• Histoire de l’OFS et de sa Règle (3)

      Histoire de l’OFS et de sa Règle

    La “novitas” francIscaInE. La trilogie franciscaine.

    Magistère des Papes sur l’OFS 

     

       Benedetto Lino, OFS

     

    L’ “Ordre de la Pénitence” dans l’histoire

     

     

    Pénitence-conversion.

     

    La Conversion-pénitence-metànoia consiste à se détourner du péché pour revenir à l’état antérieur d’amitié avec Dieu selon l’enseignement de Jésus (metanòeite) par une adhésion totale au Christ. C’est, et cela doit être, une disposition constante de l’âme religieuse, une consécration permanente à un nouveau style de vie, tant intérieur qu’extérieur, mais surtout intérieur. (Isidoro da Siviglia, 601-636)

     

    Le mouvement pénitentiel est lié à l’évolution de la législation et des pratiques de l’Eglise en ce qui concerne les modalités pour obtenir le pardon des péchés après le Baptême.

    La doctrine pénitentielle s’est fondée évidemment sur le fait que le chrétien, même en état de péché grave, n’est pas irrémédiablement perdu (1Jn 8, 10) et que les péchés peuvent être pardonnés par le Christ si on abandonne le péché et "fait pénitence".

    Le critère adopté répondait néanmoins à la conviction que la pénitence après le Baptême était unique” et elle était considérée comme un “second baptême” au sens strict: de même qu’on ne redonne pas le baptême, ainsi on ne pouvait redonner l’absolution et la pénitence ! 

     

    La doctrine a commencé à se développer au III siècle.

    Elle se base sur le fait d’unir à la conversion du cœur les œuvres extérieures: prière, jeûne, aumône, humiliation publique. Les pénitents étaient exclus de l’Eucharistie. Ils ne pouvaient revenir et la recevoir qu’après avoir officiellement fini l’expiation.

     

    Au IV siècle les pécheurs “admis” à la Pénitence faisaient partie d’un groupe, un coetus, pour ainsi dire un “ordre” de la Pénitence. On entrait dans cet “ordre” par une cérémonie liturgique d’imposition des mains, qui constituait pour ainsi dire une sorte d’admission à l’ “Ordre”. 

     

    Les choses étaient devenues si dures et inflexibles que désormais les évêques admettaient les pénitents avec prudence, et les pénitents eux-mêmes évitaient d’entrer dans l’état de pénitence, attendant d’être vieux et en fin de vie pour recevoir la pénitence (vide pénitentiel).

     

    Dans cette période, V siècle, commence le phénomène de la Pénitence volontaire.

     

    Tout en n’étant pas des “pécheurs”, certains fidèles entrent dans l’ “Ordre de la Pénitence” de volonté délibérée par amour de la perfection, et ils se soumettent volontairement à la législation pénitentielle demeurant dans cet Ordre toute leur vie. 

     

    Aux VI et VII siècles commença à se répandre la pénitence tarifiée, puis la substitution vicariale de la pénitence créant une nette distinction entre pénitence privée et publique et entre pénitents publics repentis et pénitents volontaires.

     

    Il existait beaucoup de manières et d’états pour entrer dans un contexte de “pénitence”:

    ·Conjoints ou époux convertis

    ·Pèlerins volontaires 

    ·Ermites

    ·Oblats

    ·Vierges (non liturgiquement consacrées)

    ·Recluses (béguines, etc.)

     

    Il y avait des éléments communs:

     

    ·         Porter un habit caractéristique de la Pénitence : tunique, bâton, besace, sandales et le Tau.

    ·         Se consacrer à des œuvres caritatives: hôpitaux, léproseries, hospices, accueil des pèlerins, réparer des églises, ensevelir les morts, soigner les malades en temps d’épidémies, etc.

    ·         Se consacrer à une vie de prière

    ·         Obligation de continence. Continence absolue pour les célibataires et périodique pour les époux.

    ·         S’abstenir de fêtes populaires, bals et banquets

    ·         S’abstenir de services publics (juges, avocats)

    ·         S’abstenir de carrière militaire, de porter des armes et de participer à la guerre.

    ·         Ne pas revenir aux activités de commerce

    ·         Ne pas monter à cheval !

     

    De telles règles sont restées plus ou moins identiques du V siècle jusqu’au temps de François. Quelle différence avec notre époque !

    Evidemment, nous avons aujourd’hui une compréhension différente de l’authenticité de la foi et du rapport à la société, toutefois il nous faudrait méditer sur l’ “esprit” de ces pénitents et être capables de “traduire” en termes valables pour notre “aujourd’hui” ce même esprit, si nous nous reconnaissons comme d’authentiques successeurs des Pénitents de saint François. Ce n’est pas évident pour tout le monde !

    François lui-même, comme nous l’avons vu, était un de ces pénitents.

     

    (À suivre...)

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