• UNE  PAROLE  QUI  LIBÈRE

    Textes bibliques du jour : Lire

    Les textes bibliques de ce dimanche nous adressent un message d’espérance. Ils viennent nous rappeler la présence et l’amour de Dieu. À travers les prophètes d’autrefois et ceux d’aujourd’hui, c’est lui qui nous rejoint et qui nous parle. Son unique souci, c’est de sauver toute l’humanité.

    C’est cette bonne nouvelle que nous trouvons tout au long de l’Ancien Testament, en particulier dans la première lecture de ce jour. Cette lecture nous ramène à la fin de la vie de Moïse. Avant de mourir, il promet aux gens de son peuple que Dieu ne les abandonnera pas. Il va continuer à les guider et à les enseigner, même après la disparition de Moïse : “Au milieu de vous, parmi vos frères, le Seigneur votre Dieu fera se lever un prophète comme moi, et vous l’écouterez.” Plus tard, les chrétiens reliront ce passage en l’appliquant à Jésus. L’apôtre Pierre comprendra que lui seul a “les paroles de la Vie éternelle”. Notre réponse doit être une attitude d’écoute et d’accueil. “Aujourd’hui ne fermons pas notre cœur mais écoutons la voix du Seigneur.”

    La seconde lecture nous montre précisément la réponse que le Seigneur attend de nous. Saint Paul nous recommande d’être attachés à Dieu sans partage. Cet appel vient rejoindre ceux qui sont mariés et ceux qui ne le sont pas. Il faut savoir qu’il s’adresse à des gens qui vivent dans le luxe et la luxure. Mais quand on a rencontré le Christ, c’est toute la vie qui est changée. Nous en avons de nombreux témoignages dans la vie de l’Église. L’important c’est de rester unis au Seigneur, chacun selon sa propre vocation.

    L’Évangile de ce jour nous rapporte la première prédication de Jésus. Il est LE prophète qui enseigne avec autorité. Il est venu nous révéler le Père et nous enseigner le sens des Écritures. En face de lui, nous sommes appelés à devenir des disciples, des gens qui l’écoutent et le suivent. Je ne me fabrique pas MA religion ; je ne me fabrique pas un Dieu comme ça m’arrange. Je me mets à l’écoute de Jésus qui enseigne.

    L’Évangile insiste sur ce point : Jésus enseigne avec autorité. Il est le Verbe du Père, la Parole de Dieu. Il n’a à se référer à personne d’autre. En lui, habite la plénitude de la divinité. Par rapport aux scribes et aux pharisiens de son temps, c’est tout-à-fait nouveau. Dans leur enseignement, ils se contentaient de répéter ce qui avait été dit avant eux : « Rabbi Untel, bénie soit sa mémoire, disait que… » Avec Jésus, il n’en est pas ainsi : sa seule référence, c’est le Père.

    Dans la synagogue, il y avait un homme qui était possédé par un esprit impur. Cet esprit ne l’a pas empêché de venir à la synagogue pour écouter l’enseignement de Jésus. Il ne nous empêche pas non plus d’aller à l’église. Un esprit impur, c’est un esprit qui nuit à notre intégrité. Il nous empêche d’être complètement donnés à Dieu. Nous n’entendons que ce que nous avons envie d’entendre. Et nous n’acceptons pas d’être remis en cause. « Que nous veux-tu, Jésus de Nazareth ? » Autrement dit, « pourquoi viens-tu nous déranger ? » Cet Évangile doit être reçu comme un appel à la foi. Cela doit être une adhésion amoureuse et pas seulement une simple connaissance.

    Accueillons cet Évangile comme une bonne nouvelle : Jésus est venu pour nous débarrasser de tout ce qui nous empêche d’être nous-mêmes, en particulier des esprits mauvais qui nous détournent de Dieu. Plus tard, il donnera ce pouvoir à ses disciples. La Parole de Dieu manifestée en Jésus est bien plus forte que tous les démons et tous les esprits mauvais. Avec lui, le mal ne peut avoir le dernier mot.

    Comme autrefois dans la synagogue, le même Jésus rejoint les communautés réunies en son nom dans toutes les églises du monde. Il nous fait entendre sa Parole. Il vient nous libérer de toutes nos possessions. Ouvrons-nous à cette Parole qui guérit d’elle-même. Avec lui, nos actes et toute notre vie deviendront conformes à cette parole. En accueillant le Christ libérateur, nous pourrons chanter avec encore plus de force : « Ta Parole, Seigneur est vérité, et ta loi délivrance. » Amen

    Télécharger : 4ème dimanche du Temps ordinaire

    Rendez-vous sur https://puiseralasource.org/preparons-dimanche/ : vous y trouverez d’autres approches de sites amis ainsi qu’une proposition pour la prière universelle.

    Sources : revues Feu Nouveau, homélies du dimanche (Mgr Léon Soulier), lectures bibliques des dimanches B (Albert Vanhoye), commentaire de Claire Patier, Fiches Dominicales, Pensées sur l’Évangile de Marc (Christoph Schönborn), François selon saint Marc.

    source   http://homelies.livehost.fr/

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  • Dimanche de la Parole de Dieu 

    Abbé Jean Compazieu

    Textes bibliques : Lire

    Le pape François nous propose de faire de ce dimanche le “dimanche de la Parole”. Ce sera chaque année le 3ème dimanche du Temps ordinaire. Cette Parole, c’est celle du Seigneur ; elle doit être annoncée à temps et à contre temps. Dieu veut que tous se convertissent et soient sauvés. Nous sommes tous envoyés pour être les messagers de cette bonne nouvelle ; notre mission n’est pas de faire croire mais de dire et de témoigner. Mais nous ne devons pas oublier que le Seigneur est là. C’est lui qui agit dans le cœur de ceux et celles qui entendent sa Parole.

    C’est ce qui se passe avec Jonas (1ère lecture). Il est envoyé à Ninive, la grande ville du monde païen le plus endurci et le plus éloigné de Dieu. La Parole qu’il proclame est un message de destruction : “Encore quarante jours et Ninive sera détruite”. Jonas croyait assister à la destruction de cette ville. Mais les gens se sont convertis ; ils se sont détournés de leur conduite mauvaise. C’est ainsi que Dieu a agi dans le cœur de ceux qui ont entendu la parole de Jonas.

    Comme Jonas, nous vivons dans un monde où beaucoup se sont détournés de Dieu. Nous sommes appelés en envoyés, non pour annoncer leur destruction mais pour témoigner de l’amour qui est en Dieu. Il est le Dieu de l’univers y compris des étrangers. Sa présence n’est pas limitée à un lieu, un pays ni à une religion. Ceux que nous considérons comme des païens sont parfois plus prêts que nous à écouter la Parole de Dieu. Des gens très loin de l’Église décident de se convertir à Jésus Christ. C’est ainsi que le Seigneur agit dans le cœur de ceux et celles qui entendent sa Parole.

    Le psaume 24 est la prière de celui qui se met à l’écoute de la Parole de Dieu, qui ouvre la Bible pour l’étudier et la méditer. Par cette prière, il demande à Dieu de l’aider à trouver un chemin de conversion. Quelles que soient nos errances ou nos injustices passées, nous pouvons toujours nous tourner vers le Dieu de toutes miséricordes. Nous lui demandons que sa Parole agisse en nous. C’est avec lui que nous pourrons marcher dans la droiture et la justice.

    Dans la seconde lecture, saint Paul nous rappelle les vraies priorités. Il nous invite à prendre nos distances par rapport aux réalités provisoires de ce monde, que ce soit le mariage, la souffrance, le bonheur, la richesse. Bien sûr, il ne s’agit pas de mépriser ces réalités, mais nous ne devons pas nous y enliser ni en faire un absolu. Le plus urgent c’est d’être entièrement tournés vers la rencontre définitive avec le Seigneur.

    L’Évangile nous montre Jésus qui prêche la bonne nouvelle du Royaume de Dieu. Tout commence en Galilée. Cette région dont on disait qu’il ne pouvait sortir rien de bon est devenue un carrefour des païens, une terre de ténèbres et de débauche. Tout comme Jonas, Jésus se rend vers ce lieu de perdition. Mais au lieu d’annoncer la catastrophe, il lance un appel pressant : “Convertissez-vous et croyez à la bonne nouvelle. Le Royaume de Dieu est tout proche.” En Jésus, c’est Dieu qui vient à notre rencontre pour nous sauver. Il veut nous communiquer son amour ; il nous demande d’éliminer tous les obstacles qui nous détournent de lui.

    Pour embraser le monde, Jésus fait appel à des disciples. Il ne les choisit pas parmi les notables du temple mais parmi de simples pécheurs. Ces hommes surpris dans leur travail laissent tout tomber ; ils se mettent à suivre Jésus. Pour André, Simon, Jacques et Jean, c’est le début d’un grand amour. Ils vont accueillir la bonne nouvelle et toute leur vie en sera transformée.

    Comme ces apôtres, comme Paul et comme Jonas, nous sommes tous appelés par le Seigneur. En tant que chrétiens baptisés et confirmés, nous sommes envoyés pour être témoins et messagers de l’Évangile.

    Nous sommes envoyés ensemble, en communion les uns avec les autres et avec le Christ. Ce rappel nous est rappelé en pleine semaine de prière pour l’unité des chrétiens. Cette unité est absolument indispensable au témoignage que nous avons à donner. Si nous sommes divisés, c’est impossible. Depuis des années, des initiatives sont prises pour aider les chrétiens de différentes confessions à se rencontrer, à prier ensemble et à se rapprocher du Christ. C’est autour de lui que se construira l’unité de ses disciples.

    En nous rassemblant à l’église en ce dimanche, nous venons puiser à la source de l’Amour qui est en Dieu. Nous nous nourrissons de sa Parole et de son Eucharistie. Nous lui demandons qu’il nous donne la force et le courage pour la mission qu’il nous confie : “Toi qui es la Lumière du monde, toi qui es l’amour, mets en nos ténèbres ton Esprit d’amour.” Amen

    Télécharger : 3ème dimanche du Temps ordinaire

    ==> Désormais, tous les envois des homélies se font à partir de la page “Préparons dimanche” du site “Puiser à la Source”. Elles arriveront chaque semaine dans la nuit du dimanche au lundi. Vous serez également informés des nouveautés du site. Pour les recevoir, chacun peut s’abonner à https://puiseralasource.org/newsletter/

    Sources : Revue Feu Nouveau – Fiches dominicales – Lectures Bibliques des Dimanches (Albert Vanhoye) – Missel Communautaire (Michonneau) – Ta Parole est ma joie (Joseph Proux) – Homélies pour l’année liturgique B (Simon Faivre)

    source  https://dimancheprochain.org/

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  • « SEIGNEUR, TU NOUS APPELLES… »

    Textes bibliques : Lire

    “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.” C’est la prière que le jeune Samuel a apprise de la part du prêtre Éli. C’est un appel à la disponibilité à l’égard de Dieu qui a toujours des choses importantes à nous dire. Samuel a été appelé par son nom. Il en a été de même pour nous au jour de notre baptême. Le prêtre s’adresse à celui qui va être baptisé et lui dit : “… Au nom de la communauté chrétienne, je t’accueille avec une grande joie.” Le Seigneur ne parle pas à une troupe anonyme mais à des personnes bien précises. Chacun est unique à ses yeux. Chacun fait l’objet d’un unique amour.

    “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.” Voilà une prière que nous devrions dire le plus souvent possible. Quand nous entrons dans une église, quand nous ouvrons le livre de la Parole de Dieu, le Seigneur est là. C’est lui qui nous accueille. Il a un message de la plus haute importance à nous transmettre. Nous commençons notre prière en nous mettant à l’écoute du Seigneur. C’est un temps de silence et de recueillement car le Seigneur ne parle pas dans le bruit. Trop souvent, on pense que la prière c’est beaucoup de paroles. On oublie alors que c’est aussi un temps d’écoute.

    “Parle, Seigneur, ton serviteur écoute.” C’est la prière qu’un adulte a enseignée à un enfant. C’est vrai également pour nous aujourd’hui. Quand nous accueillons des enfants pour le catéchisme, nous essayons de les orienter vers cette attitude d’écoute du Seigneur. C’est aussi la démarche des parents, des grands parents et de toute la communauté chrétienne. Notre mission à tous c’est d’apprendre aux enfants à accueillir la Parole de Dieu. Ils ont besoin du témoignage de notre foi et de notre prière. C’est vrai qu’ils sont souvent un peu excités. Le tourbillon de la vie et le bruit ne favorisent pas toujours cette écoute. Nous en sommes tous là. Nous avons tous besoin de retrouver des lieux qui favorisent le recueillement. Dieu ne parle pas dans le bruit. Pour entendre sa Parole, il faut d’abord faire silence et écouter.

    C’est aussi ce message que nous laisse saint Paul dans sa lettre aux Corinthiens. Il dénonce les abus et les scandales qui existent dans cette communauté : les divisions entre fidèles, les atteintes à la chasteté chrétienne, les recours aux tribunaux païens. Pour celui qui a entendu l’appel du Seigneur et qui l’a accueilli dans sa vie, ce n’est pas acceptable. Notre rencontre avec lui doit être le point de départ d’une vie entièrement renouvelée. Nous devons nous laisser guider par l’Esprit Saint. Nous chrétiens, nous sommes soumis à toutes sortes de tentations. Mais le Seigneur ne cesse de nous appeler. En ce dimanche, nous sommes invités à entendre sa parole et à la mettre en pratique dans notre vie de tous les jours.

    Dans l’évangile, la voix entendue n’est plus une voix sans visage. La personne qui parle c’est Jésus. Jean Baptiste le désigne comme “l’Agneau de Dieu”. Deux disciples se mettent à suivre Jésus. Quand il les voit, il leur dit : “Que cherchez-vous ?”. Cette question, il continue à nous la poser : Que cherchez-vous, vous qui êtes venus dans cette église ? Que cherchez-vous tout au long de vos journées et de vos semaines ? Il est important que nous entendions tous cette question. Ils sont nombreux ceux et celles qui ne savent pas bien où ils en sont. Mais le Seigneur s’arrange toujours pour mettre sur leur route les personnes qu’il faut pour les aider à le rencontrer.

    Dans l’évangile de ce jour, les deux disciples répondent à la question de Jésus par une autre question : “Maître, où demeures-tu ?” Ce verbe demeurer signifie “habiter quelque part et y rester”. Jésus leur répond : “venez et vous verrez !”C’est ainsi qu’ils se sont mis à le suivre. L’évangile ne nous donne pas de détail. Il nous dit simplement : “Ils l’accompagnèrent et ils restèrent avec lui ce jour-là.” Pour eux, Jésus est un inconnu. La meilleure manière de le connaître c’est d’aller chez lui, de le rencontrer dans sa maison et de rester avec lui dans son quotidien.

    Mais quand nous lisons l’évangile de saint Jean, il nous faut aller plus loin. Il voudrait éveiller en nous le désir de savoir où demeure Jésus. Toute vie chrétienne suppose ce désir continuel de demeurer près de lui. Plus tard, ils apprendront de lui qu’il demeure auprès du Père et que le Père demeure en lui. Il existe entre Jésus et son Père une union vitale, un vivre ensemble réciproque. Par la suite, il invitera ses disciples à demeurer en lui. Dans son discours sur le Pain de Vie, il dira : « Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi et moi en lui.” C’est pour cette raison que l’Eucharistie est si importante. Nous demeurons dans le Christ et lui demeure en nous pour nous faire vivre de sa vie et de son amour.

    En venant à l’église, nous avons répondu à l’invitation du Seigneur ; il nous appelle en cette Eucharistie à devenir ses disciples. Qu’il nous fasse grandir dans la fidélité à sa Parole ; avec lui, nous serons porteurs de sa bonne nouvelle maintenant et toujours. Amen

    Télécharger : 2ème dimanche du temps ordinaire

    Sources : Bible de la liturgie, Revues liturgiques, Lectures bibliques des dimanches (Albert Vanhoye), actualité de la semaine

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  • IMMERGÉ DANS LE MONDE PÉCHEUR

    Textes bibliques : Lire
    Dimanche dernier, nous fêtions l’Épiphanie du Seigneur. Cette fête nous a rappelé comment Dieu s’est manifesté à des mages, des hommes qui étaient totalement étrangers à la foi mais qui se sont mis en route vers “le roi des juifs.” Trente ans plus tard, nous arrivons au baptême de Jésus. C’est sa première manifestation publique. C’est le premier dévoilement aux yeux de tous de ce qu’il est réellement. Beaucoup ne voient en lui qu’un homme comme les autres. Aujourd’hui, c’est Jean Baptiste qui nous le fait connaître : “Voici venir derrière moi celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de me courber à ses pieds pour défaire la courroie de ses sandales.”

    Les textes bibliques qui précèdent l’Évangile nous préparent à accueillir son message. Nous avons entendu le prophète Isaïe : son message a été écrit pour des exilés. Après quarante ans d’exil, certains n’étaient pas très décidés à rentrer en Palestine. Isaïe leur annonce que la Parole de Dieu est efficace. La terre promise comblera tous leurs besoins. L’alliance entre Dieu et son peuple continuera. Mais pour que cette alliance soir possible, il faut une réponse effective de le part des hommes : “Prêtez l’oreille, écoutez, cherchez, que le mécréant revienne vers le Seigneur, mes pensées ne sont pas vos pensées…” C’est ainsi que le prophète nous prépare à accueillir les fruits du baptême.

    Dans la seconde lecture, saint Jean nous parle de l’Esprit Saint, de l’eau et du sang. L’Esprit de Pentecôte témoigne de la condition divine du Christ. Du baptême jusqu’à la croix, nous découvrons en lui le Fils de Dieu. Il nous rejoint dans notre humanité. Comme le disait le pape Jean-Paul II, il est celui qui a donné les hommes à Dieu et Dieu aux hommes. Et dans l’Évangile de saint Jean, nous lisons que Dieu a tellement aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique.

    L’Évangile de saint Marc nous rapporte l’événement du baptême de Jésus. Ce baptême donné par Jean Baptiste était un geste de pénitence. Ceux qui demandaient à le recevoir manifestaient qu’ils se reconnaissaient pécheurs. Ils étaient plongés dans les eaux du Jourdain et en ressortaient purifiés. Cette démarche les engageait sur la route d’une véritable conversion. Or voilà que Jésus est là. Il se tient au milieu de tous ces gens qui demandent à Dieu de les apaiser. Bien sûr, lui, le Fils bien-aimé du Père n’avait pas de péché à se faire pardonner. Alors pourquoi demande-t-il à recevoir ce baptême de conversion ?

    Certains répondent qu’il a voulu donner l’exemple. C’est sans doute bien, mais il nous faut aller plus loin. La démarche de Jésus a une signification unique. Il faut savoir que le mot “baptême” signifie “plonger”. Au jour de son baptême, Jésus, pur de tout péché, a été plongé dans l’eau du Jourdain. Il en est ressorti porteur de tout le péché du monde. Il l’a pris sur lui pour nous en libérer. Quant à nous, au jour de notre baptême, nous avons été immergés dans l’amour qui est en Dieu, Père, Fils et Saint Esprit. Ce jour-là, Jésus nous a dit : “Tu es mon enfant bien-aimé.”

    Jésus n’avait pas besoin de ce baptême donné par Jean Baptiste. Il n’avait pas de péché à se faire pardonner. Mais il a tenu à rejoindre tous les hommes pécheurs. Il a pris sur lui tous leurs péchés et toutes leurs misères. Avec nous, il porte sa croix et nous la portons avec lui. Notre vie peut être marquée par bien des faiblesses, des histoires tourmentées ou malheureuses. Mais le Seigneur est là. Il nous rejoint. Avec lui, c’est l’espérance qui renaît. La bonne nouvelle est annoncée aux pauvres, les pécheurs sont pardonnés, les malades sont guéris et relevés. Quand Jésus est là, plus rien ne peut être comme avant.

    Le baptême de Jésus a été le point de départ de sa mission. Tout au long de son ministère, il a annoncé la bonne nouvelle aux pauvres, il a pardonné, guéri, relevé. Il a fait renaître l’espérance là où il n’y en avait plus. Comme lui, nous sommes envoyés dans le monde pour déchirer le voile qui empêche les hommes de reconnaître qu’ils sont les enfants bien-aimés du Père. Il suffit parfois de peu de choses : un regard d’amour pour celui qui n’arrive plus à s’aimer, un geste de solidarité pour celui qui n’a plus rien, une démarche de pardon pour celui qui nous a blessés ou que l’on a blessé, une marque de très grand respect pour celui qui est méprisé et qui n’arrive plus à se respecter lui-même. Ces gestes de solidarité sont très importants. Ils contribuent à faire déchirer ce qui empêche de savoir qu’ils sont les fils bien aimés du Père.

    L’eucharistie qui nous rassemble chaque dimanche est le sacrement de la “nouvelle alliance” entre Dieu et les hommes. C’est pour cela qu’elle est si importante pour nous. Elle est “source et sommet de toute vie chrétienne et de toute évangélisation. Le Seigneur ne cesse de rejoindre les communautés rassemblées en son nom. Il nous suffit d’accepter que l’amour de Dieu nous habite.

    Sources : Revues liturgiques, Dimanche en Paroisse, Guide Emmaüs des dimanches et fêtes (JP. Bagot), Homélies pour l’année B (Amédée Brunot), 

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  • EN MARCHE VERS LA LUMIÈRE

    Textes bibliques : Lire

    Les trois lectures de cette fête de l’Épiphanie sont l’annonce d’une même grande espérance. Cette bonne nouvelle n’est pas seulement pour Israël ni pour les chrétiens. Elle est offerte à tous les peuples. Tous sont appelés jusqu’à la crèche du Christ Sauveur. Le Christ n’est pas venu seulement pour le monde juif mais aussi pour tous les peuples du monde entier. Plus tard, il livrera son Corps et son Sang pour nous et pour la multitude. C’est cette bonne nouvelle que nous trouvons tout au long des textes bibliques de ce dimanche.

    Dans la première lecture, le prophète Isaïe nous montre que les nations païennes marchent vers la Lumière de Jérusalem. Et pourtant, au moment où il fait cette annonce, cette ville est pratiquement rayée de la carte. Mais le prophète la provoque : “Debout !” Le Seigneur a toujours libéré son peuple. Il est hors de question de sombrer dans le défaitisme. Toutes les nations, y compris celles qui étouffent Jérusalem, s’inclineront devant le Seigneur. Dans les périodes sombres, ce cri du prophète continue à nous interpeller. Quoi qu’il puisse arriver, les croyants ne doivent pas baisser les bras.

    Dans la seconde lecture, saint Paul nous annonce que “l’appel au Salut est universel”. C’est la découverte extraordinaire que Paul lui-même a faite sur le chemin de Damas : “Les païens sont associés au même héritage, au même Corps, au partage de la même promesse dans le Christ Jésus.” Autrefois, il pensait que les promesses de Dieu ne concernaient que les fils d’Israël. Maintenant qu’il a compris, il se lance de toutes ses forces pour que cette bonne nouvelle soit connue partout dans le monde. À travers ses discours, ses lettres et ses voyages dans le monde païen, il témoignera inlassablement de cet amour du Christ offert à tous.

    L’Évangile nous montre que les premiers adorateurs du Messie Roi ont été des païens. Pour se rendre à Bethléem, ils ont été guidés par une étoile, puis par l’Écriture. Les chefs religieux qui connaissaient bien la Bible les ont orientés vers cette ville toute proche de Jérusalem. Arrivés devant ce nouveau-né, ils lui offrent leurs présents : l’or destiné à un roi, L’encens à un Dieu, la myrrhe à un mortel. Comme ces mages, nous sommes tous appelés à la crèche de Noël pour y rencontrer le Seigneur et l’adorer.

    Ces mages dont nous parle l’Évangile représentent toutes les nations païennes qui viennent se prosterner devant leur Sauveur. À travers eux, c’est le monde païen qui a accès au Salut. L’Évangile nous dit comment ils se sont mis en route. Mais c’est Dieu lui-même qui a agi dans leur cœur. Plus tard, Jésus dira : “Personne ne peut venir à moi si le Père qui m’a envoyé ne l’attire vers moi’. Cet Évangile de l’Épiphanie doit être lu à la lumière de la Pentecôte. Ce jour-là, les peuples rassemblés à Jérusalem découvriront la foi au Christ annoncée dans leur langue.

    Dans nos pays, nous avons l’habitude de rencontrer des gens de diverses nationalités. Leur cohabitation n’est pas toujours facile à gérer. Mais il faut le dire et le redire : le racisme, l’intolérance et le fanatisme aveugles n’ont rien à voir avec Dieu. S’il appelle tous les hommes c’est d’abord pour les accueillir et leur montrer son amour universel. Tous, même les plus grands pécheurs ont leur place dans la caravane des mages. C’est cette bonne nouvelle que nous trouvons tout au long des évangiles.

    En ce jour de l’Épiphanie du Seigneur, il n’est plus possible de rester bien entre nous. Le Christ est venu pour tous les hommes du monde entier. Nous les portons tous dans notre prière. Notre priorité doit être comme celle du Christ pour tous ceux et celles qui ne connaissent pas Dieu. En ce dimanche, notre solidarité et notre prière sont tout spécialement pour les communautés chrétiennes d’Afrique. Et bien sûr, nous n’oublions pas nos pays d’ancienne chrétienté qui ont un besoin urgent d’une nouvelle annonce de l’Évangile. Le Christ doit être présenté à tous avec la même chaleur et la même joie que Marie aux mages.

    Au début de cette nouvelle année, nous recevons cet appel à devenir des assoiffés de Dieu. Ainsi, nous serons pour les autres comme une étoile qui leur donnera envie d’en faire autant. C’est cela que nous pouvons nous souhaiter les uns aux autres pour que 2021 soit une bonne année. En ce jour, nous nous tournons vers lui : “Lumière des hommes, nous marchons vers toi. Fils de Dieu, tu nous sauveras.”

    Sources : Revues liturgiques, Lectures bibliques des dimanches (A Vanhoye), Tout près de toi cette Parole (Jean Pouilly), Ta Parole est ma joie (Joseph Proux)

    Télécharger : Épiphanie du Seigneur

    source http://homelies.livehost.fr/

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  • Fête de la Sainte Famille

     

     

    Abbé Jean Compazieu

                                                        LA FOI QUI SAUVE

    Textes bibliques : Lire

    En ce dimanche après Noël, nous voici parvenus à la fête de la sainte Famille de Jésus, Marie et Joseph. En Jésus, c’est Dieu qui s’est fait petit enfant faible et fragile. Pour le reconnaître, il faut le regard de la foi. Vivre Noël c’est accueillir Jésus qui nous rejoint et qui veut vivre en chacun de nous. Tout cela ne sera possible que si nous sortons de l’agitation du monde pour nous attacher à Celui qui veut être au cœur de notre vie. 

    Les textes bibliques de ce dimanche insistent sur la foi. La première lecture et la lettre aux Hébreux nous parlent de la foi d’Abraham. Voilà un homme qui s’est mis en route pour aller vers le pays que Dieu lui destinait. Il est parti sans savoir où il allait. Il a cru à la Parole de Dieu qui lui promettait une descendance issue de son sang. Nous comprenons que la foi ce n’est pas seulement adhérer à des idées, des croyances ; c’est d’abord se mettre en route, c’est s’engager sur le chemin que Dieu nous montre.

    Il faut le dire : la foi façonne des existences solides. Elle nous aide à faire face aux problèmes de la vie. La lettre aux Hébreux a été écrite pour des chrétiens persécutés. L’auteur de cette lettre a voulu les édifier et les encourager à tenir bon. Il leur montre Abraham comme modèle de la foi en Dieu. “Grâce à la foi”, le projet de Dieu a pu s’accomplir. La lettre aux Hébreux nous invite à une relecture des événements anciens. L’aventure d’Abraham s’accomplit en Jésus ; il est le meilleur témoin de la foi. Il en est l’initiateur et l’aboutissement.

    C’est vrai, tout l’Évangile nous présente Jésus qui vient éclairer notre vie. Cela change tout dans notre façon de regarder et d’écouter les autres. Nous vivons dans un monde qui accuse et qui condamne. Le regard de la foi nous invite à regarder le meilleur en eux. Il les aide à grandir et à s’assumer. Avec lui, les familles deviennent des lieux d’éducation et d’amour véritable ; elles trouvent la joie de prier et de louer Dieu. En ce jour, nous n’oublions pas toutes celles douloureusement éprouvées par le deuil, la maladie d’un proche, la mésentente. Nous demandons au Seigneur qu’elles rencontrent des témoins de l’amour qui est en Dieu.

    L’Évangile nous donne le témoignage de Marie et Joseph. Quarante jours après la naissance de Jésus, ils se rendent au temple de Jérusalem. Ils obéissent à la loi de Moïse qui prescrit d’offrir au Seigneur tout fils premier né. Nous pouvons imaginer cette humble famille que rien ne distingue des autres. Et pourtant, elle ne passe pas inaperçue : Siméon et Anne s’approchent de l’enfant. Animés par l’Esprit Saint, ils se mettent à louer Dieu. Ils reconnaissent “la Lumière des nations et le Salut d’Israël. Encore une fois ce qui a été caché “aux sages et aux savants” a été “révélé aux tout-petits”.

    Voilà cette rencontre extraordinaire entre deux jeunes époux et deux personnes âgées. Ils sont remplis de joie et d’action de grâce. C’est Jésus qui les fait se rencontrer. Et c’est toujours vrai dans notre monde d’aujourd’hui : c’est Jésus qui rapproche les générations. Il est la source de cet amour qui unit les familles. En lisant cet Évangile d’aujourd’hui, notre pape François nous invite à penser aux grands-parents. Leur rôle est absolument précieux pour la transmission de la foi aux jeunes générations.

    Le message qui provient de la Sainte Famille est d’abord un message de foi. Dans la vie familiale de Marie et Joseph, Dieu est au centre ; il l’est en la personne de Jésus. La famille de Nazareth est sainte parce qu’elle est centrée sur la personne de Jésus. Voilà cet idéal qui est proposé aujourd’hui à toutes nos familles, parents et enfants.

    Les textes bibliques de ce dimanche nous adressent une invitation à approfondir notre foi pour qu’elle soit plus vivante et plus forte. Jésus nous est présenté comme la Lumière des nations. Vivre Noël, c’est accueillir cette lumière dans nos vies, dans nos familles. C’est avec lui que nous pourrons grandir dans la foi. Elle va nous pousser au témoignage joyeux, serein et convaincu. La foi est une amitié avec le Christ, le Fils de Dieu et unique sauveur du monde.

    Confions à Marie, Reine et Mère de la famille, toutes les familles du monde. Qu’elles puissent vivre dans la foi, dans la concorde, dans l’aide réciproque. Que Marie nous aide à accueillir la Parole de son Fils et à faire “tout ce qu’il nous dira”. Qu’elle soit toujours avec nous pour nous garder fidèles à son amour.

    Télécharger : Fête de la Sainte Famille

    Retrouver le vrai Noël

    Sources : Revues Feu Nouveau, Lectures bibliques des Dimanches (B), Commentaire ADAP (Nouvelle Calédonie), “Joyeux Noël” (Pape François)

    source https://dimancheprochain.org/

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  • NOTRE SAUVEUR EST NÉ

    Nuit de Noël

    Textes bibliques : Lire

    Tout au long de l’Avent, la liturgie nous a parlé de la venue de Jésus. Cette bonne nouvelle était annoncée depuis plusieurs siècles à un « peuple qui marchait dans les ténèbres ». Ces ténèbres, c’étaient celles de l’exil et de l’oppression étrangère. Cela avait duré 50 ans. Le message de Noël dans les ténèbres qui marquent douloureusement la vie de notre monde, celles du terrorisme et de la violence mais aussi celles de la maladie et de la solitude. 

    La bonne nouvelle c’est que Dieu ne nous abandonne pas. Il vient à nous. Il vient “nous rendre espoir et nous sauver”. Tout au long des Évangiles, nous l’entendons nous parler d’un Dieu qui est Père, un Père qui aime chacun de ses enfants. Il est venu “chercher et sauver ceux qui étaient perdus”. Le vrai Dieu n’a rien à voir avec une religion qui fait massacrer des innocents, des hommes, des femmes et même des enfants. La fête de Noël vient nous rappeler que le vrai Dieu est AMOUR. Il ne sait pas être autre chose. Dans un monde pollué par la haine et la violence, il est celui qui nous apporte la vraie lumière.

    Ce Jésus dont nous fêtons la naissance a été annoncé aux bergers. Quand nous faisons la crèche dans nos maisons, nous les mettons en bonne place mais beaucoup ne savent pas trop qui ils étaient. En fait, ils faisaient partie d’une catégorie vraiment méprisée. C’étaient des hommes rustres qui n’avaient pas l’habitude de fréquenter les lieux de culte. À travers eux, c’est la bonne nouvelle qui est annoncée aux petits, aux pauvres et aux exclus. Et cela, nous le retrouvons tout au long des Évangiles. Jésus est venu pour nous dire qu’ils ont la première place dans le cœur de Dieu.

    C’est vrai, les Évangiles nous rappellent la mission de Jésus après de ceux et celles qui sont accablés par des souffrances de toutes sortes. Il a accueilli tous ceux et celles qui étaient infréquentables à cause de leur mauvaise vie. Il a ouvert la porte de la Lumière à Marie-Madeleine, Zachée, Matthieu le publicain, la femme de Samarie et bien d’autres qui étaient rejetés par la société bien-pensante de l’époque. Avec lui, c’est la victoire de l’AMOUR sur le mal et la mort.

    Cette bonne nouvelle n’est pas que pour les gens d’autrefois. Elle est pour tous les hommes de tous les temps. Elle doit être proclamée dans le monde entier, y compris dans les “périphéries”. Des associations s’organisent pour aller vers les plus pauvres, les personnes seules, celles qui sont à la rue, celles qui n’ont pas les moyens de faire la fête. Des messes sont célébrées dans les prisons et les hôpitaux. Le Christ rejoint tous ceux et celles qui sont accablés par la souffrance, la maladie, le deuil, le chômage, les conflits familiaux. Bien sûr, il ne va pas faire un miracle pour résoudre tous nos problèmes. Mais il marche avec nous. Parfois même, il nous porte. Il nous ouvre un chemin d’espérance.

    Fêter Noël c’est accueillir cette bonne nouvelle qui vient changer notre vie et celle du monde. Ce Jésus dont nous fêtons la naissance continue à venir. Il frappe à notre porte. Dieu continue à nous envoyer son Fils. En cette nuit de Noël, nous sommes donc invités à l’accueillir, lui donner la première place dans notre vie et faire “tout ce qu’il nous dira.” Avec lui, c’est la joie et l’amour qui entrent dans notre vie. Il veut habiter le cœur des hommes. Alors oui, soyons dans la joie et l’allégresse. Un enfant a dit que “Jésus est le plus beau cadeau de Noël”. Il avait tout compris. Ils sont nombreux dans notre monde ceux et celles qui vont fêter Noël sans penser à cette bonne nouvelle. Tout est prévu, le sapin, les décorations, les cadeaux, le réveillon, mais n’oublions pas Celui qui est à l’origine de ces festivités.

    L’Eucharistie qui nous rassemble en cette fête de Noël nous rappelle que le Christ ne cesse de vouloir nous rejoindre. Il continue à vouloir venir chez les siens. C’est un cadeau extraordinaire qui nous est offert à tous, gratuitement et sans mérite de notre part. Avant la communion, nous entendons le prêtre nous dire : “Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde.” Ces paroles ne sont pas que pour l’assemblée qui est présente à l’église. Elles sont pour le monde entier. Le Christ ne demande qu’à se donner à tous. Heureux ceux qui ont de cœur de pauvre pour laisser le Christ entrer dans leur vie. En ce temps de Noël, nous le supplions : “Toi qui es Lumière, toi qui es l’amour, mets en nos ténèbres ton Esprit d’amour”. Amen

    Télécharger pour imprimer : 1 Nuit de Noël

    Télécharger pour imprimer : jour de Noel

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  • DIEU AVEC NOUS

     Textes bibliques : Lire

    En cette période de l’Avent, nous célébrons la venue de Jésus. L’Avent c’est l’avènement, c’est Jésus qui vient. Nous nous rappelons qu’il est venu dans des conditions misérables lors du premier Noël. Il est venu dans un pays opprimé par une armée étrangère. Il continue à venir dans le monde tourmenté qui est le nôtre aujourd’hui. Il ne vient pas pour résoudre nos problèmes terrestres immédiats mais pour nous libérer de l’esclavage du péché qui nous détourne de Dieu.

    Cette venue de Dieu était déjà annoncée dans le livre de Samuel (1ère lecture). À l’époque, l’arche de l’alliance était le symbole de la présence de Dieu au milieu de son peuple. Mais le roi David n’avait pas compris. Il souhaitait pour Dieu une maison grandiose. Alors Dieu lui fait comprendre qu’il n’a pas besoin d’un temple grandiose. À la lumière des Évangiles, les chrétiens comprendront que le seul vrai temple c’est Jésus lui-même. En lui, c’est Dieu qui se rend présent en chacun de nous.

    Dans la seconde lecture, l’apôtre Paul s’adresse à des chrétiens persécutés. Malgré les nombreuses épreuves qui les accablent, ils ont dû apprendre à faire confiance. Ils ne doivent jamais oublier ce Dieu qui s’est fait homme en la personne de Jésus. Cette bonne nouvelle a été “portée à la connaissance des peuples païens pour les conduire à l’obéissance de la foi”. En Jésus, c’est Dieu qui vient à eux pour les sortir de la vie sans but qui était la leur jusque-là. À la suite de Paul et de toute l’Église, nous rendons grâce à Dieu pour cette merveille.

    Dans l’Évangile de ce jour, nous avons entendu le récit de l’Annonciation ou plutôt celui de la vocation de Marie. L’ange Gabriel se rend chez elle pour lui annoncer qu’elle a été choisie par Dieu pour être la mère de son Fils. Et Marie répond librement : “Je suis la servante du Seigneur, qu’il me soit fait selon ta parole”. Cet Évangile est une réponse à la première lecture. Dieu ne veut pas habiter une maison grandiose. Son grand désir c’est d’habiter le cœur des hommes. Il est “Emmanuel”, Dieu avec nous. Il veut que nous devenions familiers de sa présence et que nous cheminions ensemble vers son Royaume d’éternité. Il nous invite à être en communion d’amour avec lui et avec tous nos frères. Tout cela a commencé très humblement, à Nazareth, un petit village dont personne n’avait jamais entendu parler. Marie a répondu oui à l’appel de Dieu. Elle a accepté librement d’être la “servante du Seigneur”. Elle a servi l’humanité en lui donnant Celui qui est venu dans le monde pour le salut de tous les hommes.

    Le même Christ veut venir habiter en nous ; c’est là tout le message de Noël. Vivre Noël, ce n’est pas d’abord faire un réveillon. Noël, c’est Jésus qui vient. Il frappe discrètement à notre porte et il attend notre réponse. Le plus beau cadeau de Noël c’est Jésus qui vient demeurer en nous. Accueillir Dieu et le donner au monde, c’est quelque chose d’extraordinaire. Nous y trouvons une joie que personne ne peut nous enlever. Avec lui et avec la Vierge Marie, toutes nos visites deviennent des visitations.

    Ce cadeau que nous avons reçu, nous ne pouvons pas le garder pour nous. C’est comme une lumière qui doit être mise sur le lampadaire pour qu’elle éclaire notre monde. Le Seigneur compte sur nous pour lui préparer une place dans le cœur des hommes. Il a besoin de nos mains pour continuer les siennes. Il a besoin de nos lèvres pour prononcer ses paroles. Il a besoin de nos yeux pour voir la souffrance humaine et la soulager. Quelle que soit la question qu’il nous pose, il nous invite à lui dire oui. Avec lui, c’est une grande aventure qui commence. Accepter le Christ et l’offrir au monde c’est vraiment LA chance de notre vie. Comme Paul, nous pourrons dire : “Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi”.

    En nous rassemblant à l’église, nous avons répondu à l’appel du Seigneur. Chaque dimanche, il rejoint les communautés réunies en son nom. En nous nourrissant de sa Parole et de son Corps, il vient habiter en nous. Il veut être avec nous et en nous pour nous conduire vers le Royaume qu’il est venu annoncer. En ce jour, nous pouvons lui adresser cette prière : “Dieu qui veux habiter les cœurs droits et sincères, donne-nous de vivre selon ta grâce, alors tu pourras venir en nous pour y faire ta demeure. Amen”

    Télécharger : 4ème dimanche de l’Avent

    Sources : Revues liturgiques, Guide Emmaüs des dimanches et Fêtes (JP Bagot), Homélies pour l’année B (Amédée Brunot), Missel Communautaire (Michonneau)

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  • « RÉJOUISSEZ-VOUS… »

    Textes bibliques : Lire

    En ce 3ème dimanche de l’Avent, nous entendons des appels à la joie. Alors beaucoup se posent la question : comment être dans la joie avec tout ce qui nous arrive ? La crise sanitaire due à la pandémie, la solitude, les violences, les guerres, les persécutions ? Ils sont nombreux ceux et celles qui vivent dans le désespoir. Et pourtant, c’est là au cœur de nos épreuves et de nos inquiétudes que la voix des prophètes vient nous rejoindre.

    C’est ce message que nous retrouvons dans la première lecture : bien avant la venue de Jésus, le prophète s’adresse à un peuple qui vient de vivre une situation dramatique. Ce peuple a été déporté en terre étrangère. Pendant cinquante ans, il y a souffert de l’injustice, de l’oppression et de la pauvreté. Or c’est là que le prophète Isaïe intervient : il annonce la bonne nouvelle aux pauvres, réconforte les cœurs brisés, libère les captifs et annonce un temps de grâce pour ceux qui mettent leur foi dans le Seigneur.

    Cette bonne nouvelle est toujours d’actualité dans le monde tourmenté qui est le nôtre : le Seigneur est là, au cœur de nos vies. Il est la bonne nouvelle annoncée aux pauvres, aux exclus et à tous ceux et celles qui souffrent. Il est venu rendre à tous les hommes leur liberté et leur dignité d’enfants de Dieu. Comme disait le pape Jean-Paul II, “il est celui qui a donné Dieu aux hommes et les hommes à Dieu”. C’est un don que lui seul peut nous faire.

    Voilà une bonne nouvelle qu’il faut faire circuler de toute urgence : “le Seigneur fera germer la justice devant toutes les nations”. Cette justice, cette paix et cette fraternité, c’est comme des graines qu’il nous faut cultiver avec beaucoup de soin. Cela se traduit par des gestes d’accueil et de partage envers celui qui est exclu. La joie chrétienne est un don de Dieu. Mais Dieu ne l’accorde qu’à ceux qui remportent la victoire sur leur égoïsme.

    La deuxième lecture est une lettre de saint Paul écrite pour une communauté persécutée. Il exhorte les chrétiens à puiser aux sources de la joie qui est en Dieu, Père, Fils et Saint Esprit. Pour obtenir cette joie, il faut prier sans relâche et la demander. C’est important car elle est avant tout un don de Dieu. C’est pour cela que Paul nous recommande de prier sans cesse. Il nous faut parvenir à faire de la prière une habitude quotidienne. C’est là que nous apprenons à être présents à Dieu dans nos paroles, nos silences, nos manières d’agir et de ressentir. Le Seigneur est toujours là, bien présent, mais trop souvent nous sommes ailleurs. En ce temps de l’Avent, il nous appelle à revenir à lui. C’est dans le contact régulier avec lui que nous trouverons la vraie joie.

    L’Évangile de ce dimanche est une annonce de Celui qui apporte la vraie joie au monde. Non, il ne s’agit pas de Jean Baptiste ; ce dernier n’est que le témoin de la Lumière. Sa mission, c’est de la montrer et de lui rendre témoignage : “Au milieu de vous, se tient celui que vous ne connaissez pas”. De même que l’arbre de vie était au milieu du jardin d’Éden, de même Jésus est au milieu de nous. Il se propose à tous. Tous peuvent avoir accès à lui. C’est l’abaissement d’un Dieu qui s’est fait homme et qui a vécu trente ans comme un homme.

    Jean Baptiste est venu annoncer la Lumière dans un monde de ténèbres. Il est venu annoncer la Parole dans un monde de silence. Il faut savoir que, depuis longtemps, il n’y avait plus de prophète pour parler de la part de Dieu. Mais l’Évangile de ce dimanche nous annonce le changement : En Jésus, c’est Dieu qui vient à nous. Il est le Verbe de Dieu, la Parole de Dieu. Avec lui, la bonne nouvelle sera annoncée aux pauvres, aux exclus, aux prisonniers. Plus tard, Jésus dira que le Fils de l’homme n’est pas venu pour les bien-portants mais pour les malades.

    Voilà ce message de joie qui nous rejoint dans un monde qui souffre de la violence, de l’injustice et de l’égoïsme. Mais comme Jean Baptiste, nous sommes appelés à rendre témoignage à Celui qui est la source de toute joie. Notre mission c’est de les conduire à Jésus ; mais si nous voulons être crédibles, il faut que son passage dans notre vie l’ait transformée, libérée, illuminée. Pour resplendir de la lumière de Dieu il nous faut rester en relation constante et intime, « prier sans relâche », toujours revenir à Dieu.

    Dans quelques jours, nous allons fêter Noël. Le plus important n’est pas de préparer une fête mais d’accueillir Celui qui vient chercher et sauver ceux qui étaient perdus. C’est là, dans le désert de nos vies, qu’il nous faut réentendre ce message de Jean Baptiste : “Au milieu de vous, se tient Celui que vous ne connaissez pas”. Notre mission, c’est de révéler cette présence du Christ dans notre monde. Les plus beaux cadeaux, les plus fastueux réveillons ne peuvent pas vraiment nous combler. C’est seulement auprès du Seigneur que nous trouverons la vraie joie. Lui seul peut nous aider à évangéliser Noël car il en est le principal acteur. Nous sommes tous invités et attendus à la crèche. Que le Seigneur nous donne de répondre généreusement à son appel.

    Télécharger : 3ème dimanche de l’avent

    Sources : “La joie de l’Évangile (Pape François), Revues liturgiques, Commentaires de Claire Patier, Guide Emmaüs des dimanches et fêtes B (JP Bagot), Homélies pour l’année B (Amédée Brunot), Répertoire ADAP

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  • « COMMENCEMENT… »

    Textes bibliques : Lire

    Tout au long de la nouvelle année liturgique, la liturgie nous fera entendre l’Évangile selon saint Marc. Aujourd’hui, nous en lisons le commencement. « Commencement », c’est d’ailleurs le premier mot de cet Évangile. Cela nous renvoie au premier récit de la Création dans le livre de la Genèse : « Au commencement, Dieu créa le ciel et la terre (Gn 1, 1). C’est une manière de dire que Dieu est le commencement de toutes choses. L’Évangile de Marc nous invite à accueillir Jésus qui fait toutes choses nouvelles. Le chrétien c’est quelqu’un qui commence chaque jour et à toute heure de la journée.

    L’Évangile de saint Marc nous présente le “commencement de la bonne nouvelle de Jésus Christ Fils de Dieu”. C’est donc Dieu lui-même qui vient en la personne de Jésus. Cet Évangile s’ouvre par la prédication de Jean Baptiste : “À travers le désert, une voix crie… et Jean Baptiste parut dans le désert”. Alors, on peut se poser la question : pourquoi avoir choisi le désert pour annoncer cette bonne nouvelle ? Pourquoi n’avoir pas choisi un lieu de passage des foules ?

    En fait, il y a plusieurs raisons : dans le monde de la Bible, le désert, c’est un lieu symbolique très fort. C’est le lieu de la rencontre avec Dieu. C’est dans cet espace dépouillé qu’il parle au cœur de l’homme pour l’inviter à se convertir : “Préparez les chemins du Seigneur, aplanissez sa route…” Nous voici donc mobilisés. Nous devons nous arracher à nos fauteuils confortables, retrousser nos manches et mettre la main à la pâte. Se convertir, c’est sortir de nos habitudes sclérosées et de nos lamentations stériles. Jean Baptiste nous recommande d’aplanir la route. Il s’agit d’enlever tous les obstacles pour que le Seigneur puisse passer et que nous puissions le rejoindre.

    Le désert est aussi le symbole de l’aridité de nos cœurs. Nous le voyons bien tous les jours : nos cœurs ressemblent souvent à cette terre aride, altérée et sans eau. Pensons à tous ces déserts d’humanité où l’homme est devenu pire qu’un loup pour l’homme, déserts de dignité dans lesquels des hommes et des femmes sont traités comme du matériel qu’on utilise et qu’on jette. Et nous n’oublions pas les nombreux déserts de solitude, les déserts d’amour de ceux qui ne savent pas aimer et ne se sentent pas aimés. Dans tous ces déserts, nous voyons des hommes qui n’arrivent pas à se comprendre ni à se supporter.

    Or c’est là que le Christ nous rejoint pour venir nous chercher. L’Évangile commence dans les déserts de nos vies. Dans le sable du désert, il n’y a pas de vie. Mais dès qu’il pleut, le sol se recouvre de végétation et de fleurs. De même, sans la présence du Seigneur, nos vies sont desséchées. Mais Dieu ne nous abandonne pas. Ce qu’il sème en nos cœurs ne meurt jamais. A la première occasion favorable, il se révèle pour transfigurer notre vie.

    Dans la première lecture, nous lisons un message de consolation. Cette consolation commence à se réaliser avec la proclamation du prophète Isaïe. Elle s’adresse à un peuple qui souffre de son exil en terre étrangère : Il a été écrasé, humilié. Mais la situation est en train de changer. Dieu va sauver son peuple. Chacun est invité à se redresser et à se reprendre vigoureusement en main. Il s’agit de collaborer ensemble au projet de Dieu qui veut sauver son peuple et lui manifester sa gloire. L’Église d’aujourd’hui nous invite à maintenir le cap sur Dieu. Avec force et parfois avec angoisse, elle reprend le cri des prophètes : “Voici votre Dieu qui ne cesse de vous aimer.”

    La seconde lecture est de l’apôtre Pierre. Il s’adresse à des chrétiens qui trouvent que le jour du Seigneur “a du retard”. Il lance une vigoureuse mise en garde contre l’affadissement de l’espérance. Le délai qui nous est laissé doit être accueilli comme un signe de l’infinie patience de Dieu. Il laisse à chacun la possibilité de se convertir. Si le Seigneur prend du temps, c’est pour laisser à l’humanité le temps de murir. Mais une chose est sûre : le jour du Seigneur viendra inexorablement et de façon imprévisible. C’est ce message que vient nous rappeler ce temps de l’Avent. L’important, c’est de se tenir tendu vers la pleine réalisation du projet de Dieu.

    C’est de cette espérance que nous avons à témoigner dans le monde d’aujourd’hui. Cela commence en donnant la première place au Christ dans notre vie. Il n’est pas possible de l’annoncer aux autres si nous ne l’accueillons pas en nous. Noël c’est Jésus qui vient à nous. Vivre Noël, c’est d’abord accueillir cette venue du Sauveur dans notre vie. Il est la source qui vient irriguer nos déserts ; il fait revivre ce que l’on croyait mort. Aujourd’hui, nous te prions, Seigneur, toi qui es le Sauveur et l’Ami des hommes, donne-nous d’être les témoins de ton amour auprès de tous ceux et celles que tu mets sur notre route. Amen

    Télécharger : 2ème dimanche de l’Avent

    Sources : Revues liturgiques – Homélies Année B (A Brunot), Guide Emmaüs des dimanches et fêtes, Reste avec nous quand vient le soir (Laurette Lepage) – Marc, l’Histoire d’un choc (David-Marc d’Hamonville)

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