• Histoire de l’OFS et de sa Règle (12)

    Histoire de l’OFS et de sa Règle

    La “novitas” francIscaInE. La trilogie franciscaine.

    Magistère des Papes sur l’OFS 

     

    Benedetto Lino, OFS

     

     

    La Saison des Congres

     

    Le ferment engendré par l’action du Pape Léon XIII s’est également caractérisé pour la célébration d’importants congrès régionaux, nationaux et internationaux pendant et après son pontificat.

    L’idée des congrès est née, comme nous l’avons déjà souligné, au cours de la réunion de la Première Commission internationale d’étude, qui s’est déroulé à Val de Bois (France) du 18 au 20 juillet 1893, suite la proposition et l’inspiration de Léon Harmel qui accueillit les participants provenant, en dehors de la France, d’Italie, de Hollande, de Belgique, de Suisse. L’indication que leur avait adressée Léon XIII indiquait le but de la réunion dans la “recherche des moyens, pour que le Tiers Ordre Franciscain... fleurisse de plus en plus jour après jour, et se propage largement et produise de riches fruits en faveur de la société humaine”.

     

    Le Premier congres national français (Paray-le-Monial, 11-13 septembre 1894) eut une orientation essentiellement sociale qui reflétait les discussions suscitées par la Rerum novarum : on affronta en effet le thème du capitalisme, de l’argent et de l’usure ; ce filon d’intérêts et de thématiques sociales parcourt aussi la série de congrès successifs, sept en tout, mais ne tarit pas l’ensemble des problèmes affrontés et discutés : nature et finalité, organisation des fraternités, vie intérieure et moyens qui la favorisent, présence dans l’Eglise aussi au niveau local, œuvres de charité; dans certains congrès il faut signaler la présence de représentants des nations limitrophes.

    En Italie le Premier congres a été interrégional de l’Italie du nord, qui s’est déroulé à Novare du 24 au 27 septembre 1894 ; les thèmes affrontés concernèrent la nature et la finalité du TOF, de son “action sociale moderne” faisant suite aux enseignements de Léon XIII, de son organisation référée aussi aux urgences d’une incidence sociale ; il s’est conclu avec le vote de trente cinq points, dont la grande partie furent introduits dans la législation successive de l’OFS”.

     

    Le congres célébré à Assise du 10 au 13 octobre 1895 revêtit au contraire un caractère national, avec une représentation massive de toutes les régions; on y affronta les thèmes de la spiritualité du Tiers Ordre, de sa discipline et de son règlement, de la collaboration avec les autres formes du laïcat catholique et de la influence sociale.

     

    Le plus important de ces congrès est certainement le Congres International promu par les Ministres Généraux des Frères Mineurs, des Frères Mineurs Conventuels, des Frères Mineurs Capucins et du Tiers Ordre Régulier de Saint François. Il se déroula à Rome du 22 au 26 octobre 1900, à l’occasion de l’Année Sainte et du début du siècle ; dix sept mille tertiaires y participèrent, selon les chroniques de l’époque, qui affrontèrent la discussion des thèmes, désormais habituels, comme le but du Tiers Ordre, de sa vie et des moyens pour le répandre. Avant le Congrès, Léon XIII, désormais âgé de 90 ans, dans le Bref [1] du 21 septembre, il s’adressait aux congressistes en rappelant leurs soins pour la réforme du Tiers Ordre et affirmait que le congrès était la “preuves que de telles espérances et diligences ne furent pas vaines”. Et, aux tertiaires réunis en congres, le Pape fit parvenir l’un de ses Bref apostoliques (4 octobre 1900), dans lequel il se complaisait de la «concorde des âmes» et rappelait que «l’unité de la loi donne unité au corps et de l’observance de cette dernière vient au corps vigueur et efficacité à l’action».

     

    L’évaluation d’ensemble de la saison des congrès du Tiers Ordre nous conduit à certaines conclusions : à travers les discussions intenses et participées qui s’y déroulèrent, le TOF fixa quelques thèmes fondamentaux pour la réflexion sur sa nature et sa position ecclésiale après la réforme léonine et sur sa structure organisatrice ; il présenta aussi une image concrète et vive de ses multiples tâches spirituels et apostoliques ; il ne manqua cependant pas de faire émerger tout ce qu’il y a de contradictoire, peut-être, de prématuré au fond de son attention généreuse aux problématiques sociales.

    Dans les congrès on identifia nettement deux tendances :

     

    • les individualistes qui entendaient faire conserver au Tiers Ordre son caractère d’association de perfection chrétienne, et
    • les sociaux” qui, sans méconnaître ce point fondamental, voulaient diriger l’activité des tertiaires sur le plan sociale, selon les directives du Pontife”.

     

    De même les “oppositions de la part de ceux qui ne désiraient pas voir les nouvelles directives appliquées à l’Ordre de la Pénitence” ne manquèrent pas ; l’évolution des thématiques des congrès, dans l’arc de quinze ans, confirme cette perplexité entre les deux lignes de la tradition et de l’innovation qui fait encore réfléchir sur combien ce chemin a été fatigant quant au dépistage de la position et du rôle des laïcs dans l’Eglise.

     

    Nous rappelons, toutefois, deux de ces témoignages significatifs qui confirment que l'époque des congrès a été riche :

     

    • L’un de Giulio Salvadori (1862-1928), l’une des figures les plus belle set les plus complètes du laïcat Franciscain moderne, qui au congrès de Novare démontra la validité et l’importance de cette affirmation : “Le Tiers Ordre Franciscain peut et doit concourir à résoudre la question  sociale, comme il le fit autrefois ; et cependant, outre à être une institution de prière comme on la considère à présent, il doit encore être institution éminemment active et sociale”, en ajoutant que le but de la nouvelle Règle était celui de former non pas des bigots ou des théologiens, mais des hommes entiers et animés par l’ Esprit de vérité et d’amour”;

     

    • L’autre est la mise au point de treize points sur la “mentalité franciscaine”, votés au congrès de Paray-le-Monial de 1908 dans lesquels on identifiait le caractère propre du franciscanisme Séculier en relation avec les problèmes graves et urgents de la vie sociale.

     

    Le dix-neuvième siècle est non seulement le siècle du renouvellement et de l’élan social de l’OFS, mais aussi du refleurissement spirituel qui se manifeste dans de nombreux témoignages de sainteté :

    ·      Giuseppe Benedetto Cottolengo (1842), Giuseppe Cafasso (1860), Giovanni Bosco (1888) sont trois prêtres tertiaires qui traduisent l’inspiration  franciscaine en charité envers les pauvres, les malades et les marginés, les jeunes qui demandent des conseils et une instruction ;

    ·      les onze martyrs chinois, décapités pendant la guerre des boxers (1900) avec deux évêques et neuf sœurs franciscaines, enrichissent le martyrologue de l’OFS qui est presque totalement d’origine asiatique ;

    ·      Contardo Ferrini (1902) constitue un autre exemple de sainteté laïque.

     


    [1] Le bref (ou bref pontifical) est l'une des quatre formes que peut prendre la lettre apostolique, document pontifical adressé à des responsables pour développer un enseignement ou une orientation sur un point précis. Le bref pontifical est une lettre pontificale scellée (ou rescrit), mais d'objet moindre que la bulle et souvent de caractère privé.

     

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