• Homélie du 26ème dimanche du Temps ordinaire - 26 septembre 2021

    L’Esprit souffle où il veut

     

     

    Textes bibliques et commentaire : Lire


    Nous avons pu être surpris et même choqués par la violence des paroles de Jésus. C’est vrai qu’il nous demande de couper et de trancher. En réalité, il ne s’agit pas de mutilation. Ce qui nous est demandé, c’est de rompre d’une manière radicale avec les habitudes qui nous entraînent au péché. 

    Dans l’Évangile de ce jour, Jésus nous donne trois exemples : il nous parle d’abord de la main : elle est faite pour recevoir les dons de Dieu et les partager. La main qui entraîne au péché, c’est celle qui accumule les richesses au détriment des plus pauvres. Elle n’hésite pas à frapper pour en avoir encore plus. C’est cette soif de richesses qui peut entraîner la chute d’un petit ; c’est extrêmement grave, surtout quand ça vient d’un chrétien.

    Le pied, c’est l’indépendance et l’autonomie ; il nous permet d’aller et venir. Tout l’Évangile que Dieu nous appelle tous à marcher à sa suite. Il est le Chemin, la Vérité et la Vie. C’est par lui que nous allons vers le Père. On peut pécher avec le pied quand on court vers le mal et qu’on y entraîne les autres. Pécher avec le pied, c’est se détourner de Dieu et s’engager sur des chemins de perdition.

    Le péché de l’œil peut prendre diverses formes. L’œil mauvais, c’est celui qui ne voit que le mal chez les autres. Il a une attitude méprisante et orgueilleuse. De plus, il ne voit pas le pauvre Lazare au pied de sa porte. Son péché, c’est de ne voir que lui-même et ses intérêts personnels.

    C’est exactement cela que dénonce l’apôtre Saint Jacques dans la deuxième lecture. Ses paroles sont très violentes. Il s’adresse à ceux qui accumulent pour eux richesses et argent. Il s’en prend à ceux qui exploitent les travailleurs qui sont sous leurs ordres. Son but n’est pas de les enfoncer dans leur péché mais de les appeler à en sortir. Ces richesses qu’ils empilent sont pourries ; elles ne font que fausser les relations de fraternité et de justice. Si Dieu nous donne plus de biens, c’est pour faire plus d’heureux. Ce qui fait la valeur d’une vie, c’est l’amour. C’est à cela que nous serons jugés.

    Cet amour que nous sommes appelés à vivre trouve sa source en Dieu. C’est vrai, Dieu est amour. Cette révélation, nous la trouvons tout au long de la Bible, Ancien et Nouveau Testament. Il ne s’agit pas d’un amour tiède, mièvre ou romantique qui nous permettrait de nous installer dans une vie bien confortable. En fait, la Bible nous montre que l’amour de Dieu pour chacun de nous est passionné. C’est un feu dévorant, un amour qui passe par la mort du prophète, la mort à soi-même, la mort sur la croix.

    Pour nous chrétiens, l’image de l’amour de Dieu c’est la croix. On a peut-être perdu de vue la flamme dévorante de cet amour dans nos vies chrétiennes. L’amour vrai ne se vit pas à moitié ni aux trois quarts. Il prend l’homme dans sa totalité.

    Cet amour de Dieu total et sans limite explique la radicalité de l’Évangile de ce jour : il n’est pas réservé à quelques privilégiés comme les 70 anciens du livre des Nombres (1ère lecture). L’Esprit de Dieu est donné à tous sans distinction de religion. Tous peuvent vivre de l’amour de Dieu et partager sa vie. Mais nous ne pouvons entrer dans cette relation d’amour qu’en acceptant une transformation radicale de notre vie, en changeant le regard que nous portons sur nous-mêmes et sur les autres. Nous sommes invités à laisser derrière nous notre ancienne vie pour en vivre une nouvelle. Ce n’est qu’en rejetant l’égoïsme, l’orgueil, la convoitise et la violence que nous pourrons vivre de l’amour et accéder à l’amour

    L’amour de Dieu pour chacun de nous est un feu violent qui nous purifie et nous libère des peurs et des angoisses ; il vient nous ouvrir à la liberté et à la vie ; il nous ouvre aux autres ; il nous permet d’être des hommes et des femmes debout. La violence de l’Évangile d’aujourd’hui, celle de Jacques, celle de l’Esprit de Dieu, sont là pour nous réveiller et rallumer en nous la flamme de l’amour et de la vie. Cette violence est nécessaire et salutaire car elle donne accès au bonheur et à la joie.

    Pour entrer dans cette vie, pour vivre de l’amour, il faut laisser derrière soi peut-être un pied, un œil, un bras ; il faut renoncer à des choses qui nous paraissent fondamentales mais qui nous empêchent de vivre et d’être heureux. Alors, nous serons libérés d’un grand poids et nous pourrons cheminer joyeusement au côté de Jésus.

    Télécharger : 26ème dimanche du Temps ordinaire

    Sources : Revues Feu Nouveau et Fiches dominicales – Homélies pour l’année B (Amédée Brunot) – Au service de la Parole (Bernard Prévost – Guide Emmaüs des dimanches et fêtes (JP Bagot) Commentaires de Sœur Claire – François selon Saint Marc – Homélies des prochains dimanches (Diocèse de Blois)

    source https://dimancheprochain.org/

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  • Commentaires

    1
    Marie
    Mardi 12 Octobre à 16:41

    Je viens de lire votre commentaire d'évangile. C'est un très bon complément à ce que j'ai lu. Merci beaucoup. 

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