• 5ème dimanche du Carême

    Abbé Jean Compazieu | 2 avril 2011


    Le Dieu des vivants


    Textes bibliques : Lire


    « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ». Voilà une parole qui sonne comme un reproche. Elle ressemble beaucoup à d’autres que l’on retrouve dans la Bible, en particulier dans certains psaumes ; on y reproche à Dieu son silence et son absence. Faire des reproches à Dieu, cela ne nous paraît pas correct. Dans ce cas, nous oublions que notre Dieu c’est celui à qui on peut tout dire, même des paroles de reproches et d’incompréhension. Nous vivons dans un monde qui souffre de toutes sortes de bouleversements et de catastrophes dramatiques. Et nous nous posons la question : « où est-t-il notre Dieu ? que fait-t-il ? 

    Ce cri de révolte c’est déjà une prière. Notre Dieu c’est quelqu’un vers qui nous pouvons crier notre souffrance. Il n’est pas un Dieu lointain et absent auquel on cache certaines choses. Nous pouvons toujours lui dire les peurs et les interrogations qui nous tracassent. Quand tout va mal, nous pouvons toujours nous adresser à lui ; et si nous ne savons pas prier, nous pouvons toujours « crier » vers le Seigneur. La liturgie de ce dimanche nous propose le psaume 129 : « Des profondeurs, je crie vers toi, Seigneur, Seigneur écoute mon appel ; que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière.

    Aujourd’hui, nous voyons Marthe et Marie reprocher à Jésus de ne pas avoir été là pour empêcher la mort de leur frère Lazare. Et pourtant, il avait été averti depuis plusieurs jours de la mort de son ami. Arrivé devant le tombeau, Jésus est bouleversé d’une émotion profonde. Comme nous, il ressent douloureusement la mort d’un ami ou d’un parent. Mais à travers Lazare, c’est aussi la détresse de toute l’humanité qu’il voit, celle du Japon, du Moyen Orient mais aussi celle de tous ces hommes, femmes et enfants qui se trouvent enfoncés dans la misère et qui n’ont plus le minimum pour survivre. En ce jour, nous nous tournons vers lui et nous lui demandons qu’il nous donne un cœur semblable au sien, sensible à la peine des autres


    Si nous voulons comprendre quelque chose à cet évangile, il nous faut prendre en compte toutes nos interrogations face à la souffrance et à la mort. Nous sommes peut-être trop habitués à entendre cet évangile. Nous l’avons entendu des centaines de fois, en particulier lors des célébrations de sépultures. Nous connaissons la fin de l’histoire. Nous savons que Jésus va faire quelque chose et tout va rentrer dans l’ordre. Lazare sera « relevé » ; il pourra reprendre ses occupations, retrouver ses sœurs, ses amis. Mais un jour, il connaîtra de nouveau la mort.


    L’évangile de ce dimanche ne nous présente pas ce geste de Jésus comme un miracle mais comme un signe. Au-delà du relèvement de Lazare, il nous parle de nous ; le message qu’il nous adresse est un message d’espérance. En lui, c’est le Dieu des vivants qui se révèle au monde. Ce matin, il nous a convoqués pour entendre son appel : « Lazare, viens dehors ! » Aujourd’hui, c’est aussi à chacun de nous qu’il s’adresse : « Viens dehors ! » Il nous appelle tous par notre prénom pour nous renouveler cet appel : Viens dehors… Je te libère de tes bandelettes… je te fais respirer un air nouveau… Ce n’est plus l’air des tombeaux et des cadavres, mais un air pur, celui où vivent les hommes.


    Cette promesse d’une vie nouvelle, ce n’est pas seulement pour après notre mort mais pour aujourd’hui. C’est aujourd’hui que Lazare est réveillé et qu’il va reprendre vie avec les autres. Mais le Seigneur compte sur nous pour enlever la pierre. Cette pierre, c’est celle de notre égoïsme et de tout ce qui nous ferme à Dieu et aux autres. Le Christ compte sur nous pour participer à cette œuvre de libération. Nous pensons à tous ceux qui sont opprimés, sans travail, affamés ou malades. Nous croyons que le Seigneur peut ouvrir ces tombeaux-là. Mais nous savons aussi que sa parole et son action passent par nos engagements.


    C’est pour répondre à cet appel qu’à la demande du pape, les évêques de France ont créé le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement. Depuis 50 ans, le CCFD-Terre solidaire poursuit sa mission pour donner aux plus pauvres les moyens de sortir de la misère. Il participe ainsi à la construction d’une société plus juste et plus solidaire. Dans des pays ruinés par la guerre, les catastrophes, les famines et la pauvreté, des hommes veulent reconstruire la paix et la réconciliation. Ils veulent réapprendre à vivre ensemble. Ils veulent réaliser des actions qui les aident à sortir de leur situation de misère. A travers notre geste de partage, nous voulons participer à l’œuvre du Christ qui est venu pour que « tous les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. »

    Le même Seigneur est toujours là. Il veut nous remettre debout chaque jour. Il vient faire sauter toutes nos bandelettes, celles de la peur, du désespoir et de la discorde. Il est le Dieu libérateur. Avec lui, nous sommes entrés dans l’ère de la résurrection. Désormais, tout redevient possible car il nous fait partager sa vie. C’est pour cela qu’il se donne à nous dans l’Eucharistie.


    C’est vrai, Seigneur, tu ne laisses pas mourir en nous la vie que tu nous offres. A l’appel de ton Fils, fais-nous sortir des tombeaux où tu enfermes nos péchés. Rends-nous la lumière éclatante, toi Dieu vivant pour les siècles des siècles. Amen

    D’après diverses sources

    Source http://dimancheprochain.org


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  • 4ème dimanche du Carême

    Abbé Jean Compazieu


    Ouvre mes yeux, Seigneur…


    aveugle--Jesus.jpgTextes bibliques : Lire


    « Jésus vit sur son passage un homme qui était aveugle de naissance. » En le voyant, ses disciples ne peuvent s’empêcher de se poser des questions et d’interpeller Jésus : « Qui a péché pour qu’il soit né ainsi, lui ou ses parents ? » Cette question est souvent la nôtre aussi : D’où viennent les souffrances, les maladies, les catastrophes de plus en plus fréquentes qui accablent tant de personnes aujourd’hui ? Est-ce une punition de Dieu pour nos péchés ? Et aujourd’hui, Jésus nous apporte la réponse : non, ces malheurs ne viennent pas de Dieu. Il ne faut pas le voir comme un juge irrité qui voudrait nous punir de nos péchés. Dieu est un Père qui aime chacun de ses enfants. Et tout au long des Evangiles, nous découvrons en Jésus l’Envoyé du Père qui est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. 


    Cet aveugle sur la route, c’est toute l’humanité. Elle est plongée dans les ténèbres de l’ignorance religieuse et du péché. Jésus a vu toute cette détresse. Et il continue à venir pour nous apporter la véritable libération. Ils sont nombreux ceux et celles qui s’égarent sur des chemins de perdition. Beaucoup sont aveuglés par leurs certitudes. Ils se détournent du vrai Dieu pour s’attacher à l’argent, aux richesses et aux petits bonheurs qui ne peuvent vraiment les combler. C’est de cet aveuglement que Jésus veut nous guérir. Nous avons peut-être lu ou entendu des témoignages de personnes qui ont eu le bonheur de rencontrer le Christ. Toutes sont unanimes pour dire : « Il a changé ma vie. »

    Dans l’Evangile de ce jour, c’est Jésus qui vient à la rencontre de l’homme aveugle. Et nous le voyons accomplir un geste surprenant. Il crache sur le sol et avec la salive, il fait de la boue qu’il applique sur les yeux de l’aveugle. Non, ce n’est pas le remède miracle. Ce geste a une signification bien précise. Il nous renvoie au récit de la création dans le livre de la Genèse quand Dieu a façonné l’être humain avec la poussière du sol (Gn 2. 7) En Jésus, une création nouvelle s’accomplit. Par lui, c’est un homme nouveau qui est en train de naître. Voilà une bonne nouvelle qui doit nous remplir de joie et d’espérance. Le Christ vient nous donner un regard neuf capable de « voir » Dieu.


    Pour mieux comprendre toute la portée du geste de Jésus, il nous faut revenir sur cette boue sur les yeux. Elle nous rappelle celle du péché qui déforme notre regard. Ce péché c’est celui qui nous empêche de voir Dieu comme un père et de regarder nos semblables comme des frères aimés de Dieu. Cette boue embrouille également le regard que nous portons sur nous-mêmes. Mais le Seigneur est là. Il ne demande qu’à nous rejoindre pour nous ouvrir à la lumière de la foi. Il ne cesse de nous tendre la main pour nous sortir du bourbier de nos péchés, de nos faiblesses et de nos mensonges. Saint Paul nous le dit à la manière : « Là où le péché a abondé, l’amour a surabondé » (Rm 5. 20)


    Cette guérison de l’homme aveugle est un véritable bouleversement dans sa vie mais aussi dans celle des témoins de cet événement. Il doit s’expliquer sur ce qui s’est passé : « Il m’a mis de la boue, je me suis lavé et maintenant je vois. » Cet homme guéri a été affronté aux incrédules, à ses parents qui ne veulent pas se compromettre, aux autorités religieuses qui l’injurient et l’expulsent hors du temple. Les chrétiens d’aujourd’hui qui veulent témoigner de leur foi sont également affrontés à toutes sortes d’oppositions. Les pharisiens d’autrefois sont toujours bien présents. Ce pharisien c’est celui qui juge et condamne l’autre, celui qui l’enfonce dans son passé et sa mauvaise réputation. En agissant ainsi, nous faisons obstacle au projet du Christ qui continue à vouloir chercher et sauver ceux qui étaient perdus.


    Comme l’aveugle guéri, nous sommes tous appelés à faire un chemin de foi. Le Christ ouvre nos yeux pour que nous croyions. Il est venu enlever de notre regard intérieur ce qui le souille, nous rendre la vue pour apercevoir les merveilles de Dieu. Il veut nous rendre forts dans ce monde marqué par l’incroyance, l’indifférence et même les persécutions et les moqueries. Rien ne doit nous empêcher de rendre compte de l’espérance qui est en nous. Notre Dieu est plein d’amour pour tous. Il est celui qui s’approche de l’homme, des plus petits, des plus délaissés. Alors oui, laissons-nous éclairer par celui qui nous dit : « Je suis la Lumière du monde. »


    Cet Evangile nous apporte un éclairage nous apporte un éclairage nouveau sur ce que doit être le Carême. Ce n’est pas d’abord un temps de privation mais un temps pour accueillir la Lumière qui vient de Jésus. Il est venu pour que les aveugles retrouvent la vue. Il nous attend pour raviver notre foi et guider nos pas sur nos routes humaines. Au cours de cette Eucharistie, nous le supplions : « Seigneur, ouvre nos yeux pour que nous te reconnaissions à la fraction du pain.


    D’après diverses sources

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  • 3ème dimanche du Carême

    Abbé Jean Compazieu

    Puiser à la Source


    puisez-a-la-souce.jpgTextes bibliques : Lire


    Cette rencontre entre Jésus et la Samaritaine aurait pu ne pas avoir lieu. Théoriquement, Jésus n’aurait pas dû traverser la Samarie. Les juifs pieux évitaient cette région à cause d’une rivalité ancestrale d’ailleurs largement partagée Quant à la Samaritaine, elle n’aurait pas dû venir puiser à l’heure la plus chaude de la journée. L’approvisionnement en eau se faisait le matin ou le soir. Et pourtant, ce qui a amené Jésus et cette femme à se rencontrer c’est leurs « soifs » respectives ; pour Jésus, c’est la soif de « chercher et sauver ce qui était perdu. Pour la samaritaine, c’est la soif matérielle ; mais pour elle, le fait de venir puiser cette eau devient pour elle le reflet d’une recherche intérieure d’amour et de vérité. 


    Tout commence par un dialogue de sourds. On n’est pas sur la même longueur d’ondes. C’est Jésus qui prend l’initiative en osant demander à boire. Selon la loi juive, il n’aurait jamais dû entrer en contact avec cette étrangère Même les récipients sont impurs. Mais à travers cette rencontre, nous découvrons que le Messie n’est pas venu seulement pour le Peuple Juif. Il est venu appeler au Salut tous les hommes, y compris les païens. Tout au long de la Bible, nous découvrons un Dieu qui vient à la rencontre des hommes et qui fait sans cesse le premier pas vers eux. C’est ce qui se passe avec cette femme de Samarie. Et  c’est vrai aussi pour chacun de nous. Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu. C’est lui qui nous a aimés le premier pas. Notre amour ne peut être qu’une réponse au sien.


    Voilà donc Jésus qui essaie d’expliquer à cette femme que la vraie soif n’est pas celle qu’elle croit. Il la pousse dans ses retranchements : « Va, appelle ton mari et reviens. » A travers cet appel, il descend dans le puits trouble de la conscience de cette femme qui, avec ses cinq maris, se contente de  l’eau sale. Jésus fait remonter à la surface l’écume du péché pour l’enlever. Il  veut éveiller en elle une autre soif, la soif de Dieu. Cette transformation pourrait tout changer jusque dans sa manière de croire et de prier.


    L’évangile nous parle aussi des cinq maris de cette femme. En fait, c’est une situation irréelle dans un milieu qui ne tolérait que trois mariages successifs. Mais, ici, le mot mari est symbolique. Il désigne les cinq divinités païennes des Samaritains (2 Rois 17. 25-34) Le mari que la femme a maintenant n’est pas le vrai Dieu. C’est pour nous l’occasion de nous laisser interroger sur les faux dieux vers lesquels nous nous tournons ; ces divinités s’appellent confort, pouvoir, réputation, désir de paraître, individualisme, argent. Le Carême nous donne l’occasion de nous arrêter au bord du puits. C’est là que Jésus veut nous rejoindre pour creuser en nous une soif nouvelle. « Ne fermons pas notre cœur comme au désert ! » Accueillons la bonne nouvelle que le Christ sauveur est venue apporter au monde.


    La symbolique du puits, c’est quelque chose de très fort. Dans notre monde occidental, on l’a beaucoup perdue car l’eau arrive par des canalisations jusque dans les maisons. Mais dans les textes bibliques, le puits est une image très forte ; il symbolise les commandements de Dieu. L’eau c’est la vie de Dieu à laquelle on s’abreuve. Aujourd’hui, Jésus se présente comme l’eau vive qui donne la vie. C’est auprès de lui que nous sommes tous appelés à nous désaltérer, même les plus grands pécheurs. Cette eau qui donne vie, c’est aussi celle qui purifie. Quand le vêtement de notre baptême est sale, c’est l’eau de Jésus qui le lave. Notre marche chrétienne est souvent fatiguée par les doutes, les échecs, les aspirations non satisfaites. On croit trouver le bonheur dans les objets de consommation, mais au bout du compte, on est déçu.


    Alors, comme la Samaritaine, nous sommes invités à venir au puits et à nous asseoir près de Jésus qui nous attend. C’est cette démarche que nous faisons chaque fois que nous allons rencontrer un prêtre pour le sacrement du pardon. Et bien sûr, cette rencontre personnelle avec le Christ se fait dans la prière, la méditation des textes bibliques et surtout l’Eucharistie. Le Carême est un temps favorable pour nous désaltérer auprès du Christ et puiser à la Source de la vraie Vie.


    Quand on a rencontré le Christ, ça change tout dans la vie. C’est ce qui s’est passé pour la Samaritaine. Elle a abandonné sa cruche car elle dispose d’une source intérieure. Elle revient à la ville pour dire aux gens de son peuple : « venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ; ne serait-ce pas le Messie ? » Son témoignage a été primordial. Mais ce qui a amené les samaritains à croire c’est l’action de Dieu dans leur cœur. Il en est de même aujourd’hui. Nous sommes envoyés pour témoigner de la bonne nouvelle. Mais l’Esprit de Dieu nous précède auprès de ceux qu’il met sur notre route. Avec la Samaritaine et des millions de croyants à travers le monde, nous proclamons : « Nous savons que Jésus est vraiment le Sauveur du monde.


    Ce matin, Seigneur, tu nous as convoqués pour puiser et recevoir à pleines mains l’eau vive, l’eau qui comble toutes les soifs. Tu viens « demeurer » en nous. Donne-nous d’être, comme la Samaritaine, des messagers de ton amour. Amen


    D’après diverses sources

    Source http://dimancheprochain.org/

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  • 25 mars : Fête de l’Annonciation

    Abbé Jean Compazieu

    Texte biblique : Lire


    annonciationCe récit de l’Annonciation, nous le connaissons bien. C’est l’instant divin qui bouleversa l’humanité : L’ange Gabriel se rendit chez Marie pour lui annoncer qu’elle avait été choisie pour être la mère de son Fils. Marie répond librement : « Je suis la servante de Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole. »


    Nous aussi nous sommes tous choisis par Dieu pour incarner sa bonté, sa tendresse, sa justice. Il a besoin de nos mains pour continuer les siennes. Il a besoin de nos lèvres pour prononcer ses paroles. L’Esprit Saint nous inspire. Il a besoin de nos yeux pour voir la souffrance humaine et la soulager. Quelle que soit la question qu’il nous pose, il nous invite à lui dire « oui ». A l’instant où nous disons oui, l’amour surgit comme un ras de marée emportant tout sur son passage. C’est une aventure magnifique qui commence. Il n’y a pas de plus grand honneur que d’être les serviteurs de l’amour.


    Acceptions-nous la venue du Christ en nous et dans notre vie ? De notre oui dépendra notre futur éternel et la subite transformation de notre esprit et notre quotidien. Porter Dieu en soi et l’offrir au monde a pour conséquence une joie que nul ne peut nous ôter.


    Comme la Vierge Marie, Quel que soit notre âge et notre état de santé, Dieu nous confie une mission. Il a besoin de nous et de notre accord. Ne craignons pas : Cette mission est tournée vers le bonheur, le nôtre et celui des hommes. Vivre sous le regard de Dieu c’est savoir que l’on avance avec Jésus et Marie sur un chemin grandiose. Ce chemin nous conduit là où ils sont déjà, dans le ciel de bonheur et de gloire. C’est là qu’ils nous attendent…


    Le Carême est là pour nous apprendre à dire le « oui » de Marie ; il est celui de notre baptême. Et en même temps, nous devons continuellement nous l’approprier, le développer, le faire pénétrer dans tous les recoins de notre existence. Marie a accompagné Jésus jusqu’au bout de son chemin terrestre. Soyons sûrs qu’elle nous portera jusqu’au bout de notre effort.

     

    Prière de St Bernard
    MARIE
    Que son nom ne quitte pas tes lèvres, qu’il ne quitte pas ton coeur.
    En suivant Marie, on ne dévie pas, on ne désespère pas ;
    Si elle te protège, tu ne craindras pas ;
    Si elle te guide, tu ne connaîtras pas la fatigue.
    Si elle est avec toi, tu es sûr d’arriver au but.
    Et quand les vents de la tempête se lèvent, regarde l’Étoile qui s’appelle MARIE.


    Source http://dimancheprochain.org

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  • Saint Joseph (19 mars)

    Abbé Jean Compazieu

    Saint Joseph 

    st-joseph.jpg Textes bibliques : Lire


    Dans nos églises, on trouve beaucoup de tableaux ou des vitraux qui évoquent « l’annonce faite à Marie ». On y voit l’ange Gabriel qui rend visite à Marie et la réponse de cette dernière. Mais nous ne trouvons rien sur « l’annonce faite à Joseph », rien sur ces choses surprenantes qui lui ont été révélées. Les évangiles ne nous rapportent aucune parole de cet homme. Et pourtant, le récit que nous venons d’entendre nous en dit bien plus que nous ne pouvons l’imaginer. Il nous apprend à ECOUTER. C’est une attitude absolument essentielle. Joseph peut nous servir d’exemple et nous y entraîner.


    L’Evangile nous dit que l’Ange du Seigneur lui apparaît « en songe ». C’est souvent que, dans la Bible, on évoque le songe. Dans le langage biblique, cela n’a rien à voir avec un rêve. C’est une façon imagée de rendre compte d’une aventure intérieure où quelque chose d’essentiel est engagé. Dire que l’ange du Seigneur lui apparaît en songe, c’est une manière de dire que le Seigneur lui a parlé au cœur. Ce que Joseph a entendu c’est un appel à prendre chez lui Marie son épouse : « L’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint. »


    Tout cela n’allait pas de soi. Imaginons un peu Joseph complètement brisé et tourmenté par ce qui lui arrive. Ce qui allait de soi, c’était de répudier Marie. C’était conforme à la loi de Moïse et à la tradition. Mais la Parole de Dieu a été plus forte que ses réticences. Il a eu le courage de changer de projet de se faire le serviteur d’un mystère qu’il ne comprend pas.


    Joseph est un homme de silence, un homme capable d’écouter Dieu lui parler et capable de changer sa vie à la lumière de la parole qu’il a entendue. Il découvre que cet enfant vient d’ailleurs. Il n’est pas de lui, ni d’un autre, ni même de Marie. Il est l’Envoyé de Celui qui est le « Tout Autre ». C’est ainsi que Joseph est introduit peu à peu dans la Lumière d’un immense mystère qui devra un jour être proclamé à toute la Création.


    Voilà une leçon absolument essentielle pour nous chrétiens de 2010. Nous vivons dans un monde bruyant et agité. Aujourd’hui, Joseph nous apprend à ECOUTER ce qui se passe en nous, à faire le point, à prendre du recul pour accueillir une parole qui vient d’ailleurs. C’est parfois difficile car bien souvent nous avons tendance à trop parler, la plupart du temps pour ne rien dire. Nous ne pourrons entendre le Seigneur parler à notre cœur que si nous prenons des moments de silence et de recueillement.


    Prendre le temps de se taire pour faire silence et pour écouter, c’est absolument essentiel si l’on veut rester un homme. Car c’est dans le silence que Dieu parle à notre cœur par l’Esprit Saint. En d’autres circonstances, on nous a dit que la vie chrétienne ne peut se concevoir sans un engagement résolu contre la misère, l’injustice et la violence qui dégradent l’homme et défigurent le projet d’amour de Dieu sur l’humanité. Aujourd’hui, nous découvrons que nous ne pouvons pas être chrétiens sans un engagement déterminé pour retrouver le chemin du cœur.


    En cette période de Carême, nous découvrons que préparer Pâques, c’est d’abord prendre du temps pour le silence, la prière, la lecture de l’évangile. Comme Joseph, nous écoutons une parole et nous apprenons à nous rendre dociles à ce que Dieu nous suggère. Comme lui, nous sommes invités à nous faire les serviteurs d’un mystère qui nous dépasse. Tout l’Evangile nous dit que le Seigneur nous conduit sur des chemins que nous n’avions pas prévus. Mais les Paroles qu’il nous adresse sont celles de la Vie Eternelle.


    D’après diverses sources

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  • 2ème dimanche du Carême

    Abbé Jean Compazieu

    La Transfiguration de Jésus


    transfiguration.jpgTextes bibliques : Lire


    Les lectures de ce dimanche nous aident à mieux comprendre ce qu’est réellement le Carême. Ce n’est pas d’abord un temps de privation ou de mortification. La couleur violette qui est un signe de pénitence ne doit pas nous induire en erreur. Et même si certaines étapes nous semblent austères, il nous faut d’abord voir l’objectif vers lequel nous allons. Les textes bibliques nous montrent des gens qui se sont mis en chemin. Nous avons le témoignage d’Abraham, puis de Timothée, enfin celui des disciples avec Jésus.


    La première lecture nous présente l’exemple d’Abraham qui a entendu l’appel du Seigneur : « Quitte ton pays, la Maison de ton Père, et va vers le pays que je te montrerai. » Abraham a répondu à cet appel. Il s’est mis en route. Il a fait confiance à la Parole de Dieu. Contrairement à Adam à Adam qui a douté et désobéi, il est devenu l’homme de la foi et de l’obéissance. Adam avait fait entrer le mal dans le cœur de l’homme. Il avait attiré la malédiction divine. A partir d’Abraham, l’humanité est invitée à entrer dans l’espérance. Ce témoignage nous éclaire sur ce que doit être le Carême. Comme Abraham, le Seigneur nous appelle à sortir de notre petite vie tranquille pour le suivre sur des chemins que nous n’avions pas prévus. Nous sommes en marche vers Pâques, vers la victoire de Jésus sur la mort et le péché. Cette victoire n’est possible que dans la foi.


    La lettre de l’apôtre Paul à Timothée va dans le même sens. Timothée est un responsable de la communauté d’Ephèse. C’est un timide et il souffre de la situation que vit sa communauté. Paul vient lui rappeler que sa prédication ne doit pas se laisser influencer par les doctrines qui sont au goût du jour. L’évangile n’a pas à être falsifié. Timothée a été appelé par pure grâce de Dieu. Paul l’exhorte à « réveiller la grâce de Dieu. » La mission des communautés, notre mission à tous, c’est d’annoncer l’évangile du Christ ressuscité. C’est un immense bonheur qui permet d’affronter les difficultés rencontrées lors du témoignage. Il est hors de question de se décourager ; le carême c’est le temps de la persévérance.


    L’évangile nous rapporte le récit de la Transfiguration selon saint Matthieu. C’est comme un phare lumineux qui nous montre le point d’arrivée de notre vie humaine et chrétienne. Jésus mène ses trois apôtres, Pierre, Jacques et Jean, vers une haute montagne. Dans le monde de la Bible, la montagne c’est le lieu de la présence de Dieu. C’est là qu’il s’est manifesté à Moïse, puis plus tard à Elie. Et c’est là aussi que Jésus laisse entrevoir à ses disciples la beauté de sa divinité. Un jour, lui-même avait dit : « Je suis la Lumière du monde ». Sur la montagne, il laisse transparaître un peu de cette lumière qui est en lui. C’est un moment de grâce comme il s’en produit peu dans une vie.


    Pierre voudrait prolonger cet instant de bonheur et s’y installer. Mais la voix du Père vient rappeler les disciples à la réalité : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis tout mon amour, écoutez-le. » Cette voix donne l’explication de la grande lumière qui enveloppe Jésus. Aujourd’hui, ils voient son visage transfiguré. Plus tard, au Jardin des Oliviers, ils le verront défiguré. Le Messie qu’il nous faut écouter est un Messie souffrant et crucifié. A travers cet événement de la Transfiguration, Jésus dévoile pour ses disciples et pour nous le but de son voyage sauveur. Cette lumière mystérieuse est une fenêtre ouverte sur la résurrection et la vie auprès du Père. Même quand tout va mal, nous ne devons pas perdre confiance en lui. La mort et le péché n’auront pas le dernier mot.


    La Transfiguration du Christ vient donner tout son sens à notre vie chrétienne. Parfois, nous avons l’impression d’être dans le brouillard. Mais si nous nous tournons vers le Christ, nous découvrons que nous sommes en voie de transfiguration. Nous le savons bien, les personnes qui s’exposent au soleil sont transformées par la lumière. Nous chrétiens, c’est devant le Christ que nous nous exposons ; c’est vers lui que nous regardons. Saint Paul nous dit que notre destin c’est de devenir semblables « à son corps de gloire » (Ph. 3. 21). C’est vrai, nous vivons dans un monde défiguré par la précarité, la violence, les turpitudes et le mépris des personnes. Mais nous savons que nous sommes tirés par l’espérance de la transfiguration finale. Durant ce Carême, nous sommes invités à accueillir les signes de cette espérance et à nous mettre en route à l’appel du Seigneur.


    En ce jour, nous nous rappelons que le Seigneur nous invite chaque dimanche à gravir la montagne et à nous approcher de lui. Nous le prions : Donne-nous de contempler ton visage dans le mystère Eucharistique et de repartir le visage rempli de lumière pour éclairer les détails de notre vie. Aide-nous aussi à te découvrir dans le visage des frères et sœurs que tu mets sur notre route. Amen

    D’après diverses sources

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  • Abbé Jean Compazieu

    1er Dimanche de Carême (13 mars 2011)


    Textes bibliques : Lire


    jesus-au-jardin.jpgDepuis mercredi dernier nous sommes entrés dans le temps du Carême. Ces quarante jours nous sont donnés pour revenir aux sources de notre foi et de notre baptême. Tout au long de cette période, nous sommes invités à nous laisser conduire par l’Esprit, comme Jésus au désert. Comme lui, nous serons affrontés aux épreuves et à la tentation. Mais si nous savons l’accueillir, la Parole de Dieu sera notre force. Le Christ vainqueur de tout mal veut tous nous associer à sa victoire sur la mort et le péché.


    L’évangile de ce dimanche nous parle de trois localisations qui sont des sites bibliques majeurs dans le judaïsme. Ces lieux ne sont pas seulement géographiques. Ils ont une signification symbolique très forte. Ils nous rappellent, chacun à sa manière, comment Dieu s’est révélé à son peuple.


    Tout d’abord, le désert : C’est là que Dieu avait conduit Israël pour le libérer de l’esclavage d’Egypte. Mais le désert, c’est aussi le lieu des privations. Le peuple était prêt à renoncer à sa liberté et à préférer les marmites de nourriture. Il en oublie sa vocation de fils chéri de Dieu. Le désert a été le lieu des murmures incessants contre Dieu et contre Moïse. Jésus a, lui aussi, été tenaillé par la faim. Mais il refuse de céder à la tentation de posséder et de consommer. Il est le Fils Bien-aimé du Père. Il veut lui être fidèle jusqu’au bout. Il répond par un rappel de la Parole de Dieu : « L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». Plus tard, il rappellera aux foules qu’il est lui-même « le Pain de Vie » venu du Père.


    Le désert de nos tentations, nous le connaissons bien. C’est cette tendance à nous investir totalement dans la consommation des biens matériels. On cherche à posséder toujours plus, à n’importe quel prix. Au bout du compte, notre cœur devient aussi dur que la pierre. Il est incapable de s’ouvrir à la Parole de Dieu et de partager avec celui qui a faim. En nous fermant à Dieu, nous devenons imperméables à son amour ; nous renions notre identité de fils et de filles de Dieu. Ce premier dimanche de carême est là pour nous rappeler que nous avons traversé les eaux de baptême pour vivre libres. Il nous invite à revenir au cœur de notre foi et à nous laisser guider par le Christ sur le chemin de la conversion.


    Le deuxième lieu dont nous parle l’évangile c’est le temple. C’était l’endroit privilégié où montait la prière d’Israël. C’est là qu’on avait pris l’habitude de se rassembler pour servir le « Dieu trois fois saint ». Or les prophètes avaient dénoncé le « culte inutile » qui s’y pratiquait : « Ce peuple m’honore des lèvres mais son cœur est loin de moi. » (Is. 29. 13) Au lieu de servir Dieu, on se servait de lui. Jésus refuse ce marchandage. Le Fils Bien-aimé du Père n’utilisera pas le temple en vue de son succès personnel. Sa mission sera au contraire de le « purifier » car il était devenu une « maison de trafic ». Plus tard, il annoncera qu’il est lui-même le vrai Temple de Dieu qui glorifie le Père.


    Nous aussi, nous sommes souvent tenté de nous servir de Dieu et de la religion pour notre propre intérêt. C’est ce qui arrive quand nous comptons sur la bonté de Dieu pour assurer nos ambitions ou suppléer à nos erreurs ou nos folies. C’est aussi quand nous demandons à Dieu tout et n’importe quoi en pensant qu’il nous le doit bien. Mais on ne marchande pas avec lui. Il n’a aucun compte à nous rendre. Il nous aime totalement, gratuitement et sans mérite de notre part. Son amour dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Il attend de nous que nous tendions les mains pour accueillir cet amour dans notre vie et nous laisser transformer par lui.


    Le troisième lieu dont nous parle l’Evangile, c’est la montagne. Elle nous fait penser au Sinaï. C’est là que Dieu avait donné sa loi à Moïse : « Ecoute Israël, c’est moi le Seigneur ton Dieu… Tu n’auras pas d’autre Dieu que moi… Tu ne te prosterneras pas devant eux et tu ne les servira pas. » (Dt 5) Au pied de cette montagne, Israël s’est détourné de son Dieu et a sacrifié au veau d’or ; il s’est prosterné devant lui. Au pied de la haute montagne, Jésus a résisté à la tentation de l’idolâtrie. Le seul que nous devons adorer en esprit et en vérité, c’est Dieu.

    Ce veau d’or devant lequel les hébreux se sont prosternés, ne le retrouvons sous d’autres formes dans le monde d’aujourd’hui. Notre mode se prosterne devant l’argent, le pouvoir, les biens de consommation. Pour les acquérir, il est prêt à toutes les bassesses. Chaque fois que nus nous compromettons de cette manière, nous finissons par nous retrouver seuls, loin de notre liberté baptismale.


    Jésus a repoussé toutes ces tentations par un triple non à Satan et un triple oui au Père. Ce oui, nous le retrouvons tout au long de sa vie terrestre. A sa suite, nous sommes invités à faire le point, à redire le oui de notre baptême et à nous réajuster à cet amour qui est en Dieu. Aujourd’hui et tout au long de ce carême, c’est Jésus qui nous supplie :
    « Changez vos cœur, croyez à le Bonne Nouvelle.
    Changez de vie, croyez que Dieu vous aime. »


    D’après diverses sources

    Source http://dimancheprochain.org

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  • Mercredi des Cendres

    Abbé Jean Compazieu 

    Mercredi des Cendres (9 mars 2011) 

    Textes bibliques : Lire

    eucharistie.jpgEn ce jour du mercredi des Cendres, nous entrons dans le temps du Carême. Avant toute chose, nous devons nous demander ce qu’est le Carême. Si nous cherchons dans le dictionnaire, nous lisons que c’est un temps de pénitence. Il associe ce mot aux expressions « face de carême… visage pale, triste, maussade ». Beaucoup de chrétiens ne voient cette période que sous son aspect négatif. On y parle beaucoup de renoncements et d’efforts (même si on n’en fait aucun). Un jour, j’ai demandé à des enfants s’ils savaient ce qu’est le carême. Quelqu’un m’a répondu : « On ne mange pas de viande. » Un autre a ajouté : « On ne mange pas de bonbons. » L’an dernier, un animateur de radio a cru bon de dire que le Carême est « tombé en désuétude ».


    Et pourtant, ils sont de plus en plus nombreux ceux et celles qui veulent redonner à cette période toute sa valeur. Beaucoup sont abonnés à la « Retraite dans la Ville » sur Internet. D’autres se sont procuré des livrets qui les guideront tout au long de ces quarante jours. Et dans les paroisses, des efforts sont faits pour rendre le carême plus visible. Il ne tient qu’à nous de tout faire pour qu’il ne tombe pas en désuétude. Même si nous sommes très pris par nos diverses occupations, nous ferons tout pour remettre le Seigneur au centre de notre vie. Il compte sur chacun de nous pour donner au monde le témoignage de notre foi, de notre espérance et de notre amour.


    C’est vrai que parmi les pratiques religieuses du carême, l’aumône, le jeûne et la prière tiennent une place de la plus haute importance. Mais si nous jeûnons, ce n’est pas pour le plaisir de nous imposer des mortifications. L’essentiel est ailleurs. Si Jésus nous demande de tout laisser pour le suivre, c’est parce qu’il a beaucoup mieux à nous proposer. C’est un peu comme pour celui qui veut construire une maison. Il prendra soin d’éviter toutes les dépenses inutiles, sinon il n’y arrivera pas. Ce bien supérieur qui nous est proposé, c’est Dieu, c’est son amour, son Royaume. Voilà le vrai but de notre vie. Et il importe que nous nous libérions de tout ce qui pourrait faire obstacle à notre marche à la suite du Christ.


    Si nous jeûnons, c’est aussi pour partager avec ceux qui ont faim. Ils sont de plus en plus nombreux ceux et celles qui ne vivent qu’avec deux ou trois euros par jour, même chez nous en France. Chaque année, le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement nous sensibilise à la situation dramatique de ces populations. Il ne s’agit pas de leur donner de la nourriture ou de l’argent mais de les soutenir et les accompagner dans un projet de reconstruction et de développement. C’est ainsi que nous les aiderons à sortir de la misère. C’est à nos gestes de partage et de solidarité que nous serons reconnus comme disciples du Christ. Rappelons-nous : Tout ce que nous aurons fait au plus petit d’entre les siens, c’est aussi à lui que nous l’aurons fait.


    Ceci dit, l’Evangile nous met en garde contre certaines dérives. L’aumône, la prière et le jeûne, c’est important ; c’est même nécessaire. Mais le Christ nous avertit : « Si vous voulez agir comme des justes, évitez d’agir devant les hommes pour vous faire remarquer. » Nous vivons dans un monde de performance et de compétition. Ce sont les meilleurs qui sont mis en avant. Ils cherchent à obtenir la gloire qui vient des hommes. Cette gloire, ce n’est que du vent. Cela ne sert à rien de courir après les honneurs. L’essentiel est ailleurs. Dieu voit ce que nous faisons dans le secret. Il nous le revaudra. Nos pratiques religieuses doivent refléter une sincérité intérieure. Jésus nous invite à tout faire non pour nous-mêmes ou pour notre image mais seulement pour Dieu. Sincérité, discrétion et humilité nous ouvrent à la grâce surabondante de notre Père qui nous le revaudra.


    Un dernier point : Jésus s’adresse à des disciples réunis autour de lui sur la montagne. Cette montagne c’est le lieu symbolique de la présence de Dieu. C’est là qu’il nous appelle à le rejoindre pour accueillir sa Parole. Tout au long du Carême, nous entendrons des appels à revenir vers lui de tout notre cœur et à accueillir son amour, un amour qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Le Christ ne cesse de nous faire comprendre que nous sommes son seul souci. Alors, ne restons pas à mi-chemin de lui. Tournons-nous vers celui qui veut nous associer à sa victoire sur la mort et le péché. Que cette promesse nourrisse notre espérance et notre amour.

    Oui, Seigneur, donne-nous de savoir désencombrer nos cœurs et nos vies pour être capables de t’accueillir, toi qui n’as jamais cessé de nous aimer. Amen


    D’après diverses sources

    Source http://dimancheprochain.org/

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  • 9ème dimanche du temps ordinaire (6 mars 2011)

    Abbé Jean Compazieu

     

    Construire sur le roc 

    Textes bibliques : Lire


    Bougie rouge Dans l’évangile de ce dimanche, Jésus nous invite à construire sur du solide. C’est absolument nécessaire quand on veut bâtir une maison. Il faut qu’elle soit solidement accrochée au sol, sinon elle risque fort d’être emportée par la tempête. Les médias nous en donnent régulièrement des exemples. Telle ou telle maison qui n’était pas construite dans les normes de sécurité a vu ses murs se lézarder et se dégrader de plus en plus. Aujourd’hui, Jésus part de ce que chacun a pu observer, la maison solide sur le rocher ou la maison fragile sur le sable. Il utilise ces images pour nous transmettre un message de la plus haute importance. Son but, c’est en effet de nous montrer sur quoi nous devons construire notre vie.


    A travers tout cela, le Christ nous fait comprendre que notre vie est un vaste chantier. Nous sommes en continuelle construction. Cet évangile voudrait rejoindre ceux qui veulent construire une vie de couple, une famille, une personnalité intérieure, une vie chrétienne. Sur un chantier, il y a normalement un architecte qui organise des réunions. Les artisans se doivent de tenir compte de ses consignes. Pour nous, chrétiens, c’est Jésus notre chef de chantier. C’est lui que nous sommes invités à écouter. C’est sa Parole que nous devons mettre en pratique. Avec lui, la construction d’une vie, d’un couple, d’une famille, sera vraiment solide. Elle résistera aux tempêtes de la vie. C’est un appel pour chacun de nous à suivre le Christ. Lui seul a les paroles de la Vie Éternelle.


    La Bible en général et les psaumes en particulier donnent au Seigneur le nom de « rocher » : « Il est mon rocher, mon juge, ma citadelle » (psaume 62. 8). Il est Dieu, le rocher où je me réfugie » (Psaume 18. 3). Nous, croyants, nous voulons établir notre vie sur la tendresse et l’action du Seigneur. Sa présence est un gage de solidité. Je pense aux jeunes qui demandent le sacrement de mariage avec une foi plus ou moins affirmée. Ils souhaitent tous construire un foyer qui résistera aux tempêtes de la vie. Confusément, ils sentent que Dieu accompagne leur projet de vie. Et là, ils ont entièrement raison.


    C’est aussi vrai pour chacun de nous. La réussite totale de notre vie dépend de la fermeté de notre attachement au Christ. Un jour, quelqu’un disait : « Avec Dieu, tu construis parasismique ». L’important c’est que nous entendions la Parole de Dieu et que nous la fassions passer dans toute notre vie. Avec lui, nous ne pouvons plus vivre comme avant. La solidité de la construction dépend aussi de nos convictions et valeurs familiales. Fonder son existence sur l’injustice et le mensonge ne peut que conduire à la ruine. La volonté de Dieu c’est que nous participions tous à la construction d’un monde plus juste et plus fraternel et que personne ne soit laissé loin de son amour.


    Il ne suffit donc pas d’avoir de belles paroles. Nous vivons dans un monde qui sait faire de grands discours en tous genres. Mais bien souvent, les actes ne suivent pas. Nous constatons un gros décalage entre les belles promesses et la réalité de la vie de tous les jours. Le monde chrétien n’est pas le dernier à tomber dans ce travers. Il y a souvent incohérence entre ce que nous disons et la manière dont nous vivons ; c’est ce qui se passe quand nous refusons de partager avec celui qui n’a rien, quand nous tolérons une injustice, quand nous nous gardons de la rancune contre tel ou tel qui nous a fait du mal. A travers eux, c’est le Seigneur lui-même qui est rejeté et méprisé. Notre grande tentation c’est de nous évader dans le bavardage. Aujourd’hui il vient nous appeler à mettre toute notre vie en accord avec l’Evangile. Nous n’aurons jamais fini de nous ajuster à cet amour infini qui est en Dieu Père, Fils et Saint Esprit. Le Carême qui commence mercredi prochain va nous le rappeler.


    En Dieu, le « dire » et le « faire » ne font qu’un. Il veut qu’il en soit ainsi chez les hommes. Au jour du jugement nous aurons à répondre des actes de notre vie. Nous devrons déposer le bilan de ce que nous aurons fait après avoir écouté la voix de notre conscience. Nous devons veiller à tout faire pour que nos prières ne soient pas de simples paroles. Il faut qu’elles soient source de force et deviennent action, qu’elles nous rendent plus forts pour travailler à l’œuvre du Seigneur.


    Nous nous tournons vers toi, Seigneur. Nous te demandons de nous donner force et courage pour aimer comme toi et avec toi. Viens éclairer notre humanité. Viens nous faire comprendre qu’en dehors de toi, on bâtit sur le sable. Donne-nous de construire du solide avec Toi. Amen


    (D’après diverses sources)

    Source http://dimancheprochain.org

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  • 8ème dimanche du temps ordinaire 27 février 2011

    Abbé Jean Compazieu


    Dieu et l’argent…


    sermon montagneTextes bibliques : Lire 


    « Vous ne pouvez servir le Dieu Amour et le Dieu Argent ». Les deux sont totalement opposés. Dieu et l’argent, voilà deux maîtres entre lesquels il nous faut choisir. En définitive, c’est Dieu ou moi. Ce « moi », c’est mon petit confort, c’est la recherche de l’argent, le souci de la nourriture et du vêtement. C’est le « moi » qui veut être le seul maître chez lui. C’est lui que j’ai tendance à vouloir servir. Ici, le mot « servir » a un sens religieux. Or, la Bible nous dit inlassablement que le seul que nous pouvons servir c’est Dieu. Nous ne devons pas nous faire des idoles car toute idolâtrie fait de nous des esclaves. L’argent peut devenir une idole. Quand on est obsédé par l’envie d’en gagner toujours plus, on en devient vite esclave. Bientôt, nous n’aurons plus le temps de penser à autre chose. Nous devons nous méfier de ce que nous possédons pour éviter d’être possédés.


    Nous vivons dans un monde de plus en plus régi par la finance. La rentabilité passe avant le souci du bien des personnes. Ce n’est pas l’usage de l’argent que Jésus condamne. Il peut être très utile pour nous procurer ce dont nous avons besoin. Mais il sera toujours un mauvais maître. On ne peut pas se le procurer à n’importe quel prix, surtout pas au prix de la violence. Beaucoup pensent qu’avec beaucoup d’argent, ils seront plus heureux. Notre société ne se gêne pas pour attiser ce désir, jusqu’à la frénésie. Certains problèmes matériels seront peut-être résolus, mais l’argent ne peut à lui seul nous assurer l’avenir ni le vrai bonheur. Les biens de consommation que nous accumulons nous laissent toujours insatisfaits. D’autre part, un jour viendra où il nous faudra tout laisser. C’est bien sûr une allusion à notre mort. Jésus veut simplement nous faire comprendre qu’il ne nous sera plus d’aucune utilité.


    En ce dimanche, le Christ vient nous rappeler que notre avenir est dans les mains de Dieu. Il est notre Père, un Père qui aime chacun de ses enfants et qui veut leur bonheur ; il tient à eux comme à son bien le plus précieux. Il prend soin de toutes les créatures qu’il a faites. Il nourrit les oiseaux du ciel. Il habille les fleurs des champs, mieux que ne l’était Salomon dans toute sa gloire. Pour lui, nous valons bien plus que tous les oiseaux du ciel et l’herbe des champs. Il nous invite à en tirer toutes les conséquences : c’est pour nous un appel à nous en remettre à lui dans une confiance totale.


    Concrètement, nous dit Jésus, cessez de vous prosterner devant votre coffre-fort et de regarder vos billets de banque comme des images pieuses. Ne vous faites pas tant de souci. Votre Père du ciel sait mieux que vous de quoi vous avez besoin. Ce n’est pas une invitation à la paresse ou à l’insouciance. Nous ne sommes ni des oiseaux ni des fleurs. Nous avons un cerveau et des bras pour dominer la terre et l’organiser en vue de notre bien et celui du monde. Mais la grande priorité c’est notre vocation d’être à l’image de Dieu. Jésus nous invite à lui donner la première place dans notre vie, la place du Maître, sans nous occuper de nous. Lui s’en occupera bien mieux que nous.


    Cet appel du Christ, il nous faut sans cesse le réentendre et nous en imprégner. Le danger nous guette de perdre de vue l’essentiel et de nous détourner vers des sentiers qui ne mènent pas à la vraie vie mais vers des impasses. Il y a des visions chatoyantes qui ne sont que des mirages. L’important c’est de chercher d’abord le Royaume de Dieu et sa justice ; c’est de tout faire pour que Dieu règne en moi et qu’il ait vraiment la direction de ma vie. Il ne cesse de nous appeler à nous ajuster à lui sans nous préoccuper de nous. Nous ne devons pas hésiter à nous en remettre à lui pour tout ce qui nous concerne.


    Cette confiance en Dieu n’exclut pas les peines de la vie en particulier celle des fins de mois difficiles. Mais la foi vient nous délivrer du stress, ou du moins, elle permet de le relativiser, de ne pas s’y noyer. Quand le croyant fait cette expérience, il connaît la paix du cœur souvent promise par Jésus. L’homme vaut bien plus que tout l’argent et les richesses qu’il peut posséder. Ce qui fait la valeur d’une vie, c’est l’amour que nous y mettons. C’est là-dessus que nous serons jugés.


    Notre horizon de croyants, c’est le Royaume de Dieu. Dans le quotidien de nous vies, Dieu est le seul qui est digne d’être servi et adoré. « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, faites tout pour la gloire de Dieu » nous dit saint Paul. Quand nous allons faire nos courses sur la marché pour nous nourrir ou nous habiller, ce n’est jamais neutre. Faire le plein du frigo ou de la garde-robe c’est tout à fait légitime, mais c’est secondaire ; c’est tout juste bon à nous libérer le cœur et l’esprit pour que nous soyons attentifs à la vraie priorité, l’amour de Dieu et des frères : « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur  » (Mt 6. 21).


    En ce jour, nous nous tournons vers toi, Seigneur. Quand les soucis nous accablent, donne-nous de mettre en toi toute notre confiance. Apprends-nous à nous libérer de tous nos esclavages et à être des porteurs de ton amour auprès de tous nos frères. Amen

    D’après diverses sources

    Source http://dimancheprochain.org

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