• APPELÉS ET ENVOYÉS

    Dimanche dernier, nous avons entendu le récit de la vocation de Jérémie. Aujourd’hui, deux autres nous sont proposées, celle d’Isaïe (1ère lecture) et celle de l’apôtre Pierre dans l’Évangile selon saint Luc. D’un côté, Dieu se présente comme le Dieu trois fois saint ; de l’autre, c’est Jésus qui est monté tout simplement dans la barque de Pierre mais qui va se manifester comme le maître de la création.

    De part et d’autre, on réagit un peu de la même manière : Isaïe et Pierre sont saisis d’effroi. Ils se mettent à craindre la proximité de Dieu dont ils reconnaissent la sainteté. Pierre voit en Jésus quelqu’un qui n’est pas de son monde et il l’appelle « Seigneur ». C’est ainsi qu’on a l’habitude de s’adresser au Dieu d’Israël. Mais Jésus rassure ces pêcheurs et il les appelle à le suivre. Alors ces hommes laissent tout et ils se mettent à marcher à sa suite. Ils lui font confiance.

    Cet Évangile nous rejoint : aujourd’hui, le Christ monte dans ma barque. Il s’invite sur mon lieu de travail, dans ma maison, là où je vis. Il est là « au cœur de nos vies » et il compte sur notre accueil et notre réponse. Cette rencontre avec lui, nous pouvons la faire dans la prière mais aussi grâce à une rencontre, un témoignage qui nous a interpellés. Dieu s’arrange toujours pour mettre sur notre route les personnes qui nous aideront à avancer.

    Dans l’Évangile de ce dimanche, nous voyons Pierre qui a peiné toute une nuit sans rien prendre. Comme lui, nous avons, nous aussi l’expérience de ces nuits pénibles. Face à l’échec, nous risquons de nous décourager. Mais le Seigneur est toujours là, et il ne cesse de nous redire : « Avance au large ! » Va vers celui qui est seul, malade ou dans la peine. « Avance en eau profonde ! » Cette eau profonde c’est l’abîme de l’accident, de la maladie, du handicap. Va vers les « périphéries », vers ceux et celles qui sont marginalisés, ceux et celles qui ne comptent pas aux yeux du monde. Il est urgent de leur faire savoir qu’ils ont la première place dans le cœur de Dieu.

    Pour cette mission, Jésus n’appelle pas les plus doués ni les plus méritants. C’est ce que nous voyons avec Isaïe, Pierre, Jacques, Jean mais aussi Paul. Les uns et les autres reconnaissent le décalage entre ce qu’ils sont et la mission qui leur est confiée. Ils se reconnaissent indignes de parler de Dieu et en son nom. Mais Dieu leur révèle qu’ils sont aimés, pardonnés et envoyés. L’apôtre Paul reconnaît que la réussite de sa mission ne vient pas de lui-même mais de la grâce de Dieu.

    Aujourd’hui, tous ceux qui sont appelés à l’annonce de l’Évangile font la même expérience que tous ces personnages, une expérience d’indignité et de peur ; et c’est tant mieux ; le contraire serait dangereux. Nous ne devons pas imaginer que c’est notre propre parole qui fait œuvre de conversion. Nous sommes envoyés pour dire et pour témoigner, mais le principal travail c’est Dieu qui le fait dans le cœur de ceux et celles qu’il met sur notre route. La foi dont nous témoignons se transmet sans que nous nous en rendions compte : c’est là l’œuvre de l’Esprit Saint.

    Un dernier point sur cet Évangile : Pierre et ses compagnons ont répondu à l’appel de Jésus qui les invitait à avancer au large. Le résultat a été tellement extraordinaire qu’ils ont dû faire appel à leurs compagnons. Sans cela, la pêche miraculeuse aurait été perdue. C’est important pour ceux qui sont appelés à être « pêcheurs d’hommes ». Ils sont envoyés ensemble. Toute Évangélisation doit être communautaire. Saint Paul l’exprime très fort quand il se déclare en pleine communion avec les autres apôtres.

    Nous voici donc appelés à être disciples et missionnaire, à suivre le Christ et à l’annoncer au monde. C’est ensemble, les uns avec les autres que nous avons à tirer les filets. Mais nous ne devons pas oublier que sans Jésus, ces filets resteront vides. Si nous abandonnons la prière et les sacrements, nos efforts resteront vains ; on va peiner des jours et des jours pour rien. Le Christ nous invite à nous raccrocher à lui et à accueillir la nourriture qu’il nous propose pour nourrir notre foi, notre espérance et notre amour. Lui-même nous assure de sa présence tous les jours de notre vie.

    Sources : Revue Feu Nouveau – Missel des dimanches 2019 – Couleurs des dimanches et fêtes année C (Michel Souarnec)

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  • Homélie du 4ème dimanche du temps ordinaire

    Abbé Jean Compazieu 

     

    Allez par toute la terre…

    Pêche miraculeuse

     Textes bibliques : Lire

    Les textes bibliques de ce dimanche nous montrent comment Dieu appelle des hommes pour être ses messagers. Il s’est adressé à Isaïe qui n’avait que 20 ans pour lui confier la mission d’être prophète auprès de son peuple. Isaïe est saisi d’effroi ; devant la sainteté de Dieu, il prend conscience de son péché. Mais le feu divin purifie les lèvres d’Isaïe. Il pourra ainsi transmettre la parole brulante du Seigneur. Le même Dieu compte aussi sur nous pour nous partager sa vie. Il nous envoie pour être son messager malgré nos faiblesses et notre péché. Il a besoin de porte-paroles pour faire connaître et communiquer au monde ses secrets de bonheur. 

    La 2ème lecture nous parle de saint Paul qui est devenu apôtre du Christ. Au départ, il persécutait les chrétiens. Ce qui a fait de lui un apôtre du Christ ce n’est pas d’abord ses qualités d’orateur ni ses voyages missionnaires, ni son souci des pauvres et des opprimés. Le vrai point de départ a été sa rencontre avec le Christ ressuscité sur le chemin de Damas. Il l’a vu vivant au milieu des siens. Le Christ l’a appelé à le suivre ; lui-même nous dit : « c’est par la grâce de Dieu je suis ce que je suis ». Nous aussi, nous sommes le fruit de cette grâce aussi bien par nos qualités humaines par la foi que nous avons reçue. Le Christ est toujours avec nous ; comme Paul et bien d’autres nous avons la responsabilité de transmettre ce que nous avons reçu.

    L’Évangile nous parle de l’appel des premiers disciples. Pressé par la foule, Jésus a besoin d’être aidé. C’est important car il faut que le filet de la Parole atteigne tous les hommes. Cette aide, il va la demander aux pêcheurs qui ont mis leurs barques à sa disposition. Il va d’abord les inviter à avancer au large et de jeter leurs filets pour prendre du poisson.

    Simon qui avait peiné toute la nuit sans rien prendre répond à l’invitation du Maître : « Sur ta parole, je vais jeter les filets. » Simon joue gros sur la Parole de Jésus. Il joue son avenir mais il ne le sait pas encore. Un seul geste exécuté à la demande du Seigneur et le résultat est inespéré. Il doit même demander à ses compagnons de l’autre barque de venir l’aider sinon cette pêche extraordinaire aurait été perdue.

    Aujourd’hui comme autrefois, le Christ nous invite à avancer au large. Comme Pierre, nous n’avons peut-être pas envie de quitter la rive de nos habitudes, le sol ferme de nos certitudes. Comme Pierre, nous avons peiné des mois et des années sans grand résultat. Nous nous sommes engagés dans nos paroisses, nos quartiers, nos lieux de travail et de loisirs. Mais nous constatons que nos églises se vident ; la plupart des jeunes n’y mettent plus les pieds. Nos petits-enfants ne sont pas baptisés.  Alors, on se dit qu’il faut s’organiser pour sauver ce qui peut l’être. On ne pense qu’à se protéger d’un monde qui nous ignore, nous ridiculise ou nous persécute.

    Mais ce n’est pas cela que le Seigneur attend de nous : Ce qu’il nous demande, c’est d’avancer au large. Simon refait exactement ce qu’il a fait toute la nuit sans rien prendre. Mais cette fois, tout est changé car Jésus est à bord. Le bateau coule tellement il est chargé. La pêche miraculeuse, ça ne se fait pas tout seul : c’est une mission de toute l’Église. Mais il faut que Jésus soit à bord. Il doit être là pour commander la manœuvre, donner des ordres et se faire obéir. Il ne suffit pas d’avoir des plans bien élaborés ni d’utiliser les techniques les plus modernes. Le plus important  c’est de jeter les filets et de la faire avec foi « sur sa parole ». La pêche miraculeuse, c’est lui qui s’en charge. Le principal travail, c’est lui qui le fait dans le cœur de ceux et celles à qui nous annonçons la Parole.

    Comme Isaïe et les apôtres Pierre et Paul, nous sommes tous appelés par le Seigneur. Il compte sur nous pour une mission bien précise. Il ne s’adresse pas nécessairement aux meilleurs ni aux plus saints. Il n’appelle pas que les enfants sages. Il peut venir nous chercher très loin et très bas. Les grands témoins de la foi sont des pécheurs pardonnés. Son appel est toujours le même : « Avance au large et jetez vos filets. » Avec ce qui est petit et faible, le Seigneur peut faire des grandes choses. L’important c’est d’être AVEC le Seigneur.

    En ce jour, nous te rendons grâces, Seigneur, car nous avons bénéficié de la pêche miraculeuse : le baptême nous a arrachés aux flots de la mort et nous  a hissés sur la barque ; nous sommes sortis de l’eau comme le Christ est sorti du tombeau. Et nous sommes envoyés à notre tour comme Isaïe et Simon-Pierre. Inspire-nous les paroles et les gestes qui nous permettront d’arracher nos frères aux flots de la misère et de nous mettre à ton service. Amen

    Télécharger : 5ème dimanche du temps ordinaire

    ADAP

    VIRC

    Sources : Revue Signes – Feu Nouveau – Semainier chrétien – Missel des dimanches et fêtes des 3 années (Michel Wackenheim) – Homélies pour l’année C (Amédée Brunot) – Célébrons dimanche (Assemblées de la Parole des dimanches et fêtes)

    Source http://dimancheprochain.org/
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  • Homélie du 3ème dimanche du Temps ordinaire

    Abbé Jean Compazieu 

    Une Parole qui libère

     

    Textes bibliques : Lire

    Les textes bibliques de ce dimanche insistent très fortement sur l’importance de la Parole de Dieu dans la vie des croyants. Cette parole nous rejoint dans ce que nous vivons, y compris dans les situations les plus désespérées. C’est ce que nous découvrons en écoutant le livre de Néhémie (1ère lecture). Le peuple d’Israël revient de 50 ans d’exil sur une terre étrangère ; les repaires religieux se sont effondrés ; le temple de Jérusalem a été détruit. Les nations voisines sont toute puissantes et elles le font sentir. Alors, on se pose la question : Où est-il notre Dieu ? 

    Mais Dieu n’abandonne pas son peuple. Le prêtre Esdras l’invite à accueillir un message d’espérance : d’accord, il n’y a plus de temple. Alors, on se rassemble sur la place et on se met à écouter la loi de Moïse que le Seigneur avait donnée à Israël. Esdras monte sur l’estrade pour en faire la lecture depuis le lever du soleil jusqu’à midi (imaginez un peu !). Toute la matinée se passe en prières, lectures, homélies et chants. Quand on découvre la Parole de Dieu, on ne compte pas. Face à cette Parole, le peuple pleure de joie mais aussi de douleur. Elle vient éclairer la vie de ceux qui l’entendent mais en même temps, elle leur révèle leur péché.

    Écouter la Parole de Dieu est absolument essentiel. Quand nous lisons ou écoutons un texte de la Bible, c’est Dieu qui nous parle. Il a une bonne nouvelle pour nous. Cette rencontre avec lui  est source de joie et d’espérance. C’est pour cette raison d’Esdras invite les gens à faire la fête. Après la dure période de l’exil, le peuple comprend que Dieu continue à l’aimer et à le bénir. Nous n’aurons jamais fini de redécouvrir la force de cette Parole de Dieu. Quand nous l’écoutons avec un cœur attentif, elle devient une nourriture pour la route : « L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. »

    En lisant l’Évangile, nous découvrons que cette Parole de Dieu est une bonne nouvelle. Jésus vient de lire un passage du livre d’Isaïe : « L’Esprit du Seigneur est sur moi parce que le Seigneur m’a consacré par l’onction. Il m’a envoyé porter la Bonne Nouvelle aux pauvres, annoncer aux captifs leur libération, et aux aveugles qu’ils retrouveront la vue, remettre en liberté les opprimés, annoncer une année favorable accordée par le Seigneur. » Et Jésus annonce à ses auditeurs que c’est « aujourd’hui » que cette parole s’accomplit. En lui, c’est Dieu qui agit. La parole des prophètes se réalise sous les yeux de tous. L’action du Christ apaise, guérit et redonne espérance. Et c’est aujourd’hui que tout cela se réalise.

    Cette bonne nouvelle est destinée en priorité aux plus pauvres, aux prisonniers, aux aveugles. Ils sont nombreux ceux et celles qui souffrent de l’exclusion, des injustices et des violences de toutes sortes. Jésus leur annonce « une année de bienfaits accordée par le Seigneur. » En lui, c’est Dieu qui rejoint tous les hommes pour les combler de son amour et les conduire sur les chemins de la vie. Quand nous souhaitons une bonne année aux autres, nous avons l’habitude d’ajouter « et surtout une bonne santé. » Jésus va beaucoup plus loin : il nous parle d’une « année de bienfaits ». C’est avec lui que cela pourra se réaliser.

    Le premier de tous ces bienfaits, c’est le rassemblement de tous les hommes en une grande famille. Saint Paul nous le dit à sa manière : nous sommes tous membres du Corps du Christ. En lui, nous pouvons devenir Parole de Dieu pour le monde. Mais cette Parole ne sera reçue que si nous sommes vraiment unis à Jésus et entre nous. Jésus lui-même a prié à cette intention : « que tous soient un pour que le monde croie. » La semaine de prière pour l’unité a été un appel très fort pour les disciples du Christ. Elle vient nous rappeler que c’est en lui que cette unité doit se construire. En nous rassemblant autour de lui, nous nous rapprochons les uns des autres.

    Ces trois lectures nous adressent donc un appel de la plus haute importance. Elles nous invitent à remettre la Parole de Dieu au centre de notre vie. Aujourd’hui, le même Christ voudrait nous apprendre à prier en ouvrant la Bible avec soin et en lisant les textes proposés pour ce dimanche. Il est indispensable que toute prière, tout témoignage et toute prédication s’appuient sur la Parole de Dieu. Il est heureux de constater que l’Écriture retrouve toute sa place dans la liturgie. De plus en plus de familles prennent du temps dans la semaine pour se préparer à mieux accueillir les textes qui seront proclamés le dimanche. Cette Parole doit être accueillie avec le même respect que l’Eucharistie.

    En ce jour, nous pouvons faire nôtre la prière du psaume : « La parole du Seigneur est parfaite qui redonne vie. La charte du Seigneur est sûre qui rend sages les simples ».

    Sources : Revue Feu Nouveau, Homélies pour l’année C (Amédée Brunot), Lectures bibliques des dimanches année C (Albert Vanhoye)

    Télécharger en PDF : 3ème dimanche du temps ordinaire

    source http://dimancheprochain.org

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    « PEUPLE DE L’ALLIANCE »

    Textes bibliques : Lire

    En ce dimanche, nous sortons du temps des fêtes et nous entrons dans la période dite du « Temps ordinaire ». Ce n’est pas une période moins importante, bien au contraire : c’est un temps pour accueillir le Seigneur qui n’en finit pas de nous partager sa joie. Tout au long de cette période, nous serons invités à marcher en « conduite accompagnée » à la suite du Christ. Quelle que soit la situation, nous pouvons toujours compter sur lui. Il est « le chemin, la vérité et la Vie » ; personne ne va au Père sans passer par lui.

    Les textes bibliques de ce jour nous montrent vers quel but nous avançons : ils nous disent que nous sommes tous invités à un repas de noces ; ce sont les noces de Dieu qui fait alliance avec l’humanité. Notre Dieu vient apporter la joie aux délaissés : ils ont la première place dans son cœur ; c’est ce message d’espérance que nous découvrons dans la 1ère lecture ; après 50 ans d’exil à Babylone, la communauté juive est réduite à une poignée de rescapés ; le moral est bien bas. Mais le prophète les rassure : c’est avec ce petit reste que Dieu a lié sa cause. C’est vraiment par amour qu’il fait alliance avec eux. Cette bonne nouvelle doit remplir leur cœur de joie.

    Nous nous reconnaissons dans cette situation. Beaucoup sont inquiets pour l’Église. Tous ces contre-témoignages, ces divisions entre chrétiens ont de quoi nous inquiéter. Mais le prophète nous fait comprendre que le mal n’aura pas le dernier mot. C’est l’amour qui triomphera. C’est de cela que nous avons à témoigner auprès de tous les délaissés de la société. Ils ont besoin d’entendre ces mots de tendresse.

    Dans la seconde lecture, saint Paul nous redit que Dieu nous comble de son amour. Mais il précise que ses dons sont variés. Ceux qui en ont bénéficié ne doivent pas en tirer orgueil. Ces dons de l’Esprit sont partagés à chacun pour le bien de tous. Quel que soit le charisme des uns et des autres, c’est toujours Dieu qui agit. C’est d’abord grâce à lui que le travail missionnaire peut porter du fruit.

    Cette manifestation de l’amour de Dieu, nous la retrouvons dans l’Évangile de saint Jean. C’est au cours d’une noce que nous découvrons « le commencement des signes que Jésus accomplit ». Le mariage c’est la célébration de l’alliance entre un homme et une femme qui s’aiment et qui ont décidé de se donner l’un à l’autre. Cet événement nous parle de l’amour passionné de Dieu qui veut faire alliance avec tous les hommes de tous les temps et de tous les pays. Le Christ se présente comme l’époux qui veut épouser l’humanité pècheresse. Il veut la rétablir dans sa dignité en la réconciliant avec Dieu. Cette humanité nouvelle est née au pied de la croix du Christ. Voilà une bonne nouvelle qui concerne tous les hommes, juifs et païens.

    Mais à Cana, la fête a failli être gâchée : on n’a pas prévu assez de vin et c’est la catastrophe ; Marie s’en est aperçue et elle le dit à Jésus. Ce vin qui manque en évoque d’autres, bien plus graves. Marie voit tout cela, et elle le dit à Jésus : « Ils n’ont plus d’amour ; ils n’ont plus de joie ; ils n’ont plus de paix ; tous ces gens victimes de la haine, de la violence et de l’indifférence, ce n’est plus possible. Ils sont nombreux ceux et celles qui vivent des situations douloureuses.

    Marie voit tout cela et elle nous renvoie à Jésus : « Faites tout ce qu’il vous dira… » Elle nous invite à lui faire confiance. Dans ce signe de l’eau changée en vin, il ne faut pas voir que le côté merveilleux : ce signe nous renvoie à l’alliance entre Dieu et son peuple. Avec lui, c’est la joie retrouvée. L’Évangile nous parle de six jarres d’environ cent litres chacune. C’est que Dieu voit grand ; il ne compte pas. Cette abondance de vin signifie la profusion de grâce. Ces noces célèbrent l’alliance de Dieu avec les hommes. C’est une joie généreuse, débordante et inépuisable. C’est cela l’amour de Dieu.

    En ce dimanche, prenons le temps d’entendre l’appel de Marie qui nous est sans cesse renouvelé. Elle nous renvoie au Christ et à l’évangile. Elle intercède pour nous et pour l’humanité tout entière. Toutes ces souffrances qui accablent tant d’hommes, de femmes et d’enfants, elle nous invite à les voir. Avec elle, nous apprenons à nous en remettre à Celui qui est venu épouser notre humanité et la féconder de sa vie divine. La bonne nouvelle de ce dimanche c’est que le Christ a le pouvoir de tout changer en nous. Il désire que nous retrouvions la joie et que nous soyons dans le monde les témoins de cette espérance qui nous anime.

    Nous te rendons grâce, Seigneur, pour cette joie que tu mets en nous ; avec toi, nous repartirons pleins d’espérance et de dynamisme; ainsi nous pourrons témoigner autour de nous de la Bonne Nouvelle de ton amour pour l’humanité.

    Sources : Revue, Feu Nouveau et Dimanche en paroisse, Missel des dimanches et fêtes des trois années (Bayard)

    Télécharger : 2ème dimanche du Temps ordinaire

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  • Homélie- BAPTÊME DU SEIGNEUR - dimanche 13 janvier 2019

    BAPTÊME DU SEIGNEUR (C)

    APPELÉS ENFANTS DE DIEU »

    Jean COMPAZIEU prêtre

    Textes bibliques : Lire

    Le jour de Noël, nous avons fêté la naissance de Jésus : il a été manifesté aux bergers et, à travers eux, aux petits, aux pauvres et aux exclus. Le jour de l’Épiphanie, dimanche dernier, cette révélation a été offerte aux mages. Cette fête nous a aidés à comprendre que le Christ est venu aussi pour les étrangers, pour ceux qui ne connaissent pas Dieu ; son amour est offert à tous. Et aujourd’hui, c’est une autre manifestation du Seigneur que nous célébrons : c’est Jean Baptiste qui nous le montre ; il vient annoncer la venue de Celui qui apporte le Salut au monde.

    Cette bonne nouvelle était déjà proclamée par le prophète Isaïe (1ère lecture). Ce texte est un message de consolation pour un peuple qui vient de vivre 50 ans d’exil à Babylone : « Voici le Seigneur Dieu : il vient avec puissance… » Mais cette puissance n’est pas celle qu’on croit ; il ne vient pas pour venger ni pour punir. Cette puissance c’est celle de l’infinie tendresse de Dieu qui pardonne. Le Seigneur est là pour réconforter son peuple. Son amour est offert à tous : « Là où le péché a abondé, l’amour a surabondé. » (Lettre de saint Paul aux Romains). C’est quand le Seigneur vient à nous que nous retrouvons la vraie joie.

    Dans sa lettre à Tite (2ème lecture), saint Paul nous parle du salut offert à tous les hommes ; au jour de notre baptême, nous avons été plongés dans l’amour infini de Dieu qui est Père, Fils et Saint Esprit. C’est un changement radical qui nous entraîne vers une nouvelle manière de vivre. Avec Jésus, c’est une vie nouvelle qui commence. Pour les nouveaux convertis, plus rien ne peut être comme avant. Nous avons tous besoin de retrouver la force de cette présence du Seigneur dans notre vie et notre monde.

    Dans l’Évangile, nous retrouvons Jean Baptiste qui annonce la venue de Celui qui apporte la « consolation au monde ». « Moi, je vous baptise dans l’eau, mais il vient Celui qui est plus puissant que moi… Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu » (Luc 3, 16). L’Esprit Saint est l’artisan principal du baptême chrétien. Il est Celui qui brule et détruit le péché du monde ; il nous libère de la domination des ténèbres et du péché. Il nous transfère dans le Royaume de Lumière qui est celui de l’amour et de la paix.

    C’est cela que nous découvrons dans le baptême de Jésus. Il rejoint ce peuple de pécheurs qui viennent accomplir un geste de pénitence. Les uns et les autres étaient invités à se convertir. Jésus n’avait pas de péché à se faire pardonner. Mais s’il entre dans l’eau du Jourdain, c’est pour rejoindre ce monde pécheur qu’il est venu chercher et sauver. Il nous rejoint au plus bas dans l’abîme de la perdition, dans l’horreur de notre iniquité et de notre déchéance. Tout ce péché qui nous accable, il le prend sur lui pour nous en libérer.

    Cet événement nous apporte un éclairage nouveau sur la différence entre le baptême de Jésus et celui que nous avons reçu : au jour de son baptême, Jésus a été plongé dans le péché du monde ; il l’a entièrement pris sur lui pour nous en libérer. Pour nous chrétiens, c’est le contraire : nous avons été immergés dans cet immense océan d’amour qui est en Dieu, Père, Fils et Saint Esprit. Nous sommes devenus un avec Dieu. Le baptême chrétien nous donne le Christ pour passer avec lui de la mort à la vie, du péché à la sainteté, de l’angoisse à l’amour.

    C’est aussi à chacun de nous que la voix du Père se fait entendre : « Tu es mon enfant bien aimé. Voilà une parole que nous devons nous répéter inlassablement : nous sommes tous les enfants bien-aimés du Père. Il nous aime tous tels que nous sommes. Désormais, plus rien ne peut être comme avant dans notre vie ; nous retrouvons une assurance nouvelle, une nouvelle manière de nous tenir debout et d’exister.

    C’est aussi une responsabilité : au jour de notre baptême, nous sommes entrés dans une grande famille qui s’appelle l’Église ; l’autre est aussi enfant de Dieu, tout comme moi ; et je dois en tenir compte dans mes rapports avec lui. C’est un appel à réagir contre la violence, contre la misère et contre tout ce qui dégrade l’homme. Il reste beaucoup à faire pour instaurer le règne du Christ dans nos villages, nos quartiers, nos lieux de travail et de loisir. Nous sommes tous envoyés pour construire un règne de paix et de justice, un règne de vérité et d’amour. Et que chacun puisse s’entendre dire : « Tu es mon enfant bien-aimé. Tu fais toute ma joie. »

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  • 1er janvier : Fête de Sainte Marie Mère de Dieu

    Abbé Jean Compazieu  

    Textes bibliques : Lire ici

    En ce début d’année, nous échangeons des souhaits. Et nous avons des formules pour le faire : « Bonne et heureuse année, beaucoup de santé, que tous tes désirs se réalisent. La Bible a aussi ses formules : Dans la première lecture, nous en trouvons une qui est très belle ; il s’agit d’une bénédiction que Dieu a transmise à son peuple : “Que le Seigneur te bénisse et te garde ! Que le Seigneur fasse briller sur toi son visage, qu’il te prenne en grâce ! Que le Seigneur tourne vers toi son visage, qu’il t’apporte la paix !” Cette bénédiction s’adressait au peuple de l’ancienne alliance. Elle s’adresse aussi à l’Église d’aujourd’hui et à chacun de nous. Quelles que soient les épreuves qui surviendront en cours d’année, la bénédiction de Dieu nous est toujours offerte.

    Il est heureux que nous débutions cette nouvelle année en fêtant Marie, Mère de Dieu. Saint Paul nous dit que « Dieu a envoyé son Fils né d’une femme ». Il nous rappelle ainsi que le Seigneur Jésus, Fils de Dieu, fait pleinement partie de la famille humaine. Dieu nous a donné son Fils pour faire de nous, en Jésus, des fils adoptifs. C’est en écoutant et en suivant le Christ que nous entrons dans une vie de liberté sous la conduite de l’Esprit Saint. Et marie est toujours là pour nous inviter à faire « tout ce qu’il nous dira ».

    L’Évangile nous annonce que Dieu vient nous combler bien au-delà de nos espérances. La nuit de Noël, nous avons fêté la naissance de notre Sauveur. Cette bonne nouvelle aurait dû être annoncée aux gens influents du pays, l’empereur Auguste ou au moins aux habitants de Nazareth. Mais Dieu ne voit pas les choses comme nous. Il envoie ses anges vers les bergers. Ces derniers sont des pauvres parmi les pauvres. Ils sont les premiers à recevoir cette bonne nouvelle ; ils sont les premiers à découvrir Marie et Joseph avec le nouveau-né couché dans une mangeoire. Saint Luc nous dit qu’ils repartent en glorifiant Dieu et en le louant pour tout ce qu’ils avaient entendu et vu.

    En ce début d’année, nous pouvons souhaiter que le Christ nous donne à tous « un cœur de berger », un cœur capable de découvrir le Christ, un cœur capable de s’émerveiller de sa présence au milieu de nous, un cœur capable de déceler la présence du Christ là où nous ne pensions pas le rencontrer. Car le Christ n’est pas qu’à l’église ; il est partout où il y a de l’amour ; il est aussi là où on souffre. Puissions-nous le découvrir partout.

    Cette bonne nouvelle doit être proclamée dans le monde entier. Les bergers ont raconté « ce qui leur avait été dit au sujet de l’enfant ». C’est important pour nous aujourd’hui. Pour que la foi se répande, il faut que les gens parlent. Celui qui a découvert le Christ ne peut faire autrement que d’en témoigner.

    Pour cette mission, nous ne sommes pas seuls. Après nous avoir parlé des bergers, saint Luc attire notre attention sur Marie, mère de Jésus. L’Évangile n’a retenu que quelques paroles d’elle. Il nous dit aujourd’hui qu’elle « retenait tous ces événements et les méditait dans son cœur. » Elle venait de vivre des événements très forts. En les méditant « dans son cœur », elle découvre la richesse et la beauté de ce qui lui arrive. Ce cœur à cœur avec Dieu est absolument essentiel.

    A la suite de Marie, nous sommes tous invités à méditer les événements de notre vie. Et nous avons la chance de pouvoir le faire à la lumière de l’Évangile. Même quand tout va mal, nous ne devons jamais oublier que le Seigneur est là ; nous pouvons toujours compter sur lui.

    Ce 1er janvier est aussi la journée mondiale de prière de la paix. Nous pensons à tous ces pays qui sont douloureusement marqués par la guerre, la violence, le terrorisme. Nous n’oublions pas les familles qui se déchirent, les voisins qui ne se parlent plus. Si Dieu nous a envoyé son Esprit d’amour c’est pour que nous soyons es artisans et des messagers de paix et de miséricorde.

    En ce jour, nous te prions, Seigneur : Que ta Parole nous habite et fasse vivre chacun de nous. Conduis-nous sur le chemin que tu es venu nous montrer. Garde-nous fidèles à ton amour. Amen

    source http://dimancheprochain.org

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    APPELÉS « ENFANTS DE DIEU »

    En cette fête de la sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph, la liturgie nous propose trois lectures qui nous parlent de la famille. Dans le premier livre de Samuel (1ère lecture), nous avons le témoignage d’Anne. Par ses prières insistantes, elle a reçu de Dieu un fils. Elle l’emmène au temple de Jérusalem pour qu’il soit consacré au Seigneur pour toujours. C’est une manière de rappeler que les enfants n’appartiennent pas seulement à leurs parents. Ces derniers n’en sont pas les propriétaires. Les enfants sont un don de Dieu qui est Père de tous les hommes. 

    Dans la seconde lecture, saint Jean nous invite à faire un pas de plus. Ce qui est premier c’est l’immense amour que Dieu nous porte. Il va jusqu’à nous faire entrer dans sa famille : « Il a voulu que nous soyons appelés enfants de Dieu – et nous le sommes ». Un jour, le Fils de Dieu se manifestera au monde pour réaliser pleinement ce que nous sommes déjà. Nous nous préparons à ce grand jour en nous efforçant de vivre les commandements de Dieu : avoir foi en son Fils Jésus Christ et nous aimer les uns les autres.

    C’est en effet cet amour fraternel qui permettra au monde de reconnaître les enfants de Dieu. Tout au long de notre vie, nous apprenons à aimer les autres de l’amour dont Dieu nous aime. Saint Jean nous tous invite à « demeurer » en Dieu. Demeurer c’est s’installer dans cet amour qui est en Dieu et y rester. Avec la foi, l’amour peut devenir profond car il prend sa source en Dieu, une source qui ne peut jamais se tarir.

    L’Évangile de saint Luc nous présente aujourd’hui Jésus qui s’est rendu en pèlerinage au temple de Jérusalem. Il y reste huit jours avec Marie et Joseph. Puis c’est le moment de retourner à Nazareth. Le jeune Jésus reste au temple sans prévenir ses parents. Quant à eux, ils quittent la ville sans vérifier qu’il est du voyage. Cette séparation durera trois jours.

    Quand Marie et Joseph le retrouvent au temple, ils sont témoins de l’étonnement admiratif de ceux qui là sont autour de lui ; il est assis au milieu des docteurs de la loi pour les écouter et leur poser des questions. Ces derniers sont vraiment stupéfaits par ce qu’ils entendent de lui. Et quand Marie et Joseph lui font part de leur angoisse, ils entendent cette réponse surprenante : « Comment se fait-il que vous m’ayez cherché ? Ne saviez-vous pas qu’il faut être chez mon Père ? »

    Cet évangile nous révèle donc une intimité très forte entre Jésus et le Père. C’est dans la première parole de Jésus qui nous est rapporté par saint Luc. La dernière sera également pour lui : « Père, entre tes mains, je remets mon esprit ». La sagesse exceptionnelle de Jésus enfant devant les docteurs de la loi s’enracine dans une fidélité inconditionnelle à son Père des cieux. Depuis son plus jeune âge, il en est le parfait adorateur. L’essentiel de sa vie est dans l’invisible.

    Marie et Joseph ont eu à faire cette adhésion d’amour à Dieu. Et c’est vrai aussi pour nous aujourd’hui. Bien souvent, cela prend l’apparence d’une adhésion « dans la nuit ». Marie et Joseph retrouvent Jésus « le troisième jour, assis chez le père ». Un autre jour, vingt ans plus tard, Marie « perdra » Jésus. Au pied de la croix, elle va vivre la douloureuse expérience de perdre son enfant. Elle ne le retrouvera qu’à la résurrection, le troisième jour. Il ne sera plus chez elle mais dans la maison de son Père.

    Il y a là un message très important pour chacun de nous. Cette maison du Père ce n’est plus seulement un bâtiment de pierres, ce n’est pas le temple de Jérusalem, ni une église. La demeure que Jésus veut habiter c’est le cœur des hommes. Tous sont appelés à faire partie de la Sainte Famille de Dieu qui est Père, Fils et Saint Esprit.

    Au jour de notre baptême, nous avons été accueillis dans la communauté chrétienne, nous sommes entrés dans la grande Famille de Dieu qui est Père, Fils et Saint Esprit. Nous avons été plongés dans cet océan d’amour qui est en lui. Désormais, nous faisons partie de la Sainte Famille de Dieu. Et l’Évangile de ce dimanche nous rappelle que c’est chez notre Père que nous devons être. C’est le grand objectif de notre vie et il doit passer avant toute autre considération terre à terre. Aujourd’hui, nous sommes renvoyés à la place que nous donnons à Dieu dans notre vie. Il faut bien le reconnaître : il est souvent le grand oublié ; le sport, le repas de famille, les loisirs et bien d’autres choses passent avant lui. En ce jour, nous nous laissons interpeller par cette parole du Christ : « C’est chez mon Père que je dois être. »

    C’est en pensant à toutes nos limites et à toutes nos faiblesses que nous nous tournons aujourd’hui vers le Christ. Pour construire une vie qui résiste aux épreuves de la vie, nous avons besoin de nous appuyer sur du solide. Si nous le voulons bien, le Christ sera ce fondement sur lequel nous pourrons nous appuyer pour résister aux tempêtes de la vie. Il veut toujours être notre chemin, notre vérité et notre vie. Son grand projet c’est de nous conduire chez son Père et notre Père. Alors oui, tournons-nous vers lui et demandons-lui qu’il nous aide à travers les difficultés, les doutes et les épreuves de cette vie à grandir dans la foi.

    Seigneur Jésus, tu es venu nous révéler le visage de ton Père. Comme Marie, donne-nous de garder ces événements dans notre cœur. Que ta Parole nous habite et fasse vivre chacune de nos familles. Conduis-nous sur le chemin que tu es venu nous montrer et garde-nous fidèles à ton amour.

    Télécharger en PDF : Fête de la Sainte Famille

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  • HOMÉLIE - NOËL POUR TOUS

    Textes bibliques : Lire

    Chaque année, nous nous retrouvons dans la joie pour fêter Noël. Dans les églises, nous nous rassemblons plus nombreux que d’habitude. En effet, Noël est une grande fête. Et nous avons voulu que les chants, la musique et les décorations autour de la crèche respirent un air de fête. Dans nos maisons, la présence de parents et amis montre que nous voulons partager notre joie. Malgré les soucis et les inquiétudes de la vie actuelle, nous faisons tout notre possible pour que Noël apporte du bonheur à ceux que nous aimons, en particulier les enfants.

    En venant ici dans cette église, nous entendons une bonne nouvelle : Celui dont nous fêtons la naissance aujourd’hui accueille tous ceux et celles qui viennent à lui. Comme les bergers la nuit de Noël, nous avons quitté nos occupations pour nous rendre jusqu’à la crèche. À travers ce petit enfant qui vient de naître, c’est Dieu lui-même qui se rend visible ; c’est Dieu qui vient habiter notre terre. Le Dieu lointain que les hommes cherchaient à tâtons s’est fait tout proche. C’est ce Dieu que accueillons en Jésus Christ. Comme les bergers, nous sommes invités à entrer dans le silence pour contempler Dieu lui-même sur les genoux d’une femme appelée Marie. Dieu n’est pas quelque part au-dessus de nous. Il n’est pas ailleurs. Il est « Emmanuel » ce qui signifie « Dieu avec nous. »

    Ce Dieu que nous fêtons aujourd’hui est venu pour une mission bien précise. C’est lui-même qui nous le dit dans son Évangile : « Je suis la Lumière, du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres. »… « Je suis le chemin… » ou encore « Je suis la porte ». C’est cette image de la porte que nous allons retenir. En effet, le Christ est venu ouvrir la porte de la vraie Vie. En cette fête de Noël, nous pensons à tous ceux et celles à qui il a ouvert une porte.

    Quand Jésus est né, il a ouvert la porte aux bergers. Ces bergers faisaient partie d’une catégorie vraiment méprisée. C’étaient des hommes rustres et pauvres qui n’avaient pas l’habitude de fréquenter les lieux de culte. Avec eux c’est une annonce de la bonne nouvelle aux pauvres. Et cela, nous le retrouverons tout au long des évangiles. Cette annonce a commencé avec les bergers dès la naissance de Jésus. On peut dire qu’il est né en poussant la porte du mépris qui les entourait.

    Tout au long de sa vie, Jésus a ouvert de nombreuses portes. Nous pensons à ceux et celles qui étaient accablés par la souffrance et la maladie, ceux et celles qui étaient enfermés et enfoncés dans leur culpabilité et leur péché. Il a ouvert la porte de la Lumière à Marie- Madeleine, Zachée, Matthieu, la Samaritaine et bien d’autres qui étaient rejetés par la société des bienpensants. Et lorsqu’il est mort sur la croix, Jésus a ouvert une autre porte, celle de la Vie au-delà de la mort. Désormais la mort n’est plus une fin mais un passage vers une vie nouvelle.

    Cette bonne nouvelle n’est pas seulement pour autrefois. Elle est pour tous les hommes de tous les temps et de tous les pays. Et elle continue à se réaliser aujourd’hui en 2018. Nous connaissons tous des témoignages d’hommes et de femmes qui ont redécouvert la foi. Il y a eu dans leur vie un événement déclencheur, une rencontre, une lecture qui les a marqués, un rassemblement, un pèlerinage… Le Seigneur s’arrange toujours pour mettre sur notre route les personnes qu’il faut pour nous sortir de notre enfermement. Cet événement c’est comme une porte qui s’est ouverte, une lumière nouvelle, une nouvelle manière de regarder la vie.

    Aujourd’hui, le Christ rejoint tous ceux et celles qui sont éprouvés par la souffrance, la maladie, le deuil, le chômage, les conflits familiaux… il ne va pas faire un miracle pour résoudre tous ces problèmes. Mais il va nous ouvrir la porte de l’espoir et du courage pour chercher encore. Notre Dieu est un compagnon qui marche avec nous. Parfois même, il nous porte. Et ce qui est extraordinaire c’est que nous pouvons toujours le rejoindre dans la prière. Il est toujours là pour nous aider et nous encourager à pousser des portes entrouvertes.

    Nous vivons dans un monde enfermé à double tours, enfermé dans les murs de l’égoïsme, de l’indifférence, du racisme, de la rancune. Mais Noël nous apporte un message d’espérance offert à tous. Nous accueillons dans la joie la visite de Dieu. Elle est pour nous. Accueillons son message d’espérance. Accueillons son message d’espérance. Laissons-nous faire par lui. Nous ne le regretterons pas. C’est à ce prix que nous pourrons vivre un bon Noël.

    Télécharger : Noel pour tous

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  • UN AIR DE FÊTE

    À l’approche de Noël, nos villes et nos villages ont pris un air de fête. Toutes ces lumières qui illuminent les rues et les maisons c’est quelque chose de merveilleux. Partout, on se prépare à faire la fête. Des associations s’organisent pour que cette joie soit partagée avec les plus pauvres. Noël sera également fêté dans les hôpitaux, les maisons de retraite, les prisons. Chaque année, des hommes et des femmes de bonne volonté s’organisent pour que cette joie de Noël soit offerte à tous. 

    Le problème, c’est que chaque année, on oublie de plus en plus le vrai sens de Noël. On ne pense plus à Celui qui devrait être au centre de cette fête. Les textes bibliques de ce dimanche sont là pour nous ramener vers lui. Ils nous rappellent que Dieu ne cherche pas le grandiose ; bien au contraire, il passe par des humbles chemins. C’est ce que nous découvrons avec le prophète Michée (1ère lecture) : « Toi Bethléem, tu es le plus petit, mais tu portes le plus grand. » Ce choix de Bethléem montre la préférence de Dieu pour ce qui est petit et humble. C’est là qu’il nous transmet les messages le plus importants. Et pour que nous n’ayons pas peur de lui, Dieu se fait petit enfant.

    Voilà ce cadeau que nous sommes invités à accueillir. Dieu a tellement aimé le monde qu’il lui a envoyé son Fils unique. Par rapport à ce cadeau extraordinaire, tout le reste c’est de la pacotille. Noël, c’est Jésus qui est né dans des conditions misérables ; il continue à venir dans notre vie. Il frappe à notre porte. Vivre un vrai Noël c’est l’accueillir chaque jour et lui donner la première place. Il a été envoyé pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus. C’est une bonne nouvelle pour ceux et celles qui vivent sans espérance. C’est de cela que nous avons à témoigner dans notre monde d’aujourd’hui.

    La lettre aux Hébreux nous apporte quelques précisions sur ce Messie dont nous allons célébrer la naissance. Il est l’envoyé de Dieu. Il est le seul grand prêtre. Il s’offre, lui-même pour accomplir la volonté de Dieu. En s’incarnant, il accepte une condition humble et faible. Il n’est pas né comme un roi de ce monde, mais comme un SDF, dans une étable. Nous sommes loin de toute cette agitation commerciale qui imprègne nos festivités de Noël. Nous devons comprendre que Noël c’est d’abord une bonne nouvelle pour les petits, les pauvres, les exclus.

    L’Évangile nous apporte un autre éclairage important sur le sens de cette fête. Marie vient de dire oui au projet de Dieu que l’ange Gabriel lui a transmis. Quand elle apprend que sa cousine Élisabeth est enceinte, elle se met en route. Elle parcourt 150 kilomètres à pieds pour aller à sa rencontre. Elle y va sans hésiter, sans se préoccuper de sa propre fatigue. Elle comprend qu’Élisabeth a besoin d’elle sur le plan matériel et psychologique. Alors, elle se rend disponible. Mais le plus important c’est l’émerveillement d’Élisabeth : « Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ! »

    Cet émerveillement d’Élisabeth c’est aussi le nôtre. Marie nous voit dans des situations souvent compliquées. Nous pouvons toujours faire appel à elle car elle est notre mère. C’est Jésus qui l’a voulu quand elle était au pied de la croix le vendredi saint. Si nous l’appelons, elle accourt vers nous. Et Jésus est avec elle. A l’approche de Noël, elle ne cesse de nous montrer notre Sauveur. Elle nous invite à l’accueillir vraiment dans notre vie et à lui donner la première place. Vivre Noël c’est accueillir Jésus qui vient à nous, c’est accueillir son message d’amour et de paix. Il vient « nous rendre espoir et nous sauver ». Il veut habiter le cœur des hommes. C’est pour cette bonne nouvelle que nous sommes dans la joie et l’allégresse.

    Voilà cet évangile de la Visitation : Marie vient à Élisabeth avec Jésus en elle. La même Marie vient également à nous avec Jésus. Mais n’oublions jamais que la visitation c’est quand nous-mêmes nous allons vers les autres avec Jésus et Marie ; c’est quand nous rendons visite à un malade, un prisonnier, une personne seule. Avec Marie, nous allons leur porter Jésus. C’est aussi ce que font les catéchistes : leur mission c’est de porter le Christ aux enfants. Il est pour tous source de joie, de paix et d’amour. Noël c’est le commencement du don de Dieu ; c’est la manifestation d’un amour qui ne fera que grandir jusqu’à la victoire complète du Christ sur la mort et le péché.

    En ce dimanche, nous nous tournons vers toi Dieu notre Père. Tu nous fais ce bonheur de nous visiter en ton Fils reçu dans cette Eucharistie. Rempli-nous de l’Esprit Saint pour qu’avec la Vierge et Élisabeth, nous puissions te rendre grâce par nos paroles et toute notre vie. Amen

    Télécharger en PDF : 4ème Avent

    Sources : Revue Feu Nouveau, Saisons bibliques, Homélies pour l’année C (A Brunot), Lectures bibliques des dimanches (A Vanhoye)

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  • SOYEZ DANS LA JOIE

     

    homélie 3ÈME DIMANCHE DE L'AVENT 16 décembre 2018

    Textes bibliques : Lire 

    « Jubilez, criez de joie ! » C’est un commandement que nous recevons aujourd’hui, le commandement de la joie. Ce commandement revient dans chacune des lectures de ce jour : « Pousse des cris de joie… Éclate en ovations… Réjouis-toi… Bondis de joie… » La raison de cette joie, c’est la présence du Seigneur. Avec lui, c’est la bonne nouvelle qui s’accomplit, c’est la disparition du malheur, la disparition des accusateurs, la disparition des ennemis. Désormais, c’est Dieu qui gouvernera le pays. Il accompagnera son peuple, non seulement en étant avec lui mais en lui. La joie de Dieu sera celle même de son peuple. C’est son « amour » qui apporte le « Salut ».

    Ce commandement de la joie, nous le trouvons aussi dans la bouche de saint Paul : « Soyez toujours dans la joie, je le redis, soyez dans la joie. » Ce commandement est accueil du salut et de la joie du Sauveur. Malgré les épreuves qui l’accablent, l’apôtre Paul découvre une sérénité qu’il désire faire faire partager à ses correspondants. Les disciples de Jésus ne sont inquiets de rien. Bien sûr, il n’est pas question d’insouciance ou de naïveté ; les épreuves sont bien là. Mais rien ne peut nous séparer de l’amour qui est en Dieu. Nous pouvons toujours lui confier nos demandes, nos supplications.

    Dieu peut nous apporter la paix et la joie. Nous sommes tous invités à accueillir ce message d’espérance avec un cœur plein de foi. Cela ne sera possible que si nous sommes ouverts à cette joie que Dieu veut nous donner. Dans l’Évangile de ce jour, nous entendons Jean Baptiste qui annonce au peuple « la Bonne Nouvelle ». À travers ses exhortations, il nous montre le chemin de la véritable joie. Il répond à la question des uns et des autres : « Que devons-nous faire ? » Les belles intentions et les belles paroles, ça ne suffit pas. Ce qui est premier c’est de « faire », c’est d’agir selon les convictions de la foi. Nous attendons la venue glorieuse du Christ ressuscité. Elle doit se nourrir chaque jour de l’Évangile et de la prière.

    Alors, « que devons-nous faire ? » Voilà une question de la plus haute importance que les gens posaient à Jean Baptiste au bord du Jourdain. Cette question, nous la retrouvons à plusieurs endroits dans le Nouveau Testament : Un jour, Jésus a dit : « ce ne sont pas ceux qui disent Seigneur, Seigneur, qui entreront dans le Royaume des cieux mais ceux qui font la volonté de mon Père. » Après la Pentecôte, les foules poseront la même question à Pierre : « Que devons-nous faire ? » C’est une manière de rappeler que la foi doit être agissante. C’est ainsi que nous pourrons accueillir le Salut de Dieu. Cet amour qui est en Dieu deviendra pour nous source jaillissante de paix et de joie.

    Comme les foules d’autrefois, nous devons, nous aussi, nous poser la même question : que devons-nous faire ? Jean Baptiste ne nous demande pas des choses extraordinaires. La vraie conversion commence par le partage, l’accomplissement consciencieux de notre devoir d’état, le respect des autres, en particulier les plus pauvres. A l’approche de Noël, nous voyons des vitrines qui scintillent de mille feux. Mais des milliers de chômeurs en fin de droit n’y ont pas accès et ne peuvent manger à leur faim. Aujourd’hui, Jean Baptiste nous rappelle que la seule réponse valable c’est le partage. Nous ne pourrons être dans la joie du Christ qu’en la donnant aux autres, en particulier à ceux et celles qui sont éprouvés par la précarité, la maladie, la solitude. C’est ainsi que nous préparerons le chemin du Seigneur dans notre vie, notre paroisse, et notre monde.

    Dans quelques jours, nous fêterons la naissance du Christ sauveur. Le même Christ continue à vouloir venir en nous. Il frappe à notre porte et il attend notre réponse. Il compte sur nous pour que, à la suite de Jean Baptiste, nous soyons ses précurseurs dans ce monde où la violence ne cesse de gangrener les relations sociales et familiales. Préparer le chemin du Seigneur c’est donner un témoignage de paix, de dialogue, d’écoute, de patience et de réconciliation. Cela suppose une véritable conversion de nous-mêmes, un ajustement à ce Dieu qui est Amour.

    Par l’Eucharistie, le Seigneur nous donne la nourriture qu’il nous faut pour cette mission. Nous venons nous nourrir et nous imprégner de cet amour et de cette joie qu’il veut nous communiquer. Puis, à la fin de la messe, nous sommes envoyés pour aimer tous nos frères dans le quotidien et le concret de leur vie. Dans ce monde qui meurt de froid, nous avons sans cesse à répandre le feu de l’amour qui est en Dieu. Que le Seigneur nous garde fidèles à cette mission.

    Télécharger au format PDF : 3avent C

    Sources : Revues Feu Nouveau, Signes, Prions en Église – Saisons bibliques, Homélies pour l’année C (A Brunot), – Lectures bibliques des dimanches (A Vanhoye)

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