• Homélie 2ème dimanche du temps ordinaire - 20 janvier 2013

    2ème dimanche du temps ordinaire (20 janvier)

    Abbé Jean Compazieu 

     

    L’alliance éternelle

     

    cana.jpgTextes bibliques : Lire

    Après le temps des fêtes, nous entrons aujourd’hui dans celui du temps ordinaire. Ce n’est pas un temps où il ne se passe rien. C’est plutôt celui où notre Dieu déploie ses bienfaits dans le quotidien des jours et des semaines. C’est le temps de la croissance et de la maturité. Dans le creuset de nos journées les plus ordinaires, le Seigneur nous annonce que nous sommes appelés à un repas de noces. En faisant alliance avec l’humanité, il met en place les prémices d’une communion d’amour.

     

    C’est cette bonne nouvelle qui apparaît déjà dans la première lecture. Bien avant la venue de Jésus, le prophète Isaïe intervient pour raviver l’espérance d’Israël. Ce dernier voit sa situation se dégrader inexorablement. Vivant sous la coupe d’une puissance étrangère, son existence en tant que peuple est plus que menacée. Le prophète s’épuise à les remettre devant la foi de toujours. Il leur rappelle que Dieu n’a jamais cessé de les aimer. Ce Dieu se présente à eux comme l’époux qui est passionné d’amour pour sa femme. Sa puissance et sa gloire vont éclater, à tel point que les pays voisins seront émerveillés.


    L’eau changée en vin à Cana est le premier des signes que Jésus n’a jamais cessé d’accomplir. Nous remarquons d’abord que cela se passe dans une région méprisée de tous à cause du mélange des juifs et des païens. La présence de Jésus à cet endroit est en elle-même une bonne nouvelle pour tous, juifs fidèles et païens étrangers à la foi. Tout au long de son ministère, il ne cessera de rappeler qu’il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Sa mission, c’est de relever l’humanité déchue et la faire entrer dans une fête incroyable. Ce sera l’alliance éternelle, scellée dans le sang de l’Agneau. Voilà cette fête extraordinaire qui nous est offerte dans l’ordinaire de nos jours.


    Mais revenons à Cana. Ce jour-là, la noce a failli être gâchée. On n’avait pas prévu assez de vin. Marie, qui était présente, s’en est aperçue. Elle ne va pas alerter le maître du repas. Elle s’adresse directement à Jésus. Puis, se tournant vers les serviteurs, elle leur dit : « Faites tout ce qu’il vous dira ». Cette parole a été prononcée par celle qui s’était déclarée « la servante du Seigneur ». Et elle a été proclamée heureuse parce qu’elle a cru à l’accomplissement des promesses qui lui furent dites de la part du Seigneur. Marie est toujours là pour nous inviter inlassablement à faire « tout ce qu’il nous dira ».


    Il ne faut pas lire cet évangile comme un simple fait divers qui se termine bien. C’est d’abord un signe qui manifeste la gloire de Jésus, celle de l’amour qui rend possible les noces entre Dieu et son peuple en faisant de nouveau alliance avec lui. Ce qui est merveilleux, c’est que Jésus voit grand. Six cents litres de vin, c’est bien plus qu’il n’en faut pour une noce. Mais ici, il ne s’agit pas d’une simple fête de famille. L’abondance de vin témoigne de la profusion de la grâce qui est offerte à l’humanité tout entière. Jésus est venu pour mettre en œuvre cette alliance avec tous les hommes.

    On manqua de vin à Cana. Dans le monde de la Bible, le vin c’est le symbole de la joie, de l’amour et de la fête. En langage symbolique, manquer de vin, c’est manquer d’amour. Ce manque, nous le constatons tous les jours dans nos communautés chrétiennes. S’adressant aux Corinthiens, l’apôtre Paul leur reproche leurs divisions. Il leur explique que les dons de la grâce sont variés. Mais c’est toujours le même Esprit qui agit dans le cœur de chacun. Et comme à Cana, ses dons sont surabondants. Lors de la Pentecôte, les apôtres ont vécu cette expérience. L’Esprit de Dieu les a remplis de joie et d’enthousiasme. C’est ce don qui nous est offert à tous. Mais il y a une condition que Marie ne cesse de nous rappeler : « Faites tout ce qu’il vous dira »


    Ce vin qui manquait à Cana nous renvoie à tous les manques de nos vies : manque d’amour, manque de joie, manque de paix… Nous vivons dans un monde qui souffre de l’indifférence, de la haine et de la violence : les SDF à la rue en plein hiver, le terrorisme, les conflits à l’intérieur des familles. Tout cela, Marie le voit. Comme à Cana, elle dit à Jésus : Ils n’ont plus de vin… Ils n’ont plus d’amour… ils n’ont plus d’espérance. Et comme à Cana, elle nous renvoie à lui en nous redisant : « Faites tout ce qu’il vous dira. » L’eau qu’il nous faut puiser, c’est celle de la vie qui est en Dieu, c’est celle de son amour. Il ne demande qu’à nous combler de cette vie qui est en lui.


    Cette eau changée en vin est une annonce de l’Eucharistie. Lors de la dernière Cène, Jésus prend le vin et dit : « Cette coupe est la nouvelle alliance n mon sang » (Luc 22, 20). L’Eucharistie que nous célébrons nous ramène à l’ambiance de Cana. Elle est « source et sommet de toute vie chrétienne ». Jésus offre son Corps et son sang pour notre joie et celle de la multitude. Le Christ offre le vin de l’Alliance à notre monde. Et le salaire des serviteurs, c’est une joie à nulle autre pareille. C’est une joie pour l’Eglise, pour le monde, pour tous les serviteurs de l’Evangile.


    Nous te rendons grâce, Seigneur, pour cette joie que tu mets en nous ; avec toi, nous repartirons pleins d’espérance et de dynamisme; ainsi nous pourrons témoigner autour de nous de la Bonne Nouvelle de ton amour pour l’humanité.

    Sources : Revues Signes, Feu Nouveau et Dimanche en paroisse, Lectures bibliques des dimanches année C (Albert Vanhoye)

    Source http://dimancheprochain.org

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