• Histoire de l’OFS et de sa Règle (13)

    Histoire de l’OFS et de sa Règle

    La “novitas” francIscaInE. La trilogie franciscaine.

    Magistère des Papes sur l’OFS 

     

    Benedetto Lino, OFS

     

     

    NOTRE SIECLE

     

    Pie X

     

    Après la mort du grand Léon XIII, le 4 août 1903 on élisait pour lui succéder le

    cardinal Giuseppe Sarto

    (1835-1914), qui prit le nom de Pie X et qui, vu ses vertus singulières de piété, de pauvreté, sa vie et ses habitudes simples maintenus lors de son pontificat, fut canonisé par Pie XII en 1954. Pie X fut lui aussi tertiaire Franciscain.

    Sous son pontificat l’histoire de l’OFS est marquée par deux faits remarquables et différents quant à leur importance, qui projettent leur influence sur la vie de la fraternité Séculière encore aujourd’hui.

     

    Le Premier fait est constitué par le projet de federation des différentes fraternités.

    Il naît des Congrès, qui non seulement continuèrent à être célébrés, mais qui s’étendirent au delà de la zone française et italienne : par exemple, au Canada (Montréal 1900) et en Espagne (Santiago de Compostelle, 1909).

    Du projet d’une Fédération des Fraternités ont jailli deux constantes de l’histoire de l’OFS : la p

     

     

     

    remière est due au fait que la personnalité juridique des fraternités a toujours été liée à l’érection canonique de chacune d’entre elles et que les autres liens, aussi bien sur le territoire que dans le sens hiérarchique, sont apparus parfois opportuns, parfois logiques, parfois recommandables, mais ils n’ont  jamais été considérés officiels jusqu’à la Règle de 1978 qui, dans l’article 20, parle de lien et de coordination ;

    La deuxième peut apparaître paradoxale, mais elle est indéniable : l’Ordre Séculier a toujours eu une unité substantielle de charisme, de législation, de traditions spirituelles, de patrimoine agiographique, d’histoire, mais il a également eu une pluralité, pour ne pas dire un parcellement, de direction effective et d’organisation, dans la mesure où il a suivi les segmentations, transitoires ou définitives, où le Premier Ordre s’est divisé, au soin duquel il a été confié.

     

    Face à cette situation et vu le climat d’enthousiasme et de vitalité créé par la réforme de Léon XIII, la Fédération des Fraternités apparaissait un Premier pas nécessaire vers cette unité de l'OFS, qui a dû passer à travers la phase de l’inter obéissance.

     

    L’idée de la fédération est née en France : le huitième vote du congrès de Paray le Monial en 1908 affirmait que “les Fraternités doivent tendre à la confédération entre eux” ; il n’ajoutait cependant pas d’autres indications plus concrètes, en lassa la voie ouverte à la flexibilité des choix organisationnels, qui en France s’orientèrent vers des solutions à base diocésaine ou régionale.

    Des incitations à une plus grande unité de la famille franciscaine provenaient pendant ces années-là de l’autorité papale : avec la constitution Felicitate quadam (15.V.1897) Léon XIII avait réuni sous la dénomination de Frères Mineurs les branches des Observants, des Réformés, des Alcantarins, des Récollets ; avec le Bref Septimo iam pleno saeculo (4.X.1909) Pie X avait résolu les questions concernant la authenticité des trois plus grandes branches et la succession hiérarchique des Ministres généraux, en affirmant que les “trois Ordres de la famille mineure sont comme les trois branches d’un même arbre, dont la racine et le tronc est saint François” et il avait défini les ministres généraux “égaux en unité et en pouvoir” ; ce principe était ensuite appliqué au Tiers Ordre par rapport auquel “les Ministres généraux des trois familles des Frères Mineurs ont la même puissance” ; il en découlait pour les tertiaires une sorte d’unité dans la jouissance des biens spirituels, puisque ceux qui appartiennent à l’“obéissance” d’un des ministres généraux, jouissent des mêmes privilèges et indulgences “que ceux qui sont assujettis aux deux autres”.

    Le Pape se référait justement à ce breve au début de la lettre Delectavit nos (17.XII.1909), adressée aux tertiaires de Rome, dans la quelle il exprimait sa complaisance après avoir appris qu’ils avaient décidé de “construire une Fédération  fraternelle entre tous les Tertiaires Franciscains des différentes Fraternités de Rome, et associer les autres Fraternités du même genre répandus en Italie. Rien ne peut être en effet aussi opportun qu’une telle association et alliance”: l'initiative, qui pour inspirateur et animateur le cardinal Franciscain Vives y Tuto, constitue le Premier pas historique vers l’inter obéissance, qui demeura toutefois au stade de consensus quant au principe, car lorsque pendant la réunion tenue à Rome du 16 au 18 septembre 1913 on passa à la phase organisationnelle, de remarquables divergences se manifestèrent et provoquèrent l’intervention directe du Pape (sollicité par quelques participants) qui rendit publique sa désapprobation.

     

    Un an auparavant, le 8 septembre 1912, Pie X avait adressé aux ministres généraux du Premier Ordre la lettre Tertium Franciscalium Ordrem.

    C’est le Deuxième fait qui a profondément marqué la vie de l’OFS et qui en a conditionné la façon d’être jusqu’à la moitié de notre siècle ; puisque dans les panoramas historiques concernant le Tiers Ordre, on remarque parfois à cet égard silence et réticence, il est opportun, en vue d’un jugement serein, d’examiner avant le document.

    Dans le corps de la lettre s’entremêlent deux thèmes principaux :

     

    ·         l’un exprime la complaisance pour la diffusion du Tiers Ordre et pour son épanouissement survenu “non seulement pour le nombre des inscrits, mais aussi pour leurs œuvres”; il rappelle ce que Léon XIII avait dit quant à son institution et sa finalité ; il réaffirme “ces deux choses propres aux Tertiaires : la concorde fraternelle et l’amour pour la pénitence”, il insiste sur la validité du principe de l’union des forces tertiaires, il indique quelques applications mises à jour des points fondamentaux des règles de 1289 et de 1883 ;

     

    ·         l’autre dit clairement que “depuis quelque temps” et “pour certains indices” le Pape “éprouve une certaine crainte qu’avec le prétexte de collaborer davantage à l’amélioration de la société, ne s’insinue quelque part dans le Tiers Ordre l’idée peu savante des choses nouvelles” et il indique deux façons pour faire front aux difficultés qui en découlent : la nette réaffirmation que “le gouvernement du Tiers Ordre revient aux religieux du Premier Ordre”, lesquels sont les “maîtres et les ducs” des tertiaires et – puisque le but qu’ils doivent atteindre consiste à “traduire en pratique les préceptes de la perfection évangélique” - la défense sans exception aux “Fraternités du Tiers Ordre en tant que telles” de “se mêler des choses civiles ou purement économiques”, mais s’il est permis aux individus de s’inscrire dans des associations catholiques engagées dans l’action sociale et de contribuer à en atteindre les objectifs ; quelques normes précises pour le déroulement des congrès du TOF concluent la lettre, avec la prescription renouvelée qu’en leur sein “on évite toutes les questions économiques et sociales”.

     

    Pour exprimer un jugement sur ce document il ne suffit pas de dire qu’on y confronte deux conceptions de la fraternité Séculière :

    §  Celle qui en privilégie l’aspect formatif et spirituel et

    §  Celle qui veut voir traduite la vocation Séculière franciscaine même dans l’engagement temporel

    et qu’on déclare juste la première et dangereuse sinon erronée la seconde.

    Il faut placer l’intervention résolue de Pie X dans un plus vaste contexte.

    La forte croissance numérique des tertiaires successive à l’invitation de Léon XIII n’était pas toujours accompagnée d’une formation adéquate et l’idée même de la réforme léonine n’avait pas été complètement ni correctement comprise.

    Le document papale doit ensuite être placé dans la prospective de la condamnation du modernisme, qui caractérisa le pontificat de Pie X et qui insuffla dans le tissu ecclésial de l’époque une atmosphère parfois excessivement suspicieuse qui n’épargna pas non plus des figures illustres comme le cardinale Ferrari, archevêque de Milan, qui fut par la suite béatifié.

     

    La Tertium Franciscalium Ordrem, s’insère dans ce contexte plus ample et y trouve sa justification ; on a dit que, au cours de ces années-là, prenait fin le “rêve” de faire du Tiers Ordre un grand mouvement de renouvellement spirituel et social et que, d’autre part, le TOF n’était pas dans les conditions de répondre aux desseins que Léon XIII avait envisagés.

    En effet, la capacité de la Fraternité Séculière de se caractériser comme expression d’un laïcat ayant l’empreinte franciscaine, également présente dans la vie sociale avec des interventions non seulement de type caritatif, résulta nettement limitée par l’intervention de Pie X.

     

    Il n’y aura plus de fraternités nombreuses, presque débordantes, vivement engagés dans les discussions sur des thèmes sociaux, mais de niveau formatif Franciscain peu élevé. La nouvelle empreinte dérivant de l’application rigoureuse des normes papales les aurait maintenues nombreuses pendant quelque temps encore, mais elle les aurait de plus en plus caractérisées comme projection de la vie religieuse dans le monde, avec le risque d’une « monacalisation » de plus en plus prononcée et d’un dévotionalisme toujours latent.

     

    Sur certains relevés sur le nombres des Tertiaires dans le monde (qui ne peuvent être vigoureux mais qui sont toutefois significatifs) on peut remarquer une phase d’augmentation et d’expansion entre 1915 et 1935, et au contraire une chute accentuée entre 1935 et 1960 ; la grille qui suit nous permet de nous en faire une petite idée : Quelles sont les raisons de cette courbe, d’abord ascendante puis descendante ?

     

    Année

    Tertiaires

    1915

    2.437.446

    1925

    2.892.813

    1935

    3.906.366

    1942

    3.191.197

    1952

    2.452.673

    1960

    2.021.838

     

    En ce qui concerne la première phase il faut rappeler que le Tiers Ordre, quelle que fut l’orientation qui tendait à en marquer profondément l’identité, demeure une des rares associations de laïcs reconnues par le code du droit canonique promulgué en 1917 et qui fut de nouveau proposé à l’attention des fidèles par une double récurrence sept fois centenaire: celle de sa “fondation” (1921)et celle de la mort de saint François (1926).

     

     

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