• Histoire de l’OFS et de sa Règle (8)

    Histoire de l’OFS et de sa Règle

    La “novitas” francIscaInE. La trilogie franciscaine.

    Magistère des Papes sur l’OFS 

         Benedetto Lino, OFS


     

    Les Constitutions Urbanniennes et Innocentiennes

     

    Le 17ème siècle se caractérise par l’ardeur des différentes familles franciscaines à créer chacune son «propre» tiers-ordre et à consolider ses droits exclusifs sur lui, rivalisant entre elles pour obtenir les meilleurs privilèges et indulgences chacune pour son groupe.

     

    Dans cette tentative de caractériser leurs «propres» tiers ordres, les conventuels et les observants se donnèrent des statuts: pour les Conventuels, les "Constitutions Urbaniennes" de 1628 (approuvées par le Pape Urbain VIII) et pour les Observants, les "Constitutions Innocentiennes" de 1686 (le Pape le bienheureux Innocent XI en avait fait mention dans la Constitution «Ecclesiae Catholicae»). Ces dernières existaient déjà en première rédaction en 1609, développées et appliquées en 1621 en Espagne, puis dans le monde entier.


    Ces Constitutions cependant n’étaient pas toujours en harmonie avec la règle de Nicolas IV qui était toujours en vigueur. En effet, “les copies de cette Règle étaient désormais très rares et «pour la compréhension des ignorants» on évitait soigneusement d’en souligner les discordances dans les traductions”. (G. Andreozzi op.cit.- Azzoguidi, p. 201).

     

    Avec ces “constitutions”, certains aspects de culte s’intensifient, mais on sanctionne la plus totale dépendance du troisième ordre au premier. Les réunions des Fraternités sont présidées par le père gardien ou le visiteur, et en son absence, les décisions sont invalides. Toute forme de gouvernement interne a été abolie: plus de chapitres, finis les contacts entre Fraternités, les élections sont réservées au gardien et ne sont plus au suffrage universel.

    De tels statuts ont eu force de loi jusqu’à la nouvelle Règle de Léon XIII et en partie jusqu’aux Constitutions de 1957 !

     

    «Le troisième ordre était de toute façon voué à un déclin mélancolique. Il était depuis plusieurs siècles une remorque inerte laissée aux humeurs variables de quatre motrices qui auraient dû l’entraîner, et au contraire, provoquaient de continuels incidents. Il était divisé dans sa direction, sa devise, les indulgences, privé d’un cerveau propre et d’énergie interne». Il ne faut pas s’étonner si vers la moitié du XIXème siècle, selon le P. Frédegand d’Anvers, «en Ombrie (la patrie de saint François, ndr) on avait presque oublié le Tiers-Ordre». Et on peut en dire autant des autres régions. (G. Andreozzi op. cit. p. 211)

     

    A cette période, s’achève aussi en partie cette caractéristique de l’OFS d’être composé de personnes de toutes les classes et de toutes les couches sociales et culturelles. L’Ordre commence à devenir le lieu prisé surtout des princes et des personnages illustres, tandis qu’on écarte d’une certaine manière les personnes de plus basse condition sociale et surtout les pauvres (“les pauvres ne pouvaient être admis qu’à titre privé pour n’être pas à charge de la fraternité” peut-on lire sur les registres d’une fraternité de Louvain Belgique" (M. Bigi, Universale Salute, p. 116).

     

    A ce temps là, les tertiaires “se sont principalement occupés de leur vie religieuse et peu des œuvres extérieures de miséricorde… Néanmoins, cette généralité rencontre quelques exceptions” (Peano, Histoire du Tiers-Ordre dans M. Bigi op. cit.).

     

    Dans tous les cas, même pendant cette période, il y eut toujours des frères et des sœurs qui, à titre personnel, continuaient comme aux débuts, à se distinguer par leurs œuvres de charité: ils logeaient les pauvres, convertissaient les pécheurs, enseignaient la doctrine chrétienne, comme l’attestent nombre de documents.

     

    Au cours de cette période, entre 1600 et 1700, on commença à accorder la dispense du port de l’habit religieux, remplacé par un scapulaire et une corde. Cela correspondait ainsi aux exigences des nobles et des souverains qui n’endossaient pas extérieurement les habits de pénitence.

     

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