», selon le mot de M. Baroso.

    «Elle est réaliste et pragmatique du point de vue du Canada», a déclaré Stephen Harper, qui entend y incorporer les objectifs de réduction du Canada. Stephen Harper a par ailleurs déclaré que la menace des changements climatiques était «absolument claire» en raison de la «prépondérance de preuves» scientifiques.

    Il a précisé que l'industrie des sables bitumineux devra contribuer, une contribution qu'il n'a pas mesurée mais qui s'annonce modeste, car cette industrie, a-t-il dit, ne représente que 4 % des émissions canadiennes, mais qui représente une contribution majeure quant à l'augmentation annuelle du bilan de GES du Canada.

    Quant aux écologistes, ils ont rivalisé de formules-chocs pour décrire leur déception.

    «Très déçu», a déclaré Steven Guilbeault au petit matin. Il pense que le président Obama a voulu «forcer le jeu» pour des questions de politique interne, ce qui explique que certaines ONG étatsuniennes adoptaient hier un ton plus conciliant. Mais la vérité, dit-il, c'est qu'on est devant «un faux départ» pour la deuxième phase de la bataille du climat parce que cet accord ne prévoit aucune date pour plafonner les émissions humaines.

    «Ils disent qu'ils ont fait le travail, mais ce n'est pas vrai», expliquait Kim Carstensen, leader du WWF.

    «Un échec historique pour les efforts consentis en vue d'obtenir un traité légalement contraignant capable d'arrêter le réchauffement mondial», précisait Ricken Patel au nom de Climate Justice, le groupe à l'origine des manifestations de cette semaine dans la capitale danoise.


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    Nature-crucifi-.jpg Copenhague : Nos dirigeants politique ont besoins de nos prières... la rencontre prendra fin Vendredi dans moins de 36 hres. + - 12 hres

    En effet sans être pessimiste, nous devons constater les difficultés énormes dont les politiciens ont à faire face en ce moment .

    Prenons quelques moments, maintenant, et offrons leurs notre prière pour qu’ils puissent avoir le courage de négocier en faveur de notre MÈRE LA TERRE.

     


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  • UNE SOEUR FRANCISCAINE PARTICIPE À LA CONFERENCE DE COPENHAGUE

     

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    Copenhague: une voie nouvelle est-elle possible? (11 decembre 2009) 

    Au milieu de ce vaste rassemblement, unique en son genre, il me vient à l’esprit ces différentes images : notre monde est vaste et si divers, à voir ici tant de pays rassemblés. Et puis, dans ce foisonnement de tables rondes, de conférences, de panels, d’exposition, j’ai aussi ce sentiment que ce qui est en train de se passer au niveau des négociations est insaisissable et aussi incompréhensible pour le non-initié.

    C’est pourquoi en marge de ce grand rassemblement, il y en a un autre a quelques kilometres d’ici, le « klimaforum 2009 », espace de parole des ONG.

    Je vais en partager plus ces jours-ci.

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    J’aimerais partager aujourd’hui l’initiative par le Global Peace Initiative of Women :

    VOICES OF HOPE : RESPONDING TO THE CALL OF THE EARTH (Des voix d’espoir: Répondre à l’appel de la Terre)

    Ce mouvement rassemble les leaders religieux du monde. 

    Sr Joan Chittister, Bénédictine, a déclaré : « il est necessaire d’avoir une nouvelle perspective mondiale(…). Théologie, sciences et sexisme sont liés (…). La théologie occidentale doit mettre l’accent sur la seconde histoire de la Creation telle que relaté dans la Genèse. ».

    Swami veda Bharati, Inde, a mis l’accent sur la nécessite de retrouver une dimension contemplative. Il a noté qu’autrefois, dans toutes les traditions religieuses, même en Europe, les puissants, les rois avaient l’habitude de prier, ou de consulter les philosophes ; aujourd’hui, il n’y a plus cette prise de distance, ce retour sur soi, sur son être profond. Il n’y a pas ce lien avec l’origine de toute chose…

    Juifs et musulmans déclarèrent aussi l’urgence de prier, d’être unis pour faire face a cette nouvelle situation qui met en danger l’humanité. 

    Ce fut une rencontre pleine d’espérance… mais saurons-nous rassembler les croyants pour qu’une nouvelle voie soit réellement possible ? Les politiciens seuls, les scientifiques seuls ne resoudront pas les problèmes, mais si les croyants ne sont pas présents, d’autres dirigent le monde au détriment des plus vulnérables. 

    Odile Coirier

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    Ce mercredi 9 decembre, le titre d’une conference attira mon attention :« Vers une déclaration universelle des droits de notre Mère la Terre »

     

    La Bolivie, menee par son Président Evo Morales Ayma, est le premier pays a avoir lancé cette initiative. A ce jour, elle a inscrit dans sa Constitution un tel droit. L’Equateur suit la même démarche.

    Lors de cette conférence, l’ambassadeur bolivien a déclaré que de même qu’il existe les droits de l’homme, crées il y a juste 60 ans, il est aujourd’hui temps d’initier les droits de la Terre. « nous voulons montrer que c’est le moyen de sauver la Terre(…). Le problème que nous avons maintenant est plus vaste que la question du CO2. Il s’agit de voir que le problème est lié au système capitaliste lui-même. Le rechauffement climatique est un symptôme de notre situation. Nous devons peu à peu nous libérer du système de notre société destructeur…

    Puis, une des panelistes a pris la parole pour lire un texte de Leonardo Boff qui devait être présent à cette rencontre. Des raisons de santé l’ont contraint à annuler. Donc, Leonardo Boff insiste sur la nécessite de donner des droits à la Terre car elle est notre Mère. Il developpe son argumentation a partir du fait que nous sommes intrinsèquement liés a l’évolution de l’univers, et notre vie est dépendante de celle de la Terre.

    Cette déclaration des droits de la Terre, en son texte primitif va être remonté aux Nations-Unies et va prendre force alors que cette même année l’Assemblée Générale des Nations Unies a instauré une journée internationale de la Terre le 22 avril.

    A travers cette conference a résonné tres fort pour moi l’intuition fondamentale de St François d’Assise. Comment ne pas joindre nos voix, nos efforts a ce mouvement qui inaugure une nouvelle voie pour l’humanite ?

    Odile Coirier

     


    Mardi le 8 décembre  - Copenhagen 

    une journée dans un autre lieu avec une autre ambiance. Nous voici avec les leaders des grandes religions et philosophies du monde: judaisme, christianisme, bouddhisme, islam, hindouisme.

    Sr Joan Chittister, Bénédictine des USA , donna une conférence sur la théologie occidentale, qui a mis l'accent sur le texte de la Création en Genève 1 avec l'idée de domination sur toutes les créatures qui sont au service de l'homme. Il est temps dit elle de recentrer notre attention sur la deuxième histoire de la Création qui met l'accent sur la relation entre Dieu, les hommes et les hommes entre eux.

    Suivirent des enseignements d'un religieux hindou et d'un rabbin. Même si nos conceptions divergent, nous nous entendons tous pour dire que dans la situation que nous traversons, il est primordial de revenir à nos valeurs qui mettent au centre le respect de toute créature. Toute action véritable doit être basée sur la contemplation. Nous sommes tous reliés avec la même origine.

    Un scientifique danois est venu partager son point de vue: notre planète a des ressources limitées, la population est de plus en plus nombreuse. Tous ont la possibilité de vivre sur la planète dans la mesure ou nous aurons la capacité de nous servir de la plus simple et extraordinaire source d'énergie: le soleil. Nous pensons trop en termes d'énergie au pétrole, au charbon. Nous avons besoin de changer notre façon de voir et de penser.

    Les leaders religieux ont une grande responsabilité. Ils peuvent toucher les peuples et aider à promouvoir un changement positif.

    Nous avons conclu cette journée par un cercle de prière sur la place centrale de Copenhague.

    Odile Coirier

    soeur copen-4

     source http://www.franciscansinternational.org/


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  • Copenhague-2009.jpg Sommet de Copenhague - Pas le choix –Le Devoir

    JOSÉE BOILEAU   12 décembre 2009  Actualités sur l'environnement

    Le sommet de Copenhague est passé à une vitesse supérieure hier alors qu'un nouveau projet-cadre était dévoilé, aussitôt accueilli par des objections américaines. La Chine, la Russie, les pays africains ont aussi précisé leurs espoirs et leurs craintes, qui font bien voir les énormes différends qui ont cours. Mais puisque, comme l'a dit un économiste au New York Times, le coût de l'inaction c'est l'extinction de la race humaine, qui a le choix de ne pas bouger?

    Il y a les pays qui ont les pieds dans l'eau et qui la voient littéralement monter, comme le petit Tuvalu, île du Pacifique en voie d'être noyée pour cause de réchauffement climatique. L'Alliance des petits États insulaires, dont le Tuvalu est membre, a donc marqué un coup symbolique jeudi à Copenhague en voulant limiter à 1,5 °C plutôt qu'à 2 °C la hausse de la température moyenne sur la planète.

    Un objectif devenu impossible à atteindre vu la quantité de gaz à effet de serre actuellement présente dans l'atmosphère, ont rétorqué les scientifiques. Peu importe, «ce que nous négocions ici, c'est notre survie», comme l'a dit le chef de la délégation du Cap-Vert.

    À ces voix, jusque-là bien faibles, s'ajoute maintenant l'Union africaine (UA), dont les 53 États membres ont décidé, et c'est une première, de parler d'une même voix à Copenhague, tant l'enjeu est pour eux fondamental. L'Afrique, dont «la capacité à dérégler le climat est proche de zéro», selon les mots du représentant de l'UA, le premier ministre éthiopien Meles Zenawi, est la plus touchée par le réchauffement climatique. «Ignorer le plaidoyer de l'Afrique est moralement inacceptable», plaidera-t-il auprès des autres chefs d'État cette semaine.

    Qui d'autre, dans cinq ans, dans dix ans, se sentira à son tour bousculé, irrité, quand on lui répondra «trop tard»? La Chine peut-être, qui vit aujourd'hui le paradoxe d'être le plus grand pollueur de la planète, mais qui, face aux dégâts, se montre subitement curieuse et acheteuse de technologies vertes?

    Mais ne sera-t-il pas trop tard pour tous s'il faut attendre que les géants de l'économie — l'Inde, le Brésil, les États-Unis — soient ainsi acculés?

    C'est pourquoi, au-delà de la négociation de Copenhague, il faut poser aujourd'hui les questions difficiles, aborder de front la signification, dans nos pays revenus de tout, de la croissance économique. Jusqu'où peut-on la préserver tout en sauvant la planète? Une récente étude britannique démontre que si les émissions de GES ont augmenté de 3 % par année depuis 2000 (comparativement à 1 % annuellement entre 1950 et 2000), leur hausse a ralenti en 2008, et probablement en 2009 aussi, en raison de la crise. Mais on prévoit que la hausse reviendra dès que la reprise sera là...

    De tels constats nourrissent le discours du «tout économique» que le gouvernement Harper caricature à outrance, mais qui est aussi véhiculé par des syndicats ou des partis de gauche. À quoi bon sauver le monde dans cent ans si les gens y perdent leur emploi aujourd'hui? Le questionnement est légitime, et il appelle des réponses exigeantes. Il ne s'agit plus de produire plus, mais de produire mieux: c'est là un tournant bien plus radical que de simplement implanter des éoliennes! Nos dirigeants ne sont pas encore prêts à y faire face.

    Comme toujours, il faudra donc que l'impulsion vienne de la base — de nous qui nous apprêtons encore à consommer Noël mais qui aurons la bonne volonté d'en trier les déchets... Il n'y a pas qu'à Copenhague où des choix difficiles, déchirants devront finir par être faits.

    ·                                 » conférence de Copenhague

    Source www.ledevoir.com


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  • Copenhague : Entretien avec Mgr Migliore, chef de la délégation du Saint-Siège
    Le rapport création-développement, un rapport indissoluble

    ROME, Jeudi 10 décembre 2009 (ZENIT.org) - Les attentes sont grandes à Copenhague, et les espérances nombreuses. L'objectif est d'obtenir un accord contraignant, mais aussi celui d'attiser les sensibilités face aux questions touchant notre environnement.  

     

    Le sommet de Copenhague, qui a ouvert ses portes lundi en présence de délégations du monde entier, est un rendez-vous important et une étape significative pour que les problèmes liés au climat, au réchauffement excessif de la planète, à la réduction des émissions de gaz à effet de serre, à la protection de l'environnement, occupent enfin une place de choix dans l'agenda politique de tous les pays du monde. 

     

    Mgr-Celestino-Migliore.jpg Une délégation du Saint-Siège est présente elle aussi au sommet, conduite par Mgr Celestino Migliore, observateur permanent du Saint-Siège auprès des Nations unies, qui, dans cet entretien à ZENIT, explique quelles sont les attentes sur ce sommet de Copenhague.  

    Mgr Migliore sera dans la capitale danoise à partir de lundi prochain, 14 décembre. Actuellement, les négociations, plutôt techniques, sont suivies par don Hugo Cabrera Aramayo, Paolo Conversi, Luke Swanepoe, Markus Wandinger et Mariano Cardielli, qui font partie de la délégation du Saint-Siège.  

     

    ZENIT - Mgr Migliore, qu'attendez-vous de ce sommet sur le climat? Quelles sont vos espérances?

     

    Mgr Migliore - Que l'on œuvre au moins à faire grandir une entente politique qui aplanisse le chemin vers un accord contraignant, à atteindre en un temps raisonnable et doté de mesures concrètes concernant la réduction des émissions de gaz à effet de serre, le transfert de technologies, le calendrier et le financement de l'atténuation et de l'adaptation au changement climatique. On espère aussi que l'évènement en soi et la couverture médiatique éveilleront chez les peuples un intérêt commun, une sensibilité et un engagement pour cette cause.  

    Dans certaines régions du monde, gouvernements et institutions publiques locales ont derrière eux une longue expérience dans la façon de gérer leur territoire, le climat, le rapport homme-nature. C'est à ce niveau, surtout, qu'il faut réactiver et diffuser ce sens du projet, de l'organisation, de l'action immédiate, afin de pouvoir garantir développement et sécurité même dans des situations climatiques qui changent. 

     

    ZENIT - Le pape a appelé les pays et la communauté internationale à des actions concrètes, pensant surtout aux futures générations et aux pauvres. Comment pensez-vous que les 192 pays réagiront à cet appel? 

     

    Mgr Migliore - Le pessimisme diffus auquel on assiste depuis deux ou trois semaines semble s'atténuer. Après le débat des deux premiers jours, à l'approche des négociations, on a vu s'entrebâiller quelques portes, par exemple sur les engagements financiers, sur le calendrier de l'arrêt à la déforestation, sur les ressources hydriques et la désertification. 

    L'invitation du pape va bien au-delà des travaux de Copenhague : elle s'adresse aussi bien aux gouvernants qu'à la société civile, aux pouvoirs et aux administrations locales, à tous ceux qui ont une responsabilité active, éducative ou formative. Le défi des changements climatiques doit être affronté sereinement mais rapidement aussi, en commençant justement au niveau local.  

     

    ZENIT - Pensez-vous qu'il y aura un accord sur l'adoption d'un nouveau Traité sur le climat? 

     

    Mgr Migliore - La conférence travaille à cet objectif, qui pourrait être déplacé dans le temps. Toutefois, il est tout aussi urgent et indispensable de susciter une culture adaptée à l'implémentation des mesures fixées. Les limites des émissions de gaz à effet de serre produiront des résultats si l'on est convaincu que la pose de quelque jalon sert à resituer l'homme par rapport à la nature ; que les fonds alloués sont employés dans des projets utiles, à l'abri de toute corruption ; que les habitations résistent aux intempéries et constituent pour nous des lieux sûrs quand les travaux en bâtiments ne visent pas le seul profit  ; que prendre soin de l'environnement est un devoir qui ne revient pas uniquement à l'administration publique mais où chacun a sa part à jouer  

     

    ZENIT - Certains organismes comme l'UNFPA (Fonds des Nations unies pour la population) se sont servis des prévisions catastrophiques sur les changements climatiques pour demander une nouvelle réduction de la fertilité par le biais de politiques pro-avortement et pro-contraception. Quel est votre avis sur ce sujet? 

     

    Mgr Migliore - Le réchauffement mondial dépend plus du caractère indiscriminé et du haut niveau des consommations que du nombre des habitants de la terre. Il se trouve, en effet, que le degré de pollution est particulièrement intense et dévastateur dans les régions à grand essor et où le taux de natalité est généralement très bas. Si nous voulons trouver des solutions efficaces à la dilapidation du patrimoine écologique, il faut que notre attention reste focalisée sur les vraies causes.  

     

    ZENIT - Un scandale scientifique appelé « climagate » vient d'éclater : des chercheurs du Climatic Research Unit de l'université britannique d'East Anglia auraient manipulé les données pour faire croire que les températures n'arrêtent pas de monter et que la cause serait d'origine anthropique. De nombreux autres scientifiques avaient déjà émis des hypothèses scientifiques selon lesquelles le climat change pour des raisons naturelles et que l'influence anthropique est limitée et relative. Qu'en pensez-vous? 

     

    Mgr Migliore - La question du rapport entre vérité et politique est vieille comme l'homme. D'une certaine façon, nous assistons de nos jours à un éloignement inquiétant entre ces deux ordres du savoir et de l'action humaine et c'est peut-être pour cela qu'il est plus difficile de se mettre d'accord en temps raisonnables et de prendre des décisions communes et efficaces pour résoudre les problèmes de l'humanité.  

     

    ZENIT - Beaucoup de pays émergents, comme le Brésil, l'Inde, l'Afrique du Sud, refusent d'accepter une législation contraignante sur les émissions de gaz, car ils pensent que cela limiterait leur développement, augmentant les coûts de l'énergie et des transports. Comment répondre à cette nécessité de développement? 

     

    Mgr Migliore - Les principes guides d'une responsabilité commune mais différenciée et ceux de l'équité devraient prévaloir. Mais surtout il ne faut pas perdre de vue ce rapport indissoluble et à double sens entre la sauvegarde de la création et le développement. On n'atteint pas l'un sans l'autre, et donc l'on ne saurait sacrifier ni l'un ni l'autre.  
     

    Silvia Gattas 

    Source www.zenit.org


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    Les églises sonnent les cloches pour le climat

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    Le Conseil oecuménique des Églises appelle les églises du monde entier à faire retentir leurs cloches dimanche 13 décembre à 15h

    Pour alerter les fidèles sur l'urgence climatique, le Conseil oecuménique des Églises a appelé les églises du monde entier à faire retentir 350 fois, dimanche 13 décembre à 15h, leurs cloches, tambours, gongs ou ce qu'elles utilisent traditionnellement pour appeler les gens à la prière. Ce chiffre symbolise les 350 parties par million qui, selon de nombreux scientifiques, constituent le taux maximum de CO2 acceptable dans l'atmosphère.

    À Copenhague même, les participants à la Conférence sur le climat seront invités à prier aux côtés de la reine du Danemark et des responsables d'Eglise du monde entier lors d'une cérémonie œcuménique à la cathédrale luthérienne de la capitale danoise.

    En raison du décalage horaire, les communautés du Pacifique-Sud (une des principales régions du monde touchées par le changement climatique), seront les premières à faire retentir cette chaîne de carillons.

    « Une question essentiellement éthique et spirituelle »

    D'autres suivront depuis le « Sanctuaire ouvert » basée à l'église anglicane de la Sainte-Trinité de Tilba Tilba, en Australie, à la paroisse luthérienne de Sibiu, en Roumanie, se sont déjà engagées à participer. Certaines incorporent cette action dans leurs célébrations traditionnelles de l'Avent, comme l'église évangélique luthérienne de l'Épiphanie, à Hambourg (Allemagne), qui invitera les enfants à dessiner des étoiles d'espérance pendant que les cloches sonneront et que 350 battements de tambour retentiront, juste avant le concert de l'Avent de la paroisse.

    «Dans certains pays, on s'est demandé si les Eglises ont le droit d'utiliser leurs cloches dans le cadre de ce qui pourrait être considéré comme une campagne politique, explique Guillermo Kerber, responsable du programme du COE sur les changements climatiques. Les personnes qui soutiennent la campagne voient la menace qui pèse sur la création et sur la vie et les moyens d'existence des gens comme une question essentiellement éthique et spirituelle qui, bien entendu, a des implications politiques, non pas dans un sens partisan, mais vis-à-vis de l'intérêt commun. »

    « Nous prions pour que, partout, les décideurs assument sérieusement la responsabilité implicite de la domination accordée par Dieu à l'humanité sur ses créatures terrestres », dit Mogens Lemvig Hansen, qui explique pourquoi l'Église luthérienne danoise de Vancouver, Colombie-Britannique, Canada, dont il est le président, sonnera ses cloches.

    La Conférence des Eglises européennes (KEK) et le Conseil des conférences épiscopales d'Europe (CCEE) ont apporté leur soutien à la campagne dans une lettre commune adressée aux Eglises d'Europe.


    www.La-Croix.com  (avec ENI)

     


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  • Le P. Lombardi analyse les implications éthiques du sommet de Copenhague
    Un appel à changer de style de vie

    ROME, Lundi 7 décembre 2009 (ZENIT.org) - L'intérêt que suscite la conférence sur les changements climatiques doit se transformer en appel à changer de style de vie, estime le porte-parole du Saint-Siège.


    C'est aux implications éthiques de ce sommet, organisé par les Nations unies à Copenhague (Danemark) du 7 au 18 décembre que le P. Federico Lombardi S.J., directeur du Bureau de presse du Saint-Siège, consacre son éditorial du dernier numéro d' « Octava Dies », le bulletin hebdomadaire du 
    Centro Televisivo Vaticano, dont il est aussi le directeur.


    Le P. Lombardi relève que « pour beaucoup, les préoccupations environnementales et climatiques étaient jadis considérées comme un luxe. Des préoccupations de riches. Les problèmes des pauvres, qui devaient survivre et satisfaire leurs besoins premiers, étaient autres. Puis, nous avons compris que ça ne se passait pas comme ça ».

    « Quand il y a la sécheresse ou quand il y a des catastrophes naturelles, les pauvres sont les premiers à souffrir et à mourir, ajoute-t-il. Qui se trouve en des lieux plus sûrs ou a plus de ressources pour se nourrir ou se protéger, arrive à mieux surmonter l'aggravation des conditions environnementales ».


    « C'est donc pour tous, mais pour les pauvres en premier, que nous devons veiller sur la santé de notre planète, poursuit le père Lombardi. Et la planète est comme un organisme où les équilibres se reflètent les uns sur les autres. Altération de la composition de l'atmosphère, élévation du niveau des mers, réduction des réserves d'eau douce non polluée, modification des précipitations et ouragans, érosion des sols et désertification, agriculture et santé humaine mises à mal.. tout ceci dépend au fond en grande partie des comportements et des décisions humaines ».


    Le porte-parole du Saint-Siège reconnaît que « la conférence de Copenhague sur le climat sera considérée un succès ou un échec selon les engagements qui seront pris par les gouvernements, surtout des pays plus puissants et plus grands. Des numéros ‘magiques' sur les réductions d'émissions de gaz nocifs et sur les financements à procurer seront prononcés ».

    « Mais à la fin tout dépendra de la somme des comportements de nous tous, habitants de la Terre, trop habitués à nous croire assez rusés pour décharger sur les autres notre responsabilité », ajoute-t-il.


    C'est pourquoi, comme le fait le pape dans sa dernière encyclique 
    Caritas in Veritate, le P. Lombardi propose « de nouveaux styles de vie » et rappelle que « le système écologique repose sur un bon rapport avec la nature mais également avec ses semblables ».

    « Le problème de Copenhague est donc aussi le nôtre », conclut-il.


    Source www.zenit.org 

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  • Copenhague, l’extrême sobriété du propos de Benoît XVI n’en réduit pas la portée

    Editorial de Gérard Leclerc

    Le 07 décembre 2009  - Eucharistie Sacrement de la Miséricorde - Le sommet des pays du monde entier qui a commencé à Copenhague bénéficie d’une impressionnante caisse de résonance. Les médias sont universellement mobilisés pour alerter l’opinion et la persuader que la question du réchauffement climatique est de la plus haute gravité pour l’avenir de la planète et de l’espèce humaine. Ainsi, 56 journaux de 44 pays différents ont-ils publié, le jour de l’ouverture du sommet, un éditorial commun qui sonne comme un ultimatum : « Une hausse (de température) plus importante de 3 à 4°C dessécherait des continents, transformant la terre cultivable en désert.

    La moitié des espèces serait vouée à l’extinction, des millions et des millions de personnes seraient déplacées et des peuples entiers seraient submergés par la mer. » Face à des prévisions aussi terrifiantes, aucune échappatoire ne semble devoir être envisagée. Pourtant, l’avis des scientifiques n’est pas unanime sur le sujet et une controverse s’est engagée qui invite à prendre de la distance à l’égard de la thèse la plus couramment partagée.

    Nous ne prendrons évidemment pas position dans un domaine aussi difficile. Il nous suffira de nous réclamer d’une sagesse dont Benoît XVI s’est fait le meilleur interprète dimanche dernier : « Je souhaite que les travaux (de Copenhague) aident à déterminer les actions qui respectent la création et qui promeuvent un développement solidaire, fondé sur la dignité de la personne humaine et orienté vers le bien commun. La sauvegarde de la création suppose l’adoption de styles de vie sobres et responsables, surtout vis-à-vis des pauvres et des générations futures. Dans cette perspective, pour garantir le plein succès de la conférence, j’invite toutes les personnes de bonne volonté à respecter les lois que Dieu a placées dans la nature et à redécouvrir la dimension morale de la vie humaine. » L’extrême sobriété du propos n’en réduit pas la portée. Il a le mérite d’en appeler à la responsabilité, en se gardant d’un certain extrémisme vert.

    Car il y a bel et bien une idéologie écologiste dont il convient de se garder, ne serait-ce que pour préserver le bien-fondé des avertissements de l’écologie. Il y a une dizaine d’années, j’ai dénoncé l’influence néfaste d’un Eugen Drewermann qui rejoignait les perversions de l’écologie dite profonde jusqu’à prôner une véritable phobie d’une humanité prédatrice et destructrice de la nature. Sur le terrain pratique, cela conduit à de vraies aberrations. (...)
    Lire la suite sur France catholique http://francecatholique.info/Qu-attendre-de-Copenhague.html
     
    source http://eucharistiemisericor.free.fr

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