• BÉNI SOIT CELUI QUI VIENT AU NOM DU SEIGNEUR

    Textes bibliques : lire

    Au début de cette célébration, nous avons entendu le récit de l’entrée de Jésus à Jérusalem. Les acclamations de la foule ont été pour lui un triomphe très modeste mais incontesté. Cet événement annonce la gloire qui sera la sienne au jour de l’Ascension. Mais tout au long de cette célébration, nous découvrons que ce chemin de gloire devient aussitôt un chemin de souffrance, de dépouillement et de confiance.

    Les trois lectures de ce dimanche nous montrent la façon délibérée dont Jésus entre dans la souffrance ; Il est allé jusqu’au bout de sa mission, jusqu’au don de sa vie. Son attitude nous invite à prendre le même chemin : écouter la Parole de Dieu comme celui qui se laisse instruire par cette parole (1ère lecture), accepter comme le Christ les dépouillements de nous-mêmes (2ème lecture), aller jusqu’au bout de l’amour qui pardonne (Évangile de la Passion).

    Ce chemin qui s’inaugure au dimanche des rameaux, nous le retrouvons inversé durant les trois derniers jours de la Semaine Sainte : Passant par la souffrance et l’offrande de sa vie, le Christ sortira de son tombeau. La mort sera vaincue. C’est à cette victoire sur la mort et le péché que le Christ veut nous conduire ; c’est cette bonne nouvelle que nous rappelle saint Paul dans sa lettre aux Romains : « Là où le péché a abondé, l’amour a surabondé. »

    Ce récit de la Passion n’est pas un simple reportage ; c’est d’abord la source de notre foi. Ce Jésus qui a été acclamé lors de son entrée à Jérusalem veut aussi entrer dans notre vie ; il ne cesse de frapper à notre porte et il attend que nous lui ouvrions. À chaque messe, il rejoint les communautés chrétiennes réunies en son nom. C’est avec toute la force de notre amour que nous sommes invités à chanter : « Béni soit celui qui vient au nom du Seigneur ». Nous allons communier au Corps « livré pour nous » et au Sang « versé pour nous ». Nous recevons de lui la force de le suivre et de faire route avec lui.

    Demandons-lui qu’il nous accompagne chaque jour à travers les joies et les difficultés de la vie ; c’est avec lui que nous voulons les vivre en lien avec lui et nos frères et sœurs pour les siècles des siècles. Amen

    Télécharger : Dimanche des Rameaux et de la Passion

    Sources : Revue Feu Nouveau, Missel des dimanches 2019, Pour célébrer l’Eucharistie (Feder et Gorius) – divers…

    source http://homelies.livehost.fr

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  • DIEU LIBÉRATEUR

    Les textes bibliques de ce dimanche nous révèlent un Dieu qui veut libérer et sauver ceux qui étaient perdus. Le prophète Isaïe (1ère lecture) s’adresse à un peuple qui vient de vivre une longue période de captivité. Il lui annonce une bonne nouvelle : c’est aujourd’hui que Dieu intervient pour sauver son peuple. Ce dernier va pouvoir revenir vers la Terre promise ; le désert qu’il va traverser sera jalonné d’oasis ; il faut y voir le signe que Dieu peut redonner vie et espérance aux cœurs les plus arides. 

    Cette bonne nouvelle nous concerne tous aujourd’hui : dans ce monde qui est le nôtre, beaucoup vivent dans la désespérance. C’est dans ce monde tel qu’il est que nous sommes envoyés. Notre mission, c’est d’y révéler la Source d’eau vive, celle qui fait fleurir tous les déserts, ceux de nos familles, ceux de notre vie et ceux de notre monde. Cette source c’est celle de l’amour inépuisable de l’amour qui est en Dieu. C’est auprès de lui que nous sommes invités à puiser chaque jour.

    Dans la seconde lecture, saint Paul nous donne son témoignage. Sa rencontre avec le Christ sur le chemin de Damas a provoqué un renversement radical dans sa vie. Au départ, il était un ardent défenseur de la loi juive. Il poursuivait les chrétiens et les faisait enfermer. Mais après sa conversion, il n’a désormais d’autre fierté et d’autre ambition que de « connaître le Christ » et de « parvenir à la résurrection des morts » en communiant aux souffrances de sa Passion. Pour nous comme pour Paul, la vraie libération c’est celle qui vient du Christ. C’est un don que Dieu nous fait par pure miséricorde. C’est avec lui que nous trouverons la force de nous libérer de tout ce qui nous enferme sur nous-mêmes.

    L’Évangile de saint Jean nous montre la miséricorde qui libère. Dimanche dernier, Jésus en parlait sous la forme d’une parabole, celle du fils prodigue. Mais aujourd’hui, nous le voyons confronté à une situation bien réelle : on lui amène une femme coupable d’adultère. Ses accusateurs sont des scribes et des pharisiens, des experts de la loi de Moïse, des personnes reconnues pour leur ferveur religieuse. D’après la loi de Moïse, cette femme doit être lapidée. Mais s’ils se tournent vers lui, c’est pour le piéger. S’il refuse de la condamner, il est en contradiction avec la loi de Moïse ; et s’il la condamne, il est en contradiction avec la miséricorde qu’il prêche.

    Mais Jésus opère un renversement : il ouvre un nouveau procès, celui des accusateurs : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » Pendant que Jésus a la délicatesse de baisser les yeux, chacun examine sa conscience et… se retire. Il reste un homme sans péché, Jésus ; lui seul aurait eu le droit de condamner, mais il ne le fait pas : « Moi non plus, je ne te condamne pas, va et désormais ne pèche plus. » La menace de mort disparaît, le chemin d’une vie nouvelle s’ouvre pour cette femme.

    En lisant cet Évangile, nous pensons à tous les scandales, petits ou grands. Certains sont connus seulement de l’entourage familier. D’autres sont répandus par la Presse, la télé et Internet. Alors les langues vont bon train. Bien sûr, on ne lapide plus les pécheurs et les pècheresses. Mais on ricane, on dénonce celui qui a fauté ; on l’enfonce dans sa mauvaise réputation. On ne lui laisse aucune chance de s’en sortir.

    C’est alors qu’il nous faut revenir à cette parole du Christ : « Celui d’entre vous qui est sans péché, qu’il soit le premier à lui jeter une pierre. » Devant Dieu, nous sommes tous des pauvres pécheurs. Avant de faire la leçon aux autres, nous sommes invités à enlever la poutre qui est dans notre œil. Cette poutre c’est l’orgueil, c’est le mépris à l’égard de celui qui a fauté. En agissant ainsi, nous allons contre le Christ qui est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. C’est par amour pour eux et pour le monde entier qu’il est mort sur une croix.

    Comprenons bien, le péché est un mal que nous devons combattre de toutes nos forces. Mais le pécheur c’est quelqu’un qu’il faut guérir et sauver. Il a besoin qu’on l’aide à retrouver sa place dans la communauté chrétienne. La vie chrétienne est un combat de tous les jours contre les forces du mal. Mais pour ce combat, nous ne sommes pas seuls. Jésus est avec nous pour nous montrer le chemin. Marie est là aussi ; comme aux noces de Cana, elle nous redit : « Faites tout ce qu’il vous dira… » Puisez à la Source de Celui qui est l’Amour… Soyez les témoins et les messagers de sa miséricorde dans le monde d’aujourd’hui. Si nous voulons que ce carême soit vraiment libérateur, il n’y a qu’un seul commandement : aimer comme Jésus aime.

    Seigneur, en ce dimanche, nous sommes venus à toi avec notre désir d’accueillir ta Parole et de nous laisser transformer par elle. Tu peux changer nos cœurs de pierre en cœurs de chair. Que ta présence nous apporte la joie d’aider, de soutenir, de consoler et d’aimer. Que ta Parole soit Lumière pour notre monde et que ton amour apaise tous ceux qui souffrent.

    Télécharger : 5ème dimanche du Carême

    source http://www.levangiledujour.com/

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  • Homélie 4ème DIMANCHE DU CARÊME  - 31 mars 2019

    SOYEZ DANS LA JOIE

    Textes bibliques : Lire

    Ce 4ème dimanche du Carême est appelé « dimanche de la joie ». Toute la liturgie de ce jour nous invite à nous réjouir et à exulter. La raison de cette joie c’est la découverte émerveillée du monde de Dieu dans lequel nous sommes tous appelés à vivre. Cette joie c’est avant tout celle de celui qui reçoit la miséricorde de Dieu.

    La première lecture nous dit la joie du peuple d’Israël qui a été libéré de l’esclavage d’Égypte. Après une longue traversée du désert, il entre dans la Terre promise. Cette entrée donne lieu à une grande fête. Ce texte du livre de Josué nous révèle un Dieu libérateur et sauveur. Il veut que nous soyons libres et heureux. C’est aussi ce que nous rappelle la campagne du CCFD Terre Solidaire : « Devenons des acteurs du justice et de fraternité ».

    Ce bonheur auquel nous sommes tous appelés passe par la réconciliation. C’est saint Paul qui nous le rappelle dans la 2èmelecture : « Laissez-vous réconcilier avec Dieu. » C’est le monde entier qui a besoin d’être réconcilié. Mais Dieu ne nous a pas abandonnés : il a pris l’initiative d’envoyer son Fils pour « chercher et sauver ceux qui étaient perdus ». Si nous prenons le temps de l’accueillir, ce sera la joie retrouvée. Alors oui, laissons-nous réconcilier avec Dieu et entre nous.

    L’Évangile nous invite à faire un pas de plus dans la découverte du vrai visage de Dieu. Cette parabole du fils prodigue, nous la connaissons bien parce que nous l’avons entendue souvent. C’est l’histoire d’un garçon qui réclame sa part d’héritage et s’en va loin de sa famille. Après avoir tout dépensé dans une vie de débauche, il finit par se trouver dans la misère. Cet Évangile nous parle de Dieu et de nous. Il nous dit que c’est ainsi que Dieu agit avec nous ; il nous laisse libres. En nous créant, il nous a fait le don de la liberté. C’est à nous d’en faire un bon usage.

    Mais quand nous nous éloignons de lui, quand nous courons à notre perte, Dieu nous porte toujours dans son cœur ; il attend notre retour confiant. Il est comme ce père qui scrute la route dans l’espoir de voir revenir son enfant. Et un jour, il le voit apparaître ; il est tout ému en le voyant, il court à sa rencontre, il le serre dans ses bras et l’embrasse. Malgré les nombreuses bêtises de ce fils, son père est très heureux de l’accueillir.

    Quand on se sent pécheur, on se sent vraiment peu de chose, on se sent sale ; c’est alors que nous sommes invités à aller vers le Père. Et nous découvrons que sa grande joie c’est de nous accueillir et de nous guérir. Il est incapable d’en vouloir à ses enfants quoi qu’ils aient fait ; il n’est que miséricorde pour tous, même pour celui qui a commis le pire. Nous sommes tous aimés de Dieu ; son Royaume est offert à tous. Il nous appartient de le dire et de le redire à ceux qui ne le savent pas.

    Mais dans l’Évangile de ce jour, il y a un problème : le fils aîné rejette son frère au lieu de l’accueillir. Au premier abord, il a raison : ce frère a gravement fauté ; il a déshonoré sa famille ; il doit assumer les conséquences de ses actes. Ce fils aîné se considère comme juste et irréprochable. Mais il oublie que son orgueil le coupe de l’amour de son père. Nous ne pouvons pas accueillir Dieu si nous ne sommes pas fraternels avec ceux et celles qui nous entourent.

    Ce père dont nous parle l’Évangile nous révèle le cœur de Dieu. Nous découvrons que notre Dieu est le Père miséricordieux qui nous aime au-delà de toute mesure. Il attend toujours notre conversion chaque fois que nous nous détournons de lui. Il est toujours prêt à nous accueillir à bras ouverts quoi qu’il arrive. Comme ce père dont nous parle l’Évangile, il continue à nous considérer comme ses enfants alors que nous nous sommes égarés. Il vient à notre rencontre quand nous revenons à lui. Et il nous parle avec beaucoup de bonté, même quand nous nous croyons justes.

    Il est urgent pour nous d’entrer dans ce monde de Dieu, monde de la miséricorde, de la gratuité et du pardon. En ce temps du Carême qui nous prépare à Pâques, nous sommes tous appelés à intensifier ce chemin intérieur de conversion. Laissons-nous toucher par ce regard plein d’amour du Père et retournons à lui de tout notre cœur, en rejetant tout compromis avec le péché. L’Eucharistie que nous célébrons rassemble des pécheurs pardonnés. Ensemble, nous rendons grâce à Dieu notre Père pour ce passage de la mort à la vie.

    Télécharger : 4ème dimanche du Carême

    Sources : Missel des dimanches 2019 – Missel des dimanches et fêtes (Bayard) – Au service de la Parole (Bernard Prévost) – Pape François.

    source http://homelies.livehost.fr

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    CONVERTISSEZ-VOUS !

    Textes bibliques : Lire

    Les jours et les semaines passent et notre marche vers Pâques se fait plus précise. Les textes de ce dimanche nous invitent à accueillir Dieu qui veut libérer son peuple. Cette libération doit passer par un engagement résolu sur le chemin de la conversion. Pour nous faire comprendre combien c’est important, Jésus part des événements qui ont frappé les esprits.

    L’Évangile nous parle des gens qui viennent à Jésus pour lui parler des Galiléens que Pilate avait fait massacrer pendant qu’ils offraient un sacrifice. Leur sang avait été mêlé à celui des animaux, ce qui était l’injure suprême ; alors on s’interroge : comment expliquer un sort si horrible ? Beaucoup pensent que c’est un châtiment d Dieu. Ils en déduisent que s’ils sont épargnés, c’est qu’ils sont irréprochables.

    Aujourd’hui, Jésus réagit très fermement contre cette manière de voir. Il rappelle que les malheurs qui s’abattent sur le monde et sur les hommes ne viennent pas de Dieu. Il n’y a aucun lien entre la souffrance et le péché. Un autre jour, on posera à Jésus la même question au sujet de l’aveugle-né : « Qui a péché pour qu’il soit né ainsi, lui ou ses parents? » Et Jésus répondra : « Ni lui, ni ses parents. » Tout l’Évangile nous dit et nous redit inlassablement que Dieu est amour. Il n’est surtout pas un justicier sans cœur.

    Mais aujourd’hui, Jésus nous met en garde : « Si vous ne vous convertissez pas, vous périrez tous de même ». Ce n’est pas notre péché qui entraîne notre condamnation mais notre refus de nous convertir. Ce n’est pas Dieu qui va nous faire périr, c’est nous qui allons à notre perte. C’est pour cela que le Christ nous recommande de ne pas remettre notre conversion à demain. La mort peut arriver d’une manière imprévue. Le danger le plus grave, c’est celui de la mort éternelle qui sépare définitivement l’homme de Dieu.

    Chacun de nous est donc invité à se convertir, à changer de comportement et à se détourner de ses péchés. Tout au long de ce carême, nous entendons cet appel à revenir vers le Seigneur. Cette conversion passe aussi par une plus grande attention aux autres, en particulier aux plus démunis. Le CCFD Terre Solidaire nous invite devenir des « semeurs de justice ». Ce temps du Carême nous est donné pour nous libérer de tous nos égoïsmes. Ce qui fait la valeur d’une vie, ce n’est pas ce que nous possédons mais ce que nous sommes, c’est notre accueil, notre partage, notre amour. À travers le plus petit de nos frères, c’est Jésus qui est là.

    Dans la seconde lecture, l’apôtre Paul nous présente un autre aspect de cette conversion que Dieu attend de nous : il nous invite à une relecture des événements de l’Exode ; Dieu était là pour libérer son peuple de l’esclavage du péché. Beaucoup sont morts parce qu’ils s’étaient écartés de Dieu. Cette lecture vient nous rappeler une fois de plus que le Carême est un temps de conversion, un temps qui nous invite à rester bien accrochés à ce rocher qu’est le Christ.

    Le livre de l’Exode (1ère lecture) nous annonce une bonne nouvelle. Il nous parle la rencontre de Moïse avec Dieu. Moïse se trouve devant ce buisson qui brule mais qui ne se consume pas. Ce buisson c’est le symbole de Dieu. Moïse découvre que Dieu est un feu ardent. Plus tard, saint Jean dira que « Dieu est amour ». Cet amour est un feu qui ne se consume pas car il est éternel. Il va en priorité vers les pauvres, ceux qui sont opprimés et exploités : « J’ai vu la misère de mon peuple… Je connais ses souffrances. » Le vrai Dieu est avec tous ceux qui sont opprimés et réduits à la misère. Il est avec eux pour les délivrer. Mais il ne veut pas le faire sans nous.

    Le CCFD Terre Solidaire nous donne l’occasion de concrétiser ce chemin de conversion. Aujourd’hui comme autrefois, Dieu voit la misère de son peuple. La spéculation affame les plus pauvres. L’accaparement des terres est phénomène très fort dans de nombreux pays et il y fait de nombreuses victimes. Tout cela, Dieu le voit. Et comme pour Moïse, il voit aussi notre capacité à réagir contre l’injustice et l’esclavage. La conversion à laquelle Jésus nous appelle suppose un retournement profond. C’est à ce prix que ns nous pourrons « donner du fruit à l’avenir, un avenir plus juste ».

    Tout au long de ce Carême, nous accueillons cet appel à nous convertir. Nous faisons nôtre la prière du psaume 94 : « Aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur. »

    Télécharger : 3ème dimanche du Carême

    Sources : Revue Feu Nouveau – Missel des dimanches 2019 – Homélies pour l’année C (Amédée Brunot) – Documents du CCFD Terre Solidaire.

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    2ÈME DIMANCHE DU CARÊME (C)

    LE DIEU DE L’ALLIANCE

    Jean COMPAZIEU prêtre
    Textes bibliques : Lire

    Quand nous parlons du Carême, nous pensons souvent sacrifices, renoncements, privations. En fait, les lectures bibliques de ce dimanche nous invitent à regarder plus loin et plus haut ; c’est toute notre destinée éternelle qui nous est rappelée en ce jour ; c’est ce qui apparaît dans la promesse faite à Abraham (1ère lecture), dans les encouragements de saint Paul aux chrétiens de Philippe (2èmelecture) et dans l’Évangile de la Transfiguration.

    La 1ère lecture a pu nous paraître un peu déroutante ; en fait, elle évoque des pratiques très connues dans le Proche Orient : quand deux hommes ou deux groupes faisaient alliance, ils utilisaient ce rituel. Ici, c’est Dieu qui fait alliance avec Abraham : « Tu as répondu à mon appel, tu as quitté ton pays, ton confort, tu m’as fait confiance… » Et Dieu lui promet une nombreuse descendance ; il lui promet d’être toujours avec lui. Comme Abraham, nous sommes tous invités à regarder plus loin que notre petit horizon. Dieu veut nous conduire vers son Royaume. Et il attend de nous que nous devenions des semeurs de fraternité.

    C’est cette bonne nouvelle que l’apôtre saint Paul nous rappelle dans sa lettre aux Philippiens. Le but de notre vie n’est pas sur cette terre. Nous sommes « citoyens du ciel ». Nos pauvres corps sont destinés à être transformés à l’image du « Corps glorieux » de Jésus. Le Carême nous donne l’occasion de nous détourner de nos préoccupations mondaines et de nous attacher au Christ. Aujourd’hui, l’apôtre dénonce « ceux qui se conduisent en ennemis de la croix du Christ. Nous chrétiens, nous savons que nous sommes sauvés par le Christ seul. Nous attendons de partager sa résurrection. C’est en ce sens que nous sommes « citoyens du ciel.

    L’Évangile nous montre Jésus qui prend trois de ses disciples sur la montagne pour prier. « Pendant qu’il priait, l’aspect de son visage devint autre, et son vêtement devint d’une blancheur éblouissante. Ainsi, les disciples de Jésus découvrent que sa prière devient « transfigurante » ; c’est aussi vrai pour chacun de nous. Elle nous aide à sortir de nous-mêmes et à nous ajuster à Dieu. Ce contact permanent avec lui ne peut que nous transformer. Il s’agit pour nous d’accueillir l’amour qui est en Dieu pour qu’il rayonne et soit communiqué autour de nous.

    Sur la montagne, Jésus n’est pas seul : deux hommes s’entretiennent avec lui, Moïse et Élie qui ont été les grands acteurs de l’alliance de Dieu avec les hommes. Tous trois « parlaient ensemble de son départ qui allait s’accomplir à Jérusalem ». C’est là que Jésus sera arrêté, condamné et mis à mort sur une croix. Pour les disciples, ce sera une épreuve très douloureuse.

    Mais pour raviver leur foi, Jésus leur laisse entrevoir la gloire qui sera la sienne lors de sa résurrection. Au-delà de nos souffrances et de nos épreuves, c’est à cette gloire que nous sommes tous appelés par Dieu lui-même. En ce dimanche et tout au long du Carême la voix du Père est là : « Celui-ci st mon Fils, écoutez-le ». Aujourd’hui, vous voyez son visage transfiguré ; un jour, vous le verrez défiguré par la haine, la violence et les scandales de toutes sortes. Mais le mal n’aura pas le dernier mot. C’est l’amour qui triomphera. Nous sommes tous appelés à participer à la victoire du Christ ressuscité.

    Voilà cet appel du Père. La réponse que nous donnerons nous transfigurera si elle répond au désir de Dieu. Toutes nos actions du Carême participent à ce vaste mouvement de transfiguration. Cela peut se manifester par de nouvelles formes de jeûne, de partage et de solidarité. En ce temps du Carême, le CCFD Terre Solidaire nous rappelle que 821 millions de personnes ne mangent pas à leur faim. À travers eux, c’est le Seigneur qui est là et qui nous interpelle. Comme Abraham, comme Paul et comme les disciples, nous sommes invités à sortir de nous-mêmes et à ÉCOUTER la voix du Père. C’est la condition requise pour notre transfiguration.

    Mais n’oublions pas que pour nous comme pour Jésus, tout doit commencer dans la prière. L’Eucharistie que nous célébrons est « source et sommet de toute vie chrétienne ». Qu’elle nous envoie vers une transfiguration de la vie concrète que nous allons trouver « en descendant de la montagne ».

    Télécharger : 2ème dimanche du Carême

    Sources : Revue Feu Nouveau – Homélies Année C (Amédée Brunot) – Missel communautaire des dimanches et fêtes – Ta Parole est ma joie (Joseph Proux) – Documents du CCFD Terre Solidaire.

    source http://homelies.livehost.fr/

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  • Jean Compazieu prêtre

    Textes bibliques : Lire

    Depuis mercredi dernier, nous sommes entrés dans le temps du Carême. Cette période qui dure quarante jours nous prépare à la grande fête de Pâques. Ce sera pour nous l’occasion de retrouver les vraies priorités de notre vie chrétienne. Nous reconnaissons que bien souvent, nous nous sommes détournés du Seigneur et qu’il n’est pas toujours notre priorité. Nous avons trop souvent organisé notre vie en dehors de lui. Alors il est là pour nous dire et nous redire : « Revenez à moi de tout votre cœur ! » Le Carême c’est précisément ce temps privilégié qui nous est donné pour revenir vers le Seigneur ; il est urgent de le remettre au centre de notre vie. 

    Le livre du Deutéronome (1ère lecture) nous montre comment Dieu a pris l’initiative de sauver son peuple. Nous nous rappelons que les Hébreux étaient esclaves en Égypte. Dieu a entendu leur voix et il les a conduits vers une terre de liberté. Le Carême c’est cette longue route de libération. Quand nous nous détournons de Dieu, nous ne pouvons tomber que sur des chemins de perdition. Mais le Seigneur ne nous abandonne pas. Il ne cesse de venir chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Il nous fait retrouver notre dignité humaine. Tout au long de la Bible, nous retrouvons cet appel à accueillir le Dieu libérateur. C’est dans cet esprit que nous sommes invités à vivre ce temps du Carême.

    Dans la seconde lecture, saint Paul nous invite à reconnaître le Christ comme Seigneur. Cela signifie que nous voulons qu’il soit le maître de nos vies. Nous l’accueillons pour qu’il en prenne la direction. C’est à ce prix que nous serons sauvés. Notre Dieu est un Dieu libérateur ; il veut le salut de tous les hommes quelle que soit leur religion. Tous doivent pouvoir entendre ses paroles qui sont celles « de la vie éternelle ». Cette parole est en nous, dans notre cœur. Le Seigneur compte sur nous pour qu’elle soit proclamée partout dans le monde entier. Vivre le Carême, c’est accueillir cette parole, c’est nous laisser transformer par elle et en témoigner auprès de tous ceux et celles qui nous entourent.

    Dans l’Évangile, nous retrouvons le récit des tentations de Jésus au désert. Le tentateur se présente à lui en commençant par le flatter : « Si tu es le Fils de Dieu… » Lorsqu’il s’approche de nous, il utilise la même technique en flattant notre orgueil, notre désir de liberté et d’indépendance : « Fais donc ce qui te plait ; ainsi tu pourras retrouver ta dignité et ta liberté. En fait, cette tentation nous conduit à une impasse qui nous détourne de l’amour de Dieu.

    Aujourd’hui, Jésus nous apprend qu’être fils de Dieu c’est nous laisser conduire par Dieu sans lui imposer nos moyens, c’est lui faire une totale confiance sans vouloir lui imposer des garanties, sans espérer des merveilleux prodiges qui nous détourneraient de nos luttes et de nos engagements. À chacune des tentations, Jésus répond par une parole de la Bible : « Il est écrit : l’homme ne vit pas seulement de pain… C’est devant Dieu que tu te prosterneras et à lui seul que tu rendras un culte… Tu ne mettras pas à l’épreuve le Seigneur ton Dieu… »

    C’est ainsi que Jésus a été victorieux face au tentateur. Pendant ce Carême, il veut nous associer tous à sa victoire. Il nous apprend à être entièrement tournés vers Dieu et à nous nourrir de sa Parole chaque jour. Le carême est là pour nous rappeler que nous sommes engagés dans un combat contre les forces du mal. Mais dans ce combat, nous ne sommes pas seuls. Le Seigneur est là et nous pouvons toujours compter sur lui. Nous pouvons aussi nous tourner vers Marie, notre maman du ciel. Avec elle, il n’y a pas de situation désespérée. Quand tout va mal, nous pouvons toujours compter sur elle. Quand nous sommes en manque de paix et de joie, elle est là. Et comme à Cana, elle le dit à son Fils. Et Jésus nous invite à « puiser à la Source » de celui qui est l’amour, la paix et la joie. Et quand nous sommes tombés au plus bas, elle se baisse pour nous ramasser. Elle qui a misé toute sa vie sur l’amour, elle nous aide à nous remettre debout pour reprendre notre route à la suite du Christ.

    Sur cette route, le Seigneur est là ; il nous donne le vrai pain de vie qui vient renouveler notre cœur ; il nourrit la foi, fait grandir l’espérance et nous donne la force d’aimer ; apprenons à toujours avoir faim du Christ,----------- pain vivant et vrai et à vivre de toute parole qui sort de sa bouche. Amen

    Télécharger : 1er dimanche du Carême

    Sources : Revues Feu Nouveau et Cahiers de Prions en Église – Lectures bibliques des dimanches (Albert Vanhoye) – Commentaires du missel des Dimanches (Bayard)

    source http://homelies.livehost.fr
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  • DISCERNEMENT ET HUMILITÉ

    Textes bibliques : Lire

    Les textes bibliques de ce dimanche nous invitent au discernement et à l’humilité. La première lecture nous parle du tamis qui filtre les déchets. Nous aussi, nous avons un tri à faire dans notre vie. Pensons à tous ces bavardages futiles, ces publicités tapageuses, ces slogans que nous entendons à longueur de journée. Tout cela nous empêche d’y voir clair dans notre vie. Certaines paroles révèlent l’étroitesse d’esprit de celui qui les prononce. La première lecture nous recommande de ne pas faire l’éloge de quelqu’un avant qu’il ait parlé. Ses propos peuvent révéler le meilleur ou le pire.

    Dans l’Évangile de ce jour, le Christ nous invite à faire un pas de plus. Il nous rappelle que nous risquons d’être disqualifiés si nous ne mettons pas notre vie en accord avec l’Évangile. Ceux qui ont la charge de guider les autres doivent impérativement imiter leur Maître ; ils doivent se laisser former par lui. S’ils ne le font pas, ils seront comme des aveugles qui prétendent guider d’autres aveugles. C’est un appel pour nous à nous mettre chaque jour à l’écoute de l’Évangile et à nous en imprégner.

    Aujourd’hui, le Christ insiste sur le regard que nous portons sur les autres, en particulier sur nos frères. Nous voyons plus facilement leurs défauts que leurs qualités. Ces défauts, il faut vivre avec, et ce n’est pas drôle. Nous voudrions aider notre frère à se corriger. Mais nous oublions que nous sommes mal placés pour le faire. Car nous aussi, nous avons nos défauts. Nous sommes souvent comme cet homme qui voudrait enlever la paille qui est dans l’œil de son frère. Mais il ne remarque pas qu’il y a une poutre dans le sien. Nous avons trop tendance à juger sévèrement les autres et à être conciliants envers nous-mêmes. Les torts des autres, leurs faux pas, leurs mensonges, nous les voyons facilement.

    Mais le Christ nous met en garde. Il se pourrait que nous voyions mal et que notre jugement soit faussé. C’est vrai, il y a des défauts dans celui ou celle que nous jugeons. Mais nous oublions qu’il y en a tout autant en nous-mêmes. Mais ces défauts qui sont en nous, nous ne les voyons pas, nous ne voulons pas les voir, nous n’avons pas le courage de les voir. Nous pensons que ce n’est qu’une paille alors que c’est une belle et grosse poutre.

    Cet Évangile nous invite à changer notre regard sur les autres et sur nous-mêmes. Juger les autres, c’est de l’hypocrisie, c’est vouloir se mettre à la place de Dieu. Nous sommes trop mal placés pour le faire. Le jugement appartient à Dieu seul. À notre jugement, il manque la miséricorde.

    Pour comprendre cet Évangile, c’est vers le Christ qu’il nous faut regarder. Tout au long de sa vie, il a accueilli les publicains, les pécheurs et les infréquentables de toutes sortes. Il aurait pu leur reprocher leur mauvaise vie et les rejeter. Mais lui-même nous dit qu’il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Et quand l’un d’entre eux revient vers le Père, Jésus nous dit que c’est jour de fête chez les anges de Dieu.

    Cet Évangile rejoint notre Église dans ce qu’elle vit actuellement. Tout au long des siècles, elle a connu des crises très graves, des hérésies, des abus, des contre-témoignages de toutes sortes. Mais le Seigneur a toujours mis sur sa route les personnes qu’il fallait pour l’aider à se remettre en accord avec l’Évangile. Dans les moments dramatiques, des grands témoins de la foi ont donné le meilleur d’eux-mêmes. À travers eux, c’est l’appel du Seigneur qui retentissait : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile ! » Nous chrétiens d’aujourd’hui, nous sommes envoyés non pour dénoncer ou accuser mais pour être les témoins et les messagers de l’Évangile auprès de tous ceux et celles qui nous entourent. Le Seigneur nous assure de sa présence. Nous pouvons toujours compter sur lui, même dans les situations les plus désespérées.

    Dans sa lettre aux Corinthiens, saint Paul nous parle précisément de la victoire du Christ sur la mort et le péché. Cette victoire est double : Premièrement, par sa mort qui nous sauve, il nous réconcilie avec Dieu : grâce à lui, la mort peut devenir entre nos mains un acte de total abandon à l’amour du Père ; tout l’Évangile nous dit et nous redit que cet amour est bien plus grand que tous nos péchés. Deuxièmement, par sa résurrection, le Christ est le gage de notre propre résurrection. C’est à cette victoire sur la mort et le péché qu’il veut nous associer.

    En nous rassemblant pour l’Eucharistie, nous nous tournons vers Celui qui est la Lumière du monde. C’est cette lumière de l’Évangile que nous voulons accueillir en nous. Le Christ veut qu’elle brille aux yeux du monde afin que les hommes rendent gloire à Dieu. Nous lui demandons qu’il soit toujours avec nous et nous toujours avec lui pour cette mission qu’il nous confie.

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  • « HUMANISER LE MONDE »

    Les textes bibliques de ce dimanche nous montrent un chemin de conversion. Nous vivons dans un monde où beaucoup ne pensent qu’à se faire justice. Aujourd’hui, nous recevons des appels à refuser la vengeance et à faire miséricorde. C’est ce témoignage que nous trouvons dans la 1ère lecture. C’était au cours d’une guerre entre Saül et son concurrent David. Saül était devenu très jaloux et cherchait à l’éliminer. David aurait pu se venger mais il s’y est refusé. Il n’a pas voulu porter la main sur « celui qui a reçu l’onction du Seigneur ».

    On ne peut qu’admirer cette noblesse de David. Alors qu’il ne connaissait pas la loi d’amour du Christ, il a eu le respect de son ennemi sans défense. Ce récit nous interpelle. Il nous montre qu’en refusant la vengeance, on brise le cycle de la violence. Et quand on parle de vengeance, il est important d’en voir les divers aspects : le mépris, l’ironie, la calomnie, l’indifférence. Tout commence par le regard que nous portons sur ceux et celles qui nous entourent. Si nous voulons un monde plus juste et plus fraternel, c’est par nous qu’il faut commencer.

    L’Évangile que nous venons d’écouter nous montre le chemin. Il nous parle de miséricorde. C’est facile de juger et de critiquer. Mais si nous regardons notre vie, nous voyons bien que nous aussi, nous sommes des « pauvres pécheurs ». Nous sommes bien mal placés pour regarder ce qu’ont fait les autres. Nous ne devons jamais oublier que la mesure que nous utilisons pour eux servira aussi pour nous.

    Pour comprendre ces recommandations de l’Évangile, c’est vers la croix du Christ qu’il nous faut regarder. Et il faut toujours se rappeler que l’Évangile c’est d’abord le livre de la miséricorde de Dieu. C’est en le lisant et en le relisant régulièrement, nous découvrons cette révélation : tout ce que Jésus a dit et accompli est une expression de cette miséricorde du Père. Il a accueilli les exclus, il a pardonné ; il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Il est venu nous combler de la surabondance de son amour, et tout cela sans mérite de notre part.

    Mais tout n’a pas été écrit dans ce livre. L’Évangile de la miséricorde reste un livre ouvert ; il doit être rempli de tous les signes d’amour du Christ. Ces gestes concrets d’amour que nous sommes appelés à donner sont le meilleur témoignage de la miséricorde. C’est ainsi que nous deviendrons des témoins vivants de l’Évangile, des porteurs de la bonne nouvelle. C’est à notre amour que nous serons reconnus comme disciples du Christ. Comment parler de la miséricorde de Dieu si nous-mêmes nous ne pardonnons pas ?

    « Son amour est de toujours à toujours » (psaume 117/118). C’est vrai, la miséricorde de Dieu est éternelle. Elle ne finit pas ; elle ne s’épuise pas ; elle ne se fatigue jamais ; elle nous apporte force et espérance dans les moments d’épreuves. Nous sommes certains que Dieu ne nous abandonne jamais. Nous devons le remercier pour ce si grand amour qu’il nous est impossible de comprendre : Dieu a oublié nos péchés, il les a pardonnés ; et aujourd’hui, il nous invite à en tirer les conséquences.

    Pour cela, deux attitudes sont nécessaires : reconnaître nos propres torts et oublier les offenses des autres. Tout au long de sa vie et surtout au moment de sa Passion, Jésus n’a eu d’autre attitude que celle de l’amour et de la miséricorde. Avant de mourir, il a eu cette prière : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font » (Luc 23, 34). Nous ne devons pas recevoir cet Évangile comme une simple leçon de morale. Ce que Jésus nous dit, il l’a vécu. Il attend de nous que nous ayons le même regard que lui, les mêmes sentiments et les mêmes gestes que lui à l’égard des bons et des méchants.

    En lien avec cet Évangile, la liturgie nous propose un extrait de la 2ème lettre aux Corinthiens : Saint Paul nous y parle du premier et du dernier Adam. Le premier est pétri de terre ; il est charnel. Le second vient du ciel, il est spirituel. Entre les deux, la tension est grande. Devant un ennemi, le premier réagit avec force et violence : « œil pour œil, dent pour dent… » Mais nous sommes aussi frères et sœurs du second Adam, frères et sœurs du Christ ; Il fait habiter en nous son Esprit. C’est cet Esprit qui nous pousse à l’amour et nous et nous rend capables d’en vivre. Rendons-lui gloire et supplions-le pour nous et pour le monde entier. Nous faisons nôtre prière de ce chant : « Fais paraître ton jour et le temps de ta grâce ! Fais paraître ton jour, que l’homme soit sauvé ! »

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  • « SOIF DE BONHEUR »

    Les textes bibliques de ce dimanche résument ce qu’il y a de plus important dans le christianisme. Toute repose sur la confiance que nous mettons en Jésus. Être chrétien c’est s’engager derrière lui. C’était déjà, bien avant Jésus, le message du prophète Jérémie : « Heureux l’homme qui met sa confiance dans le Seigneur ». En dehors de lui, nous tombons sur des chemins de perdition. Il nous faut recevoir cet appel du prophète comme un avertissement et un appel urgent à la conversion. C’est en nous appuyant sur Dieu que nous trouverons le vrai bonheur.

    Avec l’apôtre Paul, nous faisons un pas de plus. Ce bonheur, nous le recevons de Jésus mort et ressuscité. Ils sont nombreux ceux qui refusent d’y croire ; et pourtant, c’est le fondement de notre foi : « Le Christ est, parmi les morts, le premier ressuscité, pour que le suivent tous ses frères humains » Il veut nous associer tous à sa victoire sur la mort et le péché.

    Dans l’Évangile, Jésus nous montre le chemin du vrai bonheur. Son message n’est pas adressé à quelques personnes seulement mais à un auditoire extrêmement large. Il y avait là les « douze apôtres » mais aussi un grand nombre de ses disciples. Il y avait également une foule de gens venus de différentes régions. C’est une manière de rappeler que le message du Christ est offert à tous ceux et celles qui veulent être ses disciples. C’est aussi à chacun de nous qu’il est personnellement adressé.

    En écoutant cet Évangile, nous avons pu remarquer que ce message du Christ se présente en deux volets : « Heureux vous les pauvres… Malheureux vous les riches… Heureux vous qui avez faim… Malheureux vous qui êtes repus… Heureux vous qui pleurez… Malheureux vous qui riez ». D’un côté, ceux à qui le bonheur est promis, de l’autre, ceux sur lesquels Jésus s’apitoie. Pauvres de vous qui êtes repus ; un jour viendra où vous manquerez des biens essentiels, de ce qui rassasie vraiment pour toujours.

    Mais heureux êtes-vous, vous qui, aujourd’hui, êtes pauvres. Dieu s’occupe de vous : vous êtes ses privilégiés ; son Royaume est pour vous. Heureux êtes-vous, vous qui êtes pauvres, vous qui n’êtes pas emprisonnés dans vos richesses, vous qui vous tournez vers Dieu et qui l’implorez avec confiance ; il viendra vers vous ; il vous enrichira de sa vie et de sa paix. Il est important de lire ces béatitudes en pensant aux petites gens qui sont devenues disciples du Christ. Beaucoup vivent une existence souvent difficile à supporter. Jésus les invite à ne pas perdre courage. Lui-même veille sur eux et un jour viendra où il les comblera. Ils seront rassasiés ; ils sauteront de joie.

    Ce bonheur dont Jésus nous parle est pour aujourd’hui. Le Royaume de Dieu qu’il promet, il est déjà venu l’instaurer. Il a donné des signes de sa présence en consolant, en guérissant et en libérant ceux qui étaient accablés par le malheur. Et il a invité ses disciples à faire de même. C’est important car la réalisation des béatitudes n’est pas de la seule responsabilité de Dieu et du Christ ; elle est aussi la nôtre. Nous avons tous la responsabilité de veiller sur les pauvres qui sont nos voisins mais aussi sur tous ceux du monde entier. Le Carême nous en donnera l’occasion.

    Il nous appartient de rendre crédible cet Évangile des béatitudes. Quand nous croisons un mendiant en ville, nous pensons sans doute à la petite pièce qu’il attend. Mais ce qui est bien plus important, c’est la manière dont nous le regardons. Il a surtout besoin d’être reconnu dans sa dignité. Ce regard que nous portons sur lui doit dire quelque chose de celui du Christ, un regard plein d’amour. À travers lui, c’est Jésus lui-même qui est là. Tout ce que nous aurons fait a plus petit d’entre les siens, c’est à lui que nous l’aurons fait.

    Nous sommes invités à accueillir ces textes bibliques comme un appel à la conversion, un appel à mettre toute notre vie en accord avec l’Évangile des béatitudes. C’est à l’amour et à la miséricorde que nous serons reconnus comme disciples du Christ. Nous le supplions : qu’il nous donne force et courage pour rester fidèles au témoignage qu’il attend de nous.

    Sources : Revues Feu Nouveau et les Cahiers de Prions en Église – Missel communautaire (Michonneau) – Paroles pour la route (Jean Yves Garneau)

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  • APPELÉS ET ENVOYÉS

    Dimanche dernier, nous avons entendu le récit de la vocation de Jérémie. Aujourd’hui, deux autres nous sont proposées, celle d’Isaïe (1ère lecture) et celle de l’apôtre Pierre dans l’Évangile selon saint Luc. D’un côté, Dieu se présente comme le Dieu trois fois saint ; de l’autre, c’est Jésus qui est monté tout simplement dans la barque de Pierre mais qui va se manifester comme le maître de la création.

    De part et d’autre, on réagit un peu de la même manière : Isaïe et Pierre sont saisis d’effroi. Ils se mettent à craindre la proximité de Dieu dont ils reconnaissent la sainteté. Pierre voit en Jésus quelqu’un qui n’est pas de son monde et il l’appelle « Seigneur ». C’est ainsi qu’on a l’habitude de s’adresser au Dieu d’Israël. Mais Jésus rassure ces pêcheurs et il les appelle à le suivre. Alors ces hommes laissent tout et ils se mettent à marcher à sa suite. Ils lui font confiance.

    Cet Évangile nous rejoint : aujourd’hui, le Christ monte dans ma barque. Il s’invite sur mon lieu de travail, dans ma maison, là où je vis. Il est là « au cœur de nos vies » et il compte sur notre accueil et notre réponse. Cette rencontre avec lui, nous pouvons la faire dans la prière mais aussi grâce à une rencontre, un témoignage qui nous a interpellés. Dieu s’arrange toujours pour mettre sur notre route les personnes qui nous aideront à avancer.

    Dans l’Évangile de ce dimanche, nous voyons Pierre qui a peiné toute une nuit sans rien prendre. Comme lui, nous avons, nous aussi l’expérience de ces nuits pénibles. Face à l’échec, nous risquons de nous décourager. Mais le Seigneur est toujours là, et il ne cesse de nous redire : « Avance au large ! » Va vers celui qui est seul, malade ou dans la peine. « Avance en eau profonde ! » Cette eau profonde c’est l’abîme de l’accident, de la maladie, du handicap. Va vers les « périphéries », vers ceux et celles qui sont marginalisés, ceux et celles qui ne comptent pas aux yeux du monde. Il est urgent de leur faire savoir qu’ils ont la première place dans le cœur de Dieu.

    Pour cette mission, Jésus n’appelle pas les plus doués ni les plus méritants. C’est ce que nous voyons avec Isaïe, Pierre, Jacques, Jean mais aussi Paul. Les uns et les autres reconnaissent le décalage entre ce qu’ils sont et la mission qui leur est confiée. Ils se reconnaissent indignes de parler de Dieu et en son nom. Mais Dieu leur révèle qu’ils sont aimés, pardonnés et envoyés. L’apôtre Paul reconnaît que la réussite de sa mission ne vient pas de lui-même mais de la grâce de Dieu.

    Aujourd’hui, tous ceux qui sont appelés à l’annonce de l’Évangile font la même expérience que tous ces personnages, une expérience d’indignité et de peur ; et c’est tant mieux ; le contraire serait dangereux. Nous ne devons pas imaginer que c’est notre propre parole qui fait œuvre de conversion. Nous sommes envoyés pour dire et pour témoigner, mais le principal travail c’est Dieu qui le fait dans le cœur de ceux et celles qu’il met sur notre route. La foi dont nous témoignons se transmet sans que nous nous en rendions compte : c’est là l’œuvre de l’Esprit Saint.

    Un dernier point sur cet Évangile : Pierre et ses compagnons ont répondu à l’appel de Jésus qui les invitait à avancer au large. Le résultat a été tellement extraordinaire qu’ils ont dû faire appel à leurs compagnons. Sans cela, la pêche miraculeuse aurait été perdue. C’est important pour ceux qui sont appelés à être « pêcheurs d’hommes ». Ils sont envoyés ensemble. Toute Évangélisation doit être communautaire. Saint Paul l’exprime très fort quand il se déclare en pleine communion avec les autres apôtres.

    Nous voici donc appelés à être disciples et missionnaire, à suivre le Christ et à l’annoncer au monde. C’est ensemble, les uns avec les autres que nous avons à tirer les filets. Mais nous ne devons pas oublier que sans Jésus, ces filets resteront vides. Si nous abandonnons la prière et les sacrements, nos efforts resteront vains ; on va peiner des jours et des jours pour rien. Le Christ nous invite à nous raccrocher à lui et à accueillir la nourriture qu’il nous propose pour nourrir notre foi, notre espérance et notre amour. Lui-même nous assure de sa présence tous les jours de notre vie.

    Sources : Revue Feu Nouveau – Missel des dimanches 2019 – Couleurs des dimanches et fêtes année C (Michel Souarnec)

    Télécharger : 5ème dimanche du temps ordinaire

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