• Dimanche des Rameaux

    Abbé Jean Compazieu

    Entrer dans la Semaine Sainte

    Ancienne église romane San Cervone au sommet éponyme (pierres restantes dans les buis)

    Textes bibliques : Lire
    Le dimanche des Rameaux nous introduit à la Semaine Sainte. Tout au long de ces prochains jours, nous allons revivre symboliquement l’histoire de notre salut réalisé en Jésus Christ. C’est en regardant vers la croix que nous comprenons mieux à quel point il nous a aimés. Cette croix est là pour nous rappeler qu’il a livré son Corps et versé son sang pour nous et pour la multitude. Lui-même nous a dit qu’il n’y a pas de plus grand amour que de donner sa vie pour ceux qu’on aime. 

    Malheureusement, cette grande semaine passe de plus en plus inaperçue. Il nous manque ce cœur de pauvres qui nous rendrait plus ouverts à Dieu. En regardant vers la croix, nous prenons un peu plus conscience de l’immense amour de Dieu pour nous. Il attend de nous une réponse qui soit digne du don qu’il nous fait. Il ne tient qu’à nous de le remettre au centre de notre vie et d’en témoigner autour de nous.

    Cette croix nous invite également à changer notre regard sur le monde. Nous vivons dans une société qui accuse, qui dénonce et qui condamne. Nous oublions que si le Christ a livré son Corps et versé son sang, c’est aussi pour ceux et celles que nous avons tendance à mépriser. Toutes ces violences sont un affront à celui qui a donné sa vie pour eux.

    Avec Jésus, nous pouvons choisir d’aimer. Avec lui, nous pouvons nous émouvoir des drames qui accablent les plus pauvres et les plus fragiles. Tout ce que nous aurons fait pour eux, c’est à lui que nous l’aurons fait. La croix est toujours là pour nous rappeler la victoire de l’amour sur le mal.

    Tout au long de cette semaine, nous prendrons l’évangile et nous demeurerons avec Jésus. Nous le suivrons dans ses diverses étapes : le Jeudi Saint, nous célèbrerons l’institution de l’Eucharistie et du sacerdoce ; le Vendredi Saint, nous suivrons Jésus jusqu’au pied de la croix. Puis au cours de la veillée pascale, nous célèbrerons sa victoire sur la mort et le péché. Avec lui, le mal ne peut avoir le dernier mot. Par sa Passion et par sa croix, le Christ nous ouvre un chemin vers résurrection et la vie éternelle.

    Seigneur, donne-nous force et courage pour te suivre tout au long de cette semaine Sainte. Si nous mourons avec toi, avec toi nous vivrons. Si nous souffrons avec toi, avec toi, nous règnerons. “Au-delà de ton calvaire, tu nous donnes rendez-vous ; dans la gloire de ton Père, o Jésus, accueille-nous.

    Télécharger : Dimanche des Rameaux

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  • Homélie du 5ème dimanche du carême

    Abbé Jean Compazieu 

    Nous voudrions voir Jésus

     

     

    Textes bibliques : Lire

    Tout au long de ce Carême, nous entendons la Parole de Dieu qui ne cesse de nous appeler à revenir vers lui. Avec la première lecture, nous découvrons qu’il a fait alliance avec son peuple. Mais ce dernier n’a pas respecté le contrat. Il a préféré faire confiance à d’autres divinités ou même à sa propre force. En se détournant de son Dieu, il rejette sa protection ; il court à sa perte. Ce texte est toujours d’actualité. Il nous renvoie à notre vie et à celle de notre monde. La tentation est grande de se tourner vers d’autres dieux qui s’appellent argent, recherche du pouvoir, désir de posséder toujours plus. Mais le prophète continue à nous renvoyer à l’essentiel : le Seigneur mettra sa loi au fond de nous-mêmes. C’est en nous tournant vers lui que nous trouverons le vrai bonheur. 

    Or voilà que dans l’évangile de ce dimanche, nous voyons cette promesse en train de se réaliser. Quelques grecs venus à Jérusalem vont trouver Philippe pour lui dire : Nous voudrions voir Jésus. Ce dernier va le dire à André et tous deux vont le dire à Jésus. Ces Grecs, ce sont des étrangers. Ils nous font penser aux mages venus d’Orient pour se prosterner devant lui. C’est une manière de dire que la bonne nouvelle annoncée par le prophète n’est pas réservée aux seuls membres de son peuple. Elle est offerte à tous les hommes de tous les pays et de toutes les générations. Comme Philippe et André, nous venons à Jésus pour lui présenter tous ces hommes et femmes en quête de vérité. C’est cela qui doit orienter notre prière.

    En réponse, Jésus leur propose de le voir dans sa gloire. Et sa gloire, c’est la croix. Nous allons entrer dans la grande Semaine Sainte. C’est l’heure que Jésus attend depuis le début de sa mission. Ces grecs vont voir un homme comme les autres hommes, affreusement bouleversé de perdre sa vie. Ils verront la mort de Celui qui est l’auteur de la vie, un homme élevé au-dessus de tous et cloué sur une croix. Ce Jésus élevé de terre connaîtra la gloire puisqu’il attirera tous les hommes à lui.

    Nous voudrions voir Jésus… Oui, c’est vrai. Mais c’est surtout lui qui voudrait nous voir et nous attirer à lui. Or trop souvent, c’est nous qui lui tournons le dos. C’est ce qui se passe chaque fois que nous organisons notre vie en dehors de lui. Nous n’accueillons pas l’amour qui est en lui. Nous voyons bien ce que cela donne. Nous assistons à des conflits qui n’en finissent pas de durcir les cœurs. Nous avons besoin de quelqu’un qui nous aide à sortir de la logique de la rancune et de la haine. Seul Jésus peut nous apprendre à aimer comme lui et à pardonner. Lui seul peut nous délier du mal.

    “Nous voudrions voir Jésus.” L’évangile nous dit que nous devons le reconnaître là où nous ne pensions pas le trouver et sous les traits que nous n’avions pas imaginés. Il est dans ce malade que nous ne pouvons pas visiter sur son lit d’hôpital à cause de la pandémie ; il est dans ceux qui, à cause de la crise, n’ont plus de travail, plus de logement, plus d’espérance. Tout ce que nous faisons pour le plus petit d’entre les siens, c’est à lui que nous le faisons.

    Alors c’est vrai, cela vaut la peine d’aller à sa rencontre. Avec lui, la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres, aux prisonniers et aux exclus de toute sorte. Il est celui qui fait miséricorde aux pécheurs. Son salut est offert à tous. Lui-même nous dit qu’il n’est pas venu pour juger le monde mais pour le sauver. Son Évangile est un message d’espérance et d’amour qu’il faut proclamer à temps et à contretemps.

    Ce Jésus que nous voudrions voir est aussi aux côtés de ceux et celles qui s’engagent dans la lutte contre la misère. Chaque année, des hommes, des femmes et des enfants s’organisent en lien avec le CCFD Terre solidaire pour faire de ce dimanche une journée de prière, de partage et de collecte d’informations sur les peuples du monde. Des chrétiens prennent l’initiative de jeûner et de se priver pour mieux partager avec les plus pauvres. En raison de leur situation précaire, ces derniers savent bien que l’homme ne peut pas s’en sortir seul. C’est pourquoi, un peu partout dans le monde, des gens s’organisent pour vivre différemment. Ils veulent construire une Église qui se met au service des autres. C’est cette Église-là qui nous permettra de rencontrer Jésus.

    Par l’Eucharistie, c’est l’heure de Jésus qui se poursuit. Prions-le pour qu’il nous entraîne dans son amour; cet amour qui va jusqu’au bout.

    Télécharger : 5ème dimanche du Carême

    source https://dimancheprochain.org/

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  • Saint Joseph (19 mars)

    Abbé Jean Compazieu 

                                 
     
    Évangile de Jésus Christ selon saint Matthieu ( 1, 16.18-21.24a)

    Jacob engendra Joseph, l’époux de Marie,

    de laquelle fut engendré Jésus,
    que l’on appelle Christ.Or, voici comment fut engendré Jésus Christ :
    Marie, sa mère, avait été accordée en mariage à Joseph ;
    avant qu’ils aient habité ensemble,
    elle fut enceinte
    par l’action de l’Esprit Saint.
    Joseph, son époux, qui était un homme juste,
    et ne voulait pas la dénoncer publiquement,
    décida de la renvoyer en secret.
    Comme il avait formé ce projet,
    voici que l’ange du Seigneur
    lui apparut en songe et lui dit :
    « Joseph, fils de David,
    ne crains pas de prendre chez toi Marie, ton épouse,
    puisque l’enfant qui est engendré en elle
    vient de l’Esprit Saint ;
    elle enfantera un fils,
    et tu lui donneras le nom de Jésus
    (c’est-à-dire : Le-Seigneur-sauve),
    car c’est lui qui sauvera son peuple de ses péchés. » 

    Quand Joseph se réveilla,
    il fit ce que l’ange du Seigneur lui avait prescrit. (AELF) 

     

    Méditation

    « Joseph fit ce que l’ange lui avait prescrit. Il prit chez lui son épouse. » C’est ainsi que Joseph va remplir la mission que Dieu lui a confiée. Il va devenir le gardien de Marie et de Jésus. Puis cette garde s’étendra progressivement à toute l’Église. Il a exercé cette responsabilité avec discrétion, avec humilité et dans le silence. Il est resté très présent et toujours fidèle, même quand il ne comprenait pas. Il a accompagné chaque moment avec persévérance et avec amour. C’est ainsi que Joseph est devenu le gardien de Marie, de Jésus, puis de l’Église. Il est resté ouvert aux signes de Dieu et toujours disponible à son projet. Il est « gardien » parce qu’il sait écouter Dieu ; il se laisse guider par sa volonté ; il est sensible aux personnes qui lui sont confiées ; il sait prendre des décisions sages. Avec lui, nous apprenons, nous aussi, à faire preuve de disponibilité et de promptitude pour répondre aux appels de Dieu ; nous apprenons à mettre le Christ au centre de notre vie et de notre vocation chrétienne. Nous gardons le Christ dans notre vie, pour garder les autres, pour garder la création.

    Cette vocation de garder ne concerne pas que nous les chrétiens. Elle a une dimension universelle ; elle vise tous les hommes. Nous devons avoir soin de tous, spécialement des plus fragiles qui sont trop souvent dans les périphéries de notre cœur. Les époux sont appelés à se garder mutuellement. Puis comme parents, ils prennent soin des enfants. Et avec le temps, les enfants deviennent les gardiens de leurs parents. Tout est confié à la garde de l’homme. C’est une responsabilité qui nous concerne tous. Nous avons tous pour mission d’être les gardiens des dons de Dieu. Quand nous nous ne la remplissons pas, c’est la destruction qui survient, c’est le cœur qui s’endurcit, c’est Hérode qui continue son œuvre de mort.

    Pour « garder », nous devons aussi avoir soin de nous-mêmes : nous devons nous préserver de l’orgueil, de la haine et de l’envie qui souillent la vie. Garder, c’est veiller sur nos sentiments et sur notre cœur : c’est en effet de là que sortent toutes nos intentions, bonnes ou mauvaises, celles qui construisent et celles qui détruisent. Nous ne devons pas avoir peur de la bonté ni de la tendresse.

    Dans les Évangiles, Joseph apparaît comme l’homme fort, courageux, travailleur. Mais dans son âme, il fait preuve d’une grande tendresse. Ce n’est pas la vertu du faible mais celle du fort. Elle dénote une grande capacité d’attention et d’ouverture à l’autre. Garder Jésus et Marie, garder chaque personne, spécialement les plus pauvres, nous garder-nous-mêmes… C’est une grande mission que nous sommes tous appelés à accomplir. C’est ainsi que nous pourrons faire resplendir l’étoile de l’espérance. Oui, gardons avec amour ce que Dieu nous a confié. C’est un trésor inestimable qu’il faut développer et faire fructifier.

    Tout cela ne va pas sans un engagement résolu contre la misère, l’injustice et la violence qui dégradent et défigurent le projet d’amour de Dieu sur l’humanité. Nous ne pouvons pas être de vrais chrétiens sans un engagement résolu pour retrouver le chemin du cœur. En cette période du Carême, Saint Joseph nous montre l’attitude qui convient pour nous préparer à la victoire de Pâques. Il s’agit pour nous d’écouter la Parole de Dieu et de nous rendre dociles à ce qu’il nous suggère. Comme Joseph, nous sommes invités à nous faire les serviteurs d’un mystère qui nous dépasse. Tout l’Évangile nous dit que le Seigneur nous conduit sur des chemins que nous n’avions pas prévus. Mais les paroles qu’il nous adresse sont celles de la Vie éternelle.

    Télécharger : Fête de Saint Joseph

    Source https://dimancheprochain.org/

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  • Homélie du 4ème dimanche du Carême

    Abbé Jean Compazieu

    Dieu veut le Salut de tous les hommes 

     

    Textes bibliques : Lire

    Nous continuons notre montée vers Pâques. C’est un chemin de conversion de tous les jours et de tous les instants. C’est en permanence que le Seigneur nous appelle : “Revenez à moi de tout votre cœur… Convertissez-vous et Croyez à la bonne nouvelle…” Chaque année, le Comité Catholique contre la Faim et pour le Développement est là pour relayer cet appel à la conversion. 

    Dans les lectures bibliques de ce dimanche, nous trouvons plusieurs fois le mot “sauvés”. Le premier texte (livre des Chroniques) est une relecture des événements du passé. Les chefs des prêtres et tout le peuple multipliaient les infidélités. Ils imitaient les sacrilèges des nations païennes. Cette conduite a été la cause de leur perte. Le temple de Jérusalem a été détruit ; le peuple a été déporté en exil. Mais Dieu reste éternellement fidèle à son alliance alors que l’homme ne cesse de la trahir. Il envoie des messagers car il a pitié de son peuple. Il ne cesse de lui offrir son amour généreux.

    C’est important pour nous aujourd’hui. Nous vivons dans une société qui cherche à se construire en dehors de toute référence religieuse. Dieu y est le grand absent. En dehors de lui, nous courons nous aussi à la catastrophe. Mais Dieu ne cesse de vouloir nous sauver. Il nous appelle inlassablement à revenir vers lui de tout notre cœur : “Convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle.” Notre Dieu ne veut pas la mort du pécheur mais qu’il se convertisse et qu’il vive. Voilà cet appel que nous sommes invités à accueillir. Dieu est amour ; il n’a jamais cessé de nous aimer.

    C’est aussi cette révélation que nous trouvons dans la lettre de saint Paul aux Éphésiens : “Dieu est riche en miséricorde : à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions esclaves par suite de nos fautes, il nous a donné la vie dans le Christ.” C’est la bonne nouvelle qui nous est annoncée tout au long de ce Carême : Dieu est amour ; il nous aime tous d’un amour passionné. Tout ce qui nous arrive par le Christ vient de cette miséricorde de Dieu ; cela ne vient pas de nous ni de nos actes. Saint Paul qui a rencontré le Christ sur le chemin de Damas sait de quoi il parle. Il sait ce qu’est la vie renouvelée par l’amour.

    Dans l’Évangile, nous retrouvons également ce mot “sauvés”. En dehors de Dieu, nous sommes des naufragés. Et c’est pour ramener tous les hommes à Dieu que l’apôtre Pierre a reçu la mission de “pêcheur d’hommes”. Aujourd’hui, saint Jean nous invite à lever les yeux vers un signe. Il nous parle de Jésus “élevé” en croix comme le serpent de bronze avait été “élevé” par Moïse sur le peuple. Celui qui tournait les yeux vers le serpent élevé était guéri. Il n’était pas guéri par l’objet mais par le sauveur de tous les hommes.

    L’évangéliste multiplie les expressions qui parlent de délivrance : “Obtenir la vie éternelle… être sauvés… échapper au jugement…” Le grand projet de Dieu c’est d’apporter son salut à tous les hommes. Il envoie son Fils pour réaliser ce projet. Il nous a montré son immense amour en nous donnant son Fils. C’est par la croix que se révèle cet amour unique. L’évangéliste nous demande de nous déterminer face au crucifié qui nous révèle l’amour de Dieu. “Celui qui croit en lui échappe au Jugement, celui qui ne croit pas est déjà jugé”.

    Il nous faut le dire et le redire : jamais nos péchés ne seront plus grands que cet amour-là. C’est une certitude inébranlable de l’Église : nous sommes sauvés par ce Jésus qui a livré son Corps et versé son sang sur une croix. Jamais aucune faute ne pourra venir à bout de cet amour. Pour ceux qui savent regarder, la croix est un signe de salut et non de condamnation. Malheureusement, nous regardons trop souvent ailleurs. Quand nous organisons notre vie en dehors de Dieu, c’est la catastrophe, le naufrage.

    Tout au long de ce Carême et tout au long de notre vie, nous sommes donc invités à lever les yeux vers la croix du Christ. Par sa mort et sa résurrection, le Christ Jésus nous fait passer vers la vraie Lumière. Avec lui, nous pourrons faire un pas ce plus. Il nous invite a regarder le monde avec lui et comme lui. Par sa croix, il guérit les blessures du monde. Il est la Lumière plus forte que la nuit, l’amour plus fort que la mort. Alors oui, levons les yeux, élevons nos cœurs ! Profitons de ces derniers jours du Carême pour ouvrir les yeux sur la Vérité et renaître à la Lumière de la vie.

    En ce jour, nous demandons à l’Esprit de Dieu, d’attirer nos regards vers Celui qui a été “élevé de terre”. Qu’il répande sen nous l’Esprit du Christ et nous fasse revivre avec lui. Amen

    Télécharger : 4ème dimanche du Carême

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  • Dieu libérateur 

    Textes bibliques : Lire

    Abbé Jean Compazieu


    En ce temps du Carême, nous continuons notre montée vers la grande fête de Pâques. Les textes bibliques de ce jour nous révèlent un Dieu libérateur qui se fait proche de nous. Il nous rejoint dans la situation qui est la nôtre pour nous relever et aller de l’avant sur le chemin qu’il nous montre.

    La première lecture est tirée du livre de l’Exode. Ce livre nous raconte comment Dieu a fait appel à Moïse pour libérer son peuple de l’esclavage d’Égypte. Aujourd’hui, il les invite à  faire un pas de plus. Il leur donne sa loi pour leur apprendre à bien vivre les uns avec les autres. Dieu les aime tous de la même manière ; il veut le salut de tous. Les commandements qu’il leur laisse commencent par des interdits : “Tu n’auras pas… Tu ne feras pas…” Ces paroles leur disent ce qu’il faut éviter pour ne pas retomber dans l’esclavage.

    Il s’agit de renoncer aux idoles, ces faux dieux qui revendiquent d’être l’absolu de l’homme. Ces faux dieux sont toujours d’actualité : pensons à la course à l’argent et aux richesses matérielles : tout cela ne fait que nous enfermer dans notre égoïsme. Nous devons également éviter toutes les paroles méchantes et négatives qui ne font qu’ajouter un peu plus de poison à la société dans laquelle nous vivons. Les paroles que le Seigneur nous laisse aujourd’hui sont une étape importante dans la vie de son peuple. Elles sont aussi des points de repère pour nous.

    Le psaume se présente comme une réponse amoureuse au don de la loi. Il nous invite à rendre grâce à Dieu qui libère son peuple. Dieu lui enseigne comment il faut vivre pour rester dans l’alliance et accueillir la bénédiction. Plus tard, l’apôtre Pierre reconnaîtra que les paroles de Jésus sont celles de la Vie éternelle. Tout au long de ce Carême, nous sommes invités à les lire et à les relire. Elles contiennent des graines de l’amour qui est en Dieu.

    Dans la seconde lecture, l’apôtre Paul nous invite à nous tourner vers la croix du Christ. Elle nous rappelle son amour inimaginable : “Nous proclamons un Messie crucifié”. Tant pis pour ceux qui s’efforcent de rendre raisonnable l’Évangile de la croix. Si nous voulons comprendre quelque chose à l’amour de Dieu, c’est vers la croix que nous devons regarder. Le vrai Dieu se révèle là où les hommes ne voient que la honte et l’échec. Le signe de la croix se présente comme la seule attestation d’un Dieu dont le nom est “miséricorde”.

    L’Évangile nous montre la réponse que Dieu attend de nous et surtout ce qu’il ne veut pas. Cela se passe dans la cour du Temple de Jérusalem. Un “centre commercial” à but liturgique y avait été installé. On y rencontrait des vendeurs d’animaux et de produits pour les sacrifices ; les changeurs de monnaie y faisaient également leurs affaires. Chacun y trouvait son compte. Mais le Christ n’est pas d’accord. À la manière des prophètes, il pose un acte fort pour contester ce qui lui paraît indigne de ce haut lieu de prière.

    C’est ainsi que Jésus a voulu purifier le culte qui se pratiquait dans le temple. Aujourd’hui, il nous rejoint pour purifier notre prière. L’Évangile nous apprend que Jésus ressuscité est désormais le seul chemin vers Dieu, le seul temple où l’on peut rencontrer Dieu. Ce nouveau Temple est universel. Personne n’est propriétaire de Jésus ni de son message, ni de son action dans le monde. Son œuvre de salut est pour tous. C’est pour nous et pour la multitude qu’il a livré son Corps et versé son sang.

    Il nous faut aller plus loin dans la compréhension de cet Évangile : dans sa lettre aux corinthiens, saint Paul écrit : “vous êtes le temple du Christ, vous êtes le temple de Dieu”. Il nous faut donc chasser de ce temple tout ce qui rend impur. Les vendeurs que Jésus dénonce, c’est chacun de nous quand nous sommes encombrés par des préoccupations égoïstes ou mesquines. Ce n’est qu’en faisant le ménage en nous que nous pourrons retrouver Dieu. C’est absolument nécessaire si nous voulons accueillir dignement le Christ ressuscité.

    Chaque dimanche, l’Évangile devient ce “fouet à cordes” que Jésus utilise pour changer notre cœur et notre vie. Le Seigneur est là pour chasser de nos cœurs l’attachement à nous-mêmes. Il renverse la ténacité que nous avons dans la poursuite de nos affaires à n’importe quel prix. Pour lui, il n’y a pas de bonheur contre les autres ni sans les autres. Et s’il n’y a pas de place pour Dieu dans notre vie, il n’y en aura pas pour nos frères non plus. L’Évangile nous est donné pour qu’il change nos cœurs. Ayons le courage de faire le “ménage de Pâques” pour accueillir dignement le Christ ressuscité.

    En ce jour, nous nous tournons vers le Seigneur pour lui confier notre désir de conversion. Qu’il nous fasse revenir vers lui. Et pour que chaque jour nous soit profitable, qu’il ouvre nos esprits à l’intelligence de sa loi. Amen

    Télécharger : 3ème dimanche du Carême

    Sources : Feu Nouveau, les Cahiers de Prions en Église, Fiches dominicales, Dossiers personnels…

    source https://dimancheprochain.org/

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  • Homélie 2ème DIMANCHE DU CARÊME - 28 février 2021

    LE FILS BIEN-AIMÉ

    Textes bibliques : Lire

    Tout au long du Carême, nous entendons un appel à revenir vers le Seigneur et à lui donner la première place. Dans la première lecture, nous découvrons Abraham qui a répondu à l’appel de Dieu par une disponibilité absolue. Mis à l’épreuve, il n’a pas refusé de sacrifier ce qu’il avait de plus précieux, l’enfant porteur de la promesse. S’il est prêt à sacrifier ce fils unique, c’est parce qu’il aime Dieu de tout son cœur. Son amour pour Dieu est plus grand que tout.

    Dans l’Évangile, nous avons écouté le récit de la Transfiguration : il nous montre le Christ plein de gloire parce qu’il répond à l’amour du Père. S’il est prêt à mourir pour manifester sa fidélité absolue au Père, c’est parce qu’il aime le Père de toute ses forces. La seule manière de répondre à l’amour et à la tendresse de Dieu c’est de l’aimer « de tout notre cœur, de toutes nos forces et de tout notre esprit ».

    Les Évangiles nous donnent de nombreux témoignages de cet amour sans limite : nous pensons à Marie qui a dit : « Voici la servante du Seigneur » ; en répondant à l’appel de Dieu, elle a fait l’offrande de toute sa vie. Dans la seconde lecture, saint Paul s’adresse à des chrétiens persécutés ; il leur adresse des paroles d’espérance et de réconfort : « Si Dieu est pour nous, qui sera contre nous ? » Malgré les épreuves qui les accablent, il les invite à une confiance totale en Dieu ; lui-même s’est donné au Christ sans réserve.

    L’Évangile nous montre les trois disciples qui font la découverte extraordinaire de Jésus transfiguré et lumineux. Ce rayonnement vient précisément de son amour sans réserve pour son Père et pour le monde entier. Pierre voudrait rester là à fixer l’événement. Mais la voix du Père vient le rappeler à la vraie priorité : « Celui-ci est mon Fils Bien aimé : écoutez-le ». Cette parole est importante. Nous devons écouter Jésus. Ce n’est pas le pape ni les évêques ni les prêtres qui disent cela, c’est Dieu lui-même qui nous le dit à tous. Le Seigneur est là au cœur de nos vies, de nos loisirs et de nos soucis. Mais trop souvent, nous sommes ailleurs. Nous organisons notre vie en dehors de lui.

    Nous disciples du Christ, nous sommes appelés à être des personnes qui écoutent sa voix et qui prennent au sérieux ses paroles. Pour écouter Jésus, il faut être proche de lui, il faut le suivre, il faut accueillir son enseignement. C’est ce que faisaient les foules de l’Évangile qui le poursuivaient sur les routes de Palestine. Le message qu’il leur transmettait était vraiment l’enseignement du Père. Cet enseignement, nous pouvons le trouver chaque jour dans l’Évangile ; quand nous le lisons, c’est vraiment Jésus qui nous parle, c’est sa Parole que nous écoutons.

    Dans cet épisode de la Transfiguration, nous trouvons deux moments significatifs : la montée et la descente. Le Seigneur nous appelle à l’écart, à monter sur la montagne. Comprenons bien, il ne s’agit pas de faire de l’alpinisme mais de trouver un lieu de silence et de recueillement pour mieux percevoir la voix du Seigneur. C’est ce que nous faisons dans la prière. Pendant l’été, beaucoup choisissent de passer quelques jours dans un monastère. Ils ont besoin de ce temps de ressourcement pour leur vie chrétienne.

    Mais nous ne pouvons pas rester là. La rencontre avec Dieu dans la prière nous pousse à « descendre » de la montagne. Nous sommes invités à retourner en bas, dans la plaine et à rejoindre le monde dans ce qu’il vit. Nous y trouverons tous ceux et celles qui sont accablés par le poids du fardeau, des maladies, des injustices, de l’ignorance, de la pauvreté matérielle et spirituelle.

    Nous sommes envoyés pour être les témoins et les messagers de l’espérance qui nous anime. Cette parole que nous avons reçue doit grandir en nous. Cela ne se réalisera qui si nous la proclamons. Si nous l’accueillons, ce n’est pas pour la mettre dans un conservateur mais pour la donner aux autres ; c’est cela la vie chrétienne : accueillir Jésus et le donner aux autres. Lui seul peut nous transfigurer. En ce jour nous le supplions : « Toi qui es Lumière, toi qui es l’amour, mets en nos ténèbres ton esprit d’amour. »

    Télécharger : 2ème dimanche du Carême

    Pour d’autres approches, rendez-vous sur https://puiseralasource.org/preparons-dimanche/

    Sources : Revues liturgiques, Fiches dominicales, Feu Nouveau, Cahiers prions en Église – Guide Emmaüs des dimanches et fêtes (JP Bagot), homélies pour l’année B (A Brunot), commentaires de Marie-Noëlle Thabut, homélies pour l’année liturgique B (Simon Faivre), Pensées sur l’Évangile de Marc (Christoph Schönborn)

    source http://homelies.livehost.fr/

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  • « PEUPLE DE L’ALLIANCE »

    Textes bibliques : Lire

    Depuis mercredi dernier, nous sommes entrés dans le temps du Carême. Cette période de quarante jours ressemble au grand nettoyage du Printemps. Il nous suggère de mettre au propre nos relations avec Dieu. En effet, nos relations sont salies par l’idée que nous nous faisons de lui. Trop souvent, nous pensons qu’il ne voudrait pas notre bien. Pour laver cette idée, la première lecture nous renvoie à l’histoire de Noé.

    Le livre de la Genèse nous rapporte que, dès le départ, les hommes se sont détournés de Dieu. Ils ont sombré dans la violence. Le péché nous est présenté comme une rupture avec Dieu. Mais après le déluge, Dieu se manifeste à Noé ; il conclut avec lui une alliance de paix, une alliance universelle. C’est Dieu qui prend l’initiative ; il le fait sans condition. Même si son peuple est infidèle, Dieu reste toujours fidèle à son alliance. Cette bonne nouvelle nous rejoint tous en ce début du Carême. Si nous sommes prisonniers de nos lourds penchants ou écrasés par nos lourds soucis, Dieu prend parti pour nous. La preuve, nous la trouvons dans les Évangiles : le Christ tient si fort à nous qu’il est mort pour nous sur une croix.

    Dans sa lettre, saint Pierre revient sur le déluge : il attire notre attention sur le petit nombre de sauvés, huit en tout. Ce chiffre lui permettra de mettre en valeur la grandeur du salut en Jésus : le déluge est comme une figure du baptême. Il est bien plus qu’une simple purification. La famille de Noé est ressortie vivante des eaux du déluge ; désormais, c’est l’eau du baptême qui nous sauve. Nous sommes sortis de tout ce qui nous menait vers la mort et conduits vers Dieu. C’est lui qui fait alliance avec nous et qui nous invite à marcher avec lui.

    L’évangile nous présente précisément celui qui accomplit cette œuvre de Salut. Jésus vient d’être baptisé par Jean au bord du Jourdain. Il a été désigné comme le Fils bien aimé du Père. Aussitôt après cet événement, l’Esprit le pousse au désert. En fait la traduction est trop faible. Il faudrait dire : “L’Esprit le chasse au désert”. Nous devons aussi souligner l’importance de ce “Aussitôt” qui revient souvent dans l’évangile de Marc. Il y a là un message important pour notre carême. Ce n’est pas “Je commence demain ou plus tard…” C’est aujourd’hui et maintenant que le Seigneur attend ma réponse à son appel.

    Quand nous lisons cet évangile, nous pensons aux hébreux qui, au temps de Moïse, furent jetés au désert par Pharaon. Ils y ont vécu un exode qui a duré quarante ans. Avec l’évangile de ce dimanche, nous voyons Jésus qui commence un nouvel exode. Les hébreux allaient vers la Terre promise. Jésus va vers son Royaume et nous entraîne à le suivre. Tout au long de ce carême, nous sommes invités à faire une “conversion”, un demi tour et à réorienter notre vie vers lui. Dans un monde marqué par les vacarmes des moteurs et les hurlements de la radio et de la télévision, nous penserons à réserver des zones de désert, de silence pour retrouver Dieu. Il est le Chemin, la Vérité et la Vie. C’est par lui et avec lui que nous allons au Père.

    Au désert, le peuple hébreu s’est révolté contre Dieu. Jésus a lui aussi connu les tentations et les épreuves qui sont celles de tous les humains. Mais parce qu’il est habité par l’Esprit, il en est sorti vainqueur. Bien mieux qu’avec Noé dans la première lecture, cette victoire du Christ sur les forces du mal est le point de départ d’une nouvelle alliance. Cette alliance nouvelle et éternelle est offerte à “toutes les nations qui sont sous le ciel.” (Actes 2. 5) C’est la bonne nouvelle que Jésus proclame à travers la Galilée : “Les temps sont accomplis, le règne de Dieu est tout proche : “Convertissez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle”. Annoncer la bonne nouvelle c’est dire que le règne de Dieu est en train de commencer. Le projet de Dieu est en train de se réaliser.

    Tout au long de ce carême, nous sommes invités à suivre Jésus au désert. Il veut nous associer à sa victoire. Souvent, nous demandons à Dieu de nous protéger. Or voilà qu’aujourd’hui, il nous conduit sur le lieu du combat. Il nous met en face de nos responsabilités. Mais il ne nous laisse pas livrés à nos seules forces. C’est avec le Christ que nous pourrons être victorieux des forces du mal. Nous pouvons vraiment nous appuyer sur lui. Son amour nous est acquis une fois pour toutes et rien ne peut nous en séparer.

    Dans notre vie, le carême n’est pas un contre temps fâcheux. C’est un temps de libération. Nous sommes invités à nous libérer de tout ce qui nous empêche d’aller vers les autres et vers Dieu. C’est un temps pour aimer : “Quarante jours à prendre comme on prend des vacances, quarante jours à ne rien faire d’autre que d’aimer”. Jésus nous ouvre le chemin. Nous vivons dans un monde imprégné par l’indifférence, l’incroyance, la “non foi”, la mauvaise foi. C’est pour ce monde que le Christ est venu. À travers notre vie et notre témoignage de foi, tous doivent pouvoir reconnaître que “le règne de Dieu s’est approché.” Entrons résolument dans cette alliance que le Seigneur nous propose.

    Télécharger : 1er dimanche du Carême

    source http://homelies.livehost.fr/

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  • TENU À L’ÉCART

    Abbé Jean COMPAZIEU

    Textes bibliques : Lire

    La première lecture et l’Évangile de ce dimanche nous parle de gens qui étaient atteints par la lèpre. Cette maladie contagieuse et inguérissable faisait l’objet d’un confinement très strict. De plus, dans la mentalité de l’époque cette maladie ne pouvait qu’être la conséquence du péché. C’était une raison de plus pour s’en éloigner. Pour éviter toute contamination, le lépreux devait être tenu à l’écart. Cela n’était pas loin du confinement que nous connaissons.

    Pour mieux comprendre cette première lecture, il faut savoir qu’elle s’adresse à un peuple qui se tient en présence du Seigneur. La lèpre est vue comme une trace de mort dans la chair. De ce fait, elle est incompatible avec la présence au Dieu vivant. Les personnes qui étaient frappées par cette terrible situation se trouvaient condamnées à la solitude et au désespoir. Aujourd’hui, la lèpre a pratiquement disparu. Mais l’exclusion reste toujours bien présente : ce sont les sans-papiers refoulés, les chômeurs, les conjoints séparés, les enfants abandonnés…

    Jésus se préoccupait de tous les exclus. C’était même sa priorité. Avec lui, le mal n’a pas le dernier mot. Il ne craint pas de braver les interdits en touchant le lépreux. Cette liberté qu’il prend trouve sa source dans son amour pour Dieu et pour le prochain. C’est un amour sans frontière qui ne craint pas de bousculer les règlements. C’est ainsi qu’un jour, il guérit un infirme le jour du Sabbat. Il explique à tous que le Sabbat est fait pour l’homme et non l’homme pour le sabbat. C’est dans le même esprit que saint Augustin donne ce conseil : “Aime et fais ce que tu veux.” La liberté est servante de l’amour. C’est l’amour qui la rend authentique et vraie.

    Quand l’amour n’est entravé par rien ni personne, c’est lui qui devient contagieux. Et c’est ce qui arrive. Non seulement Jésus n’est pas contaminé par la lèpre mais c’est lui qui contamine le lépreux. L’humanité de Jésus est porteuse de vie divine. Elle est instrument du salut. Sa sainteté agit dans toute la race humaine. En touchant le lépreux, il met sa chair saine en contact avec la chair pourrie de l’excommunié.

    Du coup, c’est cette humanité qui est contaminée par la vie, la santé et la sainteté de Dieu. La contagion est inversée. Elle a joué dans le sens contraire. C’est la santé qui met en péril la maladie, la vie qui contamine la mort. L’amour l’emporte sur la haine. Voilà une bonne nouvelle pour nous aujourd’hui. Comme ce lépreux, nous pouvons nous approcher de Jésus et le supplier : “Seigneur, prends pitié !” Et il sera toujours là pour nous dire : “Je le veux, sois purifié.”

    L’homme a donc été purifié. Sa lèpre a disparu. Il ne sera plus un exclu. Son être profond est réorienté et réhabilité. Il ne lui reste plus qu’à rencontrer le prêtre pour être réintégré dans sa communauté. Le grand message de cet Évangile c’est un appel à nous laisser toucher par cet amour infini du Christ. Devant lui, nous nous reconnaissons défigurés par le péché. Mais il ne se lasse jamais de nous accueillir et de nous pardonner. Son amour pour nous dépasse infiniment tout ce que nous pouvons imaginer.

    En lisant cet Évangile, nous comprenons que Jésus a pris la place du lépreux. Il prend notre place mais pas notre lèpre. Au jour de sa Passion, il prendra la place de Barabbas. Désormais c’est lui qui se trouve dans l’univers des lépreux, dans les lieux déserts. Un jour, il sera rejeté de tous ; on le conduira hors de la ville et on le fera mourir sur une croix. Mais son amour est bien plus fort que la mort et le péché. C’est cette victoire que jour célébrons le jour de Pâques.

    L’Évangile de ce dimanche nous apprend à nous tourner vers le Seigneur et à nous laisser toucher par son amour infini. Lui seul connaît vraiment notre détresse et peut nous sauver. Avec lui, il n’y a pas de situation désespérée. Devant lui, nous nous reconnaissons défigurés par le péché. Mais il ne se lasse pas de nous accueillir et de nous pardonner.

    Saint Paul a passé une partie de sa vie à persécuter les chrétiens. Mais il s’est laissé toucher par lui sur le chemin de Damas. Il s’est efforcé de l’imiter. Avec lui, la bonne nouvelle a été annoncée à tous ceux qui étaient loin de Dieu. Les païens sont introduits dans la communauté au même titre que les autres. Comme Paul et bien d’autres après lui, nous avons à réorienter notre vie vers le Christ. Le Carême qui s’annonce pour mercredi prochain nous donnera l’occasion de nous mettre en chemin et de tomber à genoux. Nous ferons nôtre cette prière : “Si tu le veux, tu peux me purifier”. Oui, que toute notre vie soit imprégnée de ton amour afin que nous puissions le communiquer à tous. Amen

    Télécharger : 6ème dimanche du Temps ordinaire

    Autres approches : https://puiseralasource.org/preparons-dimanche/

    Sources : revues Feu Nouveau, Fiches dominicales, Claire Patier Avec saint Marc, Homélies pour l’année B (Amédée Brunot), Homélies pour l’année liturgique B (Simon Faivre) 

    source http://homelies.livehost.fr

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  • Homélie du 5ème dimanche du Temps ordinaire

    Dimanche de la santé 

     

    Abbé Jean Compazieu 

    Textes bibliques : Lire 

    Quand nous lisons les Évangiles, nous comprenons que la bonne nouvelle doit être annoncée à tous. Les textes bibliques de ce dimanche nous rappellent qu’elle s’adresse tout spécialement aux humbles et aux faibles, surtout quand ils sont touchés par la souffrance et le découragement. La première lecture nous parle de Job. Voilà un homme qui a tout perdu, ses biens, sa famille et sa santé. Aujourd’hui, nous l’entendons pousser un cri de souffrance : “À peine couché, quand pourrai-je me relever ? Le soir n’en finit pas : je suis envahi de cauchemars jusqu’à la tombe…”

    En entendant ces paroles, nous pensons à  tous les grands malades qui sont confinés dans une chambre d’hôpital ou chez eux. Ces nuits qui n’en finissent pas c’est très éprouvant pour eux. On leur dit parfois qu’il faut prier le chapelet, mais beaucoup n’en ont pas la force. Quand on a connu cette situation, on comprend qu’il ne suffit pas de prier POUR les malades mais en leur nom. C’est leur cri de souffrance que nous faisons monter vers le Seigneur. Ce cri est une prière que Dieu entend.

    Le psaume 146 nous permet de recevoir la réponse de Dieu à la supplication de Job et à celle de toute l’humanité : Il guérit les cœurs brisés et soigne leurs blessures.” Savoir que Dieu nous écoute est déjà une première réponse. Il nous aime tous bien au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer. C’est pour cet amour que le psalmiste nous appelle tous à fêter notre Dieu et à chanter sa louange.

    Dans la seconde lecture, l’apôtre Paul nous invite à faire un pas de plus. Nous ne pouvons pas nous contenter de bénéficier passivement de l’amour de Dieu. Nous nous sommes envoyés pour l’annoncer à tous. Notre priorité doit être pour ceux qui sont douloureusement éprouvés par la maladie et la souffrance. Ils ont la première place dans le cœur de Dieu. Le Christ nous a dit que lui-même se reconnaît en chacun d’eux : “J’étais malade et vous m’avez (ou vous ne m’avez pas) visité…”

    Aujourd’hui, nous pensons à tous ceux et celles qui sont engagés dans la Pastorale de la Santé, les aumôneries d’hôpitaux, le Service Évangélique des malades et bien d’autres. Et bien sûr, nous n’oublions pas les équipes soignantes qui travaillent du matin au soir et du soir au matin au service des personnes qui traversent les heures les plus fragiles de leur existence. À travers ceux et celles qui donnent le meilleur d’eux-mêmes, c’est le Seigneur qui est là.

    L’Évangile de Marc nous montre des disciples qui intercèdent auprès de Jésus pour la belle-mère de Pierre qui est malade. En nous rapportant cet événement, Marc veut rendre hommage à cette femme qui fut la première à offrir l’hospitalité à Jésus durant sa vie publique. Or voilà qu’elle est au lit avec de la fièvre. “Jésus s’approcha, la saisit par la main et la fit lever.

    La suite, nous la connaissons : cette belle-mère est guérie et relevée. C’est l’image de ce que Dieu veut faire pour nous : il continue à nous prendre par la main. Il veut nous remettre debout pour que nous puissions servir. Ne pensons pas seulement à la maladie physique ; nous sommes souvent paralysés par la fièvre du péché, de la rancune et de l’orgueil sous toutes ses formes. Mais le Seigneur ne cesse de nous rejoindre. S’il nous redonne la santé de l’âme et du corps, c’est pour que nous puissions redonner de l’espoir et de l’amour autour de nous.

    Le soir venu, on amène à Jésus de nombreux malades et possédés. En ce dimanche, nous lui amenons tous ceux et celles qui sont douloureusement éprouvés par la pandémie avec son lot de souffrances physiques et morales. Nous nous sentons bien impuissants face à leur situation, mais nous avons la ferme espérance qu’avec le Christ, le mal n’aura pas le dernier mot.

    Avec une attention infatigable, Jésus se met au service de ces malades et de ces possédés. Mais il y a une chose qu’il ne faut pas oublier : il ne se contente pas de guérir ; son but est de sauver tous les hommes. Un jour, il a dit qu’il est venu chercher et sauver ceux qui étaient perdus. Nous pensons aux malades qui reviennent de leur pèlerinage à Lourdes. Tous ne sont pas guéris, mais ils nous disent qu’ils sont transformés par cette rencontre avec le Seigneur.

    Ce ministère de guérison ne va pas sans celui de la prière. Dès le matin, très tôt, Jésus s’en va dans un lieu désert et là, il priait. Il a besoin de ce cœur à cœur avec le Père. Il ne cherche pas à tirer profit de sa popularité. Bien au contraire, il se retire loin de la foule. Nous aussi, nous en avons besoin. La prière nous permet de nous ajuster à Dieu et à son amour. Nous lui confions tous ceux et celles qui sont douloureusement éprouvés par la souffrance et la maladie. Nous prions également pour tous ceux qui les accompagnent. En communion les uns avec les autres, nous lui demandons qu’il nous donne force et courage pour témoigner de son amour tous les jours de notre vie.

    Sources : Revues liturgiques (Feu Nouveau, Fiches dominicales, Les Cahiers Prions en Église) – revue du dimanche de la santé 2021 – Dossiers personnels…

    Télécharger : 5ème dimanche du Temps ordinaire

    source  https://dimancheprochain.org/

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