• Homélie Fête du Corps et du Sang du Christ - 10 juin 2012

    Fête du Corps et du Sang du Christ

    Abbé Jean Compazieu

     

    eucharistieTextes bibliques : Lire


    En cette fête du Saint Sacrement, nous pensons à toutes les processions qui sont organisées à Lourdes et en divers lieux de pèlerinage. Des foules nombreuses accompagnent l’ostensoir d’un bout à l’autre de l’esplanade. Nous pensons aussi à tous ceux et celles qui passent de longues heures d’adoration devant le Saint Sacrement. Ces manifestations de notre foi sont des moments importants et il faut les encourager. Mais les textes bibliques de ce dimanche nous invitent à aller plus loin. Cette fête est aussi appelée « fête du Corps et du Sang du Christ ». Il nous faut tenir les deux : le Corps du Christ mais aussi son Sang.


     

     La première lecture nous prépare à cette réalité. Le peuple hébreu se trouve rassemblé devant Moïse : pour sceller l’alliance entre Dieu et son peuple, Moïse utilise du sang : « voici le sang de l’alliance que sur la base de toutes ces paroles, Dieu a conclue avec vous. » Comprenons bien, ce n’est pas nous qui faisons alliance avec Dieu mais l’inverse ; c’est lui qui fait le premier pas et qui s’engage. Le rite du sang signifie que cet engagement est « à la vie et à la mort ». Dieu reste toujours fidèle à sa promesse. En réponse, le peuple s’engage à rester fidèle à la Parole de Dieu. Plus tard, Jésus se présentera comme le nouveau Moïse ; il sera le parfait médiateur entre Dieu et les hommes. Ses paroles seront celles de la Vie éternelle. Il nous obtiendra la libération définitive, non pas avec le sang des taureaux mais avec son propre sang.


    La lettre aux hébreux nous rappelle ce qui se passe dans la nouvelle alliance entre Dieu et les hommes : par la venue de Jésus Christ, sa mort sur la croix et sa résurrection, les rites de l’ancienne alliance sont dépassés. Ils ne sont pas périmés comme une chose que l’on jette. Ils étaient là pour annoncer une réalité bien plus grande : désormais, c’est Jésus qui porte à son plein achèvement  les rites de l’ancienne alliance. En lui, c’est Dieu qui tient parole. Jésus n’offre pas le sang d’un animal mais son propre sang pour le salut de tous les hommes. A chaque Eucharistie c’est comme si nous assistions « en direct » au moment où Jésus fait le don de sa vie. Il n’y a qu’un sacrifice unique et définitif de Jésus. Quand nous sommes à la messe, c’est à ce sacrifice que nous assistons, à l’offrande de Jésus et à sa mort sur la croix. Nous assistons aussi à la victoire de l’amour sur la mort et nous en recevons les fruits.


    L’évangile nous rapporte le dernier repas de Jésus. C’est son repas d’adieu. Il choisit le jour où l’on commémorait la libération d’Egypte au temps de Moïse. Mais aujourd’hui, ce n’est plus de cela qu’il s’agit. Ce qui compte c’est la réalité nouvelle. Le véritable Agneau mangé et immolé, c’est Jésus lui-même. Il se livre pour libérer l’humanité toute entière de tout ce qui l’éloigne de Dieu. Le Pain Eucharistique n’est pas fait seulement pou être adoré : il nous est donné pour être nourriture. µC’est ainsi que nous entrons dans la communion avec Dieu. Nous n’oublions pas que nous sommes engagés « à la vie et à la mort. » Communier à la coupe, c’est accueillir la vie que le Christ nous donne par sa mort violente sur la croix. C’est aussi s’engager à  se mettre à sa suite, donc être prêts nous aussi à donner notre vie.


    Chaque fois que nous allons communier, nous recevons la vie du Christ. L’amour qui le conduit à se donner est éternellement présent. A chaque messe, il nous est manifesté. Il est rendu présent à nos yeux. A chaque messe, je peux dire : C’est aujourd’hui que cela se passe. Mais il y a une chose qu’il ne faut jamais oublier : Jésus a livré son Corps et versé son sang pour nous et pour la multitude. Cela signifie que nous ne pouvons pas être en communion avec lui sans l’être avec nos frères et nos sœurs. Si nous avons des problèmes avec quelqu’un, il faut d’abord se réconcilier. Etre disciple du Christ, c’est aimer comme lui et avec lui. Cela peut aller jusqu’au don de notre propre vie.


    En évoquant le sang versé, nous pensons à tous ceux qui ont donné leur vie pour que nous puissions vivre dans un pays libre. Chaque année, nous faisons mémoire de leur sacrifice et nous nous faisons un devoir d’y être. Aujourd’hui et chaque dimanche, nous nous rassemblons pour célébrer celui qui a livré son Corps et versé son Sang pour nous et pour la multitude. Il continue à se donner pour être notre nourriture. C’est LE grand événement de la semaine. C’est ce qui s’est passé pour le jeune Marcel Callo. Engagé dans la JOC, il doit partir en Allemagne pour le Service du travail obligatoire. Il y souffre du froid et du manque de nourriture. Son travail est très éprouvant. Il cherche sa force dans sa foi au Christ puis dans l’Eucharistie. Il y entraîne des camarades français qui ne sont guère familiers de l’Eglise. Il finira ses jours dans un camp de concentration. Il a témoigné de sa foi jusqu’au sacrifice de sa vie.


    Quand nous sommes à l’Eucharistie, nous faisons confiance aux paroles de Jésus qui a dit : « Ceci est mon Corps livré pour vous. » Ce mystère dépasse notre raison mais il n’est pas absurde. La foi soutient et prolonge notre intelligence sans la nier. Dieu a tellement aimé le monde qu’il lui a donné son Fils unique. Ce dernier a été « livré » aux mains des hommes. A  Noël, c’était le corps fragile d’un petit bébé livré aux soins de Marie et Joseph. Au cours de la Passion le Vendredi Saint, c’est le corps blessé d’un condamné, livré à la cruauté des hommes pécheurs. Aujourd’hui, c’est dans l’hostie consacrée que Jésus continue à se livrer pour nous. Il se donne à nous comme notre serviteur et notre nourriture par amour pour nous et pour le monde. Il aime chacun d’un amour qui dépasse tout ce que nous pouvons imaginer. Il attend de nous que nous nous laissions bouleverser par lui, que nous lui rendions « amour pour amour. »


    En ce jour, nous te prions : accorde-nous de recevoir dans l’action de grâce ce don que tu nous fais de ta vie et de ton amour. Pour ton corps qui se livre aux pécheurs, béni sois-tu!

    Sources : Revues Signes et Feu Nouveau. Dossiers personnels.

    Source http://dimancheprochain.org

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