• Il est né le divin enfant - Élisabeth

    Il est né le divin enfant 

     « Il est né le divin enfant »

    C’est le refrain d’une chanson, l’expression d’une foi vibrante pleine d’espéranceCe peut-être aussi l’objet d’une interrogation, d’un étonnement : pourquoi dit-on de cet enfant qu’il est divin ? Chaque naissance n’est-elle pas en elle-même un miracle, une grâce ? Qu’a donc cet enfant de si singulier ? Il est si particulier que l’Église donne à sa maman, une fille d’Israël qui s’appelait Myriam, Marie, le nom de : « mère de Dieu ».

    Il faut savoir que cette appellation a suscité, en son temps, dans le monde de la chrétienté, bien des polémiques avant d’être approuvée définitivement au concile d’Éphèse en 431. J’avoue qu’elle heurte mes oreilles de juive chrétienne aussi je ne l’emploie jamais. Lorsque je prie, je dis : « Marie, mère du verbe incarné ou mère du christ, du messie. Je ne l’emploie jamais par ce que je ne sais pas ce que l’on met sous ce terme de Dieu ; j’ai besoin qu’il soit défini. J’ai remarqué cependant que cela ne posait de problème pour personne.

        Je vais cependant tenter de dire ici ce que cette appellation « Marie, mère de Dieu », si je devais la dire, signifierait pour moi. En aucun cas, mère du créateur du ciel et de la terre et de toutes les créatures qui se meuvent ici-bas car c’est ainsi que j’entends le mot Dieu.

    Pour moi elle est la mère de l’anthropos, c’est-à-dire de l’être humain totalement achevé, qui a intégré en lui l’humain et le divin, ces deux dimensions ontologiques qui le fondent. Comme il est écrit : « Dieu fit l’homme à son image et à sa ressemblance » (Gn 1).
    Dieu crée l’homme adam à partir de la poussière de la terre ; le peuple d’Israël, l’épouse, la mère, reçoit en son sein, au Sinaï,  la parole de l’époux, du Père, de Dieu, comme une semence. Après des siècles de gestation Israël met au monde en une de ses filles, Marie, « bénie entre toutes les femmes », celui qui est tout à la fois fils de l’homme et fils de Dieu : un adam engendré dans la chair, travail de l’homme et de Dieu,  et non plus créé. C’est ainsi que je comprends le dogme de la foi chrétienne : Marie est mère du christ, vrai Dieu, vrai homme.

    Nous avons tous à notre tour, à l’échelle individuelle, à la suite de Marie, à mettre au monde « ce divin enfant » que nous sommes. Le projet divin de l’avènement de Dieu dans l’homme et de l’homme dans Dieu est pour tous les hommes. Toute réalité humaine se doit d’être pour s’accomplir le lieu d’une union avec le divin : Dieu est dans la matière. C’est pourquoi, nous sommes tous appelés à cet enfantement. C’est à cela que le Christ, fils ainé d’une humanité renouvelée de fils d’un même Père, nous appelle et nous conduit. Si Israël, en Marie, donne naissance au christ dans son histoire singulière, le corps du christ, son église, doit lui donner naissance à son corps de gloire dans l’Histoire universelle, en donnant naissance à cette semence christique qu’il a mis en nous par le sang de la Croix. 

    1. « Il est né le divin enfant » 

    Qui est-il ? Quel est son nom ?  D’où vient-il ? Ce « divin enfant », c’est celui qu’on appelle le christ, il porte le nom hébreu de Yéhoshoua, « Josué » en français, yésus en grec devenu Jésus en français. Ce nom signifie « Dieu sauve ».Il est né en terre de Judée dans la ville de Bethlehem  « la maison du pain ».

    Christ n’est ni un nom de famille, ni un prénom, c’est un mot grec qui traduit le terme hébreu mashia’h,  « messie » qui dit une fonction, une vocation.

    Le mot mashia’h vient du verbe masha’h  «oindre ». Trois personnes en Israël reçoivent l'onction: le prêtre, le roi et le prophète. Cette onction faite avec de l’huile d’olive pure consacrée attirait sur celui qui la recevait pour un temps plus ou moins long, l’Esprit saint. Seul le roi David bénéficia de cette visitation tous les jours de sa vie:  «Et Samuel prit la corne à huile et il l' oignit au milieu de ses frères et depuis ce jour-là l'esprit divin ne cessa d'animer David ».(Samuel 16 ,13). C’est de sa maison que doit naitre le messie.

    Nombreux sont les noms que la Torah, à savoir la Bible, donne au messie : « le consolateur », « le conseiller », « le prince de la Paix » « le rejeton de justice » « le sauveur » « le rédempteur », l’Immanuel « Dieu avec nous » : il m’arrive de penser que le terme Noël pourrait dériver de ce nom quand on le dit de plus en plus rapidement, en finissant par avaler les mots !

    Le messie est considéré comme le « fils de Dieu » : « Je raconterai un décret, l'Éternel m'a dit : tu es mon fils, moi aujourd'hui je t'ai engendré ». (Ps 2, 7). 

    On appelle messianisme l'attente en Israël d'un roi oint qui viendra sur le trône de David pour apporter une ère de paix. Ce messie est évoqué à plusieurs endroits dans la Bible. Nous ne citerons ici que deux exemples parce qu’ils font sens par rapport à cette fête de la nativité : 

    Dans le livre de la Genèse, chapitre 49, verset 10, le patriarche Jacob avant de mourir rassemble ses fils pour leur révéler ce qui arrivera à la fin des temps, il leur dit: « Le sceptre n'échappera pas de Judas jusqu'à ce que vienne shilo ».

    Les rabbins s’accordent à dire que le mot shilo désigne le messie, il vient des halit qui signifie « nouveau-né » comme dans le verset: veshiliata et « envers son nouveau-né »(Dt 28, 57) .Jacob nous dit que le sceptre n'échappera pas de Judas jusqu'à ce que vienne le nouveau-né. On peut s’interroger : pourquoi employer un terme si singulier, si peu usité,  si ce n’est pour nous donner une indication bien particulière. 

    Le psaume 72 précise à propos du messie : « Son nom sera à jamais devant le soleil, yinon , son nom ». Le mot hébreu Ynon est traduit dans toutes les Bibles par « se perpétue ». Ce terme vient du verbe ninon« se perpétuer », « durer », de la racine nin qui signifie « descendant », « fils ». On pourrait lire ainsi ce verset:  « Son nom sera à jamais devant le soleil, « le descendant » ou « le fils » est son nom ». 

    Elisabeth 

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