• Homélie du 28ème dimanche du temps ordinaire - 14 oct. 2012

    Homélie du 28ème dimanche du temps ordinaire

    Abbé Jean Compazieu

     

    Le vrai trésor

     

    bible2Textes bibliques : Lire


    La première lecture nous a rapporté un extrait du 2ème livre de la Sagesse. Ce texte a été écrit au cours du 1er siècle avant Jésus Christ. Il fait l’éloge de la Sagesse. Sa conviction est très forte : seule la sagesse conduit le monde dans la direction voulue par Dieu. Le sage, c’est celui qui sait mener sa barque contre vents et tempêtes. Cette lecture nous dit que la sagesse est bien plus précieuse que la richesse. Sans elle, la vie n’a pas de sens. Cet éloge de la sagesse est placé dans la bouche de Salomon qui vient de succéder à son père David. Il se rend compte de la très lourde charge qui l’attend. Alors, il demande à Dieu de lui donner un cœur ouvert et attentif. C’est ainsi qu’il pourra recevoir la sagesse qui saura le guider dans le gouvernement de son peuple.


     

    Cette recherche de la sagesse est fondamentale. C’est comme un trésor extraordinaire. Mais pour l’acquérir, il faut être prêt à vendre tout. Cette sagesse est le fruit de la prière. Elle n’est pas une conquête de la raison mais un don de Dieu. Il est sans cesse présent et agissant dans la vie des hommes. Il n’attend qu’une chose, c’est que nous lui ouvrions la porte de notre cœur.


    A côté de cet éloge de la Sagesse, nous avons celui de la Parole de Dieu. C’est l’extrait de la lettre aux Hébreux dans la seconde lecture. C’est une parole qui ne se contente pas de nous instruire. Elle nous révèle à nous-mêmes tels que Dieu nous voit. Elle discerne ce qu’il y a de plus intime au cœur de chacun. Il nous faut absolument la prendre au sérieux car elle vient de Dieu. Elle est même « la Parole vivante de Dieu ». Si nous l’accueillons, elle devient pour nous « source de vie ». Si nous lui résistons, elle nous brule. Elle fait naître en nous la souffrance et l’inquiétude. Si nous l’accueillons, elle illumine notre vie. Elle nous donne le courage et la force de progresser sur le chemin du bien et de l’amour.


    Voilà donc ces deux premières lectures qui nous parlent de la sagesse et de la Parole. Avec l’Evangile, nous faisons un pas de plus : Jésus nous est présenté comme Sagesse et Parole de Dieu. Nous l’entendons parler de tout quitter pour le suivre. Cet évangile nous montre un homme qui accourt vers Jésus. Il a bien compris le sens de son existence : notre vie sur terre est une préparation à la Vie Éternelle. Alors il lui pose la question qui lui tient à cœur : Que faut-il faire pour l’acquérir ? Beaucoup sont loin de ce souci. Aussi une telle démarche ne pouvait que réjouir le Seigneur. Elle vient en effet d’un cœur sincère qui n’a pas peur des efforts : « J’ai observé tous ces commandements depuis ma jeunesse » dit cet homme.


    Devant cette bonne volonté, le Christ laisse transparaître sa joie profonde. Posant son regard sur lui, « il se mit à l’aimer ». Nous aussi, nous pouvons demander au Seigneur qui nous donne d’être à l’écoute de la Parole de Dieu et qu’il mette en nous le désir d’observer ses commandements. Aujourd’hui, Jésus voudrait l’emmener plus loin : « Ne bricole plus : une seule chose te manque : va, vends tout ce que tu as, donne-le aux pauvres, et tu auras un trésor dans le ciel. Puis viens et suis-moi ». Alors, cet homme s’en alla tout triste car il avait de grands biens.


    Cet évangile nous rejoint. Nous vivons dans une société très attachée aux richesses de ce monde. En période de crise, la prévoyance nous recommande de garder nos biens pour voir venir. Mais l’évangile nous dit que Jésus ressuscité nous ouvre un trésor infiniment plus imposant que les pacotilles d’ici-bas. Le problème c’est que nous restons attachés à la pacotille et que nous délaissons le vrai trésor qui pourrait nous combler. Jésus a tout donné pour obtenir ce trésor. Il est allé jusqu’au don de sa vie sur une croix. Comme pour cet homme, il est triste de voir que nous nous éloignons de son amour.


    Il y a une comparaison qui pourrait nous aider à comprendre cet évangile : c’est celle de la montgolfière. Pour qu’elle puisse s’envoler vers le ciel, il faut que toutes les fixations soient défaites. Comme elles, nous pouvons, nous aussi, nous élever spirituellement. Le problème, c’est que nous avons des filins qui nous maintiennent au sol. Nous sommes comme des ballons qui ne peuvent pas décoller. Ces filins sont nombreux : pensons à la peur de Dieu : où va-t-il nous conduire si nous nous laissons faire. Mais le plus important qui est cité dans l’évangile c’est notre attachement à l’argent et aux richesses de ce monde. Il ne laisse aucune place à l’amour et à la générosité.


    Le vrai bonheur c’est précisément d’aimer, de donner, de se donner. C’est là que se trouve la vraie sagesse suprême, bien plus précieuse que tous les trésors de ce monde. Aujourd’hui comme autrefois, Dieu continue à nous appeler. Célébrer l’Eucharistie c’est entendre cet appel et y répondre. C’est un engagement personnel de chacun. Saint Benoît nous recommande de « ne rien préférer à l’amour du Christ ». Oui, c’est possible car tout est possible pour Dieu.

    En ce jour, nous te supplions, Seigneur : donne-nous le désir de rechercher l’essentiel. Garde-nous à l’écoute de ta Parole. Garde-nous tout petits devant toi. Amen


    Sources : Revues Feu Nouveau et Signes, L’Evangile au présent (D. Sonnet, lectures bibliques des dimanches (A Vanhoye), Semainier chrétien.

     

    Source http://dimancheprochain.org

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