• Histoire de l’OFS et de sa Règle (6)

    Histoire de l’OFS et de sa Règle

    La “novitas” francIscaInE. La trilogie franciscaine.

    Magistère des Papes sur l’OFS 

         Benedetto Lino, OFS

     

     

    La Règle Bullée des Pénitents Franciscains

     

    On continue comme ça jusqu’en 1274, l’année où se déroule le Concile de Lyon qui a rendu plus draconiennes les prescriptions du Concile de Latran  IV, qui avait interdit la naissance de nouveaux Ordres religieux. Avec ce Concile on a même décrété que les Ordres nés après le Concile du Latran IV et qui n’avaient pas obtenu l’approbation Papale devaient être supprimés.

    A présent, les pénitents de Saint François, bien qu’ayant reçu à l’époque une approbation du Saint Siège (comme nous l’avons déjà vu), n’avaient pas une approbation formelle ni une Règle approuvée. En outre, il y avait desproblèmes  (et ce ne furent ni les premiers ni les derniers !) avec le Premier Ordre (Saint Bonaventure et les douze raisons pour lesquelles les frères ne doivent pas promouvoir l’Ordre dei Pénitents), avec les évêques, avec les autorités civiles et, donc, les Pénitents craignaient de voir supprimer leurs propres réalités. Ils ont donc commencé à faire des “démarches” pour arriver eux aussi à une Règle approuvée, comme les autres “religions” approuvées.

    Les promoteurs, coordinateurs et rédacteurs de la Règle sont deux Franciscains séculiers : le juge Ugolino de’ Medici di Ferrara et son frère Elia (exécuteur d’Italie).

    Il est intéressant d’apprendre comme se développe ce travail de composition et de contrôle, avant la présentation au Saint Siège. Malheureusement, nous n’avons pas le temps d’affronter ce thème ici mais nous vous invitons à lire les Chapitres relatifs dans le texte précieux du regretté Père Gabriele Andreozzi TOR (Storia  delle Regole e delle Costituzioni dell’Ordine Francescano Secolare, Ed. Guerra, 1988).

     

    Quelques experts ont avancé l’hypothèse que le texte de la Règle Approuvée de l’OFS, Supra Montem, proviendrait d’un certain frère Caro de Florence. Cette hypothèse a été accueillie jusqu’aujourd’hui de façon non critique par les différentes parties, toutefois, les argumentations adoptées par frère Gabriele Andreozzi, TOR, contre sa crédibilité et les documents présentés pour soutenir l’initiative et la rédaction de la part des pénitents séculiers, sont très convaincants et, en ce qui me concerne, résolutifs :

    la Règle “Supra Montem” des Frères et des Soeurs de la Pénitence de Saint François est le fruit du travail et de l’initiative des Pénitents Franciscains mêmes.

     

    On arrive donc à la Première Règle de l’Ordre dei Pénitents de Saint François du 18 Août 1289, promulguée par le Premier pape Franciscain, Girolamo D’Ascoli, qui prit le nom de Nicolas IV. C’est la Règle à la quelle nous nous référons tous, la “Supra Montem”.

    Dans la Règle passent, avec seulement quelques exceptions, aussi bien l’Esprit que la lettre du Memoriale Propositi et on y donne une caractérisation spécifique franciscaine.

     

     

    le chemin de l’Ordre a partir de la promulgation de la “Supra Montem”.

     

    Bien entendu, s’agissant d’une Règle officiellement approuvée par le Pape, contrairement au Memoriale Propositi, elle est intangible et, il n’y avait donc plus aucune possibilité pour les pénitents d’adapter ou d’introduire leurs propres spécificités.

    La Règle ne prévoyait rien quant à une structure centralisée sous un unique ministre général, rêvée depuis longtemps par les pénitents et pour laquelle ils avaient beaucoup lutté, et ces derniers, sur la base de ce que nous avons expliqué, ne pouvaient plus rien faire à ce propos.

    On en parla dans un Chapitre défini “Général” qui, tout de suite après, se déroula à Bologne (quatre “provinces” de l’Italie du nord) et qui envoya au Pape certaines requêtes de modification de la Règle dans ce sens. Les pénitents ne reçurent aucune réponse.

    Evidemment, la volonté des religieux de soumettre les pénitents avait eu le dessus sur le Pape Franciscain. En effet, peu après, le Pape Nicolas IV, à moins d’un an de la promulgation de la Règle (Unigenitus Dei Filius), émana une Bulle dans laquelle il réitérait de façon nette que les pénitents devaient être dirigés et réglementés par les frères mineurs, en retirant ainsi tout type de privilège concédé et en rendant vain tout espoir d’obtenir une structure centralisée avec des ministres provinciaux et un ministre général propres.

    Le désir d’autonomie, demeurait toutefois très fort et nous savons que nos chers prédécesseurs, en sous-main, élisaient leurs propres ministres provinciaux !

    La première reconnaissance d’une congrégation de pénitents vivant en commun de la part de Bonifacio VIII se réfère à cette époque (1295),  prélude de ce qui deviendra le Tiers Ordre Régulier.

     

    A propos de dénomination, il est important de souligner que le nom de “tiers Ordre” se référent aux pénitents Franciscains, ne commence à se frayer un chemin qu’à la fin du 13ème siècle. Le pénitents Franciscains n’aimaient pas cette définition et ont résisté tant qu’ils ont pu. Qu’il ne s’agissait pas du “Tiers Ordre” en fait foi, entre autre Règle Supra Montem même, où l’Ordre est officiellement nommé comme Ordre des continents ou de la Pénitence institué par le bienheureux François. C’est ainsi que l’appelait S. Bonaventure : “Ordre des Frères de la Pénitence”.

     

    Nous entrons dans le 14ème siècle et aussi dans la période d’exil des Papes à Avignon. Il y a des hauts et des bas en ce qui concerne la position des Papes envers les pénitents, lesquels continuent à lutter pour voir leurs propres droits et leurs aspirations d’autonomie reconnus tandis que les religieux continuent à s’entredéchirer et insistent pour réaliser leur projet d’assujettir les pénitents.

    Dans tous les cas, bien que refusant l’autonomie tant convoitée et des structures centralisées, les papes de cette période se révélèrent tout compte fait favorables aux pénitents de saint François qui réussissent à phases alternées à se libérer de d’assujettissement aux religieux et à choisir le Visitateur de leur choix. Malgré tout, ils continuent cependant à s’organiser entre eux et à élire leurs propres ministres provinciaux.

    En dehors de ces thèmes de caractère structural, nous disposons de témoignages éloquents sur les activités de nos Frères pénitents dans la vie spirituelle et dans la charité :

     

    “…leur charité et leur piété envers les pauvres sont reconnus de tous ;… il mènent une vie louable, humble et ont un comportement honnête, témoignent ferveur et charité de la foi chrétienne ; ils se distinguent pour leur noble naissance et l’abondance de biens temporels avec lesquels ils  distribuent de larges aumônes aux pauvres et aux serviteurs de Dieu ; les Frères et les Soeurs donnent de saints exemples avec leur vie honnête et leurs bonnes œuvres ; ils vivent pacifiquement …; ils observent leur Règle et vivent dans la foi catholique et dans la sainteté…; comme de resplendissantes étoiles ils irradient la lumière de leurs vertus et de leur  sainteté ; ils sont respectueux envers les frères mineurs ; ils se consacrent à la prière et aux aumônes ; ils sont un exemple ardent  de vie chrétienne”. (G. Andreozzi op. cit. pag. 133)

     

     

    Avec le 15ème  siècle on continue avec des hauts et des bas en faveur ou contre l’autonomie des pénitents et en ce qui concerne les aspirations jamais apaisées  et  une organisation centralisée avec ses propres ministres reconnus.

    Des Papes qui vont et viennent, des évêques qui vont et viennent, des époques où souvent celui qui suit défait ce qu’on fait ses prédécesseurs, bref, une suite de hauts et de bas. En effet, dans tout ce faire et ce défaire, ce qui apparaît évident (les choses n’ont pas beaucoup changé aujourd’hui) c’est que personne ne se donne la peine d’étudier l’histoire, les inspirations de fond des origines, d’évaluer les choses dans un contexte vraiment ecclésial de service à l’Eglise et au monde. Les luttes de factions prennent le dessous : chacun pour soi et Dieu pour tous. Les exemples de sainteté individuelle et les oeuvres de charité ne manquent certes pas, mais on ne donne toutefois pas dans l’ensemble un exemple de famille, l’objectif de service apostolique confié à l’origine à François n’est pas très clair  ; chacun peut dominer l’autre, les pénitents hommes sur les femmes, les frères sur les évêques, les évêques sur les frères, les frères sur les pénitents, chacun pour défendre ses propres intérêts… .

     

    Comme François et la pureté de sa vocation semblent lointains ! Le charisme est souvent mortifié, la mission souvent oubliée. En définitive, on réussit encore à apercevoir la continuité du projet que chez quelques personnes exceptionnelles, mais difficilement dans les institutions nées de François.

     

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