• Homélie du 16ème dimanche du temps ordinaire (17 juillet)

    Homélie du 16ème dimanche du temps ordinaire

    Abbé Jean Compazieu

    L’ivraie dans le champ


    jesus-enseigne.jpg Textes bibliques : Lire

    « Le Royaume de Dieu est semblable à un homme qui a semé du bon grain dans son champ ». Dimanche dernier, nous avons compris que cet homme c’est Jésus. Le bon grain, c’est la Parole de Dieu ; c’est l’annonce du Royaume de Dieu auquel tous les hommes sont appelés. Jésus est passionné d’amour pour son Père et pour tous les hommes. Il sème le bon grain sur tous les terrains, les bons et les mauvais. Il nous adresse des paroles très fortes : « Convertissez-vous et croyez à l’évangile ».


    Le bon grain que Jésus a semé a produit du fruit dans le cœur des hommes. Ils sont nombreux ceux et celles qui ont accueilli la Bonne Nouvelle du Royaume et se sont mis en route à la suite du Christ. Beaucoup vivaient dans un monde sans Dieu. Un jour, ils ont rencontré Jésus sur leur route ; ils ont été « saisis » par lui, un peu comme saint Paul sur le chemin de Damas. Tous sont unanimes pour dire : « Il a changé ma vie. » C’est l’amour de Dieu créateur qui ne cesse d’agir dans le cœur des hommes. Avec lui, le bon grain ne peut que produire de bons fruits. Ce que le Christ a réalisé, nous avons à le continuer. A sa suite et avec lui, nous sommes envoyés dans le monde pour y répandre l’amour de Dieu. Et c’est en vue de cette mission que nous avons reçu l’Esprit Saint.


    Mais tout ne se passe pas aussi facilement : « Pendant que les gens dormaient, son ennemi survient et il sema de l’ivraie. » L’ennemi en question c’est l’Esprit du mal. Il ne dort pas, lui. Sans que nous nous en apercevions, il est toujours prêt à répandre la mauvaise semence, celle de la zizanie. Il veut à tout prix empêcher le bon grain de produire du fruit. Le problème c’est que le bon grain et l’ivraie sont souvent enchevêtrés. Les germes de vie et les semences de mort cohabitent dans le cœur de chacun. Rappelons-nous ce que disait saint Paul : « Je ne fais pas le bien que je voudrais et je fais le mal que je ne voudrais pas.


    Ce mal dans le monde, nous le voyons tous les jours. A côté de l’abbé Pierre, défenseur des pauvres, nous voyons des dictateurs sanguinaires, semeurs de mort. On voudrait faire le ménage en éliminant l’ivraie. Mais Jésus nous demande de ne pas le faire. Ce serait ajouter de la haine à la haine, de l’ivraie à l’ivraie. Si nous faisons justice nous-mêmes, nous risquons d’arracher le bon grain en même temps que l’ivraie. Notre mission n’est pas de dénoncer le mal mais de présenter et promouvoir le bien. Nous n’avons pas à nous ériger en accusateurs ni en juges. Nous ne savons pas tout ce qu’il y a dans le cœur de chacun.


    D’ailleurs, si nous y réfléchissons bien, nous comprenons que nous sommes bien mal placés pour dénoncer le mal. Devant Dieu, nous sommes tous pécheurs. L’ennemi a semé l’ivraie dans le cœur de Judas qui a trahi Jésus. Il n’a pas épargné Pierre qui a renié son Maître. Saint Augustin faisait ce constat plein de lucidité : « Où l’ennemi n’a-t-il pas semé de l’ivraie ? En a-t-il semé chez les laïcs sans en semer chez les prêtres et les évêques ? En a-t-il semé chez les hommes mariés sans en semer chez ceux qui font profession de sainteté ? Que personne ne vous trompe, frères : sachez que dans l’Eglise, toutes les catégories de chrétiens ont leurs hypocrites. Il y a des mauvais chrétiens ; il y en a aussi des bons.


    Les uns et les autres, nous avons tout intérêt à bien écouter la consigne du Christ : « Laissez-les pousser ensemble jusqu’à la moisson. Entre les semailles et la moisson, il y a le temps de la croissance. C’est le temps de la patience de Dieu. Son regard sur nous, c’est celui d’un père et d’une mère sur ses enfants. Il souffre de nous voir empêtrés dans le mal. Mais pour lui, il n’y a pas de situation désespérée. Rien ne peut l’empêcher de nous aimer et de vouloir à tout prix nous sauver. Quand un enfant a mal tourné, ses parents disent : « Oui, il est ainsi, mais c’est notre enfant et nous continuons à l’aimer tel qu’il est ». Du côté de Dieu c’est encore plus fort. Il nous aime bien au-delà de tout ce que nous pouvons imaginer. Il est toujours là pour nous offrir toute notre chance. A partir d’un mal, il peut toujours faire surgir un bien. Si les premiers chrétiens n’avaient pas accueilli Saul le persécuteur après sa conversion, il ne serait jamais devenu le grand saint Paul.


    Cet évangile voudrait nous inviter à changer notre regard sur le monde qui nous entoure. Il est urgent de réagir contre le pessimisme et le découragement. Nous souffrons de voir l’ivraie répandu dans notre monde. Les médias se complaisent à nous rappeler chaque jour ce qui va mal. C’est plutôt démoralisant. Pour nous chrétiens, notre repère c’est l’évangile. Jésus n’a pas arraché l’ivraie. Il a accueilli les publicains et les pécheurs, Zachée, Matthieu, la Samaritaine et bien d’autres. Il en a fait des témoins de la foi.

    Seigneur, nous te prions : apprends-nous à te suive sur le chemin de l’accueil et de la tolérance. Par cette eucharistie, viens renouveler notre foi et notre confiance en ton amour. Il aura le dernier mot. Amen
    D’après diverses sources

    Source http://dimancheprochain.org

     

    Autres dossiers

    « Fraternité 2011 - un témoignageRencontre interreligieuse d'Assise : Réflexion du cardinal Levada »

  • Commentaires

    Aucun commentaire pour le moment

    Suivre le flux RSS des commentaires


    Ajouter un commentaire

    Nom / Pseudo :

    E-mail (facultatif) :

    Site Web (facultatif) :

    Commentaire :