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    TRAVAILLER À LA VIGNE DU SEIGNEUR

    Textes bibliques : : lire

    Les textes bibliques de ce dimanche dénoncent les incohérences qui peuvent exister dans nos jugements. C’est ce qui se passait au temps d’Ézéchiel (1ère lecture). Le prophète s’adresse à un peuple déporté loin de sa terre natale. La nation juive a été disséminée en terre païenne. Beaucoup pensent que c’est à cause des fautes des générations précédentes qu’ils subissent une telle catastrophe. Le prophète réagit contre cette mentalité : il rappelle à chacun ses responsabilités ; c’est également important pour nous : nous sommes tous appelés à réorienter notre vie vers le Seigneur et à le suivre.

    Dans la seconde lecture, saint Paul nous donne des précisions sur ce que doit être cette conversion. Il nous parle de vie fraternelle, d’humilité et même d’abaissement. Notre modèle doit être le Christ. Il a accepté la mort par amour de ses frères. C’est cette attitude qui lui a valu de triompher. Et c’est à ce triomphe sur la mort et le péché qu’il veut tous nous associer. Avoir les mêmes sentiments que lui, c’est être tout entier orienté vers le salut et la vie des hommes.

    Dans l’Évangile, Jésus nous nous raconte la parabole des deux fils qui sont envoyés par leur père pour travailler à sa vigne. Ces enfants qui disent oui mais ne font rien, nous en connaissons tous. Quand on leur demande de faire quelque chose, ils savent dire un oui convaincant, mais une heure plus tard, on les retrouve devant leur télévision ou plongés ou leur téléphone portable sans avoir bougé le petit doigt. À travers ce constat, Jésus nous interpelle sur notre vie : “vous avez de belles paroles mais vous ne faites pas ce que Dieu attend de vous. Votre vie n’est pas en accord avec ce que vous prétendez être. Vous croyez être parfaits, mais vous n’êtes pas convertis.

    Au même moment, nous avons des mal-croyants notoires, des gens de mauvaise vie, voleurs et tricheurs, des femmes qu’on disait perdues : les uns et les autres étaient considérés comme irrécupérables. Or voilà qu’ils accueillent l’annonce du Salut : ils se convertissent et changent de vie. Leur « non » est devenu un « oui » parce qu’ils ont cru à l’amour de Dieu qui les ouvrait à un avenir nouveau.

    Ce que Jésus dénonce, c’est l’orgueil et aussi le mépris à l’égard du pécheur. Ce dernier est enfoncé dans son passé et sa mauvaise réputation. On ne lui laisse aucune chance, mais Dieu n’est pas ainsi. Comme nous l’a rappelé le prophète Ézéchiel, le juste peut se pervertir et le méchant se convertir. Jésus voit ce qu’il y a dans le cœur de chacun. Il accueille le pécheur qui revient à Dieu. Les publicains et les prostituées avaient commencé par dire non à cet appel. Mais ils se sont convertis. Ils ont accueilli celui qui, seul, pouvait donner un sens à leur existence. Cette rencontre avec Dieu a complètement changé leur vie. Tout au long des évangiles, nous découvrons que les grands témoins de la foi sont des pécheurs pardonnés.

    Au-delà des grands prêtres et des anciens, Jésus s’adresse aussi à chacun de nous ; c’est à nous qu’il pose la question : « Lequel des deux a fait la volonté du Père ? » La réponse nous appartient mais il ne faut pas oublier d’en tirer les conséquences : nous ne pouvons pas nous contenter de bons sentiments, de superbes résolutions, d’ardentes prières… il en faut bien sûr, mais si les actes ne suivent pas, nous ne sommes pas convertis. Une simple visite à un malade compte plus qu’un beau discours sur la maladie ; un pardon donné a plus de poids qu’une dissertation sur la paix.

    En ce jour, nous entendons la Parole du Père : « Mon fils, va travailler aujourd’hui à ma vigne ! » Cette vigne c’est le Royaume de Dieu, Royaume d’amour, de justice et de paix. C’est là que Dieu veut rassembler tous les hommes, y compris ceux qui sont loin de lui.

    Travailler à la Vigne du Seigneur, c’est participer à cette œuvre de rassemblement, c’est témoigner de la foi et de l’espérance qui nous habitent. Nous sommes tous envoyés dans ce monde pour y être des messagers de l’Évangile. C’est à notre amour que ns serons reconnus comme disciples du Christ.

    Nous allons célébrer ensemble cette Eucharistie : qu’elle soit pour chacun de nous le lieu du repentir qui précède un engagement plus vrai dans la vigne du Seigneur.

    Télécharger : 26ème dimanche du Temps ordinaire

    Sources : revues liturgiques – « Ta Parole est ma joie » (Joseph Proux).

    source http://homelies.livehost.fr/

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  • 25ÈME DIMANCHE ORDINAIRE (A)

    LES OUVRIERS DE LA 11ème HEURE

    Abbé Jean COMPAZIEU

    Textes bibliques : Lire

    Ces textes bibliques que nous venons d’écouter sont porteurs d’espérance. Ils nous disent l’amour gratuit de Dieu qui nous est offert à tous, sans mérite de notre part. Même quand tout va mal, il est là. C’est ce qui est annoncé par le prophète Isaïe dans la première lecture. Il s’adresse à un peuple très éprouvé par de longues années d’exil. Dieu l’invite à se nourrir de sa Parole dans un festin où tout est donné gratuitement.

    Le Seigneur se veut proche de tous. Mais il faut le chercher, l’invoquer et le désirer. Il appelle les pécheurs que nous sommes à convertir leur pensée et leur conduite. Nous sommes tous invités à revenir vers Dieu qui est riche en pardon et en miséricorde. Sa sainteté et sa transcendance le placent à une immense distance entre le ciel et la terre. C’est le péché qui a creusé cet écart entre l’homme et le Dieu trois fois saint. Mais Dieu ne cesse de faire le premier pas vers nous. Son amour nous est toujours offert. Il nous rapproche ainsi de ses pensées et de ses chemins.

    L’apôtre Paul a lui aussi bénéficié de cette miséricorde du Seigneur. Depuis qu’il a été saisi par le ressuscité sur le chemin de Damas, sa vie n’a d’autre horizon que de diffuser la bonne nouvelle. Par sa vie, il rend gloire au Christ en le servant. Au moment où il écrit sa lettre, Paul est en prison. Il sait qu’il va être condamné à mort. Il affirme que pour lui, ce serait un bien, car il serait pour toujours avec le Seigneur. Mais si, en restant dans ce monde, il peut se rendre utile aux communautés chrétiennes, il est prêt à travailler pour elles. Il nous apprend à renoncer à notre manière de penser pour nous ajuster à celle de Dieu.

    Dans l’Évangile, nous lisons la parabole des ouvriers de la 11ème heure. Il y aura toujours quelqu’un pour dire : « Je ne suis pas d’accord ; il n’est pas normal que les ouvriers de la 11ème heure soient payés comme ceux de la première ». C’est vrai, mais ce n’est pas de cela qu’il s’agit dans l’Évangile de ce jour. Le vrai message est ailleurs.

    On nous a appris qu’il faut faire beaucoup d’efforts pour chercher Dieu, le rencontrer, le « mériter » et ainsi pouvoir accéder à son Royaume. Aujourd’hui, l’évangile voudrait nous aider à corriger notre manière de voir les choses. Ici, c’est le Maître du domaine c’est-à-dire Dieu qui fait le premier pas vers l’homme. Lui-même sort cinq fois pour embaucher des ouvriers pour sa vigne. C’est Dieu qui, le premier, se met à la recherche de l’homme. Il le fait inlassablement sans jamais se décourager.

    L’important c’est d’entendre cet appel que le Seigneur nous adresse inlassablement tout au long des jours et des années : « Allez, vous aussi, à ma vigne. » Cette vigne, c’est un symbole très fort que nous retrouvons tout au long de la Bible. Pour l’Évangile, c’est le Royaume de Dieu. Jésus en est le cep et nous sommes les sarments. Il faut absolument que cette vigne produise du fruit. C’est en vue de cette mission que Dieu appelle des ouvriers. Travailler à la vigne du Seigneur c’est témoigner de l’espérance qui nous anime. Nous sommes envoyés vers ceux et celles qui nous entourent, en particulier vers ceux qui sont blessés par les épreuves de la vie, la violence, la maladie, les catastrophes naturelles.

    Travailler à la vigne du Seigneur, c’est tout faire pour redonner joie et espérance à ceux qui en manquent, c’est être artisan de paix, d’unité et de réconciliation, c’est tout faire pour que nos communautés deviennent plus vivantes et plus fraternelles.

    À travers notre accueil, nos paroles et nos actes, ceux qui nous entourent doivent pouvoir découvrir quelque chose de la bonté de Dieu. Ils sont nombreux ceux et celles qui doutent et qui cherchent un sens à leur vie. Ils ont besoin de rencontrer sur leur route de vrais témoins de la foi.

    En réponse à cet engagement, le Christ nous promet « ce qui est juste. » Dans notre esprit, il s’agit d’un salaire proportionnel au travail accompli. Celui qui travaille plus doit gagner plus. Mais la justice de Dieu n’a rien à voir avec cette conception distributive. Elle est fondée sur l’amour, un amour sans limite qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Le salaire qu’il promet, c’est d’être avec Jésus dans son Royaume. De ce fait, il est forcément le même pour tous. Il ne faudrait pas croire qu’en raison de nos mérites, nous avons des droits sur Dieu. Dieu ne nous donne pas en fonction de nos mérites mais en fonction de son amour qui sans limite.

    En célébrant l’Eucharistie, nous demandons au Seigneur de nous ajuster à cet amour qu’il ne cesse de nous porter. Qu’il nous apprenne à regarder les autres comme des frères et des sœurs. Il n’y a pas de premiers ou de derniers. Nous sommes tous appelés à la même table de famille, tous enfants du même Père.

    Télécharger : 25ème-dimanche-du-temps-ordinaire

    Sources : Revues Fiches dominicales – Feu Nouveau – Lectures bibliques des dimanches (Albert Vanhoye) – Guide Emmaüs des dimanches et fêtes – dossiers personnels.

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  • 24ÈME DIMANCHE ORDINAIRE (A)

    PARDONNER 70 FOIS SEPT FOIS

    Abbé Jean COMPAZIEU
    Textes bibliques : Lire

    Ces trois dernières semaines les textes bibliques nous ont parlé de la vie fraternelle et communautaire. En ce dimanche, ils insistent sur la nécessité du pardon. Pardonner à ceux qui nous ont fait du mal, c’est contraire à la mentalité du monde. Nous le constatons tous les jours : “Une fois, ça passe ; deux fois ça lasse ; trois fois ça casse.” C’est ce qui se dit très souvent mais c’est absolument contraire au message de la Bible.

    Bien avant la venue de Jésus, Ben Sirac écrivait : “Rancune et colère, voilà des choses abominables où le pécheur s’obstine”. Ce texte de l’Ancien Testament nous appelle à dépasser le cercle vicieux de la haine et à entrer dans la spirale montante du pardon et de l’amour mutuel. Ces paroles nous rejoignent dans une société qui pratique la vengeance contre eux qui nous ont fait du mal. Oui, bien sûr, il y avait la loi du Talion : “œil pour œil, dent pour dent” ; mais c’était déjà un progrès car cette loi limitait la vengeance. Aujourd’hui, il ne s’agit plus de la limiter mais de la refuser jusqu’au bout.

    C’est ce que nous découvrons avec l’Évangile de ce jour ; Pierre pensait être généreux en pardonnant jusqu’à sept fois. Sept est un chiffre qui symbolise la totalité. Mais dans son propos, Pierre reste encore dans la logique comptable. Jésus va bien plus loin : il multiplie à l’infini le devoir de pardonner : pardonner jusqu’à “70 fois sept fois” veut dire pardonner encore et toujours pour chacune des offenses ; ce que Jésus nous demande, il l’a vécu jusqu’au bout : livré aux mains des hommes, il a été bafoué, torturé et mis à mort sur une croix. Mais il a pardonné. Lui seul peut nous donner le courage d’aller jusqu’au bout.

    Ils sont nombreux ceux et celles qui l’ont suivi sur ce chemin : je pense à cet homme qui écrivait : “Il nous faut pardonner ; c’est la seule attitude qui convienne à des chrétiens.” Il parlait de celui qui l’avait dénoncé pour aller en camp de concentration. Malgré les horreurs qu’il y a vécues, il a eu le courage de pardonner. En agissant ainsi, il a suivi l’exemple du Christ.

    Pour mieux se faire comprendre, Jésus nous raconte une parabole. Il compare Dieu à un roi qui voulut régler ses comptes avec ses serviteurs. On lui en amène un qui devait dix mille talents (soixante millions de pièces d’argent). C’est une somme énorme, absolument impossible à rembourser ; en nous racontant cette parabole, Jésus veut nous faire comprendre où nous en sommes vis à vis de Dieu : la démesure de cette dette n’est qu’une image de ce qui se passe entre lui et nous. Devant lui, nous sommes des débiteurs incapables de rembourser.

    Et pourtant, quand nous les supplions, Dieu ne se contente pas de nous accorder un délai. Il va jusqu’à nous faire grâce, tout cela au nom de l’amour qu’il nous porte. L’Évangile nous dit qu’il est “saisi de pitié”. C’est une expression que nous rencontrons souvent, par exemple quand Jésus se trouve devant un malade, un lépreux, un paralysé ; c’est le cœur qui parle. Le pardon est donné pour permettre un avenir à celui qui n’en a pas d’autres possibles.

    Si le Seigneur se comporte ainsi à l’égard des hommes, c’est pour nous apprendre à suivre son exemple à l’égard de ceux qui nous ont fait souffrir. C’est vrai que l’offense d’un frère nous fait mal. Mais elle est bien peu de choses par rapport à tous nos manques envers Dieu. Cent euros, c’est insignifiant par rapport aux soixante millions que je dois. Imiter Jésus, c’est abandonner sa rancune même justifiée, pour qu’elle ne se transforme pas en rancœur, de peur que notre cœur ne devienne “rance”

    Aujourd’hui, Jésus nous invite à tendre la main à l’offenseur pour l’aider à se relever. Pardonner, c’est aimer, c’est repartir ensemble sur des nouvelles bases. Dieu est un Père qui aime chacun de ses enfants. Son grand désir, c’est que ses enfants restent unis et solidaires. C’est pour cela qu’il nous a laissé son grand commandement : “Aimez-vous les uns les autres COMME je vous ai aimés” (autant que je vous ai aimés, jusqu’au pardon).

    En parlant du pardon, nous n’oublions pas que Jésus nous a donné un sacrement pour l’accueillir. Chaque fois que nous nous adressons au prêtre pour le demander, c’est Jésus qui est là pour nous tendre la main. Il ne demande qu’à nous décharger de nos fautes pour nous rapprocher de Dieu. Il vient renouveler en nous la grâce du baptême. C’est ainsi que nous retrouvons notre place d’enfants de Dieu.

    Dans la seconde lecture, saint Paul nous dit que ” nous ne nous appartenons pas à nous-mêmes”. Nous vivons et nous mourrons pour le Seigneur. Avec lui, tout est cadeau : sa miséricorde est source de joie et de paix. Elle nous ouvre à l’espérance d’être aimés pour toujours malgré nos limites et nos péchés. Pour toutes ces merveilles, nous rendons grâce : « Gloire à Dieu, paix aux hommes, joie du ciel sur la terre ». Amen

    Télécharger : 24ème dimanche du temps ordinaire

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  • 23ÈME DIMANCHE ORDINAIRE (A)

    LA CORRECTION FRATERNELLE


    Abbé Jean COMPAZIEU
     
    Textes bibliques : Lire


    Les lectures bibliques de ce dimanche nous rejoignent en période de rentrée. Beaucoup d’activités communes, scolaires ou autres, reprennent leur cours. À cette occasion, il nous est utile de réfléchir à nos responsabilités. Qu’est-ce qui doit nous guider dans nos relations avec les autres ? Cette question se pose depuis toujours et elle occupe une place importante dans la liturgie de ce jour.
    C’est ce qui se passe avec le prophète Ézéchiel au temps lointain de l’exil à Babylone. Nous le voyons se sentir responsable de sa communauté. Il s’entend appelé par le Seigneur et reçoit la mission de « guetteur » pour la maison d’Israël. Dieu ne lui demande pas de surveiller ses proches mais d’être un gardien qui veille sur eux ; il doit tout faire pour les empêcher de prendre le mauvais chemin. Le psaume qui suit nous montre la route à suivre : « Écoutez la voix du Seigneur ; ne fermez pas votre cœur.

    Quelques siècles plus tard, saint Paul viendra apporter un éclairage nouveau. S’adressant aux chrétiens de Rome, il leur rappelle les éléments essentiels de la loi : pas d’adultère, pas de meurtre, pas de vol, as de convoitise… Mais il invite à aller plus loin :  » Ces commandements et tous les autres se résument dans cette parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même… Le plein accomplissement de la Loi, c’est l’amour. »

    L’Évangile vient préciser un aspect important de cette loi de l’amour, notamment en ce qui concerne les relations dans la communauté des disciples. Pour comprendre ce message, nous devons nous rappeler que nous sommes tous membres de la famille de Dieu et qu’il ne veut pas qu’un seul se perde. Il veut ramener à lui tous ses enfants dispersés. Il nous invite à partager son souci en nous aidant mutuellement à vivre en enfants de Dieu. Notre mission n’est pas d’épier le péché de notre frère mais de lui montrer le chemin qui peut le sauver.

    Nous ne devons jamais oublier que celui qui a péché est d’abord notre frère. Avant d’être un coupable, il est un frère qu’il faut aimer, un malade qu’il faut soigner et guérir. Il ne s’agit plus d’accuser ou de dénoncer mais d’avoir un regard fraternel qui accueille et redonne confiance. C’est cette attitude qu’a eu Jésus envers la Samaritaine. Il a eu une qualité d’écoute et un regard qui ont provoqué en elle ce retournement et cette conversion.

    Si cette rencontre individuelle n’aboutit pas, Jésus nous invite à faire comme le médecin qui fait appel à un confrère : “Prends avec toi deux ou trois personnes…” A deux ou trois, on y voit plus clair. On arrivera à mieux le persuader. Puis en cas de refus, on va le dire à la communauté de l’Église. Elle va tout faire pour le porter dans sa prière et le ramener à Dieu.

    “S’il n’écoute pas l’Église, considère-le comme un païen et un publicain.” Non, ce n’est pas la condamnation finale qui exclut le pécheur. C’est lui qui s’est mis en dehors. Tout doit être entrepris par l’ensemble de la communauté pour ramener celui ou celle qui s’est égaré en prenant une mauvaise orientation. Nous connaissons tous la parabole de la brebis perdue. Son maître fait tout pour la retrouver. On peut dire qu’actuellement, c’est tout le troupeau qui est perdu. Nous sommes tous concernés. Personne n’a le droit de dire que ce n’est pas son problème. Nous sommes tous responsables les uns des autres : un jour, Dieu nous posera la question : “qu’as-tu fait de ton frère ?”

    Cet Évangile se termine par un appel à nous unir dans la prière. Quand nous sommes réunis en son nom, Jésus est là. Il est présent aujourd’hui dans l’Eucharistie qui nous rassemble. Il nous rejoint pour mettre son amour en nos cœurs. C’est avec lui que nous pourrons refaire la communion qui est cassée. Et surtout, n’oublions jamais que pour gagner tous ses frères, Jésus s’est donné jusqu’au bout, jusqu’à la mort sur une croix. Alors “aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur mais écoutons la voix du Seigneur. Amen

    Télécharger : 23ème dimanche du Temps ordinaire

    Sources : Revue Feu Nouveau – Guide Emmaüs des dimanches (JP. Bagot) – Lectures bibliques des dimanches (Albert Vanhoye)

    « Il faut beaucoup parler d’amour avant de parler d’interdits. Parce que la vraie vie est au-delà des « barricades » de toutes sortes. » (Louis Futin)

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  • NOUS AJUSTER À DIEU 

    Abbé Jean COMPAZIEU

    Textes bibliques: Lire

    Dans le livre du prophète Isaïe, nous lisons cette parole du Seigneur : « Mes pensées ne sont pas vos pensées ». C’est une manière de nous faire comprendre que nous avons sans cesse à nous ajuster à notre Dieu. Et nous voyons bien que ce n’est pas facile ; c’est ce qui se passe avec le prophète Jérémie (1ère lecture) : il est envoyé par Dieu pour appeler son peuple à la conversion. Mais il se trouve affronté à des gens qui ne veulent rien entendre. On le considère comme un trouble-fête car il n’arrête pas d’annoncer des catastrophes imminentes. Il se voit rejeté de tous et il crie son désespoir. Il voudrait échapper à Dieu mais celui-ci l’a séduit. C’est comme un feu qu’il ne peut contenir. Il ne peut se taire car la vérité de Dieu est plus forte que lui.

    C’était il y a longtemps ; mais aujourd’hui, cela n’a guère changé. Nous vivons dans une société qui se laisse imprégner par la mentalité du monde. L’Évangile nous invite à aller à contre-courant. Aujourd’hui comme autrefois, le Seigneur ne cesse de nous envoyer des prophètes pour nous dire et nous redire : « Convertissez-vous, sinon vous courez à la catastrophe. » Or ces appels ne sont pas pris au sérieux. Ils sont souvent tournés en dérision. Mais rien ni personne ne peut empêcher la progression de la Parole de Dieu. C’est à cette parole que nous devons nous ajuster chaque jour et non aux idées du monde.

    C’est exactement cet appel que nous lisons dans le témoignage de saint Paul (2ème lecture). Après avoir été un persécuteur des chrétiens, il a changé de cap. Il s’est ajusté à Jésus Christ. Et aujourd’hui, il nous invite à faire de même : “Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour savoir reconnaître quelle est la volonté de Dieu.” C’est en progressant dans l’amour que nous trouvons la vraie joie. Dieu est amour. Sa joie est d’aimer et de se donner avec une absolue générosité.

    Dans l’Évangile, nous voyons Pierre qui a du mal à s’ajuster à Jésus. Dimanche dernier nous l’avons entendu faire une belle profession de foi. Il proclamait : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant ». Jésus le proclamait “heureux”. Il lui a alors fait comprendre qu’il n’avait pas découvert cette vérité tout seul mais grâce à son Père du ciel. Mais il sait que ses disciples sont loin d’avoir tout compris. C’est pour cette raison qu’il leur impose le silence.

    Aujourd’hui, nous comprenons mieux pourquoi. Jésus vient d’annoncer sa Passion, sa mort sur la croix et sa résurrection. Pour Pierre, c’est impensable. Il s’attendait à un Messie qui allait triompher avec puissance sur tous les obstacles. Comme les gens de son temps, il voyait en lui celui qui allait libérer son peuple de ses péchés et de l’occupation Romaine. Jésus résiste violemment à cette mentalité comme il le fit lors de la tentation au désert. Comme Pierre, nous risquons nous aussi de nous égarer en nous faisant une fausse idée de Jésus. C’est pour cela qu’il nous faut lire et relire les Évangiles chaque jour.

    En ce jour, nous entendons, de la part de Jésus, une mise au point très ferme : “Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix, et qu’il me suive.” Il ne s’agit plus pour les disciples de tracer leur route selon leurs propres désirs mais de marcher derrière Jésus. C’est lui qui nous montre le chemin pour nous conduire vers la vraie vie. Son amour va jusqu’à livrer son corps et verser son sang pour nous et pour la multitude. Le chemin qu’il nous montre n’est pas un chemin de facilité mais de renoncement et de don de soi.

    Être disciple du Christ c’est donc prendre notre croix. Porter sa croix c’est accepter le risque de la fidélité, le risque d’être incompris, bafoué et ridiculisé. C’est accepter de donner la priorité au service des autres. Nous sommes loin des perspectives du monde qui met le “moi” au premier plan, le service des autres au deuxième et le service de Dieu en dernier (quand il est considéré). Celui qui choisit les perspectives de ce monde peut obtenir des avantages matériels immédiats. Mais à quoi ça sert si nous devons y perdre notre véritable vie, celle qui conduit à Dieu ?

    Voilà ces textes bibliques qui nous provoquent à nous ajuster à Dieu et à son projet. C’est une conversion de tous les jours qui se sera possible que dans la méditation de l’évangile et la prière. Si nous le voulons bien, le Christ sera toujours là pour nous guider sur le chemin de la vie et nous accompagner dans notre lutte contre la tentation. Avec lui, les forces du mal n’auront jamais le dernier mot. Il en a été victorieux et il veut nous associer tous à sa victoire.

    C’est pour mieux répondre à cet appel du Seigneur que nous nous réunissons chaque dimanche pour célébrer l’Eucharistie. C’est là que nous nous nourrissons de la Parole et du Corps du Christ. Grâce au don qu’il nous fait, nous apprenons à ne pas nous conformer au monde mais à lui et à son amour. En lui, nous entrons dans une vie féconde source de joie et de partage, source de paix et d’amour. La Vierge Marie nous précède sur ce chemin ; laissons-nous guider par elle.

    Télécharger : 22ème dimanche du Temps ordinaire

    Sources : Revue Feu Nouveau – L’Intelligence des Écritures (MN Thabut) – Guide Emmaüs des dimanches et fêtes – commentaires du missel communautaire (Père André Rebré) – dossiers personnels.

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  •  » DIEU L’A SUSCITÉ »

    Textes bibliques : Lire

    En lisant l’Évangile de ce dimanche, nous avons pu constater que les gens se trompent beaucoup sur l’identité de Jésus : « Pour les uns, Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres encore, Jérémie ou l’un des prophètes. » Face à toutes ces réponses, Jésus veut s’assurer que ses disciples le connaissent vraiment. Inspiré par Dieu, Pierre a compris qui est Jésus : « Tu es le Christ, le Fils du Dieu vivant. »

    En réponse à cette belle profession de foi, Pierre se voir confier une mission : « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Église ». Remarquons bien qu’il dit « mon Église ». Quelquefois, nous entendons des gens qui disent : « j’ai mal à mon Église » ; non, ce n’est pas « notre Église » mais celle de Jésus Christ. Et il affirme même que la puissance de la mort ne l’emportera pas sur elle. C’est donc un appel pour nous à vivre dans l’espérance. Le Christ vainqueur de la mort et du péché est toujours présent et agissant dans son Église.

    Le même Seigneur fait aussi appel à notre foi : la question nous est posée à tous : qui est Jésus pour nous ? Est-il vraiment au centre de tout ce qui est important pour nous ? Est-il notre chemin, notre vérité et notre vie ? Quand on l’a rencontré, on prend conscience de son amour sans mesure et on a envie de le faire connaître. La bonne nouvelle de l’Évangile doit être annoncée à tous. Pour beaucoup, c’est un changement radical dans leur vie. Autrefois, ils étaient très loin de la foi. Puis ils ont découvert un amour qui dépasse tout ce qu’ils pouvaient imaginer.

    C’est aussi cet amour du Seigneur que nous sommes invités à accueillir dans notre vie pour pouvoir mieux le rayonner autour de nous. Le Seigneur nous engage pour participer à la construction de son Église. Quand on visite un chantier, on ne juge pas sur le désordre qu’on y trouve. Notre regard doit se porter vers l’avenir. Les divisions, les violences et les scandales n’auront pas le dernier mot contre l’Église de Jésus Christ. C’est dans cette espérance que nous nous engageons comme Pierre et ses compagnons à la suite de notre Sauveur.

    Cet appel du Seigneur, nous le trouvons déjà dans la 1ère lecture. Le livre du prophète Isaïe nous parle d’Éliakim qui est appelé par Dieu pour prendre soin de son peuple. Il reçoit l’investiture pour remplacer un serviteur royal devenu trop ambitieux. Nous ne savons rien d’Éliakim. Son nom signifie  » Dieu l’a suscité ». Il fait désormais partie de ceux que Dieu a choisis pour conduire son peuple. C’est Dieu qui choisit et qui appelle.

    L’apôtre Paul a lui aussi été suscité par Dieu. Au départ, c’était un pharisien qui persécutait les chrétiens ; en agissant ainsi, il croyait sauver l’honneur de Dieu. Mais un jour, il a rencontré Jésus sur le chemin de Damas. Cette rencontre a été pour lui le point de départ d’un véritable bouleversement. Le persécuteur acharné a été appelé à devenir un grand témoin de la foi dans le monde païen. Dans le texte d’aujourd’hui, nous le voyons proclamer avec enthousiasme les merveilles de Dieu tout au long des siècles. Tous les hommes, juifs et païens sont appelés “fils de Dieu”. Si Dieu a suscité le peuple d’Israël, c’est pour partager avec l’humanité entière ce bonheur d’être aimé par Dieu.

    Nous aussi, nous sommes suscités par le Seigneur pour travailler à son chantier. Il compte sur nous pour témoigner de l’espérance qui nous anime. Il nous envoie vers les autres, vers tous ceux qui souffrent à cause du chômage, de l’exclusion, la violence, tous ceux pour qui la vie n’a plus aucun sens parce qu’ils se sentent inutiles. C’est dans ce monde-là que nous avons à témoigner de la foi qui nous anime. Mais au bout du compte, nous découvrons qu’il nous précède dans le cœur de ceux qu’il met sur notre route. Nous ne devons pas bâtir sans lui. Nous ne sommes pas à notre compte. Le Seigneur est présent avec nous, tous les jours et jusqu’à la fin du monde. Si nous croyons vraiment en lui, nous ne nous laisserons pas aller au découragement. Nous croirons à l’avenir de son Église et à l’avenir de l’homme aimé de Dieu.

    C’est pour mieux répondre à cet appel du Seigneur que nous nous réunissons le dimanche pour célébrer l’Eucharistie. C’est là que nous nous nourrissons de la Parole et du Corps du Christ. Puis, à la fin de la messe, c’est l’envoi vers tous ceux et celles qu’il mettra sur notre route. Prions-le par l’intercession de la Vierge Marie pour qu’il nous aide à être de vrais témoins de son amour.

    21ème dimanche du Temps ordinaire

    Sources : Revue Liturgiques – L’Intelligence des Écritures (MN Thabut) – Guide Emmaüs des dimanches et fêtes – commentaires du missel communautaire (Père André Rebré) –

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  • BONNE NOUVELLE POUR TOUS

     Abbé Jean COMPAZIEU

    Textes bibliques : Lire

    Les textes bibliques de ce dimanche nous annoncent que le Salut de Dieu est offert à tous les hommes. C’est ce message que nous trouvons dans le Livre d’Isaïe (1ere lecture) : “Les étrangers qui se sont attachés au service du Seigneur… je les conduirai à ma montagne sainte”. Dans l’ancien Testament, Dieu s’est choisi un peuple. Il lui a consacré l’essentiel de ses faveurs. Mais cette limitation n’est pas rigide. Les privilèges du peuple élu étaient destinés à être partagés avec toutes les nations. Dieu les conduira sur la montagne sainte, c’est-à-dire sur le Temple. Il veut associer toutes les nations au peuple élu afin de les introduire dans son intimité. Il veut le Salut de tous les hommes du monde entier.

    C’est cette même bonne nouvelle que nous lisons dans lettre de saint Paul aux Romains. Il est affronté à l’incrédulité des Hébreux qui ne veulent pas accueillir la grâce de Dieu offerte pas le Christ. Mais il ne perd pas espoir. Il voit dans ce rejet de l’Église une situation provisoire. Il fallait que la porte de Royaume de Dieu soit ouverte à tous les hommes. Les juifs ont refusé cette ouverture. Mais un jour, ils reconnaîtront que Dieu a vraiment parlé dans le monde païen. Ils viendront alors prendre leur place dans la totalité du peuple de Dieu. Ayant reconnu leurs péchés, ils découvriront ce qu’est la miséricorde divine.

    L’Évangile nous présente l’épisode de la Cananéenne qui vient vers Jésus. Il faut savoir que c’est une non-juive, une païenne. Apprenant l’arrivée de Jésus, elle vient le supplier : “Aie pitié de moi, Seigneur, fils de David ! Ma fille est tourmentée par un démon”. Face à cette demande, Jésus adopte une attitude surprenante. Il ignore cette prière. Il répond que cela ne fait pas partie de sa mission : “Je n’ai été envoyé qu’aux brebis perdues de la Maison d’Israël.” Puis devant l’insistance de cette femme, il ajoute : « Ce n’est pas bien de prendre le pain des enfants pour le donner aux petits chiens. » Cette parole est particulièrement dure puisqu’elle compare la Cananéenne à un petit chien.

    Mais cette femme ne s’offusque pas. Au contraire, elle fait preuve d’une grande humilité. Les petits chiens ne peuvent pas prétendre à ce qui se trouve sur la table, mais ils peuvent ramasser les miettes qui tombent au sol. Devant une telle foi, Jésus est en admirations. Il comprend que la foi de cette femme est inspirée par le Père des cieux. Il ne peut résister à une foi aussi merveilleuse.

    A travers ces trois lectures, nous découvrons que la Bonne Nouvelle est pour tous. Elle est offerte à tous les païens autant qu’aux membres du Peuple de Dieu. Et ils ont droit à bien plus que des miettes. L’autre semaine, nous avons lu l’Évangile de la multiplication des pains. Nous avons vu qu’il restait douze paniers. A la fin de la messe chacun est reparti avec un panier rempli de l’amour qui est en Dieu. Et aujourd’hui, nous revenons à lui pour le remplir de nouveau afin de le distribuer à tous.

    Depuis la Pentecôte, l’annonce de la bonne nouvelle doit se poursuivre jusqu’à la fin des temps. Le problème c’est que les communautés chrétiennes restent souvent repliées sur elles autour de leur clocher. On oublie l’appel de l’Esprit Saint : “Sortez de vos murs et allez témoigner du Christ qui veut le salut de tous”. Une foi authentique ne se cantonne pas à l’intérieur des murs des églises. Elle va sur les places publiques et ne craint pas les terres étrangères.

    En ce jour, nous n’oublions pas les chrétiens persécutés qui donnent ce témoignage au péril de leur vie. Il faut savoir que ce témoignage donne du fruit. Des persécuteurs violents rencontrent le Christ, un peu comme Paul sur le chemin de Damas. Et ils se convertissent à lui. On n’en parle pas beaucoup mais ils sont nombreux à se tourner vers lui et à témoigner de cette merveilleuse rencontre.

    En ce dimanche, nous sommes tous invités à sortir de nos murs et à nous ouvrir à l’amour universel de Dieu pour tous les hommes. Nous ne pouvons pas nous enfermer dans nos perspectives étroites. La mission de l’Église n’est pas de se sauver elle-même mais de sauver le monde. Le Seigneur veut le salut de tous les hommes. Beaucoup sont “mal croyants”, marginaux de la foi. Certains ont adopté des superstitions qui les laissent insatisfaits. Et puis, nous pensons aussi à tous ces baptisés qui, pendant des années, se sont éloignés de la foi. Mais le Seigneur s’arrange toujours pour les mettre sur notre route. Alors, nous pouvons nous poser la question : qu’avons-nous à leur offrir ? Des miettes ou du pain ?

    En ce jour, nous te supplions, Seigneur : Donne-nous un cœur généreux afin d’accueillir tous ceux que tu mettras sur notre chemin.

    Télécharger : 20ème dimanche du Temps ordinaire

    Sources : Revue Feu Nouveau – Lectures bibliques des Dimanches (A. Vanhoye) – Paroles pour la route – Guide Emmaüs des dimanches et fêtes

    source http://homelies.livehost.fr/

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  • MON ÂME EXALTE LE SEIGNEUR

    Textes bibliques : Lire

    En ce 15 août, nous célébrons la fête de l’Assomption de la Vierge Marie, son entrée définitive dans la gloire de Dieu. C’est une fête exceptionnelle à laquelle tous les chrétiens sont convoqués. Tous les ans, de nombreux pèlerins ont l’habitude de se rassembler à Lourdes, La Salette, Fatima et en divers autres lieux de pèlerinage. Cette année, beaucoup ne peuvent s’y rendre à cause de la pandémie ; mais rien ne nous empêche de nous tourner vers la Vierge Marie pour implorer sa protection.

    Dans le Nouveau Testament, on parle très peu de Marie, mais ce qu’on nous en dit est de la plus haute importance. L’Évangile de ce jour nous rapporte le récit de la Visitation et la prière du Magnificat. Marie se rend chez sa cousine Élisabeth devenue enceinte du futur Jean Baptiste ; elle y va pour lui apporter ses services mais aussi pour communier avec elle du merveilleux bonheur de la vie. Elle rend grâce car, dans le cœur de Dieu, les petits, les humbles, les exclus ont la première place. Marie se reconnaît proche d’eux. Elle le montre par sa prière mais aussi par son engagement. C’est cet amour qui l’a poussée à faire ce long déplacement chez sa cousine Élisabeth.

    La Vierge Marie n’a pas changé : si nous l’appelons, elle accourt vers nous. Nous pouvons compter sur elle car elle est notre mère. C’est Jésus qui l’a voulu quand il était sur la croix. S’adressant à Jean, il lui dit : « Voici ta mère »; et à Marie : « Voici ton fils ». À travers lui, c’est toute l’humanité que Jésus confiait à sa mère. Alors, comme Jean, n’hésitons pas à prendre Marie chez nous et à lui donner la place d’honneur. Nous pouvons toujours compter sur elle.

    C’est en pensant à cela que nous lisons le récit de l’Apocalypse (1ère lecture). Pour ceux qui n’ont pas l’habitude, ce texte est un peu déroutant. Pour le comprendre, il faut savoir qu’il est écrit pour des chrétiens persécutés. Pour des raisons de sécurité, il utilise un langage codé que seuls les initiés peuvent comprendre. Toutes ces visions sont là pour annoncer la victoire du Christ sur les forces du mal. La femme qui engendre le Messie, c’est le peuple de Dieu. Ce Messie est affronté au dragon qui représente Satan mais aussi l’empire romain totalitaire et persécuteur. Mais contre ce Messie, il ne peut rien.

    La tradition chrétienne a vu dans la mère de ce Messie la Vierge Marie, mère de Jésus ; nous pouvons toujours compter sur elle dans notre combat contre les forces du mal. Comme nous le dit un très beau chant, elle est “la première en chemin”. Elle ne cesse de nous renvoyer au Christ vainqueur de la mort et du péché. Comme aux noces de Cana, elle continue à nous redire : “Faites tout ce qu’il vous dira…” Et Jésus nous invite à “puiser à la Source” de celui qui est l’amour, la paix et la joie.

    La deuxième lecture ne parle pas directement de Marie. Saint Paul nous rappelle que Jésus est ressuscité d’entre les morts. Il est le premier d’une longue lignée à rejoindre le Père dans sa gloire. Par-delà la mort, il nous ouvre le chemin. Ce sera un très beau cortège et Marie y occupera une place de choix. Elle est la première à bénéficier en son âme et en en son corps de la résurrection de Jésus, premier né d’entre les morts. Avec elle et avec tous les saints du ciel, nous sommes tous appelés à la gloire de la résurrection. Notre Dieu est le Dieu des vivants : il veut que nous ayons la vie en abondance. Cette fête du 15 août est une fête de la vie.

    L’Assomption de Marie nous montre donc le but de notre pèlerinage terrestre. Le chemin pour y parvenir, c’est Jésus lui-même qui nous le montre. Marie n’a pas suivi d’autre chemin. Elle a été l’humble servante du Seigneur. Elle est celle qui n’a eu d’autre souci « que tout se passe selon la Parole de Dieu ». Cette fête de l’Assomption vient raviver notre lien profond avec le Christ. Ce que Dieu a réalisé pour elle nous est offert à tous, gratuitement et sans mérite de notre part. Ce bonheur qui est le sien, nous y sommes tous appelés. Notre vie terrestre nous prépare à ce monde nouveau que Jésus appelle le Royaume de Dieu. Il importe que nous entendions bien l’appel du Christ et que nous nous mettions en route sans attendre.

    Au cours de la prière universelle, nous pourrons joindre notre prière à celle de Marie et à celle de l’immense foule de tous les saints du ciel pour les besoins spirituels et matériels de notre monde. Nous lui confierons toutes les souffrances de malades, des exclus et des blessés de la vie. Nous allons ensuite offrir le sacrifice de Jésus ; avec Marie debout au pied de la croix, nous supplions le Seigneur pour nous et pour le monde entier. Qu’il nous donne la joie et l’espérance de la rejoindre un jour.

    Télécharger : Assomption de la Vierge Marie

    Sources ; Revues liturgiques, Homélies pour l’année b (Amédée Brunot, Lectures bibliques des dimanches (Albert Vanhoye)

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  • « N’AYEZ PAS PEUR. »

    Textes bibliques : Lire

    Les textes bibliques que nous venons d’écouter nous invitent à faire un pas de plus sur le chemin de la conversion. C’est ce qui apparaît pour Élie dans le Livre des Rois. Il vient de combattre l’idolâtrie avec beaucoup d’ardeur ; Alors sa vie se trouve en danger. Après 40 jours et 40 nuits de marche, il arrive sur la montagne de l’Horeb (le Sinaï). Il lui a fallu toute cette longue marche pour s’apercevoir qu’il n’était pas sur le bon chemin et que, peut-être, il s’était trompé de Dieu. Comme ses adversaires, il s’imaginait un Dieu de puissance.

    Mais Dieu ne l’abandonne pas : il l’invite à se tenir là et à attendre son passage ; il y eut un ouragan, un tremblement de terre, puis un feu. Mais le Seigneur n’était ni dans l’un ni dans l’autre. Après cela, ce fut le “murmure d’une brise légère”. Elie comprend alors que le vrai Dieu n’est pas celui de la violence. Ce n’est pas en massacrant les “infidèles” qu’on sauvera l’honneur du vrai Dieu. Plus tard, Jésus nous révèlera un Dieu qui n’est qu’amour et miséricorde. Il ne sait pas être autre chose. C’est en aimant que nous dirons quelque chose du vrai Dieu.

    L’apôtre Paul s’était lui aussi trompé sur Dieu. Dans un premier temps, il a violemment persécuté les chrétiens. Lui aussi croyait défendre l’honneur de Dieu. Mais un jour, il a rencontré Jésus sur le chemin de Damas. Pour lui, cela a été le point de départ d’une véritable conversion. Dans un premier temps, il rappelle aux chrétiens ce qu’ils doivent aux juifs qui leur ont donné Jésus : “C’est de leur race que le Christ est né. Les juifs appartiennent au projet divin”. Paul nous fait part de sa douleur face à l’incrédulité de ses frères de sang. La majorité des juifs suivent les pharisiens. Ils n’acceptent pas que le privilège du peuple élu soit étendu à tous les païens qui ont mis leur foi au Christ.

    L’évangile qui vient d’être lu fait suite au récit de la multiplication des pains. Jésus vient de nourrir une foule affamée. Le soir venu, il se retire sur la montagne pour prier. Il veut échapper à tous ces gens qui cherchent à faire de lui leur roi. Plus tard, il précisera que sa royauté n’est pas de ce monde. Sa mission première est de révéler aux hommes les secrets du Père. Nous pouvons imaginer sa déception et sa lassitude devant tous ces gens si lents à croire.

    Pendant qu’il est sur la montagne en cœur à cœur avec le Père, les disciples sont sur la barque. Ils avancent péniblement vers “l’autre rive”. Cette barque de Pierre est devenue le symbole de l’Église. Les vagues et les vents contraires évoquent le monde. Quand saint Matthieu écrit son Évangile, il s’adresse à des chrétiens persécutés. C’est encore plus vrai aujourd’hui. En Afrique et ailleurs, les chrétiens persécutés sont bien plus nombreux qu’aux premiers siècles. On veut les obliger à renier leur foi et leur imposer une religion qui n’est pas celle du Christ.

    Et puis, il y a bien d’autres tempêtes que nous affrontons un jour ou l’autre : celle des événements difficiles et des horizons bouchés, celle du Covid 19 qui a causé beaucoup de dégâts, celle de la précarité et de l’exclusion. Nous vivons dans un monde qui souffre de la guerre, de la violence et de l’exclusion. Les pauvres y deviennent de plus en plus pauvres et de plus en plus nombreux. Si nous voulons rester fidèles à l’Évangile du Christ, il nous faut lutter régulièrement contre les vents contraires.

    Mais voilà qu’en ce jour, nous entendons une bonne nouvelle : l’Évangile nous montre le Christ qui marche sur les eaux. La mer déchainée est le symbole des puissances du mal. Jésus qui marche sur l’eau nous montre que ce mal n’a pas de prise sur lui. Avant même qu’on l’appelle, il s’avance vers les siens. Son empressement à sauver ceux qu’il aime mérite d’être souligné. Il est “Emmanuel”, Dieu avec nous. Il nous assure de sa présence “tous les jours, jusqu’à la fin du monde. Au cours de cette traversée, les disciples ne reconnaissent pas Jésus. Pour le reconnaître, il faut le regard de la foi. Le plus important c’est que le Christ vient à nous, même si nous n’implorons pas sa venue. Quand la tempête fait rage, il se fait proche. Il reste présent même quand nous nous éloignons ou quand nous l’oublions.

    En lisant cet Évangile, comment ne pas penser à la Vierge Marie ? Elle en a connu des tempêtes. Dès le début, elle a dû fuir en Égypte pour protéger son enfant. Elle a beaucoup souffert de l’incompréhension de son peuple qui refusait le message de Jésus. Elle a suivi son fils jusqu’au pied de la croix. Aujourd’hui, elle est toujours là pour nous renvoyer au Christ. Comme à Cana, elle nous invite à faire tout ce qu’il nous dira. C’est ainsi qu’elle nous montre le chemin de la sainteté.

    Avec Marie, nous nous tournons vers le Christ. Quand tout va mal, n’hésitons pas à crier : “Seigneur, sauve-moi.” Et le Christ est toujours là pour tendre la main à celui qui l’implore avec confiance. Il est toujours disposé à sauver du naufrage celui qui l’implore. Conscients de notre fragilité et de nos faiblesses, nous le supplions : “Je crois, Seigneur, mais augmente ma foi”. (Luc 17, 5)

    Télécharger : 19ème dimanche du Temps ordinaire

    Sources : Revues liturgiques – L’Intelligence des Écritures (MN Thabut) – Paroles pour la route Année A (J.Y Garneau) – Reste avec nous quand vient le soir (Laurette Lepage)

    source http://homelies.livehost.fr/

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  • DIEU NOURRIT SON PEUPLE

    Textes bibliques : Lire

    La première lecture et l’Évangile nous parlent de nourriture ou plutôt de manque de nourriture. Le prophète Isaïe s’adresse à des gens désespérés qui vivent en terre d’exil depuis 50 ans. Il les invite à se tourner vers le Seigneur : « Écoutez le Seigneur et vous vivrez ». Leur vie dépend du Seigneur. Ce qu’il leur offre est beaucoup plus important que les frigos bien remplis. C’est Dieu lui-même qui se donne gratuitement et sans mérite de leur part. Nous sommes tous invités à nous en remettre à lui, même dans les situations les plus désespérées.

    Dans la seconde lecture, saint Paul nous parle précisément de cette gratuité du don de Dieu en Jésus Christ. Lui-même vit une situation très difficile. Il est persécuté et mis en prison. Mais il pousse un cri de joie car il a découvert la bonté du Seigneur. Même au milieu des pires difficultés, il ne cesse de crier sa confiance car il sait que rien ne peut le séparer de l’amour de Dieu. Ils sont nombreux aujourd’hui les chrétiens persécutés qui témoignent de leur attachement inébranlable au Seigneur.

    Dans l’Évangile, c’est la promesse d’Isaïe qui se réalise. En Jésus, c’est Dieu qui a vu la misère de son peuple affamé. Il est saisi de pitié devant tous ces gens. Il guérit les infirmes. Il vient pour guérir et donner aux hommes la paix. À travers ces paroles et ses gestes, c’est l’amour et la miséricorde de Dieu qui se donnent aux hommes. En ce jour, nous demandons à l’Esprit Saint de rendre nos cœurs pareils à celui du Christ, attentifs et ouverts devant la misère et la faim de nos frères. Nous sommes envoyés pour témoigner de cet amour passionné qui est en Dieu. Mais si nous voulons être crédibles aux yeux du monde, il faut que cela se voie dans notre vie, il nous faut mettre nos actes en accord avec l’Évangile.

    Le soir venu, c’est le signe de la multiplication des pains. Toute la foule a été rassasiée. Le danger serait de ne voir que le côté merveilleux de cette histoire. C’est vrai que nourrir toute une foule dans un endroit désert, c’est extraordinaire. Mais ce n’est pas le plus important. Cet Évangile nous invite d’abord à reconnaître Celui qui se révèle. Aujourd’hui comme autrefois, il prend soin de son peuple ; il nous nourrit gratuitement. En lui et par lui, c’est tout l’amour du Père qui se donne.

    Mais aujourd’hui, il nous faut faire un pas de plus : Jésus a été envoyé pour nourrir l’homme affamé de Dieu. Et puis, il y a un point important qu’il nous faut souligner : Les auteurs des évangiles, ont perçu ce miracle comme un signe de l’Eucharistie. Les gestes de Jésus sont les mêmes qu’à la Cène : “Il prit les cinq pains, il prononça la bénédiction, il rompit les pains, il les donna.” Ce pain qui est annoncé dans l’Évangile de ce jour, c’est celui de la Vie éternelle ; c’est son Corps livré pour nous et pour la multitude. Il y eut douze paniers pleins des morceaux qui restaient. C’est l’annonce de la vraie multiplication des pains qui ne cesse de s’accomplir par le ministère des prêtres.

    La multiplication des pains nous enseigne que Dieu nous donne une nourriture qui développe en nous notre capacité d’aimer. Elle nous ouvre à l’humanité toute entière. Tous les hommes sont “invités au festin des noces”. Jésus n’est pas venu pour quelques privilégiés mais pour la multitude. Quand le prêtre dit : “Heureux les invités au Repas du Seigneur”, il ne s’agit pas seulement de ceux qui sont présents physiquement mais de tous les hommes sans distinction. Tous sont invités à partager le don de l’Eucharistie, le don que Jésus fait de sa vie et qu’il fait totalement sans rien garder pour lui.

    En sortant de cette messe, nous sommes envoyés vers les autres avec un panier plein. Comme autrefois, Jésus continue à nous dire : “Donnez-leur vous-mêmes à manger”. Donnez à ceux qui ont faim de pain, faim d’amour, faim de reconnaissance. Si nous unissons nos forces humaines à celles du Christ, le miracle pourra se reproduire et l’Église revivra.

    Ce que Dieu attend de nous, ce n’est pas notre argent mais notre disponibilité. C’est l’apport du peu que nous avons et du peu que nous sommes. Cinq pains et deux poissons c’est vraiment dérisoire. Mais c’est avec ça que Jésus fait des merveilles. C’est un encouragement pour nous qui avons tendance à nous décourager devant toutes les misères du monde. Nous disons facilement que nous ne pouvons pas répondre à tous les besoins. C’est sans doute vrai. Mais avec un peu de folie, nous pouvons bien lui donner nos pains et nos poissons. Jésus vient nous apprendre à nous mettre au service des plus pauvres. Prêtons nos oreilles et notre cœur pour écouter leur tristesse et leurs rancœurs. Le Seigneur compte sur nous pour soutenir et fortifier. Aujourd’hui encore, il multiplie les fruits de notre bonne volonté bien au-delà de ce que nous pouvons imaginer.

    En lisant cet Évangile, nous pensons à Marie aux noces de Cana. Elle a vu qu’il n’y avait plus de vin. Elle voit aussi tous nos manques, manques de pain, manques d’amour… Et elle ne cesse d’intercéder auprès de son Fils pour nous et pour notre monde. Et aujourd’hui encore, elle continue à nous dire : « Faites tout ce qu’il vous dira. »

    Télécharger : 18ème dimanche du Temps ordinaire

    Sources : Revues liturgiques – Guide Emmaüs des dimanches et Fêtes (JP. Bagot) – Commentaire de Claire Patier – Dossiers personnels.

    source http://homelies.livehost.fr/

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