• 23ème dimanche du temps ordinaire

    Abbé Jean Compazieu

    Ouvre-toi !

    Accueil : Nous devrions chanter à pleine voix la louange de notre Dieu, mais nous restons bien souvent muets… Nous devrions laisser la Parole nous envahir jusqu’à transformer notre cœur, mais nos oreilles n’entendent plus vraiment les mots de Dieu… Aujourd’hui, laissons-nous guérir et libérer par lui.Ouvrons tout grand nos cœurs au Père, au Fils et au Saint-Esprit. Amen !

    1ère lecture – Is 35, 4-7a Le peuple est découragé. Alors Dieu, par son prophète Isaïe, annonce qu’il va agir en sa faveur.

    PSAUME 145

    2ème lecture – Jc 2, 1-5 : Jacques, comme dimanche dernier, propose une attitude concrète pour vivre selon le désir de Dieu. Cette lecture rejoint la dynamique de la première lecture puisque saint Jacques invite ses lecteurs à n’avoir aucune partialité vis-à-vis des personnes, mais au contraire à bien comprendre que Dieu choisi ceux qui sont pauvres aux yeux du monde pour en faire des riches dans la foi et des héritiers du Royaume promis par Lui à ceux qui l’auront aimé.

    Évangile (Marc 7, 31-37)

    Homélie
    Textes bibliques : Lire

    « Prenez courage, ne craignez pas. Voici votre Dieu. C’est la vengeance qui vient, la revanche de Dieu. Il va vous sauver ». Voilà ce message que nous avons entendu dans la première lecture. Comprenons bien, cette revanche de Dieu c’est celle de son amour. Il ne prend pas sa revanche contre nous mais contre le mal qui nous atteint et nous abime. Sa revanche c’est de supprimer le mal, c’est faire en sorte que les aveugles voient et que les sourds entendent. La bonne nouvelle c’est que Dieu nous aime plus que tout être au monde. Notre vie connaît souvent des humiliations physiques et morales. Mais le Seigneur est là ; il vient pour nous libérer et nous sauver. Avec lui, le mal ne peut avoir le dernier mot.

    Dans la seconde lecture, saint Jacques nous rappelle ce que doit être la réponse de la communauté chrétienne. Les considérations de personnes n’y ont pas leur place. La tentation de ménager les riches et les puissants reste toujours bien présente. Ce comportement est incompatible avec l’Évangile de Jésus Christ. Dieu a choisi les pauvres et les a faits riches dans la foi. Il en a fait des héritiers du Royaume. Voilà une mise au point très forte pour notre société ambiante de surconsommation. Les discriminations y sont toujours bien présentes. Nous pensons à la montée du racisme, au rejet de l’étranger. On évite de fréquenter celui qui n’est pas de notre monde. La mise au point de saint Jacques s’adresse aussi à nous aujourd’hui.

    L’évangile de saint Marc nous montre qu’avec Jésus c’est exactement le contraire. Aujourd’hui, nous le voyons en territoire païen et non en territoire d’Israël. Sa mission n’est pas réservée à un unique peuple. Elle s’ouvre à tous. C’est là qu’il va guérir un sourd muet. Cet homme représente tout un peuple pratiquement fermé à la Parole de Dieu. Il est incapable de proclamer les merveilles de son Créateur. Il est sourd à la bonne nouvelle de l’Évangile. Sa rencontre avec Jésus a été quelque chose d’extraordinaire. Un mot résume bien toute l’action du Christ : « Effata » (ouvre-toi). Jésus vient nous ouvrir à Dieu, aux autres, à tous les autres.

    Cet homme handicapé nous ressemble. Même si nous entendons et parlons correctement, il peut nous arriver de nous enfermer sur nous-mêmes. Nous pensons à tous ces hommes, ces femmes, ces jeunes qui sont « bouclé » dans leur solitude. Ils sont incapables de communiquer avec les autres. Ils vivent repliés sur eux-mêmes, sans relation, sans ami, sans travail, sans conversation. Rien ne les intéresse en dehors de leur « moi ». Nous vivons dans un monde super médiatisé, mais beaucoup continuent à vivre dans l’individualisme. Chacun y cherche à tout prix à ménager ses intérêts et ses privilèges. Cette attitude nous rend sourds aux drames du monde et au bien commun.

    À travers cet évangile, saint Marc s’adresse aussi aux chrétiens. Il vient nous montrer ce qui se passe quand nous sommes sourds à la Parole de Dieu. À cause de cette surdité, nous ne pouvons que bégayer un témoignage que le monde ne peut comprendre. Mais Jésus est là comme autrefois. Il fait sans cesse le premier pas vers nous. Comme autrefois, il continue à nous dire « OUVRE-TOI ». C’est avec lui et par lui que se réalise en nous l’ouverture du cœur, des yeux, des oreilles et de la bouche. C’est Jésus seul qui établit notre communication avec Dieu. Il est le médiateur qui nous permet d’entrer en conversation avec Dieu. Toutes les guérisons qui nous sont rapportées dans l’Évangile nous révèlent la guérison profonde que Jésus vient réaliser en nous.

    Quand Jésus nous dit « Ouvre-toi », c’est pour nous ouvrir à la Parole de Dieu. Cette parole nous la découvrons en lisant la Bible. C’est dans notre vie de tous les jours et à travers les divers événements que Dieu nous parle. La Bible, l’Évangile nous donnent de pouvoir décoder le langage de Dieu à travers toutes les réalités de la vie. Alors oui, prenons le temps de nous nourrir de cette Parole de Dieu pour qu’elle transforme réellement notre vie. Elle nous est donnée pour que nous comprenions à quel point Dieu nous aime.

    En ce jour, nous te supplions, Seigneur : Touche mes oreilles pour qu’elles entendent. Touche mes lèvres pour qu’elles proclament ta louange. Dans ton Eucharistie, le sacrement des sacrements, touche tout mon être, tout mon corps, pour que je vive par toi et pour toi. Amen

    Télécharger : 23ème dimanche du Temps ordinaire

    Sources : Feu Nouveau, Ta Parole est joie (Joseph Proux) – avec Saint Marc (Claire Patier) – Lectures d’Évangile d’un vieux prêtre de Montpellier –

    source https://puiseralasource.org/

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  • Homélie du 22ème dimanche du temps ordinaire

    Abbé Jean Compazieu 

    Mettez la Parole en pratique,
    ne vous contentez pas de l’écouter

     

     

    Textes bibliques : Lire

    Les chefs religieux reprochent aux disciples de Jésus de “prendre leurs repas avec des mains impures, c’est-à-dire non lavées.” Dans le contexte sanitaire actuel, nous savons que ce geste est indispensable. En raison de la pandémie, il faut absolument tout faire pour se protéger et protéger les autres contre la maladie.

     

    Mais dans l’Évangile de ce jour, ce n’est pas de cela qu’il s’agit. Pour les scribes et les pharisiens, c’était un geste religieux qui était transmis par la tradition des anciens. Jésus ne leur demande pas d’abandonner ces pratiques ; mais il ne veut pas que celles-ci les détournent de l’essentiel. Il leur rappelle que ce qui rend impur c’est ce qui sort du cœur de l’homme. Pour Jésus, la lutte contre l’impureté est avant tout une lutte intérieure ; c’est au-dedans de nous, au plus profond de notre cœur qu’il faut combattre les gestes impurs de l’égoïsme, de l’orgueil, de la violence et du mensonge.

    Le problème c’est que ce culte purement extérieur ne correspondait pas à une attitude intérieure vraie. Et Jésus ne manque pas d’en faire le reproche : “Ce peuple m’honore des lèvres mais son cœur est loin de moi. Il est inutile le culte qu’ils me rendent. Les doctrines qu’ils enseignent ne sont que des préceptes humains.” Puis Jésus va encore plus loin dans sa réponse : “Vous laissez de côté les commandements de Dieu pour vous attacher à la tradition des hommes.”

    Toutes ces pratiques traditionnelles sont inscrites dans le livre du Lévitique. Les chefs religieux y étaient très attachés. Pour eux, c’était important. Mais Jésus leur reproche d’oublier le livre du Deutéronome, en particulier l’extrait que nous avons entendu dans la 1ère lecture. Nous y découvrons des paroles qui sont celles d’un Dieu libérateur. Elles sont adressées à un peuple qui était esclave en Égypte. Sous la conduite de Moïse, Dieu les a libérés de cette situation dramatique. La Bible nous raconte comment ils ont traversé la Mer Rouge et marché dans le désert pour se rendre vers la Terre Promise.

    Aujourd’hui, nous découvrons que Dieu veut leur faire franchir une nouvelle étape : en lui donnant sa loi, il lui offre un passeport pour la liberté. En effet, seuls les peuples libres ont une loi. Les autres sont soumis à l’arbitraire et à la violence ; cela, nous le voyons tous les jours. Nous vivons dans un monde qui souffre à cause de ces violences et de ces injustices. Mais l’auteur du livre du Deutéronome vient nous dire que Dieu n’a jamais cessé de nous aimer. La loi qu’il donne à son peuple se résume en deux volets : Aimer Dieu et aimer tous nos frères.

    Le premier volet regarde Dieu : “Tu aimeras le Seigneur ton Dieu”. Ce commandement est une réponse au Dieu créateur qui fait sans cesse le premier pas vers nous. Il est passionné d’amour pour le monde. En dehors de lui, il n’y a pas de bonheur possible. C’est sur lui que nous sommes invités à construire notre vie. Il ne suffit pas d’accomplir des gestes religieux. L’alliance entre Dieu et les hommes est une histoire d’amour passionné.

    Le deuxième volet concerne l’amour du prochain. Il s’agit d’éviter tout ce qui peut faire du mal aux autres. Plus tard, Jésus nous révèlera que Dieu est un Père qui aime chacun de ses enfants. Son amour est pour tous sans exception. Si nous faisons du mal à quelqu’un, c’est contre Dieu que nous péchons. Plus un amour est grand, plus on voit ce qui l’offense. C’est important pour nous aujourd’hui. Nous vivons dans un monde qui souffre de la violence, de l’indifférence, du mépris et de toutes sortes de malheurs. Notre mission c’est d’y vivre autrement et d’y porter l’amour.

    Dans sa lettre, saint Jacques s’adresse à des nouveaux baptisés qui vivent en milieu païen et hostile. Il les invite précisément à y vivre autrement. Au jour de leur baptême, ils sont entrés dans une vie nouvelle. Au centre de cette vie, il y a le Christ Lumière du monde. Ses paroles sont celles “de la vie éternelle”. Cette bonne nouvelle vient changer notre relation avec Dieu et avec les autres. Si nous voulons vivre en accord avec Dieu, il ne faut pas oublier ceux et celles qui ont la première place dans son cœur, les orphelins, les veuves et tous les exclus de la société.

    En ce jour, nous renouvelons notre attachement au Christ et à son Évangile. Ce que Dieu attend de nous, c’est que chacun donne le meilleur de lui-même. Le plus important c’est que nous soyons tous les jours habités par cette présence du Christ dans notre vie. C’est avec lui que nous apprendrons à déjouer les pièges du formalisme et à donner la première place à sa Parole. Il veut nous voir pratiquer librement ces deux grands commandements : L’amour de Dieu et l’amour de nos semblables comme nous-mêmes. Tout cela se trouve résumé dans le célèbre mot de saint Augustin : “Aime et fais ce que tu veux.”

    Sources : Revue Feu Nouveau, fiches dominicales, Cahiers Prions en Église, Dossiers personnels…

    Télécharger : 22ème dimanche du Temps ordinaire

    source https://dimancheprochain.org/

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  • 21ème dimanche du Temps ordinaire

    RASSEMBLÉS AUTOUR DE JÉSUS, ET APPELÉS À CHOISIR
    OUVERTURE
    « Voulez-vous partir vous aussi ? » demande Jésus à ses disciples… La foule a refusé de le suivre jusque-là : « Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? »… Serons-nous, avec le petit groupe des disciples, capables de reconnaître en Jésus celui qui a les paroles de la Vie éternelle ?

     Homélie
    Textes bibliques : Lire
    La liturgie de ce dimanche nous adresse un appel très fort à choisir pour ou contre Dieu. Dans la première lecture, nous trouvons Josué qui rassemble toutes les tribus d’Israël à Sichem. Il convoque le peuple et le met devant ses responsabilités ; dans un premier temps, il lui montre tout ce que le Seigneur a fait pour lui : il l’a libéré de l’esclavage d’Égypte ; il a fait alliance avec lui sur la montagne du Sinaï : il ne cesse de faire le premier pas vers les hommes car il veut les sauver du malheur.

     

    Quelle sera la réponse du peuple ? A Sichem, Josué rappelle à tous qu’ils doivent choisir : servir le Seigneur ou servir les dieux des habitants de des nations païennes; tous répondent unanimes : plutôt mourir que d’abandonner le Seigneur et servir d’autres dieux. Si Josué insiste c’est parce qu’il est conscient des infidélités de ce peuple. Ces tribus restent marquées par les récriminations du désert. De plus, elles sont attirées par les idoles païennes. Mais aujourd’hui, c’est le Seigneur que le peuple choisit de servir.

    Quelle sera notre réponse ? D’un côté, les plaisirs, les richesses matérielles… D’un autre côté, le trésor de la sagesse de Dieu. Choisissons qui nous voulons servir ! Plutôt mourir que d’abandonner le Seigneur. D’un côté, le projet de dominer, d’humilier… D’un autre côté le Dieu de tendresse qui offre la joie de servir. Choisissons qui nous voulons servir. Le Seigneur s’est fait le serviteur des hommes. C’est lui que nous voulons servir.

    D’un côté, la prétention de juger les autres et de les condamner… D’un autre côté, le Dieu qui redonne sa confiance. Choisissons qui nous voulons servir. Nous voulons servir le Seigneur, car c’est lui notre Dieu. Nous sommes enfants de Dieu et non ses esclaves ; il respecte notre liberté. C’est lui que nous voulons servir. Plutôt mourir que d’abandonner le Seigneur qui nous a fait sortir de l’esclavage. » Il a tout fait pour nous ; qu’il nous garde de t’abandonner.

    Pour nous parler de cette alliance entre Dieu et les hommes saint Paul utilise l’image du couple humain. Le sacrement du mariage unit les époux l’un à l’autre mais aussi à Dieu. Cet amour mutuel qu’ils s’efforcent de vivre est appelé à être à l’image de celui de Dieu pour l’humanité. C’est un amour qui fait sans cesse le premier pas vers l’autre, un amour qui écoute, qui partage, qui pardonne, un amour qui va jusqu’au don de sa vie pour l’autre. Tout cela nous dit quelque chose de l’amour que Dieu nous porte.

    Dans son Évangile, Saint Jean nous dit que “les disciples murmuraient”. La foule avait bénéficié de sa bonté. Pour elle, il a multiplié les pains. Tout au long de ces dernières semaines, nous avons écouté son discours sur le Pain de Vie. Jésus cherchait à conduire ses auditeurs plus loin et plus haut, vers le Royaume du Père. Mais ils n’acceptent pas ce discours. Oubliant tout ce qu’il avait fait pour eux, beaucoup s’en allèrent.

    Aujourd’hui Jésus nous dit des choses très importantes qui concernent la foi : la foi des disciples et la nôtre. Il nous dit d’abord que la foi c’est un don de Dieu : “Nul ne peut venir à moi si mon Père ne l’attire”. L’Esprit seul peut nous permettre d’aller à Dieu. Cela ne veut pas dire que certains sont choisis et d’autres pas. Dans son immense amour, Dieu nous appelle tous. C’est à tous qu’il fait le don de la foi. Ce don, nous l’avons tous reçu. Mais qu’est-ce que nous en faisons ? La foi est aussi un geste libre, une démarche libre, personnelle de chacun de nous. Et cette démarche ne se situe pas au niveau du raisonnement. La démarche de la foi c’est “marcher avec”. C’est ce qui est proposé aux gens qui sont face à Jésus.

    “Voulez-vous partir vous aussi ?” C’est également la question que le Christ nous pose aujourd’hui. La réponse de Pierre a été spontanée : “Seigneur, à qui pourrions-nous aller ? Tu as les Paroles de la Vie éternelle”. Tu es le Saint de Dieu. Toi seul donnes un sens à notre vie. Même si je ne comprends pas toujours ta façon de faire, si parfois tes paroles me dépassent, je m’en remets à ton amour. Je veux me laisser guider par toi.

    Les textes bibliques de ce dimanche sont un appel à la foi : Croire c’est marcher avec. Mais cela va beaucoup plus loin. C’est comme une démarche amoureuse. Il y a ce désir de se rapprocher vraiment de l’autre et d’être totalement en communion avec lui. C’est par Jésus et en lui que nous entrons dans la Vie Éternelle. En ce jour, nous te rendons grâce d’avoir reçu ta Parole, source de vie. Garde-nous fidèles à ton amour. Amen

    Télécharger : 21ème dimanche du Temps ordinaire

    Sources : Feu Nouveau, Fiches dominicales, Homélies pour l’année B (A Brunot) – Lectures bibliques des dimanches (A Vanhoye) – Guide Emmaüs des dimanches et fêtes (JP Bagot) – Les entretiens du dimanche (Noël Quesson)

    source https://puiseralasource.org/

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  • Assomption de la Vierge Marie

    Abbé Jean Compazieu |  

    Marie, « la première en chemin »

     

     

    Homélie tirée de https://www.levangileauquotidien.org/

    « Désormais tous les âges me diront bienheureuse »

    Si sainte Marie-Madeleine — qui a été pécheresse et de qui le Seigneur a expulsé sept démons — a mérité d'être glorifiée par lui au point que sa louange demeure toujours dans l'assemblée des saints, qui pourra mesurer à quel point « les justes jubilent devant la face de Dieu et dansent de joie » au sujet de sainte Marie, qui n'a pas connu d'homme ? (...) Si l'apôtre saint Pierre — qui non seulement n'a pas été capable de veiller une heure avec le Christ, mais qui est même allé jusqu'à le renier — a obtenu par la suite une telle grâce que les clés du Royaume des cieux lui ont été confiées, de quels éloges sainte Marie n'est-elle pas digne, elle qui a porté dans son sein le roi des anges en personne, que les cieux ne peuvent contenir ? Si Saul, qui « ne respirait que menaces et carnages à l'égard des disciples du Seigneur » (...), a été l'objet d'une telle miséricorde (...) qu'il a été ravi « jusqu'au troisième ciel, soit en son corps soit hors de son corps », il n'est pas étonnant que la sainte Mère de Dieu — qui a demeuré avec son fils dans les épreuves qu'il a endurées dès le berceau — ait été enlevée au ciel, même en son corps, et exaltée au-dessus des chœurs angéliques.

    S'il y a de la « joie au ciel devant les anges pour un seul pécheur qui fait pénitence », qui dira quelle louange joyeuse et belle s'élève devant Dieu au sujet de sainte Marie, qui n'a jamais péché ? (...) Si vraiment ceux qui « jadis ont été ténèbres » et sont devenus par la suite « lumière dans le Seigneur » « brilleront comme le soleil dans le royaume de leur Père », qui sera en mesure de raconter « le poids éternel de gloire » de sainte Marie, qui est venue en ce monde « comme une aurore qui se lève, belle comme la lune, choisie comme le soleil », et de qui est née « la lumière véritable qui illumine tout homme venant en ce monde » ? Par ailleurs, puisque le Seigneur a dit : « Celui qui me sert, qu'il me suive, et là où je suis, là aussi sera mon serviteur », où pensons-nous que soit sa mère, elle qui l'a servi avec tant d'empressement et de constance ? Si elle l'a suivi et lui a obéi jusqu'à la mort, nul ne s'étonnera qu'à présent, plus que quiconque, elle « suive l'Agneau partout où il va ».

    source https://www.levangileauquotidien.org/

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  • Homélie - 19eme dimanche du temps ordinaire - 8 août 2021

    Homélie tirée de l’Évangile au Quotidien

    et de Saint Jean-Paul II (1920-2005) pape

    Encyclique « Ecclesia de Eucharistia » Chap. 1, § 11; 17 avril 2003 (trad. © copyright Libreria Editrice Vaticana rev.)
     

    « Le pain que je donnerai, c'est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie »

    « La nuit même où il était livré, le Seigneur Jésus » (1Co 11,23) a institué le sacrifice eucharistique de son corps et de son sang. (…) L'Église a reçu l'eucharistie du Christ son Seigneur non comme un don, aussi précieux qu'il soit parmi bien d'autres, mais comme le don par excellence, car il est le don de lui-même, de sa personne dans sa sainte humanité, et de son œuvre de salut. Celle-ci ne reste pas enfermée dans le passé, puisque « tout ce que le Christ est, et tout ce qu'il a fait et souffert pour tous les hommes, participe de l'éternité divine et surplombe ainsi tous les temps » (CEC 1085). Quand l'Église célèbre l'eucharistie, mémorial de la mort et de la résurrection de son Seigneur, cet événement central du salut est rendu réellement présent et ainsi « s'opère l'œuvre de notre rédemption » (Vatican II LG 3). Ce sacrifice est tellement décisif pour le salut du genre humain que Jésus Christ ne l'a accompli et n'est retourné vers le Père qu'après nous avoir laissé le moyen d'y participer comme si nous y avions été présents. Tout fidèle peut ainsi y prendre part et en goûter les fruits d'une manière inépuisable. Telle est la foi dont les générations chrétiennes ont vécu au long des siècles. Cette foi, le magistère de l'Église l'a continuellement rappelée avec une joyeuse gratitude pour ce don inestimable. Je désire encore une fois redire cette vérité, en me mettant avec vous, chers frères et sœurs, en adoration devant ce Mystère : Mystère immense, Mystère de miséricorde. Qu'est-ce que Jésus pouvait faire de plus pour nous ? Dans l'eucharistie, il nous montre vraiment un amour qui va « jusqu'au bout » (Jn 13,1), un amour qui ne connaît pas de mesure.

    source https://www.levangileauquotidien.org/

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  • Homélie du 18ème dimanche du Temps ordinaire 1er août 2021

    Abbé Jean Compazieu

    Rassemblés autour de Jésus,
    il satisfait notre faim
     

     

    Textes bibliques : Lire

    Les textes bibliques de ce dimanche nous invitent à savoir reconnaître le don de Dieu. Ce don est un cadeau gratuit qu’il nous fait pour nous manifester son amour infini. Le problème c’est quand le receveur ne voit pas le signe de cet amour ; il ne voit que le côté matériel de ce cadeau. Les textes de ce jour voudraient nous aider à changer notre regard ; le plus important c’est de reconnaître et d’accueillir les signes de l’amour de Dieu pour nous et pour le monde entier. 

    C’est ce cheminement que nous trouvons dans la 1ère lecture : la vie des Hébreux dans le désert n’est pas facile : ils sont tenaillés par le manque de nourriture ; le ton s’est mis à monter : ils ont récriminé contre Moïse et Aaron ; ils rêvent de retourner « au pays d’Égypte » pour y retrouver leur ration d’esclave. Pour eux, venir mourir dans le désert, ça n’a pas de sens.

    Ces récriminations, Dieu les entend : il leur donne cette nourriture spéciale appelée « manne » ; mais ce don qu’il leur fait est aussi une épreuve, un test pour éprouver leur foi : il leur interdit de faire des réserves ; ils sont invités à mettre une limite à la convoitise et à la peur du manque ; ils doivent surtout avoir foi dans le Seigneur qui leur a promis une ration suffisante tous les jours. Nous, chrétiens, nous croyons qu’aujourd’hui encore, Dieu nous donne tout ce dont nous avons besoin ; les richesses matérielles ne sont pas un mal ; mais elles ne doivent pas nous détourner de Dieu qui a bien mieux à nous offrir.

    Dans l’Évangile, nous retrouvons Jésus qui vient de nourrir une foule affamée ; pour ces pauvres gens, c’est quelque chose d’extraordinaire : ils viennent à lui pour qu’il réponde à leurs besoins matériels. Mais Jésus ne veut pas être pris pour un « super boulanger » ; ce n’est pas sa mission : il a bien mieux à leur proposer. C’est également vrai pour nous aujourd’hui. Nos prières ne doivent pas se limiter à de simples demandes matérielles : ce que le Seigneur veut nous donner est bien plus important.

    La grande priorité ce n’est pas les biens que nous possédons ni ceux que nous voulons posséder. Jésus voit tous ces gens qui travaillent dur pour leur nourriture corporelle. Or c’est “une nourriture périssable pour une vie périssable”. Aujourd’hui, il voudrait leur révéler une autre nourriture, un pain “venu du ciel” pour la Vie Éternelle.

    L’Évangile nous introduit à cet autre pain. Il nous parle du “vrai pain”, “le pain de Dieu”, “le pain de vie”, “le pain venu du ciel”. Ce n’est pas comme la manne que les anciens ont mangée dans le désert au temps de Moïse. Le seul vrai pain, c’est Jésus. Il est le pain du ciel, celui qui donne la vie. Cette nourriture largement offerte à tous c’est d’abord la parole de Jésus : “L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu (Dt. 8. 3). Jésus est également nourriture par son Corps et son Sang ; cette nourriture est offerte à tous lors de la célébration Eucharistique.

    Actuellement, le même Christ continue à nous révéler notre faim et notre soif d’absolu. Il voit tous ces jeunes et moins jeunes qui courent vers les plaisirs que procure la société de consommation, la drogue, l’alcool, les décibels. Il voit tous ces gens qui sont angoissés parce qu’ils ont perdu leur emploi. Leur grande douleur c’est que personne n’a besoin d’eux. Il leur manque un climat de tendresse et d’amour qui pourrait illuminer leur vie. Nous chrétiens, nous sommes envoyés pour témoigner de cet amour qui est en Dieu et le communiquer à tous ceux qui nous entourent.

    Saint Paul nous montre le chemin. Il invite les croyants de son temps et chacun de nous à se laisser guider par un esprit renouvelé. Les Éphésiens, auxquels il s’adresse, sont passés sur « l’autre rive ». Ils ont quitté leurs anciennes pratiques pour se mettre à la suite du Christ. Leur foi en Jésus a fait d’eux des hommes nouveaux. Mais saint Paul sait que cette foi est encore fragile car ils vivent dans un monde païen. Nous aussi, nous pouvons, nous aussi, être atteints par l’esprit païen de notre temps. C’est ce qui se passe quand nous donnons la première place à l’argent et aux satisfactions matérielles. Mais le Seigneur veille ; il nous appelle inlassablement à revenir vers « l’autre rive ». C’est là qu’il nous attend. Il nous destine à partager sa vie.

    Nous n’avons plus à récriminer contre Dieu comme dans le désert. Le Christ se donne à tous ceux et celles qui faim de sa Parole et de son Pain. Lui seul peut nous guider sur le chemin de la conversion. Rendons-lui grâce pour ce don qu’il nous fait et demandons-lui qu’il nous garde fidèles à ses paroles car elles sont celles de la Vie Éternelle.

    Télécharger : 18ème dimanche du Temps ordinaire

    Fête de la Transfiguration du Seigneur

    Sources : Revues liturgiques Feu Nouveau, Fiches dominicales, les Cahiers Prions en Église – La Parole de Dieu pour chaque jour (V. Paglia) ; Pensées sur l’Évangile de Marc (C. Schonborn) ; Homélies pour l’année B (Amédée BRUNOT) ; dossiers personnels…

    source https://dimancheprochain.org/

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  • Homélie du 17ème dimanche du Temps ordinaire

    Abbé Jean Compazieu

    Rassemblés,
    nous sommes nourris par un peu de pain
    pour une vie en abondance

    Homélie du 17ème dimanche du Temps ordinaire - 25 juillet 2021 

    Textes bibliques : Lire

    Pour bien comprendre le message de cet Évangile, il y a une erreur que nous devons éviter. En effet, nous risquons de nous laisser prendre par le côté magique et merveilleux. Dans son récit, saint Jean ne nous parle pas de miracle mais de « signe ». Derrière ce geste, Jésus nous dit quelque chose de lui et de son Père. 

    Jésus comme Élisée (1ère lecture) nous montre que Dieu voit la souffrance et à la faim des hommes ; il n’est pas indifférent à leur situation. Dans l’Évangile de ce dimanche, nous trouvons Jésus qui est suivi par une foule immense de personnes ; elles sont désireuses de lui soumettre leurs problèmes, leurs souffrances, leurs maladies, leurs échecs, leurs difficultés. En venant à lui, elles espèrent trouver une solution à leurs soucis ; il y en a peut-être qui le suivent par simple curiosité ; mais Jésus qui ne néglige rien de l’humain constate que le foule est affamée. Il lui faut donc la nourrir.

    Bien sûr, il y a la faim physique ; en cette période de pandémie nous y pensons tous. Beaucoup s’inquiètent de la diminution de leurs ressources pour pouvoir manger et se loger. Oui, bien sûr ; mais il y a aussi toutes les autres faims qu’un être humain peut éprouver, faim d’être écouté, de pouvoir donner son avis, faim de respect, de dignité…

    Saint Jean nous dit que Jésus enseigne longuement ces foules qui sont comme des brebis sans berger. À travers cet enseignement, il veut les aider à retrouver un sens à leur vie ; il veut surtout les amener à découvrir qui est Dieu. Ces paroles de Jésus sont celles « de la Vie éternelle ». Elles sont la nourriture qui nous est offerte à tous. Mais nous savons bien que  » ventre affamé n’a pas d’oreille ». Quand on a trop faim, on n’écoute plus. Alors, comme Élisée l’avait fait avec le peu de nourriture qu’il avait, Jésus dit : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ».

    Cette parole, il nous faut l’entendre et la prendre au sérieux. Comme Philippe, nous pouvons être tentés de dire : « Cet enfant n’a que cinq pains et deux poissons ; qu’est-ce que cela pour tant de monde ? » Nous pouvons nous reconnaître dans cette réaction quand nous disons : « L’Europe ne peut pas tout faire… Ce n’est pas à nous de relever les économies des pays pauvres… »

    Il nous est bon de réentendre le Christ nous dire : « Donnez-leur vous-même à manger. » Car c’est toujours avec le petit peu que nous avons que Dieu peut agir. Si cet enfant n’avait pas donné ses cinq pains et ses deux poissons, il ne se serait rien passé. Dieu a besoin de nos gestes de partage pour réaliser de grandes choses. Une pauvre femme disait à saint Vincent de Paul : « Si les pauvres ne partagent pas, qui le fera ? » Il suffit du peu que nous avons, un peu d’amour, un peu de biens matériels et un peu de disponibilité pour vaincre la faim, celle du corps et celle du cœur. Ce peu, nous le remettons entre les mains du Seigneur. C’est avec cela qu’il peut réaliser de grandes choses.

    Jésus fait ramasser les restes pour que rien ne se perde. Nous ne pouvons pas nous empêcher de penser à cet immense gaspillage de nourriture dénoncé par le pape François dans son encyclique « Laudato Si ». Ce geste de Jésus est le signe de la multiplication de l’amour qu’il continue à réaliser en nous. Il nous envoie pour le distribuer à tous ceux et celles qui ont faim d’amour. Ainsi, il dépend de nous que le miracle ne s’arrête jamais, le miracle de l’amour entre les hommes.

    Ce signe de Jésus est une annonce de l’Eucharistie. Saint Paul nous rappelle que le grand projet de Dieu c’est de rassembler toute l’humanité autour du Christ. « Ayez soin de garder l’unité dans l’Esprit par le lien de la paix ». Cette unité à laquelle nous sommes appelés c’est celle qui unit le Père, le Fils et le Saint Esprit (encyclique Lumen Gentium ».

    Communier au Pain que Jésus nous donne, c’est changer nos cœurs pour que nous partagions le pain de la justice et de la fraternité. Nous ne pouvons participer à l’Eucharistie que si nous sommes des partageurs. Dieu ne fait rien à notre place ; il nous apprend être responsables, à prendre soin de la vie, de l’avenir des hommes et de notre planète.

    Oui, le Christ est bien présent derrière tous ces gestes de partage dont nous sommes témoins. Ce geste est le signe de la multiplication de l’amour qu’il continue à réaliser en nous. Il nous envoie pour le distribuer à tous ceux et celles qui ont faim d’amour. Ainsi, il dépend de nous que le miracle ne s’arrête jamais, le miracle de l’amour entre les hommes.

    “Nous sommes là, au cœur de la vie avec Dieu, au cœur de la vie de Dieu.” En ce dimanche, c’est lui qui nous rassemble autour de la table du Christ ressuscité pour partager son pain. Nous le supplions : “Mets en nous ton Esprit Saint pour que nous entrions dans ton amour.” Amen

    Télécharger : 17ème dimanche du Temps ordinaire

    Autres approches : https://puiseralasource.org/preparons-dimanche/

    Sources : Feu Nouveau Juillet 2021, Fiches dominicales, Cahiers Prions en Église, dossiers personnels…

    source https://dimancheprochain.org/

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  • Homélie du 16ème dimanche du temps ordinaire

    Abbé Jean Compazieu | 11 juillet 2021

    Rassemblés, nous sommes nourris
    par la Parole de Vie
     

    Homélie du 16ème dimanche du temps ordinaire - 18 juillet 2021 

    Textes bibliques : Lire
     
    Les textes bibliques de ce dimanche nous parlent du pasteur. Nous avons tout d’abord le prophète Jérémie qui distingue les bons et les mauvais pasteurs. Dans la seconde lecture, saint Paul évoque le rassemblement de l’humanité dans la paix grâce au Christ. Enfin, dans l’Évangile, saint Marc nous montre Jésus face aux foules : “Il fut saisi de pitié parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger.”

     

    La volonté de Dieu c’est de rassembler tous les humains près de lui et entre eux. Il veut les inviter à la paix. La première lecture nous dit qu’il n’est pas content des rois d’Israël. Ces mauvais bergers sont responsables du désastre qui a conduit leur peuple en exil. La grande priorité de Dieu c’est le bonheur de son peuple ; c’est pour cette raison qu’il décide de prendre les choses en main : il ramènera lui-même toutes ses brebis dans leur enclos. Viendra alors un vrai berger qu’il suscitera lui-même.

    Dans la seconde lecture, saint Paul nous apporte un éclairage nouveau sur cette prophétie : il nous invite à nous tourner vers la croix du Christ. En mourant pour tous les hommes, Jésus nous révèle que l’amour de Dieu est universel. Tous ces gens qui s’étaient éloignés de lui sont ses fils. Il veut les réunir tous pour les combler de son amour. Cet amour qui se révèle sur la croix vient annoncer le pardon et la réconciliation des hommes pécheurs avec Dieu. Le mur qui les séparait est abattu. La croix du Christ unit le ciel et la terre. Elle attire tous les hommes à lui.

    Dans l’Évangile, saint Marc nous montre les apôtres qui reviennent de la mission que Jésus leur avait confiée. Ils lui rapportent tout ce qu’ils ont fait et enseigné. Il les invite à venir à l’écart pour se reposer “dans un endroit désert”. Oui, bien sûr, ils en avaient besoin ; mais le plus important est ailleurs : tout apostolat doit se nourrir de méditation et de contemplation. C’est dans le silence et la prière que Jésus se repose. Et de nos jours, nous voyons de plus en plus de gens qui cherchent cette forme de repos dans les monastères.

    Mais nous voyons bien que tout ne se passe pas comme prévu : au lieu du silence dans le désert, c’est une foule immense qui cherche à voir Jésus, à le toucher et à l’entendre. Beaucoup avaient choisi de suivre Jean Baptiste ; mais après sa mise à mort par le roi Hérode, ils se sont rapprochés de Jésus. Face à cette foule, il est saisi de pitié. Il ne supporte pas de les voir partir dans tous les sens comme des brebis sans berger. Alors, il prend lui-même le relai et se met à les enseigner longuement. Lui-même nous dit qu’il est “venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus”.

    Cet Évangile nous renvoie également aux foules d’aujourd’hui. Nous vivons dans un monde blessé par les guerres, les violences, le désespoir. Nous pensons à tous ces enfants qui ne peuvent pas bénéficier de l’école. Ils sont victimes d’exploitation et d’injustice. Ailleurs, des jeunes sont désorientés. Ils deviennent la proie de toutes les tentations. Beaucoup croient trouver leur bonheur dans une secte. D’autres foules courent après l’argent, le confort, les richesses matérielles. Ils croient qu’avec plus d’argent et plus de confort, ils seront plus heureux. Mais ils s’aperçoivent que tout cela ne suffit pas à leur soif de bonheur.

    Le grand manque dont Jésus a pitié, c’est l’ignorance, c’est l’erreur dans laquelle les foules sont immergées. “L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Et pour répondre à ce besoin essentiel, Jésus enseigne longuement.

    Le 1er service que Jésus rend aux foules désorientées, c’est de les réorienter. Il enseigne le sens profond de la vie humaine. Le Seigneur, “Berger de toute humanité” ne cesse de nous appeler à revenir vers lui. Lui-même vient à notre rencontre. Il nous rejoint dans l’Eucharistie que nous célébrons en ce dimanche. Il vient nous apporter la lumière de sa présence et la chaleur de son amour.

    Ce don merveilleux que nous recevons du Seigneur, nous ne pouvons pas le garder pour nous. Il nous est donné pour être communiqué à tous ceux et celles qui nous entourent. Prêtres, religieux et laïcs, nous sommes ensemble responsables de cette immense prédication, de cet universel témoignage. Nous avons conscience de nos faiblesses. Nous savons que cette mission dépasse nos possibilités humaines. Mais si le Seigneur nous appelle à lui c’est pour refaire nos forces, nous ressourcer. Il nous envoie vers les foules de notre temps, en particulier les plus petits, ceux et celles qui sont avides de justice et de paix.

    Dans ce monde souvent désemparé et déboussolé, nous sommes tous envoyés pour témoigner de la tendresse de Dieu. En ce jour, nous prions le Seigneur de mettre en nous cette tendresse et cette pitié envers les brebis sans berger d’aujourd’hui.

    Sources : Revues liturgiques Fiches dominicales, Feu Nouveau, Cahiers Prions en Église, Vivre la messe du dimanche 2021, dossiers personnels


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  • Homélie du 15ème dimanche du temps ordinaire

    Abbé Jean Compazieu 

    Mission sans frontières 

     

    Textes bibliques : Lire

    Les textes bibliques de ce dimanche nous présentent des hommes qui ont été appelés et envoyés par le Seigneur. Il est hors de question d’être ses missionnaires sans être appelés par lui. Le message qu’ils doivent proclamer ne vient pas d’eux mais du Seigneur. Un prophète c’est d’abord quelqu’un qui a pour mission de parler de la part de Dieu. 

    Nous avons tout d’abord le témoignage d’Amos ; il vivait au 8ème siècle avant Jésus Christ. C’était un simple agriculteur qui n’avait aucun lien avec les fils de prophète. Lui-même n’était pas fait pour ce métier. Mais un jour, il a été saisi par le Seigneur alors qu’il était derrière son troupeau. Il a été appelé et envoyé par le Seigneur pour dénoncer les magouilles des hommes politiques de son temps. Malgré les menaces, il ne se laisse pas intimider. Dans un langage vigoureux et rugissant, il s’efforce de secouer le monde de son temps. Il prend le parti des pauvres et des laissés pour compte.

    Les injustices dans le monde sont toujours bien présentes. Mais Dieu continue à susciter des prophètes pour crier que le pouvoir de l’argent ça suffit. Ce qui est premier, c’est le respect de la dignité de l’homme, le respect des familles, le droit au logement et à la nourriture. Comme au temps d’Amos, des prophètes sont là pour dénoncer les causes de la misère et de la faim. À travers eux, c’est le Seigneur qui nous appelle à la construction d’un monde plus juste et plus fraternel. Il ne peut supporter de voir ses enfants souffrir des injustices et de l’intolérance.

    Saint Paul a, lui aussi, été “saisi” par le Seigneur pour annoncer l’Évangile. Et aujourd’hui, il rend grâce pour le chemin parcouru. Le projet de Dieu est en train de se réaliser. Des communautés chrétiennes sont nées et se sont développées malgré les persécutions. Saint Paul s’est dépensé sans compter pour la mission mais il reconnaît que Dieu l’a précédé. Sans l’action de l’Esprit Saint, rien n’aurait été possible. C’est pour cette merveille que saint Paul rend grâce. Et nous-mêmes, nous nous unissons à cette prière d’action de grâce. Le Seigneur est toujours là, au cœur de nos fies, toujours présent et agissant.

    L’évangile commence aussi par un envoi en mission. Cet appel nous rejoint en période de vacances. Beaucoup partent pour rechercher l’évasion et le repos. C’est vrai que les vacances sont loin d’être un départ en mission. Et pourtant, nous sommes appelés à être des disciples et des messagers de Jésus, toujours et partout. Il n’y a pas de vacances pour un cœur qui aime. Alors, en vacances ou non, Dieu nous envoie pour être les témoins et les messagers de son amour.

    “Jésus appelle les Douze et pour la première fois, il les envoie deux par deux.” Pourquoi deux par deux ? C’est une manière de rappeler que les commandements de la charité sont deux : l’amour de Dieu et l’amour du prochain. Celui qui n’a pas la charité n’est pas qualifié pour entreprendre un ministère de prédication. Comprenons bien : Jésus nous envoie porter au monde un message d’amour. Nous devons en donner le témoignage par notre amour fraternel. C’est là le premier moyen d’apostolat ; et c’est le plus efficace : “On vous reconnaîtra pour mes amis si vous vous aimez les uns les autres. La mission a besoin du témoignage de foyers unis, de voisinage solidaire et compréhensif et de chrétiens vivant en frères entre eux.

    “Il leur donne pouvoir sur les esprits mauvais…” La mission que Jésus nous confie n’est pas facile. Le tentateur est toujours à l’œuvre ; il ne prend jamais de vacances. Le mal existe autour de nous et en nous. Cela ne doit pas nous décourager : le Seigneur nous demande de rester vigilants. Le meilleur moyen c’est de rester sans cesse relié à lui comme le sarment à la vigne. C’est à ce prix que notre mission portera du fruit. Une fois de plus, le Seigneur se sert de notre faiblesse pour réaliser de grandes choses.

    La suite de l’évangile va dans le même sens : Jésus demande à ses envoyés de ne rien emporter pour la route si ce n’est un bâton, de n’avoir ni pain, ni sac, ni pièce de monnaie. La mission qui nous est confiée n’est pas notre affaire personnelle mais la sienne. Nous ne devons rien emporter de nous ni compter sur nous. “Ne revêtez pas deux tuniques…” Il ne s’agit pas de la tunique de rechange mais de celle que l’on voudrait mettre par-dessus l’autre dans un souci d’adaptation au monde. Nous ne sommes pas envoyés pour dire ce qui plaît au monde mais pour annoncer le message de l’Évangile. L’important c’est de nous rappeler que nous sommes baptisés en Christ et plongés dans son amour. De ce fait, nous avons revêtu le Christ. (Ga 3, 27)

    Nous sommes tous appelés et envoyés comme messagers de l’Évangile. Mais si nous voulons être crédibles, il importe que notre vie soit en cohérence avec nos paroles. La véritable conversion doit commencer par nous-mêmes. Alors oui, demandons au Seigneur de nous ramener à l’essentiel : qu’il nous libère de tout ce qui nous encombre ; que la force de sa Parole et le souffle de son Esprit nous rendent disponibles pour être les témoins et les messagers de son message d’amour et de réconciliation.

    Télécharger : 15ème dimanche du Temps ordinaire

    Sources : Revues liturgiques Feu Nouveau, Fiches dominicales, Cahiers prions en Église, Enseignement de Claire Patier (vidéo)

    source https://dimancheprochain.org/

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  • Homélie du 14ème dimanche du temps ordinaire

    Abbé Jean Compazieu

    Envoyé comme prophète…
    Confiance, ma grâce te suffit
     

     

    Textes bibliques : lire
     
    Les textes bibliques de ce dimanche nous parlent de ces hommes qui ont entendu l’appel de Dieu. Nous avons tout d’abord le témoignage du prophète Ézéchiel ; il est envoyé vers un peuple rebelle qui s’est révolté contre Dieu. Il sait qu’il ne sera pas écouté car il sera affronté à l’endurcissement des cœurs. Mais rien ne doit l’arrêter : qu’on l’écoute ou qu’on ne l’écoute pas, il faut que la parole de Dieu soit proclamée. Nous pensons à la petite Bernadette de Lourdes qui disait : « Je ne suis pas chargée de vous faire croire mais de vous dire. » C’est ainsi que Dieu appelle des petits pour nous transmettre les messages les plus importants. Il nous offre de nous convertir et de retrouver l’amitié perdue.

     

    Dans la deuxième lettre aux Corinthiens, nous avons le témoignage de l’apôtre Paul. Il nous décrit les vraies conditions de son apostolat ; il a reçu des révélations extraordinaires, mais il est accablé de difficultés et d’humiliations : insultes, faiblesses, contraintes, persécutions, situations angoissantes. Il est également affronté à de graves problèmes de santé. Il a demandé au Seigneur de l’en libérer. Mais le Seigneur lui a répondu : « Ma grâce te suffit ». Paul découvre que Dieu agit dans sa faiblesse à lui. L’apôtre n’est pas seul dans sa mission. Le principal travail, c’est Dieu qui le fait dans le cœur ce ceux qu’il met sur la route de l’apôtre.

    Dans l’Évangile, nous retrouvons Jésus à Nazareth. Sa prédiction aurait pu être un succès. Partout en Galilée, tout le monde se réjouit de ses paroles et de ses miracles. Mais les gens de Nazareth ne voient en lui que le charpentier du village. Ce qu’on lui reproche, c’est de dire la parole de Dieu sans être qualifié pour cela ; il n’a pas fait d’étude de rabbin ; il est un simple laïc.

    Voilà donc le Christ empêché d’être reconnu comme Messie : « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu… » nous n’avons pas à les juger ; nous sommes souvent rebelles quand on vient nous parler de la part de Dieu. Mais rien ni personne ne peut arrêter l’annonce de la bonne nouvelle. Devant ce refus, Jésus est parti vers les villages voisins. Les missionnaires de l’Évangile n’ont pas à âtre découragés si on refuse de les accueillir ; comme Jésus, ils doivent partir annoncer l’Évangile car tous doivent l’entendre.

    Le problème des auditeurs de Jésus, c’est qu’ils étaient enfermés dans leurs certitudes et leurs traditions. C’est souvent vrai pour nous aussi ; nous pensons savoir beaucoup de choses sur Dieu. Mais ce que nous pouvons en dire sera toujours insignifiant par rapport à ce qu’il est réellement. Nous n’aurons jamais fini de nous poser la question : qui est Jésus pour nous ? Cette question, nous la retrouvons tout au long de l’Évangile de saint Marc. Et la réponse nous sera donnée par un centurion païen au pied de la croix : « Vraiment cet homme était le Fils de Dieu. »

    Comme le prophète et comme Paul, nous avons conscience de nos pauvretés et de nos faiblesses. Mais le Seigneur compte sur nous pour être ses porte-paroles. Le baptême fait de nous un peuple de prophètes, marqués par l’Esprit Saint, appelés et envoyés. Dieu connaît les circonstances de la mission. Il sait mieux que nous ce qui risque d’être pesant et de nous décourager. A ceux qu’il a appelés, il a promis sa présence et son assistance.

    Bien sûr, comme tous les prophètes d’autrefois, nous risquons nous aussi de connaître des difficultés. Nous sommes affrontés à l’incroyance, la mal croyance et l’indifférence. Dans le monde entier, de très nombreux chrétiens sont persécutés et mis à mort. Et à l’intérieur même de l’Église, nous assistons à des contre-témoignages qui font mal. Cette Église de Jésus Christ reste un peuple de pécheurs. Nous pouvons être tentés de la critiquer, de dire ce que nous pensons. Mais un enfant ne peut rompre le lien vital qui l’unit à sa mère.

    Notre attachement au Christ doit être plus fort que la tentation de la rupture. Dieu ne choisit pas es envoyés parmi les meilleurs mais bien souvent parmi les pauvres, parmi les pécheurs. N’oublions pas que les grands témoins de la foi sont des pécheurs pardonnés. Pensons à Pierre qui avait renié le Christ car il avait peur. Mais en accueillant le pardon du Christ, il a reçu de lui la mission d’être le berger de son peuple.

    En célébrant cette Eucharistie, rendons grâce pour la confiance que Dieu nous fait en nous associant à sa mission. Disciples-missionnaires, levons les yeux pour remettre entre ses mains nos fragilités. Que s’accomplisse pour nous aujourd’hui sa parole : « Ma grâce te suffit ».

    Télécharger :  14ème dimanche du temps ordinaire

    Présentation des lectures et prière universelle

    Saint Pierre et Saint Paul

    Sources : Revues liturgiques Fiches Dominicales et Feu Nouveau, missel du dimanche 2021…

    source  https://dimancheprochain.org/

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