• Jean Compazieu prêtre

    Textes bibliques : lire

    Aujourd’hui, c’est l’avant dernier dimanche de l’année liturgique. Les textes bibliques de ce jour nous annoncent le basculement vers un monde nouveau. L’arrogance et l’impiété n’y auront plus leur place. Le mal n’aura pas le dernier mot. Le prophète Malachie nous rappelle que Dieu est juste. Son projet d’instaurer la justice progresse irrésistiblement. Les croyants ne doivent pas désespérer ; le jour du Seigneur vient ; le croyant attend impatiemment sa venue. Le prophète précise que ce jour est « brulant comme une fournaise ». C’est une manière de dire l’amour passionné de Dieu pour l’humanité.

    Notre réponse doit être d’accueillir cet amour de Dieu pour nous et d’en vivre. C’est ce que vient nous rappeler la journée du Secours Catholique : les petits, les pauvres, les exclus ont la première place dans le cœur de Dieu. Le pape François nous propose d’oser des actes qui rendent visible cet amour de Dieu. « Les pauvres ont besoin de nos mains pour se relever, de nos cœurs pour ressentir à nouveau la chaleur de l’affection, de notre présence pour vaincre la solitude. Ils ont simplement besoin d’amour. »

    Dans l’Évangile, nous avons entendu parler de catastrophes : il y aura la ruine de Jérusalem, des guerres, des famines, des persécutions. Ces événements sont toujours d’actualité : tous les jours, nous entendons des propagandes et des informations qui nous fragilisent ; l’arrogance, la violence et les divisions sont une réelle menace pour notre planète, nos pays et os familles.

    Mais aujourd’hui le Seigneur nous recommande de ne pas nous laisser décourager par les prophètes de malheur. Il ne faut pas le chercher dans ce qui dramatise l’histoire. Aucune épreuve ne peut nous séparer de l’amour qui est en lui. Quand tout va mal, il est là, au cœur de nos vies. Il est celui qui vient nous redonner force et courage pour travailler ensemble à la construction d’un monde plus juste et plus fraternel. C’est auprès de lui que nous venons puiser pour remplir cette mission. En ce jour, nous pensons à tous les bénévoles du Secours Catholique qui donnent le meilleur d’eux-mêmes pour aller à la rencontre des pauvres et des exclus. Ils sont de plus en plus nombreux ceux et celles qui souffrent de la solitude. Le Seigneur voit cette détresse ; il nous envoie pour organiser la solidarité et le partage.

    C’est aussi cet appel que nous trouvons dans l’épitre de saint Paul (2ème lecture). Il vient nous ramener au « travail ». Il ne s’agit pas seulement du travail salarié mais aussi de tout ce qui relève de notre responsabilité. Un jour, Jésus recommandait à ses disciples de rester « en tenue de service ». Notre mission est de collaborer, par toute notre vie, au salut du monde. Cette mission ne sera pas facile. Jésus avertit les siens qu’ils seront détestés de tous. Mais nous ne devons pas avoir peur ; le Seigneur ne nous abandonnera jamais.

    Les lectures bibliques de ce dimanche visent donc à réveiller notre foi. Trop souvent, nous ne voyons que ce qui va mal. On se lamente mais on ne bouge pas. Le Christ nous invite aujourd’hui à vivre une vie digne de l’alliance dans laquelle nous sommes engagés. Quand nous regardons vers la croix, nous comprenons qu’il s’est donné entièrement et jusqu’au bout.

    C’est sur cette route que nous sommes invités à le suivre. Les épreuves seront au rendez-vous. Mais ceux qui les endureront au nom du Christ seront sauvés. C’est là que le Christ nous attend pour témoigner de l’espérance qui nous anime. Inutile de chercher les mots : Le Seigneur lui-même s’en charge. Et là, nous en avons de nombreux exemples : Bernadette de Lourdes qui était la plus ignorante de sa ville a eu des réponses extraordinaires devant les policiers qui l’interrogeaient. Si Jésus nous envoie son Esprit Saint, c’est pour que nous puissions témoigner de la foi et de l’espérance qui nous animent.

    En ce dimanche, nous sommes venus vers le Seigneur. Nous voulons l’accueillir et lui donner la première place dans notre vie. C’est avec lui que nous pourrons travailler à la construction d’un monde plus humain. Oui, Seigneur, tu es là au cœur de nos vies. Pour toi, nous restons en éveil car « c’est un bonheur durable de servir constamment le créateur de tout bien ». Élargis nos cœurs aux dimensions du tien. Que par notre prière, nos paroles et notre solidarité, nous soyons de vrais témoins de l’espérance qui nous anime. Amen

    Télécharger : 33ème dimanche du temps ordinaire

    Sources : Revue Feu Nouveau, Cahier Prions en Église – Pour la célébration de l’Eucharistie (Feder et Gorius), Lectures bibliques des dimanches C (A. Vanhoye), L’intelligence des Écritures (Marie Noëlle Thabut) – dossier du Secours Catholique

    source  http://homelies.livehost.fr/

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  • Homélie du 32ème dimanche du Temps ordinaire

    Abbé Jean Compazieu prêtre

    Dieu des vivants

     Textes bibliques : Lire

    Il est heureux que les textes bibliques de ce dimanche nous parlent de la résurrection. Ces jours-ci, nous nous sommes rendus au cimetière pour un temps de recueillement et de prière. Beaucoup ont demandé que des messes soient célébrées pour ceux et celles qui nous ont précédés. Nous les confions tous à la miséricorde du Seigneur. Et bien sûr, nous n’oublions pas les victimes des guerres, de la violence et des catastrophes. Ce qui motive notre prière, c’est notre foi en la résurrection. C’est précisément cette bonne nouvelle que nous trouvons dans les textes bibliques de ce jour. 

    La première lecture nous donne un témoignage extraordinaire : cela se passe à une époque dramatique de l’histoire d’Israël ; les empereurs grecs veulent imposer leur civilisation, leur culture et leur religion ; ils rencontrent une farouche résistance en Israël. Aujourd’hui, nous entendons l’histoire de cette mère et de ses sept fils qui sont torturés et mis à mort de la manière la plus cruelle. En acceptant cette mort, ils témoignent de leur foi en la résurrection. Ils comprennent que Dieu ne peut pas abandonner les justes qui lui sont fidèles.

    En écoutant ce récit, nous pensons à tous les chrétiens d’aujourd’hui qui sont persécutés à cause de leur foi. Nous en avons de nombreux témoignages dans le monde entier mais aussi chez nous jusque dans nos églises. Leur fidélité nous interpelle : qu’avons-nous fait de notre baptême ? Arrêtons de nous installer dans l’indifférence. Nous vivons dans un monde qui veut ignorer la foi des chrétiens ou qui la tourne en dérision. C’est là que nous sommes envoyés pour être les messagers de la bonne nouvelle du Christ.

    L’apôtre Paul a lui aussi été confronté à des « gens pervers » qui ne partageaient pas sa foi. Son message d’aujourd’hui est écrit pour des chrétiens persécutés. Il les invite à se laisser réconforter par le Seigneur Jésus lui-même. Ce réconfort est source de joie et d’espérance. C’est auprès du Seigneur que les chrétiens persécutés trouvent la force et l’espérance dont ils ont besoin pour rester fermes dans la foi.

    L’Évangile de ce dimanche nous montre Jésus face à des sadducéens qui ne croient pas en la résurrection des morts. Ils la refusent parce qu’elle n’est pas inscrite dans la loi de Moïse. Ils vont même jusqu’à la tourner en dérision. Pour mettre Jésus dans l’embarras, ils lui soumettent un cas absurde : une femme a eu sept maris, tous frères entre eux et qui sont morts l’un après l’autre. Et voici la question : « À la résurrection, cette femme, de qui sera-t-elle l’épouse ? »

    La réponse de Jésus est double ; tout d’abord, il leur dit que dans l’au-delà, les relations conjugales et la génération humaine sont dépassées. Il n’est plus question de concevoir la vie future de manière terrestre et matérielle ; c’est ce que nous lisons dans l’évangile de ce jour : « Les enfants de ce monde se marient. Mais ceux qui ont été jugés dignes d’avoir part au monde à venir et à la résurrection d’entre les morts ne se marient pas, car ils ne peuvent plus mourir : ils sont semblables aux anges, ils sont fils de Dieu, en étant héritiers de la résurrection. »

    Puis vient l’argument en faveur de la résurrection. Pour cela Jésus s’appuie sur la révélation de Dieu à Moïse : « Le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob n’est pas le Dieu des morts mais des vivants. » À la suite de ces patriarches et de bien d’autres croyants, nous sommes tous appelés à une vie nouvelle que Jésus appelle le Royaume de Dieu. Ce monde nouveau n’est pas la continuation de celui dans lequel nous vivons actuellement. Il est tout autre. C’est de cela que nous devons nous rappeler chaque fois que nous nous rassemblons à l’église pour des funérailles et aussi chaque fois que nous évoquons le souvenir de nos défunts.

    Ce trésor de la résurrection, nous ne pouvons pas (nous ne devons pas) le garder pour nous. Il nous faut le transmettre, le crier au monde entier. Au-delà de la mort, nous serons vivants en Dieu. Cette espérance doit nourrir notre prière, surtout en ce mois qui est consacré aux défunts. N’oublions jamais le Dieu des vivants. Il nous appelle tous à partager sa vie dès maintenant.

    Que la Vierge Marie, reine du ciel et de la terre, nous confirme dans l’espérance de la résurrection. Qu’elle nous aide à faire fructifier par de bonnes œuvres la Parole de son Fils semée en nos cœurs.

    Télécharger : 32ème dimanche du Temps ordinaire

    Sources : Revues Feu Nouveau, Cahier prions en Église – Homélies pour l’année C (le Chemin d’Emmaüs A. Brunot) – Missel des dimanches et fêtes – François selon saint Luc.

    source http://dimancheprochain.org/

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  • SCANDALE À JÉRICHO…

    Textes bibliques : Lire

    Les lectures de ce jour nous invitent à tourner notre regard vers l’infinie miséricorde de Dieu envers les pécheurs que nous sommes. Il veut nous aider à sortir de cette situation de péché dans laquelle nous nous enfonçons. Nous sommes tous appelés à nous convertir. Cette bonne nouvelle est pour nous le point de départ d’une grande espérance.

    L’auteur du livre de la Sagesse (1ère lecture) nous parle précisément de l’infinie miséricorde de Dieu pour chacune de ses créatures. Il ne cesse de manifester sa patience envers les pécheurs. Il apprécie nos petits progrès quand nous nous engageons sur la bonne voie. Ce texte mérite qu’on s’y arrête car il nous pousse à changer notre regard sur notre prochain, sur nos ennemis et sur ceux qui nous laissent indifférents. Dieu aime tout ce qui existe ; il n’a aucune répulsion envers ses œuvres. La vraie conversion doit nous amener à regarder l’autre avec le regard même de Dieu, un regard plein d’amour.

    Malheureusement, nous vivons dans un monde où beaucoup n’ont rien compris. Toutes ces violences et ces massacres commis au nom d’une religion ne sont pas voulus par Dieu. Le vrai Dieu est amour, compréhension et miséricorde. Il est du côté des petits, des pauvres, des exclus et de tous ceux que l’on fait souffrir. Il envoie son Fils Jésus pour chercher et sauver ceux qui vont à leur perte. Il donne à chacun la possibilité de se convertir et de se reprendre lorsqu’ils tombent. C’est de cela que nous avons à témoigner par nos paroles et toute notre vie.

    Dans sa lettre aux Thessaloniciens (2ème lecture), l’apôtre Paul nous invite à centrer toute notre vie sur le Christ. C’est par lui et avec lui que nous pouvons progresser sur le chemin de la sainteté. Quand on l’a vraiment accueilli, notre rencontre avec lui ne peut que transformer notre vie. Il est là, « au cœur de nos vies » et il nous recommande de veiller dans l’attente de son retour. Mais en même temps, il nous met en garde contre de prétendues révélations au sujet de la fin du monde. C’est sûr, le Seigneur reviendra, mais personne ne sait ni le jour ni l’heure. L’important c’est de rester fermes dans la foi et fidèles à notre baptême.

    L’événement qui nous est rapporté dans l’Évangile de ce jour est bien connu de tous, y compris dans les groupes d’enfants du catéchisme. Cela se passe à Jéricho, une ville païenne, une ville de pécheurs. Chaque fois que Jésus y entre, c’est pour en faire sortir quelqu’un, pour le sortir du péché et le ramener à Dieu. Jésus n’est pas celui qui accuse le pécheur, bien au contraire, il vient l’éclairer pour qu’il voie son péché et qu’il en sorte.

    C’est ce qui va se passer avec le publicain Zachée. Il ne pouvait qu’être détesté par tous ces pauvres gens accablés par les impôts qu’il fallait payer à l’occupant romain. Il avait la réputation d’être intraitable et de profiter de sa position dominante. De plus en tant que chef des publicains, il était tenu pour responsable du comportement et des violences de ses collaborateurs. Sa position le rangeait dans la catégorie des pécheurs infréquentables.

    Or voilà que cet homme a un ardent désir de voir Jésus. Il court devant, il monte sur un sycomore pour voir Jésus qui devait passer par là. À partir de ce moment, tout va se passer bien au-delà de ce qu’il avait prévu : Jésus s’invite dans la maison de Zachée ; cette décision provoque des remous. Les « bien-pensants » estiment que Jésus aurait mieux fait d’aller dans une bonne famille. Au lieu de cela, il va chez un voleur infréquentable. Pour eux, c’est un scandale. En ne voyant que le passé de Zachée, ils ne lui laissent aucune chance.

    Nous aussi, nous pouvons être comme cette foule. Nous vivons dans une société qui n’a que mépris pour les gens de mauvaise réputation. Mais le Seigneur nous dit qu’il est venu pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Le salut de Dieu est offert à tous, y compris dans les prisons. Chaque personne est très importante aux yeux de Dieu. Cela doit changer notre regard sur elles. Le chemin pour parvenir à ce changement de regard c’est la prière. À Lourdes, Marie dit à Bernadette et à chacun de nous : « Priez pour les pécheurs ».

    Le même Christ s’invite aujourd’hui chez nous ; il vient nous apporter le salut de Dieu. En venant chez nous, il nous fait confiance bien au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer. Il rejoint notre assemblée pour nous dire tout l’amour de Dieu pour nous pauvres pécheurs. Avec lui, c’est le salut de Dieu qui entre dans nos maisons. Il suffit que nous nous empressions d’accueillir le Christ qui frappe à notre porte. Que notre rendez-vous à la messe et à l’adoration nous transforme comme il a transformé le publicain de Jéricho.

    Télécharger : 31ème dimanche du temps ordinaire

    Sources : Revue Feu Nouveau, Cahier Prions en Église, Commentaire de Sœur Claire PatierPour la célébration de l’Eucharistie (Feder et Gorius), Lectures bibliques des dimanches C (A. Vahoye)

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  • LA PRIÈRE DU PAUVRE

    En ce mois d’octobre, le pape nous rappelle le rôle missionnaire de l’Église. Nous, chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes tous envoyés en mission. Notre pensée et notre prière vont vers ces prêtres, religieux et laïcs qui ont quitté leur famille et leur pays pour porter l’Évangile sur d’autres continents, souvent au péril de leur vie. Et nous n’oublions pas ceux qui viennent chez nous pour nous évangéliser. Notre mission à tous, c’est d’annoncer la miséricorde. C’est Jésus lui-même qui nous envoie. Pour mieux répondre à cette mission, nous nous mettons à l’écoute de la Parole de Dieu.

    La première lecture nous invite à rectifier l’image que nous nous faisons de Dieu. Elle vient nous rappeler que « le Seigneur ne fait pas de différence entre les hommes. » Il entend la prière et la plainte du pauvre, de l’opprimé, de la veuve et de l’orphelin. Nous pensons à toutes les victimes des guerres au Moyen Orient et ailleurs. Nous ne pouvons pas rester indifférents face à tant de souffrances. Plus tard, Jésus proclamera que l’Évangile, c’est la bonne nouvelle annoncée aux pauvres. Et il précisera qu’il se reconnaît à travers celui qui a faim, celui qui est sans vêtement, celui qui est étranger ou prisonnier. À travers eux, c’est lui que nous accueillons ou que nous refusons.

    À moment où il écrit sa lettre, l’apôtre Paul se trouve lui aussi en situation de détresse. Il est en prison et il sait que bientôt, il va être exécuté. Toute sa vie a été un combat mais il est resté fidèle jusqu’au bout. Il s’est totalement impliqué dans sa mission qui était d’annoncer l’Évangile aux nations païennes. Il attend maintenant la récompense promise au « serviteur fidèle », rencontrer le Seigneur et être avec lui dans son Royaume. C’est là son espérance et sa force. Sa prière est entièrement tournée vers Dieu.

    L’Évangile est précisément là aujourd’hui pour mettre en valeur la prière du pauvre. Jésus nous raconte une parabole pour faire passer un message de la plus haute importance. Il nous présente un pharisien et un publicain. Tous deux montent au temple pour prier. Ils pratiquent la même religion mais ils ne sont pas ensemble. Le pharisien présente à Dieu un bilan impressionnant : il n’a commis aucune faute, il jeûne, il fait l’aumône. Tout ce dont il est fier est sans doute vrai. D’ailleurs, ce n’est pas cela que Jésus lui reproche.

    Le problème de cet homme c’est son orgueil. Il est convaincu d’être juste mais il n’a que mépris pour les autres. Il ne se contente pas de se donner des coups d’encensoir. II fait en même temps l’examen de conscience du publicain. Il n’a pas compris que pour être exaucé, il nous faut être plein de bonté et de compréhension pour les autres, même s’ils sont pécheurs. C’est ce que nous a rappelé ce mois missionnaire : Dieu veut le salut de tous les hommes.

    Bien à distance, nous avons le publicain. C’est un homme méprisé et même détesté de tous. Il a pactisé avec l’occupant romain. De plus, il a rançonné la population. Il s’avoue pécheur et se reconnaît coupable. Il est au fond du gouffre. La seule chose qu’il peut faire c’est d’implorer le pardon de Dieu à son égard : « Mon Dieu, prend pitié du pécheur que je suis. »

    En nous racontant cette parabole le Christ vient nous annoncer une bonne nouvelle : il nous dit que Dieu est Amour. Et cet amour va jusqu’au pardon. Tout cela nous est offert gratuitement et sans mérite de notre part. Celui qui se croit supérieur aux autres n’a rien compris. Comment pouvons-nous nous adresser à Dieu si nous n’avons que du mépris pour ceux qui sont autour de nous ? Si nous réalisons quelque chose de bien, ce n’est pas dû à nos mérites mais à l’action du Seigneur en nous. Il attend de nous que nous venions à lui les mains vides pour les remplir de son amour. N’oublions pas qu’il a donné sa vie et versé son sang pour nous et pour la multitude, y compris pour les publicains. Il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Il compte sur nous pour les aimer et les porter dans notre prière.

    En célébrant cette Eucharistie, nous venons nous nourrir de la Parole de Dieu et de son Corps. Le Seigneur se donne à nous pour nous, il vient nous remplir de force pour annoncer l’Évangile. Cette force, c’est la grâce du baptême sans cesse vivifiée par l’Eucharistie. Nous le prions pour que tous les hommes puissent entendre et accueillir cette Bonne Nouvelle que tu es venu apporter au monde.

    Télécharger : 30ème dimanche du Temps ordinaire

    Sources : Revues « Prions en Église », « Feu Nouveau » – Pour la célébration de l’Eucharistie (Feder et Gorius), Lectures bibliques des dimanches C (A. Vahoye)

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  • PRIER SANS SE LASSER

     Textes bibliques : Lire

    La première lecture et l’Évangile de ce dimanche nous invitent à nous interroger sur la place que nous donnons à la prière dans notre vie. Le livre de l’Exode nous montre la vaillante supplication de Moïse. C’est grâce à cette prière que le peuple a pu triompher dans sa lutte contre ses ennemis. En lisant ce récit, nous comprenons l’importance et la force de la persévérance dans la prière personnelle et communautaire.

    Au cours de ce mois d’octobre, nous entendons l’appel du pape qui nous envoie en mission. Nous, chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes tous envoyés. Comme Moïse, nous sommes tous invités à nous mettre en prière pour soutenir tous ceux qui annoncent l’Évangile sur les cinq continents. Beaucoup y sont affrontés à la persécution et aux violences de toutes sortes. Ils comptent sur nous pour les soutenir de notre prière personnelle et communautaire. Croire en la prière d’intercession c’est ne pas baisser les bras. Cela ne sera possible que si nous nous unissons à plusieurs dans la prière.

    La seconde lecture nous montre la réponse de Dieu. Quand nous lisons les textes sacrés, c’est lui qui nous parle. Il ne demande qu’à nous communiquer la sagesse « en vue du salut par la foi ». Ce trésor de l’Évangile est fait pour être partagé largement et avec persévérance. Mais pour l’apôtre Paul, tout commence dans la prière. Pour lui, c’est une manière de vraiment mettre le Christ au centre de sa vie et de sa mission. C’est ainsi qu’il a pu dire : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi » (Galates 2, 20). La prière nous aide à nous ajuster de plus en plus à ce Dieu qui ne demande qu’à nous communiquer son amour.

    Dans l’Évangile de ce jour, Jésus dit à ses disciples « une parabole sur la nécessité pour eux de toujours prier sans se décourager » : C’est l’histoire d’une pauvre veuve complètement démunie. Elle a des démêlés avec la justice ; mais le juge qu’elle va rencontrer reste sourd à sa demande. Nous connaissons cela : quand l’administration ne veut rien entendre, c’est vraiment difficile d’obtenir gain de cause. Mais la parabole de l’Évangile nous montre que tout finit bien. À force d’être harcelé, le juge a répondu à la demande de cette veuve car il n’en pouvait plus d’entendre ses supplications répétées.

    Si Jésus nous raconte cette parabole, c’est pour nous parler de Dieu : dans notre monde, un mauvais juge arrive à faire droit à une plaignante ; à plus forte raison, Dieu qui est Père ne peut que rester attentif à toutes nos demandes. Il nous écoute toujours avec amour, quoi que nous lui demandions. Notre Dieu n’est pas ce juge dont nous parle l’Évangile ; il est notre Père, un Père qui aime chacun de ses enfants et qui ne veut que leur bonheur. Voilà une bonne nouvelle qui devrait nous combler de joie.

    Et pourtant, beaucoup disent qu’ils prient, mais ils ont l’impression de ne pas être exaucés. Alors, ils finissent par se décourager. Le problème ne vient pas de Dieu mais de nous ; le Seigneur est toujours là, à l’écoute, mais trop souvent, il n’y a personne pour l’écouter ; nous ne pensons qu’à notre demande et nous n’obtenons pas la réponse que nous attendons. Nous oublions alors que nous avons été entendus bien au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer. L’important c’est de toujours rester en dialogue avec Dieu et de ne pas rester centrés sur nos pauvres demandes. C’est ainsi que nous serons de plus en plus reliés à ce Dieu qui est Amour. Saint Paul nous le dit à sa manière : « Rien ne peut nous séparer de son amour. »

    La parabole de cet évangile se termine par une question posée à tous : « Le Fils de l’Homme, quand il viendra, trouvera-t-il la foi sur terre ? » Le pire ennemi de la foi c’est le découragement, c’est quand on devient blasé, quand on ne voit que ce qui va mal. Le Seigneur nous met en garde contre ce danger. Croire c’est s’obstiner dans la prière, c’est crier vers Dieu jour et nuit sans baisser les bras. Il ne manquera pas d’oiseaux de malheur pour dire que ça ne sert à rien. Mais l’exemple de la veuve est là pour nous apprendre l’obstination.

    Ensemble, nous nous tournons vers toi Seigneur. Aide-nous à dépasser le plan terrestre où nous nous installons trop facilement. Garde-nous dans ton amour. Au milieu de nos travaux, de nos joies et de nos peines, fais-nous vivre en enfants de Dieu.

    Télécharger : 29ème dimanche du Temps ordinaire

    Un témoignage : Un témoignage de foi

    Mises à jour sur le site https://puiseralasource.org/

    Sources : revue Feu Nouveau – livret d’animation « Mois missionnaire extraordinaire » – Missel Ephata – Paroles pour la route homélies dominicales année C – documents personnels.

    source http://homelies.livehost.fr

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  • L’ÉVANGILE POUR TOUS…

    Textes bibliques : lire

    Notre pape François ne cesse de nous inviter à aller « aux périphéries ». Cette année, il demande à l’Église de vivre « un mois missionnaire extraordinaire ». La bonne nouvelle de l’Évangile doit être annoncée au monde entier et à tous les milieux. En communion avec toute l’Église, nous chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes envoyés pour en être les messagers. L’Évangile de Jésus Christ est pour tous.

    C’est ce message que nous trouvons dans les lectures bibliques de ce dimanche. Le peuple d’Israël a été le premier à bénéficier de cette annonce de la Parole de Dieu. Mais dans le Livre des Rois (1ère lecture), nous découvrons que ce trésor est également offert à des étrangers. Le général Syrien Naaman ne connaissait pas le Dieu d’Israël. Mais il a eu foi en la parole du prophète Élisée. C’est cette foi qui a été le point de départ de sa guérison et de sa conversion. Il décide alors de quitter les idoles pour ne plus adorer que le Dieu d’Israël. Ce Dieu n’est pas celui d’un peuple mais aussi celui de toute la terre. C’est de cela que nous avons à témoigner.

    C’est ce qu’avait compris l’apôtre saint Paul : il a quitté son pays pour annoncer l’Évangile au monde entier. Au moment où il écrit sa lettre, il est en prison. Son message dérangeait beaucoup de gens. Ceux qui l’ont arrêté pensaient enrayer la diffusion de l’Évangile. Mais, dit Paul « on n’enchaine pas la parole de Dieu ». Rien ni personne ne peut l’empêcher d’être communiquée au monde entier. Le témoignage des martyrs a toujours été source de conversion. En voyant leur foi courageuse, des étrangers et même des persécuteurs se sont convertis à Jésus Christ. À la suite de Paul, ils sont devenus des messagers de l’Évangile.

    L’Évangile de ce dimanche nous montre Jésus au cours de sa montée à Jérusalem. C’est là qu’il va livrer son Corps et verser son Sang pour nous et pour le monde entier. Or voici que dix lépreux viennent à sa rencontre. Ils supplient Jésus d’avoir pitié d’eux. Ces hommes étaient des exclus car leur lèpre les rendait impurs. Jésus les renvoie vers les prêtres pour faire constater leur guérison. Ils pourront alors être réintégrés dans leur communauté.

    Mais parmi eux, il y avait un samaritain. En tant que samaritain, il restait un exclu. Il ne pouvait donc pas se présenter au prêtre. Alors il revient vers Jésus « en glorifiant Dieu à pleine voix ». Sa foi ne l’a pas simplement guéri, elle l’a sauvé. Il peut maintenant retourner auprès des siens qui ne font pas partie du peuple de Dieu. Il pourra y témoigner de cette bonne nouvelle : Jésus est le sauveur de tous les hommes, ceux qui font partie de son peuple et ceux qui sont loin. Au jour de l’Ascension, il demandera à ses apôtres d’aller annoncer l’Évangile au monde entier.

    Voilà donc trois textes bibliques qui nous disent tout l’amour de Dieu pour nous. Il ne s’intéresse pas seulement à ceux qui font partie de son Église. Son grand projet c’est de rassembler tous les hommes du monde entier, y compris ceux qui sont les plus éloignés et même les plus opposés à la foi. Il aime chacun bien au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer. C’est pour tous qu’il a donné sa vie sur une croix.

    Notre réponse à cet amour infini doit être l’action de grâce. Naaman est revenu vers le prophète Élisée pour rendre grâce à Dieu. Toute la vie de saint Paul a été une action de grâce car, même en prison, il constate que la Parole de Dieu porte du fruit. Et dans l’Évangile, nous voyons le Samaritain lépreux se prosterner au pied de Jésus : il reconnaît en lui l’origine de sa guérison. À notre tour, nous sommes invités à rendre grâce à Dieu pour tout ce qu’il nous donne. Trop souvent, nous ne voyons que ce qui ne va pas. Nous oublions que Dieu est « là, au cœur de nos vies ». Alors oui, rendons-lui grâce par nos chants de louange et par toute notre vie.

    Le seul désir de Dieu c’est de voir l’homme debout, vivant et aimant. Saint Irénée de Lyon nous le dit à sa manière : « La gloire de Dieu c’est l’homme vivant. La vie de l’homme, c’est de contempler Dieu. » Dieu nous a créés pour la vie en plénitude. Il ne se contente pas de nous guérir. Avec lui, c’est la porte de la Vie éternelle qui s’ouvre. C’est de ce salut que nous avons à témoigner auprès de ceux et celles que nous croisons sur notre route.

    Tout au long de ce mois du Rosaire, nous nous tournons vers la Vierge Marie. Dans le Magnificat, elle rend grâce au Seigneur non seulement pour ce qu’il a fait en elle mais aussi pour son action dans l’histoire du Salut. En célébrant cette Eucharistie, nous nous unissons à cette action de grâce de Marie et nous lui demandons de nous aider à rester fidèles à la mission qui nous est confiée.

    Télécharger : 28ème dimanche du Temps ordinaire

    Sources : Revue Feu nouveau – Pour la célébration de l’Eucharistie (Feder et Gorius) – Missel communautaire – François selon saint Luc – livret d’animation « Mois missionnaire extraordinaire »

    Si vous désirez ajouter un commentaire, c’est possible sur le blog « dimancheprochain.org » ; ils sont tous en attente de modération car don doit se protéger de ceux qui viennent nous proposer des choses dont nous n’avons pas besoin. Ceci dit, tous vos commentaires sur les textes bibliques seront les bienvenus.

    source http://homelies.livehost.fr

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  • « COMBIEN DE TEMPS ? »

    Textes bibliques : Lire

    La liturgie de ce dimanche commence par un cri de révolte : « Combien de temps, Seigneur, vais-je appeler, sans que tu entendes ? » Ce cri de souffrance était celui du prophète Habacuc. Nous l’avons entendu s’adresser à Dieu : « Pourquoi me fais-tu voir le mal et regarder la misère ? Devant moi, pillage et violence ; dispute et discorde se déchaînent. » Ce cri du prophète est bien souvent le nôtre. Tous les jours, les médias nous rappellent à quel point ce mal et cette violence sont bien présents dans notre monde. Comme le prophète, nous crions vers le Seigneur : Combien de temps ? Pourquoi ? Pourquoi Dieu reste-t-il silencieux devant la violence, le harcèlement, les prises d’otage et le mépris ?

    Mais la suite de cette lecture nous montre que le mal et la violence ne viennent pas de Dieu. Bien au contraire, il ne cherche qu’à nous en libérer et nous sauver. L’insolent n’aura pas le dernier mot. Cette bonne nouvelle, il faut l’écrire pour qu’elle puisse être lue par tous. Il est urgent que chacun se mette dans une attitude d’accueil : « Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur. » Le psaume 94 nous invite précisément à venir, entrer, écouter. Notre Dieu reste fidèle à son alliance ; il est notre rocher, notre salut. Nous sommes son bien le plus précieux.

    Notre réponse c’est celle de la foi. Bien souvent, nous avons l’impression que le salut promis paraît tarder. Il faut toute l’énergie de l’espérance pour le croire possible. C’est pour cette raison que l’apôtre Paul recommande à Timothée et à chacun de nous de réveiller le don de Dieu ; il veut nous aider à de vaincre la peur pour témoigner avec courage de l’espérance qui nous anime. Nous ne devons pas craindre de rendre témoignage à notre Seigneur. L’évangile du Christ doit être reçu et proclamé dans le monde entier de génération en génération.

    Mais comme les apôtres, nous avons besoin de nous tourner vers Jésus pour lui adresser cette prière : « Augmente en nous la foi ! » Car c’est vrai, il faut beaucoup de foi pour continuer à annoncer le Salut comme une bonne nouvelle. Il y a tant d’imprévus qui tendent à nous détourner de cette mission. L’évangile nous parle de la foi comme d’une petite graine. Mais celle-ci est si minuscule qu’elle finit parfois par se perdre. Il n’est pas facile de vivre en disciple du Christ dans un monde hostile ou indifférent. Comment témoigner de l’évangile quand on ne voit que ce qui va mal dans nos communautés paroissiales ? Comment parler d’un Dieu amour à des hommes, des femmes et des enfants qui vivent dans la misère et qui sont victimes de l’exclusion et du mépris ?

    La réponse, c’est Jésus lui-même qui nous la donne par ses paroles mais surtout par toute sa vie. Tout l’Évangile nous le montre en parfaite communion avec son Père. C’est cette foi qu’il veut nous inculquer, une foi qui est confiance totale, y compris sur la croix. Rien n’est impossible avec une telle foi : elle transporte les montagnes. Elle fait surmonter tous les plus grands obstacles. Bien sûr, il n’est pas question de pouvoirs magiques. Avoir la foi, c’est donner toute sa confiance à Jésus malgré les apparences. Jésus nous parle de l’arbre qui se jette dans la mer. Dans la Bible, l’arbre est symbole de vie et la mer symbole de mort. Qu’un arbre aille se planter dans la mer, c’est bien ce que Jésus a fait : il a planté la vie dans la mort, et la mort a été vaincue. Par sa mort et sa résurrection, il nous a ouvert un passage vers la vraie vie. Nous pouvons vraiment lui donner toute notre confiance car rien ne peut nous séparer de son amour.

    L’Évangile insiste aujourd’hui sur la puissance extraordinaire de la foi ; mais en même temps, il nous rappelle que nous n’avons pas à nous en glorifier. Nous avons tout reçu de Dieu sans mérite de notre part. Si notre témoignage porte du fruit c’est parce que Dieu est là. Sans lui, rien ne serait possible. L’évangile nous dit que nous sommes « des serviteurs quelconques. » On pourrait traduire : « Nous ne sommes que des serviteurs. » C’est vrai, cette responsabilité ne repose pas d’abord sur nous mais sur Dieu lui-même. Et pour nous, c’est un véritable soulagement.

    Mais ne disons pas que nous sommes inutiles. Si le serviteur était vraiment inutile, son maître ne le garderait pas. Et si Dieu nous prend comme serviteurs, c’est qu’il compte sur nous. Nous sommes quelconques, mais avec notre petit travail quelconque, il fait sa moisson. Tout cela devrait nous remplir de fierté. Nous n’avons pas à nous inquiéter. Contentons-nous d’être des serviteurs. Lui, il fera le reste. Quand le Seigneur, nous appelle, il nous fait comprendre que le principal travail, c’est lui qui le fait.

    En ce dimanche, c’est le Christ qui nous rassemble. En participant à cette Eucharistie, nous le laissons déposer en nous sa puissance de résurrection : nous le prions : Augmente notre foi dans la puissance de ton Esprit. Avec toi, nous devenons capables de transformer le monde dans lequel nous vivons et d’y annoncer ton Royaume d’amour et de justice. Amen

    Télécharger : 27ème dimanche du Temps ordinaire

    Sources : Revue Feu Nouveau – Pour célébrer l’Eucharistie (Feder et Gorius) – Semainier chrétien – Missel communautaire – Lectures bibliques des dimanches (A Vanhoye) – L’intelligence des Écritures (Marie-Noëlle Thabut) – Vidéo commentaire de Claire Patier – Dossiers personnels

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  • IL N’AVAIT PAS VU…

    Homélie 26ème DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE - 29 septembre 2019

    Textes bibliques : Lire

    La liturgie de ce dimanche nous fait entendre la voix du prophète Amos. Le prophète c’est quelqu’un qui parle de la part de Dieu. Sa mission n’est pas d’enfoncer le pécheur dans son mal mais de l’appeler à se convertir. Amos se montre implacable envers la société corrompue de son temps. Il critique d’une manière virulente l’exploitation des pauvres par les riches et les puissants. Quand le droit et la justice sont bafoués, le pays court à sa perte.

    Ces paroles très dures sont pourtant celles d’un amour qui ne veut que le bonheur de son peuple. Mais quand on aime, on se met parfois en colère. Dieu ne supporte pas qu’une petite minorité s’enrichisse au détriment des plus pauvres. Si Amos revenait, il dénoncerait tout ce gaspillage qui est une gifle tous ceux et celles qui n’ont pas de quoi survivre. Dans son encyclique « Laudato si », le pape François nous invite tous à une véritable conversion.

    C’est aussi l’appel que nous retrouvons dans l’Évangile de ce dimanche : il nous montre un homme riche qui fait bombance tous les jours. Cet homme ignore le pauvre Lazare qui reste couché devant son portail. Dieu ne peut pas tolérer cette situation dramatique. Il a créé le monde pour que tous les hommes y vivent ensemble en frères. Il nous invite à partager les biens qu’il a créés en abondance. Il ne supporte pas qu’une infime minorité possède plus de la moitié des richesses globales.

    Entendons-nous bien : la richesse n’est pas nécessairement mauvaise. Mais elle peut nous entrainer au péché quand elle nous rend sourds et aveugles. Les nouveaux pauvres sont de plus en plus nombreux dans nos villes mais aussi dans nos campagnes. Ils ont besoin d’une aide matérielle, oui, bien sûr. Mais ils attendent surtout que nous les regardions et que nous leur parlions.

    Le péché du riche c’est qu’il n’a pas vu. Ses richesses lui ont fermé les yeux, bouché les oreilles et fermé le cœur. C’est absolument dramatique parce que c’est son avenir éternel qui est en jeu : il n’y aura pas de séance de rattrapage ; il verra plus clair parce que la mort lui aura enlevé toutes les richesses qui l’aveuglaient ; ce jour-là, il ne pourra plus repartir à zéro. L’Évangile nous parle d’un grand abîme entre lui et Lazare ; cet abîme infranchissable, c’est lui, le riche, qui l’a creusé. Cette solitude dans laquelle il se trouve, c’est lui qui l’a organisée. Il s’y est complètement enfermé. Maintenant, personne ne peut rien pour lui.

    Il nous faut recevoir cet Évangile comme un appel pressant à nous convertir. Le Seigneur compte sur nous pour que nous ouvrions nos yeux, nos oreilles et surtout notre cœur à tous ceux et celles qui souffrent de la précarité, du mépris et de l’exclusion. Nous ne devons pas attendre qu’une apparition vienne nous dire qui est Lazare et où le trouver : il est à notre porte, même s’il habite au bout du monde. Si nous ne le voyons pas, c’est que nous sommes aveuglés. Il devient urgent de combler les ravins d’indifférence, de raboter les montagnes de préjugés et d’abattre les murs d’égoïsme.

    La grande priorité c’est de construire des ponts, de tracer des routes et d’aller à la rencontre des autres. Le Christ est là pour nous accompagner car il sait bien que c’est au-dessus de nos forces personnelles. Sa grande mission a été de réconcilier les hommes avec le Père mais aussi entre eux. Il nous veut unis à lui et entre nous. C’est le grand commandement qu’il nous laisse : « Aimez-vous les uns les autres COMME je vous ai aimés » (autant que je vous ai aimés). Nous n’aurons jamais fini de nous ajuster à son regard d’amour sur les personnes qui nous entourent. C’est pour tous que le Christ a livré son corps et versé son sang.

    Dans la seconde lecture, saint Paul nous dit que nous serons jugés sur nos actes. À travers son disciple Timothée, c’est aussi à chacun de nous qu’il s’adresse. Il nous invite à garder le commandement du Seigneur. Il s’agit pour nous de vivre « dans la foi et dans l’amour, la persévérance et la douceur ». Les disciples sont appelés à mener « le bon combat » et à « s’emparer de la Vie Éternelle ». Le Royaume divin à venir est déjà dans ce combat.

    L’Eucharistie qui nous rassemble nous annonce un monde où il n’y aura plus de pauvres. Dans ce monde nouveau, tous, riches et pauvres se retrouveront à la même table ; ils partageront ce qu’ils possèdent. Personne n’y manquera du nécessaire. Tous auront assez pour entrer dans la fête. Le monde que l’Eucharistie annonce c’est celui-là même que le Christ est venu instaurer. Rendons-lui grâce et ÉCOUTONS-LE.

    Télécharger : 26ème dimanche du Temps ordinaire

    Sources : Revue Feu Nouveau – Célébrons dimanche (Assemblée de la Parole année C) – Paroles pour la route (Jean Yves Garneau) – Heureuse faiblesse (André Louf) – Dossiers personnel.

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  • DANGER DES RICHESSES

    Textes bibliques : Lire

    Aujourd’hui, Jésus nous invite à réfléchir sérieusement sur deux styles de vie qui sont opposés : le style mondain et le style de l’Évangile, l’esprit du monde et l’esprit de Jésus. Pour nous aider à mieux comprendre son message, Jésus nous raconte la parabole du gérant infidèle et corrompu : ce dernier va être licencié pour faute grave ; désormais, il va se retrouver à la rue, les poches vides. Il réfléchit très vite à la meilleure solution. Il pense s’attirer la bienveillance des débiteurs de son maître en abaissant leur dette. C’est de cette manière qu’il choisit d’assurer son avenir.

    Il est bien sûr hors de question d’approuver cette fourberie. Ce qui est mis en valeur, c’est l’habileté des « fils de ce monde ». Quand il s’agit de leurs intérêts personnels, ils savent trouver des solutions. Le Christ voudrait bien que les « fils de lumière » soient aussi habiles pour que l’argent serve à tous. Le pape François nous invite « à répondre à cette ruse mondaine par la ruse chrétienne, qui est un don de l’Esprit Saint ». Il s’agit de s’éloigner des valeurs du monde pour vivre selon l’Évangile.

    À travers cet enseignement, le Christ nous appelle à choisir entre l’esprit du monde et lui, entre la logique de la corruption et de l’avidité et celle de la rectitude, de la douceur et du partage ». « Faites-vous des amis avec le malhonnête argent, afin que le jour où il ne sera plus là, ces amis vous reçoivent dans les demeures éternelles ». Sainte Teresa de Calcutta avait bien compris ce message : Ces amis, ce sont les plus pauvres parmi les pauvres, les miséreux, les exclus. À travers eux, c’est Jésus qui est là. Chaque fois que nous nous mettons à leur service, c’est lui que nous servons. La principale amitié qu’il nous faut chercher c’est celle de Dieu. Il est notre richesse suprême qui nous permettra d’être accueillis « dans les demeures éternelles ».

    la première lecture nous adresse une proclamation percutante du prophète Amos. Il s’attaque durement aux désordres, aux inégalités et à l’exploitation des pauvres. Lui qui était éleveur de bétail s’y connaissait en ce qui concerne l’enrichissement des riches au détriment des pauvres. Il dénonce la tromperie sur les marchandises. Quand on profite de la dépendance des plus faibles pour les exploiter encore plus, ce n’est pas tolérable. Ce n’est pas pour en arriver là que Dieu a fait alliance avec son peuple. À travers les opprimés et les exploités, c’est lui-même qui est frappé.

    Amos n’est plus là mais son message est plus que jamais d’actualité : il faut savoir que plus de la moitié du patrimoine mondial est détenue par un pour cent de la population. Et que dire des magouilles en tous genres, des tromperies sur la marchandise, des arnaques sur Internet ? Si Amos était là, il dénoncerait l’esclavage actuel : Des hommes, des femmes et même des enfants travaillent de longues heures pour gagner à peine de quoi manger. Quand nous achetons les produits ainsi fabriqués, nous participons à cette injustice. Il est urgent que nous entendions l’appel d’Amos à la construction d’un monde plus juste et plus fraternel.

    Dans la seconde lecture, nous avons le témoignage de saint Paul. L’âpreté au gain, ce n’est vraiment pas son problème. Bien au contraire, il s’est mis au service de la foi et de la vérité. Il annonce un Dieu qui veut le salut de tous les hommes. Jésus est mort pour tous, y compris pour ceux qui exercent des responsabilités politiques. Paul demande que l’on prie pour tous les hommes et plus spécialement pour les responsables de notre société : que ces derniers facilitent le climat de paix et de dignité dont notre monde a bien besoin. La vraie prière c’est de parler à Dieu de son projet, c’est entrer dans son projet et nous en imprégner. Avec lui, nous deviendrons capables de répandre la bonne nouvelle comme une traînée de poudre. Le moment le plus important c’est la messe du dimanche. On peut la comparer à une vaste réunion de chantier. Ce chantier, c’est celui du Royaume de Dieu. Si nous voulons être fidèles au Maître d’œuvre, notre présence est indispensable.

    Dans quelques jours, nous entrerons dans le mois du Rosaire : en communion avec tous les pèlerins de Lourdes et d’ailleurs, nous demandons à la Vierge Marie de nous aider à choisir le chemin juste. C’est avec elle que nous trouverons le courage d’aller à contre-courant pour suivre Jésus et son Évangile.

    Télécharger : 25ème dimanche du Temps ordinaire

    Sources : Revue Feu Nouveau et Fiches dominicales – François selon saint Luc – L’intelligence des Écritures (Marie Noëlle Thabut – Assemblées du dimanche – L’Évangile de la Miséricorde (Cardinal Schönborn).

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  • FAIRE MISÉRICORDE

    Textes bibliques : Lire

    Dans le livre de l’Exode (1ère lecture), nous trouvons l’histoire du veau d’or. Pendant que Moïse était en présence de Dieu sur la montagne, les Hébreux se sont fabriqué un dieu en forme de veau, puis ils se sont prosternés devant lui. Nous pouvons nous donner bonne conscience en disant que ce comportement est dépassé. En fait, il est bien d’actualité : on ne se prosterne plus devant le veau d’or mais devant le dieu argent ; et nous voyons bien que cette course au profit est la cause de nombreux malheurs.

    Le texte biblique nous parle de la colère de Dieu qui menace d’exterminer son peuple infidèle. Plus tard, les croyants comprendront que ce n’est pas Dieu qui punit ; c’est nous qui faisons notre malheur en nous détournant de lui. Les Hébreux ont fait connaissance avec un Dieu libérateur. Il a vu la misère de son peuple esclave en Égypte. Il a fait appel à Moïse pour les sortir de cette situation de misère et les conduire vers la liberté. Il est allé jusqu’à faire alliance avec eux. Mais après cette expérience religieuse extraordinaire, les voilà retombés dans le péché.

    Face à la menace qui pèse sur son peuple, Moïse se met à supplier le Seigneur. C’est un exemple qu’il nous donne. Nous sommes tous plus ou moins portés à dénoncer les coupables et à les enfoncer. On ne voit que le mal chez eux. Cela crée un climat malsain. Mais le texte biblique d’aujourd’hui nous invite à rejoindre Moïse qui supplie le Seigneur. Comme lui, nous voyons tout ce qui va mal et nous le portons dans notre prière. Cette supplication nous aidera progressivement à nous ajuster à Dieu qui aime tous les hommes et qui veut leur salut.

    L’Évangile de ce dimanche nous apporte un éclairage nouveau sur ce Dieu qui est Amour. Nous voyons Jésus devant tous ces gens qui viennent l’écouter. Mais les scribes et les pharisiens ne sont là que pour récriminer : « Tu te rends compte, il va chez les gens de mauvaise vie… Pourquoi s’intéresser à eux Ils ne valent pas la peine qu’on s’occupe d’eux… ils sont irrémédiablement perdus… » Jésus voit tous ces gens qui sont restés fidèles à la tradition jusque dans ses moindres détails. Malheureusement pour eux, ils confondent fidélité et raideur ; et c’est pour eux qu’il raconte les trois paraboles de la miséricorde, celle de la brebis perdue, la pièce perdue et le fils perdu.

    La bonne nouvelle c’est précisément que Jésus est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Pour lui, ils sont tellement importants qu’il est allé jusqu’à donner sa vie sur une croix. Sa miséricorde est infiniment plus importante que tous les péchés du monde. Dieu veut croire à la capacité de chacun à se convertir. Comprenons bien : la conversion c’est un changement de direction, un véritable demi-tour. Nous avons tourné le dos à Dieu, nous revenons à lui. Lui-même nous prend par la main pour nous sortir des chemins de perdition et nous conduire ver la vraie vie.

    Ces trois paraboles nous disent l’amour démesuré de Dieu pour nous et pour le monde entier. Il est comme ce berger qui abandonne son troupeau pour aller à la recherche de la brebis perdue. Il sait bien qu’elle ne reviendra pas toute seule. Il est surtout comme ce père qui accueille son fils retrouvé à bras grands ouverts. Il ne pose aucune question sur les motivations de ce retour. On peut même se demander si la contrition de ce garçon était vraiment parfaite. La seule chose qui compte c’est la joie extraordinaire de ce père qui retrouve son fils. Aujourd’hui, il nous invite à nous associer à cette joie et à rendre grâce.

    Trop souvent, nous sommes comme le fils aîné qui récrimine et qui dénonce les coupables. Ces jeunes « qui ne valent rien », ces tricheurs qui ne pensent qu’à s’enrichir au détriment des plus pauvres… Toutes ces lamentations, nous les connaissons trop bien. C’est alors qu’il nous faut revenir à la première lecture. Comme Moïse, nous sommes invités à supplier le Seigneur pour notre monde, nos quartiers, nos familles. Nous lui confions tout ce qui ne va pas. Et nous découvrons que la véritable conversion doit commencer par nous-mêmes.

    Dans la seconde lecture, nous voyons Paul qui rend grâce pour ce pardon qu’il a reçu. Nous nous rappelons qu’il a passé une partie de sa vie à persécuter les chrétiens. Mais un jour, il a fait une rencontre extraordinaire qui a complètement bouleversé sa vie. Il a compris que le Christ est venu dans le monde pour sauver ceux qui étaient perdus. Nous n’oublions pas que nous faisons tous partie du même lot. Ce que nous sommes devenus, nous le devons à la grâce du Christ. Comme Paul nous sommes tous des pécheurs pardonnés.

    Et comment ne pas penser à la parole de Marie à la petite Bernadette de Lourdes : « Priez pour les pécheurs… » Demandons au Seigneur qu’il nous apprenne à les regarder comme il les voit, que nous soyons auprès d’eux des témoins de la miséricorde pour tous.

    Télécharger : 24ème dimanche du Temps ordinaire

    Sources : Revue Feu nouveau – François Selon Saint Luc – L’intelligence des Écritures (Marie Noëlle Thabut) – Lectures bibliques des dimanches (A. Vanhoye)

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