• Homélie du 31ème dimanche du temps ordinaire (3 novembre 2013)

    Homélie du 31ème dimanche du temps ordinaire (3 novembre 2013)

    Abbé Jean Compazieu

     « Scandale à Jéricho »

     

    Textes bibliques : Lire

    Il y a une grande correspondance entre la 1ère lecture (Livre de la Sagesse) et celle de l’Evangile : Toutes deux nous invitent à célébrer la miséricorde de Dieu. Il est là pour nous aider à sortir de notre situation de péché. Nous sommes tous appelés à nous convertir. Cette bonne nouvelle est pour nous le point de départ d’une grande espérance.

    L’auteur du Livre de la Sagesse nous dit que l’œuvre de Dieu est bonne. Il précise que Dieu aime toutes ses créatures et qu’il patiente envers les pécheurs. Comme un bon pédagogue, il apprécie nos petits pas quand nous nous engageons sur la bonne voie. Ce texte nous montre que tout ce qui est bon vient de Dieu. Il insiste très fortement sur le fait que Dieu est amour. Il est source d’amour, de conversion et de générosité. Il est notre Sauveur. Il n’a aucun mépris pour ses créatures, même pour les plus grands pécheurs. La conversion est ouverte à tous.

    Ce message est un avertissement très fort pour ceux qui voudraient déformer l’image de Dieu. Le risque est grand d’en faire une caricature. Les violences et les massacres commis au nom d’une religion ne sont pas voulus par Dieu. Les prêcheurs qui appellent à la violence n’agissent pas au nom de Dieu. Le vrai Dieu est amour, compréhension et miséricorde. Il est du côté de ceux que l’on fait souffrir. Il envoie son Fils Jésus pour chercher et sauver ceux qui vont à leur perte. C’est de cela que nous avons à témoigner par nos paroles et toute notre vie. C’est notre mission et notre responsabilité.    

    Dans  sa lettre aux Thessaloniciens (2ème lecture) saint Paul nous rappelle que nous sommes tous appelés à la sainteté. Son message cherche à stimuler la foi des chrétiens. Dieu nous appelle tous à la foi au Christ et cet appel transforme notre existence.  C’est important d’y réfléchir car il nous faut éviter les caricatures de la foi. Saint Paul met en garde les chrétiens contre les fausses rumeurs, les prétendues révélations sur la fin du monde. C’est sûr, le Seigneur reviendra, mais personne ne sait le jour ni l’heure. En attendant, nous devons rester fermes dans la foi et fidèles à notre baptême. Nous prions ensemble le Seigneur, en communion les uns avec les autres : oui, il viendra le jour du Seigneur.

    L’Evangile nous raconte l’histoire de Zachée. Ce récit, nous le connaissons bien parce que nous l’avons entendu souvent. Le plus important c’est d’accueillir la bonne nouvelle qu’il veut nous transmettre. Nous savons que Zachée était un collecteur d’impôts. Il travaillait pour un pays qui n’était pas le sien. Et il en profitait pour s’enrichir  au dépend des gens de son peuple. De plus, en tant que chef des publicains, il était tenu pour responsable des actes de violence de ses subordonnés. Il avait donc tout pour se faire détester.

    Mais un jour, il apprend que Jésus passe à Jéricho. C’est vraiment LE grand événement du jour. Il y a là une foule nombreuse. Zachée cherche à voir passer Jésus mais il ne le peut pas car il est de petite taille. Il est bloqué par tous ces gens qui le méprisent. En écoutant cette histoire de Zachée, nous pensons à tous ceux et celles qui ont un passé très lourd. Ils se sentent enfoncés dans leur mauvaise réputation et exclus par les « bien pensants ». Mas Jésus trouve quand même le chemin du cœur de celui qui cherche à le rencontrer. Aujourd’hui comme autrefois, il continue à dire : « Il faut que j’aille demeurer chez toi. »

    Cette décision de Jésus provoque des remous. Les « bien pensants » estiment que Jésus aurait mieux fait d’aller dans une bonne famille. Au lieu de cela, il va chez un voleur, un homme infréquentable. Pour eux, c’est un scandale. En ne voyant que le passé de Zachée, ils ne lui laissent aucune chance. Nous aussi, nous pouvons être comme cette foule. Pensons à tous ces gens de mauvaise réputation dont on se méfie et qu’on rejette.

    Mais ce n’est pas ainsi que Jésus regarde les exclus de notre temps. Son souci premier ce n’est pas d’entretenir des fidèles mais de sauver ceux qui sont perdus. Le Salut de Dieu est offert à tous. Le Christ est toujours capable de venir nous chercher très loin et très bas. Cette bonne nouvelle doit être annoncée à tous, y compris dans les prisons. Chaque personne est très importante aux yeux de Dieu. Comme Zachée, la rencontre avec Jésus peut provoquer un bouleversement dans leur vie. Ils sont nombreux ceux et celles qui peuvent dire : « Il a changé ma vie ».

    Mais pour rencontrer le Christ en vérité, nous devons descendre de notre perchoir. Il nous faut abandonner notre piédestal et laisser le Christ entrer dans notre vie. Cette rencontre avec lui, c’est quelque chose d’extraordinaire.  En ce jour, il rejoint notre assemblée pour nous rappeler qu’il est Sauveur. Le Salut de Dieu peut aussi entrer dans nos maisons. Il suffit que nous nous empressions d’accueillir le Christ qui frappe à notre porte. Il continue à venir pour chercher et sauver ceux qui étaient perdus.

    En ce jour, nous te prions Seigneur pour tous les Zachée de la terre, tous ceux et celles qui sont rejetés et méprisés à cause de leur passé et de leurs actes. Tu veux demeurer chez eux comme chez nous. Par ton Eucharistie, tu nous invites chez toi. Que notre rendez-vous à la messe et à l’adoration nous transforme comme il a transformé le publicain de Jéricho. Amen

    Sources : Revues Signes, Feu Nouveau, Dimanche en paroisse – Pour la célébration de l’Eucharistie (Feder et Gorius), Lectures bibliques des dimanches C (A. Vahoye)

    Source http://dimancheprochain.org

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