• J’extirperai leur cœur de pierre et je leur donnerai un cœur de chair - Élisabeth

    -          J’extirperai  leur cœur de pierre et je leur donnerai un cœur de chair. (Ez 11 19)

     

      C’est quoi, c’est comment un cœur de chair ? La question peut paraitre superflue, n’est -il pas évident pour tout un chacun qu’un cœur de chair  c’est un cœur  qui comprend, qui a de la compassion, qui sait aimer, mais j’ai voulu entrer plus profondément dans cette expression  qui m’a toujours intriguée pour en habiter chaque mot et particulièrement le mot chair. Je l’ai écrit en hébreu,  bassar et j’ai contemplé les trois lettres de ce mot,  bèt, shin, rèch jusqu’à ce qu’elles se mettent en mouvement, à permuter pour donner le mot chévar, briser.

     

    Un cœur de chair c’est un cœur brisé. Le côté droit percé d’une lance  de Notre Seigneur, blessure ouverture, d’où s’écoulent le sang et l’eau qui ensemencent la terre nouvelle et l’homme nouveau pour la vie éternelle. Ce cœur de chair en nous  c’est  le cœur du Christ. Un cœur   qui  aime jusqu’à donner sa vie par amour et qui nous  demande d’aimer nous aussi jusque là, jusqu’à  cette offrande totale de sa vie.

     

    Mais la chair, bassar, lu bessor, c’est aussi en hébreu l’annonce. Et le Verbe s’est fait chair nous dit le prologue de Saint Jean, le Verbe s’est fait  annonce brisée. Le  Christ a introduit dans son annonce, une  brisure  qui est  dépassement de la loi par le pardon donné à tous.. « Va et ne pêche plus », dans le repentir le droit est dépassé.

     

    Une image monte à moi celle de Moïse tenant les tables des Dix Paroles entre ses mains et les brisant sans hésiter à la vue du veau d’or.  Soudain j’ai ressenti ce geste terrible et audacieux, ces Tables étaient écrites de la main même de Dieu, non pas comme l’expression d’une colère comme cela est généralement compris, mais comme l’expression d’une folie d’amour. C’était le Verbe de Dieu qu’il tenait dans ses mains et il n’a pas hésité une seconde ! Il savait, lui qui parlait souffle à souffle avec l’Eternel son Dieu,   que le Verbe dépasse la loi.  Cette brisure pour que l’homme ne soit pas à jamais condamné par la loi,  et pour que la Parole ne soit pas prisonnière d’une lecture unique et figée.

     

    Moïse a du ensuite  remonter une seconde fois au mon Sinaï  pour en redescendre comme la première fois au bout de 40 jours et 40 nuits de jeûne,  avec le don des  deuxièmes Tables et du pardon de Dieu, car ce jour  était le jour de Yom Kippour,   le jour du grand pardon.  On pourrait dire que  le jour du grand pardon est le fruit de cette brisure, comme le rachat de l’humanité toute entière est le fruit  de la Pâques de Notre Seigneur, pain rompu donné en nourriture pour Israël et pour la multitude. «  …Il a été frappé pour nos péchés….et c’est sa blessure qui nous a valu la guérison.(Isaïe 53)

     J’ai ouvert  ma Bible »la voix de la Thora du Rav Elie Munk et j’ai pu lire le commentaire suivant à propos du verset 19 d’exode 32 :

     

    …Lorsqu’à la fin du Pentateuque, la Thora magnifie dans un bref résumé la prophétie de Moïse, le suprême éloge sera consacré d’après l’explication de Rachi, à l’acte dans lequel Moïse poussé par son cœur brisa les Tables des Dix Paroles devant tout Israël. Cet acte apparait ainsi comme étant le point culminant de toute son existence et l’Eternel lui-même s’écria : »Merci que tu les as brisées !

    Nous aussi, n’hésitons pas à brisé notre annonce, à  savoir nos certitudes, nos croyances et  nos jugements, pour qu’entre en nous et autour de nous  la miséricorde et le pardon

     

    Élisabeth

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