• Mercredi des Cendres

    Abbé Jean Compazieu 

    Mercredi des Cendres (9 mars 2011) 

    Textes bibliques : Lire

    eucharistie.jpgEn ce jour du mercredi des Cendres, nous entrons dans le temps du Carême. Avant toute chose, nous devons nous demander ce qu’est le Carême. Si nous cherchons dans le dictionnaire, nous lisons que c’est un temps de pénitence. Il associe ce mot aux expressions « face de carême… visage pale, triste, maussade ». Beaucoup de chrétiens ne voient cette période que sous son aspect négatif. On y parle beaucoup de renoncements et d’efforts (même si on n’en fait aucun). Un jour, j’ai demandé à des enfants s’ils savaient ce qu’est le carême. Quelqu’un m’a répondu : « On ne mange pas de viande. » Un autre a ajouté : « On ne mange pas de bonbons. » L’an dernier, un animateur de radio a cru bon de dire que le Carême est « tombé en désuétude ».


    Et pourtant, ils sont de plus en plus nombreux ceux et celles qui veulent redonner à cette période toute sa valeur. Beaucoup sont abonnés à la « Retraite dans la Ville » sur Internet. D’autres se sont procuré des livrets qui les guideront tout au long de ces quarante jours. Et dans les paroisses, des efforts sont faits pour rendre le carême plus visible. Il ne tient qu’à nous de tout faire pour qu’il ne tombe pas en désuétude. Même si nous sommes très pris par nos diverses occupations, nous ferons tout pour remettre le Seigneur au centre de notre vie. Il compte sur chacun de nous pour donner au monde le témoignage de notre foi, de notre espérance et de notre amour.


    C’est vrai que parmi les pratiques religieuses du carême, l’aumône, le jeûne et la prière tiennent une place de la plus haute importance. Mais si nous jeûnons, ce n’est pas pour le plaisir de nous imposer des mortifications. L’essentiel est ailleurs. Si Jésus nous demande de tout laisser pour le suivre, c’est parce qu’il a beaucoup mieux à nous proposer. C’est un peu comme pour celui qui veut construire une maison. Il prendra soin d’éviter toutes les dépenses inutiles, sinon il n’y arrivera pas. Ce bien supérieur qui nous est proposé, c’est Dieu, c’est son amour, son Royaume. Voilà le vrai but de notre vie. Et il importe que nous nous libérions de tout ce qui pourrait faire obstacle à notre marche à la suite du Christ.


    Si nous jeûnons, c’est aussi pour partager avec ceux qui ont faim. Ils sont de plus en plus nombreux ceux et celles qui ne vivent qu’avec deux ou trois euros par jour, même chez nous en France. Chaque année, le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement nous sensibilise à la situation dramatique de ces populations. Il ne s’agit pas de leur donner de la nourriture ou de l’argent mais de les soutenir et les accompagner dans un projet de reconstruction et de développement. C’est ainsi que nous les aiderons à sortir de la misère. C’est à nos gestes de partage et de solidarité que nous serons reconnus comme disciples du Christ. Rappelons-nous : Tout ce que nous aurons fait au plus petit d’entre les siens, c’est aussi à lui que nous l’aurons fait.


    Ceci dit, l’Evangile nous met en garde contre certaines dérives. L’aumône, la prière et le jeûne, c’est important ; c’est même nécessaire. Mais le Christ nous avertit : « Si vous voulez agir comme des justes, évitez d’agir devant les hommes pour vous faire remarquer. » Nous vivons dans un monde de performance et de compétition. Ce sont les meilleurs qui sont mis en avant. Ils cherchent à obtenir la gloire qui vient des hommes. Cette gloire, ce n’est que du vent. Cela ne sert à rien de courir après les honneurs. L’essentiel est ailleurs. Dieu voit ce que nous faisons dans le secret. Il nous le revaudra. Nos pratiques religieuses doivent refléter une sincérité intérieure. Jésus nous invite à tout faire non pour nous-mêmes ou pour notre image mais seulement pour Dieu. Sincérité, discrétion et humilité nous ouvrent à la grâce surabondante de notre Père qui nous le revaudra.


    Un dernier point : Jésus s’adresse à des disciples réunis autour de lui sur la montagne. Cette montagne c’est le lieu symbolique de la présence de Dieu. C’est là qu’il nous appelle à le rejoindre pour accueillir sa Parole. Tout au long du Carême, nous entendrons des appels à revenir vers lui de tout notre cœur et à accueillir son amour, un amour qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Le Christ ne cesse de nous faire comprendre que nous sommes son seul souci. Alors, ne restons pas à mi-chemin de lui. Tournons-nous vers celui qui veut nous associer à sa victoire sur la mort et le péché. Que cette promesse nourrisse notre espérance et notre amour.

    Oui, Seigneur, donne-nous de savoir désencombrer nos cœurs et nos vies pour être capables de t’accueillir, toi qui n’as jamais cessé de nous aimer. Amen


    D’après diverses sources

    Source http://dimancheprochain.org/

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  • 9ème dimanche du temps ordinaire (6 mars 2011)

    Abbé Jean Compazieu

     

    Construire sur le roc 

    Textes bibliques : Lire


    Bougie rouge Dans l’évangile de ce dimanche, Jésus nous invite à construire sur du solide. C’est absolument nécessaire quand on veut bâtir une maison. Il faut qu’elle soit solidement accrochée au sol, sinon elle risque fort d’être emportée par la tempête. Les médias nous en donnent régulièrement des exemples. Telle ou telle maison qui n’était pas construite dans les normes de sécurité a vu ses murs se lézarder et se dégrader de plus en plus. Aujourd’hui, Jésus part de ce que chacun a pu observer, la maison solide sur le rocher ou la maison fragile sur le sable. Il utilise ces images pour nous transmettre un message de la plus haute importance. Son but, c’est en effet de nous montrer sur quoi nous devons construire notre vie.


    A travers tout cela, le Christ nous fait comprendre que notre vie est un vaste chantier. Nous sommes en continuelle construction. Cet évangile voudrait rejoindre ceux qui veulent construire une vie de couple, une famille, une personnalité intérieure, une vie chrétienne. Sur un chantier, il y a normalement un architecte qui organise des réunions. Les artisans se doivent de tenir compte de ses consignes. Pour nous, chrétiens, c’est Jésus notre chef de chantier. C’est lui que nous sommes invités à écouter. C’est sa Parole que nous devons mettre en pratique. Avec lui, la construction d’une vie, d’un couple, d’une famille, sera vraiment solide. Elle résistera aux tempêtes de la vie. C’est un appel pour chacun de nous à suivre le Christ. Lui seul a les paroles de la Vie Éternelle.


    La Bible en général et les psaumes en particulier donnent au Seigneur le nom de « rocher » : « Il est mon rocher, mon juge, ma citadelle » (psaume 62. 8). Il est Dieu, le rocher où je me réfugie » (Psaume 18. 3). Nous, croyants, nous voulons établir notre vie sur la tendresse et l’action du Seigneur. Sa présence est un gage de solidité. Je pense aux jeunes qui demandent le sacrement de mariage avec une foi plus ou moins affirmée. Ils souhaitent tous construire un foyer qui résistera aux tempêtes de la vie. Confusément, ils sentent que Dieu accompagne leur projet de vie. Et là, ils ont entièrement raison.


    C’est aussi vrai pour chacun de nous. La réussite totale de notre vie dépend de la fermeté de notre attachement au Christ. Un jour, quelqu’un disait : « Avec Dieu, tu construis parasismique ». L’important c’est que nous entendions la Parole de Dieu et que nous la fassions passer dans toute notre vie. Avec lui, nous ne pouvons plus vivre comme avant. La solidité de la construction dépend aussi de nos convictions et valeurs familiales. Fonder son existence sur l’injustice et le mensonge ne peut que conduire à la ruine. La volonté de Dieu c’est que nous participions tous à la construction d’un monde plus juste et plus fraternel et que personne ne soit laissé loin de son amour.


    Il ne suffit donc pas d’avoir de belles paroles. Nous vivons dans un monde qui sait faire de grands discours en tous genres. Mais bien souvent, les actes ne suivent pas. Nous constatons un gros décalage entre les belles promesses et la réalité de la vie de tous les jours. Le monde chrétien n’est pas le dernier à tomber dans ce travers. Il y a souvent incohérence entre ce que nous disons et la manière dont nous vivons ; c’est ce qui se passe quand nous refusons de partager avec celui qui n’a rien, quand nous tolérons une injustice, quand nous nous gardons de la rancune contre tel ou tel qui nous a fait du mal. A travers eux, c’est le Seigneur lui-même qui est rejeté et méprisé. Notre grande tentation c’est de nous évader dans le bavardage. Aujourd’hui il vient nous appeler à mettre toute notre vie en accord avec l’Evangile. Nous n’aurons jamais fini de nous ajuster à cet amour infini qui est en Dieu Père, Fils et Saint Esprit. Le Carême qui commence mercredi prochain va nous le rappeler.


    En Dieu, le « dire » et le « faire » ne font qu’un. Il veut qu’il en soit ainsi chez les hommes. Au jour du jugement nous aurons à répondre des actes de notre vie. Nous devrons déposer le bilan de ce que nous aurons fait après avoir écouté la voix de notre conscience. Nous devons veiller à tout faire pour que nos prières ne soient pas de simples paroles. Il faut qu’elles soient source de force et deviennent action, qu’elles nous rendent plus forts pour travailler à l’œuvre du Seigneur.


    Nous nous tournons vers toi, Seigneur. Nous te demandons de nous donner force et courage pour aimer comme toi et avec toi. Viens éclairer notre humanité. Viens nous faire comprendre qu’en dehors de toi, on bâtit sur le sable. Donne-nous de construire du solide avec Toi. Amen


    (D’après diverses sources)

    Source http://dimancheprochain.org

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  • 8ème dimanche du temps ordinaire 27 février 2011

    Abbé Jean Compazieu


    Dieu et l’argent…


    sermon montagneTextes bibliques : Lire 


    « Vous ne pouvez servir le Dieu Amour et le Dieu Argent ». Les deux sont totalement opposés. Dieu et l’argent, voilà deux maîtres entre lesquels il nous faut choisir. En définitive, c’est Dieu ou moi. Ce « moi », c’est mon petit confort, c’est la recherche de l’argent, le souci de la nourriture et du vêtement. C’est le « moi » qui veut être le seul maître chez lui. C’est lui que j’ai tendance à vouloir servir. Ici, le mot « servir » a un sens religieux. Or, la Bible nous dit inlassablement que le seul que nous pouvons servir c’est Dieu. Nous ne devons pas nous faire des idoles car toute idolâtrie fait de nous des esclaves. L’argent peut devenir une idole. Quand on est obsédé par l’envie d’en gagner toujours plus, on en devient vite esclave. Bientôt, nous n’aurons plus le temps de penser à autre chose. Nous devons nous méfier de ce que nous possédons pour éviter d’être possédés.


    Nous vivons dans un monde de plus en plus régi par la finance. La rentabilité passe avant le souci du bien des personnes. Ce n’est pas l’usage de l’argent que Jésus condamne. Il peut être très utile pour nous procurer ce dont nous avons besoin. Mais il sera toujours un mauvais maître. On ne peut pas se le procurer à n’importe quel prix, surtout pas au prix de la violence. Beaucoup pensent qu’avec beaucoup d’argent, ils seront plus heureux. Notre société ne se gêne pas pour attiser ce désir, jusqu’à la frénésie. Certains problèmes matériels seront peut-être résolus, mais l’argent ne peut à lui seul nous assurer l’avenir ni le vrai bonheur. Les biens de consommation que nous accumulons nous laissent toujours insatisfaits. D’autre part, un jour viendra où il nous faudra tout laisser. C’est bien sûr une allusion à notre mort. Jésus veut simplement nous faire comprendre qu’il ne nous sera plus d’aucune utilité.


    En ce dimanche, le Christ vient nous rappeler que notre avenir est dans les mains de Dieu. Il est notre Père, un Père qui aime chacun de ses enfants et qui veut leur bonheur ; il tient à eux comme à son bien le plus précieux. Il prend soin de toutes les créatures qu’il a faites. Il nourrit les oiseaux du ciel. Il habille les fleurs des champs, mieux que ne l’était Salomon dans toute sa gloire. Pour lui, nous valons bien plus que tous les oiseaux du ciel et l’herbe des champs. Il nous invite à en tirer toutes les conséquences : c’est pour nous un appel à nous en remettre à lui dans une confiance totale.


    Concrètement, nous dit Jésus, cessez de vous prosterner devant votre coffre-fort et de regarder vos billets de banque comme des images pieuses. Ne vous faites pas tant de souci. Votre Père du ciel sait mieux que vous de quoi vous avez besoin. Ce n’est pas une invitation à la paresse ou à l’insouciance. Nous ne sommes ni des oiseaux ni des fleurs. Nous avons un cerveau et des bras pour dominer la terre et l’organiser en vue de notre bien et celui du monde. Mais la grande priorité c’est notre vocation d’être à l’image de Dieu. Jésus nous invite à lui donner la première place dans notre vie, la place du Maître, sans nous occuper de nous. Lui s’en occupera bien mieux que nous.


    Cet appel du Christ, il nous faut sans cesse le réentendre et nous en imprégner. Le danger nous guette de perdre de vue l’essentiel et de nous détourner vers des sentiers qui ne mènent pas à la vraie vie mais vers des impasses. Il y a des visions chatoyantes qui ne sont que des mirages. L’important c’est de chercher d’abord le Royaume de Dieu et sa justice ; c’est de tout faire pour que Dieu règne en moi et qu’il ait vraiment la direction de ma vie. Il ne cesse de nous appeler à nous ajuster à lui sans nous préoccuper de nous. Nous ne devons pas hésiter à nous en remettre à lui pour tout ce qui nous concerne.


    Cette confiance en Dieu n’exclut pas les peines de la vie en particulier celle des fins de mois difficiles. Mais la foi vient nous délivrer du stress, ou du moins, elle permet de le relativiser, de ne pas s’y noyer. Quand le croyant fait cette expérience, il connaît la paix du cœur souvent promise par Jésus. L’homme vaut bien plus que tout l’argent et les richesses qu’il peut posséder. Ce qui fait la valeur d’une vie, c’est l’amour que nous y mettons. C’est là-dessus que nous serons jugés.


    Notre horizon de croyants, c’est le Royaume de Dieu. Dans le quotidien de nous vies, Dieu est le seul qui est digne d’être servi et adoré. « Soit que vous mangiez, soit que vous buviez, faites tout pour la gloire de Dieu » nous dit saint Paul. Quand nous allons faire nos courses sur la marché pour nous nourrir ou nous habiller, ce n’est jamais neutre. Faire le plein du frigo ou de la garde-robe c’est tout à fait légitime, mais c’est secondaire ; c’est tout juste bon à nous libérer le cœur et l’esprit pour que nous soyons attentifs à la vraie priorité, l’amour de Dieu et des frères : « Là où est ton trésor, là aussi sera ton cœur  » (Mt 6. 21).


    En ce jour, nous nous tournons vers toi, Seigneur. Quand les soucis nous accablent, donne-nous de mettre en toi toute notre confiance. Apprends-nous à nous libérer de tous nos esclavages et à être des porteurs de ton amour auprès de tous nos frères. Amen

    D’après diverses sources

    Source http://dimancheprochain.org

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  • 7ème dimanche du temps ordinaire – 20 février -

    Abbé Jean Compazieu

     

    Sermon sur la montagne


    sermon montagneTextes bibliques du 20 février : Lire ici


    Dans l’évangile de ce jour, Jésus part d’une loi de l’Ancien Testament : « Vous avez appris qu’il a été dit : œil pour œil, dent pour dent. » A l’époque cette loi visait à freiner la vengeance disproportionnée. La victime ou sa famille devaient se contenter d’un minimum de vengeance. On sait ce que la rancune a pu donner en Corse et dans certains pays où sévit la guerre civile. La volonté de Jésus c’est de casser cette spirale de la violence. Il nous adresse des paroles fortes qu’il nous faut accueillir telles qu’elles sont. Mais en même temps, nous devons faire très attention à la manière dont nous les interprétons. Il n’est pas question de laisser courir les racketteurs et les voleurs. Quand des enfants sont victimes de violences, il faut leur demander de le dire. Notre responsabilité c’est de les protéger.


    Aujourd’hui, Jésus voudrait nous inviter à faire un pas de plus : N’ajoutez pas de la haine à la haine ; arrêtez cette montée de la vengeance qui ne fait qu’attiser la haine. Nous en avons un exemple très fort dans la vie d’Edmond Michelet. Quand il a été dénoncé et envoyé en camp de concentration, il a écrit à sa famille : « Il nous faut pardonner ; c’est la seule attitude qui convienne à des chrétiens. » Lui-même a fini par rencontrer le jeune qui l’avait dénoncé et il lui a pardonné. Ce témoignage rejoint celui du Christ sur la croix : « Père, pardonne-leur, ils ne savent pas ce qu’ils font. » C’est auprès de Jésus et en lui que nous trouvons la force de pardonner comme lui et avec lui.


    Ce que le Christ attend de nous c’est précisément que nous aimions comme lui-même nous a aimés. Quand nous lisons les évangiles, nous le voyons accueillir tous ceux et celles qui viennent à lui ; il n’a pas hésité à s’approcher des lépreux alors que c’était formellement interdit par la loi de Moïse ; il est allé chez les pécheurs ; il a pardonné à ces bourreaux. Son amour était si grand qu’il a livré son corps et versé son sang pour le salut du monde. Dans l’évangile de ce jour, il nous adresse des paroles fortes : « On vous a dit… Moi je vous dis. »


    C’est une manière de montrer à tous qu’il parle avec l’autorité de Dieu. Et il ne se contente pas de parler. Il nous montre l’exemple ; il est celui qui aime ses ennemis et prie pour eux. L’amour vrai ne calcule pas ; il donne jusqu’au bout et sans mesure. Il n’est plus question d’en rester au permis ou au défendu. L’important c’est d’aimer toujours et partout, comme le Christ et avec lui.


    « Soyez parfaits comme votre Père céleste est parfait », nous dit encore Jésus. Cette parole rejoint celle de la première lecture : « Soyez saints, car moi, le Seigneur votre Dieu, je suis saint. » Cette sainteté ne doit pas être envisagée comme un ensemble de performances et de sacrifices mais comme une participation aux dispositions de Dieu lui-même. Cet appel s’adresse à tous et pas seulement à une élite. Jésus vient apporter un complément. S’adressant au jeune homme riche, il lui dit : « Si tu veux être parfait, suis-moi. » Etre parfait c’est suivre le Christ en aimant ses ennemis, en priant pour eux et en pardonnant.

     

    Etre parfait, c’est un long chemin, et nous savons bien que nous sommes loin du compte. Mais un autre jour, Jésus a dit : « Je ne suis pas venu appeler les justes mais les pécheurs. » S’il faut être parfait pour entrer dans le Royaume de Dieu, il est clair que pour l’homme livré à ses seules forces, c’est impossible. Mais pour Dieu, tout est possible. Son amour est plus fort que tout ce qui fait obstacle à la perfection. Pour devenir saint, il suffit d’accueillir le Christ dans notre vie et de le laisser s’occuper de nous. Lui seul est capable de nous libérer de la haine, de l’orgueil et de l’égoïsme. Il ne cesse de nous appeler à un renoncement qui dépasse nos possibilités humaines. Ce qu’il veut pour nous, c’est la vie, la vraie vie.


    Cela vaut la peine de nous mettre en marche à la suite du Christ, le seul juste qui nous ouvre les portes de la vie divine. Il s’agit d’accueillir son Esprit Saint et de nous laisser transfigurer par notre relation avec lui. Et l’un des lieux privilégiés où s’établit cette relation c’est la prière. Ce n’est pas pour rien que Jésus nous invite à prier pour ceux qui nous persécutent. En écoutant cet évangile, nous pensons tous à l’actualité vertigineuse de ces dernières semaines. Alors plus que jamais, nous nous tournons vers le Seigneur. C’est à lui que nous le devons « si le désir de s’entendre l’emporte sur la guerre, si la soif de vengeance fait place au pardon et si l’amour triomphe de la haine. »


    Cette vie, Seigneur, tu viens de la développer en nous par l’eucharistie. Nous te rendons grâce pour cette merveille. Oui, Seigneur, viens vivre en nous. « Alors, avec toi, par toi et en toi, notre vie sera amour pour le Père et pour tous nous frères. » Amen

    Source http://dimancheprochain.org

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  • 6ème dimanche du temps ordinaire

    Abbé Jean Compazieu


    6-dim-ord.jpg Dimanche de la santé (13 février)


    textes bibliques : Lire


    Chaque année, la 11 février c’est la journée mondiale des malades. En cette journée de la santé 2011, nous nous retrouvons autour du thème « Ouvre mes yeux ». Nous sommes donc invités à approfondir notre regard pour nous laisser guider par les merveilles de la loi d’amour de Dieu. C’est aussi pour nous une invitation à porter notre attention plus grande aux réalités sanitaires et sociales et surtout à nous mettre à l’école du Christ. Il est le Bon Samaritain qui voit l’homme blessé sur la route. Au lieu de passer son chemin, il s’arrête, se penche vers lui et prend soin de lui. Le prochain c’est celui qui se fait proche. Jésus nous en donne le témoignage par toute sa vie.


    Si nous avions eu à choisir des textes bibliques pour ce dimanche de la santé, nous n’aurions sûrement pensé à ceux qui viennent de nous être proposés. L’évangile de ce jour dénonce les meurtres, l’infidélité, les fausses promesses. A première vue, cela concerne d’autres domaines que la santé. Mais prenons le temps d’y regarder de plus près : nous découvrirons alors combien de personnes sont meurtries par toute cette violence physique ou morale ; quand elles sont victimes de tels agissements, leur santé finit par gravement compromise. L’évangile qui vient d’être lu ouvre une porte qui laisse entrevoir beaucoup de misère. Nous ne pouvons pas laisser courir tout ce mal. Nous ne pouvons pas non plus nous limiter à l’observation stricte de la loi. Il faut absolument la mener à son plein accomplissement, l’amour inconditionnel de l’homme.


    Cet appel, nous le retrouvons tout au long des lectures de ce jour. Ben Sirac nous dit : « Choisis la vie ». Paul nous rappelle que la vraie sagesse n’est pas celle du monde mais celle du Christ que l’on a crucifié. Il est celui qui prend la place du malheureux pour lui manifester son amour et l’arracher au malheur. D’où la prière du psaume 118 qui a été choisie comme thème de ce dimanche de la santé : « Ouvre mes yeux à tes merveilles, aux splendeurs de ta loi ». Et le Seigneur qui voit tout tournera son regard vers ceux qui le craignent (1ère lecture).


    C’est ainsi que nous voulons approfondir notre regard sous le regard de Dieu. Nous voulons nous laisser guider par sa loi d’amour. C’est un appel à vraiment nous mettre à l’écoute du Christ Bon Samaritain. Il est celui qui voit l’homme blessé et devient son prochain. L’Evangile nous le suggère : les personnes meurtries sont sans nombre. L’actualité vertigineuse de ces dernières semaines nous en donne de douloureux exemples. Alors n’en restons pas au seul regard des médias toujours à la recherche de sensationnel. Prenons le temps d’écouter ce que le Christ nous dit : Ouvre les yeux et tourne ton regard vers tes frères et sœurs. Le thème de la journée est une lumière qui nous est offerte. Accueillons-la quelle que soit notre situation dans le monde de la santé.


    Alors oui, tournons notre regard vers ceux que la société rend malades, ceux qui n’ont plus droit à la parole, ceux qui n’ont plus de toit pour se loger. Nous pensons aussi à toutes les victimes du chômage, ceux qui sont rejetés par leur famille, les victimes de la maladie ou de l’accident. Et bien sûr, nous n’oublions pas les équipes soignantes qui travaillent dans des conditions difficiles du matin au soir et du soir au matin pour et avec des personnes qui traversent les heures les plus fragiles de leur existence. Le rôle des accompagnants et visiteurs est également très important. Nous avons tous eu l’occasion de visiter des personnes seules, malades ou âgées qui ont tant besoin d’amour au soir de leur vie.


    Le danger c’est de voir et de rester indifférent. C’était l’attitude du prêtre et du lévite dans la parabole du bon samaritain. Ils sont passés devant le blessé sans s’arrêter pour lui porter secours. Nous aussi, nous risquons de passer à côté de bien des souffrances sans nous engager. Aujourd’hui, le Seigneur nous invite à le suivre pour être avec lui comme le bon Samaritain qui rend soin des blessés de la vie.


    C’est donc à une véritable conversion que nous sommes appelés. L’évangile de ce dimanche nous montre que le Christ a placé très haute la barre de l’amour fraternel. Il n’est pas possible d’aimer Dieu sans aimer nos frères. Un jour, Jésus a dit : « Si tu te souviens que ton frère a quelque chose contre toi, laisse là ton offrande et va te réconcilier avec ton frère ». Comment célébrer dignement quand nous sommes fâchés avec quelqu’un ? Comment témoigner d’un Dieu qui est Amour quand nous sommes divisés. Le grand projet de Dieu c’est de faire de tous les humains un peuple de fils de Dieu, un peuple de frères.


    Cette loi d’amour prend tout son sens quand nous croisons des personnes qui traversent l’épreuve de la santé physique, sociale ou spirituelle. Bien sûr, nous ne pourrons pas avoir des réponses à toutes ces souffrances ; d’ailleurs ce n’est pas cela qui nous est demandé. Mais nous ne pouvons pas nous résigner au mal. C’est aujourd’hui l’occasion de saluer les professionnels, les associations et les bénévoles qui ne baissent pas les bras devant les malheurs du monde. Chacun et chacune de nous, nous sommes invités à l’accomplissement de l’amour. Il ne s’agit pas de suppléer à la médecine ni de distribuer des calmants mais d’apporter le réconfort de notre présence aimante auprès de ceux qui ont mal. C’est à cela que le Christ nous appelle. Alors en ce dimanche de la santé, nous lui redisons : Ouvre nos yeux et nos cœurs, libère-nous de nos égoïsmes car c’est en aimant comme toi et avec toi que nous pourrons être fidèles à ta parole. Amen.


    D’après diverses sources

    Source http://dimancheprochain.org

    Homélie antérieure

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  • 5ème dimanche du temps ordinaire – 6 février

    Abbé Jean Compazieu - 6 février 2011


    Journée chrétienne de la communication.


    Textes bibliques : Lire

     

    ordinateur.jpgCe premier dimanche de février, c’est la 45ème journée des communications sociales. Le pape Benoît XVI nous invite à réfléchir sur l’expansion de la communication à travers le réseau Internet. Certains ne se sentent peut-être pas concernés. Mais on ne peut pas fermer les yeux sur ce qui est en train de se passer, ne serait-ce que pour interpeller les jeunes générations. Avec les nouvelles technologies, on peut non seulement « échanger des informations mais aussi partager une vision du monde, ses espérances et ses idéaux ». Le « phénomène » Internet est présent dans toutes les couches de la société : enfants, jeunes, adultes, aînés. Des personnes malades ou isolées trouvent là un moyen pour sortir de leur solitude et rencontrer des amis. L’important, c’est de mettre tout cela « au service du bien intégral de la personne et de l’humanité entière.


    C’est ainsi que des hommes, des femmes et des enfants ont trouvé là un nouveau moyen de communiquer avec le monde entier. On peut même communiquer l’Évangile, la vie de l’Église, les événements, les projets, les fêtes. Avec Jésus, l’Église est soucieuse de la catéchèse, de la connaissance de l’Évangile, de la culture religieuse, de la vérité. Nous connaissons tous des chrétiens qui sont devenus très compétents dans divers domaines, mais pour ce qui concerne les connaissances religieuses, ils n’ont pas progressé. C’est pour cette raison que l’Église utilise aussi les moyens actuels. C’est une chance de plus qui lui est donnée pour rejoindre le plus grand nombre.


    Mais la communication n’est pas automatique. Elle a besoin de la technique ; oui, bien sûr, mais il lui faut aussi des oreilles qui écoutent, des yeux qui regardent, des cœurs qui s’émerveillent, des volontés qui s’engagent : cela peut se résumer en quelques mots : « Communiquer c’est aimer ». L’amour devrait animer tous les moyens de communication. C’est vrai pour notre relation avec Dieu mais aussi avec tous nos frères. On ne peut pas communiquer sans aimer.


    L’évangile de ce dimanche nous apporte un éclairage nouveau : pour vraiment communiquer, il nous faut être « le sel de la terre » et « la lumière du monde ». Et cela ne sera possible que si nous sommes réunis autour de Jésus. Le Christ est comme une saveur qui donne à chaque être humain un goût qui vient de l’intérieur. Nous devons veiller à ne pas la laisser s’affadir et à ne pas laisser d’autres saveurs (amertume, acidité, âpreté) prendre le dessus. L’important c’est de tout faire pour donner à notre vie le goût de Dieu. C’est pour répondre à cet appel que nous nous rassemblons le dimanche dans les églises. C’est lui qui nous invite pour puiser à la source de l’amour qui est en lui.


    Le sel et la lumière sont des éléments indispensables à la vie. Ils n’existent pas pour eux-mêmes mais pour les services qu’on leur demande. Quand Jésus nous dit que nous sommes le sel de la terre et la lumière du monde, ce qui est important c’est la terre et le monde. Cela signifie que nous sommes appelés à nous mettre en situation de missionnaires. Notre présence est indispensable mais il ne faut pas oublier que l’Église n’existe que pour le monde. Voilà qui devrait nous remettre à notre juste place.


    Le sel et la lumière sont des révélateurs ; le sel met en valeur les aliments. La lumière fait connaître la beauté des êtres et du monde. Les aliments existent avant de recevoir le sel. Les êtres et le monde existent avant d’être éclairés. Cela en dit long sur la mission que Jésus confie à ses disciples et à nous-mêmes. Personne n’a besoin de nous pour exister. Mais nous avons tous un rôle particulier à jouer. Le Seigneur compte sur nous.


    En tant que sel de la terre, en communion avec le Christ, nous avons à révéler aux hommes la saveur de leur vie. Ils ne nous ont pas attendus pour vivre des gestes d’amour et de partage très beaux. Nous en voyons qui s’engagent à la banque alimentaire et dans diverses associations à but humanitaire. Certains y laissent même leur vie. Notre mission c’est de témoigner que Dieu est là dans tous ces gestes et ces paroles d’amour. Notre rôle c’est de révéler le nom de Celui qui agit à travers eux. Dieu est présent partout où il y a de l’amour.


    « Vous êtes la Lumière du monde », nous dit encore Jésus. Naître c’est venir au jour, c’est voir la lumière. Personne ne peut vivre dans le noir, pas plus les humains que les plantes. Le noir fait mourir ; la lumière c’est la vie et la joie de vivre. En tant que lumières du monde, nous sommes là pour mettre en valeur la beauté du monde. C’est le regard d’amour qui révèle le vrai visage des personnes et des choses. Mais cela ne peut se faire que dans la discrétion. Trop de sel finit par rendre les aliments répugnants. Une lumière trop vive peut provoquer des accidents sur la route. Pour être sel et lumière, il faut d’abord aimer. L’évangélisation n’est pas une conquête ; c’est l’annonce d’une bonne nouvelle. Cela ne peut se faire que dans une présence d’amour.


    Le Christ nous met en garde contre le sel qui s’affadit. Un chrétien qui s’éloigne de Dieu finit par perdre le goût de la foi. Il ne vit plus de la sagesse du Christ. Il n’est plus bon à rien. Pour retrouver la saveur évangélique, nous devons sans cesse revenir à celui qui en est la source. Ainsi, nous pourrons la transmettre à d’autres autour de nous. L’Évangile est une bonne nouvelle à laquelle il nous faut sans cesse revenir pour nous en nourrir. Nous ne pouvons pas nous contenter de ce que disent les médias chaque jour. L’important c’est que notre vie témoigne chaque jour de l’amour qui est en Dieu.


    Oui, Seigneur, garde-nous unis à toi. Tu es notre seule lumière. Donne-nous de la rayonner par toute notre vie.


    D’après diverses sources

    Source http://dimancheprochain.org

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  • 4ème dimanche du temps ordinaire

    Abbé Jean Compazieu - 30 janvier 2011


    Heureux…


    sermon-montagne.jpgTextes bibliques : Lire


    Cet évangile nous parle de bonheur. C’est un sujet qui nous tient tous à cœur. Nous voulons tous être heureux. Des hommes et des femmes se battent pour de meilleures conditions de vie. En lisant cet évangile, je pensais à tous ceux et celle qui sont douloureusement éprouvés par la maladie, l’accident, les tensions familiales, les conflits de générations. Et puis, il y a aussi la solitude, le chômage et la précarité qui nous rendent bien fragiles devant l’avenir. Et pourtant, sur la montagne, Jésus ne voit que des gens heureux. Non ce n’est pas de la provocation ; il veut tout simplement nous inviter à chercher au-delà de l’apparence.


    L’important, c’est en effet d’accueillir cet évangile comme une bonne nouvelle pour les petits, les pauvres, les exclus, tous ceux et celles qui sont accablés par toutes sortes de malheurs. Jésus les proclame heureux, non à cause de toutes ces souffrances qui leur sont tombées dessus, mais parce que le Royaume de Dieu est à eux. Grâce à lui, leur vie retrouve un sens nouveau et ils peuvent se remettre en marche. Cette rencontre avec le Christ devient pour chacun le point de départ d’une grande espérance. C’est une invitation pour nous à mettre toute notre confiance en Dieu. Lui seul peut nous combler de ses richesses. Ce cadeau nous est offert gratuitement sans mérite de notre part.


    Le problème c’est que certains parmi ces pauvres n’ont plus la force de se lever. Leur cri de souffrance, nous devons l’entendre et le respecter. Jésus a accueilli les malades, les lépreux, les paralysés, les pécheurs. Il a pardonné, guéri, relevé. Aujourd’hui, il compte sur nous pour le porter à tous ceux et celles qui se trouvent sur notre route. Quand nous allons à leur rencontre, ce n’est pas seulement un geste d’amitié. Jésus est là, près de nous ou en nous. Avec lui, nos visites deviennent des « visitations ». C’est toujours un grand bonheur quand le Seigneur vient dans la vie de quelqu’un.


    Nous en avons un témoignage merveilleux dans la vie de l’abbé Pierre. En novembre 1949, il a rencontré un homme complètement désespéré qui voulait se suicider. Sa vie n’avait plus aucun sens. L’abbé Pierre ne s’est pas apitoyé ; il lui a simplement demandé de venir travailler avec lui au service des plus pauvres. D’autres se sont joints à eux. C’est en s’engageant au service des autres que ces pauvres malheureux ont retrouvé un sens à leur vie. Leur rencontre avec l’abbé Pierre, et, à travers lui, avec le Christ, a été la chance de leur vie. C’est cela le bonheur des pauvres dont nous parle Jésus.


    Cet évangile des béatitudes n’est pas une simple leçon de morale. Jésus voudrait nous apprendre à tout voir avec le cœur, et surtout avec le regard de Dieu. La nuit de Noël, nous avons entendu que « Marie méditait ces événements dans son cœur. » C’est un exemple que nous sommes tous invités à suivre. Même quand tout va mal, Dieu est là, et il a un projet d’amour sur nous. Si nous nous arrêtons au seul regard des médias, nous ne pouvons pas nous en rendre compte. Nous devons entendre l’appel du prophète Sophonie : « Cherchez le Seigneur, vous les humbles du pays… Cherchez la justice et la vérité. » Dieu construit son projet avec des petits et des humbles. En choisissant ce qui n’est rien, il exerce sa puissance de Créateur.


    Cet évangile nous adresse donc un message de la plus haute importance. Autrefois, on nous a fait apprendre les commandements de Dieu et de l’Eglise ainsi qu’un certain nombre de prières. Mais la plupart d’entre nous n’avons pas eu à apprendre cet évangile des béatitudes. Et pourtant, c’est la clé de la bonne nouvelle. Il nous montre Jésus qui vient nous rejoindre au cœur de nos vies, de nos joies et de nos peines. Il ne cesse de nous ouvrir la porte pour le rencontrer. Il est le Chemin, la Vérité et la Vie. Personne ne va au Père sans le rencontrer. Et quand tout va mal, c’est lui qui nous porte.


    Pour vraiment entrer dans le message de cet évangile, c’est vers le Christ qu’il nous faut regarder : il est le pauvre de cœur qui met toute sa confiance au Père et auquel il remet toute sa vie. Il est le bon berger qui prend soin de chacune de ses brebis et qui part à la recherche de celle qui est perdue. Il est le miséricordieux qui vient nous libérer et nous remettre debout. Il est Celui qui donne la paix non pas à la manière du monde mais en se donnant lui-même au nom de l’amour dont il est habité. Il est le juste totalement ajusté à l’amour de son Père. Il est celui qui pleure sur la tombe de son ami Lazare. C’est tout cela et bien plus que nous découvrons en nous tournant vers le Christ.


    Jésus ne nous demande pas seulement d’être vertueux, ce qui est déjà pas mal. Ce qu’il veut par-dessus tout, c’est que nous soyons heureux en le suivant. Et il nous indique inlassablement le sentier pour y parvenir : il est notre guide, notre modèle de pauvreté, de douceur. Lui seul peut nous apprendre à vraiment vivre toutes les béatitudes. Alors, n’hésitons pas à nous approcher de lui. Une rencontre avec lui c’est la chance de notre vie. C’est en choisissant de le suivre que nous trouvons le vrai bonheur.


    Alors oui, Seigneur, nous venons à toi. Tu es le chemin qui nous conduit vers la vraie vie, vers la joie d’être fils et filles de Dieu en toi. Tu nous demandes de te donner notre misère, nos déséquilibres, nos faiblesses. Tu es capable de prendre tout cela dans ton amour pour nous donner ta vie pour toujours. Nous voulons crier la joyeuse nouvelle :
    « Au cœur de ce monde, le souffle de l’Esprit
    Fait retentir le cri de la Bonne Nouvelle!
    Au cœur de ce monde, le souffle de l’Esprit
    Met à l’œuvre aujourd’hui des énergies nouvelles. »


    (D’après diverses sources)

    Source http://dimancheprochain.org

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  • 3ème dimanche du temps ordinaire

    Abbé Jean Compazieu -dimanche 23 janvier 2011


    La Lumière des nations


    appel-des-disciples.jpg Textes bibliques : Lire


    « Quand Jésus apprit l’arrestation de Jean Baptiste, il se retira en Galilée ». C’est assez surprenant. Lui qui a ressuscité Lazare, purifié des lépreux et guéri des paralysés aurait pu terrasser les geôliers et libérer Jean ; pourquoi ne l’a-t-il pas fait ? Pourquoi décide-t-il de fuir le cruel Hérode Antipas pour passer en Galilée, terre de rassemblement des païens.  Ces questions toutes simples auraient pu être posées par des enfants du catéchisme. Les évangiles nous donnent des réponses : ils nous disent que Jésus est « doux et humble de cœur ». Il refuse d’entrer dans le jeu de l’hostilité. Il ne veut pas ajouter de la haine à la haine. Il n’est pas un prince conquérant de territoires, de richesses et de pouvoirs. Il commence son ministère en Galilée parce que c’est le plan de Dieu annoncé par les prophètes : « Une lumière s’est levée » pour les païens, les pauvres, les petits.


    Cet évangile nous rejoint : vingt siècles plus tard, ce sont les ténèbres qui dominent le monde. Nous assistons à des vagues incessantes de haine, de crimes, de génocides, de convoitises pour la richesse dominante et écrasante, d’exclusions et d’intolérance. Alors nous pouvons nous pouvons nous poser cette question : où est-il ce Royaume de Dieu annoncé comme proche ? Ce Royaume de Dieu, l’évangile nous en parle souvent ; il est même au cœur de son message. Devant tant de malheurs, la tentation de se révolter contre Dieu est grande. Quand survient un malheur, nous c’est toujours la même question : « Où est-il votre Dieu ? Que fait-il ?


    La réponse, nous la trouvons dans les évangiles : grâce au Fils de Dieu fait homme, crucifié et ressuscité, le Royaume de Dieu est désormais proche de nous : C’est Jésus lui-même, envoyé par le Père. Il est donc déjà là, il est arrivé pour nous. Il n’en demeure pas moins que le Royaume de Dieu est encore à venir : c’est un règne d’amour pour le monde et il ne s’accomplira pleinement que dans l’éternité. En attendant, nous sommes tous appelés à nous convertir et à tenir bon dans les épreuves. Le Christ nous assure que le mal n’aura pas le dernier mot.


    Cette bonne nouvelle, Jésus veut qu’elle soit annoncée dans le monde entier. C’est un programme immense qui dépasse nos possibilités humaines. Or voilà que, dans l’évangile de ce jour, nous le voyons choisir quatre hommes, deux fois deux frères. Ils ne sont dotés d’aucun autre savoir faire que celui de maîtriser le maniement de l’épervier et de recueillir le poisson. Dans notre société, ce n’est pas ainsi que cela se passe. Les chefs d’entreprise font appel à des spécialistes. Celui qui postule pour un emploi doit se rendre à un entretien d’embauche et prouver à son éventuel patron qu’il a absolument besoin de ses compétences. Or Jésus fait le contraire : il s’adresse a des hommes modestes qui n’ont aucun talent d’orateurs pour convaincre les foules.


    C’est là qu’il nous faut réentendre l’appel du Christ : « Convertissez-vous ! » suivre Jésus, cela suppose un destin de partage avec lui, un attachement à sa personne. Il ne s’agit pas d’abord d’adhérer à un catéchisme ou un système religieux mais de répondre de tout notre cœur à son appel : « Venez derrière moi. » L’important c’est de tout juger selon de Christ. L’annonce de l’évangile n’est pas d’abord notre entreprise mais la sienne. Le Royaume de Dieu peut venir d’où nous ne l’attendons pas. Jean Baptiste prêchait dans le désert et les foules venaient à lui. A l’inverse, Jésus se rend dans les cités et les bourgades, là où vivent les gens. C’est là aussi que nous vivons, dans les villes et les villages. Nous ne choisissons pas les gens qui sont sur notre route. C’est Dieu qui nous place là, les uns près des autres. Et il nous laisse la liberté de contribuer ou non au Royaume d’amour qu’est le Royaume de Dieu.


    Pour cette mission, nous ne sommes pas seuls. Nous faisons partie d’une grande famille qui s’appelle l’Eglise. Nous en sommes les pierres vivantes. Le Christ veut que nous soyons unis autour de lui car des chrétiens divisés ne peuvent que donner un contre témoignage. En cette semaine de prière pour l’unité des chrétiens, nous nous tournons ensemble vers le Seigneur avec nos frères catholiques, protestants, orthodoxes et autres. Cette conversion n’est pas acquise une fois pour toutes ; on entend parfois des horreurs dans les mouvements sectaires, y compris de la part de ceux qui se disent catholiques. Certains pensent avoir toute la vérité pour eux et ils ont raison contre tous les autres. Pendant cette semaine de l’unité, prenons le temps d’écouter ceux qui ne pensent pas comme nous. Comme les gens de Galilée, mettons-nous bien simplement à la suite du Christ. C’est autour de lui que se construira l’unité. C’est avec lui que nous pourrons témoigner du Royaume de Dieu. Lui seul peut nous conduire vers le Père.


    Seigneur Jésus, le mystère de l’Eucharistie, tu demeures tout proche de nous, parmi nous. Tu viens en nous. Que nos cœurs comprennent ton amour et s’ouvrent à toi. Amen


    D’après diverses sources

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  • 2ème dimanche du temps ordinaire.

    Abbé Jean Compazieu - le 16 janvier 

     

    Nous avons du prix aux yeux de Dieu

     

    Textes bibliques : Lire

     

    2ieme-dim-ord.jpgDepuis le début de ce mois de janvier, nous avons échangé des vœux, envoyé des lettres, des cartes, des messages par Internet. C’est une manière parmi d’autres de montrer à ceux qui nous entourent qu’ils sont importants pour nous. Ce geste nous permet de raviver l’affection qui nous unit les uns aux autres. Bien sûr, cette nouvelle année sera ce que nous en ferons. Nous en avons la responsabilité. C’est comme un chemin à parcourir ensemble. Mais sur ce chemin, nous ne sommes pas seuls. Le Christ est là. Nous pouvons toujours compter sur lui, y compris dans les moments les plus difficiles. 


    Or voilà que la première lecture nous adresse un message d’espérance qui nous rejoint en cette période de vœux. Nous avons entendu cette très belle parole du prophète Isaïe : « Oui, j’ai du prix aux yeux du Seigneur, c’est mon Dieu qui est ma force. » Cette parole nous dit que nous pouvons être sûrs de l’amour de Dieu. Il nous est acquis une fois pour toutes et rien ni personne ne peut nous en séparer. Et pourtant, quand le prophète Isaïe écrit son texte, tout semble prouver le contraire. Le pays d’Israël se trouve dans une situation catastrophique. La ville de Jérusalem est anéantie ; ses habitants sont déportés en terre étrangère. Ils ne sont plus reconnus ni respectés dans leur dignité ni leur foi. Loin de chez eux, ils ne savent pas si un jour ils reviendront.


    Or c’est dans cette situation douloureuse que le prophète leur adresse son message d’espérance. Il leur annonce qu’ils ont du prix aux yeux de Dieu. Ils vivent dans un monde qui se moque d’eux, qui tourne leur foi en dérision. Mais rien ne doit les décourager : Dieu n’a jamais cessé de les aimer. Son amour nous est acquis une fois pour toutes. Le prophète qui parle ainsi n’est pas mieux loti que les autres. Mais dans cette situation désespérée, il continue sa mission en prêchant l’espérance. Il doit affronter l’ironie et l’incrédulité des gens mais rien ne peut l’empêcher de s’appuyer sur le Seigneur qui est sa force.


    Ce message du prophète nous concerne tous aujourd’hui : quand nous lisons le journal, nous voyons tout le mal qui accable le monde : les guerres, les violences, les meurtres y tiennent une grande place ; et si après avoir replié le journal, nous nous plongions dans un texte de la Bible… Nous découvririons alors d’autres mots : Amour, pardon, guérison, Bonne Nouvelle… C’est une manière de nous rappeler une fois de plus que pour Dieu, il n’y a pas de situation désespérée. A partir d’un mal, il peut faire surgir un bien. Et surtout, il vient de nous rappeler qu’il tient à nous comme à son bien le plus précieux.


    L’évangile de ce dimanche vient appuyer cette bonne nouvelle : il nous rapporte le témoignage d’un autre prophète, le dernier de l’Ancien Testament. Dans un monde de plus en plus en crise, Jean Baptiste vient rendre témoignage à la Lumière. Il nous présente Jésus comme l’Agneau de Dieu, celui qui enlève le péché du monde. Quand nous proclamons notre foi, nous ne disons pas « Je crois au péché » mais « Je crois au pardon des péchés. » Comme pour les Juifs du temps d’Isaïe, une espérance est toujours possible. Le pardon nous est toujours offert. Jésus prend sur lui tous nos péchés et tous ceux du monde pour nous en libérer. Il est toujours là pour nous ouvrir un chemin d’espérance.


    Cette bonne nouvelle nous engage à changer notre regard sur nous-mêmes et sur les autres. Personne n’a le droit de dire : « Je ne vaux rien ». Et surtout, nous ne devons pas le dire aux autres. Porter de tels jugements c’est se détruire et détruire les autres. Tous, même le pire des mécréants, nous avons du prix aux yeux de Dieu. Il nous considère, les uns et les autres, comme son bien le plus précieux. C’est pour le salut de tous qu’il a donné sa vie sur la croix. Si nous prenons vraiment conscience de la grandeur infinie de cet amour, nous ne pourrons plus supporter ce qui l’offense. Nous nous efforcerons de porter sur chacun le même regard que Dieu, un regard plein d’amour qui accueille et qui pardonne.


    Les trois lectures bibliques de ce dimanche voudraient nous inviter à rejoindre tous ceux et celles que la vie malmène durement, les victimes de la crise, de l’injustice, ceux et celles qui ont perdu ou oublié leur dignité humaine. Ils sont nombreux ceux qui ont du mal à croire qu’ils intéressent quelqu’un. Comme Isaïe, comme Paul et Jean Baptiste, nous sommes envoyés pour annoncer la bonne nouvelle et être témoins de l’espérance qui nous anime. Cela commence par la qualité de notre écoute. Si nous montrons à quelqu’un que sa parole est importante pour nous, nous pourrons lui dire qu’elle est aussi importante pour Dieu. Et nous l’aiderons à retrouver sa dignité.


    En ce dimanche, nous nous tournons vers le Seigneur et nous lui demandons de nous envoyer son Esprit Saint pour nous guider sur ce chemin de conversion. Et comme Jean Baptiste, nous oserons rendre ce témoignage autour de nous : « Oui, nous avons vu, et nous rendons ce témoignage : c’est Jésus le Fils de Dieu, le sauveur du monde. »


    Nous te prions Seigneur, fais grandir en nous la foi pour que nous puissions, comme Jean Baptiste, te montrer aux hommes d’aujourd’hui et les conduire vers toi. Amen


    D’après diverses sources

    source http://dimancheprochain.org

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  • Baptême du Seigneur

    Abbé Jean Compazieu


    Jésus immergé dans notre condition humaine


    Textes bibliques du 9 janvier : Lire


    Nous venons de fêter dans la joie la naissance du Christ Sauveur. L’évangile de ce dimanche nous renvoie à une trentaine d’années plus tard. Devenu adulte, Jésus se fait baptiser par Jean Baptiste dans les eaux du Jourdain. Avant de commencer son ministère public, il rejoint les hommes pécheurs qui demandaient à être purifiés de leurs péchés. Cette démarche était pour eux le signe qu’ils voulaient se purifier et se convertir. Parmi eux, il y avait des collecteurs d’impôts qui s’enrichissaient au détriment des plus pauvres, des soldats brutaux et pilleurs, mais aussi des pharisiens hypocrites qui se croyaient justes. Jean Baptiste les invitait tous à se convertir.


    Or voilà que Jésus se mêle à cette foule et demande à recevoir ce baptême. Pourtant, il n’a aucun péché à se faire pardonner. Il n’a donc pas besoin de faire cette demande de purification. Jean Baptiste le lui fait remarquer : « C’est moi qui ai besoin de me faire baptiser par toi et c’est toi qui viens à moi ! » Mais Jésus lui répond : « Laisse faire maintenant : C’est ainsi qu’il convient d’accomplir toute justice. » La justice, on en parle régulièrement dans les évangiles. Saint Matthieu par exemple nous dit que Joseph était un homme juste. Ce mot est piégé : dans notre langage, la justice c’est l’équité, c’est rendre à chacun ce qui lui est dû.


    Dans l’évangile, ce n’est pas de cela qu’il s’agit. La justice c’est l’équivalent de la sainteté, c’est être « ajusté » à ce que Dieu demande. Dieu a une volonté sur l’homme et cela ne peut être qu’une volonté d’amour. Et pour que nous puissions connaître cette volonté, il nous envoie son Fils Jésus. Tout au long de sa vie, Jésus sera totalement ajusté à la volonté de son Père. Lui-même ne manquera pas de le dire : « Ma nourriture c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et de mener son œuvre à bonne fin. » Cette œuvre, c’est le Salut du monde. « Dieu n’a pas envoyé son Fils pour juger le monde mais pour que le monde soit sauvé. »


    C’est pour remplir cette mission que Jésus a demandé à recevoir le baptême proposé par Jean Baptiste. Il a choisi d’être plongé, immergé dans la condition humaine très concrète. Il est rentré dans l’eau du Jourdain, pur de tout péché. Il en est ressorti porteur de tous les péchés du monde. C’est une manière de nous faire comprendre qu’il se laisse plonger au plus profond de notre humanité. Il prend sur lui notre condition humaine avec ses péchés. Il nous montre par ce geste qu’il veut entraîner tous les hommes dans la voie de la purification.


    Cet évangile nous rejoint dans la situation qui est la nôtre : nous vivons dans un monde qui souffre de la violence, du racisme, des guerres. L’actualité nous en donne chaque jour des exemples dramatiques. En cette période d’hiver, nous pouvons penser à tous ceux et celles qui habitent « en bas de chez nous » c’est-à-dire à la rue. On y meurt de froid, mais surtout de manque d’amour. Or voilà que Jésus veut nous dégager de tout ce mal. Comme au jour de son baptême, il le prend sur lui. Il nous demande de lui donner tout ce qu’il y a de méchant dans notre vie, notre indifférence, nos mensonges, nos calomnies. Il veut nous en libérer. Il désire que nous vivions heureux. Il nous montre le chemin de son cœur pour que nous venions le voir tous les jours.


    Ce baptême de Jean Baptiste nous annonce un autre baptême, celui que reçoivent les chrétiens. C’est la consigne que nous lisons à la fin de l’évangile de saint Matthieu : « Allez dans toutes les nations… Baptisez-les. » Un jour, une maman disait : « Je veux que mon enfant reçoive le même baptême que Jésus. » C’est d’une logique implacable. Mais elle ne se rendait pas compte de ce qu’elle demandait. Le baptême de Jésus l’a plongé dans notre humanité avec tout ce qu’il y a de péché en elle. Le baptême chrétien nous a immergés dans sa divinité, c’est-à-dire dans l’amour qui est en Dieu Père, Fils et Saint Esprit. En Jésus, l’humanité retrouve l’amour du Père. Il reste Emmanuel, Dieu avec nous jusqu’à la fin des temps. Par ses sacrements, il nous fait participer à sa vie divine. Au jour de notre baptême, le Père nous dit à chacun : « Tu es mon enfant bien-aimé ». Le sacrement du pardon nous redonne vie et remplit de joie le Père. Par l’Eucharistie, il vient entretenir et développer en nous cette vie.


    Dans l’Église primitive, les candidats au baptême venaient d’un monde sans Dieu dont la vie n’avait aucun sens. Le baptême était pour eux le point de départ d’une rupture avec l’existence qu’ils avaient connue jusque là. Ils avaient le sentiment que c’est seulement par le baptême qu’ils commençaient à vivre vraiment. Tout ce qu’ils avaient connu jusque là était absurde et vide. Leur seule préoccupation était la recherche effrénée des plaisirs et des fêtes et tout ce qui pouvait exciter les sens et la curiosité. Le baptême était le point de départ d’une rupture avec toute cette agitation. C’était pour eux comme une nouvelle naissance. C’est un sacrement qui nous fait participer à la nature divine. Le baptême nous arrache à une voie sans issue, à une voie de solitude. Il nous offre de participer à la nature divine.


    Nous te prions, Seigneur, aide-nous à vraiment redécouvrir la force et la grandeur de notre baptême. Donne-nous de plonger tous les jours dans cet océan d’amour qui est en Dieu Père, Fils et Saint Esprit. Amen

     

    Source http://dimancheprochain.org

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