• homélie du 4ème dimanche de Pâques - 15 mai 2011

    homélie du 4ème dimanche de Pâques

    Abbé Jean Compazieu 


     

    « Je suis la porte des brebis »


    Textes bibliques : Lire

    bon pasteur

    Dans les campagnes de la Palestine, les bergers font partie du paysage quotidien. Le soir venu, ils rassemblent leur troupeau pour les mettre à l’abri des dangers de la nuit. Puis le matin, ils viennent le récupérer pour le conduire vers le pâturage. La Bible nous parle également des bergers et des brebis. Dans le psaume 22 que nous venons de prier, nous lisons : « Le Seigneur est mon berger ; sur des prés d’herbe fraîche, il me fait reposer ; il me mène vers les eaux tranquilles et me fait revivre. » C’est une manière de dire que Dieu conduit son peuple et qu’il prend soin de lui. 


    Mais quand nous lisons ces textes bibliques, nous devons veiller à ne pas nous tromper sur le sens du mot « troupeau ». Aux yeux du Seigneur, nous ne sommes pas un collectif anonyme. Nous sommes son peuple et il nous connaît tous par notre nom ; il nous dit à chacun et chacune d’entre nous : « Tu es mon fils ; tu es ma fille. » Nous sommes une grande famille de croyants, mais il y a une place pour chacun et chacune d’entre nous dans le cœur de Dieu ; « Je t’ai appelé par ton nom, tu as du prix à tes yeux et je t’aime. Cela, il le disait au peuple d’Israël mais aujourd’hui, Jésus nous annonce que c’est également vrai pour chacun des enfants de Dieu.


    Dans l’évangile, Jésus se présente comme la porte de la bergerie. Pour comprendre cette parabole, il faut se rappeler qu’il s’adresse aux pharisiens. Ces derniers ont un tel sens du sacré qu’ils ne peuvent imaginer cette proximité de Dieu. Pour eux, Dieu est LE Saint, l’inaccessible ; l’homme ne peut pas l’atteindre par ses seules forces. Sur ce point, Jésus leur donne raison. Mais il nous annonce que lui-même nous ouvre la porte et alors, nous pouvons le rencontrer. Cette porte qui nous permet d’aller à Dieu, c’est Jésus lui-même. « Si quelqu’un entre par lui, il sera sauvé. Il est le passeur qui nous fait traverser la mort pour épanouir en nous les forces de la Vie.


    Cette porte n’est pas celle qui claque brutalement ni celle qui enferme comme dans une prison. Elle est un lieu de passage ouvert à l’humanité tout entière. Il y a de la place pour la multitude. Jésus se présente comme la porte ouverte à l’étranger, au réfugié, au pauvre comme au riche, à la personne handicapée comme à celle qui jouit de toutes ses facultés. Cette porte est également ouverte à l’inconnu, à la brebis égarée et à tous ceux et celles qui sont en quête de sens pour leur vie. En résumé, cette porte est grande ouverte sur la tendresse de Dieu. Nous sommes tous très importants pour lui et il tient à chacun de nous comme à son bien le plus précieux.


    Par les sacrements de l’initiation chrétienne, baptême, Eucharistie et confirmation, nous avons été incorporés au Christ. Nous passons au-delà des limites de la vie présente pour entrer dans la perfection de l’humanité, celle de Jésus ressuscité. Rappelons-nous cette parole du Christ : « je suis venu pour qu’ils aient la Vie et qu’ils l’aient en abondance ». L’évangile nous est offert comme un formidable appel à vivre. Malheureusement beaucoup n’y voient que des contraintes et des obligations. Il faut le dire et le redire : nous avons là un trésor, un chemin qui libère en nous le dynamisme le plus profond. Il ne cesse de nous appeler au bout de ce qui est le plus vital en nous : l’amour.


    Il est absolument essentiel de nous imprégner non seulement de cette parole de Dieu mais de Jésus lui-même. Si nous le faisons, c’est en vue de la mission. Avant de partir, Jésus a confié à ses apôtres et à toute son Eglise la responsabilité de témoigner de l’espérance qu’il met en nous. Notre humble rôle, c’est de conduire nos frères et nos sœurs à cette porte. Nous sommes les portiers du Christ. Si, aujourd’hui, nous ne retenons que cela, nous aurons compris quelque chose d’essentiel. Beaucoup donnent le meilleur d’eux-mêmes à cette mission de « portier » ; ils n’hésitent pas à donner de leur temps, leur argent, leur vie. La mission de l’humanité, c’est de servir l’humanité et de montrer la porte. Le Christ compte sur nous tous, prêtres, religieux, religieuses et laïcs pour participer à cette œuvre de rassemblement : « Comme le Père m’a envoyé, moi aussi, je vous envoie.


    Malheureusement, beaucoup choisissent des chemins de perdition et vont vers leur malheur. Depuis des mois, les médias nous parlent tous les jours des violences, des actes racistes, des guerres, des morts et encore des morts. Des jeunes complètement désabusés s’évadent dans la drogue et l’alcool. C’est dans ce monde tel qu’il est que nous sommes envoyés comme portiers. Notre mission, c’est de montrer le Christ « berger de toute humanité ». Rien ne pourra l’empêcher de vouloir sauver tous les hommes. Il est absolument essentiel que nous entrions dans ce grand projet d’amour qui anime le Christ.


    Seigneur, tu nous invites à accueillir cet amour qui est en toi. Tu es en nous cette porte ouverte par laquelle nous passons de la tristesse à la joie, du doute à la confiance. Rends-nous disponibles et rayonnants de ta présence. Nous te prions spécialement pour tous ceux que tu appelles comme prêtres, diacres religieux, religieuses, mais aussi comme laïcs engagés dans l’annonce de l’Évangile. Que les uns et les autres, là où nous sommes, nous soyons la voix du Christ bon Pasteur.

    D’après diverses sources

    Source http://dimancheprochain.org

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