• Je ne crois pas que le rôle de la religion soit de nous culpabiliser - Bruno

    Je ne crois pas que le rôle de la religion soit de nous culpabiliser.

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    J’entends encore souvent cette question ; pourtant, j’avoue avoir un peu de mal à la comprendre car je n’ai pas été élevé dans la « religion de la culpabilité ».

     

     

    Je sais bien qu’autrefois, on disait aux enfants – et aux adultes aussi, qu’on traitait alors un peu comme des enfants – que Dieu, « le Père Tout-Puissant », voyait tout du haut du grand balcon du ciel et qu’il notait dans un grand livre tous nos péchés pour mieux nous faire expier nos fautes au grand jour du « Jugement dernier »

     

    C’était le temps où les prêcheurs parlaient davantage de l’enfer que de l’amour et où Dieu ressemblait davantage à un « garde chiourme » qu’à un Père plein de tendresse ! J’ai connu un vieux monsieur qui, pendant des années, n’a pas osé lever la tête au moment de l’élévation de l’hostie par le prêtre, lors de la consécration.

     

    On lui avait appris que c’était une faute très grave. Il ne fallait pas regarder la mystérieuse transformation du pain… Un jour, pourtant, cet ami, s’est rebellé : il a levé le front, regardé le pain eucharistique et les foudres ne lui sont pas tombées dessus !

     

     Je crois que cet homme a eu raison d’agir ainsi ce jour-là car, en brisant la fausse image d’un Dieu « gendarme », il a commencé son chemin de libération et sa marche vers un Dieu de l’Amour ! Pour être tout à fait franc : je crois que Dieu se fiche éperdument de noter la liste de nos péchés dans son vieux registre ! Car, pour lui, le mot « péché » ne s’écrit pas au pluriel, mais toujours au singulier. La liste de nos fautes ennuie prodigieusement Dieu ! Le seul « péché » qui le touche et l’attriste, c’est notre lenteur à aimer, notre désinvolture devant la seule grande affaire de notre vie : l’Amour !

     

    Nous faisons si souvent le même constat que St Paul : « Ce que je veux, je ne le fais pas ; et ce que je ne veux pas, je le fais » ! Je ne crois pas que le rôle de la religion catholique soit de nous culpabiliser : un Dieu qui, sans cesse, nous plongerait dans les ornières boueuses de notre culpabilité (culpabilité inhérente à notre condition humaine, comme l’a très bien montré la psychanalyse) serait un Dieu pervers… Dieu ne veut pour nous qu’une chose : notre bonheur !

     

    Et Jésus, pendant sa vie terrestre, a passé son temps à tendre la main aux pécheurs, aux prostituées, aux collecteurs d’impôts… La seule religion qui vaille est celle qui propose le visage d’un Dieu qui relève, qui met debout, qui « sauve » ; pas un Dieu qui condamne, pas un Dieu « très haut » et hautain mais un Dieu « très bas » (selon la belle expression de Christian Bobin) c’est à dire un Dieu toujours proche de l’homme et de ses fragilités ; un Dieu qui nous aime : qui que nous soyons et quoi que nous ayons fait. « Dieu est assez grand pour faire de nos erreurs mêmes, une vocation ! » disait Emmanuel Mounier…

     

     

    Bruno LEROY.

    Source http://brunoleroyeducateur-ecrivain.hautetfort.com

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  • Commentaires

    1
    Jeudi 22 Mars 2012 à 14:50

      Bon matin,

     

                        C'est assez extraordinaire! Je me sens très proche du langage utilisé par Bruno.

    2
    Jeudi 22 Mars 2012 à 15:49

    Encore merci Luce pour ce commentaire

    3
    Samedi 24 Mars 2012 à 13:34

    Merci Alice, je ferai savoir a Bruno ton commentaire. Bonne journée dans la lumière et non dans la noirceur.

    4
    Alice Damay-Gouin
    Mercredi 3 Juillet 2013 à 20:28

    "Une fourmi noire dans une nuit noire, Dieu la voit" ai-je appris pour nous faire comprendre que Qieu nous voit partout. Il connaît chacune de nos pensées. Bref, Il ne nous laisse aucun répit!!!

    Merci, Bruno, pour ce texte qui nous vivifie en nous replaçant sous le regard de Dieu-Amour. "Dieu n'aime pas les serpillères" disait San Antonio. Merci de nous rappeler combien Dieu nous aime et nous fait vivre de son Amour.

    J'aime cet article , même si je ne sais pas utiliser ce compteur en marge de ton article. Merci et joie,

    Alice

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