• « QUAND S’ÉVEILLERONT NOS CŒURS… » 

    Jean COMPAZIEU prêtre

    Textes bibliques : Lire 

    Nous approchons de la fin de l’année liturgique. Une fois de plus, l’Église nous propose des passages d’Évangile qui nous parlent de catastrophes et de guerres. Et encore une fois, les prophètes de malheur vont en profiter pour attiser les peurs et alimenter les angoisses. En fait, il ne faut pas lire ces textes comme une annonce de catastrophes mais comme un appel à l’espérance en période de catastrophes.

    C’est de cette espérance que témoigne le livre de Daniel (1èrelecture). Il s’adresse à un peuple persécuté. Beaucoup sont mis à mort parce qu’ils n’ont pas voulu renier leur foi. Le prophète leur annonce que le mal n’aura pas le dernier mot. Après cette escalade du mal, viendra le temps du salut pour ceux qui seront restés fidèles. Les martyrs s’éveilleront pour vivre avec Dieu. Comment ne pas penser aux chrétiens d’aujourd’hui qui sont persécutés ou tournés en dérision à cause de leur foi ? Leur témoignage ne peut nous laisser indifférents.

    C’est aussi ce message d’espérance que nous lisons dans la lettre aux Hébreux (2ème lecture). Les chrétiens d’origine juive sont invités à découvrir la supériorité du sacerdoce du Christ sur celui de l’ancienne alliance. En lui, les péchés sont pardonnés ; les hommes sont déjà près de Dieu. Mais tout n’est pas encore accompli. Le mal et le péché continuent à faire des ravages. Les hommes ne sont qu’en route vers la perfection. Cela ne devient possible qu’en accueillant le pardon qui rend saints. En Jésus et par lui, toutes les forces du mal sont définitivement vaincues et piétinées. Notre priorité doit être de nous laisser conduire par le Christ, par sa Parole et par ses sacrements.

    L’Évangile nous rapporte un discours de Jésus à Jérusalem. Il nous parle de guerres, de famines et de catastrophes naturelles : « Le soleil s’obscurcira, la lune ne donnera plus sa lumière et les puissances des cieux seront ébranlées » (vv 24-25). Il faut savoir qu’à l’époque de Jésus, le soleil, la lune et les étoiles étaient des dieux auxquels on rendait un culte. Avec Jésus, c’est fini : il a vaincu le mal ; le ciel est comme nettoyé. Nous devons donc recevoir cet Évangile comme une bonne nouvelle.

    Le point central de ce discours c’est la personne même de Jésus, sa mort, sa résurrection et son retour à la fin des temps. Un jour viendra où nous nous trouverons face à lui. Nous n’attendons pas un temps ou un lieu ; nous allons vers la rencontre de la personne même de Jésus. Nous nous y préparons chaque jour en vivant le présent et en construisant notre avenir avec sérénité et confiance. Il est hors de question d’avoir peur. Dans un monde bousculé qui vit des situations de détresse, le Seigneur nous assure de sa présence. Il a vaincu le mal. « Rien ne peut nous séparer de son amour. »

    La parabole du figuier qui bourgeonne est un signe que l’été est proche. Cette parabole nous parle de tous les bourgeonnements que nous pouvons observer : c’est le fleurissement du partage, de la tendresse, du pardon. C’est ce qui se passe quand des chrétiens vivent la solidarité et le partage en lien avec le Secours Catholique. Tous ces gestes sont le signe d’un monde nouveau qui nait. C’est lui qui est à notre porte. Il est notre présent et notre avenir. Nous n’oublions pas ce que nous répétait souvent le saint pape Jean-Paul II : « N’ayez pas peur… »

    Oui, n’ayons pas peur car le Seigneur est là à nos côtés. Il nous accompagne toujours. Il s’élève contre les faux prophètes, contre les voyants qui prévoient la fin du monde proche. Il est à nos côtés et il marche avec nous. Il n’a jamais cessé de nous aimer. Il veut nous détourner de la curiosité pour les dates, les prévisions, les horoscopes. Ce qui est premier, c’est d’accueillir la présence de Dieu et de nous laisser guider par son Évangile.

    Nous vivons une époque qui connaît beaucoup de catastrophes naturelles et morales. On se lamente beaucoup mais cela ne sert à rien. C’est vers le Christ qu’il nous faut regarder. Il est la Lumière qui guide et encourage nos pas. Son pardon nous est toujours offert. C’est auprès de lui que nous retrouvons la force d’aimer et de servir nos frères. Que la Vierge Marie nous aide à avoir confiance en lui et à persévérer avec joie dans son amour.

    Télécharger : 33ème dimanche

    Sources : Revue Feu Nouveau – Missel des dimanches et des fêtes (Bayard) – François Selon saint Marc –Dossiers personnels…

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  • « AIMER C’EST TOUT DONNER ».

    Textes bibliques : Lire

    Les trois textes bibliques de ce dimanche nous parlent du don généreux. Dans la première lecture et l’Évangile, nous avons entendu le témoignage de deux pauvres veuves, une païenne et une fille d’Israël. Elles ont donné tout ce qu’elles avaient pour vivre. Ces témoignages nous rejoignent : en ce jour anniversaire de l’armistice, nous pensons à ceux qui ont fait le sacrifice de leur vie pour que nous puissions vivre dans un pays libre. À leur manière, ils ont tout donné. 

    La première lecture nous parle du prophète Élie. Il avait combattu le culte aux dieux païens. Mais il n’avait pas réussi à changer en profondeur la société et les mentalités. Il a dû s’enfuir car la reine Jézabel voulait sa mort. Il s’est retrouvé en plein territoire païen. Il y a été accueilli par une pauvre veuve qui n’avait plus rien. Cette femme est choisie par Dieu pour une mission de générosité. Elle n’a qu’une poignée de farine et un peu d’huile pour elle et pour son fils. Mais à la demande du prophète, elle donne tout et s’en remet à Dieu.

    Pour nous chrétiens d’aujourd’hui, cette veuve est le visage de la foi qui partage. Les grands témoins de la charité sont souvent des gens qui n’ont pratiquement plus rien. Mais ils n’hésitent pas à risquer le peu qu’ils ont pour secourir les plus nécessiteux. Ils nous apprennent à penser aux autres avant de penser à nous-mêmes. Et surtout, ils nous apprennent à faire confiance à Dieu qui sait ce dont nous avons besoin avant que nous le lui demandions. La foi n’est pas seulement une « croyance ». C’est surtout une confiance à Dieu et à sa parole.

    L’Évangile nous présente une autre veuve très pauvre mais particulièrement généreuse. Cela se passe sur le parvis du temple de Jérusalem. Jésus s’y trouve pour donner un enseignement à la foule. Il recommande à tous de ne pas imiter les scribes quand ils pèchent par orgueil et par désir de paraître. Le plus grave c’est qu’ils volent les plus pauvres. Jésus nous met en garde contre tous ces dangers. Le salut qu’il est venu apporter au monde doit nous amener à être vrais avec nous, avec Dieu et avec les autres. Les apparences peuvent tromper les hommes mais Dieu voit ce qu’il y a dans le cœur de chacun.

    C’est exactement cela que nous découvrons en lisant la suite de cet évangile. Jésus est assis en face du trésor et il observe les gens qui déposent leurs offrandes. Il voit des riches qui donnent beaucoup, et c’est très bien. S’ils ont beaucoup c’est normal qu’il donne beaucoup. Mais voilà qu’arrive une veuve très pauvre. Elle n’a rien mais elle donne tout. Nous pouvons imaginer qu’elle devait avoir honte de ne donner que deux que deux petites pièces. Mais sans le savoir elle a attiré l’attention de Jésus : « cette pauvre veuve a mis dans le trésor plus que tous les autres… Elle a donné tout ce qu’elle possédait, tout ce qu’elle avait pour vivre. »

    Quand Marc écrit son Évangile, le temple de Jérusalem n’existe plus. La situation historique a changé. En nous racontant cet événement, l’évangéliste a voulu rappeler aux chrétiens ce regard de Jésus sur la discrète générosité. Il alerte les chrétiens de tous les temps contre le désir de paraître. Ne soyez pas comme les scribes qui « agissent pour être vus ».

    C’est très important pour nous aujourd’hui. Nous recevons souvent des appels à la générosité. La question nous est posée : sommes-nous capables d’accomplir une action généreuse sans chercher à nous mettre en avant ? Jésus nous recommande de ne pas attendre des témoignages de considération et de reconnaissance. Lui seul connaît vraiment ce qu’il y a dans le cœur de chacun.

    En ce jour où nous commémorons le centième anniversaire de l’armistice, nous pensons à ceux qui ont quitté leur famille et leur lieu de vie pour défendre leur patrie. Devant le monument aux morts, nous penserons à tous ceux qui ont donné leur vie pour que nous puissions vivre dans un pays libre. Nous n’oublions pas les victimes de toutes les guerres, des violences et des attentats. Nous penserons aussi aux familles endeuillées, aux enfants orphelins et à tous les grands blessés.

    Nous n’oublions pas que sur d’autres continents, des peuples connaissent la guerre et les conflits. Dans notre prière au Christ, nous rejoignons toutes les victimes de la haine, de la violence, du terrorisme et de l’indifférence. Nous sommes invités à vivre cette journée comme un appel à donner le meilleur de nous-mêmes pour la construction d’un monde plus juste et plus fraternel.

    La lettre aux hébreux nous invite à tourner notre regard vers le Christ. Il est vraiment celui qui a tout donné. Sur la croix, il a offert une fois pour toutes le sacrifice de sa propre vie. En allant communier nous recevons de lui la confiance et la générosité. Alors, comme dans « la jarre de farine et le vase huile » l’amour et la joie ne manqueront jamais dans nos cœurs.

    Oui seigneur, apprends-nous à donner le meilleur de nous-mêmes. Fais de nous des artisans de paix, de justice et de réconciliation. Que notre vie soit vraiment remplie de l’amour qui est à toi.

    Sources : Revue Feu nouveau – Homélies pour l’année B (Amédée Brunot) – Ta parole et ma joie (Joseph Proux) – Homélies de l’année liturgique B (Simon Faivre) – Reste avec nous quand vient le soir (Lorette Lepage) – guide Emmaüs des dimanches et fêtes (Jean-Pierre Bagot)

    Télécharger : 32ème dimanche du Temps ordinaire

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  • TU AIMERAS

    Textes bibliques : Lire 

    Les lectures de ce dimanche nous ramènent à ce qui est l’essentiel : l’amour de Dieu et l’amour du prochain : L’un ne va pas sans l’autre. Ces deux commandements se trouvent déjà dans la loi de Moïse. Mais ils sont formulés séparément. Plus tard, les prophètes proclameront qu’on ne peut rendre un culte à Dieu sans le respect du prochain.

    La première lecture insiste très fortement sur ce commandement : « Tu aimeras ». Toute l’histoire du peuple de Dieu devra être une histoire d’amour. Il s’agit d’aimer le Seigneur de tout son cœur, de toute son âme et de toute sa force. Ce commandement de Dieu est en lui-même un chemin de vie et de bonheur. Il doit imprégner toute la vie des hommes. Ces paroles doivent rester dans le cœur de chacun. C’est aussi vrai pour nous aujourd’hui : nous devrions être imprégnés des paroles de l’Évangile que nous connaissons par cœur. Nous pouvons nous les répéter tout au long du jour. C’est une manière de nous unir à Dieu et de mieux le servir.

    La lettre aux Hébreux (2ème lecture) ne nous parle pas directement de ce grand commandement de l’amour. Mais elle nous montre un Dieu qui fait sans cesse le premier pas vers nous en nous envoyant son Fils Jésus. Le passage d’aujourd’hui nous rappelle la supériorité du sacerdoce du Christ sur celui des hommes. Pour intercéder continuellement auprès de Dieu, les hommes ont dû se succéder au cours des siècles. Mais le Christ mort et ressuscité intercède de façon permanente en notre faveur. Par le don de sa vie, c’est le salut qui est offert à tous les hommes. Nous avançons vers Dieu grâce au Christ, par lui, avec lui et en lui. Il est celui qui « nous a aimés comme on n’a jamais aimé. »

    L’Évangile d’aujourd’hui revient sur ce grand commandement. Et c’est la rencontre entre Jésus et le scribe. Ce dernier connait parfaitement les Écritures. Il se présente à Jésus un peu comme un examinateur qui vient vérifier les connaissances de son élève. Nous avons entendu la réponse de Jésus : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force. Et voici le second : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Ces deux commandements ne font qu’un. L’un ne va pas sans l’autre.

    Nous sommes donc créés pour aimer. Dieu qui est amour, nous a créés pour que nous puissions, nous aussi, aimer et demeurer unis à lui. Nous ne trouverons la vraie joie qu’en aimant. Il ne s’agit pas d’abord de faire beaucoup de choses mais de vivre selon un esprit filial envers Dieu et fraternel envers les autres. En nous faisant le prochain des autres, nous nous approchons de Dieu qui est amour. Mon prochain, c’est celui que je prends le temps d’écouter et de rencontrer. C’est un seul et même amour qui nous attire vers Dieu et vers les autres.

    Nous sommes amenés à découvrir un Dieu qui fait alliance avec les hommes. Il est celui qui fait sans cesse le premier pas vers nous. Mais rien ne se passera si nous ne faisons pas le second vers lui. Dieu est un Père qui aime chacun de ses enfants. Son amour est pour tous sans exception. Si nous faisons du mal à quelqu’un, c’est contre Dieu que nous péchons. Plus un amour est grand, plus on voit ce qui l’offense.

    Malheureusement, quand nous regardons autour de nous et en nous, nous voyons bien que Dieu est souvent le grand oublié. On vit facilement sans lui et en dehors de lui. Nos capacités à aimer peuvent être blessé. C’est ce qui se passe quand nous nous détournons de Dieu. Nous vivons dans une société qui organise sa vie sans lui et en dehors de lui. C’est un affront aux chrétiens persécutés qui témoignent de leur foi jusqu’au martyre.

    Aimer son prochain n’est pas non plus facile, surtout quand il a beaucoup de défauts ; quand nous regardons les journaux et la télévision, nous voyons tous les jours des actes de violence. Sur nos routes, des hommes, des femmes et des enfants sont victimes de l’inconscience de certains. D’autres souffrent à cause des guerres, des conflits familiaux, de la faim, de l’exclusion. Le Christ est présent à travers celui qui n’en peut plus d’être harcelé. C’est tous les jours qu’il est jeté à la rue. Nous devons le reconnaître en celui qui meurt de faim, de froid et surtout de manque d’amour.

    En ce jour, la Parole de Dieu nous interpelle. Elle nous invite à changer notre regard sur Dieu et le prochain. Le Christ veut nous entraîner tous à sa suite. Il veut nous apprendre à voir tous nos frères et sœurs avec le cœur même de Dieu. Célébrer l’Eucharistie c’est communier à l’amour du Christ pour le Père et pour chaque être humain. C’est se mettre en disposition d’aimer. En ce jour, nous te prions Seigneur : Envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre. Amen

    Télécharger : 31ème dimanche du Temps ordinaire

    Sources : Revue Feu Nouveau – Homélies du dimanche (Mgr Léon Soulier) – Homélies pour l’année B (Amédée Brunot) – Missel dimanches et fêtes de trois années (Bayard)

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  • DIEU LIBÉRATEUR

    « Poussez des cris de joie… Faites retentir vos louanges et criez tous… » Voilà des belles paroles qui sont porteuses de joie. Et pourtant, le prophète Jérémie se trouve devant des gens qui ont tout perdu. Le vainqueur de Babylone les a emmenés en déportation sur une terre étrangère. Pour eux, c’est un grand malheur. Or c’est à ce moment-là que le prophète s’adresse à eux pour raviver leur espérance. Il leur rappelle que Dieu n’abandonne jamais son peuple quelles que soient ses bêtises. Il invite ces exilés à tenir bon dans la foi ; un jour, Dieu les délivrera ; il les ramènera sur leur terre. Ce sera un jour de grande joie.

    C’est ce Dieu libérateur qui nous est révélé par Jésus Christ. La lettre aux Hébreux (2ème lecture) nous annonce qu’avec lui tout est changé. Le Christ nous y est présenté comme « le grand prêtre » par excellence. Il est le médiateur entre Dieu et les hommes. Le pape Saint Jean-Paul II nous l’a rappelé à sa manière : « Il est celui qui a donné Dieu aux hommes et les hommes à Dieu. » Il les a libérés de leurs péchés pour leur permettre d’aller à Dieu. Appartenant au monde de Dieu et à celui des hommes, il les met en communion.

    Avec l’Évangile, c’est la promesse de Jérémie qui se réalise. Nous sommes à Jéricho. C’est là que se trouve le magnifique palais d’Hérode. Cette ville se trouve à 250 mètres au-dessous du niveau de la mer. Elle représente le monde du péché, éloigné de Dieu. Jésus y entre et en ressort aussitôt. Il vient dans ce monde du péché pour nous en sortir. Il ne veut pas nous y laisser seuls, livrés à nous-mêmes. Et c’est la rencontre avec Bartimée, le mendiant aveugle qui est assis au bord de la route.

    Quand Bartimée apprend que Jésus est en train de passer, il se met à crier : « Fils de David, prends pitié de moi ! » Ce titre, Fils de David  » est l’équivalent de Messie. Voilà qui est dangereux. Si les autorités juives apprennent une pareille chose, cela se terminera mal. Elles craignent les mouvements de foule qui pourraient inquiéter l’occupant Romain. Alors on cherche à le faire taire. Mais plus on lui impose le silence, plus il crie fort. Alors Jésus s’arrête et le fait appeler.

    Voilà déjà une bonne nouvelle pour nous aujourd’hui. Il y a des jours où nous n’arrivons pas à prier. Alors, comme ce mendiant, nous pouvons CRIER vers le Seigneur. C’est ce que nous lisons dans le psaume 129 : « Des profondeurs, JE CRIE vers toi Seigneur… Que ton oreille se fasse attentive au CRI de ma prière. » Ce cri est une prière que le Seigneur entend.

    Aujourd’hui encore, la vie de tant d’hommes, de femmes et d’enfants n’est plus qu’un cri qu’on ne veut pas entendre. Nous pensons aux malades qui n’ont plus la force de prier, aux personnes isolées, aux peuples qui ont tout perdu dans les guerres, aux victimes des inondations… Aujourd’hui comme autrefois, le Seigneur nous invite à les appeler. Tous les hommes sont appelés à Jésus. Voilà un message de la plus haute importance pour nous qui fonctionnons souvent sur le mode de l’exclusion.

    Cet évangile nous annonce une bonne nouvelle : L’aveugle a été guéri, oui bien sûr, mais le plus important est ailleurs ; sa confiance absolue en Jésus l’a sauvé. Il a quitté son manteau, son seul bien, sa seule protection pour aller vers Celui qu’il appelle « Fils de David ». C’est absolument le contraire du jeune homme riche qui n’a pas eu ce courage et qui est reparti tout triste car il avait de grands biens. Nous pouvons demander au Seigneur de nous donner la même foi que ce mendiant aveugle ; qu’il nous donne de rejeter le manteau qui nous empêche d’aller vers lui, le manteau de notre aveuglement spirituel, de notre manque de foi, le manteau de notre repli sur nous-mêmes. Qu’il nous guérisse de nos aveuglements. Car c’est vrai, nous sommes aveugles quand nous ne voyons pas la trace de Dieu dans notre monde, ou encore quand nous ne voyons pas la souffrance qui est à notre porte.

    En ce dimanche, nous sommes venus au Christ. Nous nous sommes rassemblés autour de lui. Et il nous repose la même question qu’à Bar Timée : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » C’est la question d’un Dieu qui veut passer dans notre vie pour nous sauver. Mais sans notre confiance, il ne peut rien faire. Comme l’aveugle de l’évangile, nous crions : « Fais que je voie ! » Aie pitié de moi qui ne vois trop souvent que l’affreuse nuit du doute. Aie pitié de moi qui ne vois pas toujours le sens de ma vie et le pourquoi des épreuves qui m’accablent. Aie pitié de moi qui ne vois pas combien tu m’aimes.

    Le Seigneur est là pour nous guérir de nos aveuglements, pour nous ouvrir à l’amour de Dieu et à celui de tous nos frères. Laissons Bartimée nous apprendre à avoir cette confiance inébranlable en Jésus. Des gens chercheront peut-être à nous en dissuader. Les mêmes pourront nous y encourager plus tard. La confiance est un combat de tous les jours, parfois dans l’obscurité de la foi. Mais grâce au fils de Timée, nous savons que la nuit n’a pas le dernier mot. C’est de cette espérance que nous avons à témoigner tout au long de notre vie auprès de tous ceux et celles qui nous entourent. Demandons au Seigneur qu’il nous guide sur ce chemin de conversion.

    Télécharger : 30ème dimanche du Temps ordinaire

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  • Homélie - 29ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE -21 octobre 2018

    UN POUVOIR, UN SERVICE

    Textes bibliques : Lire

    Ce dimanche, nous clôturons la semaine missionnaire mondiale. Nous n’oublions pas que la mission de l’Église c’est d’annoncer la bonne nouvelle jusqu’aux extrémités de la terre. Notre horizon et notre cœur doivent s’élargir aux dimensions du monde. Nous pensons à tous ces prêtres, religieux, religieuses et laïcs qui ont quitté leur famille et leur pays pour être les messagers de l’Évangile dans des pays qu’ils ne connaissaient pas. Et actuellement, nous accueillons des prêtres, religieux et religieuses qui viennent de l’Afrique, de l’Inde ou d’ailleurs pour nous évangéliser.

    Cette réponse à l’appel de Dieu n’a jamais été facile. C’est ce que nous comprenons en écoutant la 1ère lecture. Le prophète s’adresse à un peuple qui souffre de la persécution. Il fait comprendre à tous ces gens que leur souffrance n’est pas inutile ; Dieu ne les abandonne pas ; il se penche sur eux avec amour et prédilection. C’est en lui que chacun trouvera la force pour tenir le coup. L’important c’est de chercher cette force là où elle se trouve.

    En lisant ce texte, nous pensons aux chrétiens qui sont persécutés ou tournés en dérision à cause de leur foi au Christ. C’est en lui qu’ils trouvent la force et le courage dont ils ont besoin pour rester fidèles jusqu’au bout. Face aux souffrances infligées par les persécuteurs, ils nous apprennent l’amour et le pardon. Ils nous font comprendre que la volonté de Dieu c’est le salut de tous, y compris des persécuteurs. Seul le pardon accordé par la victime peut convertir son bourreau.

    La lettre aux Hébreux (2ème lecture) nous renvoie à Celui qui est vraiment au cœur de tout engagement missionnaire. En Jésus mort et ressuscité, les hommes ont trouvé le salut que l’humanité attend. Il est celui qui nous fait grâce et nous obtient la miséricorde. Il fait le lien entre la terre et le ciel. Le pape Jean-Paul II disait qu’il a donné Dieu aux hommes et les hommes à Dieu. Nous, chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes tous appelés à participer à ce sacerdoce du Christ. Comme lui, nous sommes envoyés vers nos frères et sœurs, en particulier ceux et celles qui sont éprouvés par la maladie, la souffrance et les épreuves de toutes sortes. La bonne nouvelle doit être annoncée à tous, y compris à ceux et celles qui sont loin de Dieu. Cette mission n’est pas d’abord notre affaire mais celle du Christ qui nous a appelés et envoyés.

    L’Évangile nous parle d’un Messie qui est venu donner sa vie « en rançon pour la multitude ». Le danger de ce mot « rançon » c’est de comprendre le contraire de ce qu’il veut dire. Dans notre langage, ce mot désigne le montant à verser lors d’une prise d’otage. À l’époque du Christ, il désignait la libération. Ce mot « rançon » est dérivé d’un verbe qui signifie « délier, détacher, libérer ». Toute la Bible nous raconte la longue entreprise de Dieu pour délier son peuple puis l’humanité de ses esclavages. Cette libération passe par la conversion du cœur de l’homme. C’est de cela que nous avons à témoigner dans notre monde qui en a bien besoin.

    Dans cet Évangile, nous voyons que les disciples n’ont rien compris. Jésus vient de leur annoncer sa Passion, sa mort et sa résurrection. Les Douze suivent sans empressement car ils ont peur. Ils savent ce qui les attend à Jérusalem. De ce groupe, deux hommes se détachent, Jacques et Jean. Pour être rassurés, ils demandent à Jésus de siéger à sa droite et à sa gauche dans son Royaume. Les autres disciples s’indignent : « Pourquoi pas nous ? » Mais Jésus ne s’indigne pas. Il sait ce qu’il y a dans le cœur de l’homme. S’il intervient, c’est pour les amener et nous amener à changer de perspective. Il dénonce les rapports de force et de supériorité. Le pouvoir comme écrasement des autres ne doit pas avoir sa place parmi les disciples.

    La gloire du Christ se manifestera sur la croix. À sa droite et à sa gauche, nous trouverons deux bandits. La coupe qu’il boira sera celle de sa Passion qui l’introduira dans le Royaume. Là, toutes les relations seront transformées. Chacun y découvrira que sa place est un don de Dieu. C’est ainsi que Jésus a aboli la loi du plus fort. Il l’a remplacée par celle du plus aimant. C’est une conversion de tous les jours que nous obtiendrons en contemplant et un accueillant « Jésus serviteur ». Il est celui qui « nous a aimés comme on n’a jamais aimé. »

    C’est très important pour nous aujourd’hui. Notre monde juge le christianisme à travers ceux qui le pratiquent, donc à travers nous. Notre première tâche c’est de nous laisser imprégner par l’Esprit Saint pour ne pas déformer le message de l’Évangile. Notre travail c’est de poursuivre la mission du Christ ; c’est d’annoncer une bonne nouvelle, celle de l’amour de Dieu pour chacun de ses enfants. Mais dans notre monde, deux hommes sur trois ne le connaissent pas. C’est une raison de plus pour témoigner à temps et à contretemps de la bonne nouvelle de l’Évangile.

    En conclusion nous faisons nôtre les paroles de ce chant :

    « Allez-vous en sur les places et sur les parvis !
    Allez-vous en sur les places, y chercher tous mes amis,
    tous mes enfants de lumière qui vivent dans la nuit.
    Allez-vous en sur les places
    Et soyez mes témoins chaque jour. » Amen

    Télécharger : 29ème dimanche du Temps ordinaire

    Sources : Revue Feu Nouveau, Commentaires de Marie Noëlle Thabut, dossiers personnels

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  • 28ÈME DIMANCHE DU TEMPS ORDINAIRE (B)

    « UN TOURNANT MANQUÉ… »


    Jean COMPAZIEU prêtre

    Textes bibliques : Lire

    Nous entrons aujourd’hui dans la semaine missionnaire mondiale. Les textes bibliques de ce dimanche nous invitent à faire le bon choix. Dans la première lecture, nous avons le témoignage de Salomon ; dans sa prière, il a demandé le don nécessaire à un roi : « Donne à ton serviteur un cœur attentif pour qu’il sache gouverner ton peuple et discerner le bien et le mal. » Le roi demande donc la Sagesse parce qu’elle est ce qu’il y a de plus précieux pour l’homme. Elle l’emporte sur tous les biens de la création.

    Cette recherche de la Sagesse est fondamentale. Pour l’acquérir, il faut être prêt à vendre tout. Il ne s’agit pas d’une conquête de la raison mais d’un don de Dieu. Il ne cesse d’être présent et agissant dans la vie des hommes. Il n’attend qu’une chose, c’est que nous lui ouvrions la porte de notre cœur. Il se présente à nous comme la Lumière qui vient éclairer nos ténèbres.

    La lettre aux Hébreux (2ème lecture) nous apporte un éclairage nouveau : La vraie sagesse, nous ne pourrons l’acquérir qu’en accueillant la Parole de Dieu. Cette parole ne se contente pas de nous instruire, elle agit au plus profond de nous-mêmes. Le chrétien est un homme que la Parole de Dieu a traversé. En nous transperçant comme une épée à deux tranchants, Dieu nous libère de la peur et de la honte. Seul celui qui se laisse transpercer par la Parole de Dieu en deviendra le témoin. Lui résister c’est refuser le Christ et s’enfermer en soi-même. Si nous l’accueillons, elle illumine notre vie, elle nous donne le courage de progresser sur le chemin du bien et de l’amour.

    Voilà donc ces deux premières lectures qui nous parlent de la Sagesse et de l’amour. Avec l’Évangile, nous faisons un pas de plus : Jésus nous est présenté comme Sagesse et Parole de Dieu. Dans ce récit, nous trouvons un homme sui accourt vers Jésus. Tombant à genoux, il lui pose la question qui le préoccupe : « Que dois-je faire pour avoir en héritage la Vie éternelle ? Jésus lui répond qu’il faut observer les commandements. Sur ce point, notre homme peut se sentir en règle. Alors, Jésus lui propose beaucoup mieux : « Ne bricole plus : Une seule chose te manque : Va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, puis viens et suis-moi. » Alors cet homme est reparti tout triste car il avait de grands biens.

    Comme cet homme, nous sommes attachés à nos biens. Nous avons de nombreux fils qui nous empêchent de nous envoler et de vivre pleinement. Nous trouvons plein de prétextes qui nous empêchent d’aller jusqu’au bout de l’alliance avec Jésus. En ce jour, nous pensons aux nombreux missionnaires qui, pendant des siècles, ont tout quitté pour annoncer le Christ. Et actuellement, des prêtres africains, indiens et autres ont quitté leur famille et leur pays pour venir nous évangéliser. Tout cela doit nous interpeller. Partir, ce n’est pas seulement voir du pays, c’est risquer sa vie, risquer la persécution.

    Ils sont nombreux les prêtres, religieux, religieuses et laïcs qui ont fait le choix de tout abandonner pour l’unique trésor qui ne vieillit pas, qui ne pourrit pas, qui n’est pas rongé par les vers ni par les remords. Ce trésor c’est une multiplication d’amour. Choisir le Christ, c’est multiplier par cent tous nos biens, toutes nos relations ; quitter un frère, une sœur pour recevoir le centuple ! Quitter une maison pour recevoir un Royaume !

    Cet Évangile nous invite à ne pas fermer notre cœur mais à l’ouvrir à l’infini de Dieu. Malheureusement notre attachement à la pacotille nous empêche d’accueillir le seul vrai trésor qui pourrait nous combler. Ce qui nous est proposé c’est de nous laisser envahir par le regard et l’amour du Christ. Au jour de notre baptême, nous avons été plongés dans cet océan d’amour qui est en lui. Si nous restons en communion avec lui, nous comprenons que ses exigences sont un appel à vivre en plénitude.

    Aujourd’hui comme autrefois, le Seigneur continue à nous appeler. Il compte sur chacun de nous. Au départ, ils étaient douze à suivre Jésus. Aujourd’hui, la petite communauté s’est multipliée par 100 000 000 ; c’est l’action de l’Esprit Saint dans l’Église universelle. La Parole de Dieu s’est répandue dans le monde entier. Nous sommes tous invités à entretenir le feu pour qu’il continue à illuminer le monde. Amen

    Sources : Commentaires de Marie Noëlle Thabut – livret d’animation pour la semaine missionnaire mondiale – Fiches dominicales – dossiers personnels…

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