• Dieu libérateur 

    Textes bibliques : Lire

    Abbé Jean Compazieu


    En ce temps du Carême, nous continuons notre montée vers la grande fête de Pâques. Les textes bibliques de ce jour nous révèlent un Dieu libérateur qui se fait proche de nous. Il nous rejoint dans la situation qui est la nôtre pour nous relever et aller de l’avant sur le chemin qu’il nous montre.

    La première lecture est tirée du livre de l’Exode. Ce livre nous raconte comment Dieu a fait appel à Moïse pour libérer son peuple de l’esclavage d’Égypte. Aujourd’hui, il les invite à  faire un pas de plus. Il leur donne sa loi pour leur apprendre à bien vivre les uns avec les autres. Dieu les aime tous de la même manière ; il veut le salut de tous. Les commandements qu’il leur laisse commencent par des interdits : “Tu n’auras pas… Tu ne feras pas…” Ces paroles leur disent ce qu’il faut éviter pour ne pas retomber dans l’esclavage.

    Il s’agit de renoncer aux idoles, ces faux dieux qui revendiquent d’être l’absolu de l’homme. Ces faux dieux sont toujours d’actualité : pensons à la course à l’argent et aux richesses matérielles : tout cela ne fait que nous enfermer dans notre égoïsme. Nous devons également éviter toutes les paroles méchantes et négatives qui ne font qu’ajouter un peu plus de poison à la société dans laquelle nous vivons. Les paroles que le Seigneur nous laisse aujourd’hui sont une étape importante dans la vie de son peuple. Elles sont aussi des points de repère pour nous.

    Le psaume se présente comme une réponse amoureuse au don de la loi. Il nous invite à rendre grâce à Dieu qui libère son peuple. Dieu lui enseigne comment il faut vivre pour rester dans l’alliance et accueillir la bénédiction. Plus tard, l’apôtre Pierre reconnaîtra que les paroles de Jésus sont celles de la Vie éternelle. Tout au long de ce Carême, nous sommes invités à les lire et à les relire. Elles contiennent des graines de l’amour qui est en Dieu.

    Dans la seconde lecture, l’apôtre Paul nous invite à nous tourner vers la croix du Christ. Elle nous rappelle son amour inimaginable : “Nous proclamons un Messie crucifié”. Tant pis pour ceux qui s’efforcent de rendre raisonnable l’Évangile de la croix. Si nous voulons comprendre quelque chose à l’amour de Dieu, c’est vers la croix que nous devons regarder. Le vrai Dieu se révèle là où les hommes ne voient que la honte et l’échec. Le signe de la croix se présente comme la seule attestation d’un Dieu dont le nom est “miséricorde”.

    L’Évangile nous montre la réponse que Dieu attend de nous et surtout ce qu’il ne veut pas. Cela se passe dans la cour du Temple de Jérusalem. Un “centre commercial” à but liturgique y avait été installé. On y rencontrait des vendeurs d’animaux et de produits pour les sacrifices ; les changeurs de monnaie y faisaient également leurs affaires. Chacun y trouvait son compte. Mais le Christ n’est pas d’accord. À la manière des prophètes, il pose un acte fort pour contester ce qui lui paraît indigne de ce haut lieu de prière.

    C’est ainsi que Jésus a voulu purifier le culte qui se pratiquait dans le temple. Aujourd’hui, il nous rejoint pour purifier notre prière. L’Évangile nous apprend que Jésus ressuscité est désormais le seul chemin vers Dieu, le seul temple où l’on peut rencontrer Dieu. Ce nouveau Temple est universel. Personne n’est propriétaire de Jésus ni de son message, ni de son action dans le monde. Son œuvre de salut est pour tous. C’est pour nous et pour la multitude qu’il a livré son Corps et versé son sang.

    Il nous faut aller plus loin dans la compréhension de cet Évangile : dans sa lettre aux corinthiens, saint Paul écrit : “vous êtes le temple du Christ, vous êtes le temple de Dieu”. Il nous faut donc chasser de ce temple tout ce qui rend impur. Les vendeurs que Jésus dénonce, c’est chacun de nous quand nous sommes encombrés par des préoccupations égoïstes ou mesquines. Ce n’est qu’en faisant le ménage en nous que nous pourrons retrouver Dieu. C’est absolument nécessaire si nous voulons accueillir dignement le Christ ressuscité.

    Chaque dimanche, l’Évangile devient ce “fouet à cordes” que Jésus utilise pour changer notre cœur et notre vie. Le Seigneur est là pour chasser de nos cœurs l’attachement à nous-mêmes. Il renverse la ténacité que nous avons dans la poursuite de nos affaires à n’importe quel prix. Pour lui, il n’y a pas de bonheur contre les autres ni sans les autres. Et s’il n’y a pas de place pour Dieu dans notre vie, il n’y en aura pas pour nos frères non plus. L’Évangile nous est donné pour qu’il change nos cœurs. Ayons le courage de faire le “ménage de Pâques” pour accueillir dignement le Christ ressuscité.

    En ce jour, nous nous tournons vers le Seigneur pour lui confier notre désir de conversion. Qu’il nous fasse revenir vers lui. Et pour que chaque jour nous soit profitable, qu’il ouvre nos esprits à l’intelligence de sa loi. Amen

    Télécharger : 3ème dimanche du Carême

    Sources : Feu Nouveau, les Cahiers de Prions en Église, Fiches dominicales, Dossiers personnels…

    source https://dimancheprochain.org/

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  • Homélie 2ème DIMANCHE DU CARÊME - 28 février 2021

    LE FILS BIEN-AIMÉ

    Textes bibliques : Lire

    Tout au long du Carême, nous entendons un appel à revenir vers le Seigneur et à lui donner la première place. Dans la première lecture, nous découvrons Abraham qui a répondu à l’appel de Dieu par une disponibilité absolue. Mis à l’épreuve, il n’a pas refusé de sacrifier ce qu’il avait de plus précieux, l’enfant porteur de la promesse. S’il est prêt à sacrifier ce fils unique, c’est parce qu’il aime Dieu de tout son cœur. Son amour pour Dieu est plus grand que tout.

    Dans l’Évangile, nous avons écouté le récit de la Transfiguration : il nous montre le Christ plein de gloire parce qu’il répond à l’amour du Père. S’il est prêt à mourir pour manifester sa fidélité absolue au Père, c’est parce qu’il aime le Père de toute ses forces. La seule manière de répondre à l’amour et à la tendresse de Dieu c’est de l’aimer « de tout notre cœur, de toutes nos forces et de tout notre esprit ».

    Les Évangiles nous donnent de nombreux témoignages de cet amour sans limite : nous pensons à Marie qui a dit : « Voici la servante du Seigneur » ; en répondant à l’appel de Dieu, elle a fait l’offrande de toute sa vie. Dans la seconde lecture, saint Paul s’adresse à des chrétiens persécutés ; il leur adresse des paroles d’espérance et de réconfort : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » Malgré les épreuves qui les accablent, il les invite à une confiance totale en Dieu ; lui-même s’est donné au Christ sans réserve.

    L’Évangile nous montre les trois disciples qui font la découverte extraordinaire de Jésus transfiguré et lumineux. Ce rayonnement vient précisément de son amour sans réserve pour son Père et pour le monde entier. Pierre voudrait rester là à fixer l’événement. Mais la voix du Père vient le rappeler à la vraie priorité : « Celui-ci est mon Fils Bien aimé : écoutez-le ». Cette parole est importante. Nous devons écouter Jésus. Ce n’est pas le pape ni les évêques ni les prêtres qui disent cela, c’est Dieu lui-même qui nous le dit à tous. Le Seigneur est là au cœur de nos vies, de nos loisirs et de nos soucis. Mais trop souvent, nous sommes ailleurs. Nous organisons notre vie en dehors de lui.

    Nous disciples du Christ, nous sommes appelés à être des personnes qui écoutent sa voix et qui prennent au sérieux ses paroles. Pour écouter Jésus, il faut être proche de lui, il faut le suivre, il faut accueillir son enseignement. C’est ce que faisaient les foules de l’Évangile qui le poursuivaient sur les routes de Palestine. Le message qu’il leur transmettait était vraiment l’enseignement du Père. Cet enseignement, nous pouvons le trouver chaque jour dans l’Évangile ; quand nous le lisons, c’est vraiment Jésus qui nous parle, c’est sa Parole que nous écoutons.

    Dans cet épisode de la Transfiguration, nous trouvons deux moments significatifs : la montée et la descente. Le Seigneur nous appelle à l’écart, à monter sur la montagne. Comprenons bien, il ne s’agit pas de faire de l’alpinisme mais de trouver un lieu de silence et de recueillement pour mieux percevoir la voix du Seigneur. C’est ce que nous faisons dans la prière. Pendant l’été, beaucoup choisissent de passer quelques jours dans un monastère. Ils ont besoin de ce temps de ressourcement pour leur vie chrétienne.

    Mais nous ne pouvons pas rester là. La rencontre avec Dieu dans la prière nous pousse à « descendre » de la montagne. Nous sommes invités à retourner en bas, dans la plaine et à rejoindre le monde dans ce qu’il vit. Nous y trouverons tous ceux et celles qui sont accablés par le poids du fardeau, des maladies, des injustices, de l’ignorance, de la pauvreté matérielle et spirituelle.

    Nous sommes envoyés pour être les témoins et les messagers de l’espérance qui nous anime. Cette parole que nous avons reçue doit grandir en nous. Cela ne se réalisera qui si nous la proclamons. Si nous l’accueillons, ce n’est pas pour la mettre dans un conservateur mais pour la donner aux autres ; c’est cela la vie chrétienne : accueillir Jésus et le donner aux autres. Lui seul peut nous transfigurer. En ce jour nous le supplions : « Toi qui es Lumière, toi qui es l’amour, mets en nos ténèbres ton esprit d’amour. »

    Télécharger : 2ème dimanche du Carême

    Pour d’autres approches, rendez-vous sur https://puiseralasource.org/preparons-dimanche/

    Sources : Revues liturgiques, Fiches dominicales, Feu Nouveau, Cahiers prions en Église – Guide Emmaüs des dimanches et fêtes (JP Bagot), homélies pour l’année B (A Brunot), commentaires de Marie-Noëlle Thabut, homélies pour l’année liturgique B (Simon Faivre), Pensées sur l’Évangile de Marc (Christoph Schönborn)

    source http://homelies.livehost.fr/

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  • « PEUPLE DE L’ALLIANCE »

    Textes bibliques : Lire

    Depuis mercredi dernier, nous sommes entrés dans le temps du Carême. Cette période de quarante jours ressemble au grand nettoyage du Printemps. Il nous suggère de mettre au propre nos relations avec Dieu. En effet, nos relations sont salies par l’idée que nous nous faisons de lui. Trop souvent, nous pensons qu’il ne voudrait pas notre bien. Pour laver cette idée, la première lecture nous renvoie à l’histoire de Noé.

    Le livre de la Genèse nous rapporte que, dès le départ, les hommes se sont détournés de Dieu. Ils ont sombré dans la violence. Le péché nous est présenté comme une rupture avec Dieu. Mais après le déluge, Dieu se manifeste à Noé ; il conclut avec lui une alliance de paix, une alliance universelle. C’est Dieu qui prend l’initiative ; il le fait sans condition. Même si son peuple est infidèle, Dieu reste toujours fidèle à son alliance. Cette bonne nouvelle nous rejoint tous en ce début du Carême. Si nous sommes prisonniers de nos lourds penchants ou écrasés par nos lourds soucis, Dieu prend parti pour nous. La preuve, nous la trouvons dans les Évangiles : le Christ tient si fort à nous qu’il est mort pour nous sur une croix.

    Dans sa lettre, saint Pierre revient sur le déluge : il attire notre attention sur le petit nombre de sauvés, huit en tout. Ce chiffre lui permettra de mettre en valeur la grandeur du salut en Jésus : le déluge est comme une figure du baptême. Il est bien plus qu’une simple purification. La famille de Noé est ressortie vivante des eaux du déluge ; désormais, c’est l’eau du baptême qui nous sauve. Nous sommes sortis de tout ce qui nous menait vers la mort et conduits vers Dieu. C’est lui qui fait alliance avec nous et qui nous invite à marcher avec lui.

    L’évangile nous présente précisément celui qui accomplit cette œuvre de Salut. Jésus vient d’être baptisé par Jean au bord du Jourdain. Il a été désigné comme le Fils bien aimé du Père. Aussitôt après cet événement, l’Esprit le pousse au désert. En fait la traduction est trop faible. Il faudrait dire : “L’Esprit le chasse au désert”. Nous devons aussi souligner l’importance de ce “Aussitôt” qui revient souvent dans l’évangile de Marc. Il y a là un message important pour notre carême. Ce n’est pas “Je commence demain ou plus tard…” C’est aujourd’hui et maintenant que le Seigneur attend ma réponse à son appel.

    Quand nous lisons cet évangile, nous pensons aux hébreux qui, au temps de Moïse, furent jetés au désert par Pharaon. Ils y ont vécu un exode qui a duré quarante ans. Avec l’évangile de ce dimanche, nous voyons Jésus qui commence un nouvel exode. Les hébreux allaient vers la Terre promise. Jésus va vers son Royaume et nous entraîne à le suivre. Tout au long de ce carême, nous sommes invités à faire une “conversion”, un demi tour et à réorienter notre vie vers lui. Dans un monde marqué par les vacarmes des moteurs et les hurlements de la radio et de la télévision, nous penserons à réserver des zones de désert, de silence pour retrouver Dieu. Il est le Chemin, la Vérité et la Vie. C’est par lui et avec lui que nous allons au Père.

    Au désert, le peuple hébreu s’est révolté contre Dieu. Jésus a lui aussi connu les tentations et les épreuves qui sont celles de tous les humains. Mais parce qu’il est habité par l’Esprit, il en est sorti vainqueur. Bien mieux qu’avec Noé dans la première lecture, cette victoire du Christ sur les forces du mal est le point de départ d’une nouvelle alliance. Cette alliance nouvelle et éternelle est offerte à “toutes les nations qui sont sous le ciel.” (Actes 2. 5) C’est la bonne nouvelle que Jésus proclame à travers la Galilée : “Les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche : “Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle”. Annoncer la bonne nouvelle c’est dire que le règne de Dieu est en train de commencer. Le projet de Dieu est en train de se réaliser.

    Tout au long de ce carême, nous sommes invités à suivre Jésus au désert. Il veut nous associer à sa victoire. Souvent, nous demandons à Dieu de nous protéger. Or voilà qu’aujourd’hui, il nous conduit sur le lieu du combat. Il nous met en face de nos responsabilités. Mais il ne nous laisse pas livrés à nos seules forces. C’est avec le Christ que nous pourrons être victorieux des forces du mal. Nous pouvons vraiment nous appuyer sur lui. Son amour nous est acquis une fois pour toutes et rien ne peut nous en séparer.

    Dans notre vie, le carême n’est pas un contre temps fâcheux. C’est un temps de libération. Nous sommes invités à nous libérer de tout ce qui nous empêche d’aller vers les autres et vers Dieu. C’est un temps pour aimer : “Quarante jours à prendre comme on prend des vacances, quarante jours à ne rien faire d’autre que d’aimer”. Jésus nous ouvre le chemin. Nous vivons dans un monde imprégné par l’indifférence, l’incroyance, la “non foi”, la mauvaise foi. C’est pour ce monde que le Christ est venu. À travers notre vie et notre témoignage de foi, tous doivent pouvoir reconnaître que “le règne de Dieu s’est approché.” Entrons résolument dans cette alliance que le Seigneur nous propose.

    Télécharger : 1er dimanche du Carême

    source http://homelies.livehost.fr/

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  • TENU À L’ÉCART

    Abbé Jean COMPAZIEU

    Textes bibliques : Lire

    La première lecture et l’Évangile de ce dimanche nous parle de gens qui étaient atteints par la lèpre. Cette maladie contagieuse et inguérissable faisait l’objet d’un confinement très strict. De plus, dans la mentalité de l’époque cette maladie ne pouvait qu’être la conséquence du péché. C’était une raison de plus pour s’en éloigner. Pour éviter toute contamination, le lépreux devait être tenu à l’écart. Cela n’était pas loin du confinement que nous connaissons.

    Pour mieux comprendre cette première lecture, il faut savoir qu’elle s’adresse à un peuple qui se tient en présence du Seigneur. La lèpre est vue comme une trace de mort dans la chair. De ce fait, elle est incompatible avec la présence au Dieu vivant. Les personnes qui étaient frappées par cette terrible situation se trouvaient condamnées à la solitude et au désespoir. Aujourd’hui, la lèpre a pratiquement disparu. Mais l’exclusion reste toujours bien présente : ce sont les sans-papiers refoulés, les chômeurs, les conjoints séparés, les enfants abandonnés…

    Jésus se préoccupait de tous les exclus. C’était même sa priorité. Avec lui, le mal n’a pas le dernier mot. Il ne craint pas de braver les interdits en touchant le lépreux. Cette liberté qu’il prend trouve sa source dans son amour pour Dieu et pour le prochain. C’est un amour sans frontière qui ne craint pas de bousculer les règlements. C’est ainsi qu’un jour, il guérit un infirme le jour du Sabbat. Il explique à tous que le Sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat. C’est dans le même esprit que saint Augustin donne ce conseil : “Aime et fais ce que tu veux.” La liberté est servante de l’amour. C’est l’amour qui la rend authentique et vraie.

    Quand l’amour n’est entravé par rien ni personne, c’est lui qui devient contagieux. Et c’est ce qui arrive. Non seulement Jésus n’est pas contaminé par la lèpre mais c’est lui qui contamine le lépreux. L’humanité de Jésus est porteuse de vie divine. Elle est instrument du salut. Sa sainteté agit dans toute la race humaine. En touchant le lépreux, il met sa chair saine en contact avec la chair pourrie de l’excommunié.

    Du coup, c’est cette humanité qui est contaminée par la vie, la santé et la sainteté de Dieu. La contagion est inversée. Elle a joué dans le sens contraire. C’est la santé qui met en péril la maladie, la vie qui contamine la mort. L’amour l’emporte sur la haine. Voilà une bonne nouvelle pour nous aujourd’hui. Comme ce lépreux, nous pouvons nous approcher de Jésus et le supplier : “Seigneur, prends pitié !” Et il sera toujours là pour nous dire : “Je le veux, sois purifié.”

    L’homme a donc été purifié. Sa lèpre a disparu. Il ne sera plus un exclu. Son être profond est réorienté et réhabilité. Il ne lui reste plus qu’à rencontrer le prêtre pour être réintégré dans sa communauté. Le grand message de cet Évangile c’est un appel à nous laisser toucher par cet amour infini du Christ. Devant lui, nous nous reconnaissons défigurés par le péché. Mais il ne se lasse jamais de nous accueillir et de nous pardonner. Son amour pour nous dépasse infiniment tout ce que nous pouvons imaginer.

    En lisant cet Évangile, nous comprenons que Jésus a pris la place du lépreux. Il prend notre place mais pas notre lèpre. Au jour de sa Passion, il prendra la place de Barabbas. Désormais c’est lui qui se trouve dans l’univers des lépreux, dans les lieux déserts. Un jour, il sera rejeté de tous ; on le conduira hors de la ville et on le fera mourir sur une croix. Mais son amour est bien plus fort que la mort et le péché. C’est cette victoire que jour célébrons le jour de Pâques.

    L’Évangile de ce dimanche nous apprend à nous tourner vers le Seigneur et à nous laisser toucher par son amour infini. Lui seul connaît vraiment notre détresse et peut nous sauver. Avec lui, il n’y a pas de situation désespérée. Devant lui, nous nous reconnaissons défigurés par le péché. Mais il ne se lasse pas de nous accueillir et de nous pardonner.

    Saint Paul a passé une partie de sa vie à persécuter les chrétiens. Mais il s’est laissé toucher par lui sur le chemin de Damas. Il s’est efforcé de l’imiter. Avec lui, la bonne nouvelle a été annoncée à tous ceux qui étaient loin de Dieu. Les païens sont introduits dans la communauté au même titre que les autres. Comme Paul et bien d’autres après lui, nous avons à réorienter notre vie vers le Christ. Le Carême qui s’annonce pour mercredi prochain nous donnera l’occasion de nous mettre en chemin et de tomber à genoux. Nous ferons nôtre cette prière : “Si tu le veux, tu peux me purifier”. Oui, que toute notre vie soit imprégnée de ton amour afin que nous puissions le communiquer à tous. Amen

    Télécharger : 6ème dimanche du Temps ordinaire

    Autres approches : https://puiseralasource.org/preparons-dimanche/

    Sources : revues Feu Nouveau, Fiches dominicales, Claire Patier Avec saint Marc, Homélies pour l’année B (Amédée Brunot), Homélies pour l’année liturgique B (Simon Faivre) 

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  • Homélie du 5ème dimanche du Temps ordinaire

    Dimanche de la santé 

     

    Abbé Jean Compazieu 

    Textes bibliques : Lire 

    Quand nous lisons les Évangiles, nous comprenons que la bonne nouvelle doit être annoncée à tous. Les textes bibliques de ce dimanche nous rappellent qu’elle s’adresse tout spécialement aux humbles et aux faibles, surtout quand ils sont touchés par la souffrance et le découragement. La première lecture nous parle de Job. Voilà un homme qui a tout perdu, ses biens, sa famille et sa santé. Aujourd’hui, nous l’entendons pousser un cri de souffrance : “À peine couché, quand pourrai-je me relever ? Le soir n’en finit pas : je suis envahi de cauchemars jusqu’à la tombe…”

    En entendant ces paroles, nous pensons à  tous les grands malades qui sont confinés dans une chambre d’hôpital ou chez eux. Ces nuits qui n’en finissent pas c’est très éprouvant pour eux. On leur dit parfois qu’il faut prier le chapelet, mais beaucoup n’en ont pas la force. Quand on a connu cette situation, on comprend qu’il ne suffit pas de prier POUR les malades mais en leur nom. C’est leur cri de souffrance que nous faisons monter vers le Seigneur. Ce cri est une prière que Dieu entend.

    Le psaume 146 nous permet de recevoir la réponse de Dieu à la supplication de Job et à celle de toute l’humanité : Il guérit les cœurs brisés et soigne leurs blessures.” Savoir que Dieu nous écoute est déjà une première réponse. Il nous aime tous bien au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer. C’est pour cet amour que le psalmiste nous appelle tous à fêter notre Dieu et à chanter sa louange.

    Dans la seconde lecture, l’apôtre Paul nous invite à faire un pas de plus. Nous ne pouvons pas nous contenter de bénéficier passivement de l’amour de Dieu. Nous nous sommes envoyés pour l’annoncer à tous. Notre priorité doit être pour ceux qui sont douloureusement éprouvés par la maladie et la souffrance. Ils ont la première place dans le cœur de Dieu. Le Christ nous a dit que lui-même se reconnaît en chacun d’eux : “J’étais malade et vous m’avez (ou vous ne m’avez pas) visité…”

    Aujourd’hui, nous pensons à tous ceux et celles qui sont engagés dans la Pastorale de la Santé, les aumôneries d’hôpitaux, le Service Évangélique des malades et bien d’autres. Et bien sûr, nous n’oublions pas les équipes soignantes qui travaillent du matin au soir et du soir au matin au service des personnes qui traversent les heures les plus fragiles de leur existence. À travers ceux et celles qui donnent le meilleur d’eux-mêmes, c’est le Seigneur qui est là.

    L’Évangile de Marc nous montre des disciples qui intercèdent auprès de Jésus pour la belle-mère de Pierre qui est malade. En nous rapportant cet événement, Marc veut rendre hommage à cette femme qui fut la première à offrir l’hospitalité à Jésus durant sa vie publique. Or voilà qu’elle est au lit avec de la fièvre. “Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever.

    La suite, nous la connaissons : cette belle-mère est guérie et relevée. C’est l’image de ce que Dieu veut faire pour nous : il continue à nous prendre par la main. Il veut nous remettre debout pour que nous puissions servir. Ne pensons pas seulement à la maladie physique ; nous sommes souvent paralysés par la fièvre du péché, de la rancune et de l’orgueil sous toutes ses formes. Mais le Seigneur ne cesse de nous rejoindre. S’il nous redonne la santé de l’âme et du corps, c’est pour que nous puissions redonner de l’espoir et de l’amour autour de nous.

    Le soir venu, on amène à Jésus de nombreux malades et possédés. En ce dimanche, nous lui amenons tous ceux et celles qui sont douloureusement éprouvés par la pandémie avec son lot de souffrances physiques et morales. Nous nous sentons bien impuissants face à leur situation, mais nous avons la ferme espérance qu’avec le Christ, le mal n’aura pas le dernier mot.

    Avec une attention infatigable, Jésus se met au service de ces malades et de ces possédés. Mais il y a une chose qu’il ne faut pas oublier : il ne se contente pas de guérir ; son but est de sauver tous les hommes. Un jour, il a dit qu’il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Nous pensons aux malades qui reviennent de leur pèlerinage à Lourdes. Tous ne sont pas guéris, mais ils nous disent qu’ils sont transformés par cette rencontre avec le Seigneur.

    Ce ministère de guérison ne va pas sans celui de la prière. Dès le matin, très tôt, Jésus s’en va dans un lieu désert et là, il priait. Il a besoin de ce cœur à cœur avec le Père. Il ne cherche pas à tirer profit de sa popularité. Bien au contraire, il se retire loin de la foule. Nous aussi, nous en avons besoin. La prière nous permet de nous ajuster à Dieu et à son amour. Nous lui confions tous ceux et celles qui sont douloureusement éprouvés par la souffrance et la maladie. Nous prions également pour tous ceux qui les accompagnent. En communion les uns avec les autres, nous lui demandons qu’il nous donne force et courage pour témoigner de son amour tous les jours de notre vie.

    Sources : Revues liturgiques (Feu Nouveau, Fiches dominicales, Les Cahiers Prions en Église) – revue du dimanche de la santé 2021 – Dossiers personnels…

    Télécharger : 5ème dimanche du Temps ordinaire

    source  https://dimancheprochain.org/

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  • UNE  PAROLE  QUI  LIBÈRE

    Textes bibliques du jour : Lire

    Les textes bibliques de ce dimanche nous adressent un message d’espérance. Ils viennent nous rappeler la présence et l’amour de Dieu. À travers les prophètes d’autrefois et ceux d’aujourd’hui, c’est lui qui nous rejoint et qui nous parle. Son unique souci, c’est de sauver toute l’humanité.

    C’est cette bonne nouvelle que nous trouvons tout au long de l’Ancien Testament, en particulier dans la première lecture de ce jour. Cette lecture nous ramène à la fin de la vie de Moïse. Avant de mourir, il promet aux gens de son peuple que Dieu ne les abandonnera pas. Il va continuer à les guider et à les enseigner, même après la disparition de Moïse : “Au milieu de vous, parmi vos frères, le Seigneur votre Dieu fera se lever un prophète comme moi, et vous l’écouterez.” Plus tard, les chrétiens reliront ce passage en l’appliquant à Jésus. L’apôtre Pierre comprendra que lui seul a “les paroles de la Vie éternelle”. Notre réponse doit être une attitude d’écoute et d’accueil. “Aujourd’hui ne fermons pas notre cœur mais écoutons la voix du Seigneur.”

    La seconde lecture nous montre précisément la réponse que le Seigneur attend de nous. Saint Paul nous recommande d’être attachés à Dieu sans partage. Cet appel vient rejoindre ceux qui sont mariés et ceux qui ne le sont pas. Il faut savoir qu’il s’adresse à des gens qui vivent dans le luxe et la luxure. Mais quand on a rencontré le Christ, c’est toute la vie qui est changée. Nous en avons de nombreux témoignages dans la vie de l’Église. L’important c’est de rester unis au Seigneur, chacun selon sa propre vocation.

    L’Évangile de ce jour nous rapporte la première prédication de Jésus. Il est LE prophète qui enseigne avec autorité. Il est venu nous révéler le Père et nous enseigner le sens des Écritures. En face de lui, nous sommes appelés à devenir des disciples, des gens qui l’écoutent et le suivent. Je ne me fabrique pas MA religion ; je ne me fabrique pas un Dieu comme ça m’arrange. Je me mets à l’écoute de Jésus qui enseigne.

    L’Évangile insiste sur ce point : Jésus enseigne avec autorité. Il est le Verbe du Père, la Parole de Dieu. Il n’a à se référer à personne d’autre. En lui, habite la plénitude de la divinité. Par rapport aux scribes et aux pharisiens de son temps, c’est tout-à-fait nouveau. Dans leur enseignement, ils se contentaient de répéter ce qui avait été dit avant eux : « Rabbi Untel, bénie soit sa mémoire, disait que… » Avec Jésus, il n’en est pas ainsi : sa seule référence, c’est le Père.

    Dans la synagogue, il y avait un homme qui était possédé par un esprit impur. Cet esprit ne l’a pas empêché de venir à la synagogue pour écouter l’enseignement de Jésus. Il ne nous empêche pas non plus d’aller à l’église. Un esprit impur, c’est un esprit qui nuit à notre intégrité. Il nous empêche d’être complètement donnés à Dieu. Nous n’entendons que ce que nous avons envie d’entendre. Et nous n’acceptons pas d’être remis en cause. « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? » Autrement dit, « pourquoi viens-tu nous déranger ? » Cet Évangile doit être reçu comme un appel à la foi. Cela doit être une adhésion amoureuse et pas seulement une simple connaissance.

    Accueillons cet Évangile comme une bonne nouvelle : Jésus est venu pour nous débarrasser de tout ce qui nous empêche d’être nous-mêmes, en particulier des esprits mauvais qui nous détournent de Dieu. Plus tard, il donnera ce pouvoir à ses disciples. La Parole de Dieu manifestée en Jésus est bien plus forte que tous les démons et tous les esprits mauvais. Avec lui, le mal ne peut avoir le dernier mot.

    Comme autrefois dans la synagogue, le même Jésus rejoint les communautés réunies en son nom dans toutes les églises du monde. Il nous fait entendre sa Parole. Il vient nous libérer de toutes nos possessions. Ouvrons-nous à cette Parole qui guérit d’elle-même. Avec lui, nos actes et toute notre vie deviendront conformes à cette parole. En accueillant le Christ libérateur, nous pourrons chanter avec encore plus de force : « Ta Parole, Seigneur est vérité, et ta loi délivrance. » Amen

    Télécharger : 4ème dimanche du Temps ordinaire

    Rendez-vous sur https://puiseralasource.org/preparons-dimanche/ : vous y trouverez d’autres approches de sites amis ainsi qu’une proposition pour la prière universelle.

    Sources : revues Feu Nouveau, homélies du dimanche (Mgr Léon Soulier), lectures bibliques des dimanches B (Albert Vanhoye), commentaire de Claire Patier, Fiches Dominicales, Pensées sur l’Évangile de Marc (Christoph Schönborn), François selon saint Marc.

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  • Dimanche de la Parole de Dieu 

    Abbé Jean Compazieu

    Textes bibliques : Lire

    Le pape François nous propose de faire de ce dimanche le “dimanche de la Parole”. Ce sera chaque année le 3ème dimanche du Temps ordinaire. Cette Parole, c’est celle du Seigneur ; elle doit être annoncée à temps et à contre temps. Dieu veut que tous se convertissent et soient sauvés. Nous sommes tous envoyés pour être les messagers de cette bonne nouvelle ; notre mission n’est pas de faire croire mais de dire et de témoigner. Mais nous ne devons pas oublier que le Seigneur est là. C’est lui qui agit dans le cœur de ceux et celles qui entendent sa Parole.

    C’est ce qui se passe avec Jonas (1ère lecture). Il est envoyé à Ninive, la grande ville du monde païen le plus endurci et le plus éloigné de Dieu. La Parole qu’il proclame est un message de destruction : “Encore quarante jours et Ninive sera détruite”. Jonas croyait assister à la destruction de cette ville. Mais les gens se sont convertis ; ils se sont détournés de leur conduite mauvaise. C’est ainsi que Dieu a agi dans le cœur de ceux qui ont entendu la parole de Jonas.

    Comme Jonas, nous vivons dans un monde où beaucoup se sont détournés de Dieu. Nous sommes appelés en envoyés, non pour annoncer leur destruction mais pour témoigner de l’amour qui est en Dieu. Il est le Dieu de l’univers y compris des étrangers. Sa présence n’est pas limitée à un lieu, un pays ni à une religion. Ceux que nous considérons comme des païens sont parfois plus prêts que nous à écouter la Parole de Dieu. Des gens très loin de l’Église décident de se convertir à Jésus Christ. C’est ainsi que le Seigneur agit dans le cœur de ceux et celles qui entendent sa Parole.

    Le psaume 24 est la prière de celui qui se met à l’écoute de la Parole de Dieu, qui ouvre la Bible pour l’étudier et la méditer. Par cette prière, il demande à Dieu de l’aider à trouver un chemin de conversion. Quelles que soient nos errances ou nos injustices passées, nous pouvons toujours nous tourner vers le Dieu de toutes miséricordes. Nous lui demandons que sa Parole agisse en nous. C’est avec lui que nous pourrons marcher dans la droiture et la justice.

    Dans la seconde lecture, saint Paul nous rappelle les vraies priorités. Il nous invite à prendre nos distances par rapport aux réalités provisoires de ce monde, que ce soit le mariage, la souffrance, le bonheur, la richesse. Bien sûr, il ne s’agit pas de mépriser ces réalités, mais nous ne devons pas nous y enliser ni en faire un absolu. Le plus urgent c’est d’être entièrement tournés vers la rencontre définitive avec le Seigneur.

    L’Évangile nous montre Jésus qui prêche la bonne nouvelle du Royaume de Dieu. Tout commence en Galilée. Cette région dont on disait qu’il ne pouvait sortir rien de bon est devenue un carrefour des païens, une terre de ténèbres et de débauche. Tout comme Jonas, Jésus se rend vers ce lieu de perdition. Mais au lieu d’annoncer la catastrophe, il lance un appel pressant : “Convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle. Le Royaume de Dieu est tout proche.” En Jésus, c’est Dieu qui vient à notre rencontre pour nous sauver. Il veut nous communiquer son amour ; il nous demande d’éliminer tous les obstacles qui nous détournent de lui.

    Pour embraser le monde, Jésus fait appel à des disciples. Il ne les choisit pas parmi les notables du temple mais parmi de simples pécheurs. Ces hommes surpris dans leur travail laissent tout tomber ; ils se mettent à suivre Jésus. Pour André, Simon, Jacques et Jean, c’est le début d’un grand amour. Ils vont accueillir la bonne nouvelle et toute leur vie en sera transformée.

    Comme ces apôtres, comme Paul et comme Jonas, nous sommes tous appelés par le Seigneur. En tant que chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes envoyés pour être témoins et messagers de l’Évangile.

    Nous sommes envoyés ensemble, en communion les uns avec les autres et avec le Christ. Ce rappel nous est rappelé en pleine semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Cette unité est absolument indispensable au témoignage que nous avons à donner. Si nous sommes divisés, c’est impossible. Depuis des années, des initiatives sont prises pour aider les chrétiens de différentes confessions à se rencontrer, à prier ensemble et à se rapprocher du Christ. C’est autour de lui que se construira l’unité de ses disciples.

    En nous rassemblant à l’église en ce dimanche, nous venons puiser à la source de l’Amour qui est en Dieu. Nous nous nourrissons de sa Parole et de son Eucharistie. Nous lui demandons qu’il nous donne la force et le courage pour la mission qu’il nous confie : “Toi qui es la Lumière du monde, toi qui es l’amour, mets en nos ténèbres ton Esprit d’amour.” Amen

    Télécharger : 3ème dimanche du Temps ordinaire

    ==> Désormais, tous les envois des homélies se font à partir de la page “Préparons dimanche” du site “Puiser à la Source”. Elles arriveront chaque semaine dans la nuit du dimanche au lundi. Vous serez également informés des nouveautés du site. Pour les recevoir, chacun peut s’abonner à https://puiseralasource.org/newsletter/

    Sources : Revue Feu Nouveau – Fiches dominicales – Lectures Bibliques des Dimanches (Albert Vanhoye) – Missel Communautaire (Michonneau) – Ta Parole est ma joie (Joseph Proux) – Homélies pour l’année liturgique B (Simon Faivre)

    source  https://dimancheprochain.org/

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  • « SEIGNEUR, TU NOUS APPELLES… »

    Textes bibliques : Lire

    “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.” C’est la prière que le jeune Samuel a apprise de la part du prêtre Éli. C’est un appel à la disponibilité à l’égard de Dieu qui a toujours des choses importantes à nous dire. Samuel a été appelé par son nom. Il en a été de même pour nous au jour de notre baptême. Le prêtre s’adresse à celui qui va être baptisé et lui dit : “… Au nom de la communauté chrétienne, je t’accueille avec une grande joie.” Le Seigneur ne parle pas à une troupe anonyme mais à des personnes bien précises. Chacun est unique à ses yeux. Chacun fait l’objet d’un unique amour.

    “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.” Voilà une prière que nous devrions dire le plus souvent possible. Quand nous entrons dans une église, quand nous ouvrons le livre de la Parole de Dieu, le Seigneur est là. C’est lui qui nous accueille. Il a un message de la plus haute importance à nous transmettre. Nous commençons notre prière en nous mettant à l’écoute du Seigneur. C’est un temps de silence et de recueillement car le Seigneur ne parle pas dans le bruit. Trop souvent, on pense que la prière c’est beaucoup de paroles. On oublie alors que c’est aussi un temps d’écoute.

    “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.” C’est la prière qu’un adulte a enseignée à un enfant. C’est vrai également pour nous aujourd’hui. Quand nous accueillons des enfants pour le catéchisme, nous essayons de les orienter vers cette attitude d’écoute du Seigneur. C’est aussi la démarche des parents, des grands parents et de toute la communauté chrétienne. Notre mission à tous c’est d’apprendre aux enfants à accueillir la Parole de Dieu. Ils ont besoin du témoignage de notre foi et de notre prière. C’est vrai qu’ils sont souvent un peu excités. Le tourbillon de la vie et le bruit ne favorisent pas toujours cette écoute. Nous en sommes tous là. Nous avons tous besoin de retrouver des lieux qui favorisent le recueillement. Dieu ne parle pas dans le bruit. Pour entendre sa Parole, il faut d’abord faire silence et écouter.

    C’est aussi ce message que nous laisse saint Paul dans sa lettre aux Corinthiens. Il dénonce les abus et les scandales qui existent dans cette communauté : les divisions entre fidèles, les atteintes à la chasteté chrétienne, les recours aux tribunaux païens. Pour celui qui a entendu l’appel du Seigneur et qui l’a accueilli dans sa vie, ce n’est pas acceptable. Notre rencontre avec lui doit être le point de départ d’une vie entièrement renouvelée. Nous devons nous laisser guider par l’Esprit Saint. Nous chrétiens, nous sommes soumis à toutes sortes de tentations. Mais le Seigneur ne cesse de nous appeler. En ce dimanche, nous sommes invités à entendre sa parole et à la mettre en pratique dans notre vie de tous les jours.

    Dans l’évangile, la voix entendue n’est plus une voix sans visage. La personne qui parle c’est Jésus. Jean Baptiste le désigne comme “l’Agneau de Dieu”. Deux disciples se mettent à suivre Jésus. Quand il les voit, il leur dit : “Que cherchez-vous ?”. Cette question, il continue à nous la poser : Que cherchez-vous, vous qui êtes venus dans cette église ? Que cherchez-vous tout au long de vos journées et de vos semaines ? Il est important que nous entendions tous cette question. Ils sont nombreux ceux et celles qui ne savent pas bien où ils en sont. Mais le Seigneur s’arrange toujours pour mettre sur leur route les personnes qu’il faut pour les aider à le rencontrer.

    Dans l’évangile de ce jour, les deux disciples répondent à la question de Jésus par une autre question : “Maître, où demeures-tu ?” Ce verbe demeurer signifie “habiter quelque part et y rester”. Jésus leur répond : “venez et vous verrez !”C’est ainsi qu’ils se sont mis à le suivre. L’évangile ne nous donne pas de détail. Il nous dit simplement : “Ils l’accompagnèrent et ils restèrent avec lui ce jour-là.” Pour eux, Jésus est un inconnu. La meilleure manière de le connaître c’est d’aller chez lui, de le rencontrer dans sa maison et de rester avec lui dans son quotidien.

    Mais quand nous lisons l’évangile de saint Jean, il nous faut aller plus loin. Il voudrait éveiller en nous le désir de savoir où demeure Jésus. Toute vie chrétienne suppose ce désir continuel de demeurer près de lui. Plus tard, ils apprendront de lui qu’il demeure auprès du Père et que le Père demeure en lui. Il existe entre Jésus et son Père une union vitale, un vivre ensemble réciproque. Par la suite, il invitera ses disciples à demeurer en lui. Dans son discours sur le Pain de Vie, il dira : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui.” C’est pour cette raison que l’Eucharistie est si importante. Nous demeurons dans le Christ et lui demeure en nous pour nous faire vivre de sa vie et de son amour.

    En venant à l’église, nous avons répondu à l’invitation du Seigneur ; il nous appelle en cette Eucharistie à devenir ses disciples. Qu’il nous fasse grandir dans la fidélité à sa Parole ; avec lui, nous serons porteurs de sa bonne nouvelle maintenant et toujours. Amen

    Télécharger : 2ème dimanche du temps ordinaire

    Sources : Bible de la liturgie, Revues liturgiques, Lectures bibliques des dimanches (Albert Vanhoye), actualité de la semaine

    source http://homelies.livehost.fr/

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  • IMMERGÉ DANS LE MONDE PÉCHEUR

    Textes bibliques : Lire
    Dimanche dernier, nous fêtions l’Épiphanie du Seigneur. Cette fête nous a rappelé comment Dieu s’est manifesté à des mages, des hommes qui étaient totalement étrangers à la foi mais qui se sont mis en route vers “le roi des juifs.” Trente ans plus tard, nous arrivons au baptême de Jésus. C’est sa première manifestation publique. C’est le premier dévoilement aux yeux de tous de ce qu’il est réellement. Beaucoup ne voient en lui qu’un homme comme les autres. Aujourd’hui, c’est Jean Baptiste qui nous le fait connaître : “Voici venir derrière moi celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds pour défaire la courroie de ses sandales.”

    Les textes bibliques qui précèdent l’Évangile nous préparent à accueillir son message. Nous avons entendu le prophète Isaïe : son message a été écrit pour des exilés. Après quarante ans d’exil, certains n’étaient pas très décidés à rentrer en Palestine. Isaïe leur annonce que la Parole de Dieu est efficace. La terre promise comblera tous leurs besoins. L’alliance entre Dieu et son peuple continuera. Mais pour que cette alliance soir possible, il faut une réponse effective de le part des hommes : “Prêtez l’oreille, écoutez, cherchez, que le mécréant revienne vers le Seigneur, mes pensées ne sont pas vos pensées…” C’est ainsi que le prophète nous prépare à accueillir les fruits du baptême.

    Dans la seconde lecture, saint Jean nous parle de l’Esprit Saint, de l’eau et du sang. L’Esprit de Pentecôte témoigne de la condition divine du Christ. Du baptême jusqu’à la croix, nous découvrons en lui le Fils de Dieu. Il nous rejoint dans notre humanité. Comme le disait le pape Jean-Paul II, il est celui qui a donné les hommes à Dieu et Dieu aux hommes. Et dans l’Évangile de saint Jean, nous lisons que Dieu a tellement aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique.

    L’Évangile de saint Marc nous rapporte l’événement du baptême de Jésus. Ce baptême donné par Jean Baptiste était un geste de pénitence. Ceux qui demandaient à le recevoir manifestaient qu’ils se reconnaissaient pécheurs. Ils étaient plongés dans les eaux du Jourdain et en ressortaient purifiés. Cette démarche les engageait sur la route d’une véritable conversion. Or voilà que Jésus est là. Il se tient au milieu de tous ces gens qui demandent à Dieu de les apaiser. Bien sûr, lui, le Fils bien-aimé du Père n’avait pas de péché à se faire pardonner. Alors pourquoi demande-t-il à recevoir ce baptême de conversion ?

    Certains répondent qu’il a voulu donner l’exemple. C’est sans doute bien, mais il nous faut aller plus loin. La démarche de Jésus a une signification unique. Il faut savoir que le mot “baptême” signifie “plonger”. Au jour de son baptême, Jésus, pur de tout péché, a été plongé dans l’eau du Jourdain. Il en est ressorti porteur de tout le péché du monde. Il l’a pris sur lui pour nous en libérer. Quant à nous, au jour de notre baptême, nous avons été immergés dans l’amour qui est en Dieu, Père, Fils et Saint Esprit. Ce jour-là, Jésus nous a dit : “Tu es mon enfant bien-aimé.”

    Jésus n’avait pas besoin de ce baptême donné par Jean Baptiste. Il n’avait pas de péché à se faire pardonner. Mais il a tenu à rejoindre tous les hommes pécheurs. Il a pris sur lui tous leurs péchés et toutes leurs misères. Avec nous, il porte sa croix et nous la portons avec lui. Notre vie peut être marquée par bien des faiblesses, des histoires tourmentées ou malheureuses. Mais le Seigneur est là. Il nous rejoint. Avec lui, c’est l’espérance qui renaît. La bonne nouvelle est annoncée aux pauvres, les pécheurs sont pardonnés, les malades sont guéris et relevés. Quand Jésus est là, plus rien ne peut être comme avant.

    Le baptême de Jésus a été le point de départ de sa mission. Tout au long de son ministère, il a annoncé la bonne nouvelle aux pauvres, il a pardonné, guéri, relevé. Il a fait renaître l’espérance là où il n’y en avait plus. Comme lui, nous sommes envoyés dans le monde pour déchirer le voile qui empêche les hommes de reconnaître qu’ils sont les enfants bien-aimés du Père. Il suffit parfois de peu de choses : un regard d’amour pour celui qui n’arrive plus à s’aimer, un geste de solidarité pour celui qui n’a plus rien, une démarche de pardon pour celui qui nous a blessés ou que l’on a blessé, une marque de très grand respect pour celui qui est méprisé et qui n’arrive plus à se respecter lui-même. Ces gestes de solidarité sont très importants. Ils contribuent à faire déchirer ce qui empêche de savoir qu’ils sont les fils bien aimés du Père.

    L’eucharistie qui nous rassemble chaque dimanche est le sacrement de la “nouvelle alliance” entre Dieu et les hommes. C’est pour cela qu’elle est si importante pour nous. Elle est “source et sommet de toute vie chrétienne et de toute évangélisation. Le Seigneur ne cesse de rejoindre les communautés rassemblées en son nom. Il nous suffit d’accepter que l’amour de Dieu nous habite.

    Sources : Revues liturgiques, Dimanche en Paroisse, Guide Emmaüs des dimanches et fêtes (JP. Bagot), Homélies pour l’année B (Amédée Brunot), 

    source  http://homelies.livehost.fr/

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  • EN MARCHE VERS LA LUMIÈRE

    Textes bibliques : Lire

    Les trois lectures de cette fête de l’Épiphanie sont l’annonce d’une même grande espérance. Cette bonne nouvelle n’est pas seulement pour Israël ni pour les chrétiens. Elle est offerte à tous les peuples. Tous sont appelés jusqu’à la crèche du Christ Sauveur. Le Christ n’est pas venu seulement pour le monde juif mais aussi pour tous les peuples du monde entier. Plus tard, il livrera son Corps et son Sang pour nous et pour la multitude. C’est cette bonne nouvelle que nous trouvons tout au long des textes bibliques de ce dimanche.

    Dans la première lecture, le prophète Isaïe nous montre que les nations païennes marchent vers la Lumière de Jérusalem. Et pourtant, au moment où il fait cette annonce, cette ville est pratiquement rayée de la carte. Mais le prophète la provoque : “Debout !” Le Seigneur a toujours libéré son peuple. Il est hors de question de sombrer dans le défaitisme. Toutes les nations, y compris celles qui étouffent Jérusalem, s’inclineront devant le Seigneur. Dans les périodes sombres, ce cri du prophète continue à nous interpeller. Quoi qu’il puisse arriver, les croyants ne doivent pas baisser les bras.

    Dans la seconde lecture, saint Paul nous annonce que “l’appel au Salut est universel”. C’est la découverte extraordinaire que Paul lui-même a faite sur le chemin de Damas : “Les païens sont associés au même héritage, au même Corps, au partage de la même promesse dans le Christ Jésus.” Autrefois, il pensait que les promesses de Dieu ne concernaient que les fils d’Israël. Maintenant qu’il a compris, il se lance de toutes ses forces pour que cette bonne nouvelle soit connue partout dans le monde. À travers ses discours, ses lettres et ses voyages dans le monde païen, il témoignera inlassablement de cet amour du Christ offert à tous.

    L’Évangile nous montre que les premiers adorateurs du Messie Roi ont été des païens. Pour se rendre à Bethléem, ils ont été guidés par une étoile, puis par l’Écriture. Les chefs religieux qui connaissaient bien la Bible les ont orientés vers cette ville toute proche de Jérusalem. Arrivés devant ce nouveau-né, ils lui offrent leurs présents : l’or destiné à un roi, L’encens à un Dieu, la myrrhe à un mortel. Comme ces mages, nous sommes tous appelés à la crèche de Noël pour y rencontrer le Seigneur et l’adorer.

    Ces mages dont nous parle l’Évangile représentent toutes les nations païennes qui viennent se prosterner devant leur Sauveur. À travers eux, c’est le monde païen qui a accès au Salut. L’Évangile nous dit comment ils se sont mis en route. Mais c’est Dieu lui-même qui a agi dans leur cœur. Plus tard, Jésus dira : “Personne ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire vers moi’. Cet Évangile de l’Épiphanie doit être lu à la lumière de la Pentecôte. Ce jour-là, les peuples rassemblés à Jérusalem découvriront la foi au Christ annoncée dans leur langue.

    Dans nos pays, nous avons l’habitude de rencontrer des gens de diverses nationalités. Leur cohabitation n’est pas toujours facile à gérer. Mais il faut le dire et le redire : le racisme, l’intolérance et le fanatisme aveugles n’ont rien à voir avec Dieu. S’il appelle tous les hommes c’est d’abord pour les accueillir et leur montrer son amour universel. Tous, même les plus grands pécheurs ont leur place dans la caravane des mages. C’est cette bonne nouvelle que nous trouvons tout au long des évangiles.

    En ce jour de l’Épiphanie du Seigneur, il n’est plus possible de rester bien entre nous. Le Christ est venu pour tous les hommes du monde entier. Nous les portons tous dans notre prière. Notre priorité doit être comme celle du Christ pour tous ceux et celles qui ne connaissent pas Dieu. En ce dimanche, notre solidarité et notre prière sont tout spécialement pour les communautés chrétiennes d’Afrique. Et bien sûr, nous n’oublions pas nos pays d’ancienne chrétienté qui ont un besoin urgent d’une nouvelle annonce de l’Évangile. Le Christ doit être présenté à tous avec la même chaleur et la même joie que Marie aux mages.

    Au début de cette nouvelle année, nous recevons cet appel à devenir des assoiffés de Dieu. Ainsi, nous serons pour les autres comme une étoile qui leur donnera envie d’en faire autant. C’est cela que nous pouvons nous souhaiter les uns aux autres pour que 2021 soit une bonne année. En ce jour, nous nous tournons vers lui : “Lumière des hommes, nous marchons vers toi. Fils de Dieu, tu nous sauveras.”

    Sources : Revues liturgiques, Lectures bibliques des dimanches (A Vanhoye), Tout près de toi cette Parole (Jean Pouilly), Ta Parole est ma joie (Joseph Proux)

    Télécharger : Épiphanie du Seigneur

    source http://homelies.livehost.fr/

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