• Vendredi Saint

    Abbé Jean Compazieu

    Vendredi Saint


    Christ Textes bibliques : Lire


    En ce Vendredi Saint, notre regard se porte vers la Croix du Christ. Cette croix symbolise la souffrance de l’homme, notre souffrance. Pour beaucoup, elle s’appelle longue maladie, souffrance, échec, violence, le deuil. Mais la croix du Christ n’est pas une croix comme les autres. Elle est pour tous les hommes et pour chacun absolument UNIQUE. Elle est notre unique espérance parce qu’elle est la victoire de l’amour. En ce Vendredi Saint, nous ne célébrons pas la souffrance ni la mort. Nous célébrons le signe de l’immense amour de Jésus Christ et de Dieu notre Père pour tous les hommes sans exception. Ce n’est pas une croix ignominieuse, c’est une croix glorieuse, c’est la Croix de l’Amour.


    La croix du Christ, signe d’amour et signe de notre salut, reste pour chacun de nous un mystère. Il n’est pas facile de l’accueillir en vérité surtout si nous connaissons la morsure de la souffrance. Quand tout va bien, quand la réussite, le succès et la santé sont au rendez-vous, il est assez facile de chanter la croix victoire de l’amour. Mais quand le Seigneur nous invite à Gethsémani, nous reconnaissons bien vite nos limites. Alors que faire en ce Vendredi Saint ?


    Pour  progresser dans l’intelligence du mystère de la croix, il ne suffit pas d’acclamer la croix ou de la vénérer. Le plus important c’est de prendre modèle sur le Christ : Il n’a pas attendu le Calvaire pour donner sa vie. Il l’a fait jour après jour au hasard des rencontres, chaque fois qu’il s’est mis au service des petits, des malades et des pauvres.

    En ce Vendredi Saint, les uns pour les autres, nous prierons l’Esprit Saint pour qu’il ouvre chacun de nos cœurs à l’intelligence de plus en plus grande de ce mystère d’amour qu’est le mystère de la Croix. Et c’est alors seulement que nous pourrons chanter en toute vérité : « Victoire ! Tu règneras. O croix, tu nous sauveras. »

    source http://dimancheprochain.org


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  • Jeudi Saint

    Abbé Jean Compazieu

    Jeudi Saint


    jeudi saintTextes bibliques : Lire

    Les lectures de ce soir du Jeudi Saint nous décrivent deux repas : celui des Juifs qui faisaient mémoire de la libération d’Egypte, puis celui du Jeudi Saint, au cours duquel Jésus se désignait comme le libérateur définitif. La messe du Jeudi Saint et les célébrations de ces trois jours réinstallent dans le monde la libération. Elles nous rappellent que nous sommes « appelés à la liberté. »

      

    Avec l’Evangile, nous sommes mis en présence du Christ qui lave les pieds de ses disciples. Il se met à nos pieds pour accomplir le geste qui, normalement était confié à l’esclave. A l’heure où nous le lâchons, il nous fait les plus grands cadeaux. L’eau qu’il utilise devient un symbole fort qui nous rappelle le baptême. Nous sommes plongés dans cet océan d’amour qui est en Dieu Père, Fils et Saint Esprit. Nous ne sommes plus appelés serviteurs mais enfants de Dieu.

    Cet évangile nous montre donc un Dieu en tablier. Il est à l’opposé de l’image que, trop souvent, nous nous faisons de lui. Ne lui prêtons pas la volonté de nous dominer. Il n’est pas un dieu souverain mais le Dieu serviteur des hommes, pas un Très-Haut mais le Très-bas. Ce qui aurait été normal, c’est que Jésus se fasse laver les pieds. Or c’est tout le contraire qui se passe. Lui, le Maître et Seigneur, se met à genoux devant ses disciples. Il voulait leur faire comprendre jusqu’où allait son amour. Il voulait leur montrer qu’il les aimait assez pour se mettre à leur service.

    Et Jésus termine en disant : « c’est un exemple que je vous ai donné afin que vous fassiez comme j’ai fait pour vous. » Les disciples n’ont certainement pas compris sur le coup. Ce que Jésus nous demande, et que Pierre a eu du mal à accepter, c’est de nous laisser aimer par lui ; c’est là un premier point. Il nous demande surtout d’aimer comme lui, avec la même radicalité et le même absolu. Le disciple doit lui aussi se mettre en tablier pour servir ses frères. Comme Jésus, nous avons à les rejoindre au plus bas de leur fragilité en les considérant comme supérieurs à nous-mêmes. Bouleversés de voir le Christ en tablier, les disciples peuvent aussi devenir bouleversants.

    Chacun de nous pense à des personnes qui expriment leur foi par le service de leurs frères. Pas seulement Mère Teresa, mais aussi des personnes proches de nous : les éducateurs qui font souvent preuve d’une grande patience, les animateurs d’associations qui donnent beaucoup de leur temps, les soignants qui se dévouent sans bruit auprès des malades. Les exemples ne manquent pas… Toutes ces personnes et bien d’autres nous montrent que le Christ fait passer de la mort à la Vie.

    En ce jeudi saint, nous sommes invités à élargir notre regard à la dimension de celui de Jésus, un regard solidaire de tous ceux qui nous entourent, en particulier ceux qui sont bouleversés par les catastrophes au Japon, les victimes de la haine et de la violence des hommes, les victimes de la précarité et de l’exclusion. L’Eucharistie qui nous rassemble chaque dimanche trouve son accomplissement quand elle est suivie du service du frère. Faire mémoire du Christ c’est aussi le suivre dans ce don qu’il fait de lui-même jusqu’au sacrifice de sa vie car « Il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie.

    Ce soir, nous te prions, Seigneur, pour ton Eglise. Rends-la servante et pauvre. Qu’elle connaisse la joie de tout donner. Amen

      D’après diverses sources

    Source http://dimancheprochain.org


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  • Dimanche des Rameaux et de la Passion

    Abbé Jean Compazieu


    christ-croix.jpgTextes bibliques : Lire


    En ce début de la Semaine Sainte, nous voici parvenus à l’heure de la Pâque du Christ. Il sait que son heure est arrivée. Ce sera pour lui l’heure de la sortie de ce monde et de son retour vers le Père à travers sa mort et sa résurrection. Lui, le Fils de Dieu, a voulu vivre dans la vérité de sa condition humaine : Il a connu la souffrance, l’humiliation, l’angoisse face à la mort : Sur la croix, nous l’avons entendu pousser ce grand cri : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Ces paroles sont tirées du psaume 121 qui se termine par un cri de confiance : « Père, entre tes mains, je remets mon esprit. »


    Dans ce récit de la Passion, nous voyons que c’est librement qu’il se laisse arrêter. Il avait toujours refusé d’être un roi de ce monde. Aujourd’hui, c’est sa dernière montée à Jérusalem ; et il vient lui donner une solennité particulière. C’est un signe qu’il nous adresse. Cette entrée solennelle dans la ville sainte annonce celle de son retour vers le Père, la Jérusalem d’en haut. Il y sera acclamé par tous ceux qu’il sauve et qu’il conduit vers lui. Nous sommes tous appelé à faire partie de cette foule immense qui acclame son Sauveur.


    En ce jour, nous suivons le Christ qui entre dans le drame de sa Passion et de sa mort. Il a besoin de nous pour veiller avec lui, même si c’est une petite heure. Il a besoin de Simon de Cyrenne pour porter toutes les croix de l’humanité souffrante. Il a besoin de centurions pour le reconnaître comme Fils de Dieu. Vivre cette semaine sainte, c’est un engagement de tous les jours et de tous les moments.


    Le récit de la Passion que nous venons d’écouter s’arrête au tombeau bien gardé. Mais la mort n’aura pas le dernier mot. Avec les femmes et les apôtres qui ont vu Jésus ressuscité, nous sommes envoyés pour être les témoins de la vie plus forte que la mort. C’est ainsi que nous sommes appelés à suivre Jésus jusqu’au bout, jusque dans sa mort sur la croix. Alors, n’ayons pas peur de dire à notre monde que la violence, la souffrance et la mort n’auront pas le dernier mot. Nous sommes tous destinés à la Vie.


    Alors oui, nous te prions, Seigneur, accompagne-nous chaque jour à travers les joies et les difficultés de la vie que nous voulons vivre en lien avec toi et nos frères et sœurs pour les siècles des siècles. Amen

    Source http://dimancheprochain.org


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  • 5ème dimanche du Carême

    Abbé Jean Compazieu | 2 avril 2011


    Le Dieu des vivants


    Textes bibliques : Lire


    « Seigneur, si tu avais été là, mon frère ne serait pas mort ». Voilà une parole qui sonne comme un reproche. Elle ressemble beaucoup à d’autres que l’on retrouve dans la Bible, en particulier dans certains psaumes ; on y reproche à Dieu son silence et son absence. Faire des reproches à Dieu, cela ne nous paraît pas correct. Dans ce cas, nous oublions que notre Dieu c’est celui à qui on peut tout dire, même des paroles de reproches et d’incompréhension. Nous vivons dans un monde qui souffre de toutes sortes de bouleversements et de catastrophes dramatiques. Et nous nous posons la question : « où est-t-il notre Dieu ? que fait-t-il ? 

    Ce cri de révolte c’est déjà une prière. Notre Dieu c’est quelqu’un vers qui nous pouvons crier notre souffrance. Il n’est pas un Dieu lointain et absent auquel on cache certaines choses. Nous pouvons toujours lui dire les peurs et les interrogations qui nous tracassent. Quand tout va mal, nous pouvons toujours nous adresser à lui ; et si nous ne savons pas prier, nous pouvons toujours « crier » vers le Seigneur. La liturgie de ce dimanche nous propose le psaume 129 : « Des profondeurs, je crie vers toi, Seigneur, Seigneur écoute mon appel ; que ton oreille se fasse attentive au cri de ma prière.

    Aujourd’hui, nous voyons Marthe et Marie reprocher à Jésus de ne pas avoir été là pour empêcher la mort de leur frère Lazare. Et pourtant, il avait été averti depuis plusieurs jours de la mort de son ami. Arrivé devant le tombeau, Jésus est bouleversé d’une émotion profonde. Comme nous, il ressent douloureusement la mort d’un ami ou d’un parent. Mais à travers Lazare, c’est aussi la détresse de toute l’humanité qu’il voit, celle du Japon, du Moyen Orient mais aussi celle de tous ces hommes, femmes et enfants qui se trouvent enfoncés dans la misère et qui n’ont plus le minimum pour survivre. En ce jour, nous nous tournons vers lui et nous lui demandons qu’il nous donne un cœur semblable au sien, sensible à la peine des autres


    Si nous voulons comprendre quelque chose à cet évangile, il nous faut prendre en compte toutes nos interrogations face à la souffrance et à la mort. Nous sommes peut-être trop habitués à entendre cet évangile. Nous l’avons entendu des centaines de fois, en particulier lors des célébrations de sépultures. Nous connaissons la fin de l’histoire. Nous savons que Jésus va faire quelque chose et tout va rentrer dans l’ordre. Lazare sera « relevé » ; il pourra reprendre ses occupations, retrouver ses sœurs, ses amis. Mais un jour, il connaîtra de nouveau la mort.


    L’évangile de ce dimanche ne nous présente pas ce geste de Jésus comme un miracle mais comme un signe. Au-delà du relèvement de Lazare, il nous parle de nous ; le message qu’il nous adresse est un message d’espérance. En lui, c’est le Dieu des vivants qui se révèle au monde. Ce matin, il nous a convoqués pour entendre son appel : « Lazare, viens dehors ! » Aujourd’hui, c’est aussi à chacun de nous qu’il s’adresse : « Viens dehors ! » Il nous appelle tous par notre prénom pour nous renouveler cet appel : Viens dehors… Je te libère de tes bandelettes… je te fais respirer un air nouveau… Ce n’est plus l’air des tombeaux et des cadavres, mais un air pur, celui où vivent les hommes.


    Cette promesse d’une vie nouvelle, ce n’est pas seulement pour après notre mort mais pour aujourd’hui. C’est aujourd’hui que Lazare est réveillé et qu’il va reprendre vie avec les autres. Mais le Seigneur compte sur nous pour enlever la pierre. Cette pierre, c’est celle de notre égoïsme et de tout ce qui nous ferme à Dieu et aux autres. Le Christ compte sur nous pour participer à cette œuvre de libération. Nous pensons à tous ceux qui sont opprimés, sans travail, affamés ou malades. Nous croyons que le Seigneur peut ouvrir ces tombeaux-là. Mais nous savons aussi que sa parole et son action passent par nos engagements.


    C’est pour répondre à cet appel qu’à la demande du pape, les évêques de France ont créé le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement. Depuis 50 ans, le CCFD-Terre solidaire poursuit sa mission pour donner aux plus pauvres les moyens de sortir de la misère. Il participe ainsi à la construction d’une société plus juste et plus solidaire. Dans des pays ruinés par la guerre, les catastrophes, les famines et la pauvreté, des hommes veulent reconstruire la paix et la réconciliation. Ils veulent réapprendre à vivre ensemble. Ils veulent réaliser des actions qui les aident à sortir de leur situation de misère. A travers notre geste de partage, nous voulons participer à l’œuvre du Christ qui est venu pour que « tous les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. »

    Le même Seigneur est toujours là. Il veut nous remettre debout chaque jour. Il vient faire sauter toutes nos bandelettes, celles de la peur, du désespoir et de la discorde. Il est le Dieu libérateur. Avec lui, nous sommes entrés dans l’ère de la résurrection. Désormais, tout redevient possible car il nous fait partager sa vie. C’est pour cela qu’il se donne à nous dans l’Eucharistie.


    C’est vrai, Seigneur, tu ne laisses pas mourir en nous la vie que tu nous offres. A l’appel de ton Fils, fais-nous sortir des tombeaux où tu enfermes nos péchés. Rends-nous la lumière éclatante, toi Dieu vivant pour les siècles des siècles. Amen

    D’après diverses sources

    Source http://dimancheprochain.org


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  • 4ème dimanche du Carême

    Abbé Jean Compazieu


    Ouvre mes yeux, Seigneur…


    aveugle--Jesus.jpgTextes bibliques : Lire


    « Jésus vit sur son passage un homme qui était aveugle de naissance. » En le voyant, ses disciples ne peuvent s’empêcher de se poser des questions et d’interpeller Jésus : « Qui a péché pour qu’il soit né ainsi, lui ou ses parents ? » Cette question est souvent la nôtre aussi : D’où viennent les souffrances, les maladies, les catastrophes de plus en plus fréquentes qui accablent tant de personnes aujourd’hui ? Est-ce une punition de Dieu pour nos péchés ? Et aujourd’hui, Jésus nous apporte la réponse : non, ces malheurs ne viennent pas de Dieu. Il ne faut pas le voir comme un juge irrité qui voudrait nous punir de nos péchés. Dieu est un Père qui aime chacun de ses enfants. Et tout au long des Evangiles, nous découvrons en Jésus l’Envoyé du Père qui est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. 


    Cet aveugle sur la route, c’est toute l’humanité. Elle est plongée dans les ténèbres de l’ignorance religieuse et du péché. Jésus a vu toute cette détresse. Et il continue à venir pour nous apporter la véritable libération. Ils sont nombreux ceux et celles qui s’égarent sur des chemins de perdition. Beaucoup sont aveuglés par leurs certitudes. Ils se détournent du vrai Dieu pour s’attacher à l’argent, aux richesses et aux petits bonheurs qui ne peuvent vraiment les combler. C’est de cet aveuglement que Jésus veut nous guérir. Nous avons peut-être lu ou entendu des témoignages de personnes qui ont eu le bonheur de rencontrer le Christ. Toutes sont unanimes pour dire : « Il a changé ma vie. »

    Dans l’Evangile de ce jour, c’est Jésus qui vient à la rencontre de l’homme aveugle. Et nous le voyons accomplir un geste surprenant. Il crache sur le sol et avec la salive, il fait de la boue qu’il applique sur les yeux de l’aveugle. Non, ce n’est pas le remède miracle. Ce geste a une signification bien précise. Il nous renvoie au récit de la création dans le livre de la Genèse quand Dieu a façonné l’être humain avec la poussière du sol (Gn 2. 7) En Jésus, une création nouvelle s’accomplit. Par lui, c’est un homme nouveau qui est en train de naître. Voilà une bonne nouvelle qui doit nous remplir de joie et d’espérance. Le Christ vient nous donner un regard neuf capable de « voir » Dieu.


    Pour mieux comprendre toute la portée du geste de Jésus, il nous faut revenir sur cette boue sur les yeux. Elle nous rappelle celle du péché qui déforme notre regard. Ce péché c’est celui qui nous empêche de voir Dieu comme un père et de regarder nos semblables comme des frères aimés de Dieu. Cette boue embrouille également le regard que nous portons sur nous-mêmes. Mais le Seigneur est là. Il ne demande qu’à nous rejoindre pour nous ouvrir à la lumière de la foi. Il ne cesse de nous tendre la main pour nous sortir du bourbier de nos péchés, de nos faiblesses et de nos mensonges. Saint Paul nous le dit à la manière : « Là où le péché a abondé, l’amour a surabondé » (Rm 5. 20)


    Cette guérison de l’homme aveugle est un véritable bouleversement dans sa vie mais aussi dans celle des témoins de cet événement. Il doit s’expliquer sur ce qui s’est passé : « Il m’a mis de la boue, je me suis lavé et maintenant je vois. » Cet homme guéri a été affronté aux incrédules, à ses parents qui ne veulent pas se compromettre, aux autorités religieuses qui l’injurient et l’expulsent hors du temple. Les chrétiens d’aujourd’hui qui veulent témoigner de leur foi sont également affrontés à toutes sortes d’oppositions. Les pharisiens d’autrefois sont toujours bien présents. Ce pharisien c’est celui qui juge et condamne l’autre, celui qui l’enfonce dans son passé et sa mauvaise réputation. En agissant ainsi, nous faisons obstacle au projet du Christ qui continue à vouloir chercher et sauver ceux qui étaient perdus.


    Comme l’aveugle guéri, nous sommes tous appelés à faire un chemin de foi. Le Christ ouvre nos yeux pour que nous croyions. Il est venu enlever de notre regard intérieur ce qui le souille, nous rendre la vue pour apercevoir les merveilles de Dieu. Il veut nous rendre forts dans ce monde marqué par l’incroyance, l’indifférence et même les persécutions et les moqueries. Rien ne doit nous empêcher de rendre compte de l’espérance qui est en nous. Notre Dieu est plein d’amour pour tous. Il est celui qui s’approche de l’homme, des plus petits, des plus délaissés. Alors oui, laissons-nous éclairer par celui qui nous dit : « Je suis la Lumière du monde. »


    Cet Evangile nous apporte un éclairage nous apporte un éclairage nouveau sur ce que doit être le Carême. Ce n’est pas d’abord un temps de privation mais un temps pour accueillir la Lumière qui vient de Jésus. Il est venu pour que les aveugles retrouvent la vue. Il nous attend pour raviver notre foi et guider nos pas sur nos routes humaines. Au cours de cette Eucharistie, nous le supplions : « Seigneur, ouvre nos yeux pour que nous te reconnaissions à la fraction du pain.


    D’après diverses sources

    Source http://dimancheprochain.org

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  • 3ème dimanche du Carême

    Abbé Jean Compazieu

    Puiser à la Source


    puisez-a-la-souce.jpgTextes bibliques : Lire


    Cette rencontre entre Jésus et la Samaritaine aurait pu ne pas avoir lieu. Théoriquement, Jésus n’aurait pas dû traverser la Samarie. Les juifs pieux évitaient cette région à cause d’une rivalité ancestrale d’ailleurs largement partagée Quant à la Samaritaine, elle n’aurait pas dû venir puiser à l’heure la plus chaude de la journée. L’approvisionnement en eau se faisait le matin ou le soir. Et pourtant, ce qui a amené Jésus et cette femme à se rencontrer c’est leurs « soifs » respectives ; pour Jésus, c’est la soif de « chercher et sauver ce qui était perdu. Pour la samaritaine, c’est la soif matérielle ; mais pour elle, le fait de venir puiser cette eau devient pour elle le reflet d’une recherche intérieure d’amour et de vérité. 


    Tout commence par un dialogue de sourds. On n’est pas sur la même longueur d’ondes. C’est Jésus qui prend l’initiative en osant demander à boire. Selon la loi juive, il n’aurait jamais dû entrer en contact avec cette étrangère Même les récipients sont impurs. Mais à travers cette rencontre, nous découvrons que le Messie n’est pas venu seulement pour le Peuple Juif. Il est venu appeler au Salut tous les hommes, y compris les païens. Tout au long de la Bible, nous découvrons un Dieu qui vient à la rencontre des hommes et qui fait sans cesse le premier pas vers eux. C’est ce qui se passe avec cette femme de Samarie. Et  c’est vrai aussi pour chacun de nous. Ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu. C’est lui qui nous a aimés le premier pas. Notre amour ne peut être qu’une réponse au sien.


    Voilà donc Jésus qui essaie d’expliquer à cette femme que la vraie soif n’est pas celle qu’elle croit. Il la pousse dans ses retranchements : « Va, appelle ton mari et reviens. » A travers cet appel, il descend dans le puits trouble de la conscience de cette femme qui, avec ses cinq maris, se contente de  l’eau sale. Jésus fait remonter à la surface l’écume du péché pour l’enlever. Il  veut éveiller en elle une autre soif, la soif de Dieu. Cette transformation pourrait tout changer jusque dans sa manière de croire et de prier.


    L’évangile nous parle aussi des cinq maris de cette femme. En fait, c’est une situation irréelle dans un milieu qui ne tolérait que trois mariages successifs. Mais, ici, le mot mari est symbolique. Il désigne les cinq divinités païennes des Samaritains (2 Rois 17. 25-34) Le mari que la femme a maintenant n’est pas le vrai Dieu. C’est pour nous l’occasion de nous laisser interroger sur les faux dieux vers lesquels nous nous tournons ; ces divinités s’appellent confort, pouvoir, réputation, désir de paraître, individualisme, argent. Le Carême nous donne l’occasion de nous arrêter au bord du puits. C’est là que Jésus veut nous rejoindre pour creuser en nous une soif nouvelle. « Ne fermons pas notre cœur comme au désert ! » Accueillons la bonne nouvelle que le Christ sauveur est venue apporter au monde.


    La symbolique du puits, c’est quelque chose de très fort. Dans notre monde occidental, on l’a beaucoup perdue car l’eau arrive par des canalisations jusque dans les maisons. Mais dans les textes bibliques, le puits est une image très forte ; il symbolise les commandements de Dieu. L’eau c’est la vie de Dieu à laquelle on s’abreuve. Aujourd’hui, Jésus se présente comme l’eau vive qui donne la vie. C’est auprès de lui que nous sommes tous appelés à nous désaltérer, même les plus grands pécheurs. Cette eau qui donne vie, c’est aussi celle qui purifie. Quand le vêtement de notre baptême est sale, c’est l’eau de Jésus qui le lave. Notre marche chrétienne est souvent fatiguée par les doutes, les échecs, les aspirations non satisfaites. On croit trouver le bonheur dans les objets de consommation, mais au bout du compte, on est déçu.


    Alors, comme la Samaritaine, nous sommes invités à venir au puits et à nous asseoir près de Jésus qui nous attend. C’est cette démarche que nous faisons chaque fois que nous allons rencontrer un prêtre pour le sacrement du pardon. Et bien sûr, cette rencontre personnelle avec le Christ se fait dans la prière, la méditation des textes bibliques et surtout l’Eucharistie. Le Carême est un temps favorable pour nous désaltérer auprès du Christ et puiser à la Source de la vraie Vie.


    Quand on a rencontré le Christ, ça change tout dans la vie. C’est ce qui s’est passé pour la Samaritaine. Elle a abandonné sa cruche car elle dispose d’une source intérieure. Elle revient à la ville pour dire aux gens de son peuple : « venez voir un homme qui m’a dit tout ce que j’ai fait ; ne serait-ce pas le Messie ? » Son témoignage a été primordial. Mais ce qui a amené les samaritains à croire c’est l’action de Dieu dans leur cœur. Il en est de même aujourd’hui. Nous sommes envoyés pour témoigner de la bonne nouvelle. Mais l’Esprit de Dieu nous précède auprès de ceux qu’il met sur notre route. Avec la Samaritaine et des millions de croyants à travers le monde, nous proclamons : « Nous savons que Jésus est vraiment le Sauveur du monde.


    Ce matin, Seigneur, tu nous as convoqués pour puiser et recevoir à pleines mains l’eau vive, l’eau qui comble toutes les soifs. Tu viens « demeurer » en nous. Donne-nous d’être, comme la Samaritaine, des messagers de ton amour. Amen


    D’après diverses sources

    Source http://dimancheprochain.org/

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  • 25 mars : Fête de l’Annonciation

    Abbé Jean Compazieu

    Texte biblique : Lire


    annonciationCe récit de l’Annonciation, nous le connaissons bien. C’est l’instant divin qui bouleversa l’humanité : L’ange Gabriel se rendit chez Marie pour lui annoncer qu’elle avait été choisie pour être la mère de son Fils. Marie répond librement : « Je suis la servante de Seigneur, qu’il me soit fait selon votre parole. »


    Nous aussi nous sommes tous choisis par Dieu pour incarner sa bonté, sa tendresse, sa justice. Il a besoin de nos mains pour continuer les siennes. Il a besoin de nos lèvres pour prononcer ses paroles. L’Esprit Saint nous inspire. Il a besoin de nos yeux pour voir la souffrance humaine et la soulager. Quelle que soit la question qu’il nous pose, il nous invite à lui dire « oui ». A l’instant où nous disons oui, l’amour surgit comme un ras de marée emportant tout sur son passage. C’est une aventure magnifique qui commence. Il n’y a pas de plus grand honneur que d’être les serviteurs de l’amour.


    Acceptions-nous la venue du Christ en nous et dans notre vie ? De notre oui dépendra notre futur éternel et la subite transformation de notre esprit et notre quotidien. Porter Dieu en soi et l’offrir au monde a pour conséquence une joie que nul ne peut nous ôter.


    Comme la Vierge Marie, Quel que soit notre âge et notre état de santé, Dieu nous confie une mission. Il a besoin de nous et de notre accord. Ne craignons pas : Cette mission est tournée vers le bonheur, le nôtre et celui des hommes. Vivre sous le regard de Dieu c’est savoir que l’on avance avec Jésus et Marie sur un chemin grandiose. Ce chemin nous conduit là où ils sont déjà, dans le ciel de bonheur et de gloire. C’est là qu’ils nous attendent…


    Le Carême est là pour nous apprendre à dire le « oui » de Marie ; il est celui de notre baptême. Et en même temps, nous devons continuellement nous l’approprier, le développer, le faire pénétrer dans tous les recoins de notre existence. Marie a accompagné Jésus jusqu’au bout de son chemin terrestre. Soyons sûrs qu’elle nous portera jusqu’au bout de notre effort.

     

    Prière de St Bernard
    MARIE
    Que son nom ne quitte pas tes lèvres, qu’il ne quitte pas ton coeur.
    En suivant Marie, on ne dévie pas, on ne désespère pas ;
    Si elle te protège, tu ne craindras pas ;
    Si elle te guide, tu ne connaîtras pas la fatigue.
    Si elle est avec toi, tu es sûr d’arriver au but.
    Et quand les vents de la tempête se lèvent, regarde l’Étoile qui s’appelle MARIE.


    Source http://dimancheprochain.org

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  • Saint Joseph (19 mars)

    Abbé Jean Compazieu

    Saint Joseph 

    st-joseph.jpg Textes bibliques : Lire


    Dans nos églises, on trouve beaucoup de tableaux ou des vitraux qui évoquent « l’annonce faite à Marie ». On y voit l’ange Gabriel qui rend visite à Marie et la réponse de cette dernière. Mais nous ne trouvons rien sur « l’annonce faite à Joseph », rien sur ces choses surprenantes qui lui ont été révélées. Les évangiles ne nous rapportent aucune parole de cet homme. Et pourtant, le récit que nous venons d’entendre nous en dit bien plus que nous ne pouvons l’imaginer. Il nous apprend à ECOUTER. C’est une attitude absolument essentielle. Joseph peut nous servir d’exemple et nous y entraîner.


    L’Evangile nous dit que l’Ange du Seigneur lui apparaît « en songe ». C’est souvent que, dans la Bible, on évoque le songe. Dans le langage biblique, cela n’a rien à voir avec un rêve. C’est une façon imagée de rendre compte d’une aventure intérieure où quelque chose d’essentiel est engagé. Dire que l’ange du Seigneur lui apparaît en songe, c’est une manière de dire que le Seigneur lui a parlé au cœur. Ce que Joseph a entendu c’est un appel à prendre chez lui Marie son épouse : « L’enfant qui est engendré en elle vient de l’Esprit Saint. »


    Tout cela n’allait pas de soi. Imaginons un peu Joseph complètement brisé et tourmenté par ce qui lui arrive. Ce qui allait de soi, c’était de répudier Marie. C’était conforme à la loi de Moïse et à la tradition. Mais la Parole de Dieu a été plus forte que ses réticences. Il a eu le courage de changer de projet de se faire le serviteur d’un mystère qu’il ne comprend pas.


    Joseph est un homme de silence, un homme capable d’écouter Dieu lui parler et capable de changer sa vie à la lumière de la parole qu’il a entendue. Il découvre que cet enfant vient d’ailleurs. Il n’est pas de lui, ni d’un autre, ni même de Marie. Il est l’Envoyé de Celui qui est le « Tout Autre ». C’est ainsi que Joseph est introduit peu à peu dans la Lumière d’un immense mystère qui devra un jour être proclamé à toute la Création.


    Voilà une leçon absolument essentielle pour nous chrétiens de 2010. Nous vivons dans un monde bruyant et agité. Aujourd’hui, Joseph nous apprend à ECOUTER ce qui se passe en nous, à faire le point, à prendre du recul pour accueillir une parole qui vient d’ailleurs. C’est parfois difficile car bien souvent nous avons tendance à trop parler, la plupart du temps pour ne rien dire. Nous ne pourrons entendre le Seigneur parler à notre cœur que si nous prenons des moments de silence et de recueillement.


    Prendre le temps de se taire pour faire silence et pour écouter, c’est absolument essentiel si l’on veut rester un homme. Car c’est dans le silence que Dieu parle à notre cœur par l’Esprit Saint. En d’autres circonstances, on nous a dit que la vie chrétienne ne peut se concevoir sans un engagement résolu contre la misère, l’injustice et la violence qui dégradent l’homme et défigurent le projet d’amour de Dieu sur l’humanité. Aujourd’hui, nous découvrons que nous ne pouvons pas être chrétiens sans un engagement déterminé pour retrouver le chemin du cœur.


    En cette période de Carême, nous découvrons que préparer Pâques, c’est d’abord prendre du temps pour le silence, la prière, la lecture de l’évangile. Comme Joseph, nous écoutons une parole et nous apprenons à nous rendre dociles à ce que Dieu nous suggère. Comme lui, nous sommes invités à nous faire les serviteurs d’un mystère qui nous dépasse. Tout l’Evangile nous dit que le Seigneur nous conduit sur des chemins que nous n’avions pas prévus. Mais les Paroles qu’il nous adresse sont celles de la Vie Eternelle.


    D’après diverses sources

    Source http://dimancheprochain.org

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  • 2ème dimanche du Carême

    Abbé Jean Compazieu

    La Transfiguration de Jésus


    transfiguration.jpgTextes bibliques : Lire


    Les lectures de ce dimanche nous aident à mieux comprendre ce qu’est réellement le Carême. Ce n’est pas d’abord un temps de privation ou de mortification. La couleur violette qui est un signe de pénitence ne doit pas nous induire en erreur. Et même si certaines étapes nous semblent austères, il nous faut d’abord voir l’objectif vers lequel nous allons. Les textes bibliques nous montrent des gens qui se sont mis en chemin. Nous avons le témoignage d’Abraham, puis de Timothée, enfin celui des disciples avec Jésus.


    La première lecture nous présente l’exemple d’Abraham qui a entendu l’appel du Seigneur : « Quitte ton pays, la Maison de ton Père, et va vers le pays que je te montrerai. » Abraham a répondu à cet appel. Il s’est mis en route. Il a fait confiance à la Parole de Dieu. Contrairement à Adam à Adam qui a douté et désobéi, il est devenu l’homme de la foi et de l’obéissance. Adam avait fait entrer le mal dans le cœur de l’homme. Il avait attiré la malédiction divine. A partir d’Abraham, l’humanité est invitée à entrer dans l’espérance. Ce témoignage nous éclaire sur ce que doit être le Carême. Comme Abraham, le Seigneur nous appelle à sortir de notre petite vie tranquille pour le suivre sur des chemins que nous n’avions pas prévus. Nous sommes en marche vers Pâques, vers la victoire de Jésus sur la mort et le péché. Cette victoire n’est possible que dans la foi.


    La lettre de l’apôtre Paul à Timothée va dans le même sens. Timothée est un responsable de la communauté d’Ephèse. C’est un timide et il souffre de la situation que vit sa communauté. Paul vient lui rappeler que sa prédication ne doit pas se laisser influencer par les doctrines qui sont au goût du jour. L’évangile n’a pas à être falsifié. Timothée a été appelé par pure grâce de Dieu. Paul l’exhorte à « réveiller la grâce de Dieu. » La mission des communautés, notre mission à tous, c’est d’annoncer l’évangile du Christ ressuscité. C’est un immense bonheur qui permet d’affronter les difficultés rencontrées lors du témoignage. Il est hors de question de se décourager ; le carême c’est le temps de la persévérance.


    L’évangile nous rapporte le récit de la Transfiguration selon saint Matthieu. C’est comme un phare lumineux qui nous montre le point d’arrivée de notre vie humaine et chrétienne. Jésus mène ses trois apôtres, Pierre, Jacques et Jean, vers une haute montagne. Dans le monde de la Bible, la montagne c’est le lieu de la présence de Dieu. C’est là qu’il s’est manifesté à Moïse, puis plus tard à Elie. Et c’est là aussi que Jésus laisse entrevoir à ses disciples la beauté de sa divinité. Un jour, lui-même avait dit : « Je suis la Lumière du monde ». Sur la montagne, il laisse transparaître un peu de cette lumière qui est en lui. C’est un moment de grâce comme il s’en produit peu dans une vie.


    Pierre voudrait prolonger cet instant de bonheur et s’y installer. Mais la voix du Père vient rappeler les disciples à la réalité : « Celui-ci est mon Fils bien-aimé en qui j’ai mis tout mon amour, écoutez-le. » Cette voix donne l’explication de la grande lumière qui enveloppe Jésus. Aujourd’hui, ils voient son visage transfiguré. Plus tard, au Jardin des Oliviers, ils le verront défiguré. Le Messie qu’il nous faut écouter est un Messie souffrant et crucifié. A travers cet événement de la Transfiguration, Jésus dévoile pour ses disciples et pour nous le but de son voyage sauveur. Cette lumière mystérieuse est une fenêtre ouverte sur la résurrection et la vie auprès du Père. Même quand tout va mal, nous ne devons pas perdre confiance en lui. La mort et le péché n’auront pas le dernier mot.


    La Transfiguration du Christ vient donner tout son sens à notre vie chrétienne. Parfois, nous avons l’impression d’être dans le brouillard. Mais si nous nous tournons vers le Christ, nous découvrons que nous sommes en voie de transfiguration. Nous le savons bien, les personnes qui s’exposent au soleil sont transformées par la lumière. Nous chrétiens, c’est devant le Christ que nous nous exposons ; c’est vers lui que nous regardons. Saint Paul nous dit que notre destin c’est de devenir semblables « à son corps de gloire » (Ph. 3. 21). C’est vrai, nous vivons dans un monde défiguré par la précarité, la violence, les turpitudes et le mépris des personnes. Mais nous savons que nous sommes tirés par l’espérance de la transfiguration finale. Durant ce Carême, nous sommes invités à accueillir les signes de cette espérance et à nous mettre en route à l’appel du Seigneur.


    En ce jour, nous nous rappelons que le Seigneur nous invite chaque dimanche à gravir la montagne et à nous approcher de lui. Nous le prions : Donne-nous de contempler ton visage dans le mystère Eucharistique et de repartir le visage rempli de lumière pour éclairer les détails de notre vie. Aide-nous aussi à te découvrir dans le visage des frères et sœurs que tu mets sur notre route. Amen

    D’après diverses sources

    Source http://dimancheprochain.org

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  • Abbé Jean Compazieu

    1er Dimanche de Carême (13 mars 2011)


    Textes bibliques : Lire


    jesus-au-jardin.jpgDepuis mercredi dernier nous sommes entrés dans le temps du Carême. Ces quarante jours nous sont donnés pour revenir aux sources de notre foi et de notre baptême. Tout au long de cette période, nous sommes invités à nous laisser conduire par l’Esprit, comme Jésus au désert. Comme lui, nous serons affrontés aux épreuves et à la tentation. Mais si nous savons l’accueillir, la Parole de Dieu sera notre force. Le Christ vainqueur de tout mal veut tous nous associer à sa victoire sur la mort et le péché.


    L’évangile de ce dimanche nous parle de trois localisations qui sont des sites bibliques majeurs dans le judaïsme. Ces lieux ne sont pas seulement géographiques. Ils ont une signification symbolique très forte. Ils nous rappellent, chacun à sa manière, comment Dieu s’est révélé à son peuple.


    Tout d’abord, le désert : C’est là que Dieu avait conduit Israël pour le libérer de l’esclavage d’Egypte. Mais le désert, c’est aussi le lieu des privations. Le peuple était prêt à renoncer à sa liberté et à préférer les marmites de nourriture. Il en oublie sa vocation de fils chéri de Dieu. Le désert a été le lieu des murmures incessants contre Dieu et contre Moïse. Jésus a, lui aussi, été tenaillé par la faim. Mais il refuse de céder à la tentation de posséder et de consommer. Il est le Fils Bien-aimé du Père. Il veut lui être fidèle jusqu’au bout. Il répond par un rappel de la Parole de Dieu : « L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu ». Plus tard, il rappellera aux foules qu’il est lui-même « le Pain de Vie » venu du Père.


    Le désert de nos tentations, nous le connaissons bien. C’est cette tendance à nous investir totalement dans la consommation des biens matériels. On cherche à posséder toujours plus, à n’importe quel prix. Au bout du compte, notre cœur devient aussi dur que la pierre. Il est incapable de s’ouvrir à la Parole de Dieu et de partager avec celui qui a faim. En nous fermant à Dieu, nous devenons imperméables à son amour ; nous renions notre identité de fils et de filles de Dieu. Ce premier dimanche de carême est là pour nous rappeler que nous avons traversé les eaux de baptême pour vivre libres. Il nous invite à revenir au cœur de notre foi et à nous laisser guider par le Christ sur le chemin de la conversion.


    Le deuxième lieu dont nous parle l’évangile c’est le temple. C’était l’endroit privilégié où montait la prière d’Israël. C’est là qu’on avait pris l’habitude de se rassembler pour servir le « Dieu trois fois saint ». Or les prophètes avaient dénoncé le « culte inutile » qui s’y pratiquait : « Ce peuple m’honore des lèvres mais son cœur est loin de moi. » (Is. 29. 13) Au lieu de servir Dieu, on se servait de lui. Jésus refuse ce marchandage. Le Fils Bien-aimé du Père n’utilisera pas le temple en vue de son succès personnel. Sa mission sera au contraire de le « purifier » car il était devenu une « maison de trafic ». Plus tard, il annoncera qu’il est lui-même le vrai Temple de Dieu qui glorifie le Père.


    Nous aussi, nous sommes souvent tenté de nous servir de Dieu et de la religion pour notre propre intérêt. C’est ce qui arrive quand nous comptons sur la bonté de Dieu pour assurer nos ambitions ou suppléer à nos erreurs ou nos folies. C’est aussi quand nous demandons à Dieu tout et n’importe quoi en pensant qu’il nous le doit bien. Mais on ne marchande pas avec lui. Il n’a aucun compte à nous rendre. Il nous aime totalement, gratuitement et sans mérite de notre part. Son amour dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Il attend de nous que nous tendions les mains pour accueillir cet amour dans notre vie et nous laisser transformer par lui.


    Le troisième lieu dont nous parle l’Evangile, c’est la montagne. Elle nous fait penser au Sinaï. C’est là que Dieu avait donné sa loi à Moïse : « Ecoute Israël, c’est moi le Seigneur ton Dieu… Tu n’auras pas d’autre Dieu que moi… Tu ne te prosterneras pas devant eux et tu ne les servira pas. » (Dt 5) Au pied de cette montagne, Israël s’est détourné de son Dieu et a sacrifié au veau d’or ; il s’est prosterné devant lui. Au pied de la haute montagne, Jésus a résisté à la tentation de l’idolâtrie. Le seul que nous devons adorer en esprit et en vérité, c’est Dieu.

    Ce veau d’or devant lequel les hébreux se sont prosternés, ne le retrouvons sous d’autres formes dans le monde d’aujourd’hui. Notre mode se prosterne devant l’argent, le pouvoir, les biens de consommation. Pour les acquérir, il est prêt à toutes les bassesses. Chaque fois que nus nous compromettons de cette manière, nous finissons par nous retrouver seuls, loin de notre liberté baptismale.


    Jésus a repoussé toutes ces tentations par un triple non à Satan et un triple oui au Père. Ce oui, nous le retrouvons tout au long de sa vie terrestre. A sa suite, nous sommes invités à faire le point, à redire le oui de notre baptême et à nous réajuster à cet amour qui est en Dieu. Aujourd’hui et tout au long de ce carême, c’est Jésus qui nous supplie :
    « Changez vos cœur, croyez à le Bonne Nouvelle.
    Changez de vie, croyez que Dieu vous aime. »


    D’après diverses sources

    Source http://dimancheprochain.org

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