• Histoire de l’OFS et de sa Règle (16)

    Histoire de l’OFS et de sa Règle

    La “novitas” francIscaInE. La trilogie franciscaine.

    Magistère des Papes sur l’OFS 


    Benedetto Lino, OFS

     

    Ben


    Le Concile Vatican II

     

    Le Concile Vatican II constitue un véritable et salutaire tremblement de terre quant à la façon dont l’Eglise se voit. On redécouvre une nouvelle Ecclésiologie, qui in nuce est la même que celle de François: une Ecclésiologie totale et de communion fondée sur l’ontologie de grâce baptismale. Il a fallu plus de 700 ans pour retourner de façon authentique à François, lequel n’avait rien fait d’autre que de retourner à l’Evangile et au Christ avec ses apôtres et à l’Eglise apostolique, le Concile Vatican II en fit de même.

     

    Le Concile inaugura une nouvelle Théologie du Laïcat et les temps étaient finalement mûrs pour commencer à recueillir le fruit des réflexions faites dans les années 60-70 par les Franciscains Séculiers, grâce à la vision illuminée et prophétique des grands Papes Franciscains séculiers, comme Léon XIII, Benoît XV, Pie XI et XII ; des Ministres Généraux du Premier Ordre et du TOR et de quelques Commissaires généraux qui, avec un sens vif de l’histoire et de l’amour pour la Famille Franciscaine, ont permis ce grand changement. Que Dieu les récompense tous et que leurs noms puissent toujours être bénis comme ceux de nos frères séculiers qui furent de vrais, d’authentiques et de prophétiques pionniers de l’OFS du troisième millénaire.

     

    Paul VI  et La Règle Paulinienne de 1978, “Seraphicus Patriarcha”

     

    Paul VI, le Premier pape non Franciscain Séculier après une série ininterrompue de 7 papes, nous donne la Règle. Son Magistère n’en fut pas pour autant moins heureux et moins décisif que celui de ses prédécesseurs. L’OFS lui doit énormément : c’est lui qui a conduit et conclu le Concile et qui a piloté les premières et difficiles phases du post-Concile. C’est lui qui, comme nous l’avons déjà dit et que tout le monde sait, qui nous donna la Règle. C’est lui qui en premier et de façon très explicite parle d’UNITÉ.

     

    Le processus de mise à jour de la Règle de 1883 commença officiellement en Novembre 1965 avec une lettre envoyée par les 4 Commissaires généraux aux 4 Ministres généraux du Premier Ordre et du TOR pour une révision de la Règle.

    On donna la permission de commencer à recueillir des suggestions et des propositions provenant de tous les coins du monde. Avec une lettre des Commissaires généraux du 9 Mars 1966, adressée à tous les Ministres provinciaux, les Commissaires provinciaux, les Directeurs et Tertiaires on commença donc le long et fatigant travail de révision de toute la législation fondamentale de l’Ordre : Règle, Constitutions et Rituel.

    En 1967 les réponses commencèrent à arriver. On y lisait clairement le désir de réformer profondément la Règle de 1883.

    Ce qui est instructif, c’est que ce furent les Franciscains de 24 pays à répondre à cette première instance : France, Espagne, Brésil, Australie, Nouvelle Zélande, Hollande, Allemagne, Italie, Pérou, Colombie, Pologne, Yougoslavie, Japon, Philippines, Belgique, Canada, Etats Unis, Mexique, Rhodésie, Angleterre, Irlande, Autriche, Mexique.

    À l’époque, plus de pays répondaient que ceux qui répondent aujourd’hui aux lettres circulaires de la Présidence internationale !

     

    Les réponses furent recueillies et analysées lors d’une rencontre d’inter obéissance à Assise en janvier 1968. La rencontre eut lieu à S. Marie des Anges, mais …. aucun Franciscain Séculier n’était présent !!!  Les 12 religieux Franciscains qui y étaient réunis soulignèrent cette incohérence. La réunion eut donc lieu mais avec la promesse que ce serait la dernière sans l’apport déterminant des intéressés, les Franciscains séculiers.

     

    On convint que la Règle devait être structurée comme suit :

     

    I: Nature et but du Tiers Ordre

    II. Norme de vie du Franciscain Séculier

    III. Points essentiels quant à l’organisation de l’Ordre

     

    On décida ainsi de créer un Secrétariat d’Inter obéissance en y incluant 2 Franciscains Séculiers pour chaque obédience[1]. Ces frères et soeurs étaient : Fausta Casolini, Anna Cesari, Lucia Mattei, Vincent McAloon, Augusto Natali, Lidia Petroli, Riccardo Ricci, Stefano Ricciardi.

     

    Une première ébauche fut envoyée en 1968 aux tertiaires et aux directeurs du monde entier. Cette première ébauche ne reçut pas un bon accueil.

     

    Les Commissaires Généraux décidèrent donc de convoquer un Congrès International d’Inter obéissance à Assise du 27 Septembre au 3 octobre 1969.

    On travailla avec trois commissions et 5 groupes linguistiques.

    Le Congrès a produit 25 motions. La commission 3 élabora la base de ce qui aurait conduit à l’unité des structures.

    Sur la base de ces indications amplement discutées et partagées on chargea une Commission formée par la Présidence du Congrès (Jan van der Putten, Hollande ; Pomena Pefanis, Canada ; Abbot Pierre Souche, France), par les 5 présidents des groupes linguistiques (Waldemar Roebuck, USA ; Max Travet, France ; Annelies Kammenhuber, Allemagne ; Augusto Natali, Italie ; Fernando de Trazegnies, Pérou ) et par le Secrétaire Général du Congrès, Fr. David Retana OFM, Mexique, de collaborer avec les 4 Commissaires généraux pour élaborer un nouveau texte.

     

    Les choses ne se sont pas passées comme prévu et on reforma la commission en 1972.

    Fr. Leon Bedrune OFM remplaça Fr. David Retana comme Secrétaire Général et, sur la requête des Assistants Généraux (le nom venait juste d’être changé par les Commissaires), Manuela Mattioli (qui entre temps servait comme Président dans le Conseil International Inter-obédientiel[2] qui venait d’être formé) rejoignit les membres de la Présidence.

     

    La Présidence élabora plusieurs rédactions et finalement, en mars 1974 un Texte de Base fut envoyé à la Commission Internationale. Une telle Commission était composée de 17 membres (dont 3 étaient des femmes) pour représenter les 11 pays en incluant aussi un représentant de la Jeunesse Franciscaine.

    La Commission, bien qu’appréciant de nombreux aspects de la nouvelle version, critiqua le manque d’une présentation adéquate d’une “spiritualité spécifiquement Séculière.

     

    Sur la base des observations de la Commission, la Présidence a produit un nouveau projet de Règle (rédaction de 1975) qui le 30 avril 1975 fut envoyée aux Conseils Nationaux de l’Ordre du monde entier pour être étudié et commenté.

    Les réponses qui arrivèrent furent nombreuses et très variées.

    Les Assistants Généraux examinèrent toutes les réponses et en Septembre 1976, la Présidence du Conseil International d’Inter obéissance décida de former une “Commission Locale”, composée de 5 laïcs et de deux religieux, avec le devoir de rédiger un nouveau texte de la Règle.

     

    Le texte préparé par cette commission fut donc donné à un groupe de 4 experts (Ludovico Cava OFM Conv., Lazaro Iriarte OFM Cap., Atanasio Matanic OFM, Francesco Provenzano TOR) pour examiner le texte du point de vue du droit canon, de l’histoire, de la Théologie et de la spiritualité franciscaine.

    Sur la base des indications des experts, les Assistants Généraux rédigèrent un autre texte que nous appellerons “texte des Assistants Généraux”.

     

    Une Commission Internationale qui s’est réunie à Rome eut la tâche de redéfinir le texte qui fut prêt en avril 1977.

    Ce texte (rédaction finale) fut enfin remis aux Assistants Généraux afin de le présenter aux Ministres Généraux pour leur approbation et à l’approbation successive finale de la part de la Congrégation des religieux.

     

    Les Ministres Généraux ont introduit de petites modifications et ajouté un Chapitre Introductif, le Prologue, la Première Lettre de saint François aux Fidèles Pénitents.

    Ce fut un ajout providentiel qui perfectionna la Règle en en faisant un document de très grande valeur spirituelle qui embrassait la vie et l’histoire de l’Ordre de ses débuts à aujourd’hui. Enfin, une Règle qui, bien qu’adaptée à notre époque, enfonçait aussi visiblement ses racines dans la même origine saint-franciscaine de l’OFS.

     

    La Congrégation suggéra une série de petites corrections et introduirent surtout un article fondamental, l’article 3 qui offre une synthèse de continuité avec toutes les Règles précédentes et pose la Règle même sous la responsabilité directe du Saint Siège.

    Comme nous le savons tous, enfin, le bien aimé Paul VI nous donna la nouvelle Règle le 24 juin 1978.

     

    D’autres moments de la mise à jour législative sont représentés par :

     

    § l’approbation du nouveau Rituel de l’OFS (Congrégation du culte divin, 9 Mars 1985) ;

    § la rédaction des Constitutions Générales, prévue par l’article 3 de la nouvelle Règle.

     

    La Règle eut ensuite une sorte de nouvelle confirmation et de commentaire authentique par le Pape Jean Paul II dans le discours adressé aux participants au Congrès international de l’OFS, le 27 septembre 1982 :

    C’est un trésor authentique que vous avez dans les mains, en syntonie avec l’Esprit du Concile Vatican Il et qui répond à ce que l’Eglise attend de vous. Aimez, étudiez et vivez votre Règle, parce que les valeurs qu’elle renferme sont éminemment évangéliques. Vivez ces valeurs en fraternités et vivez-les dans le monde, dans lequel, pour votre vocation même, vous êtes impliqués et enracinés”.

     

     

    les premiers pas vers l’Unité

     

    Un Premier organisme international de l’OFS avait été nommé en 1969, comme Discrétoire international dans le domaine de la propre famille par le Ministre Général des Frères Mineurs Capucins qui appela Manuela Mattioli à le présider.

     

    En 1973 les quatre Ministres Généraux du Premier Ordre et du TOR nommèrent le 1er Conseil International du Tiers Ordre Franciscain (CITOF puis CIOFS), qui sous la Présidence active, qualifiée et incisive de la même Manuela Mattioli, donna une impulsion remarquable à l’unité de l’OFS et à sa présence dans l’Eglise.

     

    En 1976 et en 1982, conformément aux Statuts entre temps élaborés, le CIOFS fut élu par les Conseils nationaux en élargissant ses représentations à toutes les zones culturelles du monde. Ainsi commença le chemin propre à l’OFS con la célébration réglementaire de ses propres assemblées ou “chapitres” généraux, dans le cinquième desquels (Rome, 1988) on étudia les nouvelles Constitutions.

     



    [1] Les 4 composants du Tiers Ordre séculier (OFS) qui avait été assujetti aux trois branches du Premier Ordre et au TOR à partir de 1471 jusqu’à la nouvelle Règle Paulinienne du 1978.

    [2] Terme qui exprime le regroupement des quatre composants du Tiers Ordre séculier (OFS) quand ils n’étaient structurellement pas encore unifiés et quand ils dépendaient des quatre obédiences religieuses, c'est-à-dire des trois branches du Premier Ordre et du TOR. A ce propos, il nous est cher de rappeler les mots prononcé par Paul VI à l’occasion du pèlerinage des Tertiaires Franciscains le 23 juin 1968:

    « Et maintenant, nous avons le plaisir de saluer un grand pèlerinage (ils sont plus de 15 mille) de Tertiaires Franciscains, qui ont organisé (et aussi pour ça il faut louer le génie moderne qui est capable de forger de nouveaux mots) un Pèlerinage Interobédientiel. Qu’est-ce que cela signifie? Bien… ceci veut dire beaucoup de choses : à savoir, que la Famille Franciscaine est subdivisée en plusieurs sous-familles, sur-familles, qui ont trouvé dans les Tertiaires Franciscains une formule d’entente, de communion, de collaboration, de solidarité et ainsi cette cohésion même nous donne un très beau signe des temps: l’unité. »

     

    Source CIOFS

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  • Commentaires

    1
    Jean Michel Joffres
    Mercredi 3 Juillet 2013 à 19:56

    Merci! C'est fort intéressant!

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