• Homélie du 4ème dimanche de Pâques - 29 avril 2012

    Abbé Jean Compazieu

    Le bon Berger

     

     

    bon pasteurTextes bibliques : Lire


    Cette image du bon berger, nous la connaissons bien. Il est celui qui veille sur son troupeau. Ses conditions  de vie et de travail peuvent être difficiles. Quand on est sur les pentes des alpages et des estives, il faut surveiller, il faut rechercher les brebis égarées, soigner celles qui sont blessées. C’est un métier difficile, surtout quand la météo est défavorable. Jésus avait bien observé tout cela dans son pays de Palestine. Il nous conforte dans l’idée que le métier de berger n’est pas de tout repos.


     

    « Je suis le bon Pasteur » nous dit le Christ. Quand nous lisons les évangiles, nous voyons que sa vie est un combat de tous les jours. Il doit faire face aux faux prophètes, aux pharisiens, aux docteurs de la loi. Et puis, il y a les disciples qui ont du mal à comprendre, les malades qu’il faut guérir, les possédés qui le poussent dans ses retranchements. Au moment de la Passion, ce sera l’abandon du Père au Jardin des Oliviers, le reniement de Pierre, le baiser de Judas. Tout au long de son ministère, il a dû affronter l’incrédulité, la mauvaise foi et les attaques de toutes sortes.


    En ce dimanche, nous chantons : « Jésus berger de toute humanité… » Nous ne devons pas en rester aux belles paroles. Nous ne pouvons pas oublier que ce bon berger, c’est celui qui donne sa vie pour ses amis. Il court après les brebis pour les rassembler en un seul troupeau (tout en respectant la liberté des uns et des autres). Il les connaît toutes personnellement. Pour lui, connaître quelqu’un ce n’est pas dire « je vois qui c’est » ; Jésus nous connaît avec le cœur. Chacun de nous est important pour lui. Nous ne sommes pas des pions interchangeables. Pour Dieu, nous sommes uniques. C’est pour nous un appel à une fidélité totale.


    Le bon berger n’hésite pas à quitter la bergerie pour aller à la rencontre des brebis perdues. Il part de nuit comme de jour pour les retrouver. Jésus expose sa vie pour protéger ses brebis. Il va jusqu’au bout en se donnant totalement à ceux qui viennent l’arrêter. Il donne sa vie pour le salut du monde. Lui-même a dit : « Ma vie, nul ne la prend, mais c’est moi qui la donne. »


    Cet évangile nous renvoie à notre vie. Nous chantons et nous proclamons Jésus « berger de toute humanité ». Mais il ne faut pas en rester à des belles paroles. L’important c’est d’accueillir vraiment le Christ et de lui donner la première place dans toute notre vie. C’est précisément ce que nous faisons chaque dimanche en venant à l’Eucharistie. Nous accueillons l’amour qui est en lui pour qu’il nous transforme. Lui-même nous dit ailleurs qu’il est le Chemin, la Vérité et la Vie. C’est par lui que nous devons passer pour aller au Père. Alors aujourd’hui, cela vaut la peine de se poser la question : Jésus est-il vraiment notre chemin, notre Vérité et notre Vie ? Quelle place lui donnons-nous tout au long de nos journées ?


    En lisant cet évangile, nous devons faire un pas de plus. Jésus notre berger nous confie les uns aux autres. L’Eglise est le prolongement du Christ sur la terre. Comme lui, nous sommes amenés à quitter nos bergeries pour aller à la rencontre des autres. Etre disciple du Christ c’est une grande aventure ; ce n’est pas de tout repos. La tentation est grande de refermer sa porte et de rester bien au chaud à l’intérieur. Mais nous ne pouvons pas nous enfermer dans la nostalgie du passé. La bonne nouvelle de l’Evangile doit être annoncée aux pauvres et aux exclus dans le monde entier. Il importe que celle-ci se réalise en actes. Si nous rejetons telle ou telle personne parce qu’elle ne pense pas comme nous, c’est le Christ que nous rejetons.


    Pour mieux comprendre ce que le Christ attend de nous, il nous faut inlassablement revenir à l’Evangile.  Au jour de la Pentecôte, les apôtres étaient enfermés dans le Cénacle. L’Esprit Saint les a poussés au dehors pour proclamer à tous les  merveilles de Dieu. Ils se sont retrouvés face à ceux-là même qui avaient mis le Christ en croix. Nous aussi, nous sommes tous envoyés pour participer à l’œuvre de salut du Christ ressuscité. Notre mission de baptisés c’est d’apporter notre pierre à la construction de l’Eglise du Christ. Il est lui-même la pierre angulaire. C’est autour de lui que se réalise l’unité de son Corps.


    Depuis la Pentecôte, les apôtres sont devenus des témoins de cette bonne nouvelle. Après la résurrection de Jésus, Pierre a connu une transformation très forte. Lui qui avait peur au moment de la Passion fait preuve d’une force merveilleuse. Il n’hésite pas à proclamer devant tous ses adversaires qu’en dehors de Jésus, il n’y a pas de salut. Ce n’est que grâce à lui que nous pouvons obtenir la vie nouvelle qui fait de nous des enfants de Dieu. C’est de cela que nous avons à témoigner tout au long de nos journées. Nous sommes tous engagés pour le royaume de Dieu. Les évêques, les prêtres, les diacres, les laïcs sont tous donnés à l’Eglise et au monde comme le Christ notre berger. Nous ne sommes pas à notre compte mais à celui de Jésus qui nous appelle et nous envoie pour être les témoins de la Bonne Nouvelle de l’Evangile.


    En ce jour, nous te prions Seigneur : Fais-nous reconnaître ta voix parmi les bruits du monde. Ta Parole nous révèle le chemin qui mène à toi. Donne-nous de l’accueillir et de la garder pour qu’elle transforme notre vie et celle de nos frères. Amen.

    Source http://dimancheprochain.org

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  • Commentaires

    1
    Alice Damay-Gouin
    Mercredi 3 Juillet 2013 à 20:25

    Le Bon Berger!

    En me promenant, un jour, en vacances, sur une route de montagne, j'ai dû  suivre un bon moment, un troupeau de moutons. J'ai alors eu la surprise de constater que le berger n'était pas au devant de la scène mais tout au milieu de ce troupeau. Il avait une peine infinie à avancer car tous les moutons s'agglutinaient à lui. L'ensemble faisait bloc. Cette vision est fortement ancrée en moi et je me dis qu'avec une telle vision, nos pasteurs ne pourraient plus parler de troupeau égaré...ou alors ce serait admettre que le pasteur est lui-même égaré...

    Il y a le troupeau, les brebis perdues et le Christ dit aussi: "j'ai encore d'autres brebis". Le Christ nous aime tel(le)s que nous sommes, sans distinctions de sexe, de catégorie.... Je cherche, de jour en jour, à mettre le au Christ au coeur de ma vie, même si cela ne passe pas par l'Eucharistie, même si cela ne passe pas par la lecture de l'Evangile dans le texte mais... au coeur même de ma vie, dans ma rencontre avec l'autre. Ce chemin,  si souvent ignoré,  est ardu, caillouteux... mais combien il m'a transformée et épanouie, rendue audacieuse car confiante en mon Seigneur...

    Mais, dans l'Eglise, on dit aussi, à chaque Eucharistie d'ailleurs, "Voici l'Agneau de Dieu..." Cet agneau est présent dans toute église sur un vitrail, une peinture ou une sculture.

    Nous sommes peut-être invité(e)s à vivre en chacun(e) de nous, ces 2 visions.

    Vivre en étant moi-même Berger et Agneau...

     Oui, je crois que je suis pasteur tout autant que mouton.

    Alice

     

     

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