• Homélie du 14ème dimanche du temps ordinaire - 6 juil -14

    Homélie du 14ème dimanche du temps ordinaire

    Abbé Jean Compazieu

    Venez à moi…

     

     Textes bibliques : Lire

    Les textes bibliques de ce dimanche nous adressent un message d’espérance. C’est le salut qui est annoncé aux petits, aux pauvres et aux exclus. Nous y découvrons la puissance de la Parole de Dieu. Cette bonne nouvelle rejoint tous ceux et celles dont la vie est un fardeau très lourd à porter.

     La première lecture est extraite du livre de Zacharie. Il s’agit d’un oracle de consolation en période de guerre. La situation semble désespérée. Mais Dieu va intervenir. Le prophète annonce la venue d’un roi « humble, monté sur un âne. » Non, ce n’est pas une plaisanterie. La force de ce roi vient du fait qu’il est « juste », c’est-à-dire pleinement ajusté à Dieu. Notre Dieu n’a pas besoin d’une puissante cavalerie. Il va venir instaurer un avenir de paix, non seulement pour les rescapés de son peuple mais aussi pour toutes les nations. Il faut le dire et le redire : Toute la Bible ne cesse de nous annoncer l’amour passionné de Dieu. C’est de cette bonne nouvelle que témoignent tous les martyrs d’hier et d’aujourd’hui. La haine, la violence, les persécutions n’auront pas le dernier mot. C’est l’amour qui triomphera.

    C’est aussi ce message que nous lisons dans la lettre de saint Paul aux Romains. II leur recommande de ne pas vivre « sous l’emprise de la chair ». Pour Paul, vivre « sous l’emprise de la chair » c’est vivre loin de Dieu, c’est se contenter des limites de l’intelligence et des forces humaines ; c’est le péché qui nous détourne de Dieu pour nous entraîner vers des impasses. Au contraire, vivre « selon l’Esprit », c’est se laisser guider par Dieu, c’est être habité par lui. Nous sommes appelés à devenir des « maisons de l’Esprit ». C’est lui qui commande. Il prend possession du croyant pour répandre en lui l’amour qui est en Dieu.

    Dans le prolongement de ces deux lectures, nous avons l’Evangile. Il fait suite aux reproches très durs que Jésus avait adressés aux villes du bord du lac de Tibériade. Ces dernières avaient eu le privilège de ses miracles et de sa présence, mais elles ne s’étaient pas converties. Les pharisiens n’ont jamais cessé de le critiquer quoi qu’il  fasse. De la part de Jésus, on aurait pu s’attendre à des plaintes. En fait, c’est tout le contraire qui se passe. Sa prière est une prière de louange, inspirée par ce qu’il vit.

    « Tu as caché ces choses aux sages et aux savants… » Tu les as cachées aux pharisiens d’hier et à ceux d’aujourd’hui. Ne nous trompons pas. Dieu n’a rien caché à personne. Jésus s’adresse à ceux qui se rengorgent de leur savoir et de leur pouvoir. Ces derniers traitent les petits avec mépris. Eux, ils savent. Ils ricanent quand ils entendent ce prophète parler de l’amour sans condition qui prétend les libérer et les faire renaître. C’est comme dit saint Jean au début de son Évangile : « il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reçu. »

    Face à ces gens conscients de leur supériorité, nous avons les petits : Eux, n’ont rien à perdre. Ils sont loin du savoir et du pouvoir. Leur disponibilité leur permet d’accueillir la bonne nouvelle que Jésus est venue apporter au monde. Ces gens considérés comme des bons à rien sont prêts à jouer leur vie sans calcul. C’est pour cela que Jésus rend grâce : « Ce que tu as caché aux sages et aux savants, tu l’as révélé aux tout-petits ». Il faut le redire : Dieu ne cache rien à personne. C’est l’orgueil humain qui empêche l’homme d’accueillir la bonne nouvelle de l’Evangile. Le « tout-petit » chez saint Matthieu, c’est celui qui accueille le « tout-grand » c’est-à-dire Dieu. Ce n’est pas pour rien que Jésus a dit : « Heureux les pauvres de cœur, le Royaume de Dieu est à eux ».

    Ces « tout-petits » dont il est question, ce ne sont pas des « enfants de chœur » ni des « enfants de Marie ». Ce sont les publicains d’hier et d’aujourd’hui, ce sont les prostituées, les étrangers, les malades aux contagions redoutables, des gens qui ont perdu la tête. Ce sont aussi des prisonniers et des marginaux de toutes sortes. Par rapport aux bien-pensants, ils sont tout-petits parce qu’on les regarde de haut.

    Or, c’est vers eux que Jésus va. Il ne cesse de leur dire que Dieu les aime. Il ne leur parle pas « d’aller à confesse » mais de « venir à un banquet ». Il ne brandit pas la loi, mais il annonce le Royaume pour tous. « Venez à moi vous tous qui peinez sous le poids du fardeau ! » Aller au Christ et le rencontrer c’est vraiment LA chance de notre vie. Ceux qui l’ont vraiment rencontré ont vu leur vie transformée et rayonnante. Ils ont retrouvé une paix plus lumineuse que le soleil du plein midi. Avec Jésus, nous sommes entraînés vers une vie responsable et toute neuve. Si nous le voulons, tout peut commencer, tout peut devenir neuf chaque jour.

    C’est à nous aujourd’hui que le Seigneur adresse son appel : « Venez à moi, vous tous qui peinez sous le poids du fardeau ». En nous rassemblant à l’église, nous avons répondu à cet appel. Le Seigneur est toujours là pour nous accueillir. Le problème c’est que beaucoup en sont incapables devenir à lui. Alors nous pouvons faire comme les porteurs qui amenaient un paralysé à Jésus. Quand nous allons à Jésus, nous pouvons lui amener tous ceux qui souffrent autour de nous et partout dans le monde : pensons aux malades, aux exclus, aux victimes de la haine et de la violence des hommes. Nous ne pouvons pas aller à Jésus sans eux. Donne-nous d’en être les témoins fidèles auprès de tous ceux que tu mettras sur notre route.

    Sources : Revue Signes – L’intelligence des Ecritures (MN. Thabut) – Reste avec nous quand vient le soir (Laurette Lepage)

     source http://dimancheprochain.org/

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  • Commentaires

    1
    Struyven
    Jeudi 3 Juillet 2014 à 15:04

    Oh ! Que j'aime !

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