• Homélie 24ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE - 15 septembre 2019

    FAIRE MISÉRICORDE

    Textes bibliques : Lire

    Dans le livre de l’Exode (1ère lecture), nous trouvons l’histoire du veau d’or. Pendant que Moïse était en présence de Dieu sur la montagne, les Hébreux se sont fabriqué un dieu en forme de veau, puis ils se sont prosternés devant lui. Nous pouvons nous donner bonne conscience en disant que ce comportement est dépassé. En fait, il est bien d’actualité : on ne se prosterne plus devant le veau d’or mais devant le dieu argent ; et nous voyons bien que cette course au profit est la cause de nombreux malheurs.

    Le texte biblique nous parle de la colère de Dieu qui menace d’exterminer son peuple infidèle. Plus tard, les croyants comprendront que ce n’est pas Dieu qui punit ; c’est nous qui faisons notre malheur en nous détournant de lui. Les Hébreux ont fait connaissance avec un Dieu libérateur. Il a vu la misère de son peuple esclave en Égypte. Il a fait appel à Moïse pour les sortir de cette situation de misère et les conduire vers la liberté. Il est allé jusqu’à faire alliance avec eux. Mais après cette expérience religieuse extraordinaire, les voilà retombés dans le péché.

    Face à la menace qui pèse sur son peuple, Moïse se met à supplier le Seigneur. C’est un exemple qu’il nous donne. Nous sommes tous plus ou moins portés à dénoncer les coupables et à les enfoncer. On ne voit que le mal chez eux. Cela crée un climat malsain. Mais le texte biblique d’aujourd’hui nous invite à rejoindre Moïse qui supplie le Seigneur. Comme lui, nous voyons tout ce qui va mal et nous le portons dans notre prière. Cette supplication nous aidera progressivement à nous ajuster à Dieu qui aime tous les hommes et qui veut leur salut.

    L’Évangile de ce dimanche nous apporte un éclairage nouveau sur ce Dieu qui est Amour. Nous voyons Jésus devant tous ces gens qui viennent l’écouter. Mais les scribes et les pharisiens ne sont là que pour récriminer : « Tu te rends compte, il va chez les gens de mauvaise vie… Pourquoi s’intéresser à eux Ils ne valent pas la peine qu’on s’occupe d’eux… ils sont irrémédiablement perdus… » Jésus voit tous ces gens qui sont restés fidèles à la tradition jusque dans ses moindres détails. Malheureusement pour eux, ils confondent fidélité et raideur ; et c’est pour eux qu’il raconte les trois paraboles de la miséricorde, celle de la brebis perdue, la pièce perdue et le fils perdu.

    La bonne nouvelle c’est précisément que Jésus est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Pour lui, ils sont tellement importants qu’il est allé jusqu’à donner sa vie sur une croix. Sa miséricorde est infiniment plus importante que tous les péchés du monde. Dieu veut croire à la capacité de chacun à se convertir. Comprenons bien : la conversion c’est un changement de direction, un véritable demi-tour. Nous avons tourné le dos à Dieu, nous revenons à lui. Lui-même nous prend par la main pour nous sortir des chemins de perdition et nous conduire ver la vraie vie.

    Ces trois paraboles nous disent l’amour démesuré de Dieu pour nous et pour le monde entier. Il est comme ce berger qui abandonne son troupeau pour aller à la recherche de la brebis perdue. Il sait bien qu’elle ne reviendra pas toute seule. Il est surtout comme ce père qui accueille son fils retrouvé à bras grands ouverts. Il ne pose aucune question sur les motivations de ce retour. On peut même se demander si la contrition de ce garçon était vraiment parfaite. La seule chose qui compte c’est la joie extraordinaire de ce père qui retrouve son fils. Aujourd’hui, il nous invite à nous associer à cette joie et à rendre grâce.

    Trop souvent, nous sommes comme le fils aîné qui récrimine et qui dénonce les coupables. Ces jeunes « qui ne valent rien », ces tricheurs qui ne pensent qu’à s’enrichir au détriment des plus pauvres… Toutes ces lamentations, nous les connaissons trop bien. C’est alors qu’il nous faut revenir à la première lecture. Comme Moïse, nous sommes invités à supplier le Seigneur pour notre monde, nos quartiers, nos familles. Nous lui confions tout ce qui ne va pas. Et nous découvrons que la véritable conversion doit commencer par nous-mêmes.

    Dans la seconde lecture, nous voyons Paul qui rend grâce pour ce pardon qu’il a reçu. Nous nous rappelons qu’il a passé une partie de sa vie à persécuter les chrétiens. Mais un jour, il a fait une rencontre extraordinaire qui a complètement bouleversé sa vie. Il a compris que le Christ est venu dans le monde pour sauver ceux qui étaient perdus. Nous n’oublions pas que nous faisons tous partie du même lot. Ce que nous sommes devenus, nous le devons à la grâce du Christ. Comme Paul nous sommes tous des pécheurs pardonnés.

    Et comment ne pas penser à la parole de Marie à la petite Bernadette de Lourdes : « Priez pour les pécheurs… » Demandons au Seigneur qu’il nous apprenne à les regarder comme il les voit, que nous soyons auprès d’eux des témoins de la miséricorde pour tous.

    Télécharger : 24ème dimanche du Temps ordinaire

    Sources : Revue Feu nouveau – François Selon Saint Luc – L’intelligence des Écritures (Marie Noëlle Thabut) – Lectures bibliques des dimanches (A. Vanhoye)

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