• 2ème dimanche de l’Avent (Homélie)

    Abbé Jean Compazieu

    Tournés vers le Christ avec Jean Baptiste 

    Homélie 2ème dimanche de l’Avent - 5 décembre 2021

    Textes bibliques : Lire


    Pour comprendre les textes bibliques de ce dimanche, il convient de les situer dans leur contexte historique. Nous avons tout d’abord Baruc qui appelle son peuple à la joie et à l’espérance. Ce peuple a été déporté en exil et humilié. Mais il va retrouver le bonheur et la liberté. C’est cet appel à la l’espérance que nous entendons dans la 1ère lecture : « Quitte ta robe de tristesse et de misère et revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours ». 

    L’Évangile de ce jour est une réponse à cette annonce : il nous ramène à une situation bien précise de l’histoire. Luc met au-devant de la scène tous les personnages politiques et religieux du moment : l’empereur romain Tibère, son représentant en Judée Ponce Pilate, Hérode prince de Galilée et d’autres petits rois. Il cite également les autorités religieuses, Anne et Caïphe. Face à ces personnages prestigieux, nous avons un homme tout simple ; il s’appelle Jean ; il ne vit pas dans les palais ni dans le temple mais dans le désert. C’est là que la Parole de Dieu lui est adressée.

    « La parole de Dieu fut adressée à Jean dans le désert ». En nous disant cela, l’évangéliste a quelque chose d’important à nous faire découvrir : au temps de Jean Baptiste, c’était dans le désert que la Parole de Dieu pouvait être le mieux entendue. C’est important pour chacun de nus aujourd’hui : à la manière de Jean Baptiste, nous sommes tous invités au désert pour entendre ce que Dieu à nous dire aujourd’hui. C’est ainsi que nous pourrons préparer son chemin.

    Bien sûr, il n’est pas question de consulter une agence de voyage pour aller dans le Sud Du Sahara. Le désert dont Dieu nous parle, il est en chacun de nous. Le désert est synonyme de silence. Aller dans le désert, c’est trouver le silence. Nous vivons dans une société où le bruit nous envahit de tous côtés. Et pourtant, le silence est absolument essentiel. « Nous sommes trop sollicités par ce monde qui va trop vite. Nous ne prenons pas le temps de nous arrêter, de faire silence pour que nous puissions nous poser la question de savoir si la vie que nous menons est bien accrochée à l’essentiel (Jean-Louis Étienne).

    Emportés les uns et les autres dans le tourbillon de la vie, il nous faut faire des moments de désert si nous voulons rester des hommes et des femmes d’intériorité, si nous voulons simplement rester des croyants. Noël, c’est la visite de Dieu dans nos cœurs, mais si nous sommes ailleurs, la visite n’aura pas lieu. Pour l’entendre, il faut que nous l’écoutions. C’est pour cette raison que Jean va au désert. C’est dans le silence que nous commençons à entendre. Dieu ne demande qu’à parler au cœur de chacun.

    Ce désert dont parle saint Luc nous renvoie également à celui que nous subissons : le désert de la pandémie que nous avons vécu et qui est toujours d’actualité… le désert terrible de la maladie… le désert brûlant de la mort… le désert glacial de la solitude… le désert aride de l’échec professionnel ou du chômage…

    C’est dans tous ces déserts que les paroles de Jean Baptiste nous rejoignent : « Préparez les chemins du Seigneur… Aplanissez sa route ! » Pour répondre à l’invitation de Jean Baptiste, il nous faut combler les ravins de notre méfiance, abaisser les montagnes de nos préjugés et de nos apriori, il nous faut aplanir les sentiers de nos égoïsmes personnels et collectifs et de notre petite tranquillité. Cette conversion à laquelle Jean Baptiste nous appelle, c’est vraiment un changement de toute notre vie.

    Cette conversion pour le pardon des péchés est offerte à tous. Mais elle ne peut devenir efficace que si nous l’accueillons librement. Ce n’est pas d’abord un passage du vice à la vertu ; c’est surtout un passage du fatalisme à l’espérance, du doute à la foi, du repli sur soi à l’ouverture. L’espérance chrétienne c’est de croire que Dieu est à l’œuvre. Même quand tout va mal il est là. Il agit dans le cœur des hommes. Nous en avons des signes dans les gestes de dévouement et de solidarité des uns et des autres. À travers eux c’est Dieu qui est là. Son amour est plus fort que la haine.

    Dans la seconde lecture, saint Paul nous dit précisément que ce salut de tous les hommes est réalisé en Jésus-Christ. Ce n’est pas vous qui avez eu l’initiative. C’est d’abord l’œuvre de Dieu ; et nous y sommes tous associés. Ce qui nous est demandé, ce n’est pas de travailler “pour” le Seigneur mais de travailler à l’œuvre “du” Seigneur. Le principal travail c’est lui qui le fait dans le cœur de chacun et il veut nous y associer tous.

    Ils sont nombreux dans le monde ceux et celles qui se préparent à fêter Noël. Mais beaucoup vont vivre ce jour en oubliant celui qui devrait être au centre de cette fête. Préparer Noël, c’est d’abord accueillir Jésus qui vient, c’est se mettre à l’écoute de son Esprit Saint, c’est aller au désert pour mieux entendre son appel. Par l’Eucharistie qui nous rassemble chaque dimanche, il vient nous éclairer et nous rendre la vie. Prions-le afin qu’il fasse grandir en nous sa vie divine.

    Télécharger : 2 avent C

    Sources : Revues Feu nouveau, fiches dominicales… dossiers personnels…

    Fête de l’Immaculée Conception : Lire

    source https://dimancheprochain.org/

    -------------------------

    Articles récents

    votre commentaire
  • Homélie du 1er dimanche de l’Avent (C)

    Abbé Jean Compazieu

    Tournés vers le Christ qui s’annonce 

    Homélie du 1er dimanche de l’Avent - 28 novembre 2021

    Textes bibliques : Lire

    En ce premier dimanche de l’Avent, nous entrons dans une nouvelle année liturgique. Dans quatre semaines, nous fêterons Noël. Dans les magasins, tout est mis en place pour l’organisation des festivités. On se dit que le plus important, c’est la joie de se retrouver en famille. Oui, bien sûr ! Mais le vrai Noël, c’est bien plus : ce jour-là, nous fêtons la naissance du Christ Sauveur. Le grand message de Noël, c’est que Jésus est “Dieu avec nous”. Il nous rejoint dans nos tribulations. Il est avec nous tous les jours pour nous guider sur le chemin de la Vie. 

    Alors oui, c’est important de fêter Noël, mais il ne faut pas oublier Celui qui en est l’origine. Sinon ce serait comme si nous organisions un anniversaire en oubliant celui qui devrait y occuper la place centrale. Les textes bibliques de ce dimanche nous invitent à sortir de cette insouciance. C’est très bien de faire la fête ; mais il faut savoir pourquoi et le dire au monde. Si nous faisons la fête, c’est d’abord parce que Dieu rejoint son peuple dans ses tribulations. Le Dieu que nous attendons est fidèle à sa promesse de bonheur. Il est toujours “Dieu avec nous”.

    C’est cette bonne nouvelle que nous trouvons dans la première lecture biblique de ce dimanche. Jérémie s’adresse à un peuple très éprouvé par la défaite et la misère. C’est vraiment la désolation. Mais voilà que le prophète lui annonce la consolation. Cette “promesse de bonheur” s’accomplira sans que le peuple la mérite. Dieu n’abandonne pas son peuple blessé. Ce qu’il veut, c’est le bonheur de tous. Mais il attend une réponse de leur part.

    Dans la lettre aux Thessaloniciens, il est également question de la “venue du Seigneur dans la gloire”. Au moment où il écrit, Paul croit fermement que ce retour du Christ est pour bientôt. Il invite les membres de la communauté à progresser chaque jour dans la foi et dans l’amour. Cet amour doit être ouvert à tous, même à ceux qui ne partagent pas leur foi. La dynamique de l’Avent doit les pousser (et nous pousser) à faire chaque jour des nouveaux progrès dans le domaine de l’amour fraternel.

    L’Évangile de ce dimanche nous renvoie à la fin des temps, au retour définitif de Jésus. Aujourd’hui, il voudrait nous remettre en éveil. Il est absolument urgent de sortir de notre insouciance. Le jour J approche. “Que votre cœur ne s’alourdisse pas dans la débauche et les soucis de la vie !” Voilà une parole du Christ qui interpelle notre société de consommation. Il n’y a rien de changé sous le soleil. Remplir les caddies, faire la fête, ce n’est pas un mal. Mais nous ne devons jamais oublier que préparer Noël c’est nous disposer à accueillir Jésus qui vient. Tous nos préparatifs devraient être orientés vers ce seul but.

    Dans l’évangile de ce dimanche, nous avons entendu des paroles inquiétantes. Ce retour du Christ semble associé à des catastrophes : “Il y aura des signes dans le soleil, la lune et les étoiles. Sur terre, les nations seront affolées par le fracas de la mer et de la tempête. Les hommes mourront de peur dans la crainte des malheurs arrivant sur le monde, car les puissances des cieux seront ébranlées. Alors on verra le Fils de l’homme venir dans la nuée, avec grande puissance et grande gloire.” À première vie, il y a de quoi être effrayé. Mais ce n’est pas le but de Jésus. Lui-même nous avertit : “Quand ces événements commenceront, redressez-vous et relevez la tête, car votre rédemption approche”. Nous devons partager l’enthousiasme de Jean-Paul II quand il disait au début de son ministère : “N’ayez pas peur !” L’Évangile est une bonne nouvelle : Dieu nous aime comme un Père et rien ne saurait nous séparer de son amour.

    En ce temps de l’Avent, nous demandons au Seigneur qu’il nous apprenne à l’accueillir chez nous et à demeurer avec lui. Il ne cesse de nous inviter à la vigilance. Le temps de l’Avent nous fait entendre ses appels avec encore plus d’insistance. Prions-le pour qu’il nous donne un cœur attentif. Qu’il ouvre nos yeux pour le reconnaître quand il vient. Car c’est vrai, le Seigneur vient à nous dans les événements de nos journées et à travers les personnes que nous rencontrons. S’il vient c’est pour nous apporter la vie, la paix, l’amour. Ces cadeaux, il les offre à un monde trop souvent imprégné de violence et de mort, à un monde affolé par le fracas de la tempête et la crainte des malheurs. L’actualité nous en donne de nombreux exemples chaque semaine.

    Ces paroles d’espérance, Jésus les adresse encore et toujours aux pauvres de cœur, à ceux qui pleurent, aux artisans de paix, tous ceux qui étaient cités dans l’évangile des béatitudes le jour de Toussaint. Le Christ rejoint aussi à tous ceux qui se débattent dans le péché et qui sans cesse font tout leur possible pour se relever. Ce Jésus qui a relevé tant d’hommes et de femmes malades et pécheurs nous invite à ne pas nous laisser tomber. Il est là justement et il ne nous laisse pas tomber.

    “Redressez-vous et relevez la tête. Votre rédemption est proche”. Ce temps de l’Avent est un appel à entrer dans l’espérance. Le Seigneur est là au cœur de nos vies. Par l’Eucharistie qui nous rassemble, il nous partage sa vie et sa joie. Il nous donne son Esprit de Lumière et de force dans nos difficultés. Accueillons de tout notre cœur Celui qui vient nous éveiller à l’Amour qui sauve le monde.

    Sources : « pour la célébration de l’eucharistie » (J. Feder) – homélies pour l’année C (Amédée Brunot) – heureuse de faiblesse (André Louf) – Parole de Dieu pour chaque dimanche (Noël Quesson) – revue feu nouveau – L’intelligence des Écritures (Marie-Noëlle Thabut)

    source https://dimancheprochain.org/

    -----------------------

    Articles récents

    votre commentaire
  • Le Christ roi de l’univers

    Abbé Jean Compazieu

    Suivons le Christ Serviteur,
    Roi de l’univers

     

     

    Textes bibliques : Lire


    En ce dernier dimanche de l’année liturgique, nous célébrons la solennité du Christ roi de l’univers. Les textes bibliques de ce jour nous adressent un message d’espérance. 

    Nous avons tout d’abord un texte du prophète Ézéchiel. Il s’adresse à un peuple qui vit une situation désespérée. Le pays est détruit ; il vit sous une domination étrangère ; c’est vraiment la catastrophe ; beaucoup se posent des questions : “Où est-il notre Dieu ? Que fait-il ?” C’est en réponse à ce doute que le prophète intervient pour annoncer une bonne nouvelle : Dieu enverra un “fils d’homme” c’est-à-dire un homme pour relever son peuple et lui redonner toute sa place parmi les nations. Cet homme recevra une autorité sûre et confiante. Plus tard, les chrétiens comprendront que ce titre de “Fils de l’homme” désignait la royauté de Jésus.

    La 2ème lecture est extraite de l’Apocalypse de saint Jean. Ce livre a été écrit bien après la résurrection du Christ. Il s’adresse à des chrétiens persécutés. L’empereur de Rome est très dur pour eux. C’est dans ce monde hostile et violent que saint Jean annonce le triomphe de Celui qui est l’Amour. Par sa mort et sa résurrection, il a vaincu la mort et le péché et il veut nous associer tous à sa victoire. Dans sa lettre aux Romains, saint Paul nous dit que “rien ne peut nous séparer de son amour”.

    Ces deux premières lectures sont une bonne nouvelle pour notre monde d’aujourd’hui. De nombreux dictateurs y règnent en maîtres. Ils font peser leur pouvoir sur les plus faibles. Dans de nombreux pays, les chrétiens sont victimes de la haine et de la violence des hommes. Mais un jour, les dictatures finissent par tomber. Il n’est pas question de vengeance : cela ne ferait qu’ajouter de la violence à la violence. Ce n’est pas par la force des armes qu’on peut obtenir la victoire contre le mal mais par celle des paroles et surtout celle de l’amour.

    L’Évangile de ce jour nous montre Jésus face à Pilate : il se présente à lui en tant que roi d’un Royaume « qui n’est pas de ce monde ». Sa Royauté ne repose pas sur l’ambition ni sur la compétition. Elle n’utilise pas les armes de la peur ni le chantage ni la manipulation des consciences. Sa royauté s’exprime dans l’humilité et la gratuité. Les royaumes de ce monde se fondent parfois sur les abus de pouvoir, les rivalités, les oppressions. Le Royaume du Christ est un « Royaume d’amour, de justice et de paix » (Préface).

    Jésus s’est révélé comme roi dans l’événement de la croix. Aux yeux du monde, c’est un échec. Mais l’Évangile nous invite à changer notre regard. La croix du Christ c’est l’échec du péché. C’est en levant les yeux vers le Christ en croix que nous prenons conscience de son amour gratuit pour nous et pour le monde entier. Sa puissance et sa force sont celles de l’amour, un amour solide et intègre, même face aux refus.

    Sur le Calvaire, on ridiculise ce « roi des juifs ». On lui lance un défi : « Sauve-toi toi-même en descendant de la croix ». Mais Jésus ne cherche pas à se sauver lui-même. Il a donné sa vie pour chacun de nous. Lui-même nous dit qu’il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. En passant par la mort et la résurrection, il nous a ouvert un passage vers ce monde nouveau qu’il appelle « le Royaume de Dieu ».

    Aujourd’hui encore, ils sont nombreux ceux qui refusent cette royauté du Christ. On fait tout pour l’effacer en supprimant ses disciples. Dans notre société sécularisée, on le relègue à l’exil, on le ridiculise sur les écrans de télévision et dans les salles de cinéma. Et surtout, nous ne devons pas oublier les très nombreux martyrs dans de nombreux pays du monde. Mais le mal, la violence et la haine n’auront pas le dernier mot. Encore une fois, c’est l’amour qui triomphera.

    Le premier qui a compris a été l’un des malfaiteurs crucifié en même temps que Jésus, celui qu’on appelle « le bon larron ». Nous connaissons sa supplication : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume ». Cet homme était un malfaiteur, un corrompu. Il était condamné à mort pour toutes les brutalités qu’il avait commises dans sa vie. Mais il a vu qu’avec Jésus, l’amour peut triompher de la haine. Comme cet homme, nous pouvons redire cette prière : « Jésus, souviens-toi de moi quand tu viendras dans ton Royaume ». Et nous avons la ferme espérance qu’un jour, il nous dira : « Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis. »

    Télécharger :  Le Christ Roi de l’univers

    Sources : Revue Feu nouveau – Homélies du dimanche (Monseigneur Léon soulier) – Homélies pour l’année B (Amédée Brunot) – homélies de l’année liturgique B (Simon Faivre) – Reste avec nous quand vient le soir (Lorette Lepage) – Lectures bibliques des dimanches année B (Albert Vanhoye) – François selon Saint Jean

    source https://dimancheprochain.org/

    --------------------------------

    Articles récents

     


    votre commentaire
  • Homélie du 33ème dimanche du temps ordinaire

    Abbé Jean Compazieu

     

    Nous attendons ta venue dans la gloire 

    Textes bibliques : lire


    Nous approchons de la fin de l’année liturgique. C’est pourquoi l’Église nous propose des textes qui nous parlent de la destruction du temple de Jérusalem et de la fin du monde. Il ne faut pas les lire comme des messages de catastrophe mais comme un appel à l’espérance en période de catastrophe. 

    La première lecture est un extrait du livre de Daniel. Il s’adresse précisément à des gens qui sont en situation de détresse ; beaucoup se posent des questions : Comment tenir bon dans sa foi quand la violence des armes s’accélère ? Il semble que Dieu se tait et laisse faire devant le malheur des rescapés. Le livre de Daniel reflète ces questions angoissées des croyants. Il les supplie de renoncer à toute action violente. Le Salut ne viendra que du Seigneur Dieu. Lui seul est capable de faire revenir à la vie ceux qui dorment dans la mort. Il invite chacun à se laisser conduire par la sagesse et la justice.

    Les catastrophes et la détresse sont toujours d’actualité dans le monde d’aujourd’hui. Dans de nombreux pays, on se fait la guerre. Les violences frappent les plus pauvres et les rendent plus fragiles. On nous parle également de la pollution, es bouleversements climatiques, des inondations… Et nous n’oublions pas tous les dégâts causés par la crise sanitaire qui a frappé le monde entier. Face à cette situation catastrophique, il y aurait de quoi désespérer. Mais aujourd’hui, le Seigneur a une bonne nouvelle pour nous.

    Cette bonne nouvelle c’est que Dieu intervient : il envoie des sages, des maîtres de justice animés par son Esprit. Il met sur notre route des hommes de bonne volonté qui nous rappellent que d’autres chemins sont possibles. Il nous faut à tout prix sortir de la spirale de la violence. Il y a dans le monde des gens qui font jaillir la vie autour d’eux. Ils font se réveiller les morts-vivants enfoncés dans la souffrance. Ceux-là brillent comme des étoiles pour la multitude. Mais il nous faut ouvrir les yeux pour vraiment les reconnaître dans le ciel obscur de notre monde.

    L’Évangile nous rapporte un discours de Jésus à Jérusalem. Il nous parle de guerres, de famines et de catastrophes naturelles : “Le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière et les puissances des cieux seront ébranlées” (vv 24-25). Il faut savoir qu’à l’époque de Jésus, le soleil, la lune et les étoiles étaient des dieux auxquels on rendait un culte. Avec Jésus, c’est fini : il a vaincu le mal ; le ciel est comme nettoyé. Nous devons donc recevoir cet Évangile comme une bonne nouvelle.

    Le point central de ce discours c’est la personne même de Jésus, sa mort, sa résurrection et son retour à la fin des temps. Un jour viendra où nous nous trouverons face à lui. Nous nous y préparons chaque jour en vivant le présent et en construisant notre avenir avec sérénité et confiance. Il est hors de question d’avoir peur. Dans un monde bousculé qui vit des situations de détresse, le Seigneur nous assure de sa présence. Il a vaincu le mal. “Rien ne peut nous séparer de son amour.”

    La parabole du figuier qui bourgeonne est un signe que l’été est proche. Cette parabole nous parle de tous les bourgeonnements que nous pouvons observer : c’est le fleurissement du partage, de la tendresse, du pardon. C’est ce qui se passe quand des chrétiens vivent la solidarité et le partage en lien avec le Secours Catholique. Tous ces gestes sont le signe d’un monde nouveau qui nait. C’est lui qui est à notre porte. Il est notre présent et notre avenir. Nous n’oublions pas ce que nous répétait souvent le saint pape Jean-Paul II : “N’ayez pas peur…”

    Oui, n’ayons pas peur car le Seigneur est là à nos côtés. Il nous accompagne toujours. Il s’élève contre les faux prophètes, contre les voyants qui prévoient la fin du monde proche. Il est à nos côtés et il marche avec nous. Il n’a jamais cessé de nous aimer. Il veut nous détourner de la curiosité pour les dates, les prévisions, les horoscopes. Ce qui est premier, c’est d’accueillir la présence de Dieu et de nous laisser guider par son Évangile.

    Nous vivons une époque qui connaît beaucoup de catastrophes naturelles et morales. On se lamente beaucoup mais cela ne sert à rien. C’est vers le Christ qu’il nous faut regarder. Il est la Lumière qui guide et encourage nos pas. Son pardon nous est toujours offert. C’est auprès de lui que nous retrouvons la force d’aimer et de servir nos frères. Que la Vierge Marie nous aide à avoir confiance en lui et à persévérer avec joie dans son amour.

    Télécharger : 33ème dimanche du Temps ordinaire

    Sources : Revue Feu Nouveau – Fiches dominicales – Missel des dimanches et des fêtes (Bayard) – François Selon saint Marc – Dossiers personnels…

    source https://dimancheprochain.org/

    -----------------------------

    Articles récents

    votre commentaire
  • Homélie du 32ème dimanche du temps ordinaire

    Abbé Jean Compazieu

    Elle a tout donné 

     

    Textes bibliques : Lire


    Les trois textes bibliques de ce dimanche nous parlent du don généreux de ceux qui n’ont rien. Ils nous ont montré le geste de deux pauvres femmes, une païenne et une fille d’Israël. Elles ont donné tout ce qu’elles avaient pour vivre. Voilà deux magnifiques témoignages en ce jour où nous célébrons celui qui a donné sa propre vie pour notre salut et celui du monde entier.

    L’Évangile nous présente une veuve très pauvre mais particulièrement généreuse. Cela se passe sur le parvis du temple de Jérusalem. Jésus s’y trouve pour donner un enseignement. Il recommande à tous de ne pas imiter les scribes quand ils pèchent par orgueil et par désir de paraître. Le plus grave c’est qu’ils volent les plus pauvres. Jésus nous met en garde contre tous ces dangers. Le salut qu’il est venu apporter au monde doit nous amener à être vrais avec nous, avec Dieu et avec les autres. Les apparences peuvent tromper les hommes mais Dieu voit ce qu’il y a dans le cœur de chacun.

    Jésus s’est assis en face de la salle du trésor et il observe les gens qui déposent leurs offrandes. Il voit des riches qui donnent beaucoup, et c’est très bien. Mais voilà qu’arrive une veuve très pauvre. Elle n’a rien mais elle donne tout. Elle se moque de ce que pèsent ses deux petites pièces. Le plus important est ailleurs : elle aime Dieu ; elle aime le temple où il vit depuis des siècles ; elle respecte les prêtres et les scribes qui parlent de lui. C’est tout son cœur, tout son amour qu’elle met dans le tronc. Alors Jésus affirme qu’elle a donné plus que tous les autres. Son amour pour Dieu pèse bien plus que tout l’or du monde

    La première lecture nous parle d’une veuve païenne. C’est chez elle qu’est envoyé le prophète Élie. Elle n’a rien à manger et son enfant va mourir. Quand le prophète lui demande “un petit morceau de pain”, l’épreuve est rude. Ce petit pain ne sera pas pour son enfant, pour qu’il vive encore un petit peu, mais comme celle du temple, elle donne tout.

    En écoutant ces deux récits, comment ne pas penser à cette autre veuve, Marie debout au pied de la croix de son fils ! L’admiration de Jésus pour ces femmes vient de ce qu’il est justement celui qui livre sa vie. Il a été dépouillé de ses vêtements. Il vient de donner sa mère à son disciple et, à travers lui, à chacun de nous. “Lui qui était dans la condition de Dieu, n’a pas jugé bon d’être traité à l’égal de Dieu. Mais au contraire, il se dépouilla lui-même en prenant la condition de serviteur”. (Philippiens 2, 6-7)

    Ce qui est étonnant dans l’Évangile de ce jour, c’est la première place donnée aux petits, aux exclus, à ceux qui sont les derniers en ce monde. Par contre, Jésus a des paroles très dures contre certains scribes qui ne cherchent qu’à être bien vus sur les places publiques, dans les synagogues et les dîners. Ils dévorent les biens des veuves au lieu de leur venir en aide. C’est d’autant plus grave qu’elles sont réduites à la misère. En agissant ainsi, ils trahissent leur fonction.

    C’est aussi pour nous que cet évangile a été écrit et proclamé : Méfiez-vous de ceux qui cherchent les premières pages dans les journaux, les succès dans les sondages, les grands discours à la télévision. Cet orgueil n’est pas seulement le lot des scribes du temps de Jésus. Il nous menace tous plus ou moins. La tentation de rechercher les premières places est toujours bien présente. C’est toujours agréable de recevoir des éloges et d’attirer l’admiration des autres. Mais le plus important c’est le regard de Dieu. Il voit mieux que nous ce qu’il y a dans le cœur de chacun. Ce qui fait la valeur d’une vie c’est notre amour de tous les jours pour tous ceux et celles qui nous entourent. Georges Guynemer disait : “Tant qu’on n’a pas tout donné, on n’a rien donné.”

    Ces textes bibliques rejoignent l’Évangile des béatitudes : “Heureux les pauvres de cœur. Ils sont proclamés heureux, non à cause de leur misère mais parce que le Royaume des cieux est à eux. La considération et la reconnaissance des hommes ne sont rien par rapport u don de Dieu.

    Pour bien comprendre toute la portée de cet Évangile, nous nous tournons vers la croix du Christ. Nous comprenons alors qu’il a tout donné jusqu’au bout. Et il continue à se donner pour chacun de nous. La lettre aux hébreux nous rappelle que la Passion du Christ a changé l’histoire. En lui, tous les hommes sont sauvés. Cet évangile nous appelle donc à apprendre à vivre sous le regard de Dieu et non celui des hommes. Il nous provoque surtout à réviser le critère de notre générosité : Ce qui prime ce n’est pas la quantité de ce que nous donnons mais le dépouillement effectif de ce à quoi nous tenons le plus. En donnant, on a parfois l’impression de perdre, de se perdre. Donner c’est gagner pour la vie éternelle.

    En célébrant cette Eucharistie, nous nous tournons vers le Seigneur par l’intermédiaire de Marie, la femme pauvre qui a donné toute sa vie à Dieu pour nous ; demandons-lui le don d’un cœur pauvre, mais riche d’une générosité joyeuse et gratuite.

    Télécharger : 32ème dimanche du Temps ordinaire

    Sources : Revues Fiches dominicales et Feu nouveau – Homélies pour l’année B (Amédée Brunot) – Ta parole et ma joie (Joseph Proux) – Homélies de l’année liturgique B (Simon Faivre) – Reste avec nous quand vient le soir (Lorette Lepage) – guide Emmaüs des dimanches et fêtes (Jean-Pierre Bagot)

    source https://dimancheprochain.org/

    --------------------------

    Articles récents

    votre commentaire
  • Homélie du 31ème dimanche du temps ordinaire (B)

    Abbé Jean Compazieu

    Dieu te dit : “Écoute” 

     

    Textes bibliques : Lire

    « Écoute Israël, tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toutes tes forces ». Ces quelques versets de la première lecture sont le cœur de la foi d’Israël. Ils insistent dès le départ sur l’importance de l’écoute. On devait se les répéter chaque jour. Et pourtant, tout au long de l’Ancien Testament, nous voyons que bien souvent, le peuple d’Israël n’a pas su écouter. À plusieurs reprises, les prophètes sont intervenus pour les inviter à entendre la Parole de Dieu et à revenir vers lui.
     

    L’histoire du peuple de Dieu dans l’Ancien Testament est aussi notre histoire personnelle. La Parole de Dieu nous interpelle et nous dérange. Trop souvent, nous nous laissons imprégner par la mentalité et les bruits de ce monde. L’Ancien Testament nous demande d’aimer l’immigré, la veuve et l’orphelin. Nous avons dépassé l’Ancien Testament mais le problème des immigrés reste toujours bien présent. Il suffit de voir comment on en parle. On les laisse se noyer dans la mer. De nombreux enfants sont victimes d’abus et de violences. Notre monde est loin d’être un monde d’amour et de paix, de respect de Dieu et de sa loi.

    Les textes bibliques de ce dimanche nous appellent à une vraie conversion : aimer Dieu, aimer notre prochain. L’un ne va pas sans l’autre. La source de cet amour c’est Dieu lui-même. Dans l’Ancien Testament, nous lisons qu’il est celui qui a vu la misère de son peuple et il veut le sauver. L’Évangile va plus loin : Jésus s’y présente comme celui qui est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. C’est pour nous et pour le monde entier qu’il a donné sa vie sur une croix. Il est vraiment celui qui nous a aimés comme on n’a jamais aimé.

    Aujourd’hui, nous recevons le grand commandement de l’amour de Dieu et du prochain. Cela ne peut être qu’une réponse à celui qui fait sans cesse le premier pas vers nous. Mais pour bien accueillir cet amour qui vient de Dieu, nous avons besoin de prendre du recul par rapport à la mentalité et aux bruits du monde. Ce n’est pas pour rien que le Seigneur nous demande d’écouter sa Parole et de la mettre en pratique. Notre attention doit être constamment attirée vers cet appel de Dieu.

    Nous sommes donc créés pour aimer. Dieu qui est amour nous a créés pour que nous puissions, nous aussi, aimer et demeurer unis à lui. Nous ne trouverons la vraie joie qu’en aimant. Il ne nous est pas demandé de faire beaucoup de choses. Ce qui est primordial, c’est de vivre dans un esprit filial envers Dieu et fraternel envers les autres. En nous faisant le prochain des autres, nous nous approchons de Dieu qui est amour. Mon prochain, c’est celui dont je me fais proche, celui que je prends le temps de rencontrer et d’écouter. C’est un seul et même amour qui nous attire vers Dieu et vers les autres.

    Pour répondre à cet amour infini de Dieu pour nous, nous ne pouvons pas nous contenter d’un « programme minimum », une « petite messe de temps en temps, une « petite prière » le soir. L’amour de Dieu doit prendre toute notre vie, de la tête aux pieds, du matin au soir, de la prime enfance jusqu’aux cheveux blancs. Cet amour doit prendre en compte notre vie intime mais aussi nos responsabilités et engagements collectifs. Rien de ce que nous vivons ne peut lui être étranger.

    L’amour du prochain doit être compris à la lumière de l’Évangile. Pour Jésus, c’est clair, le seul véritable amour c’est de donner sa vie pour ceux qu’on aime. « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » c’est-à-dire d’un amour respectueux du bonheur de l’autre comme si c’était le nôtre. « Aimer c’est tout donner et se donner soi-même ». Dans l’Évangile de saint Matthieu, nous trouvons cette règle d’or : « Tout ce que vous désirez que les autres fassent pour vous, faites-le pour eux. Chaque Eucharistie nous prépare à cet amour selon Jésus.

    En ce jour, la Parole de Dieu nous interpelle. Elle nous invite à changer notre regard sur Dieu et le prochain. Le Christ veut nous entraîner tous à sa suite. Il veut nous apprendre à voir tous nos frères et sœurs avec le cœur même de Dieu. Célébrer l’Eucharistie c’est communier à l’amour du Christ pour le Père et pour chaque être humain. C’est se mettre en disposition d’aimer. En ce jour, nous te prions Seigneur : Envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre. Amen

    Télécharger : 31ème dimanche du Temps ordinaire

    Autres approches : Préparons dimanche

    Sources : Revues Feu Nouveau et fiches dominicales, Homélies des prochains dimanches (Diocèse de Blois), Les entretiens du dimanche (Noël Quesson), Ta Parole est ma joie (Jseph Proux), lectures bibliques des dimanches (Albert Vanhoye)…

    source https://dimancheprochain.org/

    --------------------------

    Articles récents

    votre commentaire
  • Homélie du 30ème dimanche du Temps ordinaire

    Abbé Jean Compazieu

    24 octobre 2021

    Journée Mondiale des Missions

    Confiance, Jésus t’appelle 

     

    Textes bibliques : Lire


    “Poussez des cris de joie pour Jacob ! Acclamez la première des nations. Faites retentir sa louange…” On aurait pu imaginer que ces paroles du prophète Jérémie sont adressées à un peuple rayonnant de joie. En fait, il n’en est rien. Jérémie se trouve devant des gens qui ont tout perdu ; ils ont été déportés en terre étrangère. Or c’est à ce moment-là que le prophète s’adresse à eux pour raviver leur espérance. Il leur annonce que Dieu n’abandonne jamais son peuple ; il n’a jamais cessé de les aimer malgré leurs péchés ; un jour, il les délivrera ; il les ramènera vers leur terre. Ce sera un jour de grande joie. 

    La lettre aux Hébreux (2ème lecture) nous annonce que ce changement s’est opéré bien au-delà de toutes nos espérances. Elle nous parle du grand prêtre pris parmi les hommes qui intercède en leur faveur. À plus forte raison, Jésus nous est présenté comme médiateur entre Dieu et les hommes. Il les a libérés de leurs péchés pour leur permettre d’aller à Dieu. Appartenant au monde de Dieu et à celui des hommes, il les met en communion. C’est ainsi qu’il réalise à la perfection les conditions du vrai sacerdoce. Jésus a été choisi par le Père pour offrir une fois pour toutes le sacrifice de sa vie. Par sa mort et sa résurrection, il nous a ouvert le monde éternel.

    Avec l’Évangile, c’est la promesse de Jérémie qui se réalise : cela se passe à Jéricho, la ville la plus basse du monde (400 mètres au-dessous du niveau de la mer. Cette ville représente le monde du péché, éloigné de Dieu. Jésus entre dans cette ville et en sort aussitôt. Il vient dans ce monde du péché pour nous en sortir. C’est une manière de dire qu’il peut venir nous chercher très loin et très bas.

    Et c’est la rencontre avec l’aveugle Bartimée. Sa situation l’a marginalisé par rapport à la société. Il n’a rien et n’est rien. Il ne vit que des piécettes que les gens veulent bien lui donner sans prendre le temps de poser leur regard sur lui. Et quand il appelle Jésus, les gens veulent le faire taire : “Tais-toi, nous accueillons un personnage important… Ne viens pas nous déranger”. Mais il insiste de plus belle car il entendu parler de Jésus qui guérit les blessés.

    Nous sommes parfois comme cette foule qui ne veut pas être dérangée. C’est ce qui se passe quand nous ne voulons pas entendre le cri des pauvres, la détresse des exilés, la souffrance des malades, la révolte de ceux et celles qui se sentent trahis. Ces dernières semaines, on nous a parlé des enfants victimes d’abus. N’oublions pas ceux qui sont harcelés, ceux qui sont réduits à l’état d’esclave. Comme cette foule, nous avons la tentation de faire la sourde oreille car nous nous sentons désarmés devant les blessures et les injustices de notre temps.

    Et pourtant, Jésus nous demande de convier tous les blessés de notre temps. Aujourd’hui comme autrefois, il nous demande de les appeler. Il veut leur permettre de rencontrer la chaleur et la lumière du visage divin. Nous ne sommes pas le Sauveur, mais nous pouvons permettre la rencontre de Celui qui est la source de toute paix et de toute joie.

    La médiation que Jésus nous confie, c’est d’être les témoins authentiques de l’espérance qui nous habite. Comme Jérémie en son temps, nous sommes envoyés pour être les messagers de cette espérance. Nous devons résister au danger de sombrer dans les lamentations, le pessimisme, la critique négative. Nous sommes appelés à une grande vigilance dans nos conversations et nos écrits. L’Évangile de la fête de tous les saints nous rappellera le bonheur des artisans de paix et ceux qui rayonnent la joie autour d’eux. Ne nous laissons pas aveugler par les médias qui ne pensent qu’à déverser des mauvaises nouvelles.

    Le Seigneur est là pour nous guérir de nos aveuglements, pour nous ouvrir à l’amour de Dieu et à celui de tous nos frères. Laissons Bartimée nous apprendre à avoir cette confiance inébranlable en Jésus. Des gens chercheront peut-être à nous en dissuader. Les mêmes pourront nous y encourager plus tard. La confiance est un combat de tous les jours, parfois dans l’obscurité de la foi. Mais grâce au fils de Timée, nous savons que la nuit n’a pas le dernier mot. C’est de cette espérance que nous avons à témoigner tout au long de notre vie auprès de tous ceux et celles qui nous entourent.

    Nous voulons être du Christ ? Nous voulons marcher avec lui. Commençons dès aujourd’hui. Arrêtons-nous chaque fois que nous rencontrons un homme, une femme ou un enfant qui crie sa peine. Prenons le temps d’écouter et de regarder. Nous ne pourrons peut-être faire grand-chose sur le moment. Mais si tous les disciples de Jésus prennent ainsi le temps de s’arrêter, s’ils préfèrent la rencontre personnelle des frères à toutes les grandes idéologies, ils changeront le monde. Demandons au Seigneur qu’il nous guide sur ce chemin de conversion.

    Sources : Revue Feu Nouveau – Fiches dominicales – Commentaires de Marie-Noëlle Thabut et de Claire Patier…

    source  https://dimancheprochain.org/

    ------------------------

    Articles récents

    votre commentaire
  • Préparons dimanche 

    29ème dimanche du Temps ordinaire
    17 octobre 2021
    (Année Marc – B)
    Début de la semaine missionnaire mondiale
    et Journée mondiale du refus de la misère

    Pour être premier, il faut servir

    Accueil
    Aujourd’hui Dieu nous parle.
    Sa Parole nous rappelle
    les engagements de notre baptême.
    Être disciple de Jésus engage à le suivre
    sur un chemin magnifique, mais exigeant.
    Il est impossible d’y parvenir par nos propres forces.
    Ouvrons nos cœurs à Jésus
    pour qu’il vienne y déployer
    toute la puissance de son Esprit.
    Tout au long de cette célébration,
    implorons-le dans nos cœurs, pour qu’il nous aide
    à marcher avec lui sur ce chemin.

    Évangile : Marc 10, 35-45

    Homélie

    Textes bibliques : Lire
    En ce dimanche, nous entrons dans la semaine missionnaire mondiale. C’est aussi la journée mondiale du refus de la misère. Il est heureux que les deux soient associées. Nous vivons dans un monde qui est dominé par la recherche du pouvoir et du prestige. Comment être messagers du Christ si nous n’allons pas à contre-courant de cette mentalité ?

    Les disciples eux-mêmes se sont laissé prendre au piège. Ils en étaient venus à se poser la question : qui est le plus grand ? Qui est à la première place ? L’Évangile de ce jour et l’Ancien Testament nous apportent une réponse : le plus grand, c’est celui qui se fait serviteur et même esclave, c’est celui qui accepte de partager la faiblesse des hommes, leur souffrance et même leur mort.

    Tout cela nous invite à réviser notre manière de vivre à l’intérieur de notre société. Nous pensons à tous ceux et celles qui s’engagent au service des autres. Pour certains, cela passe par un engagement politique ou syndical ; d’autres trouvent leur place dans une association humanitaire ; d’autres encore sont engagés au service de leur paroisse. En ce dimanche, nous sommes plus spécialement invités à nous associer à la lutte contre la misère. Cela passe par une attention plus grande à ceux et celles qui en sont les victimes. À travers nos engagements, nos gestes de partage et de solidarité, nous participons à la mission du Christ qui s’est fait serviteur.

    En effet, toute la Bible nous dit que Dieu se met au service de l’homme. Il est celui qui a vu la misère de son peuple. Il se fait petit, humble et serviteur pour nous aider à mieux accepter le Salut qu’il nous offre. La lettre eux Hébreux (2ème lecture) nous dit que le Christ a partagé nos épreuves. Il est celui qui nous fait grâce et nous obtient la miséricorde. Il fait le lien entre la terre et le ciel. Le pape Jean-Paul II disait qu’il a donné Dieu aux hommes et les hommes à Dieu.

    Nous chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes tous appelés à participer à ce sacerdoce du Christ. Nous sommes envoyés dans le monde pour être les messagers de la bonne nouvelle de l’Évangile. Notre priorité doit aller vers ceux et celles qui sont douloureusement éprouvés par la maladie, la souffrance et les misères de toutes sortes. Trop souvent, nous cherchons Dieu dans le ciel. En fait, il se présente à nous à travers le visage du petit, du pauvre, de celui ou celle qui souffre de la solitude. Nous risquons de passer à côté de lui sans le reconnaître ; c’est ce qui se passe quand nous le cherchons dans le bruit, la toute-puissance et la majesté. Le signe de la toute-puissance de Dieu c’est la croix, c’est de donner sa vie pour ceux qu’on aime.

    Dans cet Évangile, nous voyons que les disciples n’ont rien compris. Jésus vient de leur annoncer sa Passion, sa mort et sa résurrection. Les Douze suivent sans empressement car ils ont peur. Ils savent ce qui les attend à Jérusalem. De ce groupe, deux hommes se détachent, Jacques et Jean. Pour être rassurés, ils demandent à Jésus de siéger à sa droite et à sa gauche dans son Royaume. Les autres disciples s’indignent : “Pourquoi pas nous ?” Mais Jésus ne s’indigne pas. Il sait ce qu’il y a dans le cœur de l’homme. S’il intervient, c’est pour les amener et nous amener à changer de perspective. Il dénonce les rapports de force et de supériorité. Le pouvoir comme écrasement des autres ne doit pas avoir sa place parmi les disciples.

    La gloire du Christ se manifestera sur la croix. À sa droite et à sa gauche, nous trouverons deux bandits. La coupe qu’il boira sera celle de sa Passion qui l’introduira dans le Royaume. Là, toutes les relations seront transformées. Chacun y découvrira que sa place est un don de Dieu. C’est ainsi que Jésus a aboli la loi du plus fort. Il l’a remplacée par celle du plus aimant. C’est une conversion de tous les jours que nous obtiendrons en contemplant et un accueillant « Jésus serviteur ». Il est celui qui « nous a aimés comme on n’a jamais aimé. »

    C’est très important pour nous aujourd’hui : notre monde juge le christianisme à travers ceux qui le pratiquent, donc à travers nous. Notre première tâche c’est de nous imprégner de l’Esprit Saint pour ne pas déformer le visage de l’Évangile. Lui seul peut nous éclairer sur le vrai sens de notre service : il nous apprendra à reconnaître le visage du Christ à travers ceux et celles que nous rencontrons sur notre route. En célébrant cette Eucharistie, nous demandons au Seigneur qu’il nous guide sur le chemin d’une vraie conversion ; qu’il nous donne force et courage pour chercher non à être servi mais à servir.

    Sources : Homélies des prochains dimanches (Diocèse de Blois), Commentaires de Marie Noëlle Thabut, Revue Feu Nouveau, Fiches dominicales…

    Autre source https://puiseralasource.org/

    ---------------------------

    Articles récents

    votre commentaire
  • Homélie du 28ème dimanche du temps ordinaire

    Abbé Jean Compazieu

    Discerne ce qui est essentiel pour toi.

    Homélie du 28ème dimanche du temps ordinaire - 10 octobre 2021 

    Textes bibliques : Lire

    Les textes bibliques de ce dimanche nous montrent l’importance du regard dans notre vie. Nous connaissons le regard méfiant, celui qui ne voit que le mal chez les autres. Nous rencontrons également le regard bienveillant, celui qui est attentif aux besoins des autres, celui qui fait confiance.

    La première lecture de ce jour nous parle du regard de la Sagesse.  Dans le monde biblique, la sagesse c’est Dieu. Pour lui, “tout l’or du monde n’est que du sable… L’argent sera regardé comme de la boue.” C’est pour chacun de nous un appel à changer notre regard sur ces richesses qui risquent de nous détourner de l’essentiel. Dans notre prière, nous sommes invités à demander la sagesse de Dieu, celle de son Esprit Saint. C’est en lui seul que nous trouverons le vrai bonheur.

    La lettre aux Hébreux (2ème lecture) nous renvoie au regard de la Parole de Dieu. Nous n’oublions pas que pour l’Évangile de saint Jean, la Parole de Dieu, le Verbe fait chair, c’est Jésus lui-même. “Soumis à son regard, nous aurons à lui rendre des comptes”. Nous recevons ces paroles non comme une menace mais comme une mise en garde. L’auteur de la lettre aux Hébreux nous a présenté l’Évangile comme une “promesse d’entrer dans le repos de Dieu”. Cette promesse ne tiendra pas si nous faisons preuve d’incrédulité. Nous serons jugés d’après nos actes et nos paroles mais aussi d’après nos pensées. Cela signifie que nous subirons les conséquences ultimes de nos choix. C’est pour nous un appel à accueillir la Parole de Dieu dans la confiance et la docilité.

    Dans l’Évangile, nous lisons que Jésus regarde l’homme qui vient à lui et se met à l’aimer. Puis par deux fois, il regarde ses disciples avant de leur délivrer un message de la plus haute importance. Il est heureux de voir cet homme qui veut avoir la Vie éternelle. Cet homme a observé les commandements depuis sa jeunesse. Aujourd’hui, Jésus l’invite à aller à l’essentiel : “vends tout ce que tu as ; donne-le aux pauvres ; alors tu auras un trésor au ciel.”

    À travers ces paroles, Jésus nous invite à changer notre regard. L’essentiel ce n’est pas l’argent ni les richesses ; ce n’est pas non plus le respect de la loi et des commandements, même si c’est important. Le seul vrai trésor c’est celui dont Jésus veut nous combler. Le vrai bonheur, c’est d’aimer, de donner et de se donner. Jésus a tout donné. Il est allé jusqu’au don de sa vie sur la croix. Il nous a ouvert un passage vers e monde nouveau qu’il appelle le Royaume de Dieu. Pour le suivre sur le chemin qu’il nous montre, il nous faut nous détacher des richesses de ce monde et donner toute sa place à l’amour et à la générosité.

    Pour beaucoup, c’est trop demander. Les disciples eux-mêmes demeurent sceptiques. Alors, Jésus les regarde pour leur délivrer un message de la plus haute importance. C’est vrai qu’il leur demande l’impossible. Mais il leur promet que les renoncements à cause de l’Évangile leur vaudront le centuple, même si cela passe par les persécutons et l’incompréhension du monde.

    Ce qui nous est proposé, c’est de nous laisser envahir par ce regard plein d’amour du Christ. Au jour de notre baptême, nous avons été immergés dans cet océan d’amour qui est en lui. Si nous restons en communion avec lui, nous comprendrons que ses exigences ne sont pas une menace mais un appel à vivre en plénitude. Saint Benoît nous recommande de “ne rien préférer à l’amour du Christ.” Oui c’est possible car tout est possible pour Dieu.

    Aujourd’hui comme autrefois, le Seigneur continue à nous appeler. Il compte sur chacun de nous ; il est avec nous tous les jours, non pour nous surveiller mais pour nous conduire sur le chemin de la vraie vie. Un sondage récent affirme que 51 % des Français ne croient pas en Dieu. Pourtant, il les regarde tous avec beaucoup d’amour. Il est saisi de pitié pour tous ces hommes, ces femmes et ces enfants qui sont comme des brebis sans berger. Il est venu pour que tous les hommes du monde entier et de tous les temps aient la vraie vie en abondance. Sa priorité est de chercher et sauver ceux qui courent à leur perte.

    Nous recevons les textes bibliques de ce jour comme un appel à nous ajuster au regard de Dieu. Se laisser regarder par l’amour, se laisser porter par la Parole, se laisser emplir de la Sagesse, c’est la porte de la Vie éternelle, c’est le chemin du vrai bonheur. Comme les disciples nous ne comprendrons pas tout. Mais ce regard de Jésus changera notre vie et la transformera. Ce regard passionné, c’est comme un feu qui ne demande qu’à se répandre dans le monde entier. Il suffit d’une étincelle. C’est de cela que nous avons à témoigner tout au long de notre vie. Prions le Seigneur pour qu’il nous garde fidèles à cette mission.

    Sources : Homélies des prochains dimanches (Diocèse de Blois), Commentaires de Marie Noëlle Thabut, Revue Feu Nouveau, Fiches dominicales…

    source  https://dimancheprochain.org/

    --------------------

    Articles récents

    votre commentaire
  • “Homme et femme, il les créa” 

    Abbé Jean Compazieu 

    Textes bibliques : Lire


    L’Évangile de ce dimanche nous montre deux manières de se comporter à l’égard du Christ : D’un côté, nous trouvons celle des petits enfants ; Jésus les donne en exemple pour leur manière d’accueillir le Royaume de Dieu. Ce Royaume est offert à tous. Pour l’accueillir, il suffit de se laisser aimer par Dieu comme seuls les petits enfants savent le faire. Face à eux, l’Évangile nous montre ceux qui ne cherchent qu’à piéger Jésus. Ils n’hésitent pas à utiliser la ruse pour l’enfoncer. Ces deux attitudes, celle des petits enfants et celle des pharisiens nous interpellent : comment accueillons-nous la Parole de Dieu ? Avec droiture et générosité ? Ou dans l’indifférence et le refus ? 

    Cette différence dans l’accueil de la Parole de Dieu est illustrée par la question des pharisiens à Jésus : “Est-il permis à un mari de renvoyer sa femme ?” Jésus les renvoie à la loi de Moïse qu’ils connaissent par cœur. Ils savent qu’elle permet de renvoyer sa femme à condition d’établir un acte de répudiation. Jésus leur répond que si Moïse a fait cette concession, c’est à cause de l’endurcissement de leur cœur. La Bible prend les gens là où ils en sont pour les amener progressivement vers la Révélation dans le Christ Jésus.

    Dans sa réponse, Jésus prend le parti de Dieu. Il les renvoie au livre de la Genèse (1ère lecture) : “Il les fit homme et femme. À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme et tous deux ne feront plus qu’un. Ainsi, ils ne sont plus deux mais ils ne font qu’un.” Et Jésus ajoute : “Ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas.”

    Cet enseignement du Christ est très fort ; il défend la dignité du mariage. L’homme et la femme qui se marient sont appelés à former une communauté de vie, de partage et d’amour. À travers leur manière de s’aimer et d’aimer leurs enfants, ils disent quelque chose de l’amour passionné qui est en Dieu. Or c’est précisément cela qui a été voulu par Dieu depuis les origines. Il a voulu que leur amour soit un écho de celui qui est en lui.

    C’est vrai que tout cela ne va pas sans difficulté. Il suffit de voir tous ces couples qui n’arrêtent pas de se déchirer et qui finissent par se séparer. Nous voyons aussi des vies de familles très déroutantes : certaines se contentent d’être des familles “hôtel restaurant” ou des “familles dortoir”. Elles sont une simple juxtaposition de personnes ; il n’y a pas de vrai dialogue sur les questions essentielles.

    Un jour, Jésus a dit qu’il est “venu pour que tous les hommes aient la vie en abondance.” Cela vaut aussi pour les couples. Par le sacrement du mariage il veut les aider à ne plus faire qu’un dans l’amour. Aujourd’hui, nous le prions d’ouvrir le cœur de tous les époux à son projet d’amour. Aimer c’est une aventure qui s’appuie sur la fidélité de Dieu. L’union de l’homme et de la femme nous dit quelque chose de l’alliance entre Dieu et les hommes. En vivant dans l’amour, le respect et la fidélité, ils témoignent à leur manière d’un Dieu qui aime, qui pardonne et qui se donne.

    C’est vrai que tout cela n’est pas facile à vivre. Mais aujourd’hui, Jésus nous annonce une bonne nouvelle : ce qui est impossible aux hommes ne l’est pas pour Dieu. Dieu seul peut nous donner un cœur neuf, un esprit nouveau. Le problème de chacun de nous n’est pas la conversion des autres mais la nôtre ; c’est de transformer notre propre cœur. Dieu seul peut nous apprendre à aimer comme il nous aime. Il est fidèle, même si nous le trahissons. Il nous conserve sa tendresse absolue indépendamment de la nôtre. Alors, soyons parfaits comme notre Père du ciel. Même si ce n’est pas apparent, sa volonté coïncide toujours avec notre bonheur.

    Nous recevons cet Évangile comme un appel à défendre la famille sans relâche. À son époque, le pape Jean-Paul II nous rappelait que l’avenir de l’humanité passe par la famille. C’est là que nous apprenons le sens du partage, du don et du respect de l’autre. C’est aussi là que nous apprenons à nous ouvrir à la richesse du pardon et de l’écoute, au respect des différences, à la patience qui fait grandir.

    La lettre aux hébreux ne parle pas spécialement du mariage. Mais elle nous révèle cet amour passionné de Jésus pour tous les hommes. C’est un amour qui est resté fidèle et qui s’est donné jusqu’au sacrifice de sa vie. Par sa Passion, sa mort et sa résurrection, il nous a ouvert le chemin de la vraie vie. Ce qu’il attend de nous, c’est que nous venions à lui comme les petits enfants dont nous parle l’Évangile. C’est autour de lui que doit se construire l’unité des familles et celle des communautés chrétiennes.

    En ce dimanche, nous nous tournons ensemble vers notre Dieu qui est source de tout amour. L’Eucharistie, c’est Dieu qui se donne pour nous faire vivre de son amour à l’intérieur de nos familles et de nos divers lieux de vie. Dieu nous aime tous inconditionnellement quelle que soit notre situation et quels que soient nos torts. Il vient nous chercher là où nous en sommes pour nous inviter à faire un pas de plus sur le chemin de la vie. Que cette bonne nouvelle nourrisse notre espérance et notre prière !

    Sources : Revues Feu Nouveau et Signes, L’Évangile au présent (D. Sonnet, lectures bibliques des dimanches (A Vanhoye), Avec saint Marc (Claire Patier)

     SOURCE https://dimancheprochain.org/

    ----------------------

    Articles récents

    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique