• Homélie du Jeudi Saint (5 avril 2012)

    Abbé Jean Compazieu

    Jeudi Saint


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    En cette soirée du Jeudi Saint, nous célébrons un événement absolument essentiel dans l’histoire du Salut. Il nous est rapporté par les évangiles des saint Matthieu, Marc et Luc ainsi que par saint Paul. La veille de sa mort, le Seigneur réunit ses disciples pour son dernier repas. Il prit du pain et du vin et il dit : « Prenez et mangez, ceci est mon Corps… Prenez et buvez-en tous, ceci est mon Sang versé pour vous et pour la multitude… Faites ceci en mémoire de moi. » C’est ce soir-là que Jésus a institué l’Eucharistie et le sacerdoce. Quelques jours plus tard, au soir de Pâques, il donne à ses apôtres le pouvoir de pardonner les péchés. Puis au moment de l’Ascension, il leur promet le don de l’Esprit Saint pour annoncer l’Évangile au monde entier et baptiser ceux qui croiront au nom du Père et du Fils et du Saint Esprit.


     

    Ainsi donc, au soir du Jeudi Saint, Jésus se donne comme nourriture et boisson. Il donne sa chair qui sera bientôt déchirée par les pointes d’épines et les clous. C’est cet aliment qui fortifiera les disciples quand ils seront affrontés à la persécution. Il donne son sang pour les purifier de leurs offenses. Il veut leur donner le courage de perdre leur propre vie pour le Salut de leurs frères humains. Chaque fois que nous allons communier, Jésus nous donne la force de répondre à son commandement : « Demeurez en moi comme moi en vous. Avec lui, nous ne sommes pas seuls. Comme Saint Paul, nous pouvons dire : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ qui vit en moi. » Lui-même avait dit aux siens : « Je ne vous laisserai pas orphelins, je reviendrai vers vous. » Alors, il invente une présence tout à fait nouvelle, totalement inédite dans l’histoire des hommes. Il leur laisse sa présence de Ressuscité sous la forme d’un repas.


    Le concile Vatican II nous a dit que l’Eucharistie est « source et sommet de toute vie chrétienne et de toute évangélisation. » Il est absolument essentiel pour tout chrétien de puiser à cette Source et de gravir ce sommet. Malheureusement, ils sont nombreux ceux et celles qui n’en sont pas vraiment convaincus. Pensons aussi à la facilité avec laquelle on se dispense de la messe parce qu’on a un repas de famille ou pour toute autre raison. C’est toujours pareil : le Seigneur nous offre un trésor, mais bien souvent, nous préférons la pacotille. Saint François de Sales recommandait la communion fréquente pour apprendre à aimer Dieu, pour nous purifier de nos imperfections. Deux milliards de chrétiens reçoivent chaque dimanche cette hostie. Une fois en eux, elle va les soutenir pour la semaine à venir.


    En ce soir du Jeudi Saint, nous sommes donc invités à revenir au cœur de la foi et à remettre le Christ au centre de notre vie. Certains peuvent prétendre qu’ils n’ont pas besoin de la messe pour être chrétiens. Et c’est vrai qu’ils peuvent être très généreux et très dévoués sans aller à la messe. Mais nous devons entendre cette parole du Curé d’Ars : « Toutes les bonnes œuvres réunies n’équivalent pas le sacrifice de la messe parce qu’elles sont les œuvres des hommes et la sainte messe est l’œuvre de Dieu. » L’Eucharistie est une présence d’amour qui s’offre pour susciter l’amour en nous.


    Cet amour que nous recevons du Seigneur dans l’Eucharistie, nous avons à le rayonner autour de nous. Nous sommes envoyés pour rejoindre ceux et celles qui souffrent de la solitude, de la précarité et du manque d’espérance. Ce monde malade, Jésus veut le sauver. C’est pour lui qu’il est mort sur la croix. Il veut le remplir de son amour. En communion les uns avec les autres, nous sommes envoyés pour témoigner de cette bonne nouvelle et faire en sorte qu’elle se réalise.

    C’est en vue de cette mission que le Christ a institué les prêtres de la nouvelle alliance. Ils sont envoyés dans le monde entier pour l’évangéliser en lui donnant la Parole de Dieu et le Pain de Vie. Quand le prêtre proclame la Parole de Dieu et quand il célèbre l’Eucharistie, c’est le Fils de Dieu qui se rend présent et se donne à chacun des croyants. Il veut nous attirer dans cette intimité extraordinaire qui existe entre lui et son Père. Il veut faire grandir en nous le désir de Dieu.


    En ce Jeudi Saint, nous rendons grâce au Seigneur pour cette grandeur du sacerdoce qui permet au prêtre de rendre le Christ présent par la Parole et par l’Eucharistie. Ce qui fait la grandeur du prêtre, ce n’est pas son humanité, ni ses qualités intellectuelles, morales ou autres. Comme Pierre qui a renié le Christ, il n’est lui aussi qu’un pauvre pécheur. Mais ce que nous honorons chez lui, c’est la personne qu’il représente. Le Curé d’Ars disait que le prêtre tient la place de Dieu. Il est revêtu des pouvoirs de Dieu. Devant la grandeur du don qui lui est fait, Jean-Marie Vianney se sentait bien misérable. Et je pense que chacun de nous, prêtres, peut en dire autant.

    Nous te prions, Seigneur ; Donne aux prêtres force et courage pour la mission que tu leur confies. Et donne à tous les croyants de reconnaître et d’accueillir ce don de l’Eucharistie et du sacerdoce qui leur est offert. Donne-nous de vivre de ton amour afin qu’il remplisse nos vies.


    Source http://dimancheprochain.org

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  • Commentaires

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    Alice Damay-Gouin
    Mercredi 3 Juillet 2013 à 20:27

    Bonjour Réjean. Pensez-vous que le pouvoir de guérison soit uniquement réservé aux hommes prêtres, au geste de l'imposition des mains? Pour ma part, je pense que ce pouvoir de guérison est donné à toute personne qui avance sur le chemin de l'amour. Je suis témoin de tant de miracles, autour de moi et en moi! En visite à la maison de retraite, on me demande de me lever pour danser. Avec ce résident qui ne savait pas plus danser que moi, nous avons osé et nous avons réussi à accorder nos pas sur le rythme de la musique et que dire, alors, de notre joie!. Combien de personnes qu'on me disait déprimées, retrouvent le sourire et une joie de vivre, en venant jouer aux cartes avec d'autres. Combien de confidences, de souffrances, suis-je amenée à entendre durant ces activités "jeux de société"!!! Notre Vocation est d'aimer et alors des miracles se produisent.

    Alice

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    Réjean J. Perras
    Mercredi 3 Juillet 2013 à 20:27

    Très belle homélie.  Je suis d'accord lorsqu'il dit qu'il représente Jésus qui leur a donné le pouvoir de changer le pain et le vin en chair et sang mais ils ont aussi le pouvoir de faire des miracles ou guérison en imposant les mains et c'est ce qui manque chez nos prêtres, la peur d'exercer ce charisme.  Vous pourriez vider les hôpitaux si chacun exercaient son vrai ministère.  A quand votre audace. Réjean

     

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    Alice Damay-Gouin
    Mercredi 3 Juillet 2013 à 20:27

    Comment puis-je recevoir ce texte, apologie de l'eucharistie, apologie de l'homme prêtre??? Non, je n'ai pas un malaise lorsque j'affirme que Dieu-Amour, le Seigneur, me nourrit, chaque jour de son pain d'Amour, dans ma rencontre avec les autres. Je ne doute pas un instant, en disant cela car ma vie en est tellement transformée!!!  Mais je dis et je répète inlassablement ma souffrance de n'être pas entendue dans mon Eglise, de n'être rien pour ne pas dire:" être méprisée", à voir la légèreté avec laquelle on parle de nous, pauvres pécheurs (désolée, mais je me refuse à mettre ce mot au féminin car la connotation n'est pas la même) qui ignorons la joie de communier...Ma souffrance que je croyais morte est, à chaque fois rouverte, comme une profonde stigmate...

    Un(e) pauvre est une personne dont personne n'a besoin. A-t-on besoin de moi, en Eglise????  Alice

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