• Homélie de la fête du Saint Sacrement

    Abbé Jean Compazieu

    Dieu nourrit son peuple


    jeudi saintTextes bibliques : Lire

    La « fête Dieu » que nous célébrons en ce dimanche est née au XIIIème siècle. A cette époque, on communiait très peu. Certains pensaient même que la présence de Jésus s’arrêtait à la fin de la messe. L’Eglise a réagi très fermement contre cette affirmation. Pour cela, elle ne s’est pas contentée de simples déclarations : elle a posé des actes forts. On s’est mis à montrer l’hostie ; on a organisé des processions. Les chrétiens ont également été invités à des temps d’adoration à l’église. Tout cela était destiné à raviver la foi des baptisés. Certains diront que cela fait partie de la foi populaire qui parle beaucoup à l’affectivité. Il est hors de question que nous méprisions ces pratiques. 

    La présence du Christ dans l’Eucharistie fait partie de notre foi. Il est heureux que des chrétiens s’arrêtent à l’église pour des temps d’adoration. Mais nous ne devons pas oublier que Jésus a voulu nous laisser sa présence sous la forme d’un repas. Il nous invite à nous nourrir de cette présence car elle vient mettre en nous le germe de la Vie éternelle. Adorer cette présence du Christ dans l’Eucharistie, c’est bien ; Mais l’Eucharistie n’a de sens que comme nourriture de vie. Si nous conservons la réserve eucharistique au tabernacle, c’est d’abord pour porter la communion aux malades.


    Il est donc absolument essentiel de ne jamais oublier que Jésus nous invite chaque dimanche dans sa maison. Nous y découvrons combien il est plein d’amour pour chacun de nous et pour le monde. Il est tellement passionné que nous lui manquons si nous ne nous approchons pas de lui. C’est un peu comme pour un enfant qui invite ses copains pour son anniversaire. Il est très déçu si l’un ou l’autre ne répond pas à son invitation. Avec le Christ, l’enjeu est autrement plus important. Le repas qu’il nous offre est une anticipation des noces éternelles avec l’humanité.


    Au cours de la messe, nous célébrons un événement qui a eu lieu il y a 20 siècles. Mais Dieu créateur est en dehors du temps. Jésus s’est offert en sacrifice une seule fois. Mais l’amour qui l’y a conduit est éternellement présent. A chaque messe, il nous est manifesté. Il est rendu présent à nos yeux. A chaque messe, nous pouvons dire : « C’est aujourd’hui que cela se passe. Jésus se donne à nous comme nourriture. Il est le Pain descendu du ciel. Sa Parole nous éclaire et nous fait vivre. Elle nous montre le chemin à suivre et le but à atteindre.


    Pour tenir bon sur notre route, nous avons besoin de forces. Nous passons beaucoup de temps à manger ou à parler de ce que nous avons mangé. Ils sont nombreux dans le monde ceux qui n’ont pas de quoi se nourrir. Ce dimanche nous rappelle aussi que le pain est fait pour être partagé. Dans la Bible, il est très souvent question de nourriture. Les évangiles nous montrent souvent Jésus prenant part à un repas. Pensons aux noces de Cana ; un jour, on lui a même reproché de manger avec les publicains et les pécheurs. L’évangile de ce dimanche fait suite à la multiplication des pains. Jésus vient de nourrir toute une foule ; et il essaie de lui révéler le véritable sens de ce signe.


    « Moi, je suis le Pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour que le monde ait la vie. » Comme cette foule du temps de Jésus, nous pouvons nous aussi nous interroger : « Comment cet homme-là peut-il nous donner sa chair à manger ? » Même avec du recul, manger Jésus reste une question. Sa présence dans un bout de pain reste délicate à exprimer. Pour nous en convaincre, nous pouvons en parler autour de nous, en particulier avec ceux qui ne partagent pas notre foi.


    En ce dimanche, nous demandons au Seigneur la grâce d’entrer vraiment dans ce grand mystère. A chaque messe, c’est Jésus qui vient à nous. Ses paroles sont celles de la Vie Eternelle. La nourriture qu’il nous donne c’est vraiment son Corps et son Sang. Il continue à nous avertir : « Si vous ne mangez pas ma chair et si vous ne buvez pas mon sang, vous n’aurez pas la vie en vous. » Le mot chair désigne Jésus tout entier, homme et Dieu. Il nous fait vivre de sa vie divine. C’est pour cela que Jésus a pu dire : « Celui qui me mange vivra par moi. » Son corps est une vraie nourriture et son sang est une vraie boisson. Nous n’aurons jamais fini de rendre grâce pour un si grand cadeau.


    En lisant ce discours, sur le pain de vie, nous découvrons à quel point il a choqué les juifs. Il faut savoir, en effet, que la loi de Moïse interdisait de consommer du sang. Beaucoup se dont éloignés de Jésus. C’est dès le départ que le message sur l’Eucharistie a été contesté. Actuellement, ils sont nombreux ceux et celles qui ne répondent pas à l’invitation du Seigneur le dimanche. Mais dans le même temps, nous en voyons d’autres qui font de très gros efforts pour y venir. Malgré la distance, la maladie, les infirmités, ils sont là car ils ont besoin de cette nourriture.


    Chaque dimanche, nous sommes tous invités à nous nourrir de la Parole et du corps du Christ. Le Curé d’Ars disait que nous n’en sommes pas dignes mais nous en avons besoin. Il s’agit d’une nourriture absolument essentielle. Comme les juifs, nous avons peut-être du mal à comprendre. Mais comme Pierre, nous pouvons dire : « A qui irions-nous, Seigneur, tu as les paroles de la vie éternelle. » Soyons dans la joie chaque fois que débute une Eucharistie. Et surtout, ne nous y habituons pas.


    En célébrant cette Eucharistie, nous nous tournons vers toi Seigneur. Que ce rassemblement soit LE grand événement de la semaine. Ensemble, nous te disons notre merci pour ce don que tu nous fais.


    D’après diverses sources

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  • Fête de la Sainte Trinité

    Abbé Jean Compazieu

     

    Dieu est amour


     

    trinite-rublev.jpg Textes bibliques : Lire


    Nous célébrons ce dimanche la fête de la Sainte Trinité. Nous chrétiens, nous croyons en Dieu qui est Père, Fils et Saint Esprit. C’est un mystère insondable qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Nous avons peut-être entendu parler de cette histoire de Saint Augustin marchant au bord de la mer. Il priait et cherchait à comprendre le mystère de la Sainte Trinité. Son attention fut attirée par un enfant qui avait creusé un trou dans le sable. Avec un coquillage, il avait entrepris de verser toute l’eau de la mer dans ce trou. Augustin lui dit que c’est impossible. Alors l’enfant lui répond : « j’aurai versé toute l’eau de la mer avant que tu n’aies compris le mystère de la Sainte Trinité ». 


    L’important n’est pas de savoir si cette histoire est vraie. Il nous faut surtout retenir le message qu’elle veut nous transmettre. Si nous voulons connaître Dieu, il ne suffit pas d’avoir des renseignements sur lui. Les yeux de notre corps ne suffisent pas pour le reconnaître. Il sera toujours bien au-delà de ce que nous pourrons comprendre à son sujet. Nous n’aurons jamais fini de la chercher. Pour le reconnaître, il nous faut le regard de la foi ; ce n’est pas pour rien que Jésus a dit un jour : « heureux les pauvres de cœur », ceux qui ne sont pas imbus de certitudes, ceux qui restent ouverts à Dieu. Le vrai Dieu c’est celui qui vient à notre rencontre. Il frappe à notre porte et il attend notre réponse.


    Déjà dans l’Ancien Testament, les Hébreux découvrent un Dieu libérateur. Il les a fait sortir de l’esclavage d’Egypte pour les conduire vers la Terre promise. Progressivement ils ont découvert que ce Dieu fait alliance avec eux. A plusieurs reprises ce peuple s’est détourné de lui ; alors Dieu lui a envoyé des prophètes pour le supplier de se convertir : « Revenez à moi de tout votre cœur… détournez-vous du péché… Lavez-vous… purifiez-vous… » Ces prophètes nous disent à leur manière l’amour passionné de Dieu pour son peuple. C’est ce Dieu amour que nous fêtons en ce dimanche. Il est proche de tous ceux qui l’invoquent, en particulier quand ils sont éprouvés par la maladie, la souffrance physique ou morale. Mais trop souvent, c’est nous qui sommes ailleurs.

    Le Nouveau Testament nous fait faire un pas de plus dans la connaissance de Dieu. Jésus nous parle du Père puis de l’Esprit Saint. Nous connaissons tous cette salutation de Paul aux Corinthiens : « Que la grâce de Jésus notre Seigneur, l’amour de Dieu le Père et la communion de l’Esprit Saint soient avec vous tous. » C’est l’une des principales salutations du célébrant au début de la messe. C’est une manière de dire la tendresse, la miséricorde, le salut, la fidélité, l’amour. Il n’y a pas d’autre manière de parler du Dieu des chrétiens. Saint Jean ne trouve rien de plus grand à dire : « Dieu est Amour. » Il dit aussi : « Dieu est plus grand que notre cœur ».


    C’est au nom de cet amour que Jésus accueille tous ceux qui viennent à lui, les malades, les pécheurs, les exclus de toutes sortes. Tous ses gestes d’accueil, de pardon, de guérison nous disent l’amour de Dieu pour l’humanité. Et quand il est sur la croix, c’est encore l’amour de Dieu qui se donne. Le Christ élevé de terre attire à lui tous les hommes pour les conduire vers le Père. Voilà cette bonne nouvelle qui vient donner tout son sens à notre vie. Nous chrétiens d’aujourd’hui, nous avons la ferme espérance que Jésus nous dira un jour : « Aujourd’hui, tu seras avec moi dans le paradis. » Pour y parvenir, il nous suffit de le suivre sur le chemin qu’il nous montre : « Je suis le Chemin, la Vérité et la Vie, nous dit Jésus : personne ne va au Père sans passer par moi ».


    Quand Jésus a envoyé ses apôtres en mission, c’est pour annoncer cette bonne nouvelle au monde entier. Lui-même a disparu de leur regard. Il sait que cette mission est démesurée pour leurs seules forces humaines. Mais il leur annonce qu’un autre prendra la relève : c’est l’Esprit Saint qui les conduira vers la vérité toute entière. Grâce à lui, ils apprendront à entrer dans l’intelligence des Écritures. Ils pourront désormais témoigner des merveilles de Dieu auprès de tous ceux qui ne le connaissent pas. Ils connaîtront la souffrance, la persécution, la prison ; beaucoup seront mis à mort ; mais grâce à cette présence de l’Esprit Saint, rien ne pourra les arrêter.


    C’est ce même Esprit Saint que nous avons reçu au jour de notre baptême et de notre confirmation. Il est toujours là pour nous conduire vers la Vérité toute entière. Il vient à nous pour répandre l’amour du Père en nos cœurs. C’est lui qui nous rend capables d’aimer de plus en plus à la manière de Dieu. Nous en avons bien besoin, surtout dans notre monde imprégné d’égoïsme, d’indifférence et de violence. L’Esprit Saint nous pousse sans cesse à aller vers les autres pour prendre leur défense. Nous sommes envoyés pour leur révéler leur dignité de fils et de filles de Dieu. Même le plus diminué est créé à l’image de Dieu Père, Fils et Saint Esprit. Croire en Dieu, c’est croire en l’amour et tout faire pour en vivre. Il ne s’agit pas de connaissances sur Dieu. Le plus important c’est d’accueillir l’Esprit de Jésus et de le laisser agir et prier en nous.


    En communion avec tous les chrétiens du monde entier, nous te supplions, Seigneur : « Toi qui es Lumière, toi qui es l’amour, mets en nos ténèbres ton Esprit d’amour


    D’après diverses sources

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  • Homélie de la Pentecôte

    Abbé Jean Compazieu


     

    assension Textes bibliques : Lire


    Nous sommes rassemblés en ce dimanche pour fêter la Pentecôte. Alors nous pouvons nous poser la question : quelle est l’origine de cette fête ? Que représente-t-elle pour nous ? Dans notre monde sécularisé, beaucoup ont oublié. Le risque est grand de réduire cette fête à un long week end. De plus, les fêtes votives organisées à cette occasion peuvent amplifier la confusion. Il est donc important que nous allions à la source et au cœur de notre foi.


    La Pentecôte trouve son origine dans l’Ancien Testament, bien avant Jésus Christ. Cette appellation vient d’un mot grec qui signifie « cinquantaine ». Au départ, on célébrait la première moisson des blés. C’était une fête joyeuse où l’on remerciait Dieu pour les dons de la nature. Et nous, pensons-nous à lui rendre grâce pour tous les biens qu’il nous donne ? Plus tard, cette fête prendra une signification nouvelle. Sous la direction de Moïse, le peuple d’Israël avait été libéré de l’esclavage. Il a traversé la Mer Rouge pour aller vers la Terre promise. Chaque année, on célébrait la Pâque pour commémorer cet événement. Et cinquante jours plus tard, on a fêté la Pentecôte, c’est-à-dire le don de la loi à Moïse sur le Sinaï.


    Nous chrétiens d’aujourd’hui, nous sommes les bénéficiaires d’un nouveau Sinaï. Dieu donne son souffle saint aux disciples. Désormais, la loi de Dieu n’est plus inscrite sur la pierre mais dans les cœurs. L’alliance entre Dieu et les hommes ne se limite plus au seul peuple d’Israël. Elle est offerte à tous les hommes du monde entier. Certains voudraient une Eglise ou les chrétiens seraient bien entre eux. Ce n’est pas cela que Jésus a voulu. Pour le comprendre il suffit de lire les textes bibliques de ce dimanche.


    Le livre des Actes des Apôtres nous dit que les disciples étaient enfermés en un même lieu. Ils n’étaient qu’entre eux. Or voilà que le jour de la Pentecôte, ils sont remplis de l’Esprit Saint. Ils sont poussés dehors pour proclamer les merveilles de Dieu. Pour en parler, saint Luc utilise un langage très imagé. Il y est question de vent et de feu. Comme un vent violent, l’Esprit Saint emporte la peur des apôtres. Comme un feu puissant, il chasse leurs ténèbres ; il illumine leur nuit. Devant la foule, les apôtres se mettent à proclamer les merveilles de Dieu. La première de ces merveilles, c’est l’annonce de Jésus Christ mort et ressuscité. Ils n’ont plus peur de témoigner, même devant ceux qui l’ont fait mourir sur une croix.


    L’Esprit Saint que les apôtres ont reçu est appelé l’Esprit de Vérité. Nous nous rappelons qu’un jour, Jésus a dit : « Je suis le chemin, la Vérité et la vie ; personne ne va au Père sans passer par moi. » Aller vers Jésus, c’est aller vers la vérité ; écouter Jésus, c’est accueillir la vérité ; c’est se laisser imprégner de l’amour qui est en Dieu. Cela ne sera possible que si nous avons un cœur de pauvres. Certains sont imbus de certitudes qu’ils pensent être la vérité. Mais ces certitudes ne résistent pas au souffle de la Pentecôte. Ce qu’il faut annoncer au monde, c’est d’abord Jésus mort et ressuscité.


    Cet événement de la Pentecôte est aussi une bonne nouvelle pour nous. Comme les apôtres au soir de Pâques, nous vivons parfois avec la peur au ventre. Nous verrouillons les portes ; nous nous replions sur nous-mêmes. Dans un monde indifférent ou hostile à la foi chrétienne, il y a de qui être inquiet. Mais comme au soir de Pâques, Jésus nous rejoint. Sa première parole est un souhait de paix. Cette salutation répétée vient renforcer la joie des apôtres et la nôtre. Ce qui est encore plus merveilleux, c’est qu’il continue à nous faire confiance malgré nos infidélités. « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie. » Le Christ compte sur nous pour être les messagers de l’Evangile et pour cela, il nous donne l’Esprit Saint. Ainsi, comme Jésus et avec lui, nous pourrons vivre dans l’amour du Père.


    Nous sommes donc envoyés pour annoncer l’Evangile. Comprenons bien, il ne s’agit pas de répéter un message appris par cœur comme si le sens était donné une fois pour toutes. Nous vivons dans un monde qui a beaucoup changé. L’Esprit saint est là pour nous inviter à le rejoindre dans ce qu’il vit. Il vient nous rappeler que ce qui est premier, ce n’est pas le confort matériel ni l’argent mais la personne. Le Christ ressuscité nous entraîne à le suivre et à aimer comme lui et avec lui. A la suite des apôtres, l’Eglise d’aujourd’hui est appelée à communiquer la paix et à manifester le pardon. Cette œuvre peut paraître impossible face aux défis du monde moderne. Mais au souffle de l’Esprit, le rêve de communion fraternelle peut devenir réalité.


    Ensemble, nous supplions le Seigneur : Donne-nous d’être dociles à l’Esprit, comme toi, comme tes apôtres. Que nous sachions nous tourner vers lui, source de Lumière et de force. Amen

    D’après diverses sources


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  • 7ème dimanche de Pâques

    Abbé Jean Compazieu

    Prier avec Marie


     

    Viens-en-nos-coeurs.jpg Textes bibliques : Lire


    Dans le prolongement du mystère de Pâques et de l’Ascension, les lectures de ce dimanche nous annoncent une bonne nouvelle. Elles nous montrent l’Eglise en train de naître. C’est une Eglise en prière. Le Christ qui va bientôt disparaître définitivement est également en prière. A quelques heures de son arrestation, de sa passion et de sa mort, il se tourne vers Dieu son Père. Il lui confie ses disciples. Ils auront bien besoin de sa force pour la mission qui les attend. 


    Au jour de l’Ascension, Jésus a disparu au regard des siens. Ils s’en sont retournés du mont des Oliviers à Jérusalem. La mort de leur Maître les avait éparpillés. Mais pendant quarante jours, ils ont fait l’expérience de Jésus vivant. Ce n’est plus seulement l’ami d’autrefois. Ils reconnaissent en lui « Mon Seigneur et mon Dieu ». Désormais, il vit d’une vie toute nouvelle. Ils se rendent au Cénacle pour un temps de prière. Une grande mission les attend ; mais pour cette mission, ils ne seront pas seuls. Jésus leur a promis la venue de l’Esprit Saint. Pendant dix jours, ils vont rester en prière pour se préparer à sa venue.


    C’est également important pour nous : toute décision importante devrait être précédée par un temps de prière. Quand un jeune se prépare à être ordonné prêtre, il va dans un monastère pour un temps de retraite. Dans une vie, il y a aussi d’autres décisions importantes : le mariage, le baptême d’un enfant, tel ou tel engagement dans une mission d’Église ou dans la société. Nous avons alors besoin de temps de prière pour être bien ajustés à ce que Dieu attend de nous. C’est très important car nous ne sommes pas à notre compte. Ce n’est pas notre parole que nous annonçons mais celle de Dieu. C’est son amour et son visage que le monde doit reconnaître en nous.


    Dans la première lecture, saint Luc nous signale la présence de Marie. Comme toujours, c’est une présence discrète. Nous la retrouvons à l’Annonciation, à Bethléem, à Jérusalem quand Jésus a eu 12 ans. Elle était aussi à Cana, et, plus tard au pied de la croix. Elle est désormais la « mère de l’Eglise ». Avec les apôtres, elle implore par sa prière la venue de l’Esprit Saint. N’hésitons pas à faire appel à elle et à nous unir à sa prière. Avec elle, et avec les apôtres, nous sommes la même Eglise. Marie est toujours là pour nous renvoyer au Christ. Elle ne cesse de nous redire : « faites tout ce qu’il vous dira. »

    La première lecture nous dit aussi qu’ils prient « d’un même cœur ». C’est ce que doit faire toute assemblée : être unanime dans la prière au Dieu unique. Cette unanimité, nous la retrouvons bien des fois chez les premiers chrétiens. Et nous ? Où en sommes-nous ? Sommes-nous unanimes dans la foi, l’espérance et la charité ? Nous avons peut-être tendance à négliger la prière et à penser que c’est du temps perdu. Les lectures de ce dimanche voudraient nous ramener à quelque chose d’essentiel : L’Eglise ne peut pas se passer de la prière. Elle lui est aussi nécessaire que l’oxygène l’est au corps.

    Si la prière devait cesser dans l’Eglise, celle-ci étoufferait aussi sûrement que le corps qui manquerait d’oxygène. Quand nous parlons de l’Eglise, il ne s’agit pas seulement de l’institution. L’Eglise, c’est chacun de nous. Nous en sommes tous membres. Si nous ne prions pas, nous étouffons la présence de Dieu en nous. Prendre quelques minutes pour prier chaque jour, ce n’est pas du temps perdu. Se rassembler le dimanche à l’église est absolument essentiel. Le concile Vatican II nous le rappelle à sa manière : l’Eucharistie est source et sommet de toute vie chrétienne et de toute évangélisation.


    La prière permet à ‘Esprit Saint de s’infiltrer en nous, dans notre intelligence et notre cœur ; c’est comme un goutte-à-goutte qui nous permet de recevoir la vie de Dieu. Elle nous entraîne à vivre de plus en plus au rythme de Dieu. Elle nous débarrasse progressivement des obstacles qui encombrent notre cœur et notre esprit. Ces obstacles, nous les connaissons bien : ils s’appellent orgueil, égoïsme, mensonge, préjugés, violences, jugement des autres… La prière nous permet de retrouver peu à peu la présence de Dieu en nous. L’Eglise est née de la prière du Christ et de celle des apôtres. C’est aussi par notre prière que l’Eglise continue à naître chaque jour.


    En fait, ce n’est pas nous qui prions mais le Christ en nous. Il reste entièrement tourné vers le Père et vers ses disciples. Il nous apprend à ne pas rapetisser la prière au niveau de nos seuls besoins personnels et familiaux. La prière est la respiration de l’âme. Quand nous prions, c’est l’air d’en haut que nous respirons. Alors oui, donne-nous Seigneur d’avoir envie de te prier. Aide-nous à lever souvent les yeux vers le ciel. Tu nous envoie dans le monde pour témoigner que tu es le Fils de Dieu. Prends-nous tous dans ton amour. Amen

    source http://dimancheprochain.org

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  • Homélie de l’Ascension du Seigneur

    Abbé Jean Compazieu 

    Fête de l’Ascension du Seigneur

     

    assension.jpg Textes bibliques : Lire


    Quarante jours après Pâques, nous fêtons l’Ascension de Jésus ressuscité. C’est le jour où il disparaît au regard de ses apôtres. Comme eux, nous avons notre regard tourné vers le ciel. Mais en même temps, nous ne devons pas oublier de regarder vers la terre ; c’est le message de l’ange aux apôtres : « Pourquoi restez-vous là à regarder le ciel ? » En d’autres termes, nous chrétiens, nous sommes « citoyens du ciel » ; nous marchons ici-bas vers notre patrie définitive. Oublier notre foi au Christ ressuscité serait pour nous un aveuglement mortel. Mais cela ne doit pas nous faire négliger la mission confiée par le Christ : « Allez donc, de toutes les nations, faites des disciples… »


    Tout au long des cinquante jours du temps pascal, nous fêtons le Christ mort et ressuscité ; c’est le grand passage de Jésus vers son Père. Cette période est là pour raviver et fortifier notre foi. C’était vrai pour les disciples. L’évangile nous dit qu’ils étaient encombrés par le doute. Mais si le Christ ressuscité est resté visible quarante jours, c’est précisément pour les faire passer du doute à la foi. N’oublions pas que le vendredi saint, ils ont subi un grave traumatisme. Ils ont vu leur Maître mis à mort sur une croix et enfermé dans un tombeau. Pour eux, c’était la fin d’une belle aventure. Mais voilà que le jour de Pâque, Jésus ressuscité les rejoint. Sa première parole est un message de paix.


    C’est ce message d’espérance que nous avons à transmettre à notre monde. Beaucoup vivent dans l’indifférence. D’autres sont hostiles à la foi chrétienne. Ils sont également nombreux ceux et celles qui sont douloureusement marqués par la souffrance, la maladie, le découragement. Je pense à un jeune qui s’était engagé dans une cause qui lui tenait à cœur. Un jour, des amis ont décidé de lui rendre visite. Il leur dit plus tard : « Ce jour-là, vous avez bien fait de passer. J’étais complètement découragé et j’ai failli tout abandonner. »


    C’est ainsi que nous pouvons aider les autres dans les moments difficiles de leur vie. Nous pouvons leur communiquer l’espérance qui nous anime. Mais cela ne sera possible que si nous l’entretenons en nous. Il ne suffit pas de regarder ce qui va mal dans le monde. Il nous faut aussi regarder vers le ciel. Des moments de ressourcement sont nécessaires. Se ressourcer, c’est prendre du temps pour la prière ; c’est se nourrir de la parole de Dieu et de l’Eucharistie. C’est surtout se rappeler que l’Esprit Saint nous précède dans le cœur de ceux et celles qu’il met sur notre route.


    A la suite des apôtres, nous sommes envoyés pour proclamer la bonne nouvelle à toute la création. Le jour de l’Ascension, c’est le temps de l’Eglise qui commence. Ce que Jésus a fait, l’Eglise doit le continuer. Il a pardonné ; l’Eglise pardonne par le sacrement de la réconciliation. Jésus a donné l’Esprit Saint ; l’Eglise le donne par le sacrement du baptême, celui de la confirmation et celui de l’Ordre. Pour cette mission, nous ne sommes pas seuls. Jésus reste avec nous. Le principal travail, c’est lui qui le fait dans le cœur des hommes.


    En venant à l’église, nous no

    us imprégnons de l’amour qui est en Dieu ; puis nous sommes envoyés pour le communiquer autour de nous. Le monde doit pouvoir découvrir en nous quelque chose de l’amour passionné de Dieu pour tous les hommes. Il est important que notre cœur soit de plus en plus accordé à son infinie tendresse pour l’humanité. Alors, ne perdons pas une minute. C’est à chaque instant que nous avons à rayonner de cette lumière qui vient de lui.


    Cette fête vient donc nous rappeler le but de notre vie. Nous avons pris l’habitude de parler du « pont de l’Ascension ». Quatre jours de congé, c’est très apprécié. Mais en parlant de pont, on ne croyait pas si bien dire. Avec Jésus, l’Ascension est un pont qui nous permet de passer d’une rive à l’autre ; nous sommes en marche vers ce monde nouveau qu’il appelle le Royaume des cieux ; c’est là qu’il veut rassembler tous les hommes. C’est cette bonne nouvelle que nous avons à annoncer aux hommes et aux femmes de notre temps. Rien ne doit l’arrêter. Les violences, les guerres, les catastrophes n’auront pas le dernier mot. Le Christ ressuscité veut nous associer tous à sa victoire sur la mort et le péché.


    Nous sommes à dix jours de la Pentecôte. Les apôtres en ont profité pour faire une retraite. Avec eux, nous te supplions, Seigneur : Envoie ton Esprit qui renouvelle la face de la terre.


    D’après diverses sources

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  • Homélie du 6ème dimanche de Pâques

    Abbé Jean Compazieu

     

    L’Esprit de Vérité


     

    bougie lampeTextes bibliques : Lire


    Dans la seconde lecture, l’apôtre Pierre nous adresse un appel de la plus haute importance. Il faut savoir que sa lettre a été écrite pour des chrétiens menacés par une persécution violente. Il leur demande de ne pas craindre de rendre compte de l’espérance qui les anime. Il ne s’agit pas pour eux d’argumenter sur les divers aspects de la foi chrétienne pour défendre l’Eglise. Le plus important c’est de témoigner par des actes et de ne pas flancher devant les tortionnaires. Les chrétiens auxquels l’apôtre s’adresse ne sont pas tous héroïques. Beaucoup ont renié leur foi au moment du danger. La lettre de Pierre les met en face du Seigneur Jésus. Lui, le juste, a préféré souffrir en faisant le bien plutôt que de faire le mal. Mais par sa victoire sur la mort et le péché, il nous introduit devant Dieu. C’est de cette espérance que les chrétiens doivent témoigner. 


    Cette lettre de Pierre nous rejoint aujourd’hui. Son message s’adresse aussi à chacun de nous dans la situation qui est la nôtre. Nous vivons dans un monde où beaucoup ont oublié l’espérance chrétienne. Dans bien des pays, ceux qui veulent rester fidèles à leur foi en Jésus Christ sont persécutés et mis à mort. Le plus souvent, ils sont ridiculisés. Les fêtes chrétiennes sont devenues des week-ends dont on a oublié l’origine. Mais rien ne peut arrêter la progression de la Parole de Dieu. La première lecture nous montre des chrétiens obligés de fuir la persécution. Mais là où ils sont, ils annoncent la bonne nouvelle de Jésus Christ. Le monde d’aujourd’hui a également besoin de témoins solides et convaincus qui ne craignent pas de rendre compte de leur attachement au Christ et de leur espérance en la résurrection.


    Dans le prolongement de cette lettre de Pierre, l’évangile nous apporte un éclairage nouveau. Dimanche dernier, Jésus nous disait : « Je suis le chemin, la vérité et la vie. Aujourd’hui, il ajoute : « Je prierai le Père, il vous donnera l’Esprit de vérité. » Cet Esprit de Vérité nous a été donné au jour de notre baptême et de notre confirmation. Mais aujourd’hui, nous pouvons peut-être nous poser la question : De quelle vérité s’agit-il?


    Nous vivons une époque plutôt curieuse : d’une part, on est très sensible à tout ce qui est mensonge, hypocrisie, tout ce qui sonne faux. On veut être authentique et faire tomber les masques. Mais en même temps, notre époque vit le mensonge organisé, mensonge de la publicité, mensonge de la politique, de l’information, scandales financiers. Et c’est là que nous rejoignons la question de Pilate au moment de la Passion du Christ : « Qu’est-ce que la vérité ? » Cette question c’est aussi la nôtre chaque fois que nous nous laissons déstabiliser par l’actualité vertigineuse qui nous est livrée chaque jour en pâture par les médias.


    Mais il y a une réponse. Nous la trouvons dans l’évangile : « Jésus nous dit : « Je suis la Vérité ». Pour nous, Jésus est la vérité sur l’homme. Il est l’homme tel que Dieu le veut, totalement libre, pleinement responsable de ses actes. Il est totalement honnête avec sa conscience, vrai avec lui-même et avec les autres. Et dans le même temps, il est la vérité sur Dieu : « Qui me voit, voit le Père. » Notre connaissance de Dieu passe par lui. Il nous révèle le vrai visage de Dieu, un Dieu qui est Père et qui aime chacun de ses enfants. Il suffit de relire la parabole du fils prodigue. Quand ce fils est retrouvé, c’est un jour de joie : Dieu fait la fête avec ses anges. Et il nous invite à nous associer à sa joie.


    Il nous appartient de tirer les conclusions de cette bonne nouvelle : accueillir cet Esprit de vérité que Jésus veut nous donner, nous laisser transformer par lui. C’est pour nous un appel à marcher chaque jour dans la clarté de l’évangile. C’est en les lisant et en les priant que nous découvrons le vrai visage de Dieu et le vrai sens de l’homme. Cette vérité n’est pas seulement une connaissance intellectuelle. Ce que l’Esprit Saint nous révèle est encore plus merveilleux. Il nous annonce que nous sommes une grande famille réunie dans l’amour : « Je suis en mon Père, vous êtes en moi et moi en vous. »

    C’est dans le concret de notre vie que nous pouvons découvrir la présence de l’Esprit de Vérité. Son action est multiple. C’est par exemple ce besoin qui nous pousse à participer à l’Eucharistie, non par obligation mais parce qu’elle apporte un ressourcement intérieur qui nous est nécessaire. L’action de l’Esprit Saint c’est encore l’attention savoureuse à la Parole de Dieu pour qu’elle nourrisse notre foi ; c’est aussi l’affinement de notre conscience quand on fait attention à ne plus dire de parole blessante. C’est l’Esprit Saint qui nous permet de faire la vérité en nous. Il est cette lumière intérieure qui illumine notre chemin et notre vie.


    Aujourd’hui, nous te prions, Seigneur : Viens raviver ce don que tu nous as fait au jour de notre baptême et de notre confirmation. Qu’il nous inspire et nous soutienne pour témoigner au cœur du monde de la joie et de l’espérance qui nous habitent à cause de Jésus ressuscité. Amen

    D’après diverses sources


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  • Homélie du 5ème dimanche de Pâques

    Abbé Jean Compazieu


     

    Je suis le Chemin


    Jeunes-p-lerins-en-marche.jpgLectures bibliques : Lire


    Cet évangile, nous l’avons entendu souvent. Il s’agit de paroles de Jésus à ses disciples quelques heures avant sa mort. Ils sont très inquiets car ils sentent le danger qui le menace. Ils se rendent bien compte que l’étau se resserre sur lui mais aussi sur eux. Tout au long de ce discours, il leur annonce que désormais ils ne vont plus le voir. Quand saint Jean écrit son évangile, au premier siècle, il s’adresse à des communautés chrétiennes  également désemparées. Les disciples du Christ sont pourchassés et mis à mort à cause de leur foi. Dans le monde d’aujourd’hui, les chrétiens se sentent aussi insécurisés. Ils doivent faire face à l’incroyance, l’indifférence, la dérision et, dans certains pays, la persécution. 


    Tout cela, le Christ l’avait prévu. Le message qu’il adressait à ses disciples est aussi pour nous aujourd’hui. Tout au long de la Bible, nous lisons cette parole : « Ne crains pas… je suis avec toi. » C’est aussi ce que Jésus redit aux chrétiens de notre temps.  Il est avec nous tous les jours et jusqu’à la fin du monde. Il nous invite à mettre en lui notre foi et notre confiance. Quoi qu’il arrive, rien ne peut nous séparer de l’amour qui est en Dieu. Le mal qui accable tant de personnes n’aura pas le dernier mot. Le Christ ressuscité veut nous associer tous à sa victoire sur la mort et le péché.


    Dans l’évangile que nous venons d’entendre, Jésus nous rappelle le sens de son départ imminent : « Je pars vous préparer une place dans la Maison de mon Père. » Voilà une parole que nous oublions un peu trop facilement. Nous pensons plutôt à nous installer sur cette terre et à nous y comporter comme si c’était notre demeure définitive. C’est alors que Jésus vient nous rappeler le vrai but de notre vie. Il ne se contente pas de nous préparer une place. Il reste avec nous pour nous guider vers ce qu’il appelle la Maison du Père.

    A ce sujet, il convient d’apporter une précision importante. Quand l’évangile nous parle de la « Maison du Père », on pourrait croire qu’il s’agit du temple ou d’une église. En fait, c’est bien plus que cela : ces nombreuses demeures qu’on y trouve désignent une cohabitation fraternelle dont nous sommes incapables ici-bas. Notre monde construit des appartements et des maisons à demeures uniques qui sont le symbole de notre individualisme. Et c’est la montée du racisme, de la violence et des injustices de toutes sortes. Depuis des années, nous en avons de douloureux exemples. Mais l’Evangile est là pour nous rappeler que le grand projet de Dieu c’est de rassembler tous les hommes et qu’il leur réserve une maison où tous se sentiront accueillis avec amour.


    Pour avancer vers ce monde nouveau qui nous attend, c’est par le Christ que nous devons passer. Dimanche dernier, il nous disait : « Je suis la porte des brebis. » Ce matin, il nous dit : « Je suis le chemin… » Si c’était maintenant, il nous parlerait sûrement du GPS. Pour ceux qui ne savent pas, c’est un petit appareil sur une voiture pour guider le conducteur tout au long du trajet. Il indique : « Tournez à droite… continuez tout droit… » Et si on se trompe, il nous remet sur la bonne route. Avec le Christ, nous avons un bon guide sur la route de notre vie. Nous pouvons toujours compter sur lui.

    L’évangile  de ce dimanche, nous invite à faire un pas de plus. Le Christ ne se contente pas de nous montrer un chemin. Il est lui-même LE chemin. Ses paroles sont celles de la Vie Eternelle. En dehors de lui, nous allons à notre perte. Personne ne va au Père sans passer par lui. C’est lui, Jésus, qui nous révèle le vrai visage de Dieu. Il nous fait regarder la direction du Ciel. Grâce à lui et avec lui, notre vie terrestre retrouve tout son sens.


    Cette bonne nouvelle, nous ne pouvons pas la garder pour nous seuls. Comme les apôtres, nous sommes envoyés dans le monde pour en être les messagers. Nous témoignons aux yeux du monde que nos chemins de la terre sont balisés par l’évangile de Jésus Christ. Nous avons là un repère essentiel pour la marche. Il est absolument indispensable d’y revenir chaque jour pour recentrer notre vie sur le Christ. Aux heures les plus éprouvantes comme dans les moments de joie, Jésus est là. Sa présence est invisible mais bien réelle. Elle nous redonne l’espérance et le goût de vivre. Nous retrouvons en lui force et courage pour continuer notre route et marcher à sa suite.


    Ne craignons pas de montrer à tous, en particulier aux enfants, que nous savons où nous allons. Au-delà de notre mort, Jésus veut nous conduire dans la Maison du Père. C’est de cette espérance que les communautés chrétiennes sont appelées à témoigner lors de la célébration des obsèques. Dans notre monde actuel, beaucoup sont sceptiques. Déjà, Thomas disait : « Nous ne savons pas où tu vas… » Et aujourd’hui encore, ils sont nombreux ceux et celles qui ne savent pas où ils vont. L’Evangile nous annonce cette bonne nouvelle : dans la lumière de Jésus ressuscité, nous savons où nous allons. Alors, nous pouvons rendre grâce pour cette lumière de la foi qui nous a été donnée. Par elle c’est le Christ qui éclaire nos pas plus ou moins hésitants en direction du Royaume de Dieu.


    Dans la célébration eucharistique, tu nous donnes, Seigneur, la nourriture indispensable pour continuer notre route à ta suite. Nous te prions les uns avec les autres. Rends-nous disponibles pour témoigner de ton amour qui vient sauver tous les hommes. Amen

     
    D’après diverses sources

    Source http://dimancheprochain.org

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  • homélie du 4ème dimanche de Pâques

    Abbé Jean Compazieu 


     

    « Je suis la porte des brebis »


    Textes bibliques : Lire

    bon pasteur

    Dans les campagnes de la Palestine, les bergers font partie du paysage quotidien. Le soir venu, ils rassemblent leur troupeau pour les mettre à l’abri des dangers de la nuit. Puis le matin, ils viennent le récupérer pour le conduire vers le pâturage. La Bible nous parle également des bergers et des brebis. Dans le psaume 22 que nous venons de prier, nous lisons : « Le Seigneur est mon berger ; sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer ; il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre. » C’est une manière de dire que Dieu conduit son peuple et qu’il prend soin de lui. 


    Mais quand nous lisons ces textes bibliques, nous devons veiller à ne pas nous tromper sur le sens du mot « troupeau ». Aux yeux du Seigneur, nous ne sommes pas un collectif anonyme. Nous sommes son peuple et il nous connaît tous par notre nom ; il nous dit à chacun et chacune d’entre nous : « Tu es mon fils ; tu es ma fille. » Nous sommes une grande famille de croyants, mais il y a une place pour chacun et chacune d’entre nous dans le cœur de Dieu ; « Je t’ai appelé par ton nom, tu as du prix à tes yeux et je t’aime. Cela, il le disait au peuple d’Israël mais aujourd’hui, Jésus nous annonce que c’est également vrai pour chacun des enfants de Dieu.


    Dans l’évangile, Jésus se présente comme la porte de la bergerie. Pour comprendre cette parabole, il faut se rappeler qu’il s’adresse aux pharisiens. Ces derniers ont un tel sens du sacré qu’ils ne peuvent imaginer cette proximité de Dieu. Pour eux, Dieu est LE Saint, l’inaccessible ; l’homme ne peut pas l’atteindre par ses seules forces. Sur ce point, Jésus leur donne raison. Mais il nous annonce que lui-même nous ouvre la porte et alors, nous pouvons le rencontrer. Cette porte qui nous permet d’aller à Dieu, c’est Jésus lui-même. « Si quelqu’un entre par lui, il sera sauvé. Il est le passeur qui nous fait traverser la mort pour épanouir en nous les forces de la Vie.


    Cette porte n’est pas celle qui claque brutalement ni celle qui enferme comme dans une prison. Elle est un lieu de passage ouvert à l’humanité tout entière. Il y a de la place pour la multitude. Jésus se présente comme la porte ouverte à l’étranger, au réfugié, au pauvre comme au riche, à la personne handicapée comme à celle qui jouit de toutes ses facultés. Cette porte est également ouverte à l’inconnu, à la brebis égarée et à tous ceux et celles qui sont en quête de sens pour leur vie. En résumé, cette porte est grande ouverte sur la tendresse de Dieu. Nous sommes tous très importants pour lui et il tient à chacun de nous comme à son bien le plus précieux.


    Par les sacrements de l’initiation chrétienne, baptême, Eucharistie et confirmation, nous avons été incorporés au Christ. Nous passons au-delà des limites de la vie présente pour entrer dans la perfection de l’humanité, celle de Jésus ressuscité. Rappelons-nous cette parole du Christ : « je suis venu pour qu’ils aient la Vie et qu’ils l’aient en abondance ». L’évangile nous est offert comme un formidable appel à vivre. Malheureusement beaucoup n’y voient que des contraintes et des obligations. Il faut le dire et le redire : nous avons là un trésor, un chemin qui libère en nous le dynamisme le plus profond. Il ne cesse de nous appeler au bout de ce qui est le plus vital en nous : l’amour.


    Il est absolument essentiel de nous imprégner non seulement de cette parole de Dieu mais de Jésus lui-même. Si nous le faisons, c’est en vue de la mission. Avant de partir, Jésus a confié à ses apôtres et à toute son Eglise la responsabilité de témoigner de l’espérance qu’il met en nous. Notre humble rôle, c’est de conduire nos frères et nos sœurs à cette porte. Nous sommes les portiers du Christ. Si, aujourd’hui, nous ne retenons que cela, nous aurons compris quelque chose d’essentiel. Beaucoup donnent le meilleur d’eux-mêmes à cette mission de « portier » ; ils n’hésitent pas à donner de leur temps, leur argent, leur vie. La mission de l’humanité, c’est de servir l’humanité et de montrer la porte. Le Christ compte sur nous tous, prêtres, religieux, religieuses et laïcs pour participer à cette œuvre de rassemblement : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie.


    Malheureusement, beaucoup choisissent des chemins de perdition et vont vers leur malheur. Depuis des mois, les médias nous parlent tous les jours des violences, des actes racistes, des guerres, des morts et encore des morts. Des jeunes complètement désabusés s’évadent dans la drogue et l’alcool. C’est dans ce monde tel qu’il est que nous sommes envoyés comme portiers. Notre mission, c’est de montrer le Christ « berger de toute humanité ». Rien ne pourra l’empêcher de vouloir sauver tous les hommes. Il est absolument essentiel que nous entrions dans ce grand projet d’amour qui anime le Christ.


    Seigneur, tu nous invites à accueillir cet amour qui est en toi. Tu es en nous cette porte ouverte par laquelle nous passons de la tristesse à la joie, du doute à la confiance. Rends-nous disponibles et rayonnants de ta présence. Nous te prions spécialement pour tous ceux que tu appelles comme prêtres, diacres religieux, religieuses, mais aussi comme laïcs engagés dans l’annonce de l’Évangile. Que les uns et les autres, là où nous sommes, nous soyons la voix du Christ bon Pasteur.

    D’après diverses sources

    Source http://dimancheprochain.org

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    Homélie du 3ème dimanche de Pâques

    Abbé Jean Compazieu

     

    Les disciples d’Emmaüs

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    Textes bibliques : Lire

    Nous comprenons tous la tristesse et la déception de ces deux disciples de Jésus dont nous parle l’évangile de ce dimanche. Ils l’ont vu arrêté, condamné et mis à mort sur une croix. Ils repartent complètement désemparés par les événements tragiques qu’ils viennent de vivre. Ils avaient tout quitté pour suivre Jésus. Ils comptaient sur lui pour libérer le peuple d’Israël de l’occupation des soldats romains. Mais en quelques heures, tout a basculé ; tout espoir humain est perdu. Ils repartent chez eux pour oublier ce cauchemar. 

    Quand nous lisons cet évangile, il ne faut pas seulement y voir la belle histoire qui se termine bien. Le plus important c’est d’accueillir le message que saint Luc annonce aux communautés chrétiennes de son temps et à celles d’aujourd’hui. Il faut le dire et le redire : ce récit évangélique nous parle de nous et de notre vie. Chacun d’entre nous est ce deuxième disciple, celui qui n’est pas nommé. Comme lui, nous marchons souvent sur la route en tournant le dos à Jérusalem et à nos espérances. Le doute, la tristesse et le découragement nous accablent ; nous gardons les yeux rivés sur nos problèmes et nos ennuis.

    Mais il y a quelqu’un qui cherche à nous rejoindre pour marcher à nos côtés. Comme les deux disciples, nous pouvons lui parler de ce qui nous accable et nous fait souffrir. Déjà le premier Testament affirmait que Dieu est proche de ceux qui l’invoquent.  C’est repris d’une manière encore plus forte dans l’évangile. En Jésus Christ, il est « Emmanuel », Dieu avec nous jusqu’à la fin des temps. Son amour nous est acquis une fois pour toutes et, en ce qui le concerne, rien ne peut nous en séparer. Il attend de nous que nous lui ouvrions la porte de notre cœur et de notre vie.

    Le problème, c’est que nous ne savons pas le reconnaître. Il est là, bien présent, mais nous sommes ailleurs. C’est ce qui est arrivé aux disciples d’Emmaüs. Nous pensons aussi à Marie Madeleine. Quand Jésus lui est apparu, elle croyait voir le jardinier. Quant aux apôtres, ils pensaient  voir un fantôme. Ces précisions sont très importantes pour nous. Elles nous disent que les yeux du corps ne suffisent pas pour reconnaître le Christ  ressuscité. Nous avons besoin d’être conduits au-delà de l’immédiatement visible. Jésus veut nous faire franchir un seuil, nous mener à un acte de foi qui dépasse l’expérience humaine de la vie et de la mort.  Pour cela, deux étapes sont nécessaires.

    La première, c’est ce qui se passe sur la route : le Christ ouvre nos yeux à « l’intelligence des Ecritures ». C’est en regardant vers Dieu et en écoutant sa parole que la lumière revient et que l’espoir renaît. La Bible ne parle que si on la fait parler. C’est Jésus qui ouvre le Livre pour nous chrétiens d’aujourd’hui. Comme autrefois à Nazareth, il nous redit : « Aujourd’hui, cette Ecriture est accomplie pour vous qui l’entendez » (Luc 4. 21). Cette bonne nouvelle fait renaître l’espérance dans le cœur des disciples. Leur cœur devient « brulant » tandis qu’il leur explique les Ecritures. Ils découvrent que même la mort de Jésus a du sens ; un avenir nouveau s’ouvre pour eux. Nous aussi, nous avons à demander au Seigneur d’ouvrir nos cœurs à l’intelligence des Écritures. Nous n’aurons jamais fini de comprendre ce que Dieu nous dit dans le Livre de sa Parole.

    La deuxième étape se passe à la maison. Elle commence par cette prière : « Reste avec nous ! » Une rencontre aussi bouleversante, on ne va pas l’interrompre parce qu’on est arrivé à un carrefour. L’inconnu qui est devenu le Maître va devenir le compagnon avec qui on partage le pain. Alors, leurs yeux vont s’ouvrir et ils pourront le reconnaître. Ils savent définitivement que Jésus crucifié est vivant. Cette bonne nouvelle, ils ne peuvent la garder pour eux. Ils se mettent en route pour partager leur foi toute neuve.

    Si saint Luc nous raconte longuement cette rencontre des disciples d’Emmaüs avec le Ressuscité, c’est pour nous parler de nous. Comme les disciples, nous sommes souvent englués dans les ténèbres. L’actualité vertigineuse de ces derniers mois nous laisse bien désemparés. Tous les jours, on nous parle de guerres, de violences et de crises. Alors, nous avons du mal à donner du sens à ce que nous avons à vivre. Pour parvenir à la lumière de la foi, nous avons besoin d’être  éclairés et réchauffés par la Parole de Dieu et de l’Eglise. Nous avons également besoin d’être fortifiés par la Pain eucharistique. Cette rencontre avec le Christ vivant nous pousse à nous lever pour annoncer cette bonne nouvelle à tous nos frères.

    L’Eucharistie, c’est toi, Seigneur, qui continues à rester avec nous. Lorsque l’avenir nous semble bouché, tu viens nous ouvrir un chemin d’espérance. Donne-nous ton Esprit Saint pour continuer notre route et porter aux autres le joyeux message de ta présence fidèle. Amen
    D’après diverses sources

    http://dimancheprochain.org 

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  • Homélie du 2ème dimanche de Pâques

    Abbé Jean Compazieu


     

    Dimanche de la Miséricorde

     

    dimanche-misericorde.jpg Textes bibliques : Lire


    En ce 2ème dimanche de Pâques, l’Eglise nous invite à tourner notre regard vers le mystère de la « divine miséricorde ». Parmi les textes de ce jour, seule la seconde lecture, la lettre de saint Pierre nous en parle explicitement. Elle nous invite à louer Dieu qui, « dans sa grande miséricorde… nous a fait renaître grâce à la résurrection de Jésus pour une vivante espérance ». Mais en y regardant de plus près, nous voyons bien que cette miséricorde divine transparaît également dans les autres textes bibliques de ce jour. Toute la liturgie de la Parole prolonge la bonne nouvelle de la résurrection par l’amour miséricordieux du Père. 

    La première lecture nous donne le témoignage de l’Eglise primitive. Elle ne cesse de s’agrandir dans la force de l’Esprit Saint. Par la bouche des apôtres, le Christ annonce la bonne nouvelle. Il guérit et il chasse le mal. Le même Esprit Saint continue à agir dans l’Eglise d’aujourd’hui. Il nous précède dans le cœur de ceux qu’il met sur notre route. C’est sous son impulsion que des milliers de jeunes se préparent aux JMJ de Madrid. Comme les premiers chrétiens, nous sommes tous envoyés pour annoncer que le salut en Jésus Christ est là, mais le principal travail, c’est lui qui le fait dans le cœur de chacun.


    Avec le psaume 117, nous rendons grâce au Seigneur dont l’amour est éternel. Cet amour est plein de miséricorde. Dieu ne cherche qu’à nous combler, non à cause de nos mérites mais parce qu’il nous aime. Il veut nous associer tous à sa victoire sur la mort et le péché. Il veut nous faire participer à la joie du Salut. Au jour de notre baptême, nous avons été plongés dans cet océan d’amour qui est en lui. Alors oui, plus que jamais, nous pouvons chanter et proclamer : « Rendez grâce au Seigneur, il est bon, éternel est son amour. »

    L’évangile nous invite à faire un pas de plus dans la découverte de cette miséricorde divine. C’était au soir du premier jour de la semaine, c’est-à-dire le dimanche soir. Les disciples avaient verrouillé les portes du lieu où ils étaient car ils avaient peur ; en raison du climat de haine et de violence qui régnait sur Jérusalem depuis la mort de Jésus, ils craignaient pour leur sécurité. Cette peur, nous la connaissons bien : Dans certains pays, les chrétiens sont massacrés. Ailleurs, ils sont tournés en dérision. Nous vivons dans un monde imprégné par l’indifférence, l’incroyance et la « mal croyance ». Or c’est dans ce monde tel qu’il est que nous sommes envoyés pour témoigner de notre foi en Jésus Christ.


    Comme il l’a fait pour les apôtres puis pour Thomas, le Seigneur ressuscité nous rejoint dans nos enfermements. Pour lui, toutes les barrières qui nous enferment, ça ne compte pas. Il est toujours là, et il ne demande qu’à nous rejoindre au cœur de nos vies et de nos déroutes. Il reste Emmanuel, « Dieu avec nous ». Nous avons vu que Thomas a eu beaucoup de mal à croire en cette bonne nouvelle. Pour lui, ce n’était pas possible. Il avait vu Jésus mort sur la croix et enfermé dans son tombeau. Il ne pouvait pas imaginer qu’il ressusciterait. Nous n’avons pas à sourire de son incrédulité. Si nous avions été à sa place, nous n’aurions pas fait mieux.


    Mais voilà que Jésus lui-même rejoint ses apôtres au cœur même de leurs doutes et de leur détresse. Sa première parole est un message de paix. Cette paix, c’est la joie retrouvée, c’est la miséricorde et le pardon, c’est la réconciliation. Au moment de les envoyer en mission, il veut les libérer de cette angoisse qui les obsède. Il veut leur redonner force et courage car ils auront une longue route à parcourir. Ils seront envoyés pour annoncer au monde entier que tous sont appelés à se convertir à Jésus Christ et à accueillir la miséricorde qu’il ne cesse de vouloir nous offrir. Nous chrétiens d’aujourd’hui, nous sommes les héritiers de ce témoignage des apôtres et nous sommes envoyés, nous aussi, pour le communiquer autour de nous, dans nos familles, nos lieux de travail et nos divers milieux de vie. Notre foi ne sera vraiment vivante que si elle rayonne. Le Seigneur nous attends dans notre monde, à l’endroit où il nous a placés pour que nous portions du fruit. Il aime réaliser des merveilles dans notre vie ordinaire et rien ne peut nous séparer de son amour.


    En ce jour, notre regard se porte une fois de plus vers la première communauté des croyants. Comme eux, nous sommes invités à appuyer notre vie chrétienne sur quatre piliers :
    – Fidélité à l’enseignement des apôtres pour approfondir notre foi et permettre à la bonne nouvelle de transformer notre vie de baptisés.
    – Fidélité à la communion fraternelle pouvant aller jusqu’au partage des biens.
    – Fidélité à la fraction du pain et donc à l’Eucharistie.
    – Fidélité à la prière, soit à la maison, soit en communauté.
    Ces quatre fidélités sont nécessaires. C’est grâce à elles que nous pourrons donner le vrai témoignage de notre vie de baptisés.

    Chaque dimanche, le même Seigneur ressuscité rejoint les communautés rassemblées en son nom pour l’Eucharistie. Nous le prions ensemble, les uns pour les autres : Envoie sur nous ton Esprit pour aller vers les hommes d’aujourd’hui, leur apporter ta Parole qui éclaire, leur offrir ton amour. Sois avec nous, Seigneur, pour que nous soyons un instrument docile et fidèle de ton Esprit.


    D’après diverses sources

    Source http://dimancheprochain.org

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