• Homélie du 3ème dimanche du Carême (23 mars 14)

    Homélie du 3ème dimanche du Carême (23 mars)

    Abbé Jean Compazieu

    Puiser à la Source

    Textes bibliques : Lire

    Les lectures de ce dimanche nous parlent de l’eau ou plutôt de ce qui se passe quand on n’en a pas. Le texte de l’Exode (1ère lecture) nous raconte comment le peuple d’Israël  est sorti de l’esclavage d’Egypte. Moïse marche à la tête de ce peuple. Il y a là des hommes, des femmes et des enfants avec leurs troupeaux. Ils marchent à travers le désert, allant d’un point d’eau à un autre. Mais à l’étape de Réphidim, il n’y a pas d’eau. En plein désert et en pleine chaleur, cela peut devenir très grave. C’est une question de vie ou de mort.

     Alors que faire ? Le texte nous dit qu’ils se sont tous laissés envahir par la panique. Au 13ème siècle avant Jésus Christ, ils ont fait ce que nous ferions aujourd’hui. Ils s’en sont pris au gouvernement. Et le gouvernement de l’époque c’est Moïse. Ils lui font comprendre que c’est bien joli de les avoir fait sortir d’Egypte pour conquérir la liberté. Mais si c’est pour mourir en plein désert, à quoi bon ? Il vaut mieux être esclave et vivant que libre et mort.

    Tout au long de cette traversée du désert, les récriminations ont été nombreuses. Pourtant, à chaque fois, Dieu répond à son peuple. Il lui donne l’eau et la nourriture sans jamais le sanctionner négativement. Il se révèle à eux comme un père, toujours soucieux de ses enfants. Il leur donne l’eau sans laquelle la vie n’est pas possible. Il leur donne aussi la nourriture qui leur permet de reprendre des forces. Grâce à cela, le peuple pourra marcher jusqu’au Sinaï et recevoir une autre nourriture, la Parole de Dieu.

    La soif, ce n’est pas seulement le besoin de boire. C’est aussi une certaine lassitude. Cette soif n’est pas seulement physique. Elle est aussi une lassitude spirituelle. C’est la fatigue de se trouver dans un désert spirituel, dans un monde stérile et menaçant. Là, il n’y a rien pour nous nourrir et nous désaltérer. Mais dans le récit de l’Exode, nous découvrons que même dans une telle sècheresse, un rafraîchissement est possible.

    Des centaines d’années plus tard, saint Paul a lu dans cet épisode une image du Christ. Les Hébreux ne pouvaient pas le savoir, mais Paul a compris que ce rocher d’où a jailli l’eau c’était le Christ. Son amour a été « répandu en nos cœurs par l’Esprit Saint qui nous a été donnés ». Il fait sans cesse le premier pas vers nous. Il répond à notre soif d’aimer et d’être aimés. C’est auprès de lui et en lui que nous trouvons la source de la vraie vie.

    L’Evangile nous montre Jésus fatigué. Cette fatigue n’est pas due seulement au chemin parcouru. Il est fatigué parce qu’il est continuellement à courir derrière nous. Il nous voit nous précipiter vers le danger et tomber dans les péchés. Il fait tout pour nous en sortir. Quand il demande à la Samaritaine « Donne-moi à  boire », il a soif de la sauver. Il a soif de son affection et de la nôtre. La samaritaine sera progressivement amenée à découvrir en Jésus la Source d’eau vive.

    C’est important pour nous. Une des caractéristiques de notre temps, c’est l’ignorance religieuse. On finit par s’installer dans le désert de l’indifférence. La foi devient quelque chose de secondaire par rapport au métier, aux loisirs et à nos diverses activités du quotidien. Mais chassez le naturel, il revient au galop : en effet, cette baisse de la foi fait vite place à une montée des pratiques ésotériques ou superstitieuses catastrophiques, voyance, magie blanche ou noire…C’est dans ce désert que Jésus veut rejoindre le monde d’aujourd’hui. Il continue à chercher ceux qui vont à leur perte.

    Cette source à laquelle s’est abreuvée la femme de Samarie est aussi à notre disposition. Le Christ est mort pour les coupables que nous étions. Cette source peut tout changer dans notre vie. Elle nous donne la certitude d’avoir accès au monde de Dieu. En puisant à cette source, c’est l’amour de Dieu que nous accueillons. Pour le retrouver, il n’y a pas de secret. Il suffit de prendre chaque jour du temps pour la prière et l’accueil de la Parole de Dieu dans l’Evangile. Et surtout, il est essentiel de redonner toute sa place à l’Eucharistie, source et sommet de toute vie chrétienne et de toute Evangélisation.

    En lisant cet Evangile, nous avons bien vu que Jésus ne s’adresse pas à une « sainte femme » mais à une pècheresse. C’est à elle qu’il a offert « la source jaillissante pour la vie éternelle ». Cela nous rappelle que nos fautes, nos erreurs et nos blessures n’éloignent pas le Christ. Bien au contraire, elles l’attirent. Il n’est pas venu pour les justes mais  pour les pécheurs. Il a recherché la compagnie de ceux que le judaïsme de son temps mettait de côté. Et c’est ainsi qu’il continue d’agir dans notre monde d’aujourd’hui. Il est continuellement à la recherche de la « brebis perdue ».

    Voilà une bonne nouvelle pour nous en ce dimanche. Le Christ est là : il nous rejoint dans toutes les situations de notre vie, même les plus compliquées. Il nous offre à tous « la source jaillissante pour la Vie éternelle ». Cette source qui a transformé la vie de la samaritaine peut aussi transformer la nôtre. Elle peut faire de nous des messagers de la bonne nouvelle auprès de tous ceux que nous rencontrons. En communion les uns avec les autres, nous pouvons proclamer : « Nous savons que tu es vraiment le Sauveur du monde. Amen

    Sources : Revues  Signes, Feu Nouveau, Dimanche en paroisse, La Parole de Dieu pour chaque jour de 2014 (V. Paglia), Paroles pour la route (J.Y. Garneau), Guide Emmaüs des dimanches et fêtes, site « Puiser à la Source »

    source http://dimancheprochain.org/

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