• L’ACCOMPAGNEMENT SPIRITUEL -art. 24 Suzanne

    L’ACCOMPAGNEMENT SPIRITUEL


    « Avancer en vérité dans l’amour vers l’Amour »[1]

     

    Une-rue-d-Assise.JPGNe nous voilons pas la face.

    Ne mettons pas de masque sur notre visage. En clair, ne nous cachons pas derrière une façade de respectabilité qui nous maintient dans une fausse sécurité car au moindre petit trait de lumière nous découvrons nos noirceurs insoupçonnées.

     

    J’ai reçu un jour un témoignage émouvant. J.F avait un visage « taillé au couteau », creusé, ravagé même. Son corps laissait deviner les marques et les raideurs des pires souffrances, des pires expériences. Chaque mot était grave, choisi, pesé dans sa bouche. J.F avait touché le fond du fond, il avait fait l’expérience des profondeurs de la vague, de cette vague qui vous entraîne de plus en plus vers les profondeurs abyssales, celles dont on revient rarement. Mais là, devant moi, conscient de sa misère mais aussi de ses pulsions de mort, il était  debout, fragile et fort en même temps, animé d’une foi bouleversante. J.F qui, à première vue, aurait pu déclencher un jugement négatif tant sa marginalité transparaissait, reflétait par sa beauté intérieure, l’image du Christ.

     

    Alors, creusons, dépassons les couches visibles de celui ou celle qui croise notre regard, même si elles nous rebutent, et nous y découvrirons peut-être la vraie réalité, sa raison d’exister. Soyons prudents aussi car, derrière le « bien net » et le « bien propre » il y a parfois de nombreuses couches de crasse, bien recouvertes. Et surtout, osons creuser en nous-mêmes, ne soyons pas rebutés par ce que nous voyons, pressentons ou refusons de voir ! Déposons-le.

     

    Le découragement qui découle de nos erreurs, de nos actes ratés peut être fort et lorsque nous prenons conscience de la sainteté de Dieu, notre propre misère apparaît encore plus. C’est alors que le découragement et le sentiment de culpabilité sont les plus destructeurs car ils sont l’œuvre du Malin qui nous fait « envier » la perfection de Dieu. En fait, le Malin veut anesthésier la présence de Dieu en nous. Dans ces conditions, comment tenir debout ? Prisonniers de cette perception mensongère, ni notre libération, ni notre purification ne peuvent alors s’accomplir. L’homme doit combattre avec l’aide du Christ car sans lui nous ne pouvons pas vaincre.

     

    L’accompagnement spirituel.

    Rien ne sert de vouloir mener ce combat tout seul, c’est présumer de ses forces. D’où le rôle primordial de l’accompagnement spirituel. Dans ce combat, l’accompagnateur spirituel sera pour nous le compagnon, le garde-fou, celui qui marche derrière pour pousser, pour préserver de l’abîme qui est à droite ou à gauche de la route.

    Il est là pour mettre en évidence la pédagogie divine et nous aider à la discerner. Pour cela, il s’appuie toujours sur l’Ecriture et particulièrement sur les Evangiles. Il a pour mission, non pas d’être « un théologien » au sens académique du terme mais « d’être théologien » afin de mettre en évidence l’action salvifique de Dieu.

     

    Il est essentiellement un relais car la décision, le choix, l’acte à poser nous appartiennent. Toutefois, rien ne peut se faire sans une confiance réciproque, confiance qui doit bien sûr être éprouvée et vérifiée dans le temps. La véritable entrée dans l’accompagnement spirituel se produit vraiment le jour où nous acceptons totalement l’humanité de notre accompagnateur spirituel, c’est-à-dire le jour où nous sommes capables de discerner en lui, au sein de son humanité, la grâce agissante de l’accompagnement.

     

    C’est seulement le christ qui marche devant. Le rôle de l’accompagnateur spirituel est de faire de nous des disciples du Christ et non pas ses propres disciples. L’exigence de la plus grande simplicité s’impose donc à lui car Dieu seul guide et corrige. L’accompagnateur est le « serviteur inutile », le point d’appui qui nous aide à aller vers notre liberté. Il est celui qui, par la grâce de l’esprit Saint, reçoit « l’autre » tel qu’il est, l’aide à se dire à son rythme, et surtout va discerner sa beauté intérieure au-delà de toute son histoire et la lui faire découvrir.

     

    L’accompagnateur spirituel est là pour aimer, aimer sans s’aliéner et sans aliéner, pour qu’à un moment donné nous puissions par nous-mêmes entendre la Parole et expérimenter personnellement la présence du seigneur. Il est là pour aimer de l’amour du Christ c’est-à-dire pour faire usage de l’autorité de l’amour, faite de rigueur, de miséricorde et de tendresse. Aimer pour que l’Amour de Dieu soit aimé.

     

    La rencontre n’est pas évidente, le pas à franchir pour entrer dans l’accompagnement n’est pas particulièrement facile, mais cela se produit le jour où nous sommes prêts, prêts à déposer notre « manteau » et à nous dire en vérité. Sans sincérité, sans amour, sans confiance, sans courage et sans esprit positif, l’accompagnement n’est pas possible.

    Cependant, pour goûter aux bienfaits de l’accompagnement spirituel, il est indispensable de choisir « un » accompagnateur et de s’y référer. Surtout ne pas « papillonner » auprès de plusieurs « accompagnateurs possibles » à la recherche de la réponse la plus proche de celle que nous souhaitons entendre car alors, nous ne sommes pas centrés sur Dieu mais sur notre petit « moi ».

     

    Il est en outre indispensable de persévérer au-delà de nos incompréhensions, de nos agacements ou encore des coups de projecteurs douloureux et de « creuser » avec l’intelligence du cœur. Ce n’est qu’à ce prix que nous ferons vraiment l’expérience de cette merveilleuse grâce. Merveilleuse grâce qui nous permettra d’expérimenter l’obéissance, la vraie, celle qui s’accomplit dans un « dire », dans un partage, dans une communion et nous conduit vers la paix intérieure.

     

    En réalité, il est pure folie de vouloir cheminer seul, compte tenu de notre égo et de la puissance mais aussi des embûches de plus en plus subtiles que le Malin pose sur la route du cheminant. Le jour où nous découvrons la « montagne » qui est à l’intérieur  de nous, nous cessons de nous prendre au sérieux, nous devenons sérieux. Là, le travail spirituel commence vraiment. Les questions abordées ne se limitent plus alors aux seules préoccupations de ce monde, même si celles-ci ont une valeur « éducatrice », mais elles ont surtout pour objet notre désir de purification du cœur et des pensées. Notre regard se porte sur notre intériorité et nous acceptons les réponses de notre accompagnateur dans l’esprit de confiance et d’obéissance.

     

    Après plusieurs années de cheminement, unis par l’Esprit Saint dans le respect, la confiance, l’esprit fraternel, l’amour du Christ  et dans le même désir de coopérer au projet de Dieu, l’accompagnement spirituel peut évoluer vers un véritable compagnonnage.

    Saint François et sainte Claire d’Assise nous en donnent un merveilleux témoignage. En effet, frère François était le père spirituel de sœur Claire mais lorsque François, au cœur de sa dépression, a senti le danger qui le guettait, il est allé trouver Claire et a accepté son accompagnement. Et, qu’a fait Claire, sinon reprendre à la lettre, les Paroles de Vie que François lui avait lui-même enseignées, car elles venaient du Christ. Quand un accompagnateur et « son enfant » spirituel peuvent vivre cette grâce, l’Amour en Christ se révèle alors bien au-delà de la lettre.

     

    Suzanne Giuseppi Testut  -  ofs

    [1][1] Cf. SGT « la déposition » p 223 et ss.)

     

    Autres articles et Perles du jour de Suzanne 


     

    Pour votre information voici où vous pourriez rencontrer Suzanne prochainement



    -  Au Québec en Octobre 2010

      

    Sherbrooke le mercredi 13 octobre, Rencontre de ressourcement au Monastère Sainte Claire, 313 Queen, Sherbrooke. Accueil 8h30 fin 16h30, il y aura Eucharistie.  On vous suggère d'apporter votre diner et votre tasse, il y aura la possibilité de commander du poulet (env.10$)
    Contribution suggérée de 10$ et plus si c'est possible pour vous. Pour plus d'informations richard372000ARROBASyahoo.ca (remplacer ARROWBAS par @ )

     

     

    autres endroits au Québec et un en Ontario

     

    Samedi 2 octobre : Rencontre des OFS (Montréal : Responsable : Gilles Métivier).

    Dimanche 3 octobre : Messe de 9h00 (Sainte-Julie) et Messe de 10h30 : Fête paroissiale de S.F.A. (Saint François d’Assise) et repas communautaire avec les bénévoles.

    Mercredi 6 octobre : 19h30 Soirée de rencontre avec les Filles d’isabelle et Chevaliers de Colomb. Paroisse Sainte-Julie.

    Vendredi 8 octobre au dimanche 10 octobre : Horeb Saint-Jacques.  (Responsable : Nicolas Tremblay).

    Vendredi 15 octobre : Fin d’après-midi : Rencontre fraternelle des M.S.A. (Province du Canada).

    Dimanche 17 octobre : Messes de 9h00 ; 9h30 et 10h30 : (Unité pastorale Est Montagne)

    Dimanche 17 au mercredi 20 octobre : 19h30 retraite de l’Unité de l’Est de la Montagne.

    Vendredi 22 octobre : 19h30 : Rencontre avec le Groupe de partage de foi Renouveau- Paroisse de Saint-Constant.

    Samedi 23 octobre : 15h30 : Rencontre à Orléans ONT. Groupe de responsables nationaux de l'OFS (Responsable : Gilles Métivier).

    Dimanche 24 octobre : Visite du Sanctuaire Marie-Reine-des-Cœurs (Chertsey).

    Jeudi 28 octobre : 10h30 : nous aurons la messe à la Résidence Saint Louis et à 14h, une rencontre spéciale conférence sur la spiritualité avec François d'Assise

    Vendredi 29 octobre : 19h30 Café-Rencontre Séminaire de Saint-Hyacinthe avec les couples membres de Week-End Amoureux.

    Samedi 30 octobre : Fondation Père Ménard (40è anniversaire). 10h30 Messe à la Cathédrale Marie-Reine du Monde. Lunch-Conférence à l’Hôtel Reine Élisabeth.



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