• Homélie de la Pentecôte - 19 mai 2013

    Homélie de la Pentecôte

    Abbé Jean Compazieu

    Fête de la Pentecôte

     

    http://ekladata.com/RBlNG4AGsRbc8rlIim5rCQwXoDY.jpgNous célébrons aujourd’hui la fête de la Pentecôte. C’est une fête décisive pour la vie de l’Eglise. Nous savons qu’après la Passion et la mort de Jésus, les apôtres étaient enfermés car ils avaient peur d’être arrêtés et condamnés par les juifs. « Une Eglise qui s’enferme finit par sentir le renfermé » disait le pape François. Il n’y a rien de plus étouffant que cette angoisse qui paralyse et asphyxie.  Les disciples avaient verrouillé à double tour les portes de leur maison mais aussi celle de leur cœur. Quand on souffre au plus intime de soi, il faut bien se protéger pour éviter d’autres blessures, d’autres souffrances, d’autres morts.

     

    Mais au soir de Pâque, Jésus rejoint ses disciples pour leur donner sa paix. Cette paix, c’est l’apaisement, c’est le pardon, c’est surtout l’annonce d’un nouveau départ. Ils ne doivent plus avoir peur. Désormais, ils seront envoyés pour annoncer l’Evangile au monde entier. C’est aussi cette parole que le prêtre adresse à l’assemblée avant la communion : « que la paix du Seigneur soit toujours avec vous ». A chaque messe, c’est la vie du Christ qui nous est donnée. Cette vie est avant tout semence de paix et source de confiance. C’est un antidote contre la peur et le repli sur soi.

    La peur est une lèpre qui défigure toute relation : c’est la peur de ne pas être aimé, la peur de ne pas pouvoir aimer, la peur de celui qui est différent ; c’est la peur de moi, la peur des autres ; c’est surtout la peur de Dieu quand il est présenté comme un juge menaçant. La peur est un mal sournois. Elle gangrène ce monde ce monde qui préfère le repli sur soi et l’ouverture de l’amour. Quand on a peur les uns des autres, c’est le point de départ de nombreux conflits. C’est vrai que dans un monde indifférent ou hostile à la foi chrétienne, il y a de qui être inquiet.


    Mais au jour de la Pentecôte, tout est bouleversé : c’est la bonne nouvelle que nous adresse l’apôtre Paul  dans la seconde lecture : « L’esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous  des esclaves, des gens qui ont encore peur. C’est un Esprit qui fait de vous des fils ». C’est lui qui nous pousse à nous tourner vers Dieu avec confiance. Nous pouvons l’appeler « Notre Père ». Voilà bien une bonne nouvelle  extraordinaire. En union avec Jésus, nous sommes enfants de Dieu. Et rien ne pourra nous séparer de son amour.


    C’est ce bouleversement que les apôtres ont vécu au jour de la Pentecôte. Le livre des Actes des Apôtres nous dit que les disciples étaient enfermés en un même lieu. Ils n’étaient qu’entre eux. Mais ce jour-là, ils se sont trouvés propulsés au dehors du Cénacle. Ils sont allés à la rencontre des autres, des étrangers, de ceux qui sont différents et qui parlent une langue différente. L’Evangile fait tomber les barrières que les hommes ont dressées pour se protéger. Chacun entendait les apôtres leur parler dans leur propre langue. L’Esprit de Jésus nous pousse à parler la langue de l’autre et à la rejoindre dans ce qu’il vit. Il unit les hommes, non pas dans l’uniformité mais dans la diversité des différences. C’est grâce à lui que l’autre se sent accueilli et aimé tel qu’il est.


    La fête de la Pentecôte nous interpelle donc sur l’accueil que nous réservons aux étrangers. Nous vivons dans un monde qui s’en méfie et les rejette. Certes, ils ont un mode de vie différent du nôtre. Mais au jour de la Pentecôte, l’Esprit Saint nous pousse à aller à leur rencontre. Si le Christ a donné sa vie sur la croix c’est aussi pour eux et pour le monde entier. C’est au nom de cet amour universel de Dieu que nous sommes envoyés vers les autres. On pourrait dire que l’Esprit Saint est notre « agent de communication » avec le monde.


    Nous sommes envoyés dans le monde pour témoigner de l’espérance qui nous anime. Notre pape François nous dit que cette espérance doit être combative. La vie chrétienne est un combat contre nous-mêmes et bien souvent contre les idées à la mode. Comme un feu puissant, il chasse leurs ténèbres ; il illumine notre nuit. Devant la foule, les apôtres se mettent à proclamer les merveilles de Dieu. La première de ces merveilles, c’est l’annonce de Jésus Christ mort et ressuscité. Ils n’ont plus peur de témoigner, même devant  ceux qui l’ont fait mourir sur une croix.


    L’Esprit Saint que les apôtres ont reçu est appelé l’Esprit de Vérité. Nous nous rappelons qu’un jour, Jésus a dit : « Je suis le chemin, la Vérité et la vie ; personne ne va au Père sans passer par moi. » Aller vers Jésus, c’est aller vers la vérité ; écouter Jésus, c’est accueillir la vérité ; c’est se laisser imprégner de l’amour qui est en Dieu. Cela ne sera possible que si nous avons un cœur de pauvres. Certains sont imbus de certitudes qu’ils pensent être la vérité. Mais ces certitudes ne résistent pas au souffle de la Pentecôte. Ce qu’il faut annoncer au monde, c’est d’abord Jésus mort et ressuscité.


    Ensemble, nous te supplions Seigneur : Donne-nous d’être dociles à l’Esprit, comme toi, comme tes apôtres. Que nous sachions nous tourner vers lui, source de Lumière et de force. Amen

    Sources : Revues Signes, Dimanche en paroisse, Feu Nouveau, lectures bibliques des dimanches (Albert Vanhoye)

     

    Source http://dimancheprochain.org

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