• Homélie du 31ème dimanche du temps ordinaire

    Abbé Jean Compazieu

    Pharisens et pharisaïsme…

     

    Textes bibliques : Lire


     

    Pharisiens-jesus Depuis cinq semaines, saint Matthieu nous décrit la polémique entre Jésus et les pharisiens : nous avons lu la parabole des deux fils (celui qui dit oui mais ne fait rien puis celui qui dit non mais qui répond à l’appel du Seigneur). Puis nous avons entendu la celle des vignerons homicides, celle des invités désinvoltes, la question sur l’impôt à César. Dimanche dernier, Jésus était interrogé sur le grand commandement. Aujourd’hui, nous entendons le Christ  qui invective vigoureusement les pharisiens. Il dénonce ce qu’on pourrait appeler « les pièges de l’autorité. »


     

    Tout d’abord, une précision s’impose : nous ne devons pas confondre pharisiens et pharisaïsme. Les pharisiens étaient des hommes profondément religieux. Ils étaient très attachés à la loi de Moïse ; cela les rendait très estimables. Plusieurs fois, Jésus a mangé à la table de ces dignitaires. Une nuit, il a eu une longue conversation avec Nicodème. L’évangile nous parle aussi de Joseph d’Arimathie. Plus tard, il y a eu Saul qui est devenu le grand Saint Paul. Pendant des années, il a combattu avec acharnement les chrétiens pour défendre la loi de Moïse. Puis il est devenu un grand témoin de la foi. Tout cela nous rappelle que la conversion est toujours possible, y compris pour les pharisiens.


    Le pharisaïsme est un état d’esprit, une mentalité. C’est l’attachement à la loi pour la loi jusque dans les moindres détails. C’est aussi le mépris du petit peuple qui ne connaît pas la loi et ne la pratique pas. Le pharisaïsme des chefs religieux les mène à la vanité et à la satisfaction d’être du côté des bons. Mais sous un masque de justice, c’est l’hypocrisie qui se cache. C’est la lettre qui tue l’esprit. Ils n’oublient qu’une chose : Dieu voit ce qu’il y a dans le cœur de chacun.


    Ce que Jésus dénonce, ce n’est pas leur message. Il ne leur a jamais reproché de dire la loi. Il leur fait simplement remarquer que leur vie n’est pas en accord avec leurs paroles. Ils enseignent la loi mais ne l’observent pas. Ils disent et ne font pas. Ils sont très exigeants pour les autres, ils leur imposent de lourds fardeaux ; mais eux-mêmes ne veulent pas les remuer du doigt. Ils aiment paraître pour être remarqués des hommes. Leur but, c’est d’attirer la considération et l’intérêt des autres. Au lieu de guider le peuple qui leur est confié, ils ne pensent qu’à eux-mêmes.


    Nous avons là un avertissement très clair et une mise en garde très forte. Elle s’adresse à tous ceux qui ont pour mission d’annoncer l’Evangile, les évêques, les prêtres, les catéchistes, les parents, les éducateurs de la foi… « Ils disent et ne font pas… » Un jour ou l’autre, cette parole du Christ nous interpelle tous, qui que nous soyons. C’est la tentation du « paraître », la course au prestige et aux honneurs. Notre orgueil peut nous amener à mépriser les autres que nous jugeons pécheurs et ignorants. En agissant ainsi, nous sommes loin de Celui qui est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus.


    Alors, nous pouvons nous poser la question : Comment pouvons-nous nous garder du pharisaïsme et du goût du pouvoir. La réponse, nous la trouvons dans les textes bibliques de ce jour : le psaume nous invite à imiter l’enfant qui se blottit contre sa mère ; il sait qu’il doit tout à son père ; de ce fait, il ne cherche pas à faire le savant ; dans la seconde lecture, saint Paul nous invite à nous mettre au service des autres ; nous devons le faire avec douceur, sans être à charge et sans tirer profit des titres et fonctions. Enfin, dans la première lecture, le prophète Malachie nous rappelle que nous devons glorifier le Seigneur de l’univers. En un mot, nous devons nous disposer à l’humilité et au service. C’est cela qui nous éloigne du risque d’usurper le pouvoir de Dieu et de trahir nos frères.


    Pour comprendre et vivre cet évangile, c’est vers le Christ que nous devons nous tourner. Nous avons en lui un merveilleux guide. Il s’est donné sur la croix pour le salut du monde. En lavant les pieds de ses disciples au soir du Jeudi Saint, il nous apprend à aimer et à nous mettre au service les uns des autres. En s’offrant à l’Eucharistie et en aimant les siens jusqu’à en mourir, il met en pratique son grand commandement : « Que le plus grand soit votre serviteur ! »

    C’est à une véritable conversion que nous sommes tous appelés. L’important c’est d’abandonner tout sentiment de supériorité et de nous attacher à la loi d’amour avec un cœur tendre et généreux. Ce qui nous grandit vraiment aux yeux de Dieu et de nos frères, c’est le service. Ce qui fait la valeur d’une vie, c’est l’amour que nous avons pour Dieu et pour le prochain.


    En ce jour, nous te remercions, Seigneur, de nous inviter à remettre à l’endroit ce qui fonctionne à l’envers dans nos vies. Lorsque nos actes ne suivent pas nos paroles, comble-nous de ta miséricorde. Ouvre nos cœurs à la Parole de celui qui est venu servir, Jésus le Christ notre Seigneur. Amen.

     

    Source http://dimancheprochain.org

     

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  • Homélie du 30ème dimanche du temps ordinaire

    Abbé Jean Compazieu

     Journée missionnaire


    christ croix Textes bibliques : Lire

    « Dans la loi, quel est le grand commandement ? » Voilà la question qui est posée à Jésus dans l’évangile de ce dimanche. C’était une question piège pour le coincer. Et pour cela, on vise son enseignement et son action. Ses  adversaires l’accusent de ne pas respecter la loi religieuse, en particulier celle du Sabbat qui interdit toute activité. Il accueille les pécheurs, il touche les lépreux, il va vers les exclus. Il ne respecte donc pas la loi de Dieu transmise à Moïse. Les pharisiens ne voyaient que ce qui était permis et défendu. Ils étaient vraiment des spécialistes de ces 613 prescriptions qu’on trouvait dans la loi. Et les chefs religieux discutaient à longueur de temps pour savoir quel était le plus important.

     

    La Bible avait donné la réponse depuis longtemps : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur » (Dt 3. 5). « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » (Lv 19. 18). L’important c’est l’amour et non la loi pour la loi. C’est cela que Jésus vient nous rappeler d’une manière nouvelle. Ce qui fait la valeur d’une vie c’est l’amour que nous y mettons. En effet, que valent nos prières et nos pratiques religieuses s’il n’y a pas un vrai amour pour Dieu. Chaque jour, nous sommes de plus en plus engagés dans de multiples occupations. Mais s’il n’y a pas l’amour dans notre vie, cela ne sert à rien. Nous ne valons que par l’amour et nous serons jugés sur l’amour.


    Dans l’évangile, Jésus nous demande d’aimer Dieu et le prochain. Les deux vont ensemble. Ils ne peuvent aller l’un sans l’autre. C’est malhonnête d’aimer Dieu sans l’homme ou l’homme sans Dieu. « Celui qui dit  j’aime Dieu et qui n’aime pas son frère, est un menteur ». On ne peut pas non plus s’occuper de son frère en abandonnant Dieu. Mère Térésa, qui allait vers les plus pauvres,  passait de longues heures en prière. C’est là, auprès du Seigneur, qu’elle puisait la force d’aimer.

    Dans la vie, beaucoup choisissent de s’occuper de Dieu sans s’occuper de leurs frères. L’évangile est là pour nous rappeler que toute notre vie doit être entièrement tournée vers Dieu et vers les autres. Il est dommage de constater que beaucoup ne prient plus ; ils se détournent de la messe et des sacrements. A travers tout cela, c’est de Dieu qu’ils se détournent. Sur la croix, Jésus regarde vers le ciel, vers Dieu et ses bras sont étendus vers tous les hommes. En ce jour, le Seigneur nous adresse un appel à aimer comme lui. Il nous rejoint dans toutes les situations de notre vie pour nous montrer le chemin de la Sainteté. Nous ne serons jamais à la hauteur. Mais Dieu nous aime inlassablement. En ce jour, il nous invite à avoir le même regard que lui sur nos proches, en particulier ceux qui sont les plus défavorisés, les plus pauvres, les exclus, les étrangers.


    En cette journée missionnaire, cet appel nous rejoint tous. Nous vivons dans un monde qui souffre des guerres, des attentats, des enlèvements. Les mauvaises nouvelles ne cessent de s’accumuler. C’est dans ce contexte que l’Eglise s’efforce de rester fidèle au grand commandement de l’amour de Dieu et du prochain. Elle est présente pour annoncer l’Evangile du Christ mais aussi pour servir l’être humain dans sa globalité. Cette année, la semaine missionnaire est orientée vers l’Océanie. Dans ces îles, elle est le lieu indispensable de lien social et de solidarité. Elle contribue au développement, à l’alphabétisation, à l’amélioration de la santé des populations.


    Jésus nous apprend à aimer tous les hommes comme le Père les aime. C’est un amour sans limite et sans frontière, un amour qui va jusqu’au pardon. C’est à notre amour pour les petits et les exclus que nous serons jugés. Et à travers eux c’est le Christ qui est là. Il nous appelle tous à aimer Dieu au quotidien et en toutes circonstances. Dans le même temps, il nous appelle à aimer au quotidien tous nos frères proches et lointains. Il importe que notre charité soit active et généreuse. Les organismes de solidarité sont là pour nous  aider à la rendre plus efficace. Le Seigneur est là pour nous accompagner et nous montrer le chemin. Plus que jamais, nous pouvons lui dire : « Je crois en toi, Seigneur ; tu es ma vie ; tu es mon amour. »


    Par la communion, Jésus vient vivre en nous. Il vient en nous pour aimer notre Père et tous nos frères et sœurs de la terre. Nous lui rendons grâce : Béni sois-tu, Seigneur pour cet amour. Tu nous envoies le rayonner autour de nous. Garde-nous fidèles à cette mission. Qu’elle soit le programme de toute notre vie. Amen

     

    Source http://dimancheprochain.org

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  • Homélie du 29ème dimanche du temps ordinaire

    Abbé Jean Compazieu

    Dieu et César

    bible2.jpgTextes bibliques : Lire ici

    « Rendez à César ce qui est à César et à Dieu ce qui est à Dieu. » Voilà une expression qui est devenue célèbre. Dans notre esprit, c’est clair : si telle chose appartient à telle personne, il faut absolument la lui restituer. C’est une question de justice. D’autre part, chacun a des droits et des devoirs par rapport aux autres. Quand on s’attaque aux plus faibles pour s’accaparer de leurs biens, on se détourne du message de l’Evangile. Si nous voulons être en accord avec le grand commandement de Jésus, il est indispensable de respecter les autres dans leurs personnes, leurs idées et leurs biens.

     

    Mais l’évangile de ce dimanche va beaucoup plus loin. Nous sommes face à des adversaires de Jésus : D’un côté, nous avons les partisans d’Hérode qui sont fidèles au pouvoir de l’occupant Romain ; Ils se joignent au complot des chefs religieux. En effet, les uns et les autres ne supportent plus le message de Jésus. Alors, ils se mettent d’accord pour lui poser la question : « Est-il permis, oui ou non, de payer l’impôt à l’empereur ? » S’il répond oui, il sera traité comme un collaborateur qui trahit la cause de son pays. S’il répond non, il sera dénoncé comme un ennemi de l’empereur. Dans les deux cas, c’est le piège qui le conduira à la condamnation.


    Il y a là une question qui nous rejoint tous aujourd’hui. Le piège tendu à Jésus est toujours bien actuel : Des hommes et des femmes s’engagent pour témoigner de leur foi dans le monde d’aujourd’hui. Leur engagement au service des plus pauvres les amène à dénoncer les injustices, les magouilles, les violences. Alors on fait tout pour les compromettre en les faisant parler. On n’hésite pas à les accuser d’actes qu’ils n’ont pas commis. Ainsi leur parole ne sera plus crédible ; ils seront donc mis hors circuit. Mais le Seigneur n’abandonne pas ses envoyés. Tout au long de la Bible, nous lisons un message qui revient souvent : « Ne crains pas, je suis avec toi. »


    La question piège des adversaires de Jésus concerne l’impôt à César. En répondant positivement ou négativement, il aurait mécontenté les deux groupes. Mais le piège le plus sournois est ailleurs. Jésus se présente comme l’Envoyé du Père. Il vient annoncer la bonne nouvelle aux petits, aux pauvres, aux exclus. Ce message dérange ceux qui sont bien installés dans leurs certitudes. Au lieu de se laisser interpeller, ils font tout pour le piéger. Leur question commence par des flatteries : « Maître, lui disent-ils, nous le savons : tu es toujours vrai et tu enseignes le vrai chemin de Dieu ; tu ne te laisses influencer par personne, car tu ne fais pas de différence entre les gens. »


    Jésus a très bien repéré leur hypocrisie. Alors il se fait lui-même interrogateur : « Montrez-moi la monnaie de l’impôt. » Puis il leur pose cette question : « cette effigie et cette légende, de qui sont-elles ? » – « De l’empereur » répondent-ils.  Dans sa réponse, Jésus remet chacun à sa juste place : « Rendez à César ce qui lui appartient et à Dieu ce qui lui revient. » Or sur la pièce qu’ils montrent, on pouvait lire : « Tibère divin César. Les empereurs romains se donnaient le titre de dieux. Ils voulaient se faire vénérer comme des dieux.


    C’est là que Jésus n’est plus d’accord. César n’est pas Dieu. On n’a pas à lui rendre un culte. On n’a pas à lui obéir quand il s’attribue des droits qui n’appartiennent qu’à Dieu. Dans la Bible, nous lisons cette parole de Dieu : « Je suis le Seigneur et il n’y en a pas d’autre en dehors de moi. » Nous pouvons faire notre le refrain du psaume 95 : « Au Seigneur notre Dieu, tout honneur et toute gloire. » Le problème de notre monde d’aujourd’hui, c’est que certains hommes haut placés se prennent pour le « Bon Dieu » ; parfois on fait appel à eux ; la tentation est grande de « ramper » devant eux et d’accepter des compromissions qui ne sont pas en accord avec notre conscience. Quand c’est l’argent qui est roi, les règles du jeu ne sont pas les mêmes.


    Mais l’évangile voudrait nous ramener à l’essentiel. La pièce de monnaie portait la marque de César. Nous chrétiens, nous portons la marque de Dieu. Au jour de notre baptême, nous avons été marqués de la croix du Christ ; nous sommes devenus des enfants de Dieu. C’est une marque qui doit orienter toute notre vie. Désormais, nous cherchons à nous imprégner de la présence et de l’amour de Dieu. Quand on aime vraiment, on ne cherche plus à savoir ce qui est permis ou défendu. Celui qui aime comprend qu’il doit aimer comme Dieu. Jésus invite tous les hommes à vivre en « citoyens du ciel » et en « voyageurs en marche vers le Royaume de Dieu. »


    Cela ne signifie pas que l’action politique est sans importance. Nous avons tous à nous engager pour plus de justice. Il est urgent de lutter pour que la dignité des plus pauvres et des plus défavorisés soit reconnue et respectée. C’est dans ce monde tel qu’il est que nous sommes tous envoyés comme messagers de l’Evangile. En ce mois de la mission, nous sommes invités à prendre conscience de notre responsabilité. Le Christ veut que nous soyons en état de mission quel que soit notre âge et notre situation.

    Le dimanche c’est bien le jour idéal pour rendre à Dieu ce qui est à Dieu. Il nous est donné de le faire, non pas chacun dans son coin, mais en peuple de Dieu qui se rassemble et se disperse pour aller vers les autres. Au cours de la messe, nous nous associerons à l’offrande du Christ à son Père et nous communierons à son corps et à son sang. Rendre à Dieu ce qui est à Dieu, ce n’est pas faire des choses extraordinaires, c’est les vivre de manière pas ordinaire, à la manière de Jésus sous la conduite de l’Esprit. Sans lui, nous en serions incapables. « Par lui, avec lui et en lui » : voilà tout simplement l’orientation de notre vie ! Seigneur, fais de nos vies une eucharistie, une action de grâce à la louange de ta gloire. Amen.


    D’après diverses sources

     

    Source http://dimancheprochain.org

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  • Homélie du 28ème dimanche du temps ordinaire

    Abbé Jean Compazieu

     

    Heureux les invités au repas du Seigneur

     

      Parole et lampion Textes bibliques : Lire

    L’évangile de ce dimanche nous présente un roi qui célébrait noces de son fils. Ce roi, c’est Dieu. Il invite l’humanité entière à la noce de son Fils Jésus. Envoyé par le Père, Jésus a épousé notre humanité par son incarnation. Et le Père veut absolument  que tous s’en bénéficient et s’en réjouissent. C’est donc toute l’humanité que Dieu veut rassembler auprès de lui. La fête de Toussaint va nous y faire penser très fort. La joie de Dieu n’est pas réservée à une élite. Elle n’est pas offerte à ceux et celles qui en seraient dignes. Elle est pour tous. Les paroles de Jésus sont très claires : « Allez donc à la croisée des chemins ; tous ceux que vous rencontrerez, invitez-les au repas de noces. »

     

    La mission de l’Eglise, notre mission à tous, c’est d’être les messagers de cette invitation. Il faut absolument que tous les habitants du monde entier entendent prononcer le nom de Jésus. Ils doivent aussi savoir que ce nom signifie « le Seigneur sauve ». En tant que chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes envoyés dans le monde pour témoigner de cette bonne nouvelle et de l’espérance qui nous anime. C’est en vue de cette mission que Jésus nous envoie son Esprit Saint. Nous ne pouvons pas être disciples du Christ sans être missionnaires. C’est toute notre vie qui doit contribuer à l’annonce de Jésus.


    Voilà donc cette invitation à la fête. Mais l’évangile nous montre l’obstination des chefs religieux qui se sont éloignés de la bonne nouvelle. Nous sommes surpris et même choqués devant l’attitude désinvolte des invités de cette parabole. On leur propose quelque chose d’extraordinaire qui va transformer leur vie ; or voilà qu’ils n’ont pas le temps, ils sont débordés de travail, accablés de soucis. Pire, ils se retournent contre les messagers porteurs de cette bonne nouvelle qui insistent et ils les maltraitent sauvagement. C’est une allusion à tous les martyrs de tous les temps, les prophètes de l’Ancien Testament mais aussi tous ceux de l’histoire de l’Eglise.


    Nous aussi, nous trouvons facilement des excuses pour ne pas répondre à l’invitation du Seigneur. Je n’ai pas le temps de prier ni d’aller à la messe d’aller à la messe parce que j’ai trop de travail ou encore parce que j’ai des invités. On oublie alors que l’Eucharistie est source et sommet de toute vie chrétienne et de toute évangélisation. C’est vraiment le rendez-vous le plus important de la semaine. Le Christ est là ; il rejoint les communautés chrétiennes réunies en son nom. Il vient nous redire l’amour passionné de Dieu pour tous les hommes. Malheureusement, beaucoup préfèrent être tranquillement installés chez eux et éviter tout ce qui dérange leur tranquillité.


    Bien sûr, Jésus ne force personne à venir à ses noces. Mais il poursuit inlassablement son invitation. Il ne peut pas se résigner  à nous voir malheureux loin de lui. Dieu est amour. Il ne peut pas ne pas aimer. Or un amoureux utilise souvent la jalousie pour réveiller l’amour endormi. C’est ainsi que Dieu va proposer son amour aux autres peuples. Ces derniers viendront de tous les pays car Dieu ne peut pas rester sans aimer. A travers le monde, les missionnaires de l’Evangile vont annoncer à tous les peuples que Dieu les aime. Ces invitations doivent être adressées en priorité à ceux qui en ont le plus de besoin, les pauvres, les malades, les prisonniers, les rejetés. Ils ont la première place dans le cœur de Dieu. Notre Eglise doit être perçue comme l’Eglise de tous. Sa mission, notre mission, c’est de témoigner de l’amour universel de Dieu qui invite tous les hommes sans faire de différence.


    Cet appel du Seigneur se concrétise tout spécialement chaque dimanche. L’Eucharistie est ce repas de noces auquel nous sommes tous invités. Jésus est là pour approfondir notre alliance avec lui. Toute la Bible nous montre Dieu s’adressant aux hommes en termes d’amour et d’alliance. C’est comme un feu que rien ne peut arrêter. Quand on est ainsi passionné, on en arrive à des attitudes extrêmes. Aucune religion n’aurait pu imaginer une telle folie. Et la plus grande folie de l’Amour, c’est que Dieu a envoyé son Fils unique parmi les hommes. En mourant sur la croix, Jésus a offert à tous les hommes la possibilité de répondre à son amour et d’entrer dans cette alliance offerte à toute l’humanité.


    La deuxième partie de l’évangile nous montre le rassemblement dans la salle des noces. Nous assistons à l’entrée du Roi. Et là, il y a un problème. L’un des convives n’a pas son vêtement de noces. Alors on se pose la question : Comment reprocher à un homme que l’on a ramassé sur la route de ne pas avoir son vêtement nuptial ? Si Jésus a ajouté cette exagération, c’est qu’il a un message important à nous transmettre. Jésus vient en effet nous rappeler que nous devons nous habiller du justice, porter des fruits de droiture. Porter le vêtement de noces, c’est être converti, c’est se changer le cœur comme on change de vêtement. Il s’agit d’accueillir l’appel du Seigneur dans la foi, la reconnaissance et l’amour. Dans sa lettre aux Galates, saint Paul nous invite tous à revêtir le Christ.


    En ce jour, nous te prions Seigneur : Toi qui nous invites tous à la fête, donne-nous de répondre avec joie. Fais de nous des messagers de ton invitation auprès de tous ceux que nous rencontrerons sur notre route. Toi notre chemin, viens guider nos pas vers ton Royaume. Amen

     

    Source http://dimancheprochain.org

     

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  • Homélie du 27ème dimanche du temps ordinaire

    Abbé Jean Compazieu

    Ecoutez…

     

    évangélisationTextes bibliques : Lire ici


    « Ecoutez cette parabole. » Ce sont les premiers mots de Jésus dans l’évangile de ce jour. Il s’adresse précisément à des gens qui ne veulent rien écouter. Les chefs religieux pour lesquels il raconte cette histoire auraient dû donner la priorité au Royaume de Dieu. Au lieu de cela, ils ne pensent qu’à eux-mêmes et aux places d’honneur qu’ils occupent. « Ecoutez cette parabole. » C’est aussi une recommandation de Jésus pour nous aujourd’hui. C’est plus que jamais important : Nous sommes envahis par des flots d’informations et des bruits auxquels on finit par ne plus faire attention. Quand Jésus nous demande d’écouter, c’est pour nous inviter à sortir de nos erreurs ; il veut attirer notre attention vers une vérité essentielle.


     

    Dans cette parabole, il est question de la vigne du Seigneur. Nous savons que la vigne c’est une passion. Quand la Bible nous en parle c’est pour nous dire l’amour passionné de Dieu. Ces relations du vigneron avec sa vigne sont proches de celles du père pour son enfant ou de celles d’un mari pour son épouse. Il y est très présent et il en prend soin avec beaucoup d’amour. Malheureusement, ce peuple ne porte pas tous les fruits qu’il devrait. Dieu attendait le droit et la justice. Or il constate que son peuple ne produit que détresse et iniquité. Il dénonce en particulier l’insouciance des riches envers les pauvres. Nous pouvons constater que cela n’a pas changé dans notre monde actuel.


    Dans l’évangile, Jésus s’adresse aux chefs  des prêtres et aux pharisiens. Ils sont comme des vignerons auxquels le Maître a confié la vigne en gérance. Mais au lieu de lui en rendre compte, ils ont géré cette vigne comme s’ils en étaient les propriétaires. Ils gardent pour eux toute la récolte du vignoble. A travers cette comparaison, Jésus veut faire comprendre aux chefs religieux qu’ils ont perverti la foi juive. Tout au long de l’histoire, Dieu n’a cessé de multiplier les signes au service de l’alliance. « Je serai votre Dieu et vous serez mon peuple. » Il voulait établir avec eux une véritable relation d’amour. En réponse à cette bonne nouvelle, ils se sont détournés de Dieu. Ils se sont mis à chasser ou à tuer les prophètes que Dieu leur envoyait. Quant au Fils bien-aimé, ils l’ont conduit hors de la ville et l’ont fait mourir sur une croix.


    Le même Seigneur continue à nous confier sa vigne. Cette vigne c’est un symbole très fort qui représente beaucoup de réalités. C’est d’abord le monde avec tout ce qui  existe ; c’est l’humanité dont nous sommes tous les membres ; c’est l’Eglise Corps du Christ. Nous ne sommes que les gérants de cette vigne. Un jour, nous aurons à rendre compte. Le problème c’est que nous sommes tous affrontés à la tentation du propriétaire : Nous sommes capables de chanter : « Tout vient de toi, o Père très bon… » Mais nous nous laissons surprendre à parler et agir comme si tout venait de nous. Nous disons facilement « mon » Eglise, « ma » paroisse… nous devenons très possessifs. Nous oublions alors que ce n’est pas « mon » Eglise mais celle de Jésus Christ. C’est lui-même qui a dit un jour : « Tu es Pierre et sur cette pierre, je bâtirai mon Eglise. »


    Personne d’autre n’est est propriétaire de l’Eglise, ni le pape, ni les évêques, ni les prêtres, ni les laïcs. Nous sommes tous des sarments et à ce titre, nous sommes tous appelés à porter les fruits de justice et d’amour que Dieu attend de nous. En tant que chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes envoyés pour témoigner de l’Evangile. Mais nous ne devons pas oublier que nous ne sommes que les canaux de la grâce du Seigneur. Il compte sur nous pour que le Salut de Dieu atteigne tous ses enfants. C’est pour nous un appel à éliminer de notre vie toutes les tendances égoïstes qui bloquent l’action du Seigneur. La sainteté c’est être transparent à la lumière qui vient de Dieu et vivants de sa vie. Alors comme l’apôtre Paul, nous pourrons dire : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi.


    Pour en arriver là, nous avons besoin de l’aide du Seigneur. Dans nos vies, il y a toujours le péché qui nous détourne de lui. Mais à partir d’un mal, Dieu peut toujours faire surgir un bien. Il a retourné le triple reniement de Pierre pour en faire l’occasion d’une triple déclaration d’amour. Et c’est ainsi qu’il a pu donner à Pierre une confiance encore plus grande. Le même Christ est capable de retourner les pires criminels pour en faire des saints. Il est également capable de nous pour en faire son ami.


    C’est ainsi que le Seigneur nous renouvelle sa confiance. Il nous appartient de nous en montrer digne. Depuis le concile Vatican II, les baptisés redécouvrent précisément cette dignité de membres du peuple de Dieu. Cela vaut la peine de lire les textes qui parlent du sacerdoce commun des baptisés. Il importe que chacun de nous se montre digne de la confiance que Jésus nous fait. C’est à nous qu’il confie la gérance de sa vigne. En ce jour, nous te prions, Seigneur : Donne-nous d’être là où tu nous as mis. Donne-nous d’être de bons serviteurs de ton Royaume. Amen

    Source http://dimancheprochain.org

     

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  • Homélie du 25ème dimanche

     

    Abbé Jean Compazieu

    Dieu appelle à toutes les heures

     

      jesus enseigne Textes bibliques : Lire ici


    Voilà un évangile qui pose question : Des ouvriers qui n’ont travaillé qu’une heure qui sont payés comme ceux qui ont supporté le poids douvriersu jour et de la chaleur… Dans toute entreprise, chacun est payé en fonction de son travail et du nombre d’heures. Aucun ouvrier, aucun syndicat n’accepterait qu’il en soit autrement. C’est une question de justice sociale. Ceux qui réagissent pour dire leur désaccord ont entièrement raison.

     

    Mais si nous lisons cet évangile en ne pensant qu’au salaire reversé, on se trompe. En effet, ce n’est pas sur ce terrain que Jésus se situe. Son vrai message est ailleurs. Il nous présente un Dieu qui ne demande qu’à nous combler tous de son amour. Il ne se contente pas de donner à chacun la part qui lui revient. Il veut nous donner tout. Cet évangile insiste sur la bonté du Maître. Il ne saurait se contenter d’une équité strictement humaine. La justice de Dieu est bonté et miséricorde. Il veut que tous les hommes soient sauvés. Le salaire qu’il veut donner à tous c’est la Vie Eternelle.


    Cet évangile est une réponse à des gens qui n’ont rien compris au vrai Dieu. Nous avons tout d’abord les pharisiens et les chefs religieux qui pensaient être plus méritants que les autres. Ils sont souvent en conflit avec Jésus ; ils ne comprennent pas son attitude d’accueil envers les publicains et les pécheurs. D’autre part, quand saint Matthieu écrit son évangile, il s’adresse à des chrétiens d’origine juive. Depuis bien longtemps, ces derniers se sont efforcés de rester fidèles à la loi de Moïse. La tentation est grande de penser qu’aux yeux de Dieu, ils sont supérieurs aux nouveaux convertis. Matthieu s’adresse aux convertis de la première heure : il leur demande de ne pas être jaloux du bon accueil fait aux païens qui se sont convertis plus tard.


    Que retenir de cet Evangile pour nous aujourd’hui ? Tout d’abord que Dieu est amour. Nous avons l’habitude de le dire et de le chanter ; mais nous n’en tirons pas toujours les conséquences. Nous nous représentons un Dieu à notre image. Nous oublions que ses pensées ne sont pas nos pensées. Il nous aime tous gratuitement et sans mérite de notre part. C’est vrai pour ceux de la 11ème heure et pour ceux de la première. Son amour pour chacun n’est pas moins grand quand il est partagé entre tous. La grande passion de Dieu c’est de donner son amour à tous, y compris ceux de la  dernière heure et de la dernière minute.


    Notre Dieu est comme ce maître qui appelle des ouvriers pour sa vigne. Dans le monde de la Bible, la vigne est un symbole très fort. Elle représente le peuple d’Israël puis le Royaume de Dieu. Quand Dieu appelle des ouvriers pour travailler à sa vigne c’est pour les inviter à construire un monde plus juste et plus fraternel ; c’est surtout pour témoigner de la bonne nouvelle de l’évangile. C’est cet appel qu’il adresse aux siens avant de disparaître à leur regard le jour de l’Ascension : « Allez donc ! De toutes les nations faites des disciples, baptisez-les au nom du Père, et du Fils, et du Saint-Esprit ».


    A la suite des apôtres, nous sommes tous appelés à témoigner de la bonne nouvelle de l’Evangile. Beaucoup ont la chance d’être les ouvriers de la première heure. Heureux sont-ils car leur vie est remplie de la présence et de l’amour de Dieu. Mais il y a les autres, ceux qui ont été embauchés bien plus tard, avec autant de confiance et d’amour. Le Seigneur compte sur nous pour que nous leur donnions toute leur place. Pensons aux catéchumènes qui se préparent au baptême, aux « recommençant »  qui retrouvent la foi, aux pratiquants occasionnels et à tous les chercheurs de Dieu. Eux aussi sont appelés au même titre que les autres en vue de la mission.


    Nous devons accueillir cet évangile comme une bonne nouvelle. Nous sommes appelés par Dieu à vivre en frères, tous à la même table de famille. Avec lui, il n’y a pas de premier ni de dernier. La récompense promise aux uns et aux autres, c’est Dieu lui-même, c’est son amour infini qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Le salaire qui n est promis, c’est d’être avec Jésus dans son Royaume. C’est dans cette logique d’accueil et d’amour que nous sommes invités à entrer à tous les âges de la vie.


    En nous rassemblant à l’église, nous sommes venus puiser à la source de l’amour qui est en Dieu. Nous nous nourrissons de sa Parole et du Pain de vie. Nous prenons le temps de revisiter notre foi et surtout notre manière de la vivre. Nous prenons conscience de tous les encombrements qui nous empêchent d’être fidèles à la mission : les habitudes, les certitudes, les jugements implacables… Si nous voulons vivre vraiment, il nous faut dégager les fenêtres pour que la lumière de l’évangile y pénètre, il nous faut ouvrir notre cœur à ce Dieu qui ne demande qu’à nous remplir de son amour.


    Seigneur, nous te rendons grâce pour le travail de tant d’hommes et de femmes qui étaient des chômeurs dans le domaine du service. Grâce à ton Esprit Saint, ils sont devenus des artisans de paix et des bâtisseurs d’amour. Nous t’en prions, sois notre guide dans cette aventure de la foi. Amen


    Source http://dimancheprochain.org

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     LA CROIX GLORIEUSE

    Abbé Jean Compazieu

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    christ croix Textes bibliques : Lire ici


    Les lectures de ce jour nous parlent de la croix. Cet objet dont nous avons l’habitude est devenue un signe pour les chrétiens. Cette croix, nous la retrouvons dans nos églises et nos maisons mais aussi aux carrefours de nos chemins ou encore sur les tombes de nos défunts. Dans bien des cas, elle fait partie des signes que les chrétiens des générations anciennes nous ont légués.

     

    Oui, bien sûr, mais cette croix, c’est aussi celle qui marque douloureusement la vie de millions d’hommes, de femmes et d’enfants : je pense à celle qui s’appelle longue maladie, exclusion, accusation et condamnation injuste. Les médias nous parlent régulièrement des catastrophes et des accidents spectaculaires. On nous dit que telle personne a été transportée à l’hôpital, puis on n’en parle plus. Et pourtant, ils sont nombreux ceux et celles qui portent une lourde croix dans les Centres de rééducation, et ça dure des mois et des années.


    Cette croix si douloureuse pour beaucoup, Jésus l’a portée avant nous. En voyant cet instrument de supplice, nous pensons à la souffrance morale, l’accusation injuste, la haine. Les évangiles nous décrivent le mépris des accusateurs qui voulaient la mort de Jésus ; mais la souffrance de Jésus c’était la trahison de Judas, le reniement de Pierre, l’abandon des disciples.


    Mais en ce jour, l’évangile de saint Jean nous invite à regarder au-delà. Il nous montre Jésus élevé sur la croix. Cette élévation n’est pas seulement physique. Ici, c’est de son exaltation et de sa glorification qu’il s’agit. Nous regardons la croix non pour y voir l’horreur subie par le condamné mais la glorification du Messie.


    Pour nous aider à comprendre cela, l’évangile un événement très connu de l’Ancien Testament. Au cours de leur traversée du désert, les Hébreux se sont plusieurs fois révoltés contre Dieu. Or voilà qu’ils se sont trouvés dans une région infestée par des serpents venimeux. Il y eut de nombreux morts. Alors le peuple pense que la colère de Dieu s’est abattue contre eux et qu’ils sont punis à cause de leur péché. Ils demandent alors à Moïse d’intervenir en leur faveur auprès de lui.


    Moïse leur propose de la part de Dieu un geste symbolique : Faites-vous un serpent de bronze que vous mettrez au bout d’un étendard ; celui qui aura été mordu et le regardera avec foi sera sauvé. Entendons-nous bien : Ce n’est pas l’objet qui les sauvait mais Dieu vers qui ils se tournaient. Ils étaient invités à laisser de côté leur révolte et à renouveler leur confiance en Dieu sauveur et libérateur.


    Cet évangile nous rejoint aujourd’hui. Nous  pouvons être guéris et sauvés en nous tournant vers la croix du Christ. Bien sûr, ce n’est pas un geste magique mais une démarche de foi et de confiance envers le Christ Vainqueur. Désormais, rien ne peut nous séparer de son amour. Avec lui, il n’y a pas de situation sans issue.


    Il arrive que, parfois, nous sommes désespérés ; nous n’avons plus la force ni l’envie de prier. C’est alors que nous pouvons nous arrêter bien simplement devant la croix du Christ et la regarder en silence. Et nous découvrons alors qu’elle nous rééduque spirituellement.


    Nous découvrons que Dieu  nous aime d’un amour passionné et il veut nous combler bien au-delà de ce que nous pourrions imaginer. Il attend de nous une réponse libre, accueillante et aimante. Il nous attire à lui par le rayonnement de son amour, mais il respecte notre liberté. La décision nous appartient et personne ne peut la prendre à notre place. En regardant cette croix, nous apprenons à imiter le Christ. Lui-même nous a aimés jusqu’au don total de sa vie. C’est sur ce chemin du don de soi que nous sommes invités à le suivre jusqu’au bout. C’est à cette condition que nous pourrons prendre part à son exaltation et à sa glorification.  


    Quand nous traversons un désert de souffrances, de peurs et de doutes, arrêtons-nous devant croix du Christ. A travers elle, c’est Dieu qui nous fait signe et nous invite à la confiance. En fêtant la Croix glorieuse, nous fêtons la résurrection de Celui qui s’y trouve suspendu. Cet instrument de torture et d’horreur est devenu Arbre de Vie.


    source http://dimancheprochain.org

     

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  • Nativité de la Vierge Marie

    Abbé Jean Compazieu

    La-Nativite-V-M.jpg Textes bibliques : Lire ici


    Chantons Marie ! Fêtons sa Nativité ! Comment ne pas louer celle que Dieu a choisie pour être mère de son Fils fait homme ? Elle a « exalté le Seigneur » qui « s’est penché sur son humble servante » et que « tous les âges diront bienheureuse »

     

    N’en est-il pas ainsi présentement ? Marie est étonnamment louée sous toutes les latitudes, dans la plupart des nations, même parmi beaucoup de non catholiques, jusque dans le monde musulman. Les arts se sont plus à en glorifier le visage. Combien de sculptures, œuvres d’artisans de la pierre ou du bois, l’ont représentée souvent en rapport avec ses apparitions à travers le monde. Combien de peintres dans des tableaux, l’ont évoquée, avec d’autres personnages, voir des animaux, surtout avec son enfant comme à la crèche ou au pied de la croix. Quantité de chants, cantiques et hymnes, mais encore d’ouvrages musicaux, de chorales, célèbrent Marie à travers les siècles chrétiens.


    Dans notre humble condition d’hommes ou de femmes pécheurs, comment ne pas mêler nos voix et surtout nos cœurs à une louange universelle ? Il importe cependant, comme le fait la liturgie de l’Eglise en ce 8 septembre, de notifier ce qui lui vaut cette célébrité, sa grandeur et sa beauté.


    L’Evangile (Matthieu 1, 18-23) l’indique en relation avec sa maternité. « Accordée en mariage à Joseph, à Nazareth en Israël, elle se trouve enceinte « par l’action  de l’Esprit Saint », « avant qu’il aient habité ensemble ». Joseph – sans connaître ses raisons intimes – « décida de la répudier en secret ». L’apparition en songe d’un ange annonce alors la Bonne Nouvelle de cette conception divine d’un fils auquel il donnera « le nom de Jésus (c’est-à-dire le Seigneur sauve) car c’est lui qui sera sauveur de son peuple en le libérant de ses péchés. Notons que pour Jésus le peuple de Dieu ne se résume pas au seul peuple d’Israël mais comprend l’humanité entière d’hier, d’aujourd’hui et de demain.


    Nous voilà fixés sur le choix de Marie par le Seigneur. Cela lui vaudra conception immaculée,  une vie totalement conforme à ce que Dieu attendait d’elle. L’amour de Dieu et de tous les humains a constamment empli son cœur de Mère du Christ, consacrée par lui sur la croix comme mère du genre humain. Elle ne cesse de nous aimer, d’intercéder auprès de Dieu pour nous acquérir le bonheur infini promis « le Jour du ressuscité » à la fin des temps. Il arrivera !


    « Faites tout ce qu’il vous dira » Ce message aux serviteurs des noces de Cana est celui qu’elle transmet à tous pour être conduits au bonheur céleste. Bien d’autres invitations de Marie à prier pour les pécheurs, avec le souci des humbles, des pauvres, des petits, des malades, de tous les souffrants, d’œuvrer pour un monde meilleur, pourraient être citées. Comment ne pas nous étonner sur le mystère de son Assomption. Elle porte en son cœur des milliards d’êtres humains et, en même temps, l’ouvre à chacun comme toute vraie maman à son petit enfant.


    St Paul, tout à fait dans l’actualité présente, rappelle que l’amour de Dieu contribue au bien de ceux « appelés selon le dessein de son amour ». Résistons devant ceux qui voudraient voir disparaître Dieu, le Christ et son Eglise. Les fidèles en amour « sont destinés à être à l’image de son Fils », « pour faire de ce Fils l’aîné d’une multitude de frères », appelés à partager sa gloire et celle de Marie auprès du Père.


    « Les nations verront ta justice », « tous les rois verront ta gloire » ; « tu seras une couronne brillante dans la main du Seigneur » : Paroles du Psaume destinées au Messie elles s’appliquent dans notre joie à Marie. Nous l’aimons ! Elle est notre mère pour aller à Dieu, pour nous rassembler tous et toutes dans le Corps unique dont Jésus est la tête.

    Père Jean Mourdon (publié par Abbé Jean Compazieu)


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  • Homélie du 24ème dimanche du temps ordinaire

    Abbé Jean Compazieu

    Pardonne-nous comme nous pardonnons


    pape pardon Textes bibliques : Lire ici

    Les lectures de ce dimanche nous parlent du pardon. Déjà au 2ème siècle avant Jésus Christ, Ben Sirac écrivait : « Rancune et colère, voilà des choses abominables où le pécheur s’obstine. » L’auteur dénonce la vengeance et recommande le pardon. Oui, mais comment pardonner à celui qui a détruit ma vie et ma réputation ? Comment pardonner à celui qui a causé la mort d’un membre de ma famille. Dans certains pays, des hommes sont responsables de la mort de familles entières. Comment leur pardonner ? Voilà une question bien difficile.

     

    Et pourtant c’est bien de cela qu’il s’agit dans l’évangile qui vient d’être lu. C’est d’une clarté absolue. Le Christ ne tolère aucune concession sur ce point. Pierre pensait être généreux en pardonnant « sept fois ». Ce chiffre 7 désigne une certaine perfection. En répondant par un multiple de sept, Jésus explique que le pardon doit être illimité. Accorder le pardon à celui qui nous a fait du mal, cela n’est pas évident. Pour préparer son peuple à cette loi, Dieu a marqué des étapes. Tout d’abord, il y a eu la loi de Moïse qui recommandait d’éviter la vengeance excessive. Nous connaissons tous la loi du Talion : « Œil pour œil, dent pour dent. » C’était un appel à limiter la vengeance. Plus tard, au 2ème sicle avant Jésus Christ, on a fait un sérieux progrès : nous lisons dans le livre de Ben Sirac : « pardonne à ton frère le tort qu’il t’a fait. Alors, à ta prière, tes péchés seront remis. »


    Le pardon n’est pas une simple affaire. Mais il est absolument essentiel ; Jésus l’a placé dans la seule prière qu’il nous a laissée : « Pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ceux qui nous ont offensé ». Oui, mais nous pensons aux cas extrêmes, celui des parents dont l’enfant a été violé, torturé et assassiné ? Que ferions-nous à leur place ? Nous n’arriverions peut-être pas à pardonner. Mais Dieu ne me pardonnera pas mes propres péchés puis qu’il fait dépendre son pardon de celui que je donne à ceux qui m’ont offensé. Pour les hommes, cela peut paraître impossible, mais avec Dieu, il n’y a pas de situation désespérée.


    La parabole de l’évangile nous permet précisément de sortir du désespoir. Elle nous parle d’un serviteur qui doit à son roi une somme démesurée. Dix mille talents, cela représentait soixante millions de pièces d’argent. Ce chiffre exorbitant veut souligner l’importance de la remise de la dette. Cette histoire dépasse le raisonnable. Elle nous dit que devant Dieu, nous sommes tous des serviteurs insolvables. Notre péché représente un lourd passif. Que pourrions-nous faire pour être quittes ? Mais Dieu n’est pas un banquier qui exige le remboursement de la dette et des intérêts. Quand nous le supplions, il nous libère au nom de l’amour qu’il nous porte.


    La démesure de la dette annulée et la folle générosité du maître ne sont qu’une image notre situation par rapport à Dieu. En raison de notre péché, nous sommes devenus des débiteurs insolvables. Et pourtant, Dieu nous fait grâce. Il est le « pardonneur ». Ce mot n’existe pas dans le dictionnaire, mais il définit bien ce qu’est Dieu. « Nos péchés les plus graves, disait le curé d’Ars, ne sont qu’un grain de sable face à la montagne de miséricorde du Seigneur. » Dieu pardonne infiniment. Il n’en finit pas de pardonner. Il ne fait pas payer. Jésus n’a pas fait payer à la femme adultère, ni à la Samaritaine, ni à Pierre qui l’a renié, ni à ses propres bourreaux pour lesquels il demande le pardon du Père. Ce qu’il nous demande aujourd’hui, il l’a vécu jusqu’au bout.


    Si le Seigneur se comporte ainsi à l’égard des hommes, comment peuvent-ils refuser de pardonner ? Encore une fois, cela reste difficile et douloureux. Mais l’exemple venu d’en haut peur nous aider et nous stimuler. Ce pardon donné et reçu c’est quelque chose d’extraordinaire. Celui qui le reçoit commence à « revivre » par la force de ce pardon. Malheureusement, trop de gens restent fâchés jusqu’à la mort. On enferme l’autre dans son passé et on ne lui laisse aucune chance de faire un geste de paix. Réfléchissons bien : garder de la rancune et de la haine, chercher à se venger, qu’est ce que cela va donner ? Nous allons encore nous faire du mal ; nous allons faire grandir la haine ; nous allons souffrir et faire souffrir. « Il nous faut pardonner, disait Edmond Michelet au sujet de celui qui l’avait dénoncé pour être envoyé en camp de concentration ; c’est la seule attitude qui convienne à des chrétiens. »


    L’offense d’un frère nous fait mal. Mais elle est bien peu de choses à côté de nos péchés et de nos manques envers Dieu. Cent euros que me doit mon frère, c’est insignifiant par rapport aux soixante millions que je dois. La fin de cette parabole semble contredire ce qui est dit sur le pardon sans limite du Seigneur. En fait ce n’est pas Dieu qui refuse de pardonner. C’est l’homme au cœur dur qui devient imperméable au pardon de Dieu.

    Par le sacrement de la réconciliation, Dieu est là pour nous renouveler dans la grâce du baptême. Nous retrouvons notre place d’enfants de Dieu. Par-delà le péché, Dieu nous redit sa tendresse. Son pardon nous donne un cœur nouveau et nous réapprend à aimer. Le Christ ressuscité dépose en nous son Esprit qui nous restaure dans la fraternité.


    En ce jour, Seigneur, nous te confions notre désir de pardon. Par ton Eucharistie, viens en aide à notre fragilité. Donne-nous force et courage pour aimer comme toi et pardonner comme toi. Amen

    D’après diverses sources

     

    Source http://dimancheprochain.org

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  • Homélie du 23ème dimanche du temps ordinaire

    Abbé Jean Compazieu
    Voir également le commentaire VIDÉO de soeur Claire plus bas

    Peuple de frères

     

    évangélisationTextes bibliques : Lire


    "Si ton frère a péché, va lui parler seul à seul." Le mot important c'est "frère". Un frère, c'est celui qui fait partie de la même cellule familiale, père, mère, enfants. Dans le monde oriental, c'est l'ensemble des cousins qui font partie de la même tribu. Mais pour l'Evangile, c'est beaucoup plus. C'est toute la communauté des croyants. Au jour de notre baptême, nous sommes devenus des enfants de Dieu. Nous sommes devenus des frères et sœurs en Jésus Christ. Nous chrétiens, nous sommes membres de la même famille de Dieu qui s'appelle l'Eglise.


     

    En lisant les évangiles, nous découvrons que Dieu nous aime tous d'un amour qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Nous n'aurons jamais fini d'en mesurer toute la grandeur et de lui rendre grâce. Mais quand nous regardons notre vie, nous découvrons que bien souvent, nous en sommes loin. Le péché dont nous parle l'Evangile, ce n'est pas seulement une faute morale ni une infraction ; c'est le contraire de l'amour ; c'est notre indifférence envers celui qui nous a sauvé la vie. Pécher c'est tourner le dos à l'amour qui est en Dieu. En se coupant de Dieu, le pécheur se coupe également de la communauté des frères.


    Le péché est donc un grand malheur. Mais pour Dieu, il n'y a pas de situation désespérée. Il s'arrange toujours pour mettre les personnes qu'il faut sur la route du pécheur. C'est ainsi que le prophète Ezéchiel est devenu un guetteur pour  la maison d'Israël. Le guetteur c'est celui qui est attentif aux dangers qui pourraient faire du mal à son peuple. Et en même temps, il doit l'avertir. C'est un peu comme le maître nageur qui surveille la plage pour éviter les noyades. Dans l'évangile, c'est le même appel, mais en respectant des étapes. On va voir le pécheur seul, puis avec quelques frères. Et si on n'obtient pas de résultat, on en parle à la Communauté de l'Eglise.


    Il y a un autre danger qu'il nous faut absolument éviter : nous ne sommes pas envoyés vers ce frère pour le corriger ni pour lui faire la morale. Nous avons bien mieux à faire. Pour le comprendre, c'est vers le Christ que nous sommes invités à regarder. En lisant les évangiles, nous découvrons qu'il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Et aujourd'hui, il compte sur nous pour partager sa mission en nous aidant mutuellement à vivre en enfants de Dieu. Nous savons bien que cela n'est pas toujours facile. Mais le Seigneur nous envoie vers les autres pour témoigner de l'amour qui est en Dieu. Notre mission n'est pas d'épier le pécheur mais de lui montrer le chemin qui peut le sauver.


    Le mal qu'il nous faut dénoncer, nous le connaissons bien : c'est l'argent roi, la course au profit, la violence, les abus dont sont victimes les plus faibles. Tout cela, nous devons le dénoncer et le condamner. Mais nous ne devons pas oublier que le frère qui a péché est d'abord un frère. Il a besoin d'être aimé et soigné. Nous sommes loin du regard soupçonneux et accusateur qui enfonce le coupable dans son mal. A travers nous, c'est Jésus qui est là pour accueillir, relever et redonner confiance au pécheur. Il est évident que pour être fidèles à cette mission, nous avons un grand besoin de la force de l'Esprit Saint. C'est pour cela que les grands témoins de la foi ont commencé par passer de longues heures en prière. Rappelons-nous saint Paul : "Ce n'est plus moi qui vis, c'est le Christ qui vit en moi."


    Si nous allons vers le frère qui a péché, cela doit toujours être avec le Christ en nous, avec beaucoup de délicatesse et beaucoup d'amour. Nous nous adressons à ce frère seul à seul. Il est hors de question de lui faire honte devant tout le monde. Si la démarche n'aboutit pas, le Christ nous invite à agir  comme le médecin qui fait appel à un ou deux confrères. A plusieurs, on arrivera peut-être à mieux persuader le pécheur. S'il refuse de les écouter, nous le dirons à la communauté de l'Eglise. Elle va tout faire pour le porter dans sa prière et le ramener vers Dieu. S'il refuse d'écouter la communauté considère-le comme le païen et le publicain. Ce n'est pas la condamnation finale. Jésus a fait preuve d'une grande sollicitude envers ces personnes. Désormais, nous entrons dans une nouvelle étape d'amour et d'évangélisation envers celui qui en a encore plus  besoin.


    Ce frère qui s’est mis dehors, il faut le ‘gagner’, c’est à dire le sauver. Le pouvoir des clés qui est donné à l’Eglise c’est d’abord un pouvoir de salut. Il s’agit d’ouvrir la porte pour que le pécheur puisse retrouver toute sa place dans la communauté. Nous avons tous pour mission de poser des gestes d’ouverture et d’accueil. L’évangile c’est d’abord la Bonne Nouvelle annoncée aux pauvres, aux malades et aux exclus de toute sorte. L’Eglise détient le pouvoir de lier mais aussi de délier, de réintégrer le pécheur repentant. Lorsqu’un frère s’écarte de la communauté, celle-ci en garde le souvenir dans la prière. Le Christ est présent parmi ceux qui sont ainsi réunis en son nom. Il leur apprend à s’ajuster à la patience de Dieu pour en témoigner par toute leur vie. Quand on a compris cela, ça change tout dans notre vie.


    Et surtout n'oublions pas : Pour gagner tous ses frères, Jésus s’est donné jusqu’au bout, jusqu’à la mort sur une croix. Alors, aujourd’hui, ne fermons pas notre cœur, mais écoutons la voix du Seigneur. En ce jour, nous te prions Seigneur : Augmente notre foi à l'écoute de tes appels ; augmente notre confiance pour prier les uns avec les autres ; augmente notre capacité d'aimer, afin que nous soyons des agents de réconciliation dans les divisions du monde. Amen

     

    Source http://dimancheprochain.org

     

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