• Homélie du 22ème dimanche du temps ordinaire - 31 août 14

    Homélie du 22ème dimanche du temps ordinaire

    Abbé Jean Compazieu

     S’ajuster à Dieu

     

    Textes bibliques : Lire

    Les textes bibliques de ce dimanche nous montrent les difficultés que les hommes peuvent avoir pour s’ajuster à Dieu. C’est ce qui se passe avec le prophète Jérémie (1ère lecture). Il est envoyé par Dieu pour appeler son peuple à la conversion. Mais il se trouve affronté à des gens qui ne veulent rien entendre. On le considère comme un véritable trouble-fête car il n’arrête pas d’annoncer des catastrophes imminentes. Nous le voyons rejeté de tous et criant son désespoir. Il voudrait échapper à Dieu.  Mais celui-ci l’a séduit. Dans son cœur, c’est comme un feu qu’il ne peut contenir. Il ne peut se taire car la vérité de Dieu est plus forte que lui.

     

    C’était il y a très longtemps ; aujourd’hui la situation n’a guère changé. Nous vivons dans un monde désireux de confort, de facilité et d’égoïsme. Beaucoup y souffrent de la violence, de l’intolérance et de l’exclusion. Aujourd’hui comme autrefois, le Seigneur ne cesse de nous envoyer des prophètes pour nous dire et nous redire : « Convertissez-vous, sinon vous courez à la catastrophe. Or ces appels ne sont pas pris au sérieux. Ils sont souvent tournés en dérision. Mais rien ni personne ne peut empêcher la progression de la Parole de Dieu. C’est à cette parole que nous devons nous ajuster chaque jour et non aux idées du monde. Comme Bernadette de Lourdes, nous ne sommes pas chargés « de faire croire mais de dire ».

    Dans la seconde lecture, nous avons le témoignage de saint Paul. Après avoir été un persécuteur des chrétiens, il a changé de cap. Il s’est ajusté à Jésus Christ. Et aujourd’hui, il nous invite à faire de même : « Ne prenez pas pour modèle le monde présent, mais transformez-vous en renouvelant votre façon de penser pour savoir reconnaître quelle est la volonté de Dieu. » C’est en progressant dans l’amour que nous trouvons la vraie joie. Dieu est amour. Il ne sait pas être autre chose. Sa joie est d’aimer et de se donner avec une absolue générosité.

    Dans l’Evangile, nous voyons Pierre qui a du mal à s’ajuster à Jésus. Dimanche dernier nous l’avons entendu faire une belle profession de foi. Il proclamait : « Tu es le Messie, le Fils du Dieu vivant. Jésus le proclamait « heureux ». Il lui a alors fait comprendre qu’il n’avait pas découvert cette vérité tout seul mais grâce à son Père du ciel. Mais il sait que ses disciples sont loin d’avoir tout compris. C’est pour cette raison qu’il leur impose le silence.

    Aujourd’hui, nous comprenons mieux pourquoi. Jésus vient d’annoncer sa Passion, sa mort sur la croix et sa résurrection. Pour Pierre, c’est impensable. Il s’attendait à un Messie qui allait triompher avec puissance sur tous les obstacles. Il voyait en lui celui qui allait libérer son peuple de ses péchés et de l’occupation Romaine. Jésus résiste violemment à cette mentalité comme il le fit lors de la tentation au désert. Comme Pierre, nous risquons nous aussi de nous égarer en nous faisant une fausse idée de Jésus. C’est pour cela qu’il nous faut lire et relire les Evangiles chaque jour.

    En ce jour, nous entendons, de la part de Jésus, une mise au point très ferme : « Si quelqu’un veut marcher derrière moi, qu’il renonce à lui-même, qu’il prenne sa croix, et qu’il me suive. » Il ne  s’agit plus pour les disciples de tracer leur route selon leurs propres désirs mais de marcher derrière Jésus. C’est lui qui nous montre le chemin pour nous conduire vers la vraie vie. Son amour va jusqu’à livrer son corps et verser son sang pour nous et pour la multitude. Le chemin qu’il nous montre n’est pas un chemin de facilité mais de renoncement et de don de soi.

    Etre disciple du Christ c’est donc prendre notre croix. A ce sujet, une mise au point s’impose. Devant une personne éprouvée, il arrive qu’on entende dire : « Que voulez-vous, chacun doit porter sa croix ! » Il faut le dire et le redire : la croix ce n’est pas la maladie, ni le malheur, ni le chômage, ni la torture, même si c’est très lourd à porter et même si cela comporte des tourments physiques et moraux. Porter sa croix c’est accepter le risque de la fidélité, le risque d’être incompris, bafoué et mis à mort. C’est accepter de donner la priorité au service des autres. Nous sommes loin des perspectives du monde qui met le « moi » au premier plan, le service des autres au deuxième et le service de Dieu en dernier (quand il est considéré). Celui qui choisit les perspectives de ce monde peut obtenir des avantages matériels immédiats. Mais à quoi ça sert si nous devons y perdre notre véritable vie, celle qui conduit à Dieu ?

    Voilà ces textes bibliques qui nous provoquent à nous ajuster à Dieu et à son projet. C’est une conversion de tous les jours qui se sera possible que dans la méditation de l’évangile et dans la prière. Si nous le voulons bien, le Christ sera toujours là pour nous guider sur le chemin de la vie et nous accompagner dans notre lutte contre la tentation. Avec lui, les forces du mal n’auront jamais le dernier mot. Il en a été victorieux et il veut nous associer tous à sa victoire.

    En ce jour, nous te prions, Seigneur. Tu viens nous combler de ta vie et de ton amour. Garde-nous de faire obstacle à ta volonté. Affermis notre courage. En te suivant sur le chemin de la Croix, nous pourrons partager ta gloire pour les siècles des siècles. Amen

    Sources : Revue Feu Nouveau – L’Intelligence des Ecritures (MN Thabut) – Guide Emmaüs des dimanches et fêtes – commentaires du missel communautaire (Père André Rebré) – dossiers personnels.

    source http://dimancheprochain.org

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