• Homélie de la fête de la Pentecôte

    Abbé Jean Compazieu 

    Un ouragan…

     

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    Textes bibliques (Messe du jour) : LIRE

    En ce 5Oème jour après Pâques, nous célébrons la fête de la Pentecôte. Nous savons, nous chrétiens que c’est le don de l’Esprit Saint aux apôtres puis à toute l’Église. Ils étaient tous là, la Vierge Marie, les apôtres, enfermés dans une pièce appelée Cénacle. Soudain, ils entendirent un bruit pareil à celui du vent, et ils virent des langues de feu se poser sur eux. C’est la promesse de Jésus qui se réalise. Jeunes et anciens sont pris dans l’ouragan de l’Esprit Saint. Ils sont propulsés dehors pour témoigner des merveilles de Dieu. 

    C’est important pour nous. L’Esprit Saint ne veut pas que  nous nous installions dans une Église « à air conditionné ». Notre pape François ne cesse de nous le rappeler : nous avons à témoigner des merveilles de Dieu jusque dans les périphéries. L’Esprit Saint qui nous est donné en vue de cette mission est comme un ouragan qui balaie toutes nos peurs. Notre Pentecôte à nous fut le jour de notre confirmation.  Depuis le Concile Vatican II, certains sont pris de vertige par une si rapide oxygénation. Rassurons-nous. Pierre a ouvert la fenêtre et il nous dit : « C’est la Pentecôte. » Faisons confiance l’Esprit Saint : Il apporte à l’Eglise de Jésus Christ une bouffée d’air frais. Il y chasse l’odeur de renfermé et de naphtaline dans laquelle nous avons trop tendance à nous installer.

    En réponse à ce cadeau merveilleux, nous ne pouvons que rendre grâce au Seigneur. Le psaume 103 nous invite précisément à la louange : « Tu envoies ton souffle… Tu renouvelles la face de la terre… » Nous rendons grâce au Seigneur pour toutes ses merveilles, celles d’autrefois et celles d’aujourd’hui. La Pentecôte c’est la naissance d’une nouvelle création. Cela a commencé par le brassage entre Juifs, Parthes, Mèdes, Elamites…. Tous les entendaient proclamer dans leur langue les merveilles de Dieu.  Nos assemblées dominicales sont aussi un brassage de gens très divers. Un enfant du catéchisme disait : « Dans ma classe, il y en a qui sont blancs, d’autres noirs ; il y en a un qui est d’Asie ; d’autres sont arabes. Il y en a qui disent : ‘Ce n’est pas normal, il devrait n’y avoir que des Français’. Moi je crois que si Dieu a fait l’arc-en-ciel avec des couleurs différentes, c’est qu’il aime ça. » Actuellement, dans le monde entier, tous entendent le message de Dieu dans leur langue. Et cette langue n’est rien d’autre que celle de l’amour qui est en Dieu.

    Quand on a reçu l’Esprit Saint, plus rien ne peut être comme avant dans notre vie. Ce qui nous est demandé, c’est de vivre sous sa conduite et de nous laisser guider par lui. Marcher sous la conduite de l’Esprit Saint, c’est le laisser agir en nous. Il est la seule source spirituelle capable d’arroser notre cœur. L’Esprit Saint est une force qui nous transforme. Elle nous donne amour, joie paix, patience, bonté, bienveillance, foi. C’est grâce à lui que nous pourrons nous ouvrir à Dieu.

    L’Évangile fait partie du discours de Jésus après la Cène, au soir du Jeudi Saint. Mais il a été écrit après Pâques, et cela change tout. L’Esprit que Jésus promet à ses disciples sera leur défenseur contre le mal. Comme lui, ils auront à souffrir de la persécution. Ils seront conduits devant les tribunaux. Mais le Seigneur ne les abandonne pas. Grâce à lui, ils pourront parler avec assurance devant ceux-là même qui ont fait mourir Jésus sur la croix. Il suffit de relire le livre des Actes des Apôtres pour se rendre compte de la force de ce témoignage.

    Comme au temps des apôtres, l’Esprit Saint est toujours agissant dans le monde d’aujourd’hui. Il est le défenseur des chrétiens persécutés. Nous savons qu’ils sont de plus en plus nombreux dans le monde. Nous pensons à tous ceux du Moyen Orient, de l’Afrique, de l’Asie et de nombreux pays. Le Seigneur nous assure de sa présence, tous les jours et jusqu’à la fin du monde. Il ne nous abandonne jamais, même dans les situations les plus désespérées. Rien ne peut l’empêcher de faire en sorte que le témoignage des chrétiens porte du fruit.

    Alors oui, Seigneur, envoie-nous ce Défenseur. Esprit-Saint, Toi qui es depuis toujours le maître de l’impossible, viens réaliser en nous tout ce qui t’est possible : fais revivre ce qui meurt, fais éclore ce qui germe, fais mûrir ce qui est tombé en terre. Que toute notre vie soit remplie de ton amour.

    Sources : revues Signes, Feu nouveau, Dimanche en paroisse, Homélies du dimanche (Mgr Léon Soulier), Homélies pour l’année B (Amédée Brunot)

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    source http://dimancheprochain.org

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  • Ascension du Seigneur (B) - 13 mai 2018


    Deux précieux guides pour aujourd’hui

    Homélie- Ascension du Seigneur - 13 mai 2018

    L’Ascension selon John Singleton Copley, 1775 Huile sur toile, 81,2 x 28,7 cm
    Museum of Fine Arts, Boton (photo : Wikimedia Commons)

     

    L’envoi missionnaire : Marc 16, 15-20
    Les lectures : Actes des apôtres 1, 1-11 ; Psaume 46 (47) ; Éphésiens 4, 1-13
    Les citations bibliques sont tirées de la Traduction liturgique officielle.

    Après un court prologue (Ac 1,1-3), le second tome de l’œuvre de Luc s’amorce avec un récit plutôt surprenant : celui de l’Ascension, qui rapporte comment Jésus fut emporté au ciel (Ac 1,4-11). Bien que les peintres de nombreuses époques se soient inspirés de cet épisode et ont représenté Jésus montant dans la stratosphère, il faut bien comprendre que ce récit a recours au langage symbolique pour parler du passage de Jésus de ce monde terrestre au monde céleste. Mais s’agit-il d’un récit qui se rapporte uniquement au passé et à des considérations célestes? Une analyse plus serrée du récit nous révèle qu’au contraire cet épisode se concentre sur la réalité d’aujourd’hui et d’ici-bas.

    Un récit propre à Luc
    Luc est le seul évangéliste à décrire l’Ascension. Matthieu ignore complètement cet épisode, la finale longue de Marc, vraisemblablement écrite après l’œuvre double de Luc, mentionne brièvement que Jésus fut emporté au ciel (Mc 16,19) et Jean fait uniquement dire à Jésus qu’il devra monter vers le Père (Jn 20,17). Ce n’est donc pas en se référant aux autres évangiles que l’on arrive à mieux comprendre le récit de l’Ascension, mais c’est en demeurant dans le corpus littéraire de Luc et, plus particulièrement, en s’intéressant à la fin du premier tome de son œuvre (Lc 24).

    En effet, le dernier chapitre de l’Évangile selon Luc présente de nombreux parallèles avec le début du livre des Actes : rappel des paroles de Jésus afin de comprendre la signification des événements présents ou à venir (Lc 24,7; Ac 1,5), présence de deux hommes en vêtements blancs (Lc 24,4; Ac 1,10), exhortation à ne pas quitter Jérusalem avant d’avoir reçu la promesse du Père (Lc 24,49; Ac 1,4), annonce de l’envoi en mission à toutes les nations jusqu’aux extrémités de la terre (Lc 24,47; Ac 1,8) et montée de Jésus vers le ciel (Lc 24,51; Ac 1,9-10).

    Ni en bas, ni en haut
    Ces deux parties de l’œuvre de Luc comportent aussi un nombre impressionnant de questions : onze au total (Lc 24,5.17.19.26.32.38.41; Ac 1,6.11). Or, toutes ces questions sont encadrées par celles des deux hommes en vêtements blancs (Lc 24,5; Ac 1,11). La première des deux questions – Pourquoi cherchez-vous le Vivant parmi les morts? (Lc 24,5) est un appel lancé aux femmes à détourner leur regard loin du bas. En effet, dans l’Ancien Testament, le domaine des morts est un lieu situé dans les tréfonds de la terre (voir par exemple Gn 37,35). C’est là, dans les profondeurs, que les femmes cherchent Jésus, mais leur recherche est vaine, car Jésus ne se trouve pas dans le tombeau. La suite du récit révèlera que c’est au milieu des disciples qu’il sera possible de trouver Jésus (Lc 24,15.36). À l’inverse, la deuxième question posée par les deux hommes vêtus de blanc – Galiléens, pourquoi vous tenez-vous là, regardant vers le ciel? (Ac 1,11) – est un appel lancé aux Apôtres à détourner leur regard loin du haut, lieu de la présence divine partout à travers l’Ancien Testament (voir par exemple Ps 115,16). C’est là, en direction des hauteurs du ciel, que les Apôtres tentent d’apercevoir Jésus, mais leur recherche, à eux aussi, est vaine, car celui-ci est retourné auprès du Père. Les deux hommes assurent les Apôtres que Jésus reviendra cependant parmi eux, de la même manière qu’il fut emporté au ciel.

    Ainsi, ces envoyés de Dieu interpellent les disciples de Jésus, et nous aussi aujourd’hui, à ne pas chercher le Christ dans la mort – ni la sienne, ni la nôtre – mais dans la vie. En effet, c’est parmi les vivants qu’on trouvera le Ressuscité. Ils nous exhortent aussi à ne pas perdre notre temps à tenter de voir le Christ dans sa gloire céleste, mais à se concentrer sur l’ici-bas, là où il reviendra. C’est sur la terre des vivants, dans notre relation à Dieu durant notre vie, dans notre contact avec les autres, dans notre partage communautaire, que doit se porter notre regard et notre action. Combien de personnes attendent malheureusement à tort de rencontrer Dieu et le Christ vivant uniquement au moment de leur mort? L’Ancien Testament témoigne de l’expérience d’Israël qui rencontre Dieu dans la réalité bien concrète de son histoire. Il en va de même dans le Nouveau Testament avec la découverte du Christ ressuscité. Il est à noter que les deux anges ne donnent pas d’ordre, ni aux femmes, ni aux Apôtres. Par le biais de questions, ils les invitent à discerner par eux-mêmes où ils doivent porter leur regard.

    Une double assurance
    Tout cela est bien beau, mais comment être guidé dans cette focalisation sur l’ici et l’aujourd’hui? Cette fois-ci, ce sont les différences entre la fin de l’Évangile selon Luc et le début du livre des Actes qui nous éclairent et nous fournissent une double caution. En effet, on observe d’abord que toutes les réactions négatives du dernier chapitre (24) de l’évangile – incompréhension (v. 4), peur (vv. 5.37), étonnement (v. 12), morosité (v. 17), stupéfaction (v. 22) et trouble (v. 38) – sont totalement absentes du premier chapitre du livre des Actes. On remarque plus précisément que toutes ces réactions problématiques s’effacent à partir du moment où Jésus explique les Écritures, aux disciples d’Emmaüs (24,27.32) et aux Apôtres (24,45). De manière plus précise, Jésus révèle qu’il devait souffrir afin de ressusciter pour que s’accomplisse tout ce que disent les Écritures à son sujet (24,25-27.44). La compréhension des Écritures est ainsi présentée comme une nécessité qui permet de passer d’un état de peur, d’incompréhension et de stupéfaction à une disposition favorable à l’accueil du Christ ressuscité, comme celle dans laquelle se trouvent les disciples d’Emmaüs en chemin et les Apôtres lors de l’Ascension. Ici, tout l’enseignement de Jésus est tourné vers le passé afin de comprendre le présent. Cet appel du Christ est aussi une invitation pour nous aujourd’hui à relire les Écritures afin de mieux comprendre le mystère de sa mort et de sa résurrection.

    À l’inverse, le thème de l’Esprit, pourtant cher à Luc, est totalement absent du dernier chapitre de son évangile et n’est évoqué que dans le premier chapitre du livre des Actes (1,5.8). Jésus s’assure même, à la fin de l’évangile, de démontrer qu’il n’est pas un esprit (Lc 24,39). Alors que l’appel à comprendre les Écritures dans le dernier chapitre de l’évangile invitait le lecteur à se tourner vers le passé, voici qu’avec le retour du thème de l’Esprit au début du livre des Actes, tout est maintenant orienté vers le futur : le futur immédiat où, lors de la Pentecôte, les Apôtres recevront l’Esprit Saint (Ac 2,1-41), mais aussi le futur de toute l’Église dont les débuts sont racontés dans la suite du livre des Actes et qui se poursuit jusqu’à nous aujourd’hui. Cette annonce de la venue de l’Esprit pour le futur de l’Église nous permet aujourd’hui de tisser des liens avec les Apôtres qui ont bénéficié de la présence de Jésus jusqu’au moment de l’Ascension. Elle nous situe dans la même mouvance que celle amorcée avec les Apôtres, celle de la vie de l’Église.

    Au centre de la croix
    La lecture du dernier chapitre de l’Évangile selon Luc et du début du livre des Actes mettent en scène un Jésus qui est en mouvement. Des profondeurs du tombeau, où les femmes le cherchaient, il passe au monde des vivants, puis au monde céleste. Mais il s’arrête en chemin pour donner une double assurance à ses disciples. Ceux-ci peuvent regarder avec confiance du côté du passé en consultant les Écritures afin de mieux comprendre le mystère de sa résurrection et ils peuvent considérer le futur avec espérance car l’Esprit les guidera. Mais tout est centré sur l’ici et l’aujourd’hui. Comme pour les Apôtres au moment de l’Ascension, c’est au centre de cette croix formée par la rencontre du haut et du bas, du passé et du futur, que nous rejoint le Christ ressuscité.

    Francis Daoust

    Source : Le Feuillet biblique, no 2576. Toute reproduction de ce commentaire, à des fins autres que personnelles, est interdite sans l’autorisation du Diocèse de Montréal.

    source http://www.interbible.org/

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  • 6e dimanche du Pâques (B) - 6 mai 2018

     

    Tous sont mes amis

    Christ vrai cep

    L’aigle est associé à l’évangéliste Jean
    (photo : Lawrence OP / Flickr / CC BY-NC 2.0)

    Demeurez dans mon amour : Jean 15, 9-17

    Les lectures : Actes 10, 25-26.34-35.44-48 ; Psaume 97 (98) ; 1 Jean 4, 7-10
    Les citations bibliques sont tirées de la Traduction liturgique officielle.

    La période du Carême constitue un moment de préparation pour la fête de Pâques lorsque le Christ dévoile complètement son identité en mourant et, surtout, en ressuscitant. La période pascale qui suit dans le calendrier liturgique permet aux chrétiens et aux chrétiennes d’approfondir le contenu de cette révélation. La tradition attribue à l’évangéliste Jean le symbole de l’aigle. Son évangile montre une plus grande complexité que les autres retenus dans le Nouveau Testament. Il survolerait le mystère de Jésus comme un aigle dans le ciel. Plusieurs érudits considèrent même que cette œuvre trace la première théologie du mystère chrétien. Et certains extraits, comme celui de la Bonne Nouvelle de cette célébration où de multiples relations de causes à effets sont explicitées, constitue un véritable écheveau pas commode à démêler. Ce commentaire va tenter d’exécuter ce travail.

    Un ami

    Jésus a transmis sa doctrine à l’aide de paraboles qui utilisaient l’image du serviteur pour désigner l’être humain. Ceux-ci doivent obéir à un maître qui, dans quelques récits, se montre capricieux et autoritaire. Jésus métamorphose dans cette Bonne Nouvelle l’image du domestique et de son patron. D’abord, l’employeur n’exerce pas un pouvoir dominateur que l’on associe souvent à tort au Dieu unique de l’Ancien Testament. Le Sauveur se présente plutôt comme un supérieur qui aime ceux et celles qui lui sont confiés. Jésus va le nommer « Père ». Jésus ajoute que ce Père n'est pas seulement un Créateur qui ne se soucierait pas de sa progéniture. Il devient « abba », un paternel qui affectionne ses enfants et qui porte un amour infini à son Fils, le Ressuscité. Ce Père va même dévoiler, grâce au Christ, son plan de rédemption à ses enfants. Les êtres humains ne sont plus de simples pions ignorant la stratégie de leur supérieur. Ils sont qualifiés désormais d’amis, de collaborateurs invités à être des artisans de l’annonce de l’Évangile sur la terre.

    L'amour

    Les croyants et les croyantes entament désormais une amitié avec la Trinité. L’amour est d’ailleurs la caractéristique fondamentale de cette relation. Les premières communautés chrétiennes ont vite compris ce fait en méditant sur le passage terrestre de l’homme-Dieu. Ils y ont découvert que le Christ donnait constamment. Le Seigneur a redonné l’autonomie à des malades en les guérissant miraculeusement et il a fait le don ultime de sa vie pour réconcilier le genre humain avec Dieu. « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ses amis. » Le modèle du Crucifié informe l’Église sur la nature de l’amour divin. Ce n’est pas un sentiment instable, qui s'effrite avec le temps comme l’affection humaine. L’amitié divine se situe au niveau le plus profond des personnes. Elle participe à l’amour existant entre le Père et le Fils. Plusieurs diront que l’Esprit Saint constitue ce lien amical. Cet Esprit pousse les gens à donner inconditionnellement. Il permet aux enfants de Dieu de pardonner aux ennemis et de prier pour eux; il motive certains fortunés à se départir de leur richesse au profit des pauvres. Cet amour produit un fruit bien particulier : la joie. Il faut répéter que cet état spirituel diffère de l’appréciation positive des plaisirs humains. La joie chrétienne signifie paix et sérénité. Un disciple du Christ est joyeux parce qu’il possède la conviction que son Créateur l’aime et que son Fils prépare dans le Royaume une place pour ses frères et sœurs qui appartiennent, grâce à Lui, à la grande famille des enfants de Dieu.

    Le commandement

    Jésus a toujours rappelé que la vie chrétienne débute par un choix : toutes les personnes ont été choisies par le Père. Par la suite, cette élection initiale exige une réponse. L’être humain doit accepter de recevoir l’Esprit, l’amour du Père. Dans un vocabulaire qui peut choquer la sensibilité contemporaine, Jésus parle d’obéissance à Dieu pour désigner cette ouverture du cœur humain à l'amour divin. Ce terme « obéissance » provoque un malaise, car, dans la mentalité moderne,  il représente la soumission et la domination.  Aujourd'hui, les gens doivent devenir les maîtres uniques de leur destin. Personne ne doit décider pour eux. Toute l’éducation moderne vise à  développer des personnes autonomes qui n’ont pas besoin des autres pour marcher dans la vie. La foi chrétienne soutient une proposition contraire. L’abandon à l’Autre signifie l’épanouissement personnel.  En effet, l’Esprit donné par le Christ fait grandir l’homme et la femme et les conduit à la pleine réalisation de leur potentiel. Cet acquiescement à accueillir le Christ dans sa conscience est même la condition nécessaire pour accéder au paradis. En affirmant que le péché contre l’Esprit est le seul qui ne puisse être pardonné, Jésus confirme cette exigence.

    Après avoir laissé l'amour du Christ pénétrer leur intériorité, les chrétiens et les chrétiennes sont invités à aller plus loin. Ils ne doivent pas conserver égoïstement la sérénité produite par l’Esprit. Ils doivent plutôt diffuser cette paix en donnant gratuitement, avec un total désintéressement comme le Christ a donné sa vie.

    L’objet de l'amour

    La première lecture (Ac 10,25-48) présente l’objectif du don de Dieu : l’humanité dans son ensemble. L’amour de Dieu ne souffre aucune discrimination. Race, nationalité, sexe, classe sociale ne sont pas des critères pour la Trinité. Pierre a constaté ce fait lorsqu’un païen, une personne qui n’était pas juive, a parlé en langues. L’Esprit avait envahi son âme. Les Israélites n’étaient donc pas les seuls à pouvoir être sauvés!

    Il faut rappeler le contexte de l’épisode raconté. Jésus était juif et il avait respecté les coutumes juives qui favorisaient l’épanouissement humain. Les premières communautés chrétiennes estimaient logiquement qu’il fallait intégrer le modèle judaïque pour être sauvé. Paul va changer cette mentalité. Le salut est avant tout spirituel. En recevant l’Esprit Saint et en le partageant avec toutes les personnes de bonne volonté, les gens sont sauvés. Les rites et la liturgie qui traduiront dans la sphère humaine cet amour divin sont secondaires. Une première rencontre de responsables ecclésiaux à Jérusalem raconté dans les Actes des Apôtres va appuyer la position de Paul. Avoir compris adéquatement ce point au fil des siècles aurait permis d’éviter des querelles stériles et, parfois, violentes entre chrétiens. Depuis plusieurs décennies, différentes familles chrétiennes tentent de discerner l’essentiel et l’accessoire. Le mouvement œcuménique est né et il continue d’exister. Il faut continuer de se tourner vers le Ressuscité qui est le seul capable de nous guider vers la Vérité.  Le pape François encourage constamment cette recherche qui mènera vers une seule foi, comme ses initiatives de dialogue avec les luthériens, ou de visite à des patriarches orthodoxes. Cette tâche de réconciliation est d’autant plus urgente dans un monde où les affrontements entre religions font de nombreuses victimes innocentes.

    Benoît Lambert

    Source : Le Feuillet biblique, no 2575. Toute reproduction de ce commentaire, à des fins autres que personnelles, est interdite sans l’autorisation du Diocèse de Montréal.

    source http://www.interbible.org/interBible

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  • Préparons Dimanche 
    eucharistie : parole et pain

     

    Homélie du 5ème dimanche de Pâques
     

    Les lectures du jour

    Être reliés au Christ


    En ce 5ème dimanche de Pâques, la liturgie nous parle de l'Eglise et de sa naissance. Saul, le persécuteur, est devenu Paul, le grand témoin de la foi (1ère lecture). Il lui faudra beaucoup de temps pour se faire accepter car sa présence rappelait trop de mauvais souvenirs. Ne se sentant pas à l'aise dans les milieux conservateurs de Jérusalem, il a choisi de partir vers les grands larges. Grâce à son témoignage et surtout grâce à l'action de l'Esprit Saint, la bonne nouvelle a pu être annoncée au monde païen. Rien n'arrête les progrès de l’Église. Voilà un message d'espérance pour nous chrétiens d'aujourd'hui. L'Esprit Saint ne cesse d'agir pour que notre témoignage donne du fruit.

    Le problème c'est notre péché et celui du monde. Trop souvent, nous croyons qu'au point où nous en sommes, rien n'est possible. Mais, nous dit saint Jean (2ème lecture) "si notre cœur nous accuse, Dieu est plus grand que notre cœur". Si nous fixons notre regard sur Dieu, nous avons la certitude d'être aimés, même si nous sommes de grands pécheurs. Forts de cette certitude joyeuse, nous pourrons à notre tour regarder les autres avec amour. Nous ne nous contenterons pas de paroles creuses mais nous aimerons les autres en esprit et en vérité ; ou plutôt, c'est le Christ qui les aimera en nous et par nous.

    L'Evangile de saint Jean insiste sur la nécessité d'être reliés au Christ comme le sarment est relié à la vigne. Jésus se présente à nous comme "la vraie vigne". Il insiste sur le lien vital qui doit exister entre lui et son disciple. Nous savons qu'un sarment ne peut vivre s'il est coupé du cep de vigne. De même, un disciple qui ne demeure pas en Jésus ne peut rien faire. Il n'a aucune utilité. Mais s'il est bien relié à son Seigneur, il donnera beaucoup de fruits. 

    Il y a un mot qui revient sept fois en quelques lignes, c'est le verbe "demeurer", au sens de "vivre avec". Demeurez en moi, vivez avec moi. Il s'agit pour nous d'être vraiment attachés au Christ par la foi. Croire en lui, c'est une conversion de toute une vie, c'est une communion permanente. L'apôtre Paul nous le dit à sa manière : ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi" (Ga 2, 20). Plus simplement, un jeune écrivait sa relation au Christ en disant : "Je ne peux plus me passer de lui, de sa présence, de son aide". On est loin de ceux qui se contentent de quelques vagues gestes religieux.

    Alors se pose l'inévitable question : Demeurer en Jésus, oui mais comment ? Comment pouvons-nous être sûrs de le rencontrer ? Cela ne se passe pas comme avec notre voisin de quartier ou de village. On ne rencontre pas Jésus en direct mais par des intermédiaires. Il nous faut trois chemins pour cela : Celui de la Parole de Dieu, celui de la prière et des sacrements et celui de la vie quotidienne. Le chemin de la Parole de Dieu : Pour demeurer dans le Christ, il nous faut demeurer dans sa Parole. Il faut se donner du temps pour l'accueillir. Cette Parole de Dieu nous est donnée par la Bible, l’Évangile, une revue, un livre religieux, une radio chrétienne ou une émission religieuse de la télévision. Et bien sûr, nous n'oublions pas celle qui est proclamée au cours de la messe du dimanche. Nous devons nous interroger ? Est-ce que nous nous donnons du temps pour accueillir cette Parole ? On ne dira jamais assez l'importance du catéchisme pour les enfants, d'une aumônerie ou d'une équipe de réflexion pour les jeunes. Et pour nous, adultes, c'est aussi important de prendre le temps d'une réflexion, seuls ou avec d'autres, sur cette Parole de Dieu.

    Le deuxième chemin pour demeurer dans le Christ, c'est celui de la prière et des sacrements. Pour demeurer en sa présence, il faut lui parler et l'écouter. C'est la prière fidèle, régulière et fréquente, pas seulement une "petite prière" de temps en temps. On s'entretient avec Jésus pour lui confier quelqu'un ou pour lui dire merci ou encore pour lui demander d'éclairer notre vie. Mais quand on parle d'entretien, c'est aussi la maintenance, par exemple l'entretien de sa voiture. La prière nous aide à maintenir l'évangile en état de marche dans notre vie. Et enfin, dans la prière, on "s'entre-tient", on se soutient les uns les autres; on prie les uns pour les autres, les uns avec les autres.

    La prière nous aide donc à rester en communion avec le Christ. Cette communion se réalise aussi par les sacrements, en particulier l'Eucharistie. Nos évêques nous l'ont souvent rappelé : elle est source et sommet de toute vie chrétienne et de toute évangélisation. Elle nous donne d'être unis au Christ, de faire corps avec lui. Nous y recevons son amour pour en vivre dans notre vie de tous les jours.

    Troisième chemin, celui de la vie quotidienne : Pour demeurer dans le Christ, il n'est pas question de quitter notre vie de tous les jours ni de fuir ce bas monde. Ce qui nous est demandé c'est de nous y enraciner et de porter du fruit. Ce qui fait la valeur d’une vie, ce n’est pas les belles paroles mais l’amour mutuel, les gestes de partage, d’accueil et de solidarité. En ce dimanche, Seigneur, nous nous sommes rassemblés pour nous nourrir de ta Parole et de ton Eucharistie. Tu ne cesses de rejoindre les communautés réunies en ton nom. Garde-nous vraiment reliés à toi pour que notre mission porte les fruits que tu attends de nous.

    Sources : Revues Feu Nouveau, Signes, Lectures liturgiques d'un vieux prêtre de Montpellier, Homélies pour l'année B (A. Brunot), Les entretiens du dimanche (N. Quesson), Guide Emmaüs des dimanches et fêtes (JP Bagot), dossiers personnels.
     

    Jean Compazieu, prêtre de l'Aveyron 

    source http://preparonsdimanche.puiseralasource.org

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  • Homélie du 4ème dimanche de Pâques

    Abbé Jean Compazieu 

    Le vrai berger

     

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    Textes bibliques : Lire

     

    « L’amour vrai ne se démontre pas. Il se montre ». C’est ce message que nous trouvons tout au long des lectures bibliques de ce dimanche. Nous avons tout d’abord le discours de Pierre. Nous nous rappelons qu’il a eu peur de la dénonciation d’une servante qui l’avait reconnu comme disciple de Jésus au moment de sa Passion. Face au danger qui pesait sur lui, il l’a renié trois fois. Aujourd’hui, il affronte avec audace les terribles autorités de Jérusalem, celles-là même qui ont crucifié Jésus. Il répond que si le boiteux a été guéri c’est par le nom de Jésus. 

    C’est aussi important pour nous. Jésus est capable de rendre la santé physique. Mais la bonne nouvelle de ce jour, c’est qu’il assure le salut de tous les hommes. Il n’y a aucun autre salut ailleurs qu’en lui. Il nous faut redécouvrir toute la richesse de ce mot « Salut » : il s’agit de toute la richesse de vie et d’amour auxquels tout homme aspire. C’est le Christ ressuscité qui répond à cette attente. « Aucun autre nom n’est donné aux hommes qui puisse nous sauver ».

    La lettre de saint Jean (2ème lecture) va dans le même sens. Nous sommes peut-être trop habitués à entendre que Dieu nous aime. C’est vrai que nous sommes devenus des enfants gâtés. Mais il nous faut imaginer le bouleversement de cette révélation d’amour a pu provoquer à l’époque. Elle s’adressait aux grandes cités de l’empire Romain, à des gens exploités et méprisés, à des mal-aimés de Corinthe et d’Ephèse. Pour eux c’était un véritable renversement. Le monde de l’amour n’avait rien à voir avec celui du pouvoir.

    Ce qui est premier c’est cette révélation inimaginable d’un Dieu dont le nom est « Amour ». Nous y avons été plongés au jour de notre baptême. « Mes bien-aimés, voyez comme il est grand l’amour dont le Père nous a comblés. Il a voulu que nous soyons enfants de Dieu ». C’est une expérience vraiment extraordinaire. Il s’agit moins d’aimer que de se savoir aimés par lui. Pour nous, cela a commencé au jour de notre baptême et cela se développe tout au long de notre vie. Un jour viendra où nous atteindrons la parfaite ressemblance avec le Fils de Dieu. « Nous luis serons semblables parce que nous le verrons tel qu’il est ». Il suffit de se laisser aimer.

    L’Evangile nous présente Jésus comme le bon berger.  La Bible utilise souvent cette image pour parler des responsables du peuple ou encore du Roi-Messie. C’est au moment du danger qu’on reconnaît le vrai berger. Quand ça devient vraiment dangereux, le mercenaire ne pense qu’à se mettre en sécurité. Pour lui, les brebis c’est secondaire. Avec Jésus c’est différent. Sa priorité c’est de sauver tous les hommes ; il est le « berger de toute humanité ». Il connait chacune de ses brebis. Il ne faut pas se tromper sur le sens du mot connaître. Ce n’est pas comme quand on dit : « Je connais tous mes dossiers ». La connaissance dont il est question est communication, échange, dialogue. C’est une communication de pensée et de cœur.

    Oui, Jésus nous connaît tous au plus profond de nous-mêmes. Et quand il dit cela, il ne pense pas seulement aux bons chrétiens. Il pense aussi  à tous ceux qui ne le connaissent pas, ceux qui organisent leur vie en dehors de Dieu. D’une façon ou d’une autre, tous font partie de son bercail. Malheureusement, il se trouve des mauvais bergers qui font tout pour sortir Dieu de nos vies ; et comme la nature a horreur du vide, c’est la Loi du plus fort, du plus puissant, la Loi de l’argent qui a pris ses quartiers parmi nous. Mais Jésus ne cesse de vouloir « rassembler les enfants de Dieu qui sont dispersés ».

    Le Seigneur compte sur nous pour participer à sa mission de bon berger. C’est pour répondre à cet appel que des chrétiens s’engagent comme catéchistes ou encore dans des aumôneries de collèges, d’hôpitaux et même dans les prisons. Avec Jésus, il n’y a pas de situation désespérée. Son amour est offert à tous les hommes. Il est capable de les sortir de la délinquance, de la drogue et de tout ce qui les détruit. Nous avons de nombreux témoignages de gens qui disent que leur rencontre avec lui a changé leur vie.

    En ce jour, nous célébrons la 52ème journée mondiale des vocations. Le Seigneur continue d’appeler des prêtres, des diacres, des religieux et religieuses et des laïcs pour participer à son œuvre de rassemblement. Le Cardinal Marty disait qu’il n’appelle pas « que les enfants sages ». Nous sommes tous engagés pour cette mission. Ne disons pas que nous sommes trop âgés, trop jeunes ou trop fatigués… l’appel du Seigneur est vraiment là. Et il nous redit : « Ne crains pas, je suis avec toi. »

    Si nous allons communier au Corps et au sang du Christ c’est pour puiser à la source de cet amour qui est en Dieu, c’est pour entrer dans ce projet qui anime Jésus. Alors oui, nous te prions Seigneur : donne-nous force et courage pour rester fidèles à cette mission que tu nous confies.

    Sources : Revues Signes, Feu Nouveau, homélies pour l’année B (Amédée Brunot), dossiers personnels

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    source http://dimancheprochain.org/

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  • Homélie du 3ème dimanche de Pâques

    Abbé Jean Compazieu 

    Envoyés pour annoncer l’Évangile 

     

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    Textes bibliques : Lire 

    Tout au long de ce temps de Pâques, nous célébrons le Christ ressuscité, vainqueur de la mort et du péché. La haine et la violence des hommes n’ont pas eu de prise sur lui. C’est l’amour qui a triomphé. Aujourd’hui, nous entendons des témoignages qui nous parlent de lui. Pour les apôtres, Jésus était mort. Il n’y avait plus d’espérance possible. Mais voilà qu’au premier jour de la semaine, il les rejoint. Pour eux, c’est le commencement d’une grande aventure. 

    Dans le livre des Actes des Apôtres (1ère lecture), Saint Luc nous donne leur témoignage. Aujourd’hui, c’est Pierre qui vient de guérir un infirme de naissance. Il s’adresse la foule stupéfaite de ce qui vient de se passer. Il explique à tous que ce n’est pas par ses propres forces qu’il a pu opérer cette guérison. C’est Jésus mort et ressuscité qui en est le principal acteur. Pour comprendre ce miracle, il faut passer par l’annonce de la résurrection et la foi en Jésus Christ. Ce témoignage a été transmis de génération en génération. Il nous appartient de transmettre ce flambeau, pas seulement aux croyants mais aussi à tous ceux et celles qui croient organiser leur vie sans Dieu. Jésus veut que la bonne nouvelle soit annoncée à tous.

    La lettre de saint Jean (2ème lecture) va dans le même sens. La résurrection et l’exaltation de Jésus sont une richesse extraordinaire pour les croyants. Saint Jean nous exhorte à ne pas pécher. Ce péché qu’il dénonce, c’est quand nous vivons en dehors de l’amour de Dieu. Mais avec Jésus, il n’y a pas de situation désespérée. Il est notre « avocat », notre « défenseur ». En lui, le monde est réconcilié. Il devient proche de Dieu. Voilà une bonne nouvelle de la plus haute importance. Il nous faut tout faire pour qu’elle soit proclamée partout dans le monde. Le Christ ressuscité n’a jamais cessé de vouloir ramener tous les hommes à Dieu.

    L’Évangile nous rapporte comment les disciples d’Emmaüs ont reconnu le Christ ressuscité à la fraction du pain. Ils repartent aussitôt à Jérusalem (à deux heures de marche) pour annoncer la bonne nouvelle aux disciples. Quand on a reconnu et accueilli le Christ vivant, on ne peut pas le garder pour soi-même ; on a envie de le crier au monde. Nous sommes tous envoyés pour témoigner de la foi qui nous anime. Ce qui nous est demandé ce n’est pas de rester entre chrétiens à l’intérieur de l’Eglise. Notre témoignage doit rejoindre tous les hommes, en particulier ceux qui sont des « périphéries ».

    Annoncer l’Évangile, ce n’est pas seulement proclamer des formules. Nous ne pouvons pas nous contenter de belles paroles. Jésus ne nous a pas envoyés pour cela. Le plus important c’est de tout faire pour que ces paroles se traduisent en actes dans nos vies. Il faut que nous soyons de plus en plus ajustés à cet amour qui est en Dieu. En y regardant de près, nous reconnaissons que nous sommes loin du compte. Mais le Seigneur n’a jamais cessé de nous aimer. S’il nous offre don pardon, c’est pour que nous puissions devenir de vrais témoins de la foi.

    Pour être de vrais messagers du Christ, nous avons besoin d’être complètement imprégnés et habités par sa présence. C’est SA lumière, SON amour que nous avons à communiquer au monde d’aujourd’hui. Si nous ne prenons pas le temps de l’accueillir dans notre vie, rien ne se passera. Nous serons comme le sel affadi qui n’est plus bon à rien. L’Evangile de ce dimanche nous rappelle que les disciples d’Emmaüs ont vécu deux moments importants : l’accueil de la Parole (Moïse et les prophètes), puis la Fraction du Pain (C’est le nom qui était donné à l’Eucharistie). C’est là que nous sommes invités à puiser en vue de la mission que le Seigneur nous confie.

    Lire les Écritures, prier les psaumes, prendre le temps d’approfondir sa foi, c’est entrer dans le plan de Dieu. C’est se préparer à recevoir le Christ. Dans certains pays, les chrétiens sont obligés de se cacher pour lire la Bible. À travers l’histoire, certains ont voulu la détruire en la brûlant, d’autres entraient dans les maisons pour la confisquer et la détruire. Mais dans sa fidélité Dieu veillait sur sa Parole de sorte que nous l’avons encore aujourd’hui ! Profitons de cette chance qui nous est offerte ; le pape François nous dit que « La joie de l’Évangile remplit le cœur et toute la vie de ceux qui rencontrent Jésus. Ceux qui se laissent sauver par lui sont libérés du péché, de la tristesse, du vide intérieur, de l’isolement. Avec Jésus Christ la joie naît et renaît toujours. »

    Nous te prions, Seigneur, ouvre-nous à cette joie de l’Evangile. Que ta Parole soit notre nourriture et notre trésor chaque jour. A qui irions-nous, Seigneur, tu as les paroles de la Vie éternelle.

    Sources : Revues Feu Nouveau et Signes – Guide Emmaüs des dimanches et fêtes (Jean-Pierre Bagot) – lectures d’Évangile d’un vieux prêtre de Montpellier – Homélies pour l’année B (Amédée Brunot)

    source http://dimancheprochain.org/

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