• LE PAIN DE VIE

    Textes bibliques : Lire

    La première lecture nous parle de la situation dramatique des Hébreux tenaillés par la faim. Ils viennent d’être libérés de l’esclavage d’Égypte. Sous la conduite de Moïse, ils se sont mis en route vers la Terre promise. Mais dans le désert qu’ils doivent traverser, il n’y a pas d’eau et pas de nourriture. Le ton s’est mis à monter. Les Hébreux se sont mis à récriminer contre Moïse et Aaron. Ils en sont venus à regretter les marmites et le pain qu’ils avaient en abondance en Égypte. Pour eux, venir mourir dans ce désert, ça n’a pas de sens. 

    Ces récriminations, Dieu les entend. Il n’abandonne pas son peuple. Il lui donne la manne et les cailles pour le nourrir. Traverser le désert c’est croiser le manque et le doute. C’est se découvrir pauvre, limité et mortel. Mais même dans les situations les plus difficiles, Dieu ne nous abandonne pas. Ce récit de l’Exode nous recommande d’être assez confiants pour accueillir chaque jour le don de Dieu en rendant grâce.

    L’Évangile de ce dimanche nous parle également de nourriture. Il fait suite au récit de la multiplication des pains que nous avons lu dimanche dernier. Jésus vient de nourrir une foule affamée. Pour ces pauvres gens, c’est quelque chose d’extraordinaire. Alors, ils pensent avoir trouvé celui qui pourrait devenir leur roi et répondre à tous leurs besoins. Mais Jésus ne l’entend pas ainsi. Ce n’est pas sa mission ; il a beaucoup mieux à leur proposer. C’est également important pour nous aujourd’hui. Nos prières ne doivent pas se limiter à de simples demandes matérielles. Ce que le Seigneur veut nous proposer est bien plus important.

    Face à ces malentendus, Jésus choisit de passer vers « l’autre rive ». On peut dire qu’il quitte la rive des seules nourritures terrestres ; il se rend vers celle des nourritures spirituelles. Bien sûr, il ne va pas mépriser les biens de la terre. N’oublions pas qu’il vient de nourrir une foule affamée. Mais il voudrait bien qu’on aille au-delà de ce seul désir. Passer sur « l’autre rive », c’est renoncer à la facilité ; c’est se mettre sur le chemin que Dieu nous montre. C’est pour cette raison que Jésus choisit de se retirer loin de la foule. Son intention est de rejoindre le Père dans le silence et la prière.

    Les foules sont également passées vers l’autre rive. Elles y ont trouvé Jésus, mais il y a un grave malentendu. Tous ces gens ne pensent qu’à la nourriture corporelle. C’est alors que Jésus leur recommande de travailler « pour la nourriture qui se garde jusque dans la vie éternelle ». Il leur annonce un pain « venu du ciel ».

    Cette distinction entre la nourriture matérielle et la nourriture spirituelle était bien connue dans la religion juive. Tous avaient en mémoire cette parole du Deutéronome : « L’homme ne vit pas seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu » (Dt 8, 3). Ils comprennent quand Jésus leur demande de travailler pour la nourriture « qui se garde jusque dans la vie éternelle ». Ils comprennent tellement bien qu’ils en viennent à lui demander : « Que faut-il faire pour travailler aux œuvres de Dieu ? »

    Mais tout se complique quand Jésus leur donne sa réponse : « Ne travaillez pas pour la nourriture qui se perd mais pour la nourriture qui se garde jusque dans la Vie éternelle, celle que vous donnera le Fils de l’homme, lui que Dieu a marqué de son empreinte ». C’est ainsi que Jésus se désigne comme le Messie, l’Envoyé de Dieu, celui en qui il faut croire ; et cela, ses auditeurs ne l’acceptent pas. Rendons-nous compte, Jésus se présente comme le pain du ciel, celui qui donne la vie. Cette nourriture est largement offerte à tous. C’est ce cadeau de Dieu que nous accueillons à chaque messe.

    Dans sa lettre aux Éphésiens, saint Paul insiste sur l’importance de cet aliment spirituel. « Il transforme nos corps mortels en corps spirituels destinés à une vie sans fin ». Nous sommes invités à y adhérer en adoptant une conduite digne du Seigneur. Jésus n’est pas descendu du ciel pour nous donner quelque chose mais pour se donner. Il s’est livré pour nous et pour le monde entier. Nous chrétiens d’aujourd’hui, nous sommes envoyés dans le monde pour témoigner de cet amour qui est en Dieu et le communiquer à tous ceux et celles qui nous entourent.

    En ce jour, nous venons vers toi Seigneur. Toi seul peux nous guider sur le chemin de la vraie conversion. Garde-nous fidèles à tes paroles car elles sont celles de la Vie éternelle. Amen

    Sources : Revue Feu Nouveau ; l’intelligence des Ecritures (MN Thaabut) – La Parole de Dieu pour chaque jour (V. Paglia) ; Pensées sur l’Évangile de Marc (C. Schonborn) ; Homélies pour l’année B (Amédée BRUNOT) ; dossiers personnels…

    Télécharger : 18ème dimanche du Temps ordinaire

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  • Testes bibliques : Lire

    En lisant les textes bibliques de ce dimanche, nous sommes impressionnés par la place donnée aux chiffres : vingt pains d’orge pour cent personnes, cinq pains et deux poissons pour cinq mille hommes, douze paniers pleins de restes… Et comment ne pas penser à d’autres chiffres qui en disent long : des centaines de tués dans les guerres, des centaines de milliers de réfugiés, des millions d’affamés dans le monde, des dizaines de millions d’euros pour le transfert d’un footballeur… Ces chiffres et bien d’autres nous dispensent de paroles ; ils deviennent parole ; d’un côté c’est le cri d’admiration, de l’autre c’est l’horreur. 

    Ces chiffres nous en disent bien plus qu’un simple calcul mathématique. Dans les textes bibliques de ce dimanche, ils nous montrent la disproportion entre la nourriture disponible et les énormes besoins des hommes : « Il y a là un jeune garçon qui a cinq pains d’orge et deux poissons, mais qu’est-ce que cela pour tant de monde ? » Nous aussi, nous sommes affrontés à ces mêmes questions : devant les catastrophes meurtrières, devant l’afflux des réfugiés qui fuient la guerre, nous nous sentons désemparés et impuissants. Que pouvons-nous faire ?

    Et c’est là qu’il nous faut revenir à l’Évangile et regarder ce que fait Jésus. En ce jour, il nous propose de revoir d’une autre manière notre table de multiplication. Tout d’abord, il accepte le modeste goûter d’un enfant. Rien n’aurait été possible si cet enfant n’avait accepté de tout donner. Dieu a besoin de nos gestes de partage pour réaliser de grandes choses. C’est ainsi que cinq pains et deux poissons ont servi à nourrir cinq mille hommes. Une précision : le pain d’orge c’est celui des pauvres. C’est avec ce pain des pauvres que Jésus nourrit toute cette foule. Un jour, une pauvre femme a dit à Saint Vincent de Paul : « Si les pauvres ne partagent pas, qui le fera ? »

    Cet Évangile nous renvoie à l’actualité de notre monde. Nous pensons tous à la famine qui ravage une partie de l’humanité. Et même dans nos pays occidentaux, beaucoup n’ont pas le minimum pour survivre. Alors nous nous sentons désemparés et impuissants pour répondre à l’immensité des besoins. Mais aujourd’hui comme autrefois, Jésus ne cesse de nous dire : « Donnez-leur vous-mêmes à manger ! » Il suffit du peu que nous avons, un peu d’amour, un peu de biens matériels et un peu de disponibilité pour vaincre la faim, celle du corps et celle du cœur. Ce peu, nous le remettons entre les mains du Seigneur. C’est avec cela qu’il peut réaliser des grandes choses.

    Une autre question se pose : Jésus a nourri les foules un jour. Mais le lendemain, elles continueront à avoir faim. Elles se retrouveront dans une situation tout aussi misérable. Alors pourquoi a-t-il fait de tels actes sans rien changer aux situations ? Quand on veut lutter contre la famine, on ne se contente pas de donner à manger. On agit en lien avec les organismes de solidarité contre les causes qui provoquent la famine. Mais le but de Jésus n’est pas de changer les situations ; il est de changer le cœur des hommes. C’est aux hommes, renouvelés par l’Évangile, d’opérer les redressements nécessaires. Quand on est imprégné du message de l’Évangile, plus rien ne peut être comme avant. L’important c’est que nous donnions le meilleur de nous-même en lien avec ceux qui organisent la solidarité.

    Après ce grand partage, les disciples sont invités à « rassembler les morceaux en surplus pour que rien ne se perde ». Lorsque le Seigneur donne c’est toujours en abondance, et les restes serviront à nourrir d’autres foules. Lorsque le célébrant dit « Heureux les invités au repas du Seigneur », il ne s’adresse pas qu’à ceux et celles qui sont rassemblés dans l’église. Tous les hommes sont invités à partager le Corps du Christ.

    Ce pain que Jésus vient nous donner, c’est le pain de Dieu. En lui, c’est Dieu qui se donne aux hommes. Il vient combler toutes leurs famines spirituelles ; il vient changer leur cœur pour qu’ils partagent le pain de la justice et de la fraternité, le pain de pauvreté. Au cours des prochains dimanches, nous entendrons le discours de Jésus sur le Pain de vie. Il nous recommandera de travailler « pour la nourriture qui demeure jusque dans la Vie éternelle ».

    En ce dimanche, c’est Jésus lui-même qui nous rassemble pour nous partager son pain. Nous le supplions de mettre en nous son Esprit Saint pour que nous entrions dans son amour.

    Télécharger : Cinq pains et deux poissons

    Sources : Revues Signes et Feu Nouveau ; La Parole de Dieu pour chaque jour (V. Paglia) ; lectures d’Évangile d’un vieux prêtre de Montpellier ; Pensées sur l’Évangile de Marc (C. Schonborn) ; Homélies pour l’année B (Amédée BRUNOT) ; Couleurs des dimanches et fêtes (Michel Souarnec), dossiers personnels…

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  • « ILS ÉTAIENT COMME DES BREBIS SANS BERGER »

    Textes bibliques : Lire

    « Il fut saisi de pitié parce qu’ils étaient comme des brebis sans berger. » Cette page d’Évangile rejoint notre monde dans ce qu’il vit. Jésus voit les foules qui sont devant lui, celles de son temps et celles aujourd’hui. Il constate qu’elles sont « comme des brebis sans berger ». Beaucoup ne savent pas où ils vont, ils ne savent pas ce qu’ils sont ni ce qu’ils font sur cette terre. Ils sont nombreux ceux et celles qui vivent dans le désespoir. Nous pensons à ceux qui sombrent dans la drogue ou qui mettent fin à leurs jours. 

    Cette image des « brebis sans berger », nous la retrouvons dans le livre du prophète Ézéchiel (1ère lecture). Il nous décrit le désarroi du troupeau abandonné. Ce troupeau est dispersé faute de berger. Il est comme des brebis qui ont servi de proie aux bêtes sauvages. Il « est dispersé sur toute la surface du pays…sans personne qui aille à sa recherche. (Ézéchiel 34, 5-6)

    Nous avons là une terrible accusation contre les responsables politiques d’Israël. Leur mission était de rassembler leur peuple dans la paix et l’unité. Or c’est le contraire qui arrive. Les uns et les autres n’ont pensé qu’à leurs intérêts personnels. Ils se sont enrichis au détriment des plus pauvres. C’est à cause d’eux que leur peuple est dispersé. La grande priorité de Dieu, c’est le bonheur de son peuple, c’est le droit et la justice pour tous. Il attend de nous que nous vivions ensemble comme des frères, solidaires les uns des autres. Si nous oublions cela, c’est la catastrophe. Et c’est ce qui est arrivé.

    Mais le prophète ne se contente pas de dénoncer des malheurs. Il nous dit que Dieu n’abandonne pas son peuple. Il vient à nous avec toute la tendresse d’une mère qui a perdu son enfant dans la nature. Voici ce qu’il nous dit : « Je viens moi-même chercher mon troupeau pour en prendre soin. Je l’arracherai de tous les endroits où ils ont été dispersés… Je le ferai paître dans un bon pâturage.

    Oui, Dieu berger, Jésus berger est « saisi de pitié ». C’est ce que nous dit l’Évangile. Mais la traduction est trop faible. Dire que Jésus est « saisi de pitié » cela signifie qu’il est pris aux entrailles comme une mère pour son enfant ou encore comme un père pour son fils. Il ne supporte pas de voir cette foule partir dans tous les sens « comme des brebis sans berger ».

    La bonne nouvelle c’est qu’il veut les aider à retrouver un sens à leur vie. Il veut faire en sorte qu’ils ne se sentent plus perdus. Lui seul peut les aider à sortir de leur solitude et leur donner une espérance. Alors, il se met à les enseigner longuement. Contrairement aux mauvais pasteurs, il se dépense corps et âme. Lui-même nous dit qu’il est venu « chercher et sauver ceux qui étaient perdus. »

    Mais ce qu’il faut bien comprendre, c’est que Jésus ne vient pas faire le chemin à leur place. Il vient le faire avec eux. Il ne vient pas leur apporter des solutions à leurs problèmes. Il vient leur apporter la lumière de sa présence, la chaleur de son amour. Alors leur vie prend un sens. Ils découvrent qu’ils vont vers plus d’amour. Dieu berger, Jésus berger n’est qu’amour. Avec lui, nous allons vers plus d’amour.

    Cette bonne nouvelle, nous ne pouvons pas la garder pour nous. Le Seigneur veut que son amour, sa lumière et sa présence soient portés au monde entier. Il veut que chacun de nous soit un berger pour les autres, berger au nom de Jésus. C’est notre mission et notre responsabilité. Nous sommes envoyés pour être porteurs de joie et d’espérance auprès de tous les blessés de la vie. Ils nous sont confiés par le Christ lui-même. Il attend de nous que nous allions vers eux avec la même qualité d’amour et le même regard que lui.

    Dans sa lettre aux Éphésiens, saint Paul nous apporte un éclairage nouveau sur le Christ et sa mission. Il se présente à tous comme le grand rassembleur. Par son sacrifice, il réalise l’unité du genre humain brisée par le péché. Il a abattu « le mur de la haine » que certains hommes avaient élevé pour défendre leurs privilèges. Dieu qui aime tous les hommes veut que nous arrivions à nous rassembler et à nous aimer. L’unité finale sera le fruit d’un tel amour. Dès maintenant, nous sommes invités à nous tourner vers la croix du Christ. Elle unit le ciel et la terre. Elle attire tous les hommes à lui.

    L’évangile de Marc ne nous dit pas le contenu du sermon de Jésus ce jour-là. Mais nous le devinons : Pendant cinq dimanches, nous allons écouter le plus long sermon de Jésus, celui sur le Pain de Vie. Seigneur, nous te prions : Que cette Eucharistie nous aide à changer notre regard sur toi, sur notre monde et sur nous-mêmes.

    Sources : Revues Signes et Feu nouveau – Homélies pour l’année B (A. Brunot) – Lectures d’Évangiles d’un vieux prêtre de Montpellier – Guide Emmaüs des dimanches et fêtes (JP Bagot) – Homélies des dimanches (L. Soulier) –

    Télécharger : 16ème dimanche du Temps ordinaire

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  • « APPELÉS ET ENVOYÉS »

    Textes bibliques : Lire

    En lisant cet Évangile, nous pouvons penser aux séminaristes qui ont été ordonnés prêtes à la fin du mois de juin. Pour leur diocèse, c’était un jour de grande fête. À la fin de la célébration, l’évêque les a envoyés rejoindre d’autres prêtres pour travailler ensemble à l’avancée de la mission. Aujourd’hui, il n’est pas facile d’envoyer ces jeunes prêtres deux par deux ; dans de nombreux diocèses, il n’y a qu’une ordination par an et encore pas toujours. 

    Mais en lisant cet Évangile, nous sommes invités à faire un pas de plus ; Nous découvrons que l’envoi des Douze n’est pas seulement l’envoi des apôtres. Ce chiffre douze évoque les douze tribus d’Israël. C’est donc le peuple de Dieu tout entier. À travers les Douze, c’est toute l’Église que Jésus envoie en mission. L’Église, c’est nous. Nous sommes tous appelés et envoyés. Dieu ne veut pas faire la rédemption du monde tout seul. Il a désiré avoir besoin des hommes.

    La tentation est grande de dire : « Je ne sais pas parler… Je ne suis pas capable… Je ne suis pas assez cultivé… » Mais quand nous lisons les Évangiles, nous voyons bien que les apôtres ne sortaient pas d’une grande école. Jésus a changé la face du monde avec des « pauvres types », pas avec des énarques. Toute la Bible et toute l’histoire de l’Église nous rappelle que c’est dans les habitudes de Dieu de faire appel à ce qui est petit et méprisé pour réaliser des grandes choses.

    L’évangélisation est donc un devoir pour tout chrétien baptisé et confirmé. Prêcher qu’il faut se convertir, ce n’est pas seulement faire des sermons ; c’est profiter de toutes les occasions pour annoncer l’Évangile. Cette annonce se fait d’abord par le témoignage d’une vie évangélique. Si notre vie n’est pas en accord avec ce que nous annonçons, c’est un mensonge. Bien sûr, la parole est nécessaire. Mais elle ne sera pas la vocation de tous. Par contre, tous les chrétiens sont appelés à donner le témoignage d’une vie évangélique. S’ils appellent à la conversion, ils doivent commencer par eux-mêmes. Tout cela se trouve résumé dans cette parole de Jésus : « Convertissez-vous et croyez à l’Évangile ».

    Ce message de Dieu est pour le monde entier. Dieu nous envoie porter une bonne nouvelle extraordinaire. Il nous charge d’annoncer son plan merveilleux pour le monde : « En lui, il nous a choisis avant la création du monde, pour que nous soyons, dans l’amour, saints et irréprochables sous son regard. Il nous d’avance destinés à devenir pour lui des fils par Jésus Christ (Ep 1, 4-5). Ce sont des milliards d’hommes de femmes et d’enfants qui sont appelés à devenir fils et filles de Dieu et à constituer une communauté internationale.

    Ce grand projet de Dieu continue à se réaliser malgré les persécutions et les tueries. La première lecture nous donne le témoignage du prophète Amos. Il n’est pas le bienvenu dans le sanctuaire de Béthel. Ses paroles sur le droit et la justice dérangent les affaires du prêtre Amazias. Quand on dénonce des « magouilles », il faut s’attendre à des représailles. Amazias voudrait neutraliser Amos et le renvoyer d’où il vient. Mais Amos lui répond que c’est Dieu qui l’a appelé et envoyé.

    En écoutant cette lecture, nous nous disons qu’il faudrait aujourd’hui des prophètes comme Amos. Ils auraient beaucoup à dire contre tous ces politiques véreux, ces commerçants tricheurs, ces juges achetés. Notre pape François a des paroles très fortes pour dénoncer tout ce qui détruit l’homme. La Parole de Dieu passe avant tout. Elle ne peut être enchaînée par aucun ordre établi, aucune politique. Dieu ne peut supporter de voir ses enfants souffrir des injustices, de la violence et de l’intolérance.

    L’apôtre Paul a lui aussi été saisi par le Seigneur pour annoncer l’Évangile. Aujourd’hui, il rend grâce au Seigneur pour le chemin parcouru. Toute sa vie et tout son être sont vraiment imprégnés de cet amour qui est en Jésus. Cette lecture est un hymne au Christ qui nous a comblés de ses bénédictions. Il nous a obtenu le pardon des péchés. Il nous a dévoilé le mystère de la foi. Il nous a donné la sagesse et l’intelligence pour le comprendre. Il nous a donné l’Église pour garder le message et guider notre marche. Cet hymne s’adresse aussi à nous aujourd’hui pour nous aider à aimer le Christ et l’Église. Le Christ est là au cœur de nos vies. Il ne cesse de nous envoyer pour être témoins de son amour.

    En ce jour, Seigneur, tu veux nous ramener à l’essentiel. Libère nous de tout ce qui nous encombre. Que la force de ta parole et le souffle de ton Esprit nous rendent disponibles pour être les témoins et les messagers de ton message d’amour et de réconciliation.

    Télécharger : 15ème dimanche du temps ordinaire

    Sources : revues Signes et Feu Nouveau – Au service de la Parole (Bernard Prévost) – Lectures d’Évangile d’un vieux prêtre de Montpellier – Guide Emmaüs des dimanches et fêtes (JP Bagot) – Homélies Année B (A. Brunot) – Homélies du dimanche (Mgr Léon soulier) – Homélies de l’année liturgique B (S. Faivre). L’Évangile au présent (Denis Sonnet)

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  • « IL N’Y A RIEN DE NOUVEAU SOUS LE SOLEIL. »

     Textes bibliques : Lire

    L’Évangile de ce dimanche ressemble beaucoup à ce que nous pouvons vivre dans nos milieux et nos familles. Reconnaissons-le, nous avons du mal à prendre en considération les interpellations des personnes que nous disons bien connaître. Pour qu’ils se prend-il celui-là ? De quel droit parle-t-il ainsi ? Et pourtant beaucoup de gens peuvent nous interpeller et nous faire signe au nom de Dieu. Mais parce que nous les connaissons trop, nous les ignorons et même, quelquefois, nous les méprisons. Nous estimons qu’ils n’ont pas à venir nous faire la leçon. 

    C’est ce qui est arrivé à Jésus de Nazareth lorsqu’il retourna dans son village d’origine. Il s’est mis à proclamer que l’Esprit de Dieu repose sur lui, qu’il est envoyé pour annoncer la bonne nouvelle aux pauvres… Face à de telles affirmations, les gens de son village sont scandalisés ; pour qui se prend-t-il ? Il n’y a que Dieu qui peut parler ainsi. Lui, il est de chez nous. On a vu grandir et devenir charpentier. Voilà donc Jésus empêché d’être reconnu comme Messie. « Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu. »

    En fait il s’agit du mystère de Jésus. Seule la foi peut nous aider à le percer. Nous l’avons vu dans l’Évangile de dimanche dernier : il y est question de la foi de Jaïre et de la femme malade. C’est par la foi qu’ils ont pu rencontrer Jésus et retrouver la vie. C’est important pour nous : la foi ne vient pas au terme de grands raisonnements ; ce qui est premier c’est la rencontre avec le Seigneur, c’est l’accueil de sa parole et de son amour. À partir de là tout est changé.

    Les gens de Nazareth n’ont pas accepté de faire ce pas. Ils ont manqué une occasion de mieux connaître Jésus et de mettre leur foi en lui ; tout cela parce qu’ils prétendaient connaître son origine. Ils sont restés aveuglés par leurs certitudes. Leur aveuglement les a empêchés de s’ouvrir à son mystère. C’est là un avertissement pour nous aujourd’hui : prétendre connaître Jésus c’est se mettre dans l’impossibilité de le reconnaître vraiment.

    Jésus a donc connu l’échec. Son exemple nous encourage lorsque nous faisons face à l’adversité, au découragement, à l’échec dans notre témoignage. Le Christ n’a pas pu toucher ses proches à cause de leur manque de foi. Il a été déçu à cause de cet échec face à eux. Cet échec ça fait mal, surtout quand ça vient de personnes proches. Mais Jésus nous enseigne qu’il ne faut pas se décourager. Il faut aller ailleurs. Ce sont les « étrangers » qui recevront la bonne nouvelle, ceux qui sont aux « périphérie ».

    C’est ce qui s’est passé pour le prophète Ézékiel (première lecture). Aujourd’hui nous le trouvons dans une période dramatique de l’histoire de Jérusalem. Il vient d’être déporté en terre étrangère en même temps que beaucoup de ses compatriotes. Il est envoyé vers cette nation rebelle qui s’est révoltée contre Dieu. Il devra faire preuve de beaucoup d’audace pour les appeler à la conversion. Rien ni personne ne devra l’empêcher de rendre compte de la foi et de l’espérance qui l’animent. Malgré les épreuves et les difficultés, la parole de Dieu devra être annoncée à temps et à contretemps.

    L’apôtre Paul a dû, lui aussi, affronter les insultes les faiblesses, les persécutions, les situations angoissantes. À cela s’ajoutent de graves problèmes de santé. Mais il découvre que Dieu agit dans sa faiblesse à lui. Il est habité par cette confiance en Dieu qui l’accompagne dans sa mission. Il est envoyé pour annoncer l’Évangile au monde païen. Mais c’est Dieu qui fait que sa parole porte du fruit.

    Comme le prophète et comme l’apôtre Paul, nous connaissons nos faiblesses et nos difficultés. Mais avec ce qui est petit est méprisé, le Seigneur peut faire de grandes choses. Nous sommes envoyés pour témoigner, mais le principal travail c’est lui qui le fait dans le cœur de ceux et celles qu’il met sur notre route. Nous en avons de nombreux témoignages dans l’histoire de l’Église.

    Avant de nous lancer dans la mission, nous te prions Seigneur : envoie-nous ton Esprit Saint. Qu’il vienne nous rappeler ce que tu nous as dit. Seigneur, sois avec nous pour que nous soyons de vrais témoins de ton amour.

    Sources : revues Feu Nouveau et Signes – Ta parole est ma joie (J. Proux) – Homélies des dimanches B (Mgr Léon Soulier) – guide Emmaüs des dimanches et fêtes (JP Bagot) – Homélies pour l’année B (A Brunot)

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  • Les lectures du jour

     

    « Dieu n’a pas fait la mort »
    Les textes liturgiques de ce dimanche nous annoncent une bonne nouvelle de la plus haute importance. La première lecture, extraite du Livre de la Sagesse, nous dit que « Dieu n’a pas fait la mort ». Elle n’a pas été créée par lui. Elle est entrée dans le monde par la jalousie du démon. Ceux qui se rangent dans son parti en font l’expérience. Le Livre de la Genèse nous rapporte que Dieu est le créateur de toute chose. Et à chaque étape de la création, nous lisons : « Dieu vit que cela était bon. » L’œuvre de Dieu est bonne. Elle est semence de vie et de bonheur. On n’y trouve pas le poison qui fait mourir.

     

    Mais le démon a défiguré cette œuvre divine. Il y a introduit la tentation et le péché. Cette rupture avec Dieu entraîne la mort. Mais sa puissance ne règne pas sur la terre « car la justice est immortelle ». Satan ne peut empêcher Dieu d’aimer tous les hommes.Puisque c’est par son péché que l’homme meurt, qu’il se convertisse et il vivra. Désormais un choix de vie s’imposera à tous : Dieu ou la mort.

    Notre Dieu ne cesse de nous combler de son amour. Mais ce don que nous avons reçu de lui, il nous faut le partager. Nous sommes une grande famille et dans cette famille, nous devons être solidaires les uns des autres. C’est ce message que saint Paul adresse aux corinthiens. Il a su provoquer un mouvement de solidarité en faveur de l’Église mère de Jérusalem. La situation matérielle de celle-ci était devenue très critique. En partageant, ils suivent Jésus qui a tout donné. Il s’est fait pauvre pour que vous deveniez riches de sa pauvreté.

    L’Évangile nous montre Jésus qui a rejoint l’autre rive, celle du monde païen. Il y est accueilli par une grande foule. Dès son arrivée, il rencontre des gens éprouvés par la souffrance. C’est d’abord Jaïre qui le supplie pour sa fille en danger de mort : « Viens lui imposer les mains pour qu’elle soit sauvée et qu’elle vive. » Jésus se met donc en route. Mais voilà que dans cette atmosphère bruyante, une femme atteinte d’hémorragies, s’approche de lui pour être guérie. Jésus ne lui dit pas : « Tu es guérie » mais « tu es sauvée ». Elle pourra donc être réintégrée dans sa communauté et y retrouver toute sa place. Le Christ se présente à nous comme celui qui sauve et qui relève.

    Puis c’est l’arrivée chez Jaïre. On lui annonce que sa fille vient de mourir et que ça ne sert plus à rien de déranger le Maître. Mais Jésus l’invite à un acte de foi. Cette fille dort et il va la réveiller et la relever. C’est comme quand on relève quelqu’un qui s’est couché. Jésus entre dans la maison. Il fait sortir tout le monde. Il ne garde que le père et la mère de l’enfant et quelques disciples. Il ne fait pas sur la jeune fille un geste de guérison. Il lui saisit la main et le dit : « Lève-toi ». Dans le langage du Nouveau Testament, le verbe « se lever » est synonyme de ressusciter.

    C’est ainsi que Jésus se révèle au monde comme le Sauveur de tous. S’il est venu dans le monde, c’est pour que tous les hommes aient la vie en abondance. Dimanche dernier, nous avons compris que Jésus est parti vers l’autre rive pour rejoindre le monde païen. Il nous fait comprendre que l’amour de Dieu est sans frontière. Il n’accepte pas de discrimination. Plus tard, Jésus enverra ses apôtres dans le monde entier. C’est pour répondre à cet appel que des prêtres, des religieux, des religieuses et des laïcs ont quitté leur famille, leur pays pour annoncer Jésus Christ à ceux qui ne le connaissent pas.

    Il y a dans cet Évangile une parole de Jésus qui risque de passer inaperçue : « Il leur dit de la faire manger ». Oui, bien sûr, elle a besoin de reprendre des forces. Mais ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que le Seigneur est venu nous « ressusciter » dans la foi. Il nous remet debout. Mais si nous voulons vivre de sa vie, nous devons nous nourrir de sa Parole et des sacrements. Si nous ne le faisons pas, la faiblesse reprendra le dessus et nous retomberons.

    Le grand désir du Seigneur, c’est que nous soyons réveillés de notre médiocrité, notre égoïsme et de notre désespérance. Il veut nous associer tous à sa mission. En nous nourrissant de sa Parole et de son Corps, il veut nous donner le dynamisme qui transforme les « sauvés » en « sauveurs ». Avec lui, nous pourrons entraîner les malades vers la Source de Vie. Et comme lui, nous tendrons les mains vers les endormis pour les aider à se lever et à marcher. Ils pourront ainsi aller à la rencontre de Celui qui est la vie et la résurrection.

    Nous faisons nôtres ce chant de John Littleton :
    Allez-vous en sur les places et sur les parvis !
    Allez-vous en sur les places,
    Y chercher mes amis,…
    Allez-vous en sur les places
    Et soyez mes témoins chaque jour !

    Sources : Revue Signes, Feu Nouveau – Guide Emmaüs des dimanches et fêtes – Homélies du dimanche B (Léon Soulier) – Lectures bibliques des dimanches B (Albert Vanhoye) – Reste avec nous quand vient le soir (Laurette Lepage) – Ta Parole est ma joie (Joseph Proux) – ADAP (Nouvelle Calédonie)

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    Nativité de saint Jean-Baptiste (B) - 24 juin 2018

    L’avenir de Dieu fait toujours du neuf !

    nativité de saint Jean-Baptiste

    La nativité de saint Jean-Baptiste. Le Tintoret, circa 1554. Huile sur toile, 181 x 266 cm. Musée de l’Ermitage, Saint-Pétersbourg (photo : Wikipedia).

     La naissance de Jean le Baptiste : Luc 1, 57-66.80

    Les lectures : Isaïe 49, 1-6 ; Psaume 138 (139) ; Actes 13, 22-26
    Les citations bibliques sont tirées de la Traduction liturgique officielle.

    Le jour de la fête nationale rappelle aux plus vieux d’entre nous les défilés
    de la Saint-Jean, clôturés par le char allégorique du ‘petit Jean-Baptiste’, un blondinet bouclé de 5-6 ans avec son petit mouton. Image charmante et pacifique, très différente du Jean des Évangiles : ce prédicateur dérangeait
    et interpellait vertement son auditoire en annonçant la venue prochaine du jugement de Dieu.

    Le récit de sa naissance est plus proche de nos souvenirs de la fête, et rappelle aussi ces moments de joie qu’on vit habituellement à l’arrivée d’un enfant dans la famille. Luc ouvre ce récit sur la joie, lui qui souligne souvent
    ce thème dans son livre. La première étape du récit met en scène l’aspect communicatif et communautaire de la joie, qui déborde de la famille vers les voisins. Depuis le début du livre, les ‘cercles de joie’ s’élargissent : d’abord la joie que l’ange annonce à Zacharie, puis celle d’Élisabeth accueillant Marie,
    qui répond par un chant de joie au Seigneur (1,14 ; 1,44 ; 1,46-47). Viendra enfin la grande joie pour tout le peupleannoncée par l’ange de la nuit de Noël (2,10-11), déjà esquissée dans la finale de notre récit : l’événement familial irradie dans toute la région alentour.

    On constate donc chez Luc une extension de la joie normale liée à une naissance : c’est le thème théologique de « la joie de l’Évangile », selon les mots du pape François. La joie qu’on éprouve devant les signes de l’amour
    de Dieu. La compassion divine est ici la première source de joie : les voisins
    se réjouissent d’abord en apprenant la grossesse d’Élisabeth. Ils y recon-naissent le signe que Dieu a fait éclater la grandeur de sa miséricorde pour elle, comme jadis pour la vieille Sara, devenue mère d’Israël (Gn 18,1-15). Car la stérilité du couple était un malheur pour la femme, et son mari pou- vait la répudier après dix ans de mariage sans enfant. On comprend la lou- ange d’Élisabeth pour ce Dieu source de vie : Voici ce que le Seigneur a fait pour moi, il a ôté ma honte publique (1,25). Ses proches partagent sa joie.

    Pour Luc les événements qui manifestent le salut sont l’effet des entrailles
    de compassion de Dieu
     pour nous, comme Zacharie le chantera (littéralement 1,78). Luc insère ici ce beau cantique, qui donne au récit de la naissance de Jean sa portée théologique et catéchétique. Le salut pour Élisabeth et Zacharie déborde le couple et s’inscrit dans la grande histoire de l’Alliance et du salut de tous. Un poème à lire! (1,67-79) Car ce dimanche ne nous invite pas à nous réjouir d’une lointaine naissance, mais plutôt à nourrir notre joie devant les signes actuels de salut et l’intérêt que le Dieu de Vie nous porte encore aujourd’hui!

    De surprise en surprise

    La grossesse de cette femme âgée a étonné les gens. La suite les étonnera plus encore, au jour du nom et de la circoncision, qui fait du bébé un fils de l’Alliance. La situation traditionnelle, et le récit lui-même, évoquent bien le poids des coutumes et de l’ordre établi. Les gens appellent déjà l’enfant Zacharie, comme son père.

    On doit remarquer l’audace d’Élisabeth, qui prend la parole et déclare, alors qu’elle devrait se taire, selon le rôle effacé des femmes. Les hommes réunis pour la cérémonie ne lui demandent pas son avis, même si le père est muet! On reconnaît ici l’importance du rôle des femmes dans l’œuvre du salut, chez Luc, dans son Évangile comme dans le livre des Actes.

    Mais non, déclare-t-elle, il s’appellera Jean! Nouvel étonnement du groupe : Élisabeth décide et annonce un nom absent de la lignée familiale. On donnait plus souvent au premier fils le nom du grand-père. Mais parfois celui du père si celui-ci souffrait d’une infirmité. Or Zacharie est muet depuis qu’il a douté de la parole de l’ange lui annonçant un fils (1,20). Et peut-être sourd aussi, car les voisins lui parlent par signes.

    Nous aussi préparons à l’avance le nom du bébé à venir. Le nom marque la naissance sociale, son insertion dans le groupe, le langage et la culture. On le choisit avec soin, conscients du lien avec l’identité personnelle : ce sera son « son nom propre », qui le situe comme individu dans ses relations. Il devient souvent notre premier acte de communication : je m’appelle... et toi? La personne sera unique. Et autant que possible, l’enfant ne sera pas la pure projection des parents. Mais la psychologie nous apprend combien il est fréquent de reporter sur l’enfant, plus ou moins consciemment, la tâche d’accomplir ce que le parent n’a pas réussi. Une sorte de transfert de destin. C’est ce que l’enfant de Zacharie et Élisabeth risque ici. Un enfant clone de son père, dont le destin est tracé d’avance par l’héritage familial. Surtout qu’en monde juif, le fils du prêtre Zacharie sera certainement prêtre aussi, engagé dans un rôle que tout le peuple honore, un rôle qui ne se refuse pas!

    Ainsi, à tout ce poids de l’ordre établi Luc oppose, dans la déclaration d’Élisabeth, la nouveauté du salut qui vient, une nouveauté qui déborde le cadre de la naissance de Jean et prépare l’avènement de Jésus, qui proclamera bientôt le Règne de Dieu tout proche. Cette nouveauté étrange, le père muet la confirme en écrivant : son nom est Jean. Il obéit ainsi à la parole de l’ange (1,13), et du coup, il retrouve la parole.

    On comprend l’étonnement des parents et voisins : malgré les traditions et les contraintes d’ordre social et familial, la nouveauté surgit! L’avenir de cet enfant n’est pas tracé d’avance mais ouvert sur de l’imprévu, du non planifié. C’est le surgissement de l’inattendu de Dieu.

    L’enfant ouvre notre avenir

    Nous portons plusieurs questions quand naît un enfant : que fera-t-il? qui deviendra-t-il? La présence d’un nouveau-né nous rend plus conscients que l’avenir n’est pas enfermé dans nos petites routines. Il nous déborde et reste indéterminé, en bonne part hors de notre contrôle. Source à la fois d’espérances et d’inquiétudes. Le récit de Luc intègre ces questions normales, mais encore ici il leur fait déborder le contexte limité du cadre familial. Car aux yeux des témoins, Dieu est associé aux événements qui viennent d’arriver : la grossesse tardive d’Élisabeth, le nom étranger de l’enfant, le mutisme soudain du père et sa guérison inattendue. De sorte que Luc élargit la portée des questions; elles concernent tout le monde. Tous ceux qui entendaient parler de ces événements les mirent dans leur cœur, en disant : « Que sera donc cet enfant? » Luc invite ses lecteurs à dépasser ici le récit de l’arrivée d’un bébé, pour y lire le signe de l’histoire du salut que Dieu met en œuvre. Apprendre à la lire dans les plus petits signes de sa Vie.

    Certaines traces de Dieu dans les récits bibliques sont moins perceptibles pour les lecteurs modernes. Entre autres dans les jeux de mots et les noms des personnes. Dans ce récit de naissance où le nom joue un rôle si important, chaque personnage porte, inscrit dans son nom, la référence à la grande saga de l’histoire du salut :

    • Élisabeth (hébreu  Eliy - sheba) : ‘mon Dieu tient promesse’ (El : Dieu, le i marque le possessif)

    • Zacharie (Zakar - yah) : ‘le Seigneur se souvient’ (yah, yo, etc. : contractions du nom Yahvé )

    • Jean (Yo - hannan) : ‘le Seigneur fait grâce’.

    Le Seigneur se souvient de son Alliance avec les enfants d’Abraham, comme le chantent Marie et Zacharie, et il accomplit ses promesses. Le fait que le nom de Jean arrive là où on ne l’attend pas annonce un dépassement de ce que signifient les noms de ses parents : il vivra au désert plutôt qu’au Temple, et il préparera le peuple pour la venue de Jésus, dont le rôle sera d’incarner et révéler la Parole de la grâce de Dieu (voir 1,17.77-78 et 4,18).

    Francine Robert

    Source : Le Feuillet biblique, no 2582. Toute reproduction de ce commentaire, à des fins autres que personnelles, est interdite sans l’autorisation du Diocèse de Montréal.

    source www.interbible.org 

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  • 10e dimanche du temps ordinaire, année B

    Père Gilbert Adam

    Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère.

    Gn. 3, 9-15 Ps. 129 2 Co. 4,13–5, 1 Mc. 3, 20-35

    « Alors Jésus revient à la maison, où de nouveau la foule se rassemble, si bien qu’il n’était même pas possible de manger. »

    Les gens de chez lui, l’apprenant, vinrent pour se saisir de lui, car ils affirmaient : « Il a perdu la tête. » Les scribes, qui étaient descendus de Jérusalem, disaient : « Il est possédé par Béelzéboul ; c’est par le chef des démons qu’il expulse les démons. » Les fonctionnaires de la religion attaque Jésus par une accusation terrible : il aurait partie lié avec Béelzeboul, le chef des démons. Jésus invite ses disciples à prendre conscience des liens profonds qui les unissent à lui-même. Ils partagent avec lui la vie la plus précieuse, ils sont entrés dans son intimité, au point qu’il leur révèle ses secrets divins. Ils sont sa famille, celle qui est constituée de ceux avec qui il vit, ceux qui écoutent sa Parole. La véritable grandeur de Jésus réside dans son accomplissement de la volonté de Dieu. Ces quelques mots nous plongent de façon étonnante au tréfonds du Cœur de Jésus. Il a un cœur universel, aux dimensions du monde, ouvert à toute l’humanité, sans exception. Il se sent le frère de toute personne qui fait la « volonté de Dieu. » Cette famille ne connaît pas de limites.

    Les appelant près de lui, Jésus leur dit en parabole : « Comment Satan peut-il expulser Satan ? Si un royaume est divisé contre lui-même, ce royaume ne peut pas tenir. Si les gens d’une même maison se divisent entre eux, ces gens ne pourront pas tenir. Si Satan s’est dressé contre lui-même, s’il est divisé, il ne peut pas tenir ; C’en est fini de lui. Mais personne ne peut entrer dans la maison d’un homme fort et piller ses biens, s’il ne l’a d’abord ligoté. Alors seulement il pillera sa maison.Jésus déconstruit l’accusation des scribes descendus de Jérusalem : le chef des démons ne peut pas se combattre lui-même. Par contre Jésus est en capacité d’entrer dans la maison du fort, de le lier, et de piller sa maison, libérant l’esprit des gens. Pour que Dieu soit le maître en nous, il lui faut avoir ligoté ce qui peut nous déborder et nous empêcher de suivre l’Esprit Saint. Cette parole nous donne de regarder le combat de Jésus qui nous délivre. Nous pouvons alors nous rendre compte que notre propre combat spirituel est situé dans le combat de Jésus. Comme Jésus est vainqueur, déjà nous sommes vainqueurs. Jésus fait une annonce très importante. Marie est doublement sa Mère ! Non seulement elle lui a donné son sang et son lait, mais elle est l’humble servante de Dieu.

    « Qui est ma mère ? qui sont mes frères ? » Et parcourant du regard ceux qui étaient assis en cercle autour de lui, il dit : « Voici ma mère et mes frères. Celui qui fait la volonté de Dieu, celui-là est pour moi un frère, une sœur, une mère. » Jésus nous introduit dans l’universalisme de son cœur. Ce que Dieu veut, c’est le véritable amour. Cet universalisme rejoint tout homme, toute femme quelque soit sa religion. Nous sommes tous ses frères et sœurs en aimant vraiment. Nous sommes appelés à être unis au Saint Esprit et à écouter les inspirations qu’il met en notre cœur. Notre but est de trouver la volonté de Dieu et de la suivre en ce qu’il nous demande. La sainteté ne vient pas de ce que nous faisons, mais de l’amour avec lequel nous faisons ce que Dieu veut de nous. Nous ressentons une telle joie en entendant Jésus nous dire que nous pouvons faire partie de ses proches, comme de sa propre mère. Jésus, guide-nous toujours à rechercher ta volonté. Ne me permets pas que nous imposions notre volonté dans tous nos combats.

    Nous demandons la grâce de contempler Jésus dans le combat qu’il mène pour nous sauver. Soumis à l’épreuve, Il est victorieux de toute épreuve et nous entraîne dans la victoire de son amour pour accomplir la volonté de notre Père.

    23 ;28 Amen, je vous le dis : Tout sera pardonné aux enfants des hommes : leurs péchés et les blasphèmes qu’ils auront proférés. ;29 Mais si quelqu’un blasphème contre l’Esprit Saint, il n’aura jamais de pardon. Il est coupable d’un péché pour toujours. » ;30 Jésus parla ainsi parce qu’ils avaient dit : « Il est possédé par un esprit impur. » ;31 Alors arrivent sa mère et ses frères. Restant au-dehors, ils le font appeler. ;32 Une foule était assise autour de lui ; et on lui dit : « Voici que ta mère et tes frères sont là dehors : ils te cherchent. » 33 Mais il leur répond :

    source http://www.pere-gilbert-adam.org

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  • Homélie pour la fête du Saint Sacrement (reprise de 2015)

    Abbé Jean Compazieu 

     Pain rompu pour un monde nouveau

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    Textes bibliques : Lire

    Nous célébrons aujourd’hui la fête du Corps et du Sang du Christ. Pour comprendre cette fête, il faut se rappeler que le mot « Corps » n’a pas la même signification qu’aujourd’hui. Dans le monde de la Bible, il ne désigne pas seulement le Corps physique mais la personne tout entière. Quand nous lisons que Jésus livre son Corps pour nous et pour la multitude, cela signifie qu’il s’est entièrement donné pour le salut du monde. 

    Dans la première lecture, nous voyons le peuple Hébreu qui se trouve rassemblé devant Moïse. C’est l’histoire d’un Dieu qui fait alliance avec son peuple. Cette alliance est symbolisée par le sang versé sur l’autel puis sur l’assemblée. Nous savons que le sang c’est la vie. Sans avoir une connaissance exacte de son rôle, les gens avaient bien vu que la perte de sang conduisait à la mort. Actuellement, nous voyons qu’un sang donné peut sauver des vies. Le sang est porteur de vie. C’est donc un pacte de vie qui lie Dieu et son peuple. A chaque messe, c’est le même Dieu qui rejoint les communautés réunies en con nom. Comme les Hébreux, nous y redisons notre joie d’être aimés et choisis par Dieu.

    La lettre aux Hébreux (2ème lecture) s’adresse à des chrétiens qui restaient fascinés par les cultes sacrificiels juifs. Ils regrettent de ne pas trouver cette splendeur dans les célébrations chrétiennes. Ce qu’ils doivent bien comprendre, c’est que les sacrifices de l’ancienne alliance n’étaient qu’un point de départ. Le véritable don du sang qui nous fait participer à la vie même de Dieu c’est celui qu’a accompli le Christ sur la croix. Il nous a arrachés à l’emprise du mal en nous proposant de vivre de son amour. C’est là le véritable sacrifice. A chaque messe, nous assistons « en direct » au moment où Jésus a fait don de sa vie. C’est la victoire de la vie sur la mort et nous en recevons les fruits.

    L’Évangile nous parle du dernier repas de Jésus au soir du Jeudi Saint. En lisant ce récit de plus près, nous remarquons un point qui risque de passer inaperçu.  Les disciples ne disent pas : « pour que nous mangions la Pâque » mais « pour que TU manges la Pâque ». C’est comme si le repas pascal était celui de Jésus seul. Pour l’évangéliste, c’est une manière de relier le repas pascal juif à Jésus. Ce repas devient celui de Jésus : « Ceci est mon Corps… Ceci est mon sang ». Le rite de l’alliance de l’Ancien Testament est repris ; mais le véritable Agneau Pascal immolé et mangé, c’est Jésus lui-même. Il se livre pour libérer l’humanité tout entière de ce qui l’éloigne de Dieu.

    Ce qu’il ne faut pas oublier, c’est que l’Eucharistie est « le sacrifice de toute l’Église ». Cela nous est rappelé à la fin de l’offertoire. Ce sacrifice ce n’est pas seulement celui de l’assemblée présente à l’église. A travers cette assemblée, c’est toute l’Église qui fait monter sa prière vers le Seigneur. Et quand le prêtre dit avant la communion « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde », il ne s’adresse pas seulement aux fidèles présents mais au monde. Le Christ ne demande qu’à se donner à tous pour être leur nourriture et leur serviteur. Il aime chacun d’un amour qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer.

    Dans ce grand mystère de l’Eucharistie, il y a un point important qu’il ne faut jamais oublier : nous savons qu’au moment de la Consécration, le pain et le vin deviennent le Corps et le sang de Jésus. Mais c’est surtout nous-mêmes et notre monde que le Seigneur veut consacrer et diviniser. C’est nous-mêmes qu’il veut remplir de sa présence. Ce don n’est pas seulement réservé à ceux qui sont rassemblés dans l’église. Il est pour tous. Jésus a été envoyé au monde non pour le juger mais pour le sauver.

    Voilà ce repas auquel nous sommes tous invités. C’est vraiment LE moment le plus important de la semaine. Le Christ ressuscité est là ; il nous rejoint. A chaque messe, nous célébrons celui qui nous a aimés comme on n’a jamais aimé. C’est la moindre des choses que nous répondions à cette invitation. C’est vrai que dans certains endroits, cela devient difficile. En raison du manque de prêtres, nous assistons à une baisse drastique du nombre de messes. Mais quand il n’y a plus de boulanger dans un village, on sait s’organiser pour ne pas rester sans pain. Aujourd’hui, le Christ se présente à nous comme « le pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. » L’Eucharistie est vraiment un cadeau extraordinaire. C’est une nourriture pour la Vie éternelle.

    En cette fête du Corps et du Sang du Christ, nous renouvelons notre action de grâce pour la merveille que nous célébrons. Et nous faisons nôtre cette prière du prêtre avant la communion : « Que ton Corps et ton sang me délivrent de tout mal et que je ne sois jamais séparé de toi ».

    Télécharger « Fête du Saint Sacrement.pdf »

    Sources : Revues Signes et Feu Nouveau – Ta Parole est ma joie (J  Proux) – Les entretiens du dimanche (N. Quesson) – Homélies pour l’année B (A Brunot) – Guide Emmaüs des dimanches et Fêtes

    source http://dimancheprochain.org

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