• Homélie de la fête du Saint Sacrement - 22 juin 14

    Homélie de la fête du Saint Sacrement

    Abbé Jean Compazieu

    Le Pain de Vie

     

     

    Textes bibliques : Lire

    Chaque année, la fête du Saint Sacrement nous permet de redécouvrir des vérités importantes sur l’Eucharistie. Cette fête date du treizième siècle. A l’époque, certains pensaient que la présence de Jésus s’arrêtait à la fin de la messe. L’Eglise a fermement réagi contre cette affirmation. C’est ainsi qu’ont été instaurées des processions au Saint Sacrement et des temps d’adoration à l’église. La présence de Jésus dans l’Eucharistie fait partie de notre foi.

     Tous les dimanches, nous nous réunissons pour célébrer l’Eucharistie. Ce mystère est si riche que l’Eglise nous le présente comme la source, le centre et le sommet de toute vie chrétienne. Jésus a voulu nous laisser sa présence sous la forme d’un repas. Il nous invite à nous nourrir de cette présence. L’Eucharistie est la nourriture essentielle de notre vie. Le Curé d’Ars disait : « Vous n’en êtes pas dignes mais vous en avez besoin. »

    La première lecture nous adresse un appel pressant : « Souviens-toi ! » C’est une manière de montrer au peuple l’importance des racines. Il ne les voit pas mais il ne vit que par elles : Souviens-toi… N’oublie pas… Ne te coupe pas de tes racines… Tu as connu des moments difficiles au cours de ta traversée du désert… tu as souffert de la pauvreté, de la faim, de la soif… Dieu ne t’a pas abandonné. Il t’a donné la manne. C’était une nourriture inconnue jusque là. Sans l’intervention de Dieu, tu serais mort.

    Quand le peuple se nourrit de la manne, il reconnaît que cette nourriture vient de Dieu. Il a tout à recevoir de son créateur. Nous aussi, nous reconnaissons que nous dépendons de lui. C’est important car c’est le seul moyen de ne pas devenir esclave d’un autre. A moment d’affronter l’idolâtrie du monde païen, il nous est bon de réentendre l’appel du Seigneur : « Souviens-toi… » N’oublie pas tes racines chrétiennes… N’oublie jamais de te nourrir de la Parole de Dieu et de l’Eucharistie.

    Dans la deuxième lecture, saint Paul rappelle aux chrétiens que l’Eucharistie est le pain de l’unité : « puisqu’il n’y a qu’un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps car nous avons tous part à un seul pain. » L’Eucharistie existe pour nous rapprocher les uns des autres, pour faire de nous un seul corps, le Corps du Christ… Cette unité à laquelle nous sommes appelés est fondée sur la communion au Christ. C’est lui qui nous rassemble et nous unit. C’est sa vie donnée à chacun qui fait notre unité.

    Il nous appartient d’en tirer les conséquences concrètes : nous affirmons que nous sommes unis dans le Christ ; mais si nous passons nos journées sans nous saluer, sans nous regarder, sans nous parler et surtout sans nous entraider, il y a là un contresens. Certains ne se gênent pas pour le dire : aller à la messe et critiquer les autres à la sortie, c’est un scandale. L’Eucharistie exige plus qu’une vague unité spirituelle : Il faut aussi que les solitudes soient brisées et que chacun fasse vraiment l’effort d’aller à la rencontre des autres. Nous ne pouvons pas dire que nous aimons Dieu si nous n’aimons pas notre prochain. On ne mange pas vraiment l’Eucharistie quand on reste indifférent à ceux qui sont à la même table que nous.

    Dans  l’Evangile, nous avons entendu un extrait du discours de Jésus sur le Pain de Vie : « Moi je suis le Pain vivant qui est descendu du ciel. Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. » Ces paroles ont provoqué un refus de la part des foules. Et aujourd’hui encore, l’Eucharistie pose question : comment croire à la présence de Jésus dans ce petit morceau de pain ? Mais l’apôtre Pierre est là pour nous ramener à la vérité. « A qui irions-nous, Seigneur ? Tu as les paroles de la Vie Eternelle. » C’est ce même acte de foi que nous  faisons en venant à la messe.

    Oui en ce dimanche, nous demandons au Seigneur d’entrer vraiment dans ce grand mystère. Les paroles de Jésus sont toujours celles de la Vie éternelle. La nourriture qu’il nous donne c’est son Corps et son sang. C’est lui-même, homme et Dieu qui se fait notre nourriture. Sans cette nourriture, nous ne pouvons pas vivre ; nous nous coupons de nos racines. Chaque dimanche, le Christ nous invite à sa table. Nous devons tout faire pour que l’Eucharistie soit vraiment LE grand événement de la semaine. Seuls ceux qui ont un cœur de pauvre peuvent comprendre cela.

    L’Eucharistie est un trésor extraordinaire. En ce jour, nous portons dans notre prière ceux et celles qui n’ont pas compris cela. Nous qui avons cette chance de pouvoir nous rassembler à l’église, nous rendons grâce à Dieu pour ce cadeau qu’il nous fait. C’est sa vie de ressuscité qu’il nous donne en partage dans nos Eucharisties. Nous faisons nôtre cette prière d’action de grâce :
    « Que tes œuvres sont belles,
    Que tes œuvres sont grandes !
    Seigneur, Seigneur, tu nous combles de joie.
    Que tes œuvres sont belles,
    Que tes œuvres sont grandes !
    Seigneur, Seigneur, tu nous combles de joie. »

    s Signes et Feu nouveau – Lectures bibliques des dimanches (A Vanhoye) – Paroles pour la route A (Jean-Yves Carneau) – L’intelligence des Ecritures A (Marie-Noëlle Thabut)

    source http://dimancheprochain.org/

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  • Commentaires

    1
    Michel Lebel
    Samedi 21 Juin 2014 à 15:27

    Beau texte. Il me semble que l'Église n'insiste pas assez sur la nécessité vitale de l'Eucharistie. Je dis bien vitale! On entend rarement, il me semble, pareille parole dans nos églises locales. Serait-ce parce que notre foi est faible...?

     

    Michel Lebel

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